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interviewyoutube.com· 25 février 2026 31 min

Présidentielle en 2027, Quentin Deranque, LFI... L'interview en intégralité de Bruno Retailleau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Patron, le président des Républicains, Bruno Retailleau, qui nous rejoint, ancien ministre de l'Intérieur, candidat déclaré à l'élection présidentielle. Sa déclaration de candidature s'était il y a une petite quinzaine de jours. Bonsoir Bruno Retailleau. Bonsoir Marc Fauvel. Soyez le bienvenu. On va parler de votre candidature. On va parler du cordon sanitaire que vous souhaitez mettre en place contre les insoumis. Vous n'êtes pas le seul à le réclamer, mais on va s'y arrêter dans quelques minutes. D'abord, quelques mots sur l'ultra-gauche et sur l'ultra-droite. C'est vous, lorsque vous étiez à Beauvau, lorsque vous étiez ministre de l'Intérieur, qui avez dissous la jeune garde.

Aujourd'hui, le gouvernement saisit la justice pour reconstitution de ligue dissoute. Visiblement, ses membres continuaient à se fréquenter, si l'on en juge par ce qui s'est passé à Lyon et par la mort de Quentin de Ranque. Est-ce que ça veut dire que la dissolution ne servait à rien et que c'était un coup d'épée dans l'eau ?

0:50
Bruno Retailleau

Pas du tout. Pas du tout. Il faut être absolument intransigeant. Vous savez, avec les règles de droit que nous avons, dissoudre un mouvement, que ce soit un groupement de faits ou une association, c'est difficile. Ça répond à des critères et il faut vraiment prouver, documenter un dossier pour qu'il soit solide vis-à-vis de la justice, pour notamment prouver des faits de violence et un certain nombre d'autres critères qui autorisent la dissolution. C'est la raison pour laquelle j'avais pris cette décision que je ne regrette pas, de dissoudre la jeune garde. Mais qui n'a, dans les faits, pas permis de s'attaquer à ce groupuscule ?

Vous n'imaginez pas qu'en France, on tolère des organisations ultra-violentes. Ça n'est pas possible. Mais ça ne suffit pas à la dissolution. Il faut qu'en permanence, nos services et le service du ministère de l'Intérieur, qui est chargé du suivi de ces individus, de ces organisations, c'est la Direction nationale du renseignement territorial, qui font très bien leur travail. Mais c'est difficile, parce que ce sont des individus qui vont s'écarter, qui vont se regrouper.

1:51
Présentateur

Mais est-ce que ce n'est pas plus difficile encore, justement, quand ils sont dissous, plutôt que quand ils ont pignon sur rue, de voir ce qui se passe, d'infiltrer éventuellement ?

1:59
Bruno Retailleau

Il ne faut rien lâcher. Je vais vous dire, le maintien de l'ordre public, de l'ordre républicain, ça se joue aussi sur des symboles. Symboliquement, dissoudre une association, c'est un acte d'autorité qui est important. Mais ça ne suffit pas, vous avez raison. C'est la raison pour laquelle j'avais moi-même fait un article 40, en début de semaine, j'avais saisi un signalement, mon porte-pleinte, à la justice, l'orbecchio, le procureur de la République, pour que, quand je me suis aperçu que ces individus étaient à Lyon, qu'ils s'étaient reconstitués, alors ils tombaient sous le coup, justement, de la loi.

2:30
Présentateur

Depuis la mort de Quentin, la France insoumise explique qu'elle n'est pour rien dans ce qui lui est arrivé, et que Raphaël Arnaud n'est pas responsable, ne peut pas être tenu pour responsable de l'agissement de certains de ses collaborateurs ou anciens collaborateurs. Est-ce que vous entendez cet argument ou est-ce que vous le rejetez ? C'est une plaisanterie.

2:49
Bruno Retailleau

Prétendre aujourd'hui, je sais que ce n'est pas vous qui le dites, évidemment, prétendre aujourd'hui que LFI n'a rien à voir avec ce qui s'est passé à Lyon, dans l'échaînement des faits, évidemment qu'ils n'étaient pas sur les lieux eux-mêmes, mais il y a une responsabilité politique, morale, éminente. Regardez d'abord, M. Mélenchon revendique depuis longtemps que la Jeune Garde soit un mouvement allié, même lié. Ce sont ces termes. Or, c'est un mouvement, la Jeune Garde, qui a été dissous. Donc, dangereux, violent. Donc, il en accepte le principe. Ensuite, M.

Raphaël Arnaud, fiché S, emploie des collaborateurs, qui sont devenus des ex-collaborateurs, dont sans doute trois, la justice le dira. Deux mises en examen. Deux mises en examen et un autre qui est entendu. Et parmi les deux mises en examen, pardon, il y a M. Jacques-Élifavreau, qui aurait déclaré pendant sa garde à vue et qui aurait accepté, en tout cas reconnu, qu'il avait prononcé ces mots terribles. Butez-le ! Tuez-le ! Ça, ce sont des informations d'autres médias

3:53
Présentateur

qui sont réfutées aujourd'hui par son avocat. Il a en tout cas reconnu avoir porté des coups. Il dit que ce ne sont pas les coups mortels. Et il les est mis en examen pour complicité de meurtre.

