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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 13 décembre 2016 64 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Peillon : Et un de plus contre Valls ! #cdanslair du 13-12-2016

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 32 %Attaque 46 %Défensif 21 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on est au bout des surprises, en termes de candidatures ?

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça crédibilise ou ça donne un sentiment d'improvisation ?

  • 4:03OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça raconte de cette primaire ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est le calendrier qui fait qu'on a le sentiment de courir après un processus ?

  • 6:58OuverteRéponse directe

    Péon ne prend-il pas le risque de passer pour un intellectuel hors sol ?

  • 10:25ComplaisanteRéponse directe

    Il promet qu'il mettra au cœur de sa campagne l'éthique politique et les valeurs de gauche.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:51PrésentateurChiffre
    « « Le jeune candidat chauffé à blanc a mobilisé ce week-end près de 15 000 militants. » »
  • 2:49Invité politiqueFait
    « « On n'est jamais totalement au bout des surprises, mais là, on peut quand même à deux jours se dire que oui, il n'y aura pas a priori de nouvelles candidatures. » »
  • 3:00Invité politiqueFait
    « « Si vous regardez un petit peu le déroulement des fêtes, ça montre bien finalement la déliquescence du processus. » »
  • 8:36IntervenantFait
    « « Il voulait dépénaliser le cannabis. » »
  • 9:21IntervenantFait
    « « Il disait, je serai candidat aux européennes. » »
  • 14:36PrésentateurFait
    « « Reste une inconnue de taille : le choix de François Hollande. » »
  • 26:59Invité politiqueChiffre
    « « Le Parti Socialiste table sur 1 million et demi de votants. » »
  • 30:30IntervenantChiffre
    « D'abord, 80% des Français ne voulaient pas qu'il soit candidat. »
  • 31:55Invité politiqueFait
    « Manuel Valls, lui, était le seul candidat qui incarnait cette ligne. »
  • 35:40InvitéChiffre
    « Son dispendieux meeting qui aurait coûté plus de 400 000 euros. »
  • 36:17InvitéChiffre
    « Grâce à ses 11 000 donateurs, son équipe a déjà réuni plus de 3 millions d'euros. »
  • 48:24InvitéFait
    « Le taux de chômage mesuré par l'INSEE est revenu à son niveau de la fin de 2012. »
  • 49:00InvitéFait
    « La France a été à la hauteur du message universel que les peuples du monde ont appris à aimer d'elle. »
  • 51:14PrésentateurChiffre
    « 305 voix pour, 239 contre, c'est un vote de confiance très large. »
  • 55:40Invité politiqueFait
    « donc ça veut dire qu'il entraîne malgré tout contrairement à ce que je disais, c'est le sérieux »
  • 55:47Invité politiqueFait
    « que la marque de fabrique de Bernard Cazeneuve c'est ce sérieux »
  • 56:39Invité politiqueFait
    « Bernard Cazeneuve correspond tout à fait très légitime très loyal à l'égard du président »
  • 56:44Invité politiqueFait
    « lui n'a pas trahi à la différence de nombreux autres »
  • 57:37Invité politiqueFait
    « la différence malgré tout c'est que c'est un cérébral quelqu'un qui fonctionne sur une adhésion plutôt cérébrale »
  • 58:11Invité politiqueFait
    « elle cherche d'abord quelqu'un sur qui miser »
  • 58:12Invité politiqueFait
    « elle refuse la ligne politique d'Arnaud Montebourg »
  • 58:58Invité politiqueFait
    « il peut en prendre une partie s'il arrive véritablement à se poser au centre du système »
  • 59:05Invité politiqueFait
    « être le point d'équilibre par définition il devrait un peu en prendre chez Arnaud Montebourg un peu en prendre également chez Manuel Valls »
  • 59:12Invité politiqueFait
    « pour Manuel Valls Arnaud Montebourg il a déjà une fragmentation avec notamment Benoît Hamon »
  • 59:42Invité politiqueFait
    « Benoît Hamon on le disait tout à l'heure c'est quand même un socialiste avant tout »
  • 59:51Invité politiqueFait
    « il était président des jeunesses socialistes dans les années 90 »
  • 1:00:01Invité politiqueFait
    « son rêve est de remplacer en bas d'hélice »
  • 1:00:08Invité politiqueFait
    « il se distinguait plutôt de Jean-Luc Mélenchon c'est la radicalité »

Temps de parole

  • Vincent Peillon44 %
  • Présentateur18 %
  • Intervenant17 %
  • Intervenant 29 %
  • Invité5 %
  • Invité 23 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:13
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Il est celui que personne n'a vu venir. Vincent Péillon bouscule donc la primaire à gauche. L'ancien ministre de l'Éducation nationale, député européen, retiré en réalité de la vie politique, a fait irruption dans la primaire, bouscule le jeu et vient chercher le Premier ministre sur sa ligne, celle de l'héritage lucide de François Hollande. Tous n'ont qu'un objectif en tête pour l'instant, engranger des soutiens à ce jeu-là. Manuel Valls garde l'avantage et aligne dans son sillage les principaux ténors du gouvernement. Tous gardent un œil inquiet sur l'aventure Macron.

Le jeune candidat chauffé à blanc a mobilisé ce week-end près de 15 000 militants. Cet après-midi, Bernard Cazeneuve, lui, dans son discours de politique générale, a tenté de défendre le bilan de François Hollande qui sera naturellement au cœur de cette primaire. « Payons et un de plus contre Valls », c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Bristin Thurier. Vous êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos et vous enseignez également à Sciences Po Paris. Catherine Ney, vous êtes éditorialiste politique sur Europe 1. On peut également vous lire dans les colonnes de Valeurs Actuelles. Raphaël Baquet, vous êtes grand reporter au journal Le Monde.

Enfin, David Revaudalonne, vous êtes éditorialiste politique au journal du dimanche et sur Europe 1. Rappelons votre ouvrage « Valls à l'intérieur » aux éditions Robert Laffont et « Les guerres du président » aux éditions du Seuil. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Alors, on est à deux jours de la clôture du dépôt des candidatures pour la primaire du Parti Socialiste, primaire de la gauche. Est-ce qu'on est au bout des surprises, Bristin Thurier, en termes de candidatures ?

1:49
Vincent Peillon

On n'est jamais totalement au bout des surprises, mais là, on peut quand même à deux jours se dire que oui, il n'y aura pas a priori de nouvelles candidatures. Mais franchement, on en a vu tellement depuis quelques semaines que je serai plus assuré quand elles seront définitivement closes.

2:03
Présentateur

Voilà, je commence avec un brin d'ironie cette émission parce qu'effectivement, la sortie du chapeau, on va le dire comme ça, de Vincent Péillon à quelques jours de la date de clôture des candidatures, était une surprise pour tout le monde.

2:16
Vincent Peillon

C'est une surprise pour tout le monde. C'est aussi quelqu'un dont on dit qu'il a été poussé par d'autres acteurs politiques qui avaient manifestement en ligne de mire de gêner principalement Manuel Valls. Donc, il y a la personnalité et l'itinéraire de Vincent Péillon. Il y a aussi les jeux d'utilisation, d'instrumentalisation possible dans une campagne où tous les coups manifestement sont permis.

2:36
Présentateur

David Rebaudallon, est-ce que ça crédibilise, ça relance l'intérêt de cette campagne des primaires, cette candidature surprise, on va l'appeler comme ça ? Ou est-ce que, au fond, ça donne un sentiment un peu curieux d'improvisation ?

2:49
Vincent Peillon

D'abord, c'est une surprise pour tout le monde, mais surtout pour l'intéresser puisque je crois qu'il y a deux semaines, il n'était absolument pas du tout dans l'optique et dans l'intention de se présenter à quelque primaire que ce soit. Si vous regardez un petit peu le déroulement des fêtes, ça montre bien finalement la déliquescence du processus. Et c'est pour ça que je vais répondre à votre question, c'est que Péillon, des gens proches de Martine Aubry et d'Hidalgo ont donné son nom dans la presse et qu'à partir de là, il y a eu une sorte d'effet boule de neige. D'autres socialistes l'ont contacté, mais qu'à ce moment-là, personne ne l'avait jamais appelé pour le soutenir.

Donc, c'est vraiment sur un malentendu. Vous avez tous raison pour bloquer d'une part Manuel Valls, mais aussi Arnaud Montebourg. Mais en réalité, cette ultra-fragmentation montre que le processus ne correspond pas à grand-chose. Avant, on avait des courants identifiés idéologiques au PS, puis on est passé à des écuries qui étaient quand même tournées autour de la destinée politique d'une personnalité. Là, ce ne sont même plus des écuries, ce sont des entreprises individuelles. Et moi, je ne suis pas du tout certain, Brice, que d'ici trois jours, d'ici vendredi minuit, on n'est pas, par exemple, un Mathias Feckel, ce jeune secrétaire d'État qui vient de lancer son mouvement, qui se présente.

Je crois que tout est ouvert. Si on a vu Vincent Péillon, tout devient possible, comme disait Nicolas Sarkozy.

4:03
Présentateur

Et qu'est-ce que ça raconte de cette primaire, Raphaël Baquet ?

4:07
Intervenant

Ça raconte qu'effectivement, les candidats en lice ne font pas l'unanimité. Enfin, ça, c'est normal, mais c'est vrai que Vincent Péillon, David a tout à fait raison de le dire, quand il est parti de la politique, il jurait justement qu'il quittait la politique. Et il en avait soupé, il était incroyablement critique sur le PS, sur les mœurs politiques. Le voir revenir, c'est à la fois curieux et en même temps assez difficile de l'identifier, car on ne sait pas très bien sur quel thème il revient, au fond. On ne sait pas quelle idée il porte.

Il a l'air de dire qu'il veut défendre le bilan de François Hollande, mais il est contre Manuel Valls, qui partage ce bilan, quand même, quoi qu'on en dise. Donc, il a fait un bout de route commune avec Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, et puis il se présente d'une certaine façon contre eux. Donc, on ne comprend pas très bien quel est le sens de sa candidature.

