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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 22 août 2011 37 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Faut-il avoir peur de sortir de l'euro ? (2/4)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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dans un pays de l'Union européenne que les Français ne connaissent pas très bien qui s'appelle la Suède. Et ce que je vous propose, c'est que nous examinions ensemble l'exemple suédois. Ça sera mon 2e chapitre.

En préambule, je voudrais rappeler quelque chose, c'est que la monnaie unique européenne a été créée, je l'ai dit tout à l'heure, par le traité de Maastricht que les Français ont ratifié par référendum le 20 septembre 1992. Il faut savoir que à l'époque, il y avait 15 États et qui ont ratifié le traité de Maastricht. Et deux états l'ont ratifié d'une façon particulière.

Le premier de ces états, c'est le Royaume-Uni qui a ratifié le traité de Maastricht avec une clause d'exemption de la monnaie unique. C'est-à-dire que les Britanniques ont dit "Nous nous allons ratifier ce traité, mais nous ne ratifions pas toute la partie qui concerne la monnaie unique européenne." Au passage, nous touchons ici un aspect de ce que l'on appelle le droit des réserves dans le droit international des traités.

La France, tout autre état membre du traité de Maastrich, mais la France en particulier aurait pu s'y opposer, aurait pu dire "Non, nous ne sommes pas d'accord, nous ne sommes pas d'accord pour qu'un état puisse ratifier le traité de Maastricht sans ratifier cette partie essentielle du traité de Maastricht que constitue la monnaie unique européenne." La France ne l'a pas fait. C'était à l'époque en 1992 la France de François Mitteran président de la République et de Roland Dumain ministre des affaires étrangères qui sont l'un et l'autre les cosignataires du traité de Maastricht.

Pourtant donc rien n'était plus facile si j'ose dire. Enfin c'était pas facile mais c'était politiquement important de s'opposer à ce que les Britanniques puissent ratifier Maast Aastrich sans ratifier la monnaie unique. Et puis il a un autre état qui a fait de la même façon.

L'autre état, c'est le Danemark. Dans un premier temps, le gouvernement danois avait signé le traité de Maastricht sans réserve et puis il a fait procéder un référendum au peuple auprès du peuple danois et les Danois ont voté non à une petite majorité. Ils ont rejeté le traité de Mahaastricht.

Du coup, le gouvernement de Copenhag a renégocié le traité de Mahastricht en imposant un certain nombre de réserves comme on dit. C'est-à-dire, il ratifiait, il proposait de ratifier le traité de MRIT mais en se soustrayant à un certain nombre de ces obligations et notamment la monnaie unique. Là aussi, ça a été accepté par les autres États de l'Union européenne suite à de nombreux pour parler et à ce que l'on a appelé la déclaration d'Edimbourg Conseil européen qui s'est tenu fin 1992 dans la ville écossaise d'Edimbourg.

Euh donc, il a été accordé au Danemark comme à l'Angleterre de pouvoir ratifier Maastricht sans entrer dans la monnaie unique européenne. En revanche, tous les autres États membres de l'Union européenne, c'est-à-dire ceux à l'époque et ceux qui ont adhéré depuis notamment les pays de l'Est, ont tous ratifié le traité de Maastricht avec l'obligation d'adopter la monnaie unique européenne dont par exemple la France. hein, je le signale parce que j'aurai l'occasion d'y revenir.

Euh, il y a certains démagogues en France qui disent "Mais la France pourrait faire comme l'Angleterre ou comme le Danemark." Non, c'est trop tard. C'est trop tard parce que la France, elle a ratifié le traité avec la monnaie unique et puis ensuite elle est entrée dans la monnaie unique.

Donc la seule possibilité pour la France de sortir de la monnaie unique, c'est de sortir de l'Union européenne. Je l'ai déjà expliqué dans mon autre conférence et j'y reviendrai à la fin de celle-ci. Alors la Suède dans tout ça, bah la Suède elle elle a ratifié le traité de Mastricht sans réserve.

