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interviewParti socialiste (sur YouTube)· 18 novembre 2025 56 minAutoproduit

Convention Education : Comment en finir avec la fabrique et la reproduction des inégalités ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est ça. Diane, à toi la parole. Bien, bonjour à toutes et à tous.

Bienvenue à cette première table ronde. Donc cette question des inégalités et malgré les discours répétés sur l'égalité des chances, en fait la France reste extrêmement enfin les parcours éducatifs restent extrêmement déterminés par le milieu social. Euh donc les enfants des milieux populaires subissent de nombreuses inégalités et l'orientation souvent qu'ils n'ont pas choisi.

On va donc aujourd'hui parler différents acteurs et actrices éducatifs qui vont s'adresser aux politiques à l'IRAB et Alexis Corbière pour parler de ce sujet dans un temps très contraint de 5 minutes. Donc je ne prends pas plus de leur temps précieux et je vais commencer à donner la parole à Maxime Nigène Louis. J'ai révisé comment ça se Non, Maxime Louis Nigène, excusez-moi, j'ai interverti.

Donc vous êtes directeur à TRAP depuis 2000 depuis 8 ans je crois bien et professeur depuis 2019 9 2015. Voilà. Donc vous êtes au cœur des inégalités à TRAP.

Vous êtes dans une école avec un IPS extrêmement bas. L'IPS, c'est un peu de technique dans le jargon éducation nationale, on aime bien ça. Donc les IPS, c'est une photographie en fait de du milieu social des euh enfants qui sont accueillis dans l'établissement scolaire.

Donc Maxime, à vous la parole. OK, je commence par quoi ? Vos constat euh les constats en terme d'inégalité, beaucoup de beaucoup de choses à dire.

Le pr la première vraie inégalité qu'on a ici, c'est c'est ce qui va être axé sur la culture, hein. Pour ça qu'on a vous avez eu en tout cas la bonne idée de de lier le le scolaire et et la culture parce que bah parce que ça nous permet de construire une mémoire commune parce que la culture c'est vecteur de lien social, d'émancipation comme l'a dit madame Grand Gambe et et on constate que que dans nos classes bah l'accès à la culture il est très très très inégal. Euh on a très peu d'élèves qui vont euh avec leur famille dans des dans des lieux comme comme celui-là. très peu au cinéma, très peu voir les les spectacles que va proposer le théâtre et même dans des des lieux de culture qui sont très proches, hein, on n pas pas très loin quand même le magnifique château de Versailles et pour autant bah nos élèves quand c'est nous qui les emmenons bah ça fait la c'est la première fois qu' qu'ils y vont et pourtant Versailles c'est 15 km.

Donc ben nous qu'est-ce qu'on fait hein pour que ça puisse se résoudre ça ? Enfin en tout cas essayer de réduire les les inégalités et ben on prend en charge tout ça. C'est-à-dire que on va vers la culture avec nos élèves.

Donc bah c'est par exemple dans mon école c'est au moins deux spectacles à la Meise. C'est un très très grand et très long projet autour du théâtre financé. Alors, c'est un projet éducation nationale qui est financé à je sais pas, j'ai pas fait les calculs, mais 80 85 % par la municipalité.

Euh donc c'est un projet, c'est très très ambitieux quand ça se lance. C'est 72 heures d'intervention, ça. On essaie de toucher le maximum d'élèves et on fait bah une grande restitution à la fin devant les devant les parents.

Nous, ça fait 5 ans, c'est la 5e année qu'on qu'on arrive à le faire malgré les budgets qui diminuent, qui diminuent, on s'accroche et euh et c'est par exemple là la première année que nous on constate que ça fonctionne. Voilà. Alors, c'est des projets qui sont longs parce que comment l'apprentissage de la culture, c'est quelque chose qui prend du temps, surtout quand on part de loin, mais c'est des choses qui commencent à venir.

Nos premiers CP qui maintenant sont en CM1 et en CM2, ça y est, ils commencent à avoir intégré ça dans leur propre apprentissage que on va aller au spectacle, ils vont aller voir des spectacles qui qui vont qui commencent à avoir l'œil du spectateur. Voilà, on fait ça, on participe et la municipalité pareil finance les projets pour aller à Versailles. Du coup, on y va.

On emmène nos élèves à Versailles au frais de la municipalité avec une visite pour un niveau de classe et un atelier. On a Qu'est-ce qu'on fait d'autre ? Évidemment, on utilise toutes les structures municipales qui produisent de la culture.

On les emmène à la médiathèque, la bibli la librairie 1000 feuilles, une la maison des jeux. Très très important en fait. Dès qu'on peut leur proposer de la culture, on y va.

Nous, on a aussi un très grand projet. On a revu complètement la bibliothèque de l'école. Pareil, on a encore eu un grand grand soutien de la municipalité parce que au cumulé ça fait quand même presque 18000 € pour acheter et acheter et acheter des livres et leur propos et oui et voilà mais ça marche aussi que parce que on a un partenariat qui est très très grand avec la municipalité pour ça.

Moi à chaque fois je je remercie au conseil d'école mais en fait ça peut paraître une goutte d'eau dans un budget mais municipal mais quand nous on reçoit ça et qu'on a les moyens de le faire mais forcément ça ça n'est que bénéfique pour nos élèves. Et la dernière chose après c'est un peu évident c'est la volonté aussi de mon équipe. Ça ça derrière chaque projet, il faut des êtres humains et j'avoue que si j'ai pas une équipe qui peut aussi faire ça et qui se retrou les manches et qui se prend la tête en conseil des maîtres pour justement réfléchir à comment on fait, bah ça marche pas.

Merci beaucoup. [applaudissements] Donc donc merci beaucoup Maxime pour ce témoignage et vos réflexions et votre expérience action. Donc on voit bien que s'il y a ces inégalités qui sont dès le berceau comme le dit le sociologue Camy Penny, on voit bien qu'il y a l'action en fait de l'école, le rôle actif de l'école pour lutter contre ces inégalités.

Alors juste un mot comme je prends quand même un petit peu de temps pour préciser puisque ça a été évoqué par le directeur d'école sur la question de l'engagement des personnels éducatifs. Donc on peut aussi souligner que la France est euh aussi un une exception dans l'Europe avec des salaires plus bas pour les personnels, des effectifs plus nombreux et de nombreux nombreux défis comme celui de l'inclusion dont nous parlerons tout à l'heure. Donc et je le signale, c'est quandme un chiffre qui est très marquant et a un sentiment de mépris des considérations des personnes éducatifs dans leur ensemble.

Euh il y a ce chiffre d'une enquête qui vient de sortir internationale où euh la France est en dernière position avec 96 % des personnels qui se sentent méprisés et déconsidérés par la société mais aussi euh par les dirigeants politiques. Donc ce signe-là, c ce mépris là je pense mérite d'être souligné aujourd'hui quand on parle de fabrique des inégalités et de leur reproduction. Alors vous vous avez parlé Maxime, merci beaucoup.

Maintenant, je vais donner la parole à Élise Willeriy qui est économiste et qui va nous parler d'un sujet qu'on aime beaucoup et qui est au cœur de de l'actualité et de l'attention de toutes et tous. Les parlementaires la remercieront de nous parler du budget. Merci Dian et merci beaucoup pour m'avoir invité à à bah venir participer à cette table ronde et à cette journée.

Effectivement, en tant qu'économiste, je vais aborder la question du financement de l'éducation euh dans le dans le contexte actuel de rareté des ressources. C'est un sujet qui fâche mais je pense que c'est extrêmement important. On peut pas occulter le fait que le financement de l'éducation est à la fois insuffisant et mal réparti.

Donc je vais un je vais essayer de pas vous abruver de chiffres mais bon je suis économiste, je peux pas complètement euh éviter ma tendance naturelle à apporter des chiffres dans les propos. Donc j'espère que ce sera pas trop réparvatif. Euh en fait une première une première chose que je veux dire pour commencer parce que sinon peut-être que vous allez écouter la suite avec un certain euh comment dire euh scepticisme, c'est que il faut arrêter de voir le financement de l'éducation comme une charge pour la collectivité.

