Jean-Luc Mélenchon : "Il faut faire appel à tous les vaccins disponibles"
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Bonjour et bienvenue dans Questions politiques. Merci d'être fidèle au rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Notre invité, il est entré en campagne, objectif l'élection présidentielle de 2022. Mais comment se projeter vers l'avenir ? Comment agir alors que nous sommes toujours en pleine incertitude, que nous sommes englués dans une crise sanitaire, économique, sociale, dont on est toujours incapable de voir l'issue ? Avec quelles stratégies, autour de quels thèmes, avec quelles alliances mènera-t-il son combat ? Et quel regard porte-t-il sur la guerre des idées, les controverses idéologiques qui secouent notre société et notre époque ?
Questions politiques est en direct avec le président du groupe France Insoumise à l'Assemblée Nationale et député des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon, pour intervenir l'application France Inter et les réseaux avec le hashtag QuestionPol.
France Inter. Questions politiques. Alibadou.
Bonjour Jean-Luc Mélenchon. Bonjour. Et bienvenue, vous venez de publier la planification écologique. C'est le deuxième volet de votre programme L'Avenir en Commun et c'est un élément dont les citoyens doivent s'emparer. On va en parler évidemment, ce deuxième volet est consacré aux questions écologiques. Pour vous interroger, l'équipe de questions politiques, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.
Bonjour Ali, bonjour Jean-Luc Mélenchon, bonjour à tous.
Solène Deroyer du journal Le Monde, bonjour Solène. Bonjour à tous. Bonjour Madame. Laurence Perron de France Inter, bonjour Laurence. Bonjour. Freiner sans enfermer, ce n'est pas du Magritte, mais ceci n'est pas un confinement. C'est la formule de Jean Castex pour décrire la nouvelle stratégie du gouvernement pour lutter contre le coronavirus. Vous ne vouliez pas d'ailleurs du confinement, Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous êtes satisfait par cette sorte de formule hybride ? Olivier Véran, ce matin dans Le Parisien, refuse le mot même de confinement et s'il devait inventer un slogan, il dirait « s'aérer pour souffler, se distancier pour se protéger ». Vous signez ?
On va éviter d'être trop cruel, mais je vois que vous avez déjà réussi quelque chose et à comprendre ce qu'a dit M. Castex et en quoi consiste la nouvelle situation. Nous sommes donc des confinés-déconfinés qui avons l'autorisation de circuler sans exagérer et nous sommes invités à nous confiner tout en respirant dehors. Bon, ça me paraît d'une clarté tout à fait grande. C'est-à-dire exactement le contraire de ce qu'il nous disait il y a quelques mois. M. Véran dit que je jette du venin. Non, je fais attention, au contraire, je pèse mes mots depuis le début pour ne pas ajouter de la pagaille à la pagaille.
Pour être juste, Jean-Luc Mélenchon, et que tout le monde comprenne, dans Le Parisien, Olivier Véran dit « si le populisme pouvait sauver des vies, on le saurait, les Français n'ont pas besoin du venin de Jean-Luc Mélenchon, ils veulent des soins et des vaccins ».
Voilà, ça donne un peu le ton extrêmement personnel sur lequel il traite ses problèmes. Mais M. Véran restera pour moi l'homme qui est assis à son banc de ministres, quand on lui disait « mais l'Organisation Mondiale de la Santé dit il faut tester, tester, tester », disait « ça ne servait à rien ». Quand on leur a dit « il faut les masques », bref, ils n'ont jamais rien prévu, rien anticipé, parce qu'ils avaient en tête une idée, qui était soit qu'un vaccin allait surgir par Sanofi, soit que les gens s'immuniseraient tout seuls.
Mais avouez que le monde entier a été pris de vitesse, Jean-Luc Mélenchon. Pardon ?
Avouez que le monde entier a été pris de vitesse par le virus. Oui, c'est certain, c'est pourquoi au premier confinement, nous étions extrêmement prudents, nous faisions des propositions, elles n'ont jamais été entendues. Je vous rappelle que j'ai été traité de tous les noms pour avoir dit qu'il fallait organiser un plan de déconfinement au début du précédent confinement, on a dit « vous tirez dans le dos ». Puis, quand nous avons dit « il y a une deuxième vague qui va arriver », on se moquait de nous. Pourquoi ? Parce que nous-mêmes, nous ne sommes pas des génies, je tiens à le dire à tous ceux qui m'écoutent, c'est nous nous renseignions, on parlait, on confrontait des idées.
Une seconde, je vais finir et vous m'interrogerez. Je veux donc dire qu'il est possible de prévoir, d'organiser, et en tout cas d'avoir une autre tactique que le confinement qui est une méthode moyenâgeuse. Donc, depuis maintenant plus de six semaines, nous avons proposé l'idée de la société par roulement, de même que, ça c'est pour la partie gestes barrières et moyens barrières, pour la partie vaccins, de faire appel à tous les vaccins disponibles et ne pas en sélectionner certains contre d'autres, et enfin, mettre le poids sur les soins, c'est-à-dire la façon avec laquelle sont soignés les gens pour qu'il n'ait pas besoin d'aller en réanimation.
Et je termine en vous disant que je ne peux pas croire à la parole officielle à propos des vaccins, puisque lorsque l'Organisation Mondiale du Commerce s'est réunie, qu'il y a été présenté par, je crois, une cinquantaine de pays, la demande que les vaccins soient mis en accès libre pour tous les pays du monde, pour que tout le monde puisse en produire, la France et l'Union Européenne ont voté contre la licence libre. C'est un scandale parce que c'est non-assistance à personne en danger.