Donc elle a accepté le principe d'une monnaie unique qui devra se substituer à la couronne suédoise. Mais comme le gouvernement de Stockholm, le gouvernement suédois savait qu'une majorité de Suédois ou qu'une en tout cas une très forte proportion de la population suédoise était hostile à l'adoption d'une monnaie unique, le gouvernement de Stockholm a pris une décision un peu bizarre. Il a décidé qu'il ne rejoindrait pas la monnaie unique tout de suite et qu'il attendrait un petit peu et qu'il soumettrait au référendum du peuple suédois l'adoption de la monnaie unique.

Le calcul, c'était un petit calcul politicien. Les élites suédoises avaient ratifié Maastricht avec la monnaie unique et ils espéraient, elles espéraient ces élites que lorsque l'ensemble des pays membres de la zone euro adopterait l'euro sous forme de pièces et de billets, ça susciterait un tel enthousiasme que les Suédois seraient conquis par cet enthousiasme et voteraient oui au référendum. Alors, l'histoire, vous savez, est pleine de ruses et les choses ne se sont pas passées comme ça.

Le référendum est apparu en fait comme plus difficile que prévu. La monnaie unique européenne est arrivée dans les portefeuilles des Français, des Allemands, des Espagnols, des Italiens. le 1er janvier 2002, vous vous rappelez certainement cet événement.

Tout au long de l'année 2002, les Suédois ont vu cette monnaie unique, mais ça ne les a pas fait changer d'avis. Et donc le gouvernement suédois qui pensait que les Suédois seraient conquis et auraient eux aussi envie d'avoir la même monnaie que leurs voisins finlandais ou allemands, et bien ont été déçus. Alors la difficulté c'était que comme ils avaient annoncé la tenue d'un référendum, comme l'euro était arrivé sous forme de pièces et de billets dans les pays de la zone euro, il y avait plus de raison de tergiverser.

En plus de ça, la Commission européenne faisait pression sur le gouvernement suédois pour organiser ce fameux référendum parce que les européistes veulent absolument forcer tout le monde à entrer le plus vite possible dans ce carcan que constitue la la construction européenne. Après avoir hésité donc pendant 11 mois, le gouvernement suédois décida le 30 novembre 2002, donc 11 mois après l'arrivée des pièces et des billets dans nos portefeuilles, des pièces et billets en euros, le gouvernement suédois, on voit ici à gauche le premier ministre de l'époque qui s'appelait monsieur Gan Person, il décida de tenir le référendum pour ou contre l'adoption de l'euro le 14 septembre 2003. La question c'était comment faire pour les forcer à accepter l'euro ?

Parce que le gouvernement se donnait donc 9 mois et demi pour convaincre une population qui semblait de plus de plus en plus rétive puisque le dernier sondage publié avant la prise de décision de l'organisation de ce référendum donnait 43 % d'intention de vote pour le oui, 43 % pour le non et 14 % d'indécis. Le jeu était donc devenu extrêmement ouvert et on ne savait pas si le oui ou le non allait l'emporter. Alors qu'est-ce qui s'est passé ?

Et bien il s'est passé un rat de maré de propagande pour le oui. La propagande pour le oui a submergé le peuple suédois pendant 9 mois et demi et a emprunté un certain nombre de phases qu'il est intéressant que nous examinions ensemble parce que on s'aperçoit qu'en réalité les Suédois ont été victimes d'une propagande qui est à peu près le même genre de propagande que ce dont les Français ont été victimes en 1992 pour le traité de Maasrich pour le référendum et en 2005 pour la Constitution européenne. Dans une première phase, dans la phase 1, il y a eu une débauche de moyens étatiques, politiques, médiatique et financier en faveur du Oui.

Le Premier ministre social-démocrate, monsieur Gan Personon, a utilisé tous les moyens de l'État pour promouvoir le, c'est-à-dire le oui au référendum. Je rappelle que quand même dans une démocratie normalement constituée, le représentant, enfin le chef du gouvernement ne peut pas disposer de l'argent public pour une question de cette nature d'une façon aussi unilatérale puisque l'argent public est payé par tous les contribuables, y compris par les partisans du non. Donc normalement dans une démocratie, on devrait veiller à ce que le oui et le non soient équitablement réparti à la fois d'un point de vue financier, d'un point de vue médiatique.