Il faut vraiment changer euh le la façon de voir les choses en se rendant compte que les études montrent que 1 € investment l'éducation, c'est des bénéfices démultipliés monétaires et non monétaire euh plus tard. Donc ça se rembourse tout seul la dépense d'éducation. Euh on a des des des taux de rendement he là vous allez vraiment me trouver très économiste mais je je pense que c'est important de le dire parce que le fait d'avoir baissé la dépense d'éducation en France depuis des années en fait est un mauvais calcul si tentez qu'on voulait faire des calculs.

C'est un très mauvais calcul pour y compris la croissance économique, y compris les emplois y compris les recettes fiscales futures, mais aussi les bénéfices en terme de criminalité, de cohésion sociale, de confiance dans l'intition et cetera. Donc ça c'était l'avant-propos parce que je pense que c'est important de partir de ça. Ensuite deux constats.

Le premier c'est qu'on investit pas assez. Depuis 30 ans, on a perdu 15 % de la dépense. Donc 15 % de la dépense, c'est considérable et en fait c'est essentiellement des de du désinvestissement dans les enseignants et les accompagnants parce qu'en fait la dépense d'éducation, ce sont des enseignants, ce sont un peu des locaux évidemment, mais surtout de du du des enseignants, de la formation des enseignants, des salaires et du nombre d'enseignants d'AESH et cetera.

Et les 15 % en moins depuis 30 ans, bah c'est 15 % euh de alors pas tellement le nombre d'enseignants qui est à peu près stable depuis 30 ans, mais vraiment une baisse des rémunérations euh par rapport au reste de la population. Et ça a une conséquence directe, c'est que on narrive plus à pourvoir les postes d'enseignant. Donc, on a un déficit de 15 % par an à peu près de poste non pourvu parce que le métier euh devient effectivement extrêmement peu attractif et c'est pas seulement des considérations monétaires mais c'est aussi ça.

Euh d'autre part, ça veut dire qu'on n pas de on a plus ou presque plus de remplaçant euh quand les enseignants doivent faire des activités de voyage de classe, de sorti et cetera ou même des arrêts maladies. Évidemment, on a des difficultés de remplacement, on a des classes plus chargées, Jan l'a dit, euh donc et on a un manque d'accompagnement pour les élèves à besoins éducatifs particulier. Donc c'est 15 % en moins.

C'est absolument pas anodin, c'est pas du tout macro. C'est très très concret dans le dans le dans la classe de tous les jours. Et évidemment que les élèves d'origine euh populaire en subissent euh davantage les conséquences parce que il y a moins de relais à la maison derrière pour compenser cette désinvestissement dans le dans le dans le personnel éducatif.

Quand on quand on prend si si je veux vraiment convaincre du manque de financement, il y a une autre façon de s'en convaincre, c'est de comparer avec d'autres pays. Quand on regarde la dépense par élève au primaire, elle est 20 % plus élevée en Allemagne, 30 % plus élevé au Royaume-Uni et 50 % plus élevés aux États-Unis. Donc comment se euh comment s'étonner que nos résultats dans les enquêtes internationales soient mauvais, enfin moyen et de de plus en plus en dessous de la moyenne en réalité avec la dernière enquête alors qu'on investit moins ailleurs.

On peut pas faire aussi bien que les autres pays si on n pas le même investissement que dans les autres pays. Et c'est vrai aussi dans le supérieur, il y a vraiment Ah oui parce que ce que j'ai pas dit tout à l'heure, c'est que c'est 15 % de dépenses en moins. à nombre d'élèves constants dans le primaire et le secondaire, mais c'est avec 1 million d'étudiants en plus.

Donc don on est passé de 2 à 3 millions dans le d'étudiants donc dans le supérieur. Donc on n pas plus investi, on a moins investi pour 1 million d'étudiants en plus. C'est dramatique.

Les conditions d'enseignement, de formation, d'encadrement à l'université notamment sont extrêmement dégradé par rapport à ce que les plus les plus âgés dans la salle ou même les quarantaenaires ont pu connaître il y a 20 ans. Ça n'a plus rien à voir. Les hicraquent, le nombre d'heures de cours est extrêmement faible et donc après, on s'étonne que les étudiants décrochent.

Il y a 30 % seulement de élèves en L1 qui vont obtenir leur L3 en 3 ans. Mais parce qu'on leur offre pas les conditions d'enseignement qui leur permettre d'être encadré, de s'accrocher, d'apprendre. Ouais, j'ai fini.

Alors bon ben j'ai fini mais effectivement alors je vais je vais juste en bullet point donner trois euh trois autres informations. Euh tant pis, je vais pas les développer mais je voulais dire que on on en on investit euh peu au primaire, moyennement au collège et plus au lycée. Comme si un élève du primaire, c'était plus facile à éduquer qu'un élève de lycée.

Mais pas du tout. un élève du primaire, il faut autant de qualification, autant de talent, autant de formation et autant de salaire en fait qu'un élève de lycée. Donc ça c'est euh pour limiter les inégalités sociales, bah il faut pas agir trop tard au lycée quand les choses sont déjà faites.

En fait, il faut vraiment euh re réinvestir dans le primaire. Deuxièmement, je voulais dire que l'éducation prioritaire, en fait, on lui on croit qu'on lui donne plus de moyens, mais on lui donne pas plus de moyens. Donc, je détaille pas les chiffres, tant pis, j'ai pas le temps de développer, mais c'est juste pour dire que il faut pas se bercer d'illusion.

L'éducation prioritaire en réalité au total ne reçoit pas plus de moyens par des questions de composition de des enseignants en fait. Et puis troisièmement, il y a des avantages fiscaux importants qui sont donnés aux familles favorisées, notamment pour les cours particuliers à domicile qui sont défiscalisés à 50 % alors que ça bah évidemment c'est pas c'est des familles très favorisées qui donnent des cours particuliers à domicile à leurs enfants. Et aussi parce qu'un étudiant il il permet à ses parents de de d'avoir une part fiscale ou une demi-art fiscale qui en fait représente une dépense égale aux bourses d'enseignement supérieur sur critères sociaux.

Donc on a des dépenses comme ça qui sont complètement euh paradoxales où on dépense autant pour un enfant euh un étudiant d'une famille très riche que pour un étudiant des classes les plus populaires. Donc il faut accroître la dépense et il faut revoir la répartition des dépenses. Merci. [applaudissements] Merci Élise Willerie donc d'avoir souligné les incohérences et paradoxes de cette répartition du budget.

Donc maintenant, Patrick Rayou qui est euh sociologue et et professeur en sciences d'éducation va euh également répondre à la question. Donc comment en finir avec la fabrique des inégalités et la reproduction des inégalités en euh nous parlant du système scolaire en prantêtre le mal par la racine. À vous Patrick Rayou.

Merci. et en 5 minutes bien sûr, je suis particulièrement heureux de la tenue de cette journée parce que de mon point de vue les débats sur l'éducation ne sont pas suffisamment dans l'espace public. Ça c'est le premier point.

Et le deuxième, c'est que la recherche est trop peu convoquée dans ces débats pour pour toutes sortes de raisons qu'on pourrait qu'on pourrait expliciter. Donc merci. Euh le premier point qui est complémentaire de de de ce que vient de dire É, c'est que euh on dans le débat, il y a des en effet des des échanges qui se font sur les questions euh économiques, on va dire, même si on ne dit pas tout et et comme on devrait le dire, en tout cas de d'autres manières, mais on parle assez peu de la question des apprentissages.

C'est plutôt l'angle par lequel je vais passer. Alors, les questions économiques, je veux dire, elles sont extrêmement nombreuses. Il y a les questions de la de la ségrégation résidentielle, de la carte scolaire.