5:00
Présentateur

Le problème, c'est qu'on compare et qu'on est dans la comparaison avec cette primaire de la droite, Catherine Ney, où il y avait un ancien chef de l'État, deux anciens premiers ministres. Il se donnait le sentiment, alors peut-être que ce n'était pas le cas, d'avoir préparé un peu cette bataille-là de la primaire. Est-ce que c'est le calendrier qui fait qu'on a le sentiment de courir après un processus et de tout vivre dans une forme d'urgence et d'improvisation ?

5:23
Intervenant

Non, mais il n'empêche les similitudes. C'est que la primaire de droite, bien sûr, il y avait Nicolas Sarkozy, un ancien président, et puis deux anciens premiers ministres et des ministres. Mais c'était tous contre Nicolas Sarkozy. Ils étaient tous contre lui. C'est ça la vérité. C'est comme quand il a été candidat à la présidentielle. Tous les candidats étaient contre lui. Donc, lorsqu'il y a un sortant gouvernemental, ce qui est le cas de Manuel Valls, là, c'est une coalition anti-Valls. Et elle est d'autant plus forte que Payon, viré par Valls, c'est-à-dire qu'il ne l'a pas repris dans son gouvernement. Benoît Hamon l'avait remplacé.

Et puis, huit mois plus tard, même pas, six mois après, Montebourg et Hamon ont été virés par Valls. Donc, ça fait des gens qui... C'est une coalition avec sûrement une idée de vengeance, avec du ressentiment, avec l'impression, le sentiment qu'il a trahi la gauche. Enfin, je veux dire, c'est... Je dirais, de même que la primaire à droite, ses ministres, son ancien Premier ministre, reprochait à Nicolas Sarkozy de ne pas avoir assez réformé. Enfin, ils étaient tous critiques à son égard. Et bien, là, c'est la même chose. Vous voyez, c'est... Je trouve qu'il y a une symétrie. Alors, c'est pas peut-être le même poids des hommes. Est-ce que Montebourg vaut Juppé ?

Est-ce que Hamon vaut un autre ? Vous voyez, j'en sais rien. Mais c'est exactement le même schéma.

6:48
Présentateur

Vous avez bien raison de dire des hommes. Parce qu'on signale quand même que... Et c'est un sujet. Que dans cette primaire, pour l'instant, de gauche, il n'y a pas une femme qui se présente. Donc, il reste trois jours pour trouver une femme candidate.

6:58
Vincent Peillon

Il y a aussi, dans les lectures, je crois, une lecture que font chaque camp de la primaire de l'autre camp. Et là, moi, je me demande si le fait que François Fillon ait emporté la primaire de la droite tout à la fin, de manière assez impromptue, c'était pas le schéma envisagé, n'accrédite pas une grille de lecture qui est que finalement, tout est possible, puisque tout se joue en quelques semaines, puisque les débats, la campagne ont un rôle moteur. Eh bien, pourquoi pas moi ? Alors, je crois que c'est une erreur.

7:24
Présentateur

On peut se dire, pardon, au-delà de la rime, Payon, c'est le nouveau Fillon. C'est ça qui s'est dit ?

7:29
Vincent Peillon

En tous les cas, il peut y avoir cette grille de lecture. Je ne pense pas que Vincent Payon soit le nouveau Fillon. François Fillon était un personnage profondément enraciné, ancien Premier ministre, expérimenté. Vincent Payon, et on l'a souligné ici, il semble surgir de nulle part. Je pense qu'il y a un problème de notoriété, tout simplement, auprès de l'ensemble des Français. Mais même auprès du corps électoral, a priori de la gauche, il n'y a pas un enracinement, une identité, qu'on perçoit très clairement. Notre difficulté, d'ailleurs, en témoigne.

Mais comme tout le monde dit, nous y compris, qu'aujourd'hui, tout est imprévisible, et donc, quelque part, tout est possible, eh bien, ça libère encore plus cette expression de chacun qui se dit, pourquoi pas moi ? Après tout, si je suis bon dans le débat, je vais y arriver. Je pense que c'est une erreur, encore une fois.

8:10
Intervenant

Je crois qu'on ne peut absolument pas comparer Payon et Fillon. C'est l'idée, pardonnez-moi, Catherine,

8:16
Présentateur

c'est l'idée qu'on se dit que tout est possible et qu'on a vu sortir le quatrième homme d'un coup gagné la primaire et qu'ils se disent les uns et les autres

8:23
Intervenant

que les sondages se trompent. C'est une forme de communiquant. Oui, parce que, quand même, il faut bien voir que Vincent Payon, qui devait tout casser, il refondait la gauche, qu'il avait, en arrivant en 2012, on attendait beaucoup de lui. Et qu'est-ce qu'on a vu ? Que sa première idée, c'était de faire une réforme des rythmes scolaires sans avoir de concertation avec les syndicats. Il avait tout le monde contre lui. Et les mères, pour qui il devait trouver des gens pour s'occuper des enfants l'après-midi, ça coûtait cher dans les... Enfin, ce n'était pas du tout accepté, ni par les parents, ni par personne.

Et justement, on se plaignait à l'éducation nationale de cette morgue de l'agrégé qui passait par-dessus les PEG dont il n'avait que faire. Donc, il a fait pas mal de gaffes. Il voulait dépénaliser le cannabis. Enfin, il a eu des positions qui ont un peu agacé tout le monde, à commencer par Jean-Marc Ayrault et François Hollande. Et puis, il sentait d'ailleurs très bien lui-même que ça n'allait pas bien pour lui, parce qu'il était ministre, il disait, je serai candidat aux européennes. Alors, ça veut dire que déjà... Eh bien, oui, ça veut dire que déjà, il voulait sortir, vous voyez. Donc, il est parti, personne ne pensait plus à lui. Et donc, on est venu le chercher. Pourquoi ?

Parce que les Hollandais veulent un peu aussi avoir un candidat pour se venger de Val, ce qu'ils prennent pour un Brutus.

9:41
Vincent Peillon

Ce qui est intéressant, c'est que par rapport à la réussite de la primaire de droite, et l'absurde révélateur, et finalement au scénario Fillon, c'est que tous les candidats, ou presque, utilisent le modèle ou le contre-modèle. Par exemple, l'exemple Fillon, ce n'est pas seulement Payon, mais c'est Benoît Hamon qui espère qu'il sera... Vous savez, Benoît Hamon, dont pas grand monde ne parle, mais qui fait une campagne de terrain sérieuse depuis deux mois, il espère être le nouveau Fillon. Et à l'inverse, personne ne veut être le Juppé.

Vous avez remarqué que Manuel Valls, qui était plutôt bien placé dans les sondages jusqu'à l'IFOP Paris Match du jour, qui donne Montebourg gagnant au deuxième tour, eh bien, Valls était le favori, mais ne voulait surtout pas apparaître comme le favori, et plutôt comme le challenger. Donc chacun se positionne aussi sur un scénario... En fonction de la primaire de la droite. Voilà, en fonction de ce qui s'est passé à moi.

10:25
Présentateur

Alors, il promet qu'il mettra au cœur de sa campagne l'éthique politique et les valeurs de gauche. L'entrée fracassante de l'ancien ministre Payon a surpris. Tout le monde, on l'a compris. Il faut dire qu'il confiait il y a encore quelques mois qu'il en avait totalement fini avec la politique. Mais cet agrégé de philosophie a fait un retour remarqué après le retour de François Hollande. Hier, il a fait son premier déplacement dans un centre d'hébargement de sans-abri. Et les premiers coups n'ont pas tardé. Montebourg, Valls s'en sont pris aux derniers venus. Le Premier ministre, 5 ans lui rappelant qu'on ne s'improvise pas candidat. Roma Becker, Thomas Jarion et Dominique Lemarchand.

11:01
Vincent Peillon

C'est l'invité surprise de la primaire de la gauche. Retiré depuis près de 3 ans maintenant de la scène politique nationale, Vincent Payon redécouvre l'art de faire campagne devant les caméras. Mais non, mais pourquoi on en parle ? Eh ben voilà, ça commence, j'avais perdu l'habitude. Pour son premier déplacement depuis l'annonce de sa candidature, Vincent Payon a choisi de visiter un centre d'hébergement d'urgence pour sans-abri.

11:36
Invité

Bonne continuation, madame. Merci. Travaille bien.

11:39
Vincent Peillon

Un choix, évidemment symbolique, le social, la solidarité. Vincent Payon souhaite axer son début de campagne sur les fondamentaux de la gauche.

11:51
Invité

Je veux rendre hommage à cette France qu'on ne voit pas beaucoup, celle des bénévoles, celle des travailleurs sociaux, celle aussi des professeurs des écoles qui accueillent ces enfants d'étrangers que madame Le Pen veut mettre dehors, ceux qui soignent le personnel soignant et qui font quand même que la France

12:07
Vincent Peillon

est fidèle à ses valeurs. Depuis son entrée en campagne, l'ancien ministre de l'éducation s'est par ailleurs fixé un mot d'ordre, l'éthique. Il faut garder de la hauteur de vue. Il ne faut pas faire de petites phrases. L'éthique politique, ça m'était demandé à un moment, c'est ça.

12:25
Invité

Vous avez bien vu que pendant trois ans, vous n'avez pas pu obtenir une petite phrase contre personne, ni les uns, ni les autres. Certains ont occupé les trois ans à faire des petites phrases. Moi, je pense qu'il ne faut pas le faire.

12:36
Vincent Peillon

Après avoir répété ces derniers mois qu'il ne reviendrait pas dans l'arène politique française, Vincent Péillon est donc le septième candidat déclaré à la primaire de gauche. Un obstacle de plus sur la route du tout récent candidat Manuel Valls qui ne se prive pas d'égratignir une candidature pour le moins inattendue.

12:59
Invité

On ne s'improvise pas candidat à la présidence de la République. J'ai exercé les plus hautes missions au cours de ces dernières années. Nous sommes dans un monde dangereux. Nous sommes face à une menace terroriste, à des bouleversements technologiques majeurs. Donc il faut avoir un projet pour la France. C'est ce projet que je présente à mes compatriotes. Donc j'avance et je veux incarner d'une certaine manière. Ça vous rappellera quelque chose. Une force tranquille. Le pays a besoin d'une belle et force tranquille.