Tel n'a pas été le cas. Donc le premier ministre et tout le gouvernement suédois ont fait campagne ouvertement pour le oui. Madame Anna Lint qui était ministre des affaires étrangères du gouvernement suédois et qui était assez photogénique, c'était une jeune femme de 41 ans, a eu droit à voir son portrait. sur toutes les euh tous les tous les abribus euh à travers euh le royaume euh de Suède pour appeler bien sûr à voter oui.

On estime que le camp du Oui bénéficia de moyens financiers au moins six fois plus importants que ceux dont bénéficia le camp du nom. Ce sur quoi il est intéressant de s'interroger ou de s'aentir un instant, c'est de remarquer que ni les États-Unis d'Amérique, ni l'Union européenne, ni l'OTAN, ni l'OSCE, l'Organisation de la sécurité et la coopération en Europe, ni aucune organisation des droits de l'homme, de toutes ces institutions ou États qui sont là à donner des leçons de morale à la planète entière et à trouver que les élections ne sont pas bien organisées au Venezuela, en Iran, en Russie et cetera. Et bien aucune de ces aucun de ces organismes ne s'est ému d'un déséquilibre aussi révoltant dans un des pays membres de l'Union européenne.

Le cette mobilisation générale des pouvoirs de l'État en faveur du Oui n'a pas fait bouger les sondages en faveur du Oui. On est alors passé à une phase 2. La phase 2, c'était la menace de l'apocalypse en cas de victoire du nom, en cas de rejet de l'euro.

Le premier ministre martela jour après jour, il avait accès constamment à la télévision, à la radio, que si les Suédois votaient non, la Suède serait isolée, marginalisée, méprisée, ruiné, que les entreprises aux abois fuiraient le pays, que les investisseurs étrangers révulsés s'en détourneraient quasiment en se pinçant le nez. Bien entendu, le Premier ministre a expliqué que le PIB s'effondrerait et la couronne suédoise avec, que le chômage exploserait. Bref, ce serait en gros la fin de la Suède et l'Apocalypse, je le dis parce que c'est actuellement le coût qu'on est en train de faire au français, hein, pour surtout ne sortez pas de l'euro sinon ça sera l'apocalypse.

Alors, les Sédois, eux, ils ont eu ça. On leur a dit ça. C'était le premier ministre en personne.

Le peuple suédois étant un peuple libre avec une grande tradition de liberté historique et qui un peuple posé, réfléchi comme le sont les scandinaves, ne s'est pas laissé impressionné et les sondages ont montré que le nom continuait de grimper. Il faut avouer, on aura l'occasion d'y revenir un petit peu plus tard dans cette conférence, que au même moment la Suède se portait plutôt pas mal d'un point de vue économique alors que la zone euro commençait à s'effondrer et à enregistrer de très mauvais résultats. Donc les Suédois étant des gens pragmatiques avaient quand même un petit peu le calme des vieilles troupes en se disant c'est quand même un peu étrange que l'on nous chante les les miracles de cette monnaie alors que ceux qui l'ont adopté ne se portent pas bien.

On est donc passé à ce moment-là dans une phase 3 qui a été une orchestration de l'épouvante menée conjointement par le patronat et les dirigeants syndicaux. L'bdomadaire des affaires qui s'appelle affaires Velden a fait avertit ses lecteurs. Les lecteurs, ce sont des cadres moyens ou des cadres supérieurs d'entreprise.

C'est un petit peu l'équivalent du magazine l'expansion par exemple ou Challenge en France. Donc cet hebdomadaire avertit ses lecteurs que 92 des 100 chefs d'entreprise côté à la bourse de Stockholm souhaitait voir leur pays adopter l'euro que sur les 100, il n'y en avait que trois qui voulaient garder la couronne suédoise et cinq qui se déclaraient indécis. Sous-entendu, vous vous rendez compte, il n'y a que trois brontosures, hein, parmi les grands patrons suédois.

Ça veut donc bien dire l'objectif était évidemment de travailler l'opinion publique, de travailler l'opinion des personnes travaillant dans les entreprise en leur faisant penser que tous les gens compétents ne pouvaient évidemment être que pour l'euro. Ça n'est pas tout. dans une tribune publiée dans le quotidien Dagan Snetter qui est un peu l'équivalent du journal Leschos.