Il y a la question de ce qui va des 75 % qui alimentent l'enseignement privé qui lui-même peut se permettre de de trier parmi les élèves. Veut dire que là, ces choses-là sont présentes dans le débat actuel. C'est pas pour ça qu'elles sont résolues mais elles sont présentes.

La question des apprentissages, elle me paraît constituer un point aveugle généralement parce qu'on a tendance à considérer que les savoirs scolaires sont transparents. Alors, ils sont un peu transparents pour les enfants d'enseignant mais qui ne représentent pas la totalité de la population. C'est pas tout à fait pareil pour une grande partie des autres, en particulier les élèves ici du milieu populaire et en particulier de de l'immigration.

À l'école, on rentre dans un monde dans lequel ceux qui connaissent les réponses posent des questions à ceux qui les connaissent pas. Alors, tout ça a l'air assez évident, mais je vous assure que ça l' pas. Quand on regarde de près, quand vous êtes à l'école, vous pouvez vous tromper dans des calculs de robinet.

Vous n'aez pas l'appartement. Vous pouvez savoir faire du vélo et vous pencher intuitivement dans les virages. C'est pas ça qui vous donne l'équation qui permet de comprendre pourquoi vous tenez sur le vélo et cetera.

Donc l'école, elle va, comme on le dit dans mon équipe de recherche, elle va secondariser le monde. Elle va lui donner une dimension tout à fait particulière dans laquelle tous les élèves ne sont pas de plein pied et pour nous, ça débouche sur ce qu'on appelle des malentendus. Alors dans dans notre jargon, on dit que c'est des malentendus socio-scolaires qui ne relèvent ni de la mauvaise foi des élèves qui tr la plupart du temps travaillent et ne comprennent pas pourquoi ils sont pas payés de de leurs efforts, hein, ce qui crée après des rancunes, voir des ressentiments assez tenaces, ni des enseignants qui font leur job mais qui ne comprennent pas nécessairement pourquoi les élèves ne comprennent pas.

Donc là, il y a un point qui nous paraît très important. Évidemment, je je ne fais que que l'apéritif ici. Je je rentrai pas dans les dans les détails.

Euh le le troisème point que je voudrais dire, c'est que tout ceci fait partie pour nous d'une approche du système scolaire qui est peu française mais qui est une approche en terme de curriculum, c'est-à-dire la façon globale dont on construit les savoirs qui est une construction sociale. C'est pour ça qu'ils sont pas transparents. Ils sont plutôt ressemblants aux catégories sociales qui pilotent l'école. est là.

À mon avis, le politique a ce mot à dire et et à intervenir. Euh par exemple euh les élèves qui vont au lycée professionnel euh je crois que c'est à peu près 30 % hein du d'une génération sont formés dans le collège à un curriculum qui prépare l'enseignement général ou technologique. On sait que la plupart d'entre eux ne choisissent pas de guerter de cœur le professionnel et quand ils choisit n'ont pas non plus la filière qu'ils auraient voulu avoir s'ils avaient choisi le professionnel.

Il y a un problème qui un problème de taille c'est le même problème pour les pour les jeunes filles hein. Enfin c'est un problème identique. Vous savez comme moi.

On l'a on l'a appris récemment, on l'a réappris récemment. Les jeunes filles les fillettes, je sais pas comment faut les appeler encore lorsqu'elles sont en CP ont un niveau en mathématique rigoureusement égal à celui des garçons. Après un premier trimestre, elles sont largement derrière.

Donc là il y a des problèmes hein tout tout à fait important à mon avis euh à la fois de construction globale du curriculum. Pourquoi il y a pas de de philosophie en terminal de lycée professionnel par exemple ? Un petit détail au passage.

Euh et c'est aussi un problème de pratique pédagogique qui font partie du curriculum. Très souvent dans la façon dont nous procédons, nous procédons par politique de compensation, c'est-à-dire qu'on va donner aux gens ce qui leur manque. Ce qui est une vision de de notre point de vue, de mon point de vue erroné, le problème des élèves qui réussissent pas l'école, c'est pas qu'il leur manque quelque chose, c'est qu'ils ont à la place de ce qu' devrait avoir autre chose, c'est-à-dire une autre catégorisation du monde, une vision de l'urgence, une vision de la survie qui n'est pas celle du loisir qui est voilà au sens noble du terme scoler l'école qui doit être celle de l'école et ces choses-là sont assez peu travaillées. le point donc à mon avis, il vaudrait mieux pouvoir procéder à des étayages plutôt que la compensation, c'est-à-dire que l'école puisse ménager des plages dans laquelle on voit les élèves travailler, dans lesquelles on prend conscience de la façon dont il travaillent et qui ne correspond pas nécessairement aux attendus et dans laquelle on peut remédier parce qu'on va apporter les réponses pertinentes dans notre système.

C'est pas comme ça. Au moins depuis 1902, je rentre pas dans les détails. les profonds des leçons, il donne les devoirs à l'extérieur et cette externalisation des devoirs, on n'imagine pas à quel point elle est vectrice d'inégalité scolaire.

Le dernier point pour retenir dans les délais, on me demandait un peu la manière des comptes de fait de faire un vœu. Après 5 ans de gouvernement de gauche, qu'est-ce que je voudrais voir comme école ? Bon, c'est c'est mignon comme question parce que malheureusement il a fallu beaucoup de temps pour détruire l'école mais plusieurs de nos ministres précédent s'y sont occupés et ils ont fait des dégâts.

Je sais pas s'ils sont irréparables, ils sont extrêmement profonds. Il faudra du temps pour redresser tout ça. Dans 5 ans, ça sera pas fait.

On veut, ça serait d'ici les 5 ans, il y a quelque chose de lors des des conventions citoyennes qui mettent la nation au travail sur le curriculum mais qui soit suivi des faits et que la délégation nationale se prononce sur un curriculum qui ne soit pas une addition de discipline, qui ne soit pas une négociation de combien d'heures au français, au latin ou est-ce qu'on voudra, mais qui soit vraiment qu'est-ce qu'on souhaite comme homme et comme femme du 21e siècle capable d'affronter les débats qui sont parce que L'école d'aujourd'hui à la fois elle pose des problèmes démocratiques, d'inégalité, mais elle pose aussi des problèmes d'inadéquation à l'époque que nous sommes en train de vivre. C'est c'est une double contrainte. La deuxième ne n'élimine pas la première, mais je veux je veux dire que de mon point de vue, il faut gagner sur les deux tableaux.

Il faut former des hommes et des femmes émancipés qui soient capable de s'inscrire dans un nouvel universel. L'école de la République a été une forme d'universel qui a fait son travail, qu'il a bien fait mais dont on a vu aussi les limites, ne serait-ce que pour les questions liées à la colonisation et cetera, pas y revenir et je crois que nous sommes au moment de décider nos nouvelles universel et que l'hypothèse qu'on appelle parfois anthropologique, enseigner l'humain à l'humain et faire en sorte que la planète soit notre domaine commun et que nous essayons de la de la préserver, ça devrait pouvoir être le nouvel imaginaire éducatif. Merci. [applaudissements] Merci Patrick Rayou.

Donc vous avez parler de pratique savoir inégalitaire, pratique inégalitaire, vous avez fait un vœu donc auquel va répondre le député donc Alexis Corbière qui est autour de cette table ronde qui est donc député de Saint-Senni de l'après. Bon merci merci à tous ceux qui ont organisé la journée. On aura plus fois l'occasion de leur dire merci.

Merci à aux intervenants sur sur la table pour leur expertise. Euh moi je veux dire en vous écoutant depuis dans les les 5 minutes, l'école est un enjeu majeur politique avec un peu majuscule au sens noble hein. sans je vais pas le dire dans Patrick Ray qui connaît ça mieux que moi, mais la 3e République peut aller de pair sans l'installation de l'école et compris dans les travaux de Durkaim, on voit bien comment l'enjeu est extrêmement politique.