13:28
Vincent Peillon

Si Manuel Valls reprend à son compte la formule de François Mitterrand, le troisième candidat majeur de la primaire de la gauche, Arnaud Montebourg, choisit lui de renier l'héritage de François Hollande pour renvoyer dos à dos ses adversaires. Je crois que la question que je vois apparaître entre Manuel Valls et Vincent Péon, c'est que ce sont finalement les deux frères du hollandisme qui se disputent l'héritage. C'est leur responsabilité. Pour ma part, j'ai des désaccords politiques de longue date. Ils ont été exprimés avant le gouvernement. C'était l'époque de la primaire. Puis dans le gouvernement. Et puis après le gouvernement.

La bataille des petites phrases, donc, mais aussi depuis hier, celle pour obtenir des ralliements. Arnaud Montebourg peut compter sur la plupart des frondeurs, Laurent Baumel, Christian Paul ou Aurélie Filippetti. À peine candidat, Vincent Péon a déjà reçu le soutien de la maire de Paris, Anne Hidalgo, ou des députés Patrick Menucci et Patrick Bloch. Quant à Manuel Valls, il est soutenu par plusieurs poids lourds du gouvernement et par Jack Lang. Reste une inconnue de taille le choix de François Hollande qui pourrait aussi décider de ne pas trancher.

14:43
Présentateur

Alors on verra, et on reviendra sur ce que peut faire ou pas faire François Hollande dans cette campagne des primaires. Mais d'abord cette question. Péon ne prend-il pas le risque de passer pour un intellectuel hors sol étranger aux préoccupations quotidiennes des Français ?

14:59
Vincent Peillon

C'est déjà un reproche qui lui a été fait, effectivement, pendant la réforme des gardes d'enfants puisque le reproche principal ce n'était pas sur le bienfait ou pas pour les enfants de ces rythmes scolaires. C'était sur le fait que ça accroissait, disaient les parents à l'époque, leurs difficultés et que ça témoignait d'une méconnaissance réelle, profonde de la vie quotidienne des Français. Donc il y a ce premier élément. Et puis le deuxième élément, c'est qu'on a l'impression qu'il surgit de nulle part, effectivement. et qu'il n'y a pas une arrête idéologique claire, précise, une motivation profonde, des propositions qui vont arriver charpentées.

Alors peut-être que ça sera au moment des débats, mais autant les autres...

15:35
Intervenant

La première chose qu'on s'est dit, c'est ni de grande phrase non plus puisque ça fait trois ans qu'effectivement, il n'est plus dans le champ du débat. Donc ça, c'est la première chose. Et sur l'éthique, il va avoir une petite difficulté parce qu'il est député européen et il n'est pas un député assidu. Il est même un député très absent. Donc, effectivement, du point de vue de l'éthique, on ne peut pas dire qu'il soit un modèle et il va avoir des difficultés à assumer ça. Puis la troisième chose et peut-être la plus importante encore, c'est qu'on comprend bien, on va dire, on voit bien les deux lignes de Manuel Valls et d'Arnaud Montebourg. Comment vous les résumeriez ?

On voit bien Manuel Valls, c'est la gauche de gouvernement, la gauche réaliste, autoritaire et très laïciste. Et puis celle d'Arnaud Montebourg, c'est une gauche beaucoup plus eurosceptique, plus souverainiste, plus sur le rôle de l'État, plus frondeuse d'une certaine façon. Donc on comprend bien ces deux gauches-là. Pour les autres candidats, c'est beaucoup plus difficile. C'est aussi difficile d'ailleurs pour un Benoît Hamon qui est au fait assez proche de la gauche d'Arnaud Montebourg. Et puis Vincent Péillon, à vrai dire, on ne sait pas très bien où il est dans cette gauche-là. Il est une gauche de gouvernement ou pas ?

16:43
Présentateur

Il faudrait peut-être regarder d'où il vient David Revodalone. C'est quoi son histoire au Parti Socialiste à Vincent Péillon ? Il est de quel côté ? Il est du côté des Hollandais ? Il est de quel côté ?

16:52
Vincent Peillon

Vous savez, au Parti Socialiste, on dit qu'il faut souvent un GPS pour suivre les parcours des uns et des autres. Vincent Péillon, il correspond tout à fait à cette maxime-là. Il a été jospiniste, puis il a fondé le NPS. Le Nouveau Parti Socialiste. Le Nouveau Parti Socialiste, avec Benoît Hamon et Arnaud Montebourg qui l'affrontent aujourd'hui. Puis il a atterri chez Ségolène Royal. Il envisageait ensuite de se rallier à Dominique Strauss-Kahn avant l'affaire du Sofitel. Et puis enfin, il s'est rangé à la raison avec François Hollande. Donc vous voyez qu'il a eu des fidélités successives et quelquefois vagabondes.

Après, pour ce qui est de sa personnalité, vous savez, on disait que Vincent Péillon, on le qualifiait de docteur Vincent et mystère Péillon parce qu'il avait un peu cette double personnalité, une forme de schizophrénie politique qui faisait qu'il était effectivement un intellectuel assez incontesté, quelqu'un qui travaillait sur le fond et il n'y en avait pas énormément, il faut quand même le dire, dans les instances dirigeantes du Parti Socialiste à cette époque. C'est quelqu'un qui a beaucoup travaillé sur les premiers socialistes, sur la laïcité des origines, sur quelqu'un comme Pierre Leroux qui n'est pas très connu mais qui est un des premiers socialistes.

Et puis à côté de ceux-ci, c'était quand même un apparat chic de tout premier ordre engagé dans les batailles d'appareils, dans les batailles de fédérations, assez violents parfois. Souvenez-vous, il a été l'un des plus virulents soutiens de Ségolène Royal au Congrès de Reims en 2008, avec cette histoire de fraude, ça a été extrêmement violent. Et ensuite, il s'est violemment affronté à Ségolène Royal lorsqu'il a tenté de faire main basse sur son courant. Puis avec Martine Aubry, souvenez-vous, pendant les primaires, il avait comparé Martine Aubry à Marine Le Pen, il faut quand même le rappeler. Donc c'est quelqu'un qui a ses coups et qui est un combattant.

Il a toujours cette double personnalité, à la fois très intellectuelle et très apparatchique, il faut le dire.

18:32
Présentateur

Avec ce positionnement qu'on essaie de lire dans cette démarche qui est très récente, qui est de dire « Je suis moi aussi le candidat du bilan de François Hollande. » Oui. Tout comme le serait Manuel Valls. Donc comment est-ce qu'il se départage par rapport à ça ?

18:49
Intervenant

Ça, on va le voir pendant les... Là, il fait effectivement, il fait la lecture du bilan qu'a fait François Hollande pour annoncer que ce bilan était tellement formidable que ça lui donnait toutes les raisons de ne pas y aller. Donc, il va peut-être défendre ce bilan. En tous les cas, dans l'itinéraire que vient de retracer David, ça montre que, d'abord, il a aussi été appelé par Martine Aubry qui l'injurait, ce qui prouve qu'en politique, on peut injurier un jour et oublier le lendemain. Donc, il a essayé un itinéraire assez composite pour espérer agréger des voix partout, rassembler des voix. Bon, parce que... Bon, il arrive... Bon, c'est un intermittent du spectacle. Il part, il revient.

Bon, est-ce que que là, il va... Ça va être très intéressant de le voir affronter Arnaud Montebourg, avec lequel il était très proche. Qu'est-ce qui les différencie ? Parce qu'ils étaient sur la même ligne et quand même, il y en a un qui fustige le bilan de François Hollande et l'autre qui le loue. Alors, ça va être un peu... Ils vont se mettre devant leurs contradictions. Ça va être très intéressant. Bon, c'est... Et Arnaud Montebourg,

19:57
Présentateur

puisque vous parlez d'Arnaud Montebourg, les renvois dos à dos, Manuel Valls et Vincent Payon, en disant que ce sont tous les deux les enfants, les héritiers de François Hollande.

20:03
Vincent Peillon

Oui, ce que va, à mon avis, démentir Vincent Payon, parce que je crois que son objectif, il a parlé de rassemblement aussi.

20:09
Intervenant

Ça, tout le monde.

20:10
Vincent Peillon

C'est le mot magique. Tout le monde parle de rassemblement, mais comme on vient de le rappeler là, il y a quand même deux lignes qui se dessinent. Et clairement, une ligne Valls qui tire un peu vers Macron et une ligne Montebourg qui tire un peu vers Mélenchon. Et je pense que Vincent Payon se dit qu'il y a un point d'équilibre à trouver, d'où l'idée du rassemblement entre ces deux lignes, pour apparaître comme l'héritier critique, mais autant héritier que critique, du bilan de François Hollande et Emmanuel Valls et celui qui, par rapport à la ligne Montebourg, justement, reprendra certains aspects et en critiquera d'autres.

20:42
Présentateur

Il y a un espace tel que je vous écoute là.

20:43
Vincent Peillon

Je pense qu'il essaye d'être le point d'équilibre de ces deux gauches. On est tous en train de dire qu'il y a ces deux lignes à gauche, lui, à mon avis, se dit le point d'équilibre est à trouver. Je peux incarner ce point d'équilibre.

20:56
Présentateur

David Rovelland ?

20:57
Vincent Peillon

Ce qui est intéressant, c'est que ce point d'équilibre, enfin cet espace, il aurait dû être occupé. Jusqu'à il y a 15 jours, il était occupé par quelqu'un qui s'appelle François Hollande et qu'à l'évidence, Manuel Valls, qui a tenté, après son retrait, de lui ravir ses parts de marché, pour l'instant, n'y réussit pas. Parce que Valls jouait le rassemblement précisément et on voit qu'en étant à contre-emploi par rapport à tout ce qu'il a dit, fait depuis qu'il est au gouvernement, mais aussi depuis 15 ans, tout ce qui a construit son identité politique, eh bien, ça ne fonctionne pas.