Les dirigeants de L lo L lo en Suède, c'est la première centrale syndicale du pays avec 2 millions d'adhérents. La Suède est un pays où les gens sont très syndiqués. Il y a à peu près 9 millions d'habitants Suède, c'est un pays qui est six fois moins peuplé que la France et donc 2 millions d'adhérents, hein.

C'est un peu comme si en France, il y avait une centrale syndicale à proportion des populations qui avaient 12 millions d'adhérents. Et bien donc, les dirigeants de cette centrale syndicale ont cosigné une tribune dans ce journal des affaires avec les dirigeants de de Swengs Nering Sleeve. Excusez-moi, je ne suis pas très je ne sais pas parler le le suédois donc je dois mal prononcer.

Sning sleeve qui est l'équivalent du MDEF suédois, c'est-à-dire le syndicat patronal. Et donc la première centrale syndicale de travailleurs et d'ouvriers a signé avec le syndicat patronal Schner Xeve un vibrant appel conjoint pour voter oui en menaçant de l'effondrement de la couronne suédoise si les Suédois s'avisaient de voter non. Ils ont donc écrit enfin la la cette tribune indiquait un oui signifie une plus grande sécurité pour les salariés.

Aujourd'hui, la couronne peut chuter face à l'euro et ce sont les salariés qui payent avec la hausse des prix des biens importés. Le nom continuait à carcoler en tête dans les sondages. On est passé à ce moment-là à la phase 4, la phase de chantage public à l'emploi.

Dans le quotidien d'Agener, toujours le même, cette fois-ci dans le quotidien du 26 août 2003, le directeur général de l'équipe mentier en télécommunication, Ericson, c'est la plus grande entreprise du pays, hein. Erikson représente à soi seul pratiquement 10 % du PIB suédois. Il s'appelle monsieur Carl Henrik Swan.

Il a cigné décidément une tribune libre avec toujours l'omniprésente porte-parole du Oui, madame Anna Lint, la ministre des affaires étrangères, très photogénique qui était sur tous les murs de toutes les Suède de et membre du gouvernement. et ils ont coigné une tribune dans ce journal économique pour mettre solennellement en garde les électeurs. Ce très grand patron affirma que les grands groupes industriels suédois, à commencé par le sien, quitteraiit la Suède très probablement en cas de victoire du nom.

On ne pourrait alors empêcher les sociétés suédoises et internationales d'envisager un déplacement de leur production hors de Suède, ce qui serait rationnel dans ce type de situation, avait dit le directeur général. d'Eriksson montrant lui-même l'exemple de cette rationalité. Monsieur Swinberg sema l'affolement général en assurant qu'Erikson serait trop pénalisé par rapport au fabricants de téléphonie finlandais Nokia.

La Finlande étant elle en zone euro. Et donc monsieur Swandberg a dit que si les Suédois rejetaient la monnaie unique, il serait donc contraint de supprimer près de 15000 emplois en cas de victoire du nom. 15000 emplois supprimés dans un pays de 9 millions d'habitants.

C'est un peu comme si un grand patron français menaçait de supprimer environ six fois plus hein, c'est-à-dire 90 à 100000 emplois en France. La panique fut générale, d'autant plus que cette tribune était cosignée par les géri membre du gouvernement et ministre des affaires étrangères. Donc ça avait l'aval de l'autorité de l'État.

Ça n'a toujours pas suffi aux Suédois et les sondages montraient toujours que le nom allait être proche de 56 à 57 %. On est alors passé à la phase 5, les clins d'œil aux extrémistes de droite et de gauche. 15 jours après cet appel conjoint Swanberg Nalint, le 9 septembre 2003, c'est-à-dire quelques jours avant le référendum, devant une foule réunie sur une grande place de Stockholm, le chef du gouvernement social-démocrate a développé une thématique exactement opposée et voici ce qu'il a dit.

Je crains le super état qui s'écrit multinational, le super État qui s'écrit capitale sans frontière. C'était un discours quasiment marxiste. Le super état qui s'écrit spéculation sur les monnaies des petits pays.

C'était sous-entendu les grandes la grande plutocratie internationale. C'était un clin d'œil à l'extrême droite. Nous ne pouvons pas seul faire contrepoids au capital international et nous ne pourrons jamais nous protéger contre les spéculations de ce capital multinational avec une petite monnaie.