C'est pourquoi d'ailleurs, quand j'ai demandé aux Cubains s'ils comptaient nous prêter leur vaccin et nous en donner, ils nous ont dit non, nous n'en vendons pas aux pays riches, nous nous en donnerons aux pays pauvres, parce que plus de la majorité des vaccins ont été retenus par les pays riches. Ce n'est pas juste. Nathalie Saint-Cricq.
Alors, face à la situation à laquelle on est confronté, qu'est-ce que vous faites ? Vous fermez les écoles ? Est-ce que vous accélérez le vaccin en faisant sauter les critères ? Comorbidité, diabète, je ne sais pas quoi. Vous dites en gros, toutes les personnes qui veulent se faire vacciner le pourront. C'est ce que propose Anne Hidalgo, de faire sauter ce verrou. Et troisièmement, puisque vous trouvez effectivement que le reconfinement confiné à l'extérieur dedans, parce que vous avez parlé du génie de la chienlite d'Emmanuel Macron, qu'est-ce que vous faites comme règle ? On peut circuler partout. Donnez-vous juste les 3-4 pistes que vous auriez choisi.
Alors, je pensais l'avoir fait à l'instant, mais je sais que je m'exprime très mal et qu'on ne comprend pas ce que je dis. Alors, commençons par le début. Il faut des vaccins pour ralentir la propagation de la maladie. Je propose donc que les vaccins soient mis en accès libre. en licence libre, pour que tous les pays puissent en produire, pour qu'on puisse faire une vaccination de masse. La France est capable de vacciner absolument tout le monde. Elle le faisait naguère pour toute une génération avec le BCG. Tous les ans, elle fait un million et demi de vaccination par semaine pour la grippe. On sait le faire. Donc, point numéro 1, multiplier l'accès au vaccin.
Ne pas attendre, comme on le fait par exemple pour le vaccin russe, alors qu'on sait depuis le mois de novembre qu'il fonctionne, que la paparasse bureaucratique de l'Union Européenne ait été remplie pour qu'on y accède. Un, deux, une société de rotation. C'est-à-dire, par exemple, puisque nous sommes en crise, en guerre, en je ne sais quoi, les superlatifs aujourd'hui ne manquent pas, j'y reviens, on fait donc une société par roulement. C'est-à-dire qu'on évite de faire en sorte que les gens soient agglomérés dans les lieux de transport en commun.
Et je propose, par exemple, la réduction du temps de travail pour qu'une entreprise, un jour démarre une heure plus tard, chaque jour, que l'horaire soit changé, de manière à ce que tout le monde ne soit pas sur les quais. Enfin, les soins, je propose qu'on autorise tous ceux qui mettent au point des soins à aller au bout de leur recherche. Et je comprends très mal que l'on ait bloqué l'Institut Pasteur de Lille, qui allait entrer en phase opérationnelle pour un des traitements.
Il y a d'autres laboratoires qui mènent ces recherches, notamment à l'hôpital Cochin, et ils sont menés par un jeune médecin, Benjamin Terrier, mais c'est vrai que ce travail sur les traitements est engagé. Mais juste sur l'école, et on va avancer parce que c'est vrai que vous avez déjà eu l'occasion de vous exprimer sur le sujet.
Très bien. Alors, justement, pour l'école, pardon, je vais un peu me répéter, je propose qu'on vaccine le personnel, tout le personnel, absolument tout le monde. Même s'ils ne veulent pas ? Tous ceux qui le veulent, qu'ils soient vaccinés, c'est pour ça qu'on augmente le nombre des vaccins disponibles, donc qu'on fasse des licences libres. Deuxièmement, je propose, comme je viens de le dire, la société par roulement. Donc, dans les classes, les tout petits groupes sont en classe, les autres sont en études surveillées.
Pour les études surveillées, un certain nombre de gens, je ne sais plus jusqu'à quelle génération, ont connu ça, il y avait là des étudiants qui menaient l'étude, et ils venaient à la rescousse et à l'aide pour les jeunes, pour améliorer leur... Voilà ce que je propose. Je n'ai jamais cru qu'on pourrait s'en sortir autrement que collectivement, et avec des méthodes qui impliquent toute la population dans le combat. Si bien que la crise du Covid, qui en quelque sorte semblait être un été noir de politique, à mes yeux est le contraire. Elle réveille toute la politique. Quelles sont les méthodes qu'il faut mettre au pouvoir ? Quelle place donne-t-on à l'hôpital public ? Qu'avons-nous à dire ?
J'aurais pu le préciser. Je m'opposerai à la fermeture, vous m'avez demandé des mesures concrètes. J'annulerai toutes les mesures de fermeture de lits qui ont été prises depuis un an. Parce que ça continue, on continue à fermer des lits. Et voilà des choses très simples et concrètes, mais dont l'arrière-plan est à quoi croyons-nous ? Nous croyons au collectif ? Nous croyons au fait qu'on s'y met tous ? Ou bien on croit que chacun s'en sort comme il le peut, dans un système où les consignes sont tellement confuses qu'on finit par se demander si elles existent ? Salème de Royer, puis de Rensperon. Les Français supportent de moins en moins les restrictions de liberté imposées par l'exécutif.