4:04
Bruno Retailleau

Quentin est mort.

4:06
Présentateur

Quentin est mort.

4:08
Bruno Retailleau

Donc, chaque coup a été important. Chaque coup a été important. L'intention était là. Et c'est un assassinat, évidemment. Donc, reprenons. M. Mélenchon, qui couvre, et tous les insoumis, qui couvre un mouvement, la jeune garde, il avait, lorsque je l'ai dissous d'ailleurs, je me souviens très bien, il avait eu cette phrase, il avait eu, bravo, en s'adressant à ces jeunes violents, bravo, continuez. Vous vous rendez compte ? L'immense responsabilité. Et M. Raphaël Arnaud, qui emploie des individus qui sont directement impliqués. Mais je pose des questions que d'autres ont posées avant moi, d'ailleurs.

4:43
Présentateur

De la responsabilité morale. Morale, politique. Morale et politique. Morale et politique. Vous tirez quelle conclusion, aujourd'hui, au niveau de la France insoumise ? Christian Estrosi, qui n'est pas de votre famille politique, qui est le maire horizon de Nice, dit aujourd'hui, il faut réfléchir, il faut lancer le débat sur une dissolution de la France insoumise, ce qui n'est pas rien. Et il dit, d'autre part, il faut réfléchir aujourd'hui à priver ce parti des subventions publiques. Est-ce que vous allez jusque-là ? En tout cas, il n'a pas tort.

5:09
Bruno Retailleau

En tout cas, il met le curseur traité.

5:11
Présentateur

Sur quel point il n'a pas tort ? Sur le second point.

5:14
Bruno Retailleau

Sur le second point. Enfin, mais c'est, encore une fois, extrêmement compliqué, parce qu'encore une fois, on a des règles qui sont extrêmement exigeantes et il faut pouvoir constituer des dossiers qui vont pouvoir tenir ensuite vis-à-vis des juges et des magistrats. simplement, ce que moi je voudrais dire ce soir, et je profite de ce plateau pour le faire de façon solennelle. Je veux lancer un appel, un appel républicain, pour que partout en France, il y ait un barrage systématique contre la France insoumise. Et je veux m'adresser, il y a quelques instants, à un sénateur socialiste pour lequel j'ai de l'estime, Rachid Temal. Et je sais qu'il est républicain, et il y en a beaucoup d'autres.

Mais je voudrais, au-delà d'une divergence, vraiment appeler la gauche, les écologistes, le Parti socialiste, à ne pas faire d'alliance, ni au premier tour. Il y en a malheureusement, dès le premier tour, y compris souvent sous l'égide de candidats qui sont écologistes. Il y a, par exemple, à Avignon, par exemple, à Briançon, par exemple, à Chartres, par exemple, à Boulogne. On a déjà ce genre d'alliance. Mais j'appelle vraiment la gauche républicaine à un sursaut. Pas d'alliance, pas d'alliance avec les insoumis qui sont désormais sortis de l'arc républicain.

6:31
Présentateur

Je vous propose, Bruno Ottavus, puisque vous venez de prononcer ce mot de barrage contre les insoumis, ou de cordon sanitaire. C'est un mot qu'on a beaucoup employé ces derniers jours dans la bouche de politique. Raphaël Grabley va nous rejoindre, justement, pour le radar. Vous appelez à ce cordon sanitaire. Laurent Wauquiez le réclame aussi. Jordan Bardella également. Bonsoir, Raphaël. D'où vient cette expression qui a envahi les médias ces derniers jours, ces dernières semaines ?

6:56
Invité

Notamment d'un homme que vous connaissez bien, Bruno Retailleau. C'était il y a un an, quasiment, sur ce plateau. Votre ami Laurent Wauquiez, qui est patron DLR à l'Assemblée nationale, il estime alors que LFI est, je cite, un danger pour la République et il utilise ce fameux terme de cordon sanitaire. Mon sujet, c'est la longue dérive de la France insoumise au cours des années qui viennent de s'écouler. Aujourd'hui, je considère que la France insoumise est le premier danger politique en France. Tout simplement, je considère que tous les partis républicains doivent maintenant faire un cordon sanitaire face à la France insoumise.

7:27
Présentateur

Ça, c'était en mai 2025, depuis l'idée fait son chemin à droite

7:31
Invité

et au Rassemblement national. Exactement, notamment, évidemment, depuis la mort de Quentin Deranque. Cette idée d'un cordon sanitaire anti-LFI, elle a été reprise par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, et par vous, Bruno Retailleau, la semaine dernière. Pardon, pardon, pardon.