Alors Vincent Payon s'est dit que sur un malentendu, puisque Manuel Valls ne pouvait pas s'emparer de ses parts de marché, lui pouvait peut-être tenter le coup. Mais je trouve que en termes de propositions politiques, de grandes ou de petites phrases, c'est vrai qu'on n'a rien entendu, on n'entend pas ces propositions, on ne sait pas exactement quelle est son identité, donc ça va être très compliqué. Et puis, il faudrait quand même rajouter que tous ceux-là, tous ceux dont on parle, ont tous été ministres de François Hollande.

On pourrait en rajouter une dernière qui va vraisemblablement rentrer dans la primaire, c'est Sylvia Pinel pour les radicaux de gauche qui n'est pas une grande figure, mais ça fait quand même cinq ministres, alors dont les uns...

21:59
Présentateur

Elle sera candidate ou elle ne sera pas candidate

22:00
Vincent Peillon

dans la primaire ? Elle va être candidate. Ça fait quand même cinq ministres qui expliquent les uns qui n'ont rien à voir avec le bilan de François Hollande ou les autres que le bilan de François Hollande est formidable. Vincent Payon étant parti avant Montebourg, moi je trouve qu'il y a quand même une forme de rationalité un petit peu écornée sur ces arguments-là.

22:18
Présentateur

Qui déclenche Vincent Payon ? On a entendu les noms, c'est important à gauche, les noms de Martine Aubry, de Anne Hidalgo. Est-ce qu'il est le poisson pilote de Martine Aubry, de Anne Hidalgo ou des Hollandais déçus par Manuel Valls ?

22:33
Vincent Peillon

Vous avez sur Martine Aubry, elle s'est exprimée, elle ne soutient pas Vincent Payon, enfin je ne l'ai pas entendu. Anne Hidalgo, oui, le soutient, ce qui peut un peu plus s'expliquer. Quant aux Hollandais, vous aurez remarqué que comme ils n'ont plus, ils sont orphelins, ils n'ont plus de leader, il y en a un tiers qui semble en passe de passer chez Macron, un autre tiers qui soutient Valls et le troisième tiers qui se tâte, qui pourrait peut-être atterrir chez Payon.

On ne sait pas vraiment, vous savez, c'est comme les orphelins de manière générale et c'est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy, lui, a tout de suite dit au soir du premier tour qu'il ralliait François Fillon, ce qui a fait que tous les Sarkozy sont arrivés chez lui. La François Hollande n'ayant rien dit de tel et n'ayant pas pris position, les orphelins de Hollande sont un peu égayés dans la nature.

23:13
Présentateur

Il le fera, votre avis, Raphaël Baquet ? Il restera mutique jusqu'à la fin de cette primaire ou est-ce qu'à un moment donné, quand on est chef d'État, issu quand même du Parti Socialiste, on ne peut pas laisser passer un processus comme celui-ci sans dire un mot, sans faire un signe ? Le soir de son renoncement

23:30
Intervenant

et il ne l'a pas fait. Et c'est vrai que pour l'instant, il ne donne aucun signe. Alors, il devrait le faire parce qu'on voit que le sort de la gauche le préoccupe, mais c'est vrai que... Mais qui ? C'est ça son suivant, non ?

23:44
Vincent Peillon

Voilà, mais qui ? Moi, je crois que François Hollande ne prendra absolument pas partie dans cette primaire. C'est visiblement ce que laissent filtrer en ce moment ses collaborateurs. D'abord parce qu'il estime qu'il doit prendre la hauteur, la présidentialité, etc. Donc, ce qui l'empêche officiellement de mettre les mains dans la machine du parti, et puis deux, tout ce dont on vient de parler, il a aussi de sacrés comptes à régler avec eux. Je rappelle qu'aussi bien Payon que Montebourg et bien sur Valls qui clouent le dernier clou sur le cercueil de ses ambitions présidentielles, eh bien, il n'a pas forcément envie de leur apporter un soutien franc et massif.

Donc, je crois que ça se jouera plutôt après la primaire. Et d'ailleurs, il y aura un vrai dilemme pour lui. Est-ce qu'il soutiendra le candidat issu de la primaire du Parti Socialiste ? A priori, c'est ce vers quoi le poussent son histoire et ses convictions. Mais il y a aussi le cas d'Emmanuel Macron.

24:31
Présentateur

Et nous y viendrons, Emmanuel Macron, dans un instant. Est-ce qu'il y a un favori dans cette campagne des primaires ?

24:39
Vincent Peillon

Moi, je ne crois pas qu'il y ait de favori aujourd'hui. On est incapable, objectivement, de dire si c'est plutôt Manuel Valls, si c'est plutôt Arnaud Montebourg.

24:45
Présentateur

Que disent les sondages, alors ?

24:46
Vincent Peillon

Les enquêtes qui commencent à circuler sur cette primaire et qui sont fragiles, comme je ne vais pas répéter tout ce que j'ai dit à propos de la primaire de la droite.

24:54
Présentateur

Il vaut mieux le redire.

24:55
Vincent Peillon

Il vaut mieux le redire, mais comme ça ne sert à rien, on n'a pas de le redire. À un moment donné, j'en fais mon deuil. Mais simplement, ces enquêtes montrent juste que c'est très ouvert sur les secondes tours. Et moi, je voudrais insister sur un point. Elles ont tendance à oublier ou à occulter, y compris dans nos débats, celui que je crois être plutôt le troisième homme, qui est Benoît Hamon. Parce que quand vous regardez la popularité de Benoît Hamon, quand vous regardez ses soutiens dans le parti, eh bien là, on parle et c'est normal de la candidature de Vincent Péon. Il y a les deux lignes, Arnaud Montebourg et la ligne Manuel Valls.

Mais il y a aussi quelqu'un qui, en termes de popularité, est très proche d'Arnaud Montebourg, voire un petit peu devant chez les sympathisants PS, qui, dans les intentions de vote, est plutôt derrière, mais qui, sur une élection interne à la gauche, a fortiori, quand c'est une élection, n'ont pas de conquête du pouvoir présidentiel, parce qu'ils ne se font pas beaucoup d'illusions malgré tout, peut, je crois, marquer des points. En tous les cas, il faut suivre aussi, ne pas oublier ce candidat-là durant cette campagne qui ne fait que commencer.

25:49
Présentateur

De toute façon, il ne faut plus oublier de candidats dans les campagnes des primaires. Et ça, on l'a compris.

25:53
Intervenant

D'ailleurs, il intéresse, il intéresse Benoît Hamon. Moi, ça m'a, je veux dire, presque étonnée, parce que l'émission, il est passé sur France 2 jeudi dernier. Et il a fait 1,7 million de téléspectateurs. Pour un débutant, c'est beaucoup. Il est tout à fait honorable.

26:10
Présentateur

Et pour le coup, il a un logiciel, alors le mot n'est pas très élégant, mais il a une ligne qui est identifiée, Benoît Hamon ?

26:18
Vincent Peillon

Oui, il a une ligne qui est identifiée à la fois plutôt sur la gauche du Parti Socialiste, plutôt proche des frondeurs, mais en même temps, c'est quelqu'un qui a toujours été au cœur du PS, qui a toujours été un homme d'appareil, avec son courant, qui a été proche, toujours proche de François Hollande, nonobstant son positionnement très à gauche. Donc, c'est quelqu'un qui peut très bien, je dirais, répondre aux demandes, enfin, proposer une offre plutôt qui est conforme à celle de l'appareil.

Et si cette primaire n'est pas une primaire très ouverte et très large, comme visiblement ça semble être le cas, puisqu'on n'aura jamais 4 millions, on n'aura peut-être même pas 1 million et demi comme l'EF.

26:52
Présentateur

Il parie sur combien ?

26:53
Vincent Peillon

Alors, je crois que l'homme de l'arc et Brice Teinturier va nous aider sur les sondages, mais en tout cas, le Parti Socialiste table sur 1 million et demi de votants, et je crois que c'est encore extrêmement élevé par rapport aux capacités du PS d'organiser, de tenir des bureaux de vote et d'attirer les électeurs. Je pense qu'ils mettent aussi la barre volontairement très bas. 1 million et demi, il faut rappeler que ça avait été 2 millions 6 en 2011 et évidemment 4 millions récemment. Donc si c'était 1 million et demi, ce serait un échec cinglant pour le Parti Socialiste.

Oui, mais Brice, n'oubliez pas, pardonnez-moi, juste un mot, que c'est pour désigner non pas le futur président, mais vraisemblablement le futur premier. Tout à fait. Oui, je voudrais rajouter

27:30
Intervenant

justement, et David a raison de souligner, un petit élément matériel. C'est que comme justement cette primaire, a priori, personne ne pense que ça va désigner le futur président de la République, les candidats sont pauvres, beaucoup plus que dans la primaire de droite. Et donc cette primaire se fait de façon un peu artisanale. D'ailleurs, on l'a vu dans les premiers reportages où tout le monde soulignait la différence de niveau entre le Manuel Valls premier ministre et le Manuel Valls candidat. C'est le cas pour tous les candidats. Donc ils font ça de Wickedbrock. Et du coup, les candidats qui ont des courants, qui ont des militants ont un petit avantage.

Et c'est pour tout ça pour revenir à Benoît Hamon. Il a un petit socle militant. Vous voyez ? Donc par rapport à Vincent Payon, par exemple, il a un petit socle qui lui permet de faire une campagne peut-être plus active et peut-être plus efficace par rapport à sa renommée qui est plus étroite. Mais le problème aussi, c'est que là, pour organiser les bureaux de vote, eh bien bon, après les désastres aux municipales et aux élections diverses du Parti Socialiste, on manque de main pour tenir les bureaux des élections.

C'est-à-dire, et chacun, chaque candidat n'a pas à sa disposition des gens sur tout le territoire qui sont prêts à passer 24 heures, deux fois, enfin en tout cas 12 heures pour tenir les bureaux de vote. Un mot quand même

28:49
Présentateur

sur une petite phrase qu'on a entendue dans le précédent reportage de Manuel Valls qui avait l'air clairement un peu agacé.

28:55
Vincent Peillon

Il a souvent l'air un peu agacé, Manuel Valls.

28:57
Présentateur

Oui, mais là, il avait peut-être des raisons d'être agacé de l'initiative Payon qui était clairement destinée à contrer et à le gêner à embarrasser on va dire sa candidature. Manuel Valls disant « Je suis la force tranquille ». Il fait une campagne version force tranquille à votre avis ?