C'est en tout cas ce que nous apprennent les enquêtes d'opinion. Il y a eu ces derniers jours des manifestations anti-confinement en Allemagne, en Suisse, mais aussi en Grande-Bretagne, à Londres notamment. Est-ce qu'il y a un risque de désobéissance civile en France, Jean-Luc Mélenchon ? Bien sûr, et en France autant qu'ailleurs. Et on n'a pas, pardon, je sais bien que ma parole ne vaut pas une enquête sur 900 personnes, mais ça fait quand même maintenant plus d'un mois et demi qu'on leur a dit, ça ne tiendra pas. Si vous reconfinez, ça se passera mal parce que les gens n'en peuvent plus. Parce que les êtres humains sont des êtres sociaux.
Donc être privé de circulation, d'habitude, c'est une peine, ça s'appelle la prison. Donc là, c'est une bonne méthode employée par le gouvernement, puisque ça n'est pas un confinement strictement parlé. Attendez, commençons d'abord par partir du fond, avant de carburer à coups de petites phrases sur le gouvernement. Donc, reconfiner, vous le savez comme moi, puisque maintenant vous avez une enquête d'opinion, ce qui est donc mieux que ce que nous on pouvait dire. Bon, 17 députés, qu'est-ce que c'est ? Nous avons quand même, nous, une connaissance de l'état d'esprit des citoyens.
Et je vous dis que, c'est ce qui me permet de vous dire, que la quatrième vague après les trois qu'on va se payer de contagion, elle sera psy. C'est-à-dire que vous allez avoir, tout d'un coup, vous allez découvrir que des milliers de gens ont franchi un point psychologique et alors il faudra y faire face. Alors pourquoi c'est comme ça ? Encore une fois, les êtres humains sont des êtres sociaux. On m'a vu, par exemple, défendre à l'Assemblée la réouverture des lieux de culte. Alors, on ne pouvait pas s'attendre à une chose pareille de moi. Ça m'a valu d'être traité d'agent des églises par le Figaro, ce qui est presque un compliment. Eh bien, pourquoi ?
Parce que le culte, le rite, le rapport que les croyants mettent à Dieu est fondamental dans leur existence et notamment face à la mort et à l'angoisse. C'est la même question pour la culture et les lieux de culture qui sont aujourd'hui fermés. La protestation qui a lieu dans le milieu culturel qui... À Lyon, à Bordeaux, à Paris, vous avez été soutenir ceux qui occupent des salles. Oui, il y a 59 sites, nous y sommes tous allés. Oui, mais ce qui est important, c'est de voir qu'ils ont compris et ils font quelque chose d'admirable, c'est-à-dire qu'ils regroupent tous les précaires et pas seulement les précaires de la culture. Et ça, ils mettent le doigt.
Vous voyez, à travers la crise du Covid, on met le doigt sur quelque chose qui avait fini par devenir banal. La précarité, ma foi, la société vivait avec. Et tout d'un coup, elle découvre que la précarité devient mortelle parce que vous avez des gens qui n'ont pas travaillé depuis un an, qui n'ont plus de revenus et qui vous disent quand vous les rencontrez, demain, je n'aurai plus qu'un logement, ma voiture.
Et comment vous expliquez, Jean-Luc Mélenchon,
que le gouvernement ait choisi et maintienne cette position de maintenir fermés les lieux culturels ? Je ne me l'explique pas, parce que c'était certainement, ce sont les lieux les plus faciles à contrôler. D'ailleurs, même l'occupation est contrôlée. Je peux vous dire, à l'Odéon, il n'y a pas plus de 40 personnes. On rentre et on coche, là aussi, des papiers pour dire qu'on est bien les personnes prévues quand on veut y aller. Donc je ne me l'explique pas, parce que c'est justement dans ces salles qu'on peut le mieux contrôler la situation. Un siège sur deux, le port du masque, et, prenons un autre exemple, les machines à purifier l'air.
Alors, vous pouvez m'expliquer pourquoi on n'en fabrique pas des milliers pour en mettre partout ?
Inutile et dangereuse, dit Roselyne Bachelot en parlant de l'occupation des théâtres.
Bien, attendez, mais moi je suis en train de vous parler des machines à purifier l'air. Parce que si on veut ouvrir les théâtres et que ça ne soit pas inutile et dangereux, il faut faire en sorte que ça se passe dans de bonnes conditions, donc avec des règles de sécurité, et tous les outils dont on dispose pour purifier l'air. Les machines à purifier l'air, on purifie 92%. Qu'est-ce que vous voulez de plus ? C'est un peu comme le vaccin russe, il est à 92% d'efficacité, mais on attend que la paperasse soit faite. On n'est pas capable de produire des milliers de machines à purifier l'air dans ce pays.
Si on était en guerre, on produirait tout ce qu'il faut, mais là, apparemment, on est en guerre, mais on ne s'en donne pas les moyens. Est-ce que c'est la technocratie qui finalement impose des choses comme ça, des fermetures qu'on ne comprend pas, ou est-ce qu'il y a quelque chose d'idéologique, notamment avec la culture ? Ah, il est certain que beaucoup d'entre eux considèrent que c'est un luxe superflu, qu'ils auraient réservé, que tout va bien comme ça. Ils n'en comprennent pas la portée, et ils ne comprennent pas l'importance du secteur culturel dans la vie des Français. Non seulement dans leur pratique quotidienne, ce qu'ils font, les Français sont grands consommateurs de culture.
Tenez, je vais vous donner un autre exemple qui montre le caractère absurde, bureaucratique, technocratique des décisions prises. Alors, on ouvre les librairies, on ouvre les disquaires. Ah, et les jeux vidéo ? C'est la première industrie culturelle du pays, parce que d'habitude, si on parle de problèmes humains, ils ne comprennent pas. Donc, il faut leur parler économie. C'est la première activité. Le budget des jeux vidéo, c'est un domaine dans lequel brillent les Français, est plus important que celui du cinéma au niveau du monde.