7:44
Bruno Retailleau

Ça fait des mois que j'en ai parlé. Je n'ai pas prononcé le mot cordon sanitaire, j'ai d'ailleurs prononcé le mot barrage. Mais vous verrez, vous examinez l'ensemble de mes interventions. Ça fait depuis des mois et des mois.

7:57
Invité

Oui, on revient vraiment sur ce terme de cordon sanitaire. Comment il a émergé dans le débat public ? Je me permets de poursuivre. Il y a votre tribune dans Valeurs Actuelles. Et justement, un autre homme qui réclame aussi ce cordon sanitaire, c'est évidemment Jordan Bardella, qui aimerait bien avoir ce cordon sanitaire anti-LFI, remplacer le front républicain anti-RN. J'appelle donc à constituer un véritable cordon sanitaire pour isoler la France insoumise et la tenir à l'écart des institutions, que ce soit à l'Assemblée nationale où ses députés siègent dans de nombreuses instances ou en vue des prochaines élections municipales.

8:32
Présentateur

Raphaël, on est donc passé en quelques années du front républicain contre le FN, au front républicain contre le RN, au barrage contre la France insoumise, ou au cordon sanitaire contre la France insoumise.

8:41
Invité

Il semble en tout cas en prendre le chemin, avec des conséquences d'ailleurs électorales potentielles, y compris dans vos rangs, Bruno Retailleau. Aux dernières législatives, en 2024, le front républicain anti-RN a fait son retour, ou peut-être ses adieux, on le verra. De nombreux candidats LR sont élus, suite au désistement d'un candidat de gauche, à commencer d'ailleurs par Laurent Wauquiez, qui a profité du désistement d'une candidate écologiste du NFP. Ça a été le cas, j'ai fait les comptes, de 21 députés du groupe LR, ça fait à peu près 40% des effectifs, et parmi eux, il y en a même 6 qui ont profité du désistement d'un candidat, la France insoumise, il s'affiche à l'écran.

9:15
Présentateur

Le front républicain, Bruno Retailleau, c'est ce qui avait permis notamment à Jacques Chirac d'arriver à l'Elysée avec un score de plus de 80% face à Jean-Marie Eupel. Est-ce que 82% ne pensaient pas qu'il doit se retourner dans sa tombe aujourd'hui ? Non, franchement, on a cette discussion,

9:30
Bruno Retailleau

notamment lexicale, à partir d'un vocabulaire, barrage, cordon sanitaire. Est-ce que vous imaginez, à un seul instant, il se serait produit, à Lyon, un assassinat, un jeune homme qui meurt sous les coups, des coups de pied, dans la tête, parce qu'il a des idées politiques qui ne conviennent pas à tel ou tel, à une secte, à une milice violente. Vous imaginez, un seul instant, si on aurait débattu, savoir s'il fallait faire un cordon sanitaire, un barrage ou pas ? Ce qui m'étonne, moi, c'est que dans le microcosme politique, médiatique parisien, quand il s'agit de la gauche ou de l'extrême gauche, il y a un permis de faire n'importe quoi.

Il y a toujours, la gauche, dans notre pays, elle impose des codes de respectabilité. Il n'y aurait même pas ce genre de questions,

10:20
Présentateur

tellement il y aurait une indignation... J'entends bien ce que vous dites, mais vu les critiques en ce moment de la France insomérise

10:25
Bruno Retailleau

contre les médias

10:25
Présentateur

et contre celui... Mais vous imaginez,

10:27
Bruno Retailleau

on est en train de... Attendez, mais on coupe les cheveux en quatre ! Pardon ! Il y a un mort. Il y a un mort. J'entendais un insoumis. J'entendais M. Gaciot, il y a quelques heures, indiquer en s'adressant à la famille en disant, c'est dommage, ils ont eu deux mauvaises nouvelles. D'abord, leur enfant qui est mort et leur enfant qui était un connard, qui était un néo-nazi. Et ça, ça ne révolte personne. Moi, ça me révolte, vous voyez. Moi, j'en ai marre. J'en ai marre parce que c'est toujours dans le même sens. Dès que la gauche, l'extrême gauche, fait quelque chose, alors là, on examine, on coupe les chevaux en quatre, on essaie de voir, de peser tel mot, telle expression.

Vous savez, pour beaucoup de Français, ils trouvent ça ignoble. La France insoumise aujourd'hui, LFI, c'est pour moi les initiales de la France indécente.

11:11
Présentateur

Vous considérez qu'ils ne sont plus dans l'arc républicain aujourd'hui ?

11:14
Bruno Retailleau

Mais il y a Bellurette, bien évidemment. LFI n'est plus. Mais qu'est-ce que l'arc républicain ? Marc Fauvel, qu'est-ce que... Pardon, c'est un débat...