29:14
Vincent Peillon

Je trouve que ça ne lui va pas du tout. Ce n'est pas l'image qu'il a. Il est quelqu'un qui est beaucoup plus dans l'énergie. Alors bien sûr, il cherche à arrondir un peu les angles et à concilier et à rassembler parce qu'il sait qu'il a beaucoup heurté au sein de la famille socialiste. Mais Manuel Valls, la force peut-être, tranquille, franchement, ce n'est pas François Mitterrand. Ce n'est pas ce qu'il incarne. Ce n'est pas ce qu'il dégage. Et je ne pense pas que ce soit un bon concept non plus pour lui à mettre en avant.

29:39
Présentateur

Il fait un bon début de campagne à votre avis, Manuel Valls. Je fais un petit tour de table.

29:44
Intervenant

Catherine Ney ? Non, parce que quelle était l'image de Manuel Valls ? Quand il est arrivé à Matignon, il avait 58% d'opinions positives des Français. Pourquoi ? Parce qu'il incarnait une ligne, disons, socialo-libérale ou libéralo-sociale. Et puis, peu à peu, c'est François Hollande qui l'a entraîné dans la spirale. On avait dit qu'il allait valsiser Hollande et en fait, c'est Hollande qui a... Hollande disait vals. Donc, il a déçu une partie de l'électorat qui pensait qu'il allait vraiment casser la baraque et vraiment moderniser le pays. Et c'était sa volonté. Il n'a pas pu le faire, si vous voulez. Donc là, il part parce qu'il vibrait, parce qu'il trouvait que...

Il était persuadé que François Hollande ne pourrait pas être candidat. D'abord, 80% des Français ne voulaient pas qu'il soit candidat. Donc, il prenait les Français au mot et il a choisi l'opportunité du livre d'Aveilhomme pour dire « Mais là, c'est pas possible, c'est définitivement pas possible ». Il se lance, mais déjà, en partant, en disant « Je vais rassembler » alors qu'il a quand même été sans arrêt un toréador rugueux et contrarié. Enfin, je veux dire, c'est quelqu'un qui a donné des coups de... Je ne sais plus de quoi. Des banderies. Des banderies. Voilà, c'est quelqu'un qui est... Notamment par les parlementaires. Des parlementaires. Alors maintenant, la force tranquille.

Vous me direz que François Mitterrand lui-même, s'il n'avait pas changé sa dentition, c'était un slogan qui ne lui allait pas. Non plus. Il avait toujours l'air de mordre. Donc là, la force tranquille, mais s'il fait la force tranquille, il n'est plus lui-même.

31:21
Présentateur

Des bons débuts de campagne ou pas très vite avant qu'on avance au deuxième reportage ?

31:24
Vincent Peillon

Non, pas de débuts de campagne pour toutes les raisons qu'on vient de dire. C'est la force brutale. C'est la force Manuel Valls. Tout court, ce n'est pas du tout la force tranquille. Et donc, Manuel Valls a contre-emploi. Manuel Valls qui effectivement donne l'impression d'être un peu poussif. Le fameux blast que nous avaient vendu les amis de Nicolas Sarkozy pour Manuel Valls on l'attend encore.

31:39
Présentateur

Il a des soutiens. Il engrange des soutiens.

31:41
Vincent Peillon

Il engrange quelques soutiens, non des moindres. Didier Guillaume, le patron des sénateurs socialistes, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Mais bon, il n'a pas non plus fait le break total en termes de dynamique de campagne. S'il est irrité, effectivement, on avait le sentiment qu'il était irrité par cette candidature. C'est parce que Arnaud Montebourg avait dans les pattes Benoît Hamon. Et Manuel Valls, lui, était le seul candidat qui incarnait cette ligne.

Donc pour un premier tour, ça voulait dire que les opposants à la ligne Hollande Valls pour faire court étaient divisés, émiettés et que là, Manuel Valls se rend bien compte qu'avec l'irruption de Vincent Péon, eh bien finalement, sa ligne aussi peut être divisée ou au moins émiettée. C'est ça la cause politique également de son irritation.

32:18
Présentateur

Et tous ont dans le viseur un homme, Emmanuel Macron. Les images sont devenues cultes. Celles d'un Emmanuel Macron survolté, exalté à la tribune devant 15 000 personnes, près de 15 000 personnes réunies ce week-end porte de Versailles à Paris. Ses adversaires ont moqué la forme, mais quand même gardent un oeil inquiet sur la dynamique Macron et sur sa capacité d'attirer les foules. L'ancien ministre polarise le débat politique à gauche et à droite. Même Ségolène Royal se dit qu'elle n'est pas insensible aux jeunes candidats. Le premier secrétaire du PS n'a pas renoncé à l'idée de le faire participer à la primaire à tout prix. Mais le candidat refuse et trace sa route pour le moment.

Cécile Guéririquet, Marie-Charlotte Duluc et Arnaud Foira.

32:58
Invité

C'est d'aller partout en France pour le poids. Christique pour les uns, théâtrale pour les autres, exaspérant pour les responsables politiques de tous bords et surtout incontournable depuis son meeting de samedi. Emmanuel Macron au cœur de toutes les interviews politiques. Monsieur Macron a été le conseiller économique de François Hollande qui lui a conseillé d'augmenter les impôts. Monsieur Macron a été celui qui a refiscalisé les heures supplémentaires. Monsieur Macron... Monsieur Macron...

33:45
Vincent Peillon

Monsieur Macron... Emmanuel Macron... Je pense simplement que quand on est devant un micro, il faut arriver à poser sa voix.

33:51
Invité

Si certains responsables politiques ironisent sur la forme, ils reconnaissent aussi son coup de force. Réunir près de 15 000 sympathisants dès le premier meeting, quand François Fillon mobilisait seulement 3 000 militants lors de son dernier rassemblement. Un succès qui déstabilise le parti socialiste. Malgré les nombreux refus d'Emmanuel Macron de participer à la primaire, le secrétaire général fait tout ce qu'il peut pour le faire revenir sur sa décision.

34:20
Vincent Peillon

Après le virage humaniste d'Emmanuel Macron, j'ai bien envie de lui envoyer une carte gratuite. Il est mûr pour la primaire.

34:27
Intervenant

Vous faites finalement le même appel que Jean-Christophe Cambadélis. N'aie pas peur,

34:31
Auditeur

Emmanuel vient dans la primaire.

34:31
Vincent Peillon

C'est une très bonne chose et c'est un très bel appel.

34:35
Auditeur

Il fait peur à la gauche parce que ce que ça a démontré samedi, c'est que la dynamique est de son côté. Elle n'est pas du côté du parti socialiste. Le parti socialiste a fait un grand meeting entre guillemets Porte de la Villette le samedi précédent où il y avait 2 000 personnes difficilement réunies alors qu'il devait y en avoir 5 000 au départ. La ferveur n'était pas là. On était quelques jours après le renoncement de François Hollande. L'ambiance était morose. Et on sent bien sur le terrain, les élus sur le terrain, les gens ne leur parlent que d'Emmanuel Macron.

35:07
Invité

Bravo à vous ! Pour l'instant, Emmanuel Macron manque encore d'appui politique majeur. Mais cette lacune pourrait rapidement être comblée. Je m'appliquerai forcément dans la campagne pour aider à la force des idées, à la force du mouvement, à la protection d'un certain nombre de valeurs. De quelle façon, je ne sais pas encore et qui, je ne sais pas encore. ça pourrait être en dehors de cette primaire en parlant d'Emmanuel Macron. Rien n'est fermé. Rien n'est fermé. Macron fait peur à la gauche. Du coup, c'est sur le terrain de l'argent qu'il est attaqué. Son dispendieux meeting qui aurait coûté plus de 400 000 euros. Beaucoup trop pour les ténors du Parti Socialiste.

Moi, surtout, par rapport à ce meeting, j'ai une question et une seule. Comment a-t-il payé cela ? Donc moi, je dis simplement que financer un meeting comme ça, ça veut dire qu'on est soutenu par des gens qui ont beaucoup, beaucoup d'argent. Ça veut dire donc qu'Emmanuel Macron, c'est le candidat de ce grand capitalisme financier qui va attendre en retour des choses. Merci à vous ! Hors des partis, Emmanuel Macron ne peut compter que sur les dons privés pour financer sa campagne. Grâce à ses 11 000 donateurs, son équipe a déjà réuni plus de 3 millions d'euros. Et ce n'est pas fini. Hier matin, les adhérents d'En Marche ont reçu ce mail les invitant à mettre la main à la poche.

36:32
Présentateur

Alors, il y a beaucoup de questions après ce reportage. Celle-ci d'abord, que va faire Cambadélis des socialistes qui soutiennent Macron ? Peut-il sanctionner un élu socialiste qui accorderait son parrainage à Emmanuel Macron ?

36:43
Vincent Peillon

Oui, parce qu'il estime que du point de vue ceux qui accordent des parrainages au candidat qui n'est pas le candidat issu de la première PS se mettent en dehors du parti et donc sont un, passibles de sanctions et deux, pour ceux qui d'aventure voudraient candidater aux législatives, ne bénéficieront pas de l'étiquette PS aux législatives.

Je ne sais pas d'ailleurs si bénéficier de l'étiquette PS aux législatives, c'est un plus, mais en tout cas, c'est la menace qui le fait peser et ce n'est pas du tout certain que la menace soit effective et que les gens ne disent pas à un moment finalement, moi, vous ne me donnez pas l'étiquette PS, très bien, je vais devenir macroniste et m'engager aux législatives pour lui.

37:20
Présentateur

Macroniste, est-ce que Ségolène Royal peut le devenir ? Elle était incroyable cette phrase de Ségolène Royal. On sait qu'elle est singulière, Ségolène Royal, elle n'en fait souvent qu'à sa tête. Là, elle dit je ne ferme aucune porte alors que tout s'évacue en général, la candidature d'Emmanuel Macron, le traitant de traite, etc.