Pourquoi ferme-t-on les magasins qui vendent, ou les rayons qui vendent des jeux vidéo, alors que précisément, quand on se confine, c'est une des activités auxquelles on se livre le plus volontiers ? Et au demeurant, mis de côté les jeux vidéo absurdes, violents, grossiers qui existent, il y en a plein qui sont de pures merveilles, esthétiques, culturelles. Vous ne pouvez pas trier parmi les jeux vidéo, de la même manière qu'on ne trie pas parmi les jeux vidéo. Bien sûr, mais je donne un avis personnel, je n'ai pas l'intention de faire interdire les jeux violents. Bon, allez, c'est ça. Ok, Ali Badou.
J'ai dit ça pour dire que je ne suis pas, parce que sinon, vous m'auriez dit, ah, voilà Mélenchon, on défend tous les jeux vidéo, mais il y a le jeu 3442 qui est violent, comment se fait-il, monsieur Mélenchon, que vous croyez pour ? Donc, je prends les devants et je dis, il y a des jeux qui sont violents, mais la masse des jeux représente une activité culturelle de premier plan, de développement.
Bon, il y a plein de générations qui ne sont pas au courant parce qu'ils n'ont jamais joué, ils ne savent pas ce qu'est un jeu de rôle, ils ne savent pas comment on investit l'histoire, et même des jeux que j'exècre, comme celui qui est fait sur la révolution française, est une merveille esthétique et un outil pédagogique de premier. Alors, pourquoi ne peut-on pas acheter, pourquoi ces rayons-là sont-ils fermés ? Parce que, quelque part, dans un bureau, un bureaucrate a considéré que c'était non essentiel, à moins que c'était 18h moins 5, et qu'à Bercy, c'était l'heure à laquelle... Avouez qu'on peut aussi les acheter en ligne. Mais écoutez, vous avez une explication, vous, M.
Ali Badou, allez-y. Je ne suis pas au gouvernement, M. Mélenchon. Eh bien, alors, pourquoi vous me demandez à moi ? Je ne suis pas au gouvernement non plus. Non, mais en l'occurrence... Donc, vous pouvez bien me répondre. Vous faites la loi. M. Mélenchon, vous avez parlé des vaccins tout à l'heure. Est-ce qu'il faut lever les brevets sur les vaccins, comme le réclament certains pays du Sud ? Et pourquoi ? Et la vraie question n'est-elle pas plutôt, comment produire plus ? Alors, je l'ai déjà dit tout à l'heure, mais je le redis, oui, il faut lever les licences.
Il est scandaleux que la France et l'Union Européenne, à l'Organisation Mondiale du Commerce, aient voté contre la licence libre, qui était demandée par toute une série de pays. Vous dites, la vraie question serait de produire plus. Non, madame. Pour produire plus, il faut une licence libre. Sinon, je vais vous enseigner les règles du marché, qui fait que la rareté est aussi un des éléments du prix. Donc, moi, on ne me fera jamais croire qu'ils amèneront le niveau de production au point qui leur permettrait de produire un produit qui coûte moins cher. Et puis, comment vont-ils s'y prendre pour développer leur chaîne au-delà de ce qu'elles peuvent déjà supporter matériellement ?
Car, je le rappelle à tout le monde, il y a une contrainte physique. On ne peut pas faire faire à une chaîne plus que ce qu'elle peut faire. Alors, quelle est la capacité totale des chaînes actuelles ? Elle ne suffit pas à alimenter toute l'humanité. Donc, il faut mettre en œuvre, en batterie, tous les instruments de toute l'humanité pour produire des vaccins. Voilà comment je me représente la chose.
Vous imputez à quoi le fait que les choses ne se soient pas produites telles que vous les décrivez ? Est-ce que c'est de l'impéricide, de l'incurie ? Est-ce que c'est un manque d'anticipation ? Ou c'est quelque chose d'idéologique ?
Si je le dis, M. Véran va dire que je jette du venin. Donc, je ne dirai rien. Je me contente de constater que ce qu'ils font est incohérent, qu'ils n'ont réglé aucun problème, que nous sommes la risée du monde, qu'on n'était pas foutu d'avoir des masques en tissu, qu'ensuite, on a laissé fermer, et on continue à laisser fermer, l'usine qui produit les bouteilles d'oxygène les plus légères du monde, et que pendant ce temps-là, nos pauvres camarades et amis portugais courent partout pour essayer d'en trouver, et ainsi de suite. Donc, je pense que c'est une équipe qui n'est pas du tout préparée au fondamental d'une crise pandémique. Quel est ce fondamental ?
Mais avouez que la question se pose même dans d'autres pays, et chez nos voisins, en Allemagne, en Espagne, ailleurs, en Europe, mais même dans des pays régionalisés, dans des pays où il n'y a pas de centralisation du pouvoir, comme en France.
Non, mais je suis content que vous fassiez vous-même la remarque, parce que c'est ce que je veux vous dire. Tous les pays qui sont administrés par une élite politique et technocratique, marqués par l'esprit libéral, et capables d'expliquer pourquoi le marché va régler tel ou tel problème miraculeusement, même si ce n'est pas vrai, et que ça n'est fait que développer le chômage. Mais ils sont incapables de faire face au fondamental que l'anthropologie, c'est-à-dire la science du comportement humain, nous apprend, qui est qu'en période de catastrophe, les gens se serrent les coudes et agissent en commun. Ils ne savent pas organiser cette action en commun.