11:22
Présentateur

Je vous ai posé la question tout à l'heure sur une éventuelle dissolution

11:24
Bruno Retailleau

ou elle avait dit non ? Oui, parce que pour dissoudre un mouvement, il faut avoir des arguments sérieux. Et c'est pour ça, je n'ai pas voulu non plus, comment dirais-je, contredire Christian Estrosi, évidemment. En revanche, ce que je veux dire, moi, de la façon la plus nette, c'est que vous me posez la question dans ou hors de l'arc républicain. Vous vous rendez compte que M. Mélenchon a théorisé la violence dans le débat public. À l'Assemblée nationale, vous n'y avez pas été. J'ai vécu des séquences quand j'étais ministre. Cette violence dans les mots prépare la violence dans les faits. Ensuite, il défile avec des islamistes, notamment le 9 novembre 2019.

Il communautarise la vie politique. On drague des voix musulmanes parce que c'est bien pour le petit bénéfice électoraliste. On racialise aussi. C'est M. Ruffin qui, dans son livre, les avait, comment dirais-je, critiqués et il avait pointés du doigt pour dire qu'il racialisait. Le racialisme, il l'avait accepté. Ça faisait partie du fond de LFI. Et enfin, écoutez la plaidoirie de Richard Malka, il en a fait un livre, passionnément antisémite. Il pactise avec les antisémites. Alors, qu'est-ce que c'est que être dans l'arc républicain si ça n'est pas au moins condamné ce genre d'agissant ?

12:43
Présentateur

Et l'arc républicain, aujourd'hui, on a compris, vous en excluez sur la partie gauche, la France insoumise, est-ce que tous les autres partis en font partie ?

12:51
Bruno Retailleau

En tout cas, les pires,

12:53
Présentateur

c'est les filles. Ah, ce n'est pas tout à fait ma question. Mais c'est votre réponse.

12:56
Bruno Retailleau

Moi, c'est ma réponse. Moi, c'est ma réponse. Les pires, c'est les filles. Bon. Et le Rassemblement national est dans l'arc républicain pour vous ? Je pense que je ne mets pas, certains le font, mais je ne mets pas de signe d'équivalence entre le Rassemblement national qui est un adversaire politique. Je n'ai pas le même projet. Je vais les retrouver à l'élection présidentielle en face de moi. Les choses sont claires et je n'ai jamais voté pour le Rassemblement national. Mais face à un insoumis, vous voteriez

13:27
Présentateur

pour un Rassemblement national ou pas ?

13:28
Bruno Retailleau

Non. J'ai indiqué que les consignes, s'il y avait demain des élections et qu'il y avait un insoumis, je donnerais la liberté de vote à nos électeurs. Et vous, vous feriez quoi ? Tout dépend des circonstances. Jean-Luc Mélenchon face à Marine Le Pen. Ce que je peux vous dire, si ce n'est pas vous au second tour, ce que je peux vous dire, c'est que jamais, si je sais très bien ce que je ferai, jamais, jamais, je ne mettrai un bulletin de vote LFI dans une urne. Jamais, M. Fouvet, vous m'entendez bien, jamais. Et est-ce que vous feriez, vous diriez la même chose sur un bulletin ? Je n'ai jamais glissé un bulletin de vote du Rassemblement national. Et vous ne comptez pas le faire à l'avenir ?

Non, mais c'est une question que vous me posez. Vous avez été très clair sur les insomniers. À la présidentielle, je sais quel est le bulletin de vote que je glisserai dans l'urne. Le vôtre.

14:16
Présentateur

Oui, la réponse est un peu facile. Ça fait un peu plus de deux semaines que vous vous êtes déclaré, Bruno Retailleau. Et vous devez, comme nous, lire un petit peu les papiers dans la presse qui vous concernent et parfois même les confidences de certains de vos amis, vrais ou faux amis des Républicains, qui disent il est trop indécis. La dernière fois, il avait dit qu'il irait et puis il n'y est pas allé. Il n'a pas la niaque pour être président. Est-ce que vous l'avez, la niaque ?

14:40
Bruno Retailleau

Cette question, elle est importante parce que pour prendre une décision comme celle-ci, c'est quelque chose qui vous engage complètement. Et une campagne, c'est dur. Et une campagne, c'est très très dur. Et je sais que j'aurai des tombeaux de critiques et je ne veux pas être vulgaire, mais vous voyez ce que je veux dire. Voilà. Chaque matin, j'aurai mon bol de crapaud à avaler. Et donc, pour moi, la démarche, elle est beaucoup plus profonde qu'une forme d'envie. Beaucoup d'hommes et de femmes politiques déclarent qu'ils veulent aller à la présidentielle parce qu'ils en ont envie. Moi, ce n'est pas mon cas. Moi, c'est une question de devoir. Moi, j'aime mon pays. Moi, je suis patriote.