Donc c'est pas un sujet parmi d'autres, c'est le sujet, la question de l'école, je le dis devant Laurence et toute une série Laurence de Coque, toute une série d'amis qui sont des spécialistes là-dessus. Le problème actuellement, c'est que chaque fois qu'on parle de l'école dans le débat public, c'est que dans un cadre agressif, on en on dira deux mots sur la laïcité par exemple qui est prise en plus dans une instrumentalisation qui n'est pas la manière dont il faut concevoir la laïcité, mais c'est l'école agressée. Agressée par des élèves, agressé potentiellement, c'est plus un lieu où on discute de ce qui se passe du point de vue de sa mission première, la transmission des Sol, la lutte contre les inégalités, mais un lieu qui serait attaqué par des forces extérieures, souvent des jeunes d'ailleurs et cetera et cetera.

Pourtant, il y a une il y a un enjeu à en parler de manière centrale. Alors, le la première question, c'est quoi ? Euh, considérer que il y a un enjeu politique important.

Je vais pas revenir sur les chiffres qui est attaqué depuis des années. 15000 postes d'enseignants en moins depuis 2017. Le budget 2026 qui est là, 4000 postes de moins.

Nous avons le nombre d'èves le plus important de l'OCDE pour donner un chiffre parmi plein d'autres et j'y reviendrai. À quoi je résume, je vais agrandé ? Quel est le grand enjeu de ce qui est devant nous ?

C'est la mise en place de ce que je vais nommer un séparatisme scolaire. Un séparatisme scolaire. J'utilise le mot, on l'avait forgé en 2020 21 quand il y avait eu le débat sur la prétendue lo que lutte contre le séparatisme.

Il y a un séparatisme dans ce pays qui n'est pas celui qu'on veut nous inventer. Il y a un séparatisme de fait en particulier sur ce socle de la République, l'école. De quoi je parle ?

Du fait que progressivement des populations ne vont pas dans les mêmes écoles selon le milieu d'origine auquel elles appartiennent. Ne vont pas. et ça de manière significative.

Alors déjà pas le temps de développer au sein de l'école publique, on pourrait en discuter. Moi qui suis élu de Sani, je suis pas loin du périf, il va soit je le vois. Les parents de Sansani parfois mettent même leurs enfants dans des collèges à Paris parce qu'à quelques mètres, il y a déjà c'est physique mais c'est pas seulement ça.

C'est aussi la question de l'école privée, l'enseignement privé quand l'école s'installe et euh dans sur la 3e République, il y a évidemment l'enjeu encore de des populations et même dans les milieux populaires avec l'influence de la religion et il y a un enjeu à maintenir tout de même la possibilité pour des raisons confessionnelles d'avoir un enseignement privé. On peut en penser ce qu'on en veut, mais c'est une manière d'installer l'idée de l'éducation et que l'école, elle n'est pas obligatoirement publique, mais d'abord dans une volonté, comment dirais-je, de ne pas heurter des convictions spirituelles longuement ancrées. Aujourd'hui, l'école privée se modifie de nature.

Les gens ne mettent plus leurs enfants dans l'école privée pour des raisons confessionnelles, mais dans une volonté marquée, approfondie qui ne cesse de s'approfondir année après année, dans une volonté de contournement social afin que leurs enfants ne fréquentent pas non seulement les enfants des milieux populaires voire même les enfants des classes moyennes. Et qui a un entre soi qui se passe avec des choses très importantes. Tu indiquer l'IPS, l'indice de positionnement social qui nous démontre que ce phénomène ne cesse de s'accentuer.

Je crois que c'était dans les années 2000 40 % des enfants du privé étaient issus du milieu plus favorisé. aujourd'hui à 55 % et ce phénomène ne cesse de durcir. Alors c'est un problème mais je rappelle que c'est un problème parce qu'en plus c'est avec notre argent.

C'est ça le paradoxe. C'est que aujourd'hui l'argent public finance ce ce séparatisme scolaire he comme dirait l'autre. Quand l'argent public finance le bus pour des transports publics, si quelqu'un dit "Ai, je prends pas le bus, je prends le taxi, il est pas remboursé avec de l'argent public." Là, c'est un peu ce qui se passe.

C'est-à-dire qu'il y a l'école publique, des gens à l'école privée et disent "En plus, c'est à l'argent public de financer le privé". Et là, il y a il y a un problème de fond. Donc je crois qu'on ne peut aussi avec beaucoup de sensibilité parce qu'on connaît l'enjeu politique y compris dans les années 80 après 80 quand la gauche arrive au pouvoir comment la question de l'école privée crée des mobilisations de résistance mais un enjeu à porter avec courage pas seulement donc dans une comment dirais-je dans un combat confessionnel de dire c'est scandaleux que il les mettent à l'école catholique.

C'est pas ça l'enjeu. Faut parler à toute la population et tout le monde doit comprendre le problème de fond qu'il y a à financer ce séparatisme et du fait que nos enfants ne vont plus dans les mêmes établissements et que parfois la stratégie du public pour faire face à ça, c'est de créer au sein même de de l'école publique des formes de bon collège pour faire venir on le voit tous comme élu l'académie qui dit ouais mais là je mets les bons élèves pour éviter sinon les parents va aller dans le privé donc une forme de capitulation par rapport à cet enjeu. Je vais vite les amis, mais le séparatisme scolaire.

Deuxième enjeu fondamental, quand l'école publique se fait et les spécialistes le diront mieux que moi, l'enjeu c'est souvent le curé pour caricaturer enfin le l'institute, il concurrence un peu l'influence du prêtre. Aujourd'hui, le grand enjeu auquel, me semble-t-il, l'école publique est confrontée, c'est la concurrence des écrans, le numérique. Et là, je crois qu'il y a un enjeu majeur parce que quand on voit des chiffres que un adolescent passe 5 he par jour devant les écrans, par jour, il y a une concurrence matérielle, intellectuelle, physique avec l'enseignant.

Et si l'école n'est pas le lieu où d'abord on apprend aux jeunes à décoder ce qu'ils reçoivent, à concurrencer ce qu'ils reçoivent, à se débrancher mais pas seulement dans des interdits mais de enfin là il y a un enjeu pédagogique majeur, je sais pas ce que vous en pensez sur lequel parce que sinon et on le moi je là je suis en en député, j'ai été 21 ans prof en lycée professionnel. Je je vois très bien et ça doit être pire en plus de plus en plus les jeunes et c'est passionnant, ils sont extrêmement instruits enfin ils savent beaucoup de choses mais ce qui nous amène souvent c'est en particulier tout ce qu'il voit sur les réseaux sociaux et cetera. Donc moi je pense qu'on doit avoir la discussion en terme de projet politique au sein même de nos programmes et je le dis là aussi comme prof de lycée professionnel che Sophie Vita.

Merci Patrick Rou de rappeler que l'enseignement professionnel c'est près de 30 % hein d'une classe d'âge. C'est pas un à côté. Moi quand j'étais prof de lycée professionnel, les élèves me disaient "Vous avez fait des études monsieur ?" Je disais "Oui, pourquoi vous êtes avec nous les nuls ?" Parce que nous pendant toute notre scolarité avant, on nous a dit "Si tu travailles pas bien, tu finiras dans l'enseignement pro".

Donc déjà le mépris social, la violence. Et deuxièmement, au sein de l'enseignement pro, là les dernières réformes scandaleuses, c'est chaque fois réduire les savoirs fondamentaux et le stage en entreprise. Moi, je suis contre l'élargissement des stages en entreprise et je suis même pour que progressivement il il ça viennent quasiment à disparaître en particulier en seconde et je soutiens le combat d'un père dernièrement qui mène le combat parce que son fils est mort à l'occasion d'un stage en entreprise et qu' en a marre de ses stages en seconde à la con, on apprend rien et de manière générale dans l'enseignement pro il faut réduire et moi je soutiens ce que dit Patrick Rayou nos hommes de lycée professionnel il doivent avoir droit de la philosophie, il doivent avoir droit de l'histoire, ils doivent avoir droit à toute une série de sciences sociales qui les arment face au monde qui est devant eux non seulement celui de l'entreprise mais aussi celui du combat du numérique.