C'est ce qu'on a fait à l'échelon européen. Si on avait été tout seul pour commander des vaccins, on n'aurait peut-être pas pu les avoir, vu qu'on n'avait pas... C'est exactement le contraire,
Mme Sincric, et je suis très surpris que vous trouviez satisfaisant une situation qui débouche que nous aurions pu, nous, commander directement aux Russes les vaccins, comme l'ont fait les Hongrois, qui sont également membres de l'Union européenne, et aujourd'hui, nous aurions la quantité de vaccins que nous voulons. Mais nous ne le faisons pas, pas à cause des vaccins, mais à cause du fait que M. Macron, étant un ami de M. Biden et de M. Trump, ne parle pas aux Russes. Voilà la vérité. C'est de l'idéologie. Et ne me dites pas que l'Union européenne a réglé quoi que ce soit, c'est le contraire. L'Union européenne a été incapable de dire en quoi consistait un confinement.
L'Union européenne a violé le confinement de certains pays quand les Allemands ont fait venir des milliers et milliers de Roumains pour récolter leurs asperges alors que la Roumanie était en confinement. L'Union européenne a été incapable de commander la quantité nécessaire de vaccins. L'Union européenne a voté contre le vaccin libre, l'accès libre au vaccin. L'Union européenne a mis au point le plan le plus grotesque du monde dit de relance. Alors ne venez pas, s'il vous plaît, on parlera de l'Union européenne une autre fois parce que là, ce n'est pas le bon dossier.
Non mais en l'occurrence, c'est vrai que vous en faites un portrait très noir et qu'on pourrait reprendre et retrouver quelque chose comme le sens de la nuance en l'occurrence sur la stratégie européenne. Voilà, c'est ça.
Quand une critique vous paraît excessive parce qu'elle est méthodique mais essayez seulement de démontrer qu'un seul des points que je viens de dire est faux. Oui ou non, l'Union européenne a-t-elle voté contre la licence libre des vaccins à l'Organisation mondiale du commerce ? Oui ou non ? Oui, elle a voté contre. Par conséquent, elle est responsable de ça. Oui ou non ? C'était l'Union européenne qui testait les vaccins que nous n'avons pas en quantité suffisante. Oui, et bien, il n'y a pas de vaccins. Donc, partez au moins des faits.
Vous êtes des journalistes et les faits qui devraient vous intéresser par mes intentions ni le fait que vous donnez l'impression que vous découvrez que je suis un opposant.
On ne le découvre pas. Non, on ne le découvre pas et justement, on va parler de votre travail d'opposant.
Je ne pense rien. Je voulais simplement savoir votre opinion par rapport à l'Europe et considérer que globalement, même s'il y a eu plein de choses qui n'ont pas marché, on n'était pas un peu mieux dans l'Europe si on avait été tout seul. Je ne vous parle pas de la Russie et je ne vous parle pas de Poutine.
Mais on va parler de votre travail d'opposant puisque c'est l'Union européenne qui ne produit pas un seul vaccin. C'est en l'occurrence, mais ce que vous dites
est absurde. Il n'y a pas un pays d'Union européenne qui produit un vaccin. Donc, on est obligé de le demander aux autres et on est obligé de parler de la Russie. Écoutez, ne faites pas de moi l'agent de propagande de la Russie. Moi, je souhaite le vaccin russe en France. Voilà, je le dis tout net. S'il y avait pu y avoir le vaccin cubain, oui. Le vaccin anglais, oui. Le vaccin chinois, le vaccin tout ce que vous voulez. Tous les vaccins du monde pour tirer d'affaires le plus de monde possible de ceux qui veulent se faire vacciner. C'est assez simple, il me semble, non ?
Le président du groupe France Insoumise à l'Assemblée nationale et député des Bouches-du-Rhône,
Alibadou, Questions politiques.
Je pose des questions, je réponds, moi. Oui, c'est le principe de l'émission. Jean-Luc Mélenchon, elle s'appelle Questions politiques et en questions au pluriel. C'est vrai que le temps passe vite et qu'on a beaucoup de questions à vous poser. Et l'un des sujets importants, c'est évidemment l'élaboration de votre programme présidentiel et la manière dont vous engagez dans cette bataille dont vous allez nous dire autour de quoi elle va se jouer. Je le disais, vous avez publié un deuxième volet de ce programme que vous êtes en cours d'élaboration. la planification écologique et on est aujourd'hui, justement, c'est la journée internationale des forêts.
C'est un sujet qu'on entend assez peu traité par les politiques. Ce soir, sur France 5, il y a une grande enquête sur les forêts françaises qui dénonce une pratique qui est peu connue de l'industrie du bois. Ce sont les coupes rases qu'on trouve dans votre programme. On découvre que l'exploitation des forêts est industrialisée, qu'elles sont détruites au nom de la rentabilité. En France, il y a des parcelles de forêts diversifiées qui sont rasées, remplacées par des monocultures de résineux qui sont plus rentables pour l'industrie du bois, des sapins, des pins. Ça pose énormément de problèmes écologiques, ça pose des problèmes en termes de biodiversité.
Il y a des scientifiques, il y a des citoyens qui s'alarment. Qu'est-ce que vous proposez pour protéger les forêts françaises, j'y arrive ?