J'en ai marre. Je ne supporte plus de voir la France qui décroche. Et je sais que la France a plein d'atouts. Et j'ai vu au ministère de l'Intérieur ce qu'il fallait faire pour déverrouiller les blocages et pour projeter la France en avant. J'ai vu même, vous voyez, au ministère de l'Intérieur quand je m'étais sur la table parce que j'ai un franc parlé et souvent, j'ai créé des polémiques sur l'immigration, sur la sécurité, sur la fabrique des barbares. À chaque fois, j'avais 80% d'hommes et de femmes de droite qui me soutenaient mais souvent, une majorité d'hommes et de femmes de gauche.

Donc, il y a une majorité nationale et moi, ma démarche, c'est la démarche d'un combattant pour la France. Moi, j'ai eu des parents, pères et grands-pères qui sont allés sur le champ de bataille. Ce n'est pas mon cas. Eh bien moi, mon rôle et même mon devoir, c'est de contribuer à redresser le pays que j'aime, que nous aimons. Et cette candidature,

16:07
Présentateur

elle est irrévocable ? Vous irez jusqu'au bout, il y aura un bulletin Bruno Retailleau au premier tour. Je viens de le dire. Je vais vous dire pourquoi. Oui. Pour deux raisons. Parce que parfois, des candidats qui se déclarent ne sont pas, au final,

16:21
Bruno Retailleau

sur la ligne d'arrivée. Mais parce que, vous voyez, ce n'est pas pour moi une candidature narcissique parce que ça vient du tréfonds de mon âme, de mon être. Ça veut dire que vous allez hésiter ? Bien sûr que j'hésitais. Mais bien sûr que j'hésitais parce qu'on se dit est-ce que je suis vraiment le bonhomme ? Comment dirais-je ? Mais je pense que, je vais vous dire pourquoi. Je suis convaincu. Un, je pense que ce que je porte correspond à ce que j'appelle une majorité nationale. J'ai parlé de la France des honnêtes gens. Voilà.

C'est-à-dire valoriser le travail et surtout pas l'assistanat, c'est-à-dire l'ordre public, c'est-à-dire des valeurs, c'est-à-dire une civilisation, une culture, un mode de vie que je veux qu'on puisse défendre. Mais surtout, je sais que ce que je vais porter sur l'économie, par exemple, comment est-ce qu'on va redresser la France, comment on va faire en sorte que le niveau de vie des Français, le pouvoir d'achat, augmente. Voilà. Et quand, ce que je serai, moi, le protecteur de la France des travailleurs, certainement pas de la France des profiteurs.

Je sais que, justement, ça correspond non seulement aux aspirations des Français, mais aussi aux solutions qui vont nous permettre, en très peu de temps, en quelques années, de faire que notre pays redevienne une grande puissance européenne. Regardez ce que les pays du Sud, par exemple. J'étais l'autre jour à Zagreb, il y avait M. Mitsokakis, le Premier ministre grec. La Grèce est tombée bien plus bas que nous, comme le Portugal, comme l'Italie, il y a quelques années. Et ils sont en train de nous doubler. Et nous, on a plus à tout. Donc, on fera beaucoup mieux

17:49
Présentateur

et beaucoup plus fort. Je vais vous ramener, pardon, à la politique. Tout ça est évidemment politique. Xavier Bertrand, que vous connaissez bien, qui est dans le même parti que vous. À la politique politicienne, vous voulez... Il n'y a pas que, vous allez voir. Enfin, j'espère en tout cas. Xavier Bertrand, qui est dans les starting blocks, on va dire lui aussi, pour être candidat, dit, je ne comprends pas pourquoi il s'est déclaré aujourd'hui. Vous l'avez peut-être entendu il y a quelques jours à la radio. Il a mis la charrue avant les bœufs. Il s'est précipité.

Et il dit aussi, je voudrais que Bruno Retailleau clarifie aujourd'hui la ligne du parti qu'il dirige par rapport au Rassemblement National. Il vous donne un exemple précis. Il dit même qu'il vous a écrit sur cet exemple. C'est le cas de votre eurodéputé Christophe Gomart, qui est allé, qui a dit que s'il était niçois, il voterait pour Éric Ciotti, votre prédécesseur à la tête des Républicains, mais qui est aujourd'hui l'allié de Marine Le Pen. Il vous a écrit pour réclamer son exclusion. Il dit, j'en fais un curseur de la position des Républicains vis-à-vis du Rassemblement National. Est-ce que vous avez répondu à Xavier Bertrand et est-ce que vous allez exclure cet eurodéputé ?

18:52
Bruno Retailleau

Un, premier reproche de Xavier, je mets la charrue avant les bœufs. Mais ça fait des mois qu'il s'est déclaré candidat. Des mois, vous le savez, il l'est depuis même plusieurs années. Deuxième chose, la clarification et la lettre. Je ne réponds jamais à des lettres que je reçois par l'AFP. Vous voulez dire que si vous avez appelé... Mais quand on est, quand on fait partie du même mouvement, on passe un coup de fil, on se dit, voilà, il me demande de clarifier la ligne chaque semaine. Christophe Gomart, je l'ai convoqué, nous allons nous expliquer et il est clair que je clarifierai cette situation. Vous allez le voir ? Bien sûr.