Donc là, il y a des enjeux fondamentaux, je vous devez faire en quelques pistes sur lequel je il me semble que ça raisonne avec ce que vous nous avez dit. Merci les amis. Merci Alex. [applaudissements] Bonjour à Ayou Kassemi.

Donc Ayou Cassemi a un petit peu de retard donc on va lui donner la parole. Merci d'être là. Donc Ayou Kassemi, vous êtes président de l'association déterminé en trois mots.

Vous avez créé l'association en 2023 pendant euh le Covid à Pierrefit, après le Covid à Pierrefit. Donc euh on vous laisse répondre à la question de la table ronde. Euh comment en finir avec ces inégalités et leur reproduction ?

Bonjour à toutes et à tous. Désolé pour le petit retard, je suis vraiment désolé. Alors moi, je vais parler très brièvement et je vais être transparent par rapport à nous ce qu'on ce qu'on vit les jeunes issus des quartiers populaires.

Euh pour ma part, moi je suis une je suis je suis juste un une statistique, hein. J'ai pu réussir dans ce que j'ai pu entreprendre. Mais aujourd'hui avec l'association, j'aimerais et je fais, c'est ce qu'on essaie de faire aussi avec les jeunes.

On aimerait créer des vocations, révéler le potentiel de ces jeunes qui sont euh totalement euh soit déscolarisé ou qui veulent créer leur vocation à travers soit la culture, euh le le système scolaire ou dans leur voie professionnelle. Aujourd'hui, nous on a pu comprendre certains enjeux et elles sont multiples. Et premièrement, on retrouve le milieu dans lequel on évolue.

Aujourd'hui, les jeunes, ils vivent, comme vous l'avez dit, j'ai pu entendre rapidement dans la banalisation de la violence et la délinquence. Aujourd'hui, cette banalisation va leur permettre de vivre dans un confort et dans leur tête, en fait, ça va être prolifique par rapport à à l'école. Et aujourd'hui ce système on peut en fait il y a une dicotomie totalement habissale entre l'égalité des chances qu'on veut prener et la réalité.

Aujourd'hui les statistiques, elles sont réelles. 21 % euh des jeunes de 18 à 24 ans issus des QPV sont des sortants précoces. Or que seulement 8 % dans les hors QPV sont des sortants précoces et aujourd'hui c'est pas normal.

Deuxièmement, on retient aussi une méthode scolaire inadaptée aux besoins de ces jeunes. Sans perspective, le jeune, il peut réellement saisir des intérêts qui sont pour lui euh sans sans intérêt complet et les fort demandés constitue un véritable fardeau. Le troisème étant le manque de perspective.

L'univers professionnel académique représente de véritables zones d'ombre. Aujourd'hui, on sait que le réseau est une est une est un facteur très important pour la réussite de ces jeunes et euh pour en avec un manque de réseau, les jeunes ne peuvent pas forcément sortir euh d'une d'une sortie favorable de leur système scolaire. En somme, l'habitude du jeune de quartier est fortement imprégnée par la vie de rue, celle-ciant à banaliser la délinquence et lui fait croire qu'elle est plus prolifique que l'école, comme je disais tout à l'heure, sur le plan financier et même personnel.

Ils s'y sont valorisés grâce à l'argent gagné, mais également car par les actions qui sont commises, il est certain que la voie répressive n'y aide que très peu. Pour y mettre fin, euh nous, on avait on avait réfléchi à ça avec un comité de d'acteurs associatifs. Donc, une politique de gauche pourrait instituer après 5 ans au pouvoir un programme de réussite impliquant directement des jeunes qui qui ont pu réussir.

Donc on revient en fait à l'époque des grands frères, c'était une politique qui avait été mise en place et par leur exemple de proximité, on pourrait entre guillemets mentorer des jeunes issus de ces quartiers par d'autres jeunes qui ont pu réussir. Donc aujourd'hui, on le fait avec les associations et c'est quelque chose qui pourrait marcher car ces jeunes ont besoin d'être identifiés pour pouvoir réussir. Voilà.

Merci. [applaudissements] Merci beaucoup Ayou Casséi. Donc Ali Rabé, maire de trappe élu génération, vous avez également 5 minutes compte là-dessus pour cette question.

Je vais essayer de m'y tenir. Euh, je vais vraiment parler en tant que maire et je vais vous partager évidemment un constat et une réflexion qui n'est absolument pas aboutie mais qui est pour moi un sujet qui me tarude et qui peut peut-être être investi, travailler par la gauche et que je soumets à votre sagacité. Euh bon, je partage évidemment la totalité des interventions qui ont été posées là. le diagnostic, il est clinique, il est posé depuis longtemps d'ailleurs et la gauche n'a pas toujours été capable de l'adresser avec force quand elle a été au pouvoir.

Et s'il faut expérer quelque chose au bout de 5 ans d'exercice de la gauche, c'est que ça ressemble pas au 5 ans d'exercice de la gauche entre 2012 et 2017, y compris sur le champ de l'éducation qui n'est pas ce qui donne le plus à rougir à la gauche qui a gouverné à l'époque. Moi, je vais vraiment vous parler comme maire et pas uniquement comme militant politique et je vais aussi vous parler de ce que je perçois Ressens vie au quotidien avec des familles qui sont dans une grande détresse et qui se tournent assez spontanément et naturellement vers l'élu qui est la figure d'incarnation de la République avec l'enseignant et vers lequel on se tourne pour régler les problèmes du quotidien et qui est évidemment bien désarmé, bien démuni pour faire face au aux difficultés qui lui sont soumises. Déjà un petit miracle de du Front populaire 2027, Lucy Casté et tous les autres, c'est que Maxime Louisigène, directeur de l'école Flobert attrape a dit du bien et a considéré que les moyens que la collectivité publique apporta à l'école sont à la hauteur.

D'habitude, c'est le chef de fil de tous les directeurs pour il faut plus, monsieur le maire, il faut plus. Et il a raison. Quoi qu'on mette, ça suffira jamais. attrape en tant que collectivité publique et évidemment les moyens de l'État dans nos QPV en particulier, nos quartiers prioritaires de la ville sont insuffisants.

Mais là déjà, moi pour moi, c'est déjà un motif de de réjouissance que de l'entendre euh dire du bien des moyens qui lui sont mis à disposition. Je je voulais vous partager enfin je vais pas vous parler de l'école paradoxalement et je vais vous partager ce souvenir de d'un moment queon vient de commémorer il y a il y a 2 jours. Les attentats de 2015 notamment et dès les attentats de janvier 2015 qui ont frappé la rédaction de de Charlie Hebdo.

La ministre de l'éducation nationale de l'époque, Nette de Valkassem, avait dit un truc très juste, je crois, et dont la société doit prendre conscience, c'est que les problèmes de la société, les problèmes d'inégalité scolaire ne peuvent pas être réglés intégralement par l'école et par les enseignants. À l'époque, on s'était tous dit qu'est-ce qui se passe ? Comment des enfants nés en France, éduqués par l'école de la République, peuvent chercher à atteindre la République au cœur dans ce cas-là de plus symbolique, en l'occurrence la liberté d'expression des journalistes.

Et on s'était dit l'école a failli, l'école a échoué. Et tout le monde s'est tourné vers le corps enseignant et l'école en disant le problème vient de vous, la solution doit venir de vous. C'est insupportable.