C'està-dire c'est extraordinaire puisqu'il utilisait il appelait à voter oui comme avait appelé à voter oui 15 jours avant le plus grand patron de la plus grande entreprise suédoise qui était justement le représentant par excellence du grand capital. Ça n'a toujours pas suffi. Les Suédois restaient de marbre et les sondages donnaient imperturbablement 56 à 57 % de nom.

Alors on est passé à la phase 6. La phase 6, c'est la psychiatrisation des opposants. On a vu débouler dans les médias un certain Henry Montgomer psychologue spécialisé dans les processus de décision qui est intervenu sur toutes les radios et toutes les télés pour expliquer que certains Suédois se réfugiaient dans le nom pour protester contre l'obligation qui leur était faite de voter.

Ça c'est une dépêche de la FP du 2 septembre 2003. En somme de nombreux Suédois allaient voter non pour s'indigner qu'on leur fasse perdre le temps à aller voter à quelque chose qu'ils approuvaient par ailleurs. Donc si vous suivez bien ce raisonnement, la conclusion logique c'est que leur nom était en réalité un oui.

Monsieur Montgomery, psychologue spécialisé, expliqua également que la question de l'euro est une question qui est si difficile qu'il est presque impossible pour les gens de fonder leurs décisions sur les faits. En bref, c'était trop compliqué pour laisser le peuple décider. Et donc le psychologue spécialisé affirma sur toutes les radios et toutes les télés que le référendum ne concernera pas des faits mais des instincts.

Mais tous les votes concernent des instincts. Donc si l'on condamne le principe d'un référendum, il faut condamner le principe même du suffrage universel. On voit donc une dérive extraordinaire qui se répand sur tout le continent qui est que c'est l'idée même de demander aux gens leur opinion qui désormais révulse les européistes.

Et ne croyez pas que ce fut un cas unique parce que ce monsieur Montgomer qui a été invité à s'exprimer dans tous les médias n'était pas le seul. Une sociologue cette fois-ci, Christine Johanson, autre spécialiste entre guillemets catapulté sur les plateaux de télévision de semaines avant le référendum, il développa bien entendu sous couvert d'expertise la même analyse. La question de l'euro était vraiment trop compliquée pour qu'on demande au peuple suédois son avis.

C'est pas drôle. C'est pas drôle parce que nous avons connu la même chose et ça s'est développé en France. Je rappelle qu'en 1992, avant le traité de Mahasticht, madame Elisabeth Badter qui était présentée comme une grande conscience de gauche dans le magazine d'ailleurs vu de gauche de septembre 1992 avait expliqué déjà quelques jours avant le référendum ce qui suit.

Le traité de Maasrich fait la quasi unanimité de l'ensemble de la classe politique. Les hommes politiques que nous avons élus sont tout de même mieux avertis que le commun des mortels pour une fois qu'on leur fasse confiance. C'est-à-dire finalement n'y réfléchissons pas et votons comme on nous dit de voter.

Et pire encore en 2008 commentant la ratification du traité de Lisbonne par le Congrès réuni à Versailles. Cette ratification qui bafouait le rejet de la Constitution européenne par 55 % des Français en 2005. Vous vous rappelez ce qui s'est passé ?

Et bien le député et chef d'entreprise Serge d'Assaut qui est à la fois chef d'entreprise mais député UMP a expliqué sur France info le 4 février 2008, je cite "De toute façon, les Français ne comprennent rien. On aurait pas dû faire un référendum en 2005, ils ne peuvent pas comprendre, c'est trop compliqué." Nous avons donc une évolution générale sur l'ensemble du continent européen qui, il faut dire les choses telles qu'elles sont sont exactement des évolutions dictatoriales qui consistent à considérer que désormais le suffrage universel n'a plus lieu d'être sur les grands choix stratégiques de ces pays.