Il était malheureusement à l'étranger et plutôt qu'une visio, je veux le voir. Vous allez lui dire quoi ? Eh bien, ce n'est pas ici, Marc Fauvel, que je vais vous le dire. Est-ce que vous allez le suspendre ou l'exclure comme le réclame d'Avier Bertrand ? Ce n'est pas ici sur un plateau de télévision. Ce n'est pas comme ça que ça se passe. Ce n'est pas comme ça que je pratique la vie politique. Voilà. C'est un problème pour vous d'aller se finir à la vie de Marine Le Pen. Je vais vous dire, ma vision, elle est très claire. Je l'ai d'ailleurs portée, y compris quand j'étais ministre de l'Intérieur. Je ne me suis jamais trompé d'adversaire. J'ai été toujours droit.

Mais arrêtons dans la vie politique de se diviser et surtout, moi, mon obsession, vous voyez, ce n'est pas ni le Rassemblement National ni aucun autre parti. Mon obsession, chaque jour, mon obsession, c'est de faire en sorte que demain, les Français aillent mieux. Aujourd'hui, on a un appauvrissement des Français. Vous vous rendez compte que le 16 de chaque mois, vous avez quasiment un quart de nos compatriotes dont les comptes bancaires sont dans le rouge. Un Français sur 6 n'a pas accès aux soins auxquels il devrait avoir accès. Un Français sur 10 déclare qu'il ne mange pas à sa faim chaque jour. Ce grand pays qu'on appelle toujours la France en est là aujourd'hui.

Et désormais, le niveau de vie des Français, on le sait depuis quelques semaines, a descendu en deçà, en dessous de la moyenne du niveau de vie des Européens. Appauvrissement collectif, déclassement, déclassement de la France. Je reprends vos mots

21:05
Présentateur

il y a quelques minutes. Vous avez dit je ne suis pas là pour diviser. Je vais tenter la liste des candidats déclarés ou futurs au centre et à droite, pardonnez-moi si j'en oublie. Vous, c'est officiel. Édouard Philippe, ça l'est aussi. Xavier Bertrand, on en a parlé. David Lysnard, c'est fait. Sans doute, peut-être, Laurent Wauquiez. Sans doute, peut-être, Gérald Darmanin qui a dit il y a quelques jours qu'il y pensait. Question très simple. Faut-il un candidat ou une candidate, d'ailleurs, pas beaucoup de femmes, unique du centre et de la droite ?

21:37
Bruno Retailleau

D'abord, moi, je ne suis pas macroniste et personne ne me macronisera. J'ai quitté le gouvernement, j'ai quitté le gouvernement quand j'ai vu que le Premier ministre recevait ses instructions du Premier secrétaire du Parti Socialiste. Première chose. Je n'ai rien à voir avec le bilan d'Emmanuel Macron. Ça, ça ne veut dire pas de Gérald Darmanin dans ma primaire ? Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Je veux simplement dire que j'ai un projet singulier, que je ne vois porté par nul autre. Voilà. Et il est hors de question de faire du « en même temps ». Ça, c'est votre réponse à la question sur faut-il un candidat unique ? La seule chose, c'est que je veux tenir un engagement.

Je tiens toujours mes engagements que j'ai pris devant nos militants qui m'ont élu à 75 %. L'engagement que je leur ai donné, c'est de les consulter. C'est eux que je consulterai en disant quelles sont les modalités suivant lesquelles vous voulez qu'on désigne

22:31
Présentateur

notre candidat LR. Vous savez ce que disent vos adversaires internes chez les Républicains. Ils disent qu'il est en train de se préparer à un plébiscite où à la fin, la question posée aux militants sera « faut-il que le président des Républicains soit votre candidat naturel ? » Mais il y a un groupe de travail

22:46
Bruno Retailleau

autour de Jean-Alarcher. Il nous fera des propositions. Si la proposition de ce groupe du travail, c'est curieux. Je comprends que ça jeûne certains que j'ai gagné à 75 %. Moi, je suis démocrate. Est-ce que c'est des chapeaux à plumes dans quelques bureaux sombres de la République qui vont trancher pour des dizaines de milliers et pour 130 000 militants ?

23:08
Présentateur

Mais si le groupe de travail conclut à la nécessité d'organiser une primaire, vous irez à la primaire ? Je vais vous dire.

23:15
Bruno Retailleau

Je porte mon projet. Je le porterai jusqu'au bout, quelles que soient les configurations. Ça, ça veut dire que je n'irai pas à la primaire même si mon parti en décidue ? Je n'ai peur d'aucune configuration. Je n'ai peur, justement, d'aucune modalité de désignation. Je veux m'adresser aux Français. Dans un premier temps, aux Français qui partagent mes valeurs. Dans un premier temps, aux Françaises et aux Français qui adhèrent à LR, ou qui sont sympathisants. Mais il est clair que ce projet, j'y tiens parce qu'il est singulier et que personne d'autre ne le porte.