C'est insupportable parce qu'on ne peut pas demander à l'école, à elle seule d'adresser tous les sujets d'inégalité sociale, de pauvreté, de chômage, de discrimination, de ségrégation, de relégation. Et on ne peut pas demander à des enseignants qui d'ailleurs au passage ne récupèrent les enfants qu'à 3 ans et pas avant de régler tous les problèmes qui parfois s'enquiste avant même l'entrée à l'école maternelle et [applaudissements] et on ne peut pas agir que par le levier éducatif, même si évidemment j'abondte dans le sens de vos interventions sur la nécessité de plus de moyens de coordination euh et évidemment d'accompagnement de reconnaissance des des métiers d'enseignant. Notre pays fabrique des inégalités.

L'école n'arrive pas à les résorber. s'est démontré depuis Bourdieu. Tu citais Camille Penny enseignant de l'université voisine qui l'a démontré dans un ouvrage que je vous conseille très court mais percutant publié à 10 ans le le destin au berceau.

Et c'est vraiment la ligne rouge à laquelle on tente de s'atteler à trrape avec ma première adjointte qui intervenait tout à l'heure. Comment c'est ce qui m'obsède en tout cas personnellement comment un mom que je vois dans les bras de son père ou de sa mère à 6 mois n'est pas condamné au même destin que ses grands frères grandes sœurs ou les jeunes qui grandissent au pied de l'immeuble dans le quartier. Comment on évite la reproduction de ces inégalités ? casse ces logiques, ces logiques de mimétisme d'une génération à l'autre.

Et bien ça ne peut pas concerner que l'école, je le disais. Et autre souvenir que je mets en corrélation avec le premier, c'est les émeutes de 2023. J'ai été invité à intervenir dans un certain nombre de plateaux à l'époque parce que les banlieux brûlaient, scénario qu'on connaît bien, qu'Alexis, d'autres députés, vous tous qui êtes investis sur ces territoires.

Et tout d'un coup, on se dit voilà qu'est-ce qui se passe ? On redécouvre le problème régulièrement une fois que les banlieux brûlent. Et le président de la République indiquait qu'il fallait interdire TikTok, même s'il y a un vrai sujet écran, je suis absolument d'accord.

Et le ministre de la justice intervenait pour dire que c'était un peu la responsabilité des parents, des mères célibataires et cetera. Il y a eu ces mères célibataires qui étaient pointé du doigt. attrape avant même la naissance de certains enfants, je peux à peu près prédire, la sociologie peut le faire, les le destin d'échec auquel est condamné un enfant avant même sa naissance.

Et je vais citer un prénom, elle est pas là donc je peux le la citer et c'est pour moi à chaque fois je pense à elle quand je j'évoque le projet dont je vais vous parler. Radia, une maman de trappe qui est vraiment comme on en a partout en France, des mères courageuses issues de l'immigration, pas de diplôme, qui se débrouille pour survivre, qui euh en fait un enfant, le père n'est pas là, elle doit se débriller toute seule et on va l'accabler si dans 15 ans ou dans 20 ans son enfant décroche de l'école, en l'occurrence sa fille qui a l'âge de la mienne. On va l'accabler, on va lui demander ce qu'elle a fait ou ce qu'elle n'a pas fait et on va la renvoyer à sa responsabilité individuelle.

Elle habite, elle habitait, j'ai au moins réglé ça, au 4e étage d'un bâtiment sans ascenseur. Elle est femme de ménage avec des horaires décalé. Elle fait 2h à Paris 16e dans un lycée privé pour la blague le matin.

Puis elle prend les transports en commun pour aller faire 1 heure à Versailles. Puis elle rentre chez elle à trappe. Puis elle repart en milieu d'après-midi pour refaire 2h ici ou là et elle essaie péniblement de joindre le debout de payer son loyer.

Et avec tout ça, elle a eu un enfant qui est une bonne nouvelle et elle doit l'éduquer dans ces conditions-là. Je ne peux pas vous faire la liste de toutes les mamans. C'est 95 % des cas des mamans qui viennent me voir pour me dire "Monsieur le maire, en élémentaire jusqu'en CM2, les enfants sont pris en charge au soutien scolaire par la collectivité publique.

C'est une bonne nouvelle. Il rentre en 6e, il sort de l'école du collège parfois à 15h30. Mon fils va traîner dans les rues et je ne suis pas capable de m'assurer puisque je fais euh je travaille à Carrefour pendant pareil en or décalé à gérer la caisse.

Je ne peux pas m'assurer que mon gamin ne traîne pas dans les rues, ne soit pas récupéré par des entrepreneurs communautaires pour certains ou par des entrepreneurs qui organisent le deal sur le territoire et qui leur proposent des perspectives de réussite plus prometteuses que celles que l'éducation nationale promet. Et bien à un moment donné, plutôt que d'accabler les parents et en particulier les mamans, ne peut-on pas dans cette société considérer que ces enfants sont nos pupilles ? comme les enfants des militaires morts pendant les guerres qui ont pu frapper notre pays.

Ne peut-on pas concerner peu importe l'échelle au niveau national, au niveau local, que c'est le rôle du maire ou du préfet que d'identifier avec tous les services qui peuvent le faire, l'éducation nationale évidemment, mais bien plus tôt dans les PMI, à l'hôpital, toutes ces familles qui ont d'immenses fragilité et dont on sait qu'il faudra régler et j'essaie de conclure par ça, qu'il faudra régler les problèmes de logement spécifiques qui les touchent, les problèmes d'emploi qui les touchent et nous avons les moyens de le faire. Nous avons des leviers pour le faire. L'histoire de radia est parlante parce que on l'a fait, on le fait avec à des échelles micro.

Va falloir conclure à lire. Je conclus là-dessus parce qu'on lui a trouvé un logement adapté qui lui permet de ne pas monter au 4e étage avec une enfant en basage. On lui a trouvé un job dans une cantine de la mairie qui lui permet d'avoir un 35 he et de travailler à 5 minutes de chez elle et d'être disponible pour sa fille.

Et au-delà de ça, on inscrit son enfant dans les différents programmes de réussite éducative, d'accompagnement sur le long terme. On les inscrit aux vacances à 10 € qu'organise la mairie. On les emmène justement de façon privilégiée ces enfants visiter le château de Versailles, profiter du jumelage avec la comédie française.

C'est-à-dire qu'on essaie de leur offrir comme si on était leurs propres parents. On essaie de leur offrir l'étayage qui leur manquerait les conditions de développement d'émancipation qui leur permettront à 18 ans d'être des citoyens libres épanouis heureux qui ne détestent pas la République parce qu'elle ne les aura pas humilié insulté et on essaie de fabriquer autre chose que du ressentiment et du mépris. Merci beaucoup Alibé. [applaudissements] Bon j'ai laissé parler jusqu'à ce qu'il dise émancipation.

Donc il l'a dit donc on peut passer à il nous reste un petit peu de temps. Vous avez respecté le temps importi donc du temps pour toutes et tous monsieur monsieur Ali Rabé. Et donc on va reprendre vous allez reprendre la parole 2 minutes chacun chacune pour peut-être vous répondre et agir.

Des actions ont été évoquées des pistes des leviers. Vous avez rappelé que l'école seule ne peut pas tout. Vous avez rappelé ce qu'elle faisait et ce que les autres devaient pouvaient faire.

Donc peut-être on commence par vous ete. B peut-être je vais rebondir sur ce que disait Ali Rabé par rapport à à cette séquence des attaques de 2015 et du fait que l'école ne fait pas tout. Je prends le contrepied de manière un petit peu un petit peu provoquante, enfin provocatrice exprès, mais en fait justement ce que la leçon que j'ai tiré de Naj Valcassem à l'époque, c'est que l'école pouvait quelque chose quand même et elle a lancé la grande initiative nationale en faveur de la mixité sociale au collège pour répondre à cette question de séparati enfin de de ressentiment qui avait amené à à ces événements dramatiques.

Et c'est on va y revenir à la table ronde suivante, mais moi en tant que chercheur, j'ai eu la chance de pouvoir suivre la mise en place des actions de mixité sociale et de les évaluer scientifiquement. Et justement, la mixité sociale au collège a favorisé les la cohésion sociale entre les élèves. Elle a favorisé de changer les attitudes de tolérance les uns vis-à-vis des autres, de compréhension, de solidarité.