Et puis malgré tout ça, malgré toute cette propagande, malgré ces ces sociologues et psychologues invités sur les plateaux de télévision, et bien le nom était toujours à 57 % dans les sondages. On est passé à la phase 7, l'exploitation indécente, incroyable d'un assassinat totalement inattendu. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Ben, il s'est passé que madame Anna Lint, c'était gérie du oui qui était présente sur toutes les télévisions, toutes les radios, sur tous les panneaux de publicité qui avait cigné avec monsieur Swinberg l'appel dont je parlais tout à l'heure dans le journal d'Agen Snighter et bien elle fut poignardée à mort dans une galerie commerciale de Stockholm le 10 septembre 2003. Elle décéda quelques heures après, le 11 septembre, c'est-à-dire moins de 72 heures avant l'ouverture des bureaux de vote prévu le 14 septembre au matin. Contrairement à tous les usages journalistiques, toutes les télévisions et tous les journaux diffusèrent massivement les photos de la mourante sur son brancard avec dans la dans la dans la galerie.

On arriva à arrêter quelques heures après l'assassin qui s'appelait monsieur Mijilo Mijilovic qui est un serbe et qui était un psychopathe qui venait d'être libéré quelques jours auparavant d'un asile psychiatrique. Le profil exact de l' Harve Oswald ou à peu près. Donc c'est un assassinat extrêmement mystérieux et dont on ne sait pas finalement s'il avait ou non des commanditaires.

Selon la version officielle, c'est un acte isolé. Quoi qu'il en soit, quoi qu'il en soit, ce qui fit froid dans le dos, c'est la réaction du Premier ministre suédois, monsieur Gin Personon, qui décida sur le champ d'une riposte en trois temps. Premièrement, proclamer un deuil national gigantesque.

Deuxièmement, maintenir le scrutin à la date prévue, c'est-à-dire 3 jours après. Troisièmement, interdire toute campagne électorale jusqu'au vote par respect pour la définte. Le résultat le résultat c'est que tous les partisans du nom se virent couper à l'accès aux médias pendant les 72 dernières heures alors que tous les journaux, toutes les télévisions et tous les toutes les radios ont commencé à orchestrer un deuil à grand spectacle.

Euh 48 heures avant le référendum, la grande Égérie du Oui venait d'être assassinée en laissant une petite fille euh euh orpheline. On vit défiler à la radio, à la télévision et dans tous les médias des gens qui venaient témoigner du fait qu'ils étaient bouleversés. L'ensemble du pays fut couvert de chapelle ardentes où les Sudois étaient appelés à venir rendre hommage à l'érie du Oui, à cette chef de la campagne du oui lâchement assassiné.

Partout, on était on convait les Suédois à aller déposer des fleurs. Les portraits étaient entourés de crêpes noires pour montrer que l'ensemble du pays était en deuil. Dans une démocratie normale, face à un événement de cette nature, la dignité même de la démocratie aurait voulu que le chef du gouvernement annula les élections, qu'il les reporta d'au moins 3 mois pour laisser au moins à l'émotion populaire le temps de se calmer.

Mais maintenir dans ces conditions un scrutin ayant ayant une importance stratégique définitive pour le royaume de au moins pour les décennies à venir maintenir un vote dans ces conditions où l'opinion était chauffée à blanc d'un point de vue émotionnel était un pur scandale. scandale qui s'est d'ailleurs confirmé parce qu'un sondage miracle d'un seul coup sorti d'un chapeau a donné le oui gagnant quelques heures avant l'ouverture des bureaux de vote. Un sondage fait par l'organisme américain Galope.

Galope Paul qui quelques heures après la mort d'Annaline, c'est la dépêche AFP du 13 septembre 2003. Et bien ce sondage a donné le oui gagnant avec 43 % des intentions de vote contre 42 % de non. C'était la première fois depuis 9 mois que l'on donnait le oui gagnant dans un sondage.

Ce résultat revenait à affirmer qu'en l'espace de quelques heures, le oui avait bondi de 35 à 43 %, c'est-à-dire avait gagné 8 points au vu des images télévisées du brancard et de la mourante tandis que le nom s'était effondré de 50 à 42 %. Et à ce partir de ce moment-là, pendant 48 heures, on a vu défiler à la radio et à la télévision suédoise tous les analystes politiques qui ont expliqué que le oui allait l'emporter parce que c'était une espèce de comment dirais-je métaphore christique hein. Adame Annal était morte mais elle était morte finalement et bien sa mort allait être sublimée par une victoire du oui extrémist et on a fait pleurer évidemment toute la Suède et un miracle n'arrivant jamais seul ce sondage qui témoignait d'une admirable réactivité de ses commanditaires était aussi le dernier à pouvoir être légalement publié avant le scrutin.