Eh bien, d'humaniser notre rapport aux forêts. C'est-à-dire d'abord de respecter ceux qui en assurent la surveillance et le travail, les agents de l'ONF. C'est une des professions dans lesquelles, hélas, aujourd'hui, on déplore le plus de suicides. C'est une des professions dans lesquelles la durée de vie est la plus basse, l'espérance de vie. Et donc, déjà, commençons par protéger, entourer, et donc respecter la loi, mesdames, messieurs, les dirigeants de l'ONF. Non, vous n'avez pas le droit de passer par-dessus bord les règles de cessation d'activité, etc. Mais ça, c'est pour l'aspect humain. Je voudrais dire que le point de départ de tous les problèmes est toujours social.
Si on s'est mis à exploiter les forêts comme ça, c'est pour avoir les produits au plus bas coût. L'obsession du plus bas coût délègue sur la nature et sur la société tous les frais environnementaux et sociaux du fonctionnement de cette société. Eh bien, la forêt, déjà, pour commencer, demandons-nous comment il est possible que la France, deuxième forêt d'Europe, alors exporte du bois, mais n'en fait rien elle-même, alors elle importe des produits finis. Nous sommes une sorte de pays du tiers-monde qui exporte des matières premières et importe des produits finis. Il y a une industrie du bois. Il y a une industrie du bois. Comment contraire l'industrie du bois à changer ses pratiques ?
Oui, oui, tenez-vous bien pour dire qu'elle a plus de monde d'embaucher que l'industrie de l'automobile et que donc l'industrie du bois doit être développée en France. Ce qui passe par des tas de détails. Par exemple, pour l'exploitation du bois, nous dépendons des machines qui traitent les troncs. Bien, ces machines aujourd'hui, elles ont un diamètre maximum de 40 cm, ce qui correspond pile poil à la taille d'un sapin au bout de 30 ans. Eh bien, quand vous mettez un sapin, puisque vous avez pris l'exemple des coupes rases, il faut savoir que tout ce qu'il y a dessous va périr. Le sol va s'acidifier, il n'y a plus de bestiole, et il n'y a plus d'herbe, et il n'y a plus rien.
Bon, je termine là-dessus. Quand vous coupez le sapin, là c'est le cas, coupe-rase, on coupe tout d'un coup, partout. Il faut normalement 60 ans pour reconstituer la capacité du sol. On coupe tous les 40 ans. Donc ça veut dire que tendanciellement, on va épuiser les sols dans lesquels on fait ces plantations à répétition et ces coupes rases. Et quand il y a coupes rases, le sol est lavé. Et donc, les capacités pour retenir l'eau sont réduites à néant. Figurez-vous que ce problème, vous voyez le rapport eau-forêt.
Si vous êtes dans le sud de la France, comme la Méditerranée s'évapore plus vite que les autres mers, les précipitations sont de plus en plus violentes, la nature est hors d'état d'encaisser des chocs aquatiques pareils. Alors, à certains endroits, il nous manque de l'eau, à d'autres, il y en a trop. Le point moyen, c'est la forêt. Pourquoi ? Parce que la forêt, depuis le 18e siècle, on sait qu'elle permet de régler le climat, d'avoir une intervention sur le climat. La forêt, mais vous ne dites rien
sur l'industrie du bois et de ses pratiques. Il faut les interdire, et il faut contraindre ces industriels à changer complètement de modèle ? On peut changer de modèle
sans interdire, sans contraindre, en discutant raisonnablement et en mettant sur la table des moyens de faire. Si vous garantissez à l'industrie du bois française un certain nombre de productions, de débouchés, vous avez une chance qu'ils s'y mettent d'une manière raisonnable. Si nous demandons à nos ingénieurs et nos techniciens de nous mettre au point des machines qui débitent dans des conditions correctes, les troncs qui font plus de 40 cm et qui ne sont pas droits, ce qui n'est quand même pas un exploit technologique extraordinaire pour un pays qui sait faire des fusées, nous ferons comme ça bouger l'industrie du bois.
La France a une capacité de production et de traitement des objets en bois qui est certainement du simple au double de ce qu'elle est déjà aujourd'hui. Donc c'est un réservoir d'emploi extraordinaire. Célène de Royer, la question écologique
devient évidemment une question politique.
Oui, M. Mélenchon, vous voulez faire de l'accès à l'eau un droit inaliennable, vous voulez même l'inscrire dans la Constitution, c'est du pur symbole, ou bien vous visez des avancées, des objectifs concrets ? Écoutez, je commence par un aveu qui pourrait me coûter. Il y a eu un homme génial en 1974, un candidat à la présidentielle qui était génial. René Dumont, premier candidat
écologiste à une élection présidentielle en France.
Et qui vient avec un verre d'eau et qui dit ceci sera bientôt plus rare que... etc. Et c'est lui qui avait raison. Et nous, nous étions à l'époque, y compris notre candidat qui lui quand même avait compris qu'il y avait un problème. Vous, socialiste, votre candidat, François Mitterrand. C'est François Mitterrand. Et François Mitterrand faisait des éditos dans lesquels il mettait en avant, il essayait. Mais il faut dire les choses, on ricanait. Bon, donc l'eau va devenir le problème numéro un de l'humanité. 2% seulement de la masse totale de l'eau et de l'eau potable. L'accès à l'eau potable et l'accès à votre robinet va être la question numéro un des deux prochaines décennies qui arrivent.
La moitié de l'humanité va être en situation de stress hydrique. Donc il faut s'y mettre dès maintenant. Le droit à l'eau, ça veut dire à la fois permettre à tout le monde, y compris dans notre pays, d'accéder à l'eau parce que tout le monde n'accède pas à l'eau potable en France. Vous avez, je pourrais vous en citer à Herbel, à Marseille, des endroits où l'eau est jaune, aux robinets. Il y a des endroits où il n'y en a plus comme c'est le cas en Guadeloupe ou comme c'est le cas dans certaines communes de France. Vous avez des endroits où la rivière a disparu et d'autres endroits où elle déborde. Le cycle de l'eau est intégralement perturbé.