C'est absolument donc l'école peut quelque chose vraiment. Donc je voulais pas laisser passer ça parce que évidemment elle peut pas tout mais elle peut vraiment quelque chose. Donc il faut réfléchir à la à la carte scolaire, à la répartition des logements sociaux sur le territoire pour permettre une vraie mixité résidentielle et une vraie mixité dans les établissements scolaires, pas seulement au collège mais aussi à l'école primaire et et à l'école maternelle parce que ça change fondamentalement la cohésion sociale de fait d'être scolarisé ensemble.

D'accord. Oui. Alors, peut-être un ou deux mots sur un un phénomène qui qui m'intéresse, c'est la question de la coéducation.

Vous savez, dans l'histoire des rapports entre l'école et les familles, avec l'école de la République, il a fallu à un moment donné rompre parce que les communautés étaient inquiétantes. Ceux que l'ont chassé par la fenêtre revenaient par la porte parce que les enfants allaient au catéchisme et cetera. Voilà.

Donc il y a eu cette cette rupture assez radicale qui explique qu'en France on a construit des écoles où les fenêtres sont suffisamment hautes pour que les gamins ne puissent pas voir dans la rue et qu'on ne puisse pas les voir. Il y a toute une inscription dans le territoire d'une modalité d'école extrêmement puissante parce que près de la mairie, parfois avec un personnel municipal scolaire qui est en même temps à la mairie et cetera et ça. Donc ça c'est une histoire et cette histoire aujourd'hui bon à mon avis elle a une forme de d'obsolescence.

Il faudrait l'adapter à la situation actuelle. Et lorsque alors il y a eu un un un renversement complet à une époque on disait il faut pas que les familles viennent à l'école et depuis qu'on voit qu'on a du mal à construire notamment un second degré avec une culture commune avec une réussite de tous les élèves, on dit aux parents "Venez, venez venez nous aider" sans se soucier de savoir s'ils ont les moyens d'aider, sans se soucier de savoir si c'est leur job. Et donc on voit comment ils sont à l'œuvre le soir après 16h30.

Euh moi qui enquêter dans les milieux où on voit des parents enseignants en fait travailler leurs enfants ou des parents de famille populaire, vous mesurez l'abîme qui peut exister dans les manières de faire et la manière de d'introdire en curriculum. Juste cet exemple euh vous savez peut-être il existe aujourd'hui des Léas des lieux d'éducation associés qui sont euh sous l'égie de l'Institut français d'éducation ou des équipes de d'un établissement décident de faire une recherche avec des chercheurs qui qui acceptent de travailler avec eux. J'ai travaillé dans le lè de Griny que vous connaissez peut-être dont on dit que c'est la ville la plus pauvre de France qui est dans l'académie de Versailles et nous avons avec les enseignants qu'il avait souhaité fait quelque chose qui s'appelait classe ouverte aux parents.

Les parents venaient non pas simplement le samedi matin où les mamans font des cornes de gazelles tout ça est tout à fait sympathique mais n'entame rien à mon avis des des des malentendus scolaires, même si ça fait du bien à la au climat scolaire général. Et là les elles assistaient au cours parce c'était la plupart du du temps des moments quand les quand les les gamins avaient accepté que les mères viennent les garçon était un peu plus réticents donc elles avaient échangé avec d'autres profs de la classe parallèle et cetera et on a vu là à l'œuvre les malentendues là où les enseignants ne parlaient que d'autonomie les mamans trouvaient qu'il y avait pas assez d'autorité donc connait la traite devant devant des conflits à la fois épistémologique je dirais sur la manière d'apprendre qui était souvent chez ces moments-là celle de l'école coloniale qui n'a plus grandchose à voir avec ce qui se dit ou ce qui est préconisé chez nous à tort ou à raison aujourd'hui. Et là, je trouve que c'était un lieu tout à fait intéressant dans lequel il y avait la controverse, ces choses-là émergaient et que ouvrir l'école, oui, c'est ça.

C'est pas donner délégation aux parents pour faire des choses qu'ils ne savent pas faire et les culpabiliser parce qu'ils l'ont pas bien fait. C'est les aider, ça n'est pas le seul le seul point, mais les aider à comprendre davantage ce qu'est la culture de l'école qui, pour rebondir ce que j'ai déjà dit, n'est pas la culture de la rue. Euh quand je demande mon chemin à quelqu'un dans la rue, si je veux venir euh à l'auditorium de trappe et j'ai pas mal galéré depuis la sortie du terre, j'espère que les gens qui me répondent connaissent la réponse.

C'est pas le cas à l'école. Merci. [applaudissements] Qu'est-ce que je vais dire après tout ça ? que je serai toujours là quand même pour pour dire pour prendre plus.

D'accord. Sois inconscient quand même. Voilà.

Non non mais je vais rebondir là-dessus parce que c'est en fait c'est hyper important. On a dit que l'école elle était malmenée, que nous les enseignants on étaient malmenés. Al je fais pas de misérabilisme, je vous parle de choses qu'on vit.

Et et quand moi je suis arrivé sur le territoire, il y avait une autre façon de faire. En tout cas à la municipalité ça a changé et je vois d'autres collègues là-bas. Je pense qu'en je sais pas en un mois déjà ça avait on allait dans le même sens et effectivement c'est hyper appréciable pour nous hein.

La mairie c'est le premier partenaire de l'école. C'est comme ça c'est prévu dans la loi en tout cas pour l'école primaire et c'est hyper important. Si moi j'ai pas donné mon vœu.

Enfin je il y a que vous qui l'avez donné d'ailleurs. Si si moi j'avais un vœux à formulaire, je pourrais vous dire oui le le vœux des le vœux des moyens on en veut toujours plus. Vu qu'on part de loin forcément on en veut toujours plus.

Mais s'il y avait un peu que je ferais, c'est qu'on nous fasse un peu confiance. En fait, on a les solutions sur le terrain, on y arrive, on travaille en ensemble, on fait de belles choses ensemble. Et en fait, je pense que ça serait mon vœu, c'est que on nous laisse un peu faire ensemble et qu'on nous soutienne dans ce sens-là, qu'on aille dans notre sens, les municipalités, les écoles.

Nous, on sait sur le terrain comment on peut faire. Je dis pas qu'on a les solutions à tout, mais on sait comment faire. Et si c'était mon vœux, c'est qu'on réfléchisse à ça, comment l'État, il est finalement plus un soutien au projet qui peuvent se mettre en place sur les territoires en fonction de leurs difficultés par les acteurs de terrain. [applaudissements] Euh moi pour conclure par rapport à ma vision des choses, moi je pense que aujourd'hui beaucoup de de jeunes subissent un peu aussi leur orientation. que ça soit sur la surtout sur la voie professionnelle.

Donc euh euh beaucoup de jeunes aujourd'hui vont euh moi je le moi je le vois tous les jours en tant qu'acteur euh réel sur le terrain. Beaucoup d'amis à moi même d'enfance euh continue l'école, continue l'école mais à partir d'un moment bah l'orientation est subit et on les met directement sur la voie dans la voie professionnelle. Donc c'est ce qu'on appelle la voix un peu poubelle et moi je trouve que c'est quand même inadmissible aujourd'hui.

Heureusement qu'il y a beaucoup d'associations qui travaillent qui milite pour ça. Et moi ce que je voudrais dire c'est qu'il faut soutenir aussi tous ces acteurs sur le terrain, ces associations qui militent, qui travaillent à fond pour ces jeunes. Et je pense que l'une des choses les plus importantes, c'est avant de vouloir aussi s'orienter, c'est que le jeune, il a besoin aussi de se connaître, savoir ce qu'il veut faire, savoir ce qui lui plaît et aller vers l'avant.