On a eu affaire en fait à une manipulation d'état gigantesque et honteuse. Seulement. Voilà le voilà c'est que les Suédois sont un peuple mû et réfléchi et que ces manipulations de dernière minute.

C'est vrai que l'ensemble de la Suède a été bouleversé par cet assassinat de cette jeune mère de famille mais en fait n'a pas fait bouger l'opinion du peuple suédois. C'est ce que l'on a constaté le 14 septembre. C'est-à-dire le lendemain, le rejetinglant de l'euro par 57 % des Suédois.

Le 14 septembre 2003, les Suédois ont voté non à 56,1 % selon le calcul de Suédois avec une écrasante participation de 81,2 %. Le oui ne recueillit que 41,8 %. Il faut savoir qu'en Suède, les votes blancs et nuls sont comptabilisés par le code électoral et il s'élévrent à 2,1 %.

Donc selon le mode de calcul du code électoral français notamment qui comme vous le savez ne prend pas en compte les votes blancs et nuls et bien le nom a remporté selon le calcul le mode de calcul français 57,3 % des suffrages et le oui 42,7 % donc c'est euh une victoire euh sans appel, une victoire écrasante. Ce qui est intéressant, c'est de comprendre pourquoi. D'abord, la poignante absence de moyens financiers, regardez-les, c'était le nom avait été porté par le peuple suédois qui était quasiment en savate et qui avec des des des feuilles ronéotées.

Il n'avaient pas un rond, ils n'avaient pas un fif frelin. Il il ne pouvaient même pratiquement passer à la à la télévision et à la radio. Cette poignante absence de moyens financiers des partisans du nom qui n'en rendait que plus indécente la débauche de moyens financier médiatique du camp du Oui, ne les empêchane rencontrèrent un écho profond dans la société suédoise, peuple libre et jamais soumis à l'étranger.

C'est un peuple mur et réfléchi comme l'ont révélé les sondages post-lectoraux. Les sondages post-électoraux révélèrent que les Suédois avaient massivement la rejeté la monnaie unique. Non pas, comme le disent toujours les critiques, par bêtise ou parce qu'ils étaient contre le gouvernement.

C'est pas vrai. C'est au contraire après mure réflexion. C'est comme en France, les 55 % de Français qui ont voté non à la Constitution européenne l'ont fait après s'être beaucoup documenté.

Et après, il y a eu toute une propagande en France qui a voulu faire croire que les Français avaient voté comme des comme des esservelés, que ça il voulaient simplement sanctionner Jacques Chirac. C'est pas vrai. Une très grande majorité des Français avaient beaucoup réfléchi avant de voter non à la Constitution européenne.

C'était pareil pour le nom des Suédois au 14 septembre 2003. Qu'est-ce qu'on donnait les sondages post-lectoraux ? ont indiqué que les Suédois avaient voté non pour quatre raisons.

Premièrement, l'absence de démocratie des prises de décision de la Banque centrale européenne. Ils avaient raison et la suite l'a montré. En effet, la BCE prend des décisions de façon totalement antidémocratique.

Deuxièmement, les Suédois avaient voté non parce que ils mesuraient les mauvais résultats déjà enregistrés par la croissance de la zone euro. Ils avaient raison et la suite l'a montré. Troisièmement, les Suédois avaient voté non par la crainte que ensuite il se voit imposer une politique économique, sociale, monétaire et fiscale dont il ne voudrait pas.

Ils avaient raison et on le constate en 2011 où l'on voit de plus en plus que la France est en train d'être soumise à une politique économique, sociale, monétaire, fiscale dictée par la Banque centrale européenne et en réalité par les instructions venues de Washington et de Berlin. Et puis enfin, le 4e point pour lesquel les Suédois avaient voté non, c'était plus généralement la volonté des Suédois de pourréserver leur souveraineté nationale. Ils avaient donc raison.