Le traitement de l'eau devient une question essentielle. Écoutez-moi bien. Le plastique qu'on a foutu dans la mer, sans compter, comme si c'était une poubelle qui dissoudrait tout, eh bien maintenant, comme le cycle de l'eau commence dans la mer, dans l'évaporation, vous avez des microparticules de plastique partout dans la neige et au point que dans certains pays, on interdit aux femmes enceintes de manger du poisson parce que le poisson est rempli de plastique et qu'on a détecté des microparticules de plastique dans des foetus. Donc, il est temps de se mettre à organiser tout ça. Organiser, pas le libre-marché gna gna qui a...
Organiser, maîtriser, planifier, d'un bout à l'autre, arrêter de perdre de l'eau en route. J'ai entendu un Igol l'autre jour qui me dit « Ah ben Mélenchon, pourquoi tu pleures ? L'argent s'en va, l'eau s'en va partout. Alors tant mieux, elle va retourner dans les réserves. Oui, mais au passage, elle se sera gorgée de glyphosate puisque le gouvernement ne l'a pas interdit, gorgée de nicotinoïdes, elle se sera en quelque sorte dégradée.
Il faut transporter l'eau correctement, on sait le faire, on a les tubes, on a les tuyaux et on a même l'usine qui fait que depuis je suis une sorte de directeur commercial honoraire de l'entreprise Saint-Gobain puisque c'est à elle qu'appartient cette usine à Pont-à-Mousson.
Avant de la nationaliser. Justement, on sait que votre conversion est...
Ah ben pour eux, je suis une affaire. Si je vais à l'Elysée, ils savent qu'on met immédiatement un plan en place pour refaire toutes les canalisations du pays parce qu'au rythme où on est là, on y est pour 150 ans donc il vaut mieux s'y prendre tout de suite.
On ne peut pas vous soupçonner de vous être converti à l'écologie récemment, on sait que c'est plus ancien mais moi je suis électeur de base, pourquoi je voterais plus pour vous que pour le candidat écologiste en disant que c'est le cœur de métier des écologistes ?
Pourquoi vous choisis-vous
contre un jeune homme ?
Oui, écoutez, on pourrait aussi dire que tout le monde propose le bien de chacun. Je ne connais pas un parti qui dit écoutez, je suis candidat à votre malheur et je viens pour vous faire souffrir. Ça n'existe pas donc les électeurs trient, choisissent, réfléchissent. Bon, alors ils vont regarder ce que propose Europe Écologie et les Verts, qu'est-ce qu'ils font aussi concrètement dans la vie et ce qu'on propose et bon, alors on voit bien que dorénavant disons les choses comme elles sont. Tous les partis sont écologistes plus ou moins. Bon, tous les partis sont écologistes et tout le monde propose des solutions et les citoyens et les citoyennes doivent choisir entre ces solutions.
Donc moi, je suis pour une écologie où on rompt avec la logique capitaliste de l'accumulation et du productivisme. Vous les trouvez trop bons. Donc rompre. Alors, il y a d'autres, non. M. Jadot, il ne dit pas ça. Il dit, bon, il faut discuter. M. Montebourg dit on va rectifier l'agriculture en discutant avec la FNSEA. Yannick Jadot, ça n'est pas du l'événement.
Vous êtes plus radicaux. Vous considérez que vous êtes plus radicaux que ce soit un petit peu nous ? Non, je ne dirais pas ça comme ça,
Mme Sacré. Je ne dirais pas plus radicaux parce que ça nous met dans des nuances auxquelles on ne comprend rien. Je demande qu'on regarde ce que nous proposons. Si ça convient, votez pour nous, on le fera. Si ça ne vous convient pas, votez pas pour nous parce qu'on le ferait si on est élu. Donc, la planification écologique, nous la ferons. Nous créerons un marché du bio. Nous créerons le marché du bio, c'est-à-dire le nombre de parcelles qu'il faut cultiver dans ce pays pour que quand vous êtes un maire et que vous décidez de faire une cantine bio, la première carotte que vous rencontrez, elle ne soit pas à 300 km et qu'il faille la faire venir par camion pour ne prendre que cet exemple.
Pour revenir sur ce que disait Nathalie Saint-Cric, je suis électeur, présidentielle quasiment. Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, si on regarde, par exemple, si on fait des élections régionales un petit test, on se rend compte que dans les Hauts-de-France, vous avez réussi à vous accorder avec les écologistes. D'ailleurs, c'est une écologiste, Karim Adéli, qui portera la candidature des Insoumis, du PS, de Génération, etc. Et pourquoi ça n'est pas possible partout ? Est-ce qu'à un moment donné, vous-même considérez que dans certains endroits, les écologistes ne partagent pas exactement vos préconisations ? Non, vous posez la bonne question.
C'est les écologistes qui considèrent partout, qu'il n'y a qu'eux qui peuvent être tête de liste et que, par conséquent, ils ne supportent rien. Nous avons attendu le bon moment pour, après avoir demandé une discussion nationale aux écologistes et aux communistes, que ni l'un ni l'autre n'ont voulu. On nous a dit, vous voyez, dans les régions, fort bien, la discussion a continué avec les communistes, elle ne nous a menés nulle part, sauf, il y a trois régions aujourd'hui dans lesquelles nous sommes candidats derrière un communiste, deux régions nous sommes derrière, Aura et la Normandie, et une où nous sommes devant, l'île de France. Et puis, les verts ne veulent rien entendre nulle part.