Aujourd'hui euh moi je il y a un dicton que je dis souvent ma comic disait que l'éducation c'est le passeport de la vie et je pense qu'on devrait vraiment travailler sur ça et soutenir justement tous ces acteurs qui travaillent euh pour euh pour ça vraiment connaître ce que le jeune veut, sa vocation, qu'est-ce qu'il veut faire. Et là, je pense que ça irait mieux parce qu'aujourd'hui quand on grandit dans un dans un environnement social où euh à porter de main tout est plus facile pour le jeune, bah il va se reposer sur ses laurers, il va se dire "Bah en vrai, vas-y, l'école ça sert à rien." Et aujourd'hui, il y a une phrase que tout le monde dit, tous les jeunes, ils disent depuis la nuit des temps, c'est euh "Mais en vrai, ce qu'on apprend à l'école, est-ce que ça va nous servir dans la vie réelle ?" Et bah ça, je pense qu'il faudrait le revoir.

Voilà. [applaudissements] Bon, je sais pas quoi dire parce qu'on converge tous quoi. Euh, c'est la question numéro 1 de ce qui est devant nous, du type de société que ça annonce.

L'école sera la caisse de résonance et le lieu d'amplification de tous les problèmes. Ce qu'on vient de dire. Donc, il y a une question budgétaire, j'ai envie de dire sans aucun mépris parce que quand j'étais proche, j' étais un parasyndical.

Faut mener la bataille. Euh je crois qu'il y a 30 ans ou 40 ans, les spécialistes me corrigeront quand un prof commençait, il avait 2,3 SMIG. Aujourd'hui, c'est 1,2 SMIG.

Il y a une baisse du pouvoir d'achat. Il y a une précarisation du métier indiscutablement à forceorie dans les grands centres urbains. Il y a en terme de médecine scolaire, je crois que les préconisations du ministère, c'est un médecin scolaire pour 5000 élèves.

Je crois qu'on est à un pour 17000 ou un pour 20000. Et moi, je suis dans un département où la moitié des postes de médecin ne sont même pas pourvus et cetera. à l'heure où on aurait pu en faire un thème, la santé la santé mentale des jeunes est particulièrement en danger.

Quand j'évoqué les écrans, c'est les troubles psychologiques sont extrêmement forts, le taux de suicide et cetera. Tout ça, c'est des enjeux que l'école à sa manière, pas seulement, je veux dire les enseignants doit apprendre à avoir le corps. Moi, je crois qu'il faut la penser ce qu'on essaie de dire comme un tout.

Ce sera l'objet d'une table suivante. L'école aussi ou comment dirais-je ? le cadre d'émancipation que nous souhaitons par la jeunesse pense l'école avec ce que j'ai dit tout à l'heure mais le moment où on n plus à l'école et en particulier les vacances scolaires.

Les vacances scolaires sont aussi des lieux de démultiplication des inégalités et on le voit comme enseignant. On n pas les mêmes hommes, les mêmes jeunes qui quand ils sont restés à la cité ou qu'éventuellement ils sont allés dans la famille mais bon que ça n'apporte rien avec des jeunes qui ont fait des vacances. parce que moi je suis dans le milieu populaire, j'ai appris beaucoup de choses en colo, en allant à la montagne, en allant dans des pays auxquels je ne serais jamais allé, en rencontrant des gens, en vivant en collectivité et cetera.

Vraiment ce qui m'a forgé, je veux dire aussi comme homme adolescent avec toutes les questions de l'adolescence qu' a derrière, c'était aussi durant la période des temps de vacances. Donc les colonies, les municipalités, ça aussi c'est une offre politique auquelle il faut comprendre en complément avec ce que l'école apporte et avec sans sans oublier l'enseignement professionnel, tu l'as dit qui est vraiment le lieu à caisse de résonance du méprise social le plus violent vis-à-vis de notre jeunesse des milieux populaires. [applaudissements] Bon, je suis pas sûr d'avoir grandchose d'original à dire si ce n'est que et d'ailleurs sur la question de bon 1000 anecdotes à raconter, j'éviterai de le faire et j'ai pas assez de temps, je vais me faire engueuler.

Mais oui, cette façon de déterminer des destins très tôt et d'envoyer vers des ce qu'on considère injustement comme des voies de garage, l'enseignement professionnel éant considéré, je reprendrai pas le terme poubelle parce que c'est violent mais c'est ça c'est comme ça en tout cas que le vivent ceux qui sont orientés vers ces destinations sans l'avoir voulu, sans maîtriser leur destin, sans choisir la voix qui est là leur et il y a des contrexemples qui sont des exceptions consolantes comme on l'appelle une jeune femme qui est là extraordinaire qui a choisi la voix pro alors qu'on lui demandait d'aller en général et qui a choisi la voix pro à qui j'ai eu le plaisir de remettre un prix. Ça fait partie de nos jeunes diplômés mention très bien dans la voie professionnelle qui fait une année de saisure en service civique dans un lycée de trappe pour aider les momes de trappe et qui euh a des choses à donner. Et en fait des acteurs comme ça sur les territoires, je suis d'accord, il y en a énormément.

Il faut être capable de les mettre en réseau, de les stimuler, de leur donner les moyens d'agir et de de sauver les mots. Mais je veux insister sur un truc dans la continuité de ce que je disais tout à l'heure, c'est que l'école, elle gère toute une génération à chaque fois et elle est capable, c'est l'école française, vraiment de construire une élite extraordinaire. On a une élite incroyable reconnue au niveau international.

Pour ce qui le ventre mou, on les tire au mieux, on réussit globalement. Il y a quelques exceptions consolantes, j'insiste, j'en fais partie, tu en fais partie et tellement d'autres mais qui nous font oublier la masse de ceux. Ma génération en CP, le nombre de personnes qui ont bac se compte sur les dos d'une main et le nombre de personnes qui ont un master 2, c'est mon cas, ce compte probablement avec mon pouce.

C'est moi mais vraiment c'est mes potes avec qui j'ai grandi. Ils ont tous été vers des directions différentes au mieux vers des BTS. Et cette réalité là, elle est déjà assez insupportable.

Et pour le coup, ce dont je parlais tout à l'heure, c'est pire encore. C'est le pire, c'est le loop proletariat pour les grands marxistes de notre société qui à l'école est abandonné dès la première semaine. Je le dis sans incriminer évidemment personne, mais dès la première semaine et j'ai eu des discussions avec des profs de maternel qui me l'expliquent très bien.

Ils actent dès la première semaine que ça va pas le faire. Donc, ils le savent et notre système n'est pas organisé pour contrarier cette réalité là. Je vous assure que ce notre pays si puissant, si riche, a les moyens pour ce public qui n'est pas si nombreux, y compris dans une ville comme Traap.

Ça se compte à quelques dizaines d'individus. On a les moyens de mettre le paquet absolu et de tenter, on va essayer de le faire attrape dans le cadre de dispositif de recherche action, de tenter de contrarier ces destins prédestinés à la naissance pour ceux qui ont le plus besoin de l'étage de la République. Autrement dit, il faut, j'en prends une formule de quelqu'un qui m'a inspiré vraiment, il faut qu'on pense le monde et donc la collectivité et donc le rôle de l'école au prisme des plus fragiles. pas au prisme de l'élite que nous avons à fabriquer, pas non plus au prisme de de l'environnement moyen de ceux qui se débrouilleront par leurs propres moyens, mais bien au prisme des plus vulnérables, des plus fragiles, de ceux qu'on oublie, de ceux qu'on méprise, de ceux qu'on humilie et de ceux chez qui on nourrit le ressentiment. [applaudissements] Merci.

Donc merci beaucoup à toutes et tous. Donc la question des moyens, Alexis Corbière en a parlé mais la troisème table ronde justement c'est la question de il y a pas qu'une question de moyens mais de savoir scolaire. C'est ce que Ayou Kassemi a également dit et Patrick Rayou ce sera le sujet de la trisème table ronde et le lycée professionnel également.

Donc merci beaucoup à toutes et tous et on a tenu les temps donc bravo vous [applaudissements]