37:38
Intervenant

Quand on se souvient de la campagne de Ségolène Royal, à vrai dire, il y a des éléments de ressemblance entre les deux campagnes. D'abord, sur le fond, Emmanuel Macron a toujours parlé beaucoup de démocratie participative, il a tenté d'ailleurs de reprendre les réseaux de désirs d'avenir qui sont un peu délités, mais enfin bon, il aimerait bien refaire ce qu'elle avait fait en 2007 et on voit bien que même dans la gestuelle, il lui ressemble. Alors, et sur le fond, à vrai dire, cette gauche-là est une gauche qui va assez bien à celle de Ségolène Royal. Donc, ce n'est pas incohérent du tout de la voir regarder du côté d'Emmanuel Macron.

38:21
Vincent Peillon

Sur le fond, elle avait aussi effectivement des propositions sur les entreprises qui ne sont pas si éloignées de certains aspects du discours d'Emmanuel Macron qui lui-même développe quelque chose. Moi, je crois que c'est ça le plus important par rapport à tous les autres concurrents qui est qu'il veut s'appuyer sur la société civile. C'est celui qui a le mieux compris que pour les Français, eh bien, la société a les solutions et le système politique bloque ces solutions. Alors, tous le sentent plus ou moins. Tous ont expliqué à droite qu'ils ont élaboré leurs projets avec les Français, etc.

Mais celui qui va jusqu'au bout de cette logique, c'est beaucoup plus Emmanuel Macron et il est totalement en face de ce point de vue avec la Ségolène Royale de 2006-2007.

38:57
Présentateur

Alors, on ne peut pas ne pas revenir sur ces images qu'on vient de voir d'un Emmanuel Macron qui exulte à la tribune. Vous rappeliez pendant le reportage les uns et les autres que c'est une minute du discours, une minute et demie du discours.

39:12
Vincent Peillon

Il a duré 1h45, ce discours.

39:13
Intervenant

Oui, alors qu'il devait parler seulement 1h20. Mais il était emporté, il était grisé par sa propre parole et surtout par une foule. Quand on parle devant 15 000 personnes qui agitent des drapeaux, même des drapeaux européens, c'est la première fois qu'on voit ça dans un meeting de gauche quand même depuis longtemps. Donc, il était porté par, ben voilà, grisé par lui-même. Il n'arrivait plus à terminer. D'ailleurs, il s'est raillé. Il n'avait plus d'eau pour boire. Mais enfin, c'était quand même une chose inouïe parce que, souvenez-vous, quand il a quitté le ministère, il avait cette phrase, il dit, je sais que mon embarcation est frêle, je pars sur un petit bateau.

Et là, il était dans un océan, sur une houle qui le portait. Je veux dire, ces gens qui applaudissaient, c'est quand même une performance extraordinaire.

39:57
Présentateur

Alors, arrêtons-nous là-dessus une seconde. Est-ce que c'est une performance extraordinaire ? Est-ce que c'est, ce que disait tout à l'heure Raphaël Baquet, une question de moyens ? Il a des moyens. Il a eu un vrai financement de sa campagne, Emmanuel Macron. Il continue à faire des appels aux autres. Non, pas du tout. Les gens sont en train

40:12
Intervenant

qui parlent de ses moyens par rapport aux autres. Lui aussi, il cherche de l'argent. On l'a vu dans le reportage, il fait des appels aux dons régulièrement. Bien sûr, mais comme tous les autres. Et les gens qui sont venus ont payé. Alors, les gens ont payé. Non, il faut le lire. Est-ce que c'est, pardon, je termine ma question.

40:26
Présentateur

Il est arrivé qu'on nous explique qu'il y avait tout un tas de gens qui étaient venus à des meetings et qui avaient été amenés en car, en train et qui étaient là pour être sur la photo.

40:36
Intervenant

Est-ce que c'est spontané ce qu'on avait vu ? Les gens sont venus spontanément. En tout cas, ils ont été sollicités par des gens d'En Marche mais ils ont payé leur billet de train. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'ils sont venus un samedi de province en prenant le train et quand on disait les gens partaient parce qu'ils en avaient marre et tout ça. Non, pas du tout. Ils partaient parce qu'ils avaient leur train à 20h et qu'ils ne voulaient pas le rater. Ils utilisent beaucoup les réseaux sociaux et ça faisait longtemps qu'il y avait de la retape un peu pour ce meeting. Ce qui est intéressant c'est qu'ils fassent applaudir des thèmes qui ne sont plus applaudis depuis un moment. Lesquels ?

L'Europe. Un pays ouvert. Il parle des migrants et ce n'est pas les migrants au secours. Et il parle de la liberté, de la liberté d'entreprendre. Il fait applaudir des tas de choses qui ne sont plus applaudies non seulement à gauche mais dans le pays en général depuis très longtemps. Donc là, effectivement, ce qui est intéressant c'est ce que dit aussi son succès.

41:31
Vincent Peillon

S'il attire, je pense, c'est parce qu'il a de l'ardeur. On le voit aussi dans ses images parce qu'il a une singularité et effectivement, comme Catherine Né l'a rappelé, moi j'étais très sensible à ça parce qu'il réoccupe et il est le seul le terrain de l'Europe qui est quand même un marqueur à gauche et quelque chose d'important. Et tous l'ont mis de côté parce que tous ont le sentiment que c'est plutôt aujourd'hui assez impopulaire. Eh bien lui, il reprend ça et c'est ce qui fabrique un électorat. Il y a un électorat disponible qui croit en l'Europe et qui attend qu'un leader reprenne ce flamboulat. Ce qui est intéressant c'est que d'ailleurs sur l'Europe, il n'a rien dit.

il a parlé du bouclier européen sans définir quoi que ce soit à propos de ce bouclier. Mais vous aviez effectivement des milliers de gens qui agitaient des petits drapeaux ce qui est du jamais vu dans un meeting de gauche. Après, ce qui est intéressant, moi j'ai été à ce meeting c'est que j'ai été assez frappé d'abord parce que c'est quand même le premier meeting, le premier gros meeting de cette campagne et dans une campagne présidentielle qui est toujours une guerre psychologique il a quand même frappé un très grand coup.

Et d'ailleurs, ses soutiens rappelaient que Fillon pour son grand meeting d'entre deux tours c'était 3000 personnes rassemblées avec grande difficulté et que Manuel Valls alors c'était dans le doux il ne faut pas... Il a fait plus que 5000 millions Il a fait 6000. Bon, en tout cas c'était beaucoup moins que 14 000 ou 12 000 qui semblent être le véritable chic de Macron. Et que pour Manuel Valls ou pour la Belle Alliance eh bien on est obligé de mettre des militants socialistes il en reste encore un petit peu dans des trains de leur payer le voyage etc.

Donc, quelque part il est en train de lever le doute sur a-t-il des gens derrière lui a-t-il des troupes y a-t-il des gens qui sont prêts à faire mouvement et de repousser la charge de la preuve sur le PS et de remettre la pression sur le PS parce que maintenant il va falloir voir quels sont les véritables chiffres des Montdebourg, Valls et autres payons dès lors qu'ils feront un meeting et je doute qu'ils arrivent à faire 12 000 ou 14 000 personnes

43:10
Intervenant

et moi surtout la question que je me posais c'est que quand il avait lancé son mouvement Marche à Amiens je l'avais trouvé je trouvais qu'il avait la voix blanche et qu'il manquait et je ne sais pas je me disais est-ce qu'il aura le souffle pour être un grand orateur et là ça a quand même été une surprise parce qu'on s'est aperçu qu'il avait quand même une puissance qui à la fin était épuisée parce qu'il est 1h45 avec juste une petite bouteille d'eau c'est qu'il tient vous voyez et donc il a tenu et là et puis il était ben oui il était galvanisé il marchait sur un nuage

43:41
Présentateur

le voilà le principal problème de Manuel Valls non ? Brice Tinturier

43:44
Vincent Peillon

ah oui je pense qu'il y a et de la primaire

43:46
Présentateur

d'une manière générale

43:47
Vincent Peillon

pour le coup on le voit dans les enquêtes on voit bien qu'il y a un électorat plutôt valsiste qui au moment de l'élection présidentielle peut rebasculer et rebascule sur Emmanuel Macron et qu'Emmanuel Macron prend chez les ex-hollandais chez les valsistes d'aujourd'hui un peu également évidemment chez l'électorat potentiel de François Bayrou et un peu également dans l'électorat de François Fillon et cette puissance d'attraction qui aujourd'hui fonctionne et finalement le nom de son mouvement En Marche il n'est pas si mal vu parce qu'on a le sentiment qu'effectivement ça avance alors que le PS est pour l'instant à l'arrêt et le sera tant qu'il n'aura pas désigné son candidat et bien ce positionnement lui permet aujourd'hui d'élargir jusqu'à quel point c'est une autre affaire ensuite il y a d'autres difficultés à surmonter mais effectivement il prend pour chez Valls aussi

44:29
Intervenant

surtout un mouvement à son chiffre parce que c'est EM Emmanuel Macron en marche c'est bien joué il faudrait que Manuel Valls fasse MV marchons vite par exemple j'espère qu'il nous écoute ce soir il a une suggestion

44:42
Présentateur

vous avez une charte graphique également vous lui proposez en termes d'intention de vote est-ce qu'il est en train de creuser l'écart parce que ça évidemment ça va ça va jouer à la fois dans la primaire du parti socialiste et pour les éventuels ralliements à Emmanuel Macron

44:56
Vincent Peillon

en termes d'intention de vote présidentielle nous allons sortir je fais un peu de teasing du coup dans le monde de demain une nouvelle vague d'enquête avec le Cevipof et le monde et ce qui est très intéressant c'est qu'on voit que Arnaud Montebourg quand il est candidat obtient entre 6 et 8% d'intention de vote donc c'est très faible c'est très bas et ça va peser Manuel Valls est plutôt dans une zone de 11-12% suivant les hypothèses et Emmanuel Macron est au-dessus il est dans la zone des 13-15% donc aujourd'hui vous avez une hiérarchie qui s'établit entre Manuel Valls et Emmanuel Macron c'est encore un peu à touche-touche mais en revanche ils sont très loin devant Arnaud Montebourg et ces enquêtes-là vont malgré tout dire quelque chose aux électeurs de la primaire qui choisissent en tenant compte même si ce n'est pas une primaire de conquête forcément pour la présidentielle il ne faut pas trop minimiser ça parce que l'idée que les jeux seraient faits c'est un discours ambiant de beaucoup d'observateurs Manuel Valls lui insiste justement sur le fait qu'il doit y avoir une espérance et puis les choses ne sont pas si jouées que cela il faut avoir aussi un scénario B en tête avec un affrontement potentiel gauche-droite on ne peut pas l'écarter totalement donc les intentions de vote présidentielle auront un rôle dans le choix je crois des électeurs