Personne ne porte cette idée de la prospérité à partir du travail plutôt que de l'assistanat, avec beaucoup de rigueur dans l'ordre public et aussi en portant ces idées de mode de vie, de culture, de civilisation que je veux défendre.

23:59
Présentateur

Dans votre programme, il y a notamment l'idée de réformer la Constitution pour permettre d'interroger les Français sur la question de l'immigration. Et vous dites aussi qu'il faut lutter contre les dérives de l'État de droit. Ce qui vous a valu une petite réponse un peu courroussée d'Emmanuel Macron il y a quelques semaines qui vous demande de ne pas mettre en l'air, je le cite, la Constitution ou donner l'impression aux Français que leur problème viendrait de là. Que lui répondez-vous aujourd'hui ?

24:26
Bruno Retailleau

Je vais lui répondre très concrètement. Nous avons un problème de démocratie. Subrepticement, sans que les Français ne perçoivent, en tout cas ils ne l'ont pas analysé, ils l'ont senti. Il y a eu une sorte de changement de régime. Un exemple. Commissaire de l'Intérieur, j'ai été abasourdi par la violence des plus jeunes. À chaque fois, je demandais aux policiers, aux gendarmes de me remonter les antécédents judiciaires. Souvent, il y avait 30 antécédents judiciaires. Pourquoi ? Parce que c'est l'impunité pour les mineurs. Et pour ça,

24:56
Présentateur

il faut changer la Constitution ? Eh bien, je vous le démontre.

24:59
Bruno Retailleau

Il y a moins d'un an, quelques mois, le parti Renaissance, d'ailleurs, avait porté un texte beaucoup plus dur pour réformer la justice des mineurs. Le Conseil constitutionnel a supprimé, censuré la moitié des articles en disant pour les mineurs. Voilà, pour les mineurs, on doit s'appuyer sur le principe d'éducation et non pas sur le principe de sanction. Je m'adresse à tous les parents qui nous écoutent, qui ont eu des enfants ou des petits-enfants. Est-ce que, eux, dans la vie courante, ils ont séparé l'éducation de la sanction ? C'est de la folie. Donc, le Conseil constitutionnel nous interdit d'apporter des solutions à des problèmes.

25:37
Présentateur

C'est clair à la Constitution au texte sacré de la République. C'est-à-dire, vous considérez qu'ils en font une interprétation ? Vous trouverez,

25:43
Bruno Retailleau

bien sûr,

25:44
Présentateur

ce que je conteste... Alors, pardon, ce n'est pas la Constitution qu'il faut changer. Ce que je constate...

25:46
Bruno Retailleau

C'est le Conseil constitutionnel dans ce cas-là. Non, la Constitution devra réaffirmer, je le dirai très bientôt, je l'ai d'ailleurs dit, je pense qu'il faudra même adosser une charte de l'ordre républicain, comme on l'a fait d'ailleurs pour la charte de l'environnement, pour que les choses soient bien claires. Mais ce que je conteste, je ne conteste pas. Ce que je conteste, ce n'est pas l'État de droit en lui-même. Ce que je conteste, c'est des dérives. Quand, par exemple, les juges créent des règles qui ne tirent pas des textes ou des traités, ils s'échappent, vous voyez, des textes et des traités. Et en quelque sorte, la règle suprême de la séparation des pouvoirs n'est plus respectée.

Moi, je ne veux pas un État de droit qui soit un cadre idéologique, politique. Je veux un État de droit qui soit vraiment un cadre juridique

26:35
Présentateur

et qui respecte la démocratie. Je reprends l'exemple de l'immigration. C'est celui que vous avez donné dans votre programme. En quoi il faut réécrire la Constitution pour, comme vous le souhaitez, baisser le nombre de personnes qui rentrent en France chaque année ? Parce que vous ne pouvez pas faire de référendum

26:47
Bruno Retailleau

sur l'immigration.

26:49
Présentateur

Oui, mais vous pourriez dire que je vais baisser

26:51
Bruno Retailleau

sans passer par un référendum. Mais non, parce que le Conseil constitutionnel, qui d'ailleurs avait supprimé dans la loi immigration une trentaine d'articles sur une base juridique très contestable, qu'il a été par de nombreux juristes en disant que c'était des cavaliers législatifs, peu importe, le Conseil constitutionnel censurerait. Or, le Conseil constitutionnel, si je veux passer par référendum, c'est pour deux raisons. La première raison, c'est que l'immigration, il n'y a pas un phénomène qui est autant bousculé, bouleversé la société, sans que le peuple de France n'ait à en délibérer. Première raison.

