Aller au contenu
Tous les transcripts
Discours / meetingPhilippe de Villiers· 20 novembre 2025 7 minAutoproduitPortrait personnelInstitutions & élections

Philippe de Villiers : "Hommage à nos héros"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Philippe de VilliersFait
    « mon père nous a toujours raconté à chaque 11 novembre, il nous racontait la même histoire poignante, c'est que le 11 novembre 1918, sa maman l'a pris dans ses bras, elle a serré fort et dit "Pourquoi tu pleures maman ?" »
  • 1:00Philippe de VilliersFait
    « Il s'appelait Isidor. Et alors, il voyait que je ne saisissais pas la portée de cette expression que je trouvais banale. J'y étais, tu étais où ? »
  • 1:30Philippe de VilliersFait
    « Il a dit "En se retournant euh il avait la misère du monde dans les yeux." »
  • 2:30Philippe de VilliersFait
    « Ils étaient là une quinzaine dans une chambrée dans la pénombre avant de partir au combat. Et tout à coup, l'un d'entre eux a dit aux 14 autres, "On va prononcer un serment." »
  • 3:30Philippe de VilliersFait
    « Il leur dit "Écoutez bien, c'est mouvant. Il leur disent ceci : "Vous étiez si jeune, vous étiez si confiants, vous étiez si fort." »
  • 4:30Philippe de VilliersFait
    « C'était le bon temps malgré tout parce qu'il nous voyait vivant. »
  • 5:30Philippe de VilliersFait
    « au moment de la dernière étape, il me vient un sentiment de remord pour avoir osé rire de vos peines. »
  • 6:30Philippe de VilliersFait
    « Honneur à nos ancêtres, à nos grands-pères, nos arrières grand-pères. Honneur au poilus. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Philippe de Villiers

D'abord, c'est l'anniversaire de mon père. Oh oui, ça suit. 14 novembre 1913. Et il nous reste quelques minutes là où vous avez le temps. Oui. Ouais. Et en fait, mon père nous a toujours raconté à chaque 11 novembre, il nous racontait la même histoire poignante, c'est que le 11 novembre 1918, sa maman l'a pris dans ses bras, elle a serré fort et dit "Pourquoi tu pleures maman ?" Elle dit "Est-ce que ton papa ne reviendra pas ?" En entendant les cloches qui sonnaient après le clairon du caporal s'est lié. Et ça, ça nous a beaucoup marqué.

Et en fait quand j'étais enfant, chaque année, on se retrouve devant le monument au mort de du village Boulogne avec tous les noms sur les quatre côtés du monument. Et l'un d'entre nous était choisi, un enfant pour égriner dans la litalie du souvenir les noms des morts pour la France de la guerre 141. Mort pour la France et nous répétions après chaque nom un tel mort pour la France un tel mort pour la France. Et il y avait encore des rescapés qui parfois titubaient, balbucia. Il y avait encore des gueules cassées de Verdin, de la tranchée des bayonnettes. Et parmi eux, il y en a un que j'affectionnais et qui m'aimait bien qui m'appelait toujours petit petit viens là petit.

Et il me dit petit, j'y étais. Petit, j'y étais. Il s'appelait Isidor. Et alors, il voyait que je ne saisissais pas la portée de cette expression que je trouvais banale. J'y étais, tu étais où ? Il dit, "J'y étais." Il répétait "J'y étais." Et voyant que je ne comprenais pas, il me dit "Tu peux pas comprendre petit ?" Parce que vous les enfants, pour vous aujourd'hui c'est le paradis. Moi, j'ai connu l'enfer. Il a ajouté un mot qui m'a marqué, qui m'a bouleversé et qui m'a mis sur la voie. Il a dit "En se retournant euh il avait la misère du monde dans les yeux." Tu vois, petit la mémoire c'est pour les vieux. La mémoire c'est pour les vieux. C'est terrible cette phrase.

Là, je dis ça m'a ouvert la voix parce que j'ai compris que en fait j'allais vivre dans un monde complètement nouveau où on allait pratiquer ce qu'on pratique tous les jours. L'amnésie des grandeurs et l'hypermnésie des lâchetés. Et voilà, le 11 novembre s'éloigne 107 ans et avec lui le souvenir, le souvenir des poilus, le souvenir des héros, le souvenir des Saint-sériens du serment de 14. Ils étaient là une quinzaine dans une chambrée dans la pénombre avant de partir au combat. Et tout à coup, l'un d'entre eux a dit aux 14 autres, "On va prononcer un serment." Et ils ont prononcé le serment suivant : "Demain, nous monterons à l'assaut avec nos cazoars et en gant blanc. Ils ont été décimés.

foudroyé mais glorieux. Il y a une phrase de madame de Stal à laquelle je pense en cet instant la gloire et le deuil éclatant du bonheur. C'est si vrai. Et en cet instant, je pense aussi à l'adresse magnifique de Roland Dorgelè à ses compagnons de combat qu'il appelait les croix de bois. Il leur dit "Écoutez bien, c'est mouvant. Il leur disent ceci : "Vous étiez si jeune, vous étiez si confiants, vous étiez si fort. La joie qui était en vous dominait les pires épreuves. Vous n'auriez jamais dû mourir dans la boue des relèves, sous le poids écrasant le labeur écrasant des corvés et même devant la mort. Je vous ai jamais entendu. Je vous ai jamais vu pleurer. Je vous ai toujours vu sourire.

Je vous ai toujours vu rire. Et en ce moment, moi je pense-il, à ces boyaux que nous avons creusé, à ces croix de bois que nous avons planté les unes après les autres. Et il ajoute c'était le bon temps. C'était le bon temps malgré tout parce qu'il nous voyait vivant. On a bien rios entre deux marches accablantes. On arri mes camarades. Ouis. On arrive pour une soupe chaude. On arrive pour un gourbi solide. On arrive pour une nuit de répar pour un brun de chanson. Un copain qui disparaît. C'est si vite oublié. et on riait quand même. Mais avec le temps, leur souvenir nous manque. Leur souvenir est creusé plus profondément comme un acide qui mort.

Et au moment de ma vie, dit-il et conclut-il, au moment de la dernière étape, il me vient un sentiment de remord pour avoir osé rire de vos peines. comme si j'avais taillé un pipot dans le bois de vos croix. Les croix de bois Rolandeless. Honneur à nos ancêtres, à nos grands-pères, nos arrières grand-pères. Honneur au poilus. Quel le son ! Ils ont tout donné offert à leur poitrine pour la France.