Et donc avec le recul du temps, on s'aperçoit que c'est bien le peuple lui-même parce que les peuples ont du bon sens. Ils ont souvent beaucoup plus de bon sens que leurs élites et donc le peuple suédois avait fait un vote parfaitement mû et parfaitement réfléchi. Quelle en fut la conséquence ?

Bien la conséquence immédiate, on on est presque éberlué de devoir le dire. Ce fut le refus haineux du suffrage universel par les européistes. Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, commentant les résultats du scrutin, fit cette déclaration : "La Suède qui produit s'est battu pour l'euro, mais elle a échoué à cause de la crainte de la nouveauté dans l'opinion publique." C'est-à-dire que les 57 % de Suédois sont des qui ont voté non étaient en fait des bouches inutiles.

Ce sont des gens qui ne produisent rien. Est-ce que vous vous rendez compte du mépris profond dont cela témoigne ? La ministre espagnole des affaires étrangères, madame Anna Palacio, se jugeant à même de donner des leçons de morale au peuple suédois, fit la déclaration suivante : "C'est une mauvaise nouvelle pour l'Europe et une mauvaise nouvelle pour la Suède.

Elle aurait mieux fait de se taire puisque comme nous allons le voir, ce fut au contraire une excellente nouvelle pour la Suède." Et puis à l'unisson de ces européistes et bien le premier ministre suédois lui-même, monsieur Gurin Person annonça que son gouvernement allait il allait redoubler d'efforts pour que la Suède entre dans l'euro. Il faut quand même s'arrêter un instant et se pincer pour le croire dans une démocratie.

Normalement, quand un gouvernement reçoit une telle gifle après s'être tellement investi en faveur du oui que 57 % du peuple et des électeurs votent non, dans une démocratie normale, le premier ministre aurait dû aussitôt présenter sa démission et on aurait dû convoquer des élections générales. C'est comme ça une démocratie. C'est le peuple qui décide.

Au lieu de quoi ? seulement, il est resté en poste et son gouvernement aussi, sauf la pauvre Anna Lint qui elle était dans le cercueil. Mais en plus de ça, il eu le front d'expliquer et bien qu'il allait maintenant se battre pour faire entrer la Suède dans l'euro, même si 57 % des Suédois n'en voulaient pas.

On vit fleurir à cette occasion des affiches que je trouve intéressantes. Regardez-les. Not fascism when we do it.

Ce n'est pas du fascisme quand c'est nous qui agissons comme ça. C'était une affiche qui avait été faite par des Suédois qui copiant les affiches des années 30 des partis nazis avait représenté tout simplement le les comment dirais-je à la place du drapeau hitlérien le drapeau de l'Union européenne. Oui, il n'y a pas d'exagération.

Lorsque 57 % d'un peuple vote non et que le premier ministre reste en place en disant je vais le faire quand même et bien nous sommes dans une situation de fascisme. Voilà. Et c'est la même chose qui s'est passée en France lorsque les Français ont voté non à 55 % à la Constitution européenne, le soir même, nous avons vu les dirigeants français expliquer qu'ils étaient bien embêtés mais qu'il allait sans doute falloir faire revoter les Français jusqu'à ce qu'il vote.

Oui. Alors, on en arrive maintenant à une question importante et même tout à fait cruciale. Après le refus de l'euro, où est donc passé l'apocalypse annoncé ? tous les responsables politiques européistes, 92 % des grands patrons, rappelez-vous le magazine Affaires Verelden, tous les dirigeants syndicaux, tous les commentateurs politiques, tous les économistes, tous les experts, tous les psychologues et sociologues qu'on vient sur les plateaux de télévision, ils avaient tous garanti aux Suédois une que le refus de l'euro produirait une apocalypse monétaire, économique et sociale dont la Suède ne sera relèverait pas.

Alors, il faut être raisonnable. La moindre des choses et bien c'est de vérifier ce qui s'est passé puisque d'ailleurs tous les autres dirigeants de tous les autres pays européens avaient approuver ces prophéties terrifiantes. La moindre des choses serait quand même de vérifier si cet apocalypse a bien eu lieu.

Depuis maintenant 8 ans après le référendum de 2003, la grande presse européenne est devenue quasiment muette sur la situation de la Suède.