Et deuxième raison, simplement parce que quand il y a l'expression du référendum, le Conseil constitutionnel, qui est sage, depuis 1962, dit, c'est l'expression la plus directe du peuple, alors je m'abstiens de le déjuger le peuple et je ne censure pas.

27:37
Présentateur

Une question rapide, enfin une réponse rapide, si c'est possible, sur les municipales à Paris, puisque ce matin, Pierre-Édouard Nazel, le candidat de Renaissance et d'Horizon, a dit qu'il ne se ralliera pas à votre candidat, Rachida Dati, je vous vois faire nom de la tête, au second tour, pas plus d'ailleurs au candidat de la gauche Emmanuel Grégoire, ce qui lui a valu une petite mise au point de son patron, le patron d'Horizon, Édouard Philippe, dans la journée, qui dit que lui, il fera tout pour que l'alternance arrive à Paris.

Est-ce que vous dites au sujet de Pierre-Édouard Bournazel, comme a pu le dire Rachida Dati récemment, que c'est l'incarnation physique de la droite la plus bête du monde ? En tout cas,

28:06
Bruno Retailleau

il vient de se disqualifier. Et moi, je voudrais m'adresser aux Parisiennes, aux Parisiens. Si vous voulez vraiment, Parisiennes et Parisiens, tourner 25 années de socialisme municipal où la gauche a transformé Paris en un laboratoire de toutes les dérives les plus gauchistes, alors il faut voter Rachida Dati. Pierre-Yves Bournazel a montré qu'il pouvait être un ferment de division. Évidemment, c'est du pain béni pour M. Grégoire et pour la gauche. Donc, le vote utile, c'est le seul vote qui permettra à Paris de retrouver de l'air et de redevenir une belle capitale dont les Parisiens seront forts.

28:45
Présentateur

A défaut de Pierre-Yves Bournazel, est-ce que Rachida Dati devrait pour vous s'allier avec Sarah Knafot au second tour ?

28:52
Bruno Retailleau

Non, mais elle a été très très claire et je vais vous dire, je pense que cette idée du vote utile rendra très difficile aux uns aux autres à ces listes secondaires d'être au second tour. En tout cas, chacun portera la responsabilité de la victoire de la gauche en cas de division.

29:10
Présentateur

Il nous reste une minute pour une question qui mériterait qu'on y passe des heures, c'est la question de la fin de vie puisque les députés ont terminé, ça y est, même adopté la loi sur le droit à mourir qui va repartir chez vous au Sénat, enfin, chez vous, voilà. Ils sont revenus in extremis sur une mesure qui avait été beaucoup critiquée par la droite et pas seulement. Finalement, c'est bien le malade lui-même qui pourrait s'administrer la substance létale, ce serait donc bien le suicide assisté qui serait la règle, sauf s'il n'est pas en état de le faire. Est-ce que vous considérez qu'on est revenu dans l'équilibre du texte aujourd'hui ou est-ce que ce texte vous inquiète ?

29:44
Bruno Retailleau

Non, ce texte m'inquiète pour deux raisons fondamentalement. On sait qu'aujourd'hui, il y a à peu près un Français sur deux qui pourrait bénéficier, qui devrait bénéficier de soins palliatifs, qui ne va pas en bénéficier et donc qui va mourir souvent. Il y a un autre volet

29:58
Présentateur

de la loi sur les soins palliatifs par ailleurs qui fait beaucoup plus consensus.

30:02
Bruno Retailleau

Oui, mais vous savez parfaitement que l'urgence, c'est que nous ne sommes pas égaux devant la mort et que malheureusement, entre une euthanasie ou un suicide assisté qui ne coûte rien et un système de soins qui est vraiment au bord de l'ébranlement financier, on voit bien que demain, c'est une des raisons de mon inquiétude, on pourrait finalement en faire un enjeu économique avec une pression financière. Maintenant, ce que je veux dire, c'est qu'on a vu en quelques jours ce qui se passera en quelques années, ce qui s'est passé en Belgique, ce qui s'est passé en Pays-Bas, ce qui s'est passé au Canada. Vous croyez mettre des gardes fous ? Vous n'en mettez jamais.

Les gardes fous, au fil des années, tombent les uns après les autres. Donc, je suis défavorable à ce texte. Je pense qu'on peut soulager la souffrance, on doit la soulager par d'autres moyens et que si demain, cette loi devient, ce texte devient une loi, eh bien, chaque individu se retrouvera seul face à cette question dramatique en disant, voilà, est-ce que je suis de trop sur cette terre ? Est-ce que je ne vais pas embarrasser les miens ? Et chacun devra y trouver une réponse. Chacun s'isolera dans cette question insupportable, finalement, qui est l'inverse pour moi de la fraternité.

On va abandonner chaque être humain au crépuscule de sa vie devant cette question qui est une question fondamentale mais effrayante. Merci beaucoup Bruno Retailleau.