46:04
Présentateur

est-ce que vous avez testé les autres candidats ceux dont vous nous avez dit tout à l'heure il ne faut pas les oublier Benoît Hamon ou Vincent Payon est-ce que vous avez le temps

46:11
Vincent Peillon

pas encore et surtout parce qu'on ne peut pas non plus multiplier les hypothèses pour un même interviewé mais c'est quelque chose qu'on sera amené à faire et qu'on fera

46:17
Présentateur

et pendant ce temps-là pendant ce temps-là Bernard Cazeneuve a fait le job comme on dit sans état d'âme le nouveau premier ministre a prononcé cet après-midi sa déclaration de politique générale pour le mandat le plus court de l'histoire de la Ve République entre défense du bilan réaffirmation des priorités comme la lutte contre le chômage il a à sa manière lui aussi commencé la campagne en adressant quelques messages très ciblés à l'adversaire François Fillon morceau choisi par Marie-Laurent

46:45
Invité

La séance est ouverte lors du jour appel à la déclaration de politique générale du gouvernement la parole est à monsieur le premier ministre Un premier ministre est clair mais combatif Bernard Cazeneuve le sait il aura peu de temps pour agir avant l'élection présidentielle alors il monte à la tribune comme s'il entrait en campagne pour mieux rassembler son camp dans son viseur sans le nommer le programme de François Fillon sur l'assurance maladie d'abord et quand certains dans cet hémicycle se situent dans une perspective de déremboursement des dépenses de santé mon gouvernement lui agira inlassablement pour renforcer le droit de nos concitoyens à se faire soigner la protection des français et des services publics face à celui qui prévoit 500 000 suppressions de postes de fonctionnaires certes

47:42
Vincent Peillon

notre fonction publique doit se réformer s'il vous plaît et elle le fait d'ailleurs

47:47
Invité

en permanence mais je vous le dis mesdames et messieurs les députés et je vous le dis du fond du coeur et avec conviction on peut réformer sans abîmer et on peut moderniser sans détruire défendre le bilan du quinquennat réaffirmer la priorité la promesse risquée qui aura en partie disqualifié François Hollande faire baisser le chômage notre politique commence à porter ses fruits le nombre de demandeurs d'emploi inscrit chez Pôle emploi a baissé de 101 700 depuis le début de l'année et le taux de chômage mesuré par l'INSEE est revenu à son niveau de la fin de 2012 cette évolution doit être amplifiée l'ex-premier flic de France venu demander une cinquième prolongation de l'état d'urgence face à la menace terroriste depuis le début de l'année 2016 420 personnes liées à l'islamisme radical ont été arrêtées et 17 projets d'attentats ont été déjoués sur notre sol près de deux mois après le démantèlement de la jungle de Calais Bernard Cazeneuve a remercié tous les maires volontaires pour l'accueil des migrants en remplissant ces obligations devant l'Union Européenne pour la relocalisation et la réinstallation des réfugiés la France a été à la hauteur du message universel que les peuples du monde ont appris à aimer d'elle et parmi les maires de France qui ont accueilli ces réfugiés il y avait des maires de toute sensibilité qui avaient au coeur et en partage la République et ceux

49:25
Vincent Peillon

qui vocifèrent ici auraient bien été inspirés de les écouter et de suivre leur chemin

49:30
Invité

le nouveau locataire de Matignon l'a précisé d'emblée il n'est pas là pour éteindre la lumière mais bien pour gouverner je me présente mesdames et messieurs les députés devant vous aujourd'hui avec un engagement et un seul celui de faire de chaque journée une journée utile à notre pays l'engagement ne se compte pas en moi ni le dévouement en semaine l'engagement et le dévouement ne cherchent pas la récompense il s'estime en réforme poursuivie en action menée en progrès accompli et dans les mois qui sont devant nous je vous propose de nous consacrer

50:07
Vincent Peillon

aux grandes causes et il n'en est pas de plus grande que de servir notre pays

50:12
Invité

il reste 130 jours à Bernard Cazeneuve pour imprimer sa marque avant le premier tour de l'élection présidentielle

50:21
Présentateur

bon alors un mot sur la forme il était un peu moins exalté qu'Emmanuel Macron à la tribune sur la forme c'était classique

50:29
Vincent Peillon

bon c'était classique c'était du Bernard Cazeneuve c'est à dire sérieux solide citant beaucoup de chiffres et de faits mais pas forcément

50:36
Présentateur

ce qui fait beaucoup à Brice Saint-Hurier

50:38
Vincent Peillon

très charismatique il faut souligner au moins

50:41
Présentateur

il est actuel

50:41
Vincent Peillon

il faut souligner j'étais dans l'hémicycle tout à l'heure et je crois de mémoire que je n'ai jamais assisté à une déclaration de politique générale qui se soit déroulée dans un climat d'abord c'était assez il y avait beaucoup d'inattention au début beaucoup de petites blagues et puis à la fin c'était carrément des lazis je crois qu'il faut remonter à Elie de Cresson pour voir une déclaration de politique générale qui se soit déroulée dans un hémicycle un hémicycle pardon aussi hostile

51:07
Présentateur

alors malgré tout 305 voix pour 239 contre c'est un vote de confiance très large plus large que celui du deuxième gouvernement Valls il y a moins d'enjeux naturellement ce qui est très intéressant puisqu'on parle de la primaire et du climat politique à gauche c'est qu'on a vu un premier ministre qui fait clairement campagne

51:28
Vincent Peillon

c'est ça d'ailleurs qui a déclenché aussi l'hostilité c'est qu'on voit l'arrête politique de la campagne contre François Fillon qui se dessine totalement et c'est assez rare qu'un premier ministre de mémoire en tous les cas dans son discours de politique générale prenne partie de manière aussi forte aussi puissante contre celui qu'il désigne implicitement comme étant l'adversaire politique même s'il termine en disant il faut servir la France il y a eu des passages qui visaient explicitement François Fillon et c'est probablement sur cette ligne que François Hollande interviendra après la primaire s'il doit intervenir sur ces questions de protection de santé de droit pour les salariés contre ce qu'il considère être une atteinte à ses droits de la part de François Fillon

52:09
Intervenant

Raphaël Baquet oui il n'a pas choisi de faire un discours conventionnel un faux discours de politique générale il a vraiment immédiatement axé effectivement sur la bataille qui se dessine entre la gauche et la droite parce que la gauche n'a pas renoncé à l'idée d'arriver au second tour de la présidentielle et donc de mener cette bataille front contre front projet contre projet et effectivement c'est une hypothèse qui reste possible

52:36
Présentateur

c'est intéressant aussi d'entendre un Bernard Cazeneuve qui va et on voit bien il l'a déjà dit lors de la passation de pouvoir c'était très net aujourd'hui qui va défendre le bilan de François Hollande et dans une primaire où le bilan de François Hollande risque de se faire étrier il va être une voie qui compte dans ce mois de janvier qui va être consacrée à la primaire de la gauche non ?

52:58
Intervenant

oui d'ailleurs il avait changé de registre alors les extraits là ils sont très un peu tonitruants ce qui n'était pas exactement tout le discours parce que moi je l'ai trouvé entre nous un peu soporifique là mais en tous les cas la marque de Cazeneuve au Parlement c'était ce ton de prélat persuasif un peu onctueux qui répondait à la droite qui était toujours assez vindicative et tonitruante et lui au contraire il répondait sur une voix volontairement basse pour qu'on l'écoute et l'opposition se taisait pour écouter sa réponse c'était un jeu c'est à dire parler plus bas pour qu'on vous écoute davantage et là il a changé de registre et on voit bien qu'il va défendre oui le bilan et les attaques étaient visées aujourd'hui clairement comme vous l'avez dit François Fillon mais c'est quelqu'un qui peut faire mal parce que c'est quelqu'un qui a réussi quand même partout où il est passé je veux dire quand il parle de l'Europe je veux dire allez donc interroger les journalistes à Bruxelles ils disent que c'est le seul ministre français qui venait régulièrement qui voyait la presse qui répondait aux questions et qui pesait beaucoup plus même que François Hollande donc ça veut dire qu'il va avoir un vrai rôle

54:14
Présentateur

dans cette campagne et pardon d'insister dans ce moment de la primaire où il va y avoir un débat gauche contre gauche sur le bilan de François Hollande

54:22
Vincent Peillon

bien sûr et pour rebondir sur ce que dit Catherine l'intérieur qui est un ministère particulièrement difficile pour les socialistes il a laissé une excellente image y compris chez les responsables syndicalistes policiers qui vous l'aurez constaté ces derniers mois se sont quand même beaucoup agités pour le contester donc oui son rôle pour répondre à votre question ça va être de défendre le bilan de François Hollande que personne ne va défendre dans cette primaire puisque les concurrents seront effectivement les uns contre les autres pour démontrer qu'ils sont les meilleurs ce n'est pas un leader qui entraîne mais ça tombe bien il n'est pas candidat en revanche vous êtes sûr ?

attendons trois jours mais en revanche c'est quelqu'un qui argumente qui factualise et du coup il va faire rentrer peut-être dans le débat un certain nombre de points qui en étaient absents et ça ce n'est pas totalement innocent

55:11
Intervenant

oui mais alors on tombera toujours sur cette chose absolument incompréhensible c'est que François Hollande défend un bilan qu'il juge formidable et il en conclut qu'il ne doit pas se représenter et alors maintenant un premier ministre qui défend ce bilan qui ne vaut pas que le président se représente pour éventuellement être élu c'est quand même bizarre ça restera bizarre jusqu'au bout ça restera bizarre jusqu'au bout et nous passons maintenant

55:30
Présentateur

à vos questions aux questions SMS et bien voilà justement cette question et pourquoi pas 15 9 candidats je voterais volontiers pour lui

55:40
Vincent Peillon

donc ça veut dire qu'il entraîne malgré tout contrairement à ce que je disais c'est le sérieux

55:45
Présentateur

c'est ce que vous disiez

55:46
Vincent Peillon

voilà que la marque de fabrique de Bernard Cazeneuve c'est ce sérieux quelqu'un a dit je crois qu'il ne vociférit pas et qu'il n'était pas dans l'exaltation tonitruante ça déplait à une partie de la population ça plaît à une autre partie parce que ça assagit c'est sérieux c'est argumenté et il y a un espace là aussi pour ce type de leader politique

56:04
Intervenant

surtout il a toujours fait de la politique sans être politicien donc ça c'est à mettre à son crédit à vrai dire il fait de la politique évidemment c'est un véritable homme politique mais il ne cède jamais ou en tout cas il ne le montre pas au petit jeu d'appareil

56:22
Présentateur

et cette question encore sur Bernard Cazeneuve Cazeneuve ne sera-t-il pas dans quelques semaines le meilleur rassembleur de la gauche ? C'est possible

56:30
Vincent Peillon

parce que pour le coup vous savez quand on a discuté de l'équation Payon on a vu que ça ne correspondait pas totalement à l'espace qu'il voulait occuper pour le coup Bernard Cazeneuve correspond tout à fait très légitime très loyal à l'égard du président lui n'a pas trahi à la différence de nombreux autres lui a assumé toutes les décisions de ce président depuis 5 ans et lui n'est pas candidat c'est ça le seul problème c'est que dans quelques semaines il sera trop tard pour y aller

56:55
Intervenant

et moi je crois que sa singularité c'est un peu celle aussi qu'avait Emmanuel Macron ce sont deux ministres qui n'étaient pas perçus par l'opposition comme des gens sectaires c'est à dire qu'on voyait bien qu'Emmanuel Macron lorsqu'il travaillait présentait sa loi pouvait passer beaucoup de temps pour convaincre les députés de l'opposition et comme ça dans une salle obscure sans caméra et Bernard Cazeneuve est exactement pareil il entretient de très bons rapports avec beaucoup de députés républicains il est toujours courtois agréable ce qui n'empêche pas de mener la bataille politique mais c'est quelqu'un qui n'est pas sectaire

57:36
Vincent Peillon

la différence malgré tout c'est que c'est un cérébral quelqu'un qui fonctionne sur une adhésion plutôt cérébrale et sur une argumentation là où Emmanuel Macron est capable on l'a vu dans le reportage de jouer sur un régime beaucoup plus émotionnel

57:48
Présentateur

le soutien de la maire de Paris à Vincent Péillon peut-il changer la donne à gauche c'est un soutien de poids

57:55
Vincent Peillon

c'est un soutien de poids mais bien sûr sur l'échiquier politique socialiste mais ça ne change absolument rien ce n'est pas de nature à conférer une dynamique à l'entreprise Péillon qui pour l'instant n'en a pas

58:07
Présentateur

elle cherche quoi alors

58:08
Vincent Peillon

elle cherche d'abord quelqu'un sur qui miser et elle n'aime pas Manuel Valls elle refuse la ligne politique d'Arnaud Montebourg donc elle met en attendant de pouvoir elle-même jouer un rôle plus actif dans la suite des opérations mais très certainement je ne crois pas qu'elle se soit convertie au paysanisme et qu'elle va se battre pour sa destinée politique

58:27
Intervenant

faire des embouteillages en sa faveur c'est ça le petit règlement de compte d'une parisienne ce qui est intéressant ce qui est intéressant c'est que l'électorat de gauche à Paris Paris qui est une enclave électoralement toujours mais l'électorat de gauche est plutôt de centre-gauche donc c'est un électorat dont on peut enfin je parle presque sous le contrôle de Brice mais on peut imaginer qu'ils seront c'est un électorat qui est plus tenté par Emmanuel Macron ou Manuel Valls Payon va-t-il siphonner

58:55
Présentateur

les voix de Valls ? Brice Tinturier

58:57
Vincent Peillon

En tous les cas il peut en prendre une partie s'il arrive véritablement à se poser au centre du système ce que je crois à nouveau être son objectif être le point d'équilibre par définition il devrait un peu en prendre chez Arnaud Montebourg un peu en prendre également chez Manuel Valls et c'est ça le problème pour Manuel Valls Arnaud Montebourg il a déjà une fragmentation avec notamment Benoît Hamon Manuel Valls était tout seul sur l'espace qu'il occupait là il va y avoir un peu plus de fragmentation donc un premier tour moins bon pour Manuel Valls le second tour étant encore

59:26
Présentateur

On en est loin Pourquoi Benoît Hamon ne rejoint-il pas Jean-Luc Mélenchon s'ils sont si proches ? David Rovallon

59:32
Vincent Peillon

On pourrait poser la même question à Arnaud Montebourg On pourrait d'ailleurs poser la même question à Jean-Luc Mélenchon à Rebourg et les socialistes la lui posent parce que Benoît Hamon on le disait tout à l'heure c'est quand même un socialiste avant tout il a quand même la culture du parti certes de l'aile gauche du parti mais il ne jure que par la rue de Solferino il n'a jamais juré que par elle il était président des jeunesses socialistes dans les années 90 je crois que pour lui s'en éloigner ce serait perdre de l'oxygène de même que pour Arnaud Montebourg Et son rêve est de remplacer en bas d'hélice Arnaud Montebourg a donné ce matin lors du petit déjeuner avec Le Monde un autre argument qui faisait qu'il n'était pas du côté de Jean-Luc Mélenchon qu'il se distinguait plutôt de Jean-Luc Mélenchon c'est la radicalité ce n'est pas sur le fond des propositions c'est sur l'idée que Jean-Luc Mélenchon est trop radical et que du coup en termes de gouvernance

1:00:20
Présentateur

Trop radical personnellement trop radical dans ses propositions

1:00:23
Vincent Peillon

Dans ses propositions c'est beaucoup plus dans ses propositions c'est-à-dire qu'à un moment donné on ne gouverne pas avec ses propositions donc c'est une différence d'intensité beaucoup plus qu'une différence de nature

1:00:32
Présentateur

Macron et Mélenchon ne vont-ils pas éclipser le vainqueur de cette primaire ? Raphaël Baquet C'est possible

1:00:38
Intervenant

c'est bien la difficulté tout dépend on va voir effectivement tout dépend du nombre de votants d'abord s'il y a plus de 2 millions de votants si vous voulez ça donne quand même au vainqueur de la primaire une légitimité qui sera plus compliquée à contester donc c'est ça qui va être à regarder Pourquoi Ségolène Royal ne tente-t-elle pas sa chance ?

1:01:00
Présentateur

Mathien ?

1:01:01
Vincent Peillon

Je crois que l'époque a quand même une tendance à sortir les sortants même si les sortants n'ont pas forcément exercé on l'a vu à droite avec Nicolas Sarkozy chez les écologistes avec Cécile Duflo au PS avec Hollande qui s'est sorti lui-même je ne crois pas que les gens soient disposés ou ont vraiment envie de voir Mme Royal faire un tour de piste supplémentaire

1:01:21
Intervenant

Et puis la dernière primaire a été rude

1:01:23
Vincent Peillon

En plus

1:01:23
Intervenant

Et puis ses déclarations sur le leader cubain Sur Castro

1:01:27
Présentateur

Pourquoi Marie-Noëlle Linnemann s'est-elle désistée ? A-t-elle été victime de pression ?

1:01:34
Vincent Peillon

Je n'ai pas le sentiment mais en tout cas elle l'a expliqué elle fait preuve de responsabilité tous les socialistes on le disait tout à l'heure veulent leur rassemblement bien elle elle a mis je dirais la chose en pratique le problème c'est qu'il n'y a plus absolument plus de femmes aujourd'hui

1:01:46
Présentateur

Alors vous disiez Sylvia Pinel peut-être Oui

1:01:49
Vincent Peillon

Sylvia Pinel mais au cœur du Parti Socialiste plus de femmes

1:01:53
Présentateur

Pensez-vous vraiment qu'en 5 semaines de campagne seulement les lignes peuvent beaucoup bouger ? Brice Tinturier

1:01:58
Vincent Peillon

Ce qui peut bouger c'est les niveaux pour chacun des candidats ce qui peut bouger également c'est l'intensité de la mobilisation moi je ne suis pas persuadé que la mobilisation sera faible parce que je pense que quand on donne un droit supplémentaire aux électeurs qui est celui d'aller choisir ses leaders ils y vont malgré tout qu'on a eu une primaire en 2011 où on avait 2 millions 6 on a eu 4 millions 2 à droite ça ne sera certainement pas 4 millions 2 pour beaucoup de raisons mais je ne crois pas beaucoup moi au schéma d'une primaire qui ne séduirait qu'un million ou un million et demi en tout cas ça c'est ce que la campagne peut créer si elle crée de l'intérêt de l'envie les débats ont été incroyablement suivis ils sont retransmits aussi par des chaînes il y aura aussi 4 débats tout le mois de janvier

1:02:36
Présentateur

il y aura des débats

1:02:37
Vincent Peillon

donc je pense que tout ça peut faire bouger les lignes en faisant bouger le niveau de mobilisation

1:02:41
Présentateur

une dernière question quelles sont les règles de parrainage pour les candidats à la primaire de Lagos

1:02:44
Vincent Peillon

20 parlementaires pour les membres du parti socialiste et les membres des partis associés sont invités ils ont comme on dit en sport une wild card qui leur permet de participer sans parrainage

1:02:55
Présentateur

1 euro c'est la primaire locos comment vont-ils rentrer dans leurs frais ça c'est un sujet on en reparlera dans un prochain c'est dans l'heure c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h30 on se retrouve demain à 17h50 tout de suite c'est à vous belle soirée sur France 5

Peillon : Et un de plus contre Valls ! #cdanslair du 13-12-2016 — Vincent Peillon · Pourquijevote