Alors, je peux leur dire, tout à l'heure, on parlera de l'Union, ou c'est maintenant qu'on en parle, je ne sais pas, en tout cas, on va parler des régionales. Les communistes se sont accordés avec les socialistes à peu près partout. Tant pis pour nous, bon, on se retrouve là, sur le quai, elle est partie, et on reste là à pleurer. Bon, ils sont partis avec les socialistes partout. Bon, on ne le fera pas.
Vous vous sentez comme un amant abandonné ?
Ben, disons qu'on l'a un peu mal pris de découvrir un matin que dans deux régions, on avait accepté toutes les conditions des communis, je dis bien toutes, sans exception, c'est-à-dire Franche-Comté, Bourgogne-Franche-Comté d'un côté, et Centre-Loire, si je ne me trompe pas, au dernier, comme ça, on a appris dans le journal qu'ils étaient partis et qu'ils avaient signé avec les socialistes. Qu'on peut comprendre, c'est leur choix, c'est leur liberté, tout va bien pour eux. Des fois, c'était très surprenant.
L'homme qui mène les négociations avec nous, qui est le représentant de la direction du Parti communiste, en Occitanie, n'a même pas proposé au bulletin de vote des adhérents communistes la possibilité de faire une liste d'alliances avec nous. Alors, admettez qu'on est un peu surpris, mais on est content de voir que dans deux régions où la direction communiste s'opposait à l'accord, c'est-à-dire Île-de-France et Aura, les militants communistes ont choisi l'alliance privilégiée avec la France insoumise parce que tout le monde sait que nous participons du même espace culturel, même s'il y a des contradictions entre nous qui sont nettes.
Non, mais je veux dire, on sait très bien qu'on a un sérieux problème avec nos camarades communistes sur le nucléaire, mais pour le reste, le Parti communiste comme les insoumis ont une matrice anticapitaliste qui constitue, en quelque sorte, une culture commune. Bon, quant au vert, alors c'est le moment de faire ma proposition, on va un peu mettre de l'ambiance dans ce débat. Tout est bloqué partout. Alors écoutez, il reste six régions. Voilà ce que je dis au vert. Nous avons fait la preuve dans les Hauts-de-France, nous, insoumis, et personne d'autre avant nous, que nous sommes le plus grand dénominateur commun.
Nous sommes capables de nous entendre avec tout le monde, avec des verts, avec des communistes, et même avec le NPA en Aquitaine. Alors maintenant, au vert, je leur dis ça. Vous avez une tête de liste. Vous en avez une deuxième, on est en train de terminer la négociation, ailleurs, sous frais que je ne dise pas où, mais c'est en train de se faire. Il en reste six. Où ça ? Il en reste six. D'accord ? Eh bien, voilà ce que je vous dis. Acceptez qu'il y ait une région en contrepartie, et on vous cède les têtes de liste dans les cinq autres. Faites la démonstration que vous êtes capable de faire autre chose que de vouloir tout commander, tout diriger. Ou, par exemple, en Ile-de-France. M.
Bayou est le secrétaire national des verts. C'est lui qui pourrait faire le beau geste, non, en Ile-de-France, pour Clémentine Autain. Ce pourrait être en PACA, région chère à mon cœur, dont je suis le député, et où il n'y a pas de tête de liste pour l'instant, puisque cette discussion qui n'en finit plus continue de ne pas en finir. C'est compliqué la politique. Mais il vous a répondu, Julien Bayou, il l'a dit hier. Non, mais attendez. Les alliances, c'est compliqué. Surtout quand on part de l'idée avec les sectaires. C'est nous et que c'est les autres qui veulent s'entendre avec personne. Ça ne t'arrive pas.
Je voudrais juste comprendre si ça, ça préfigure le cirque qu'il va y avoir pour la présidentielle. Pour l'instant, les socialistes veulent aller chercher.
Non, non, je ne vous permets pas de dire que c'est un cirque, Mme Sincry, que c'est le cirque dans votre rédaction, mais pas dans la politique. Nous sommes des gens respectables, nous avons des programmes politiques, nous ne sommes pas d'accord entre nous, et il n'arrive qu'à d'autres moments on soit d'accord. Donc ne parlez pas de cirque.
Vous retirez le mot cirque, mais je vais en employer un autre. L'union de la gauche. Oui, parce que au cirque,
il y a des clous, mais on connaît le numéro. Oui, mais il y a aussi des acrobates formidables. Il y a des fauves aussi.
Je pensais qu'il y avait...
Merci, Ali Babou, et qu'ils sautent dans le vide et rattrapent quand même... Fauves, disait Nathalie Sincry. Excusez-moi, madame.
Vous avez parlé de matrice commune, c'est-à-dire d'une proximité qui pouvait être idéologique.
Oui.
On ne comprend pas chacun comment... On a l'impression finalement que c'est au vu des sondages que les choses vont se faire. Il y a un candidat écolo qui est virtuel ou qui sera désigné qui ne veut pas bouger. Il y a vous, les socialistes, on ne sait pas très bien. Et on a l'impression que de toute façon, ça va aller dans le mur parce que personne ne sera capable de s'unir. Est-ce que c'est compréhensible pour quelqu'un de gauche et qu'il ne faudrait pas faire un effort ?
Oui, oui.
Et qu'il y en ait un ou deux qui se retirent pour que...
Vous savez, ce débat sur l'union, je vais vous faire la réponse que tout le monde fait. Oui, oui, je suis d'accord.
Mais sauf si c'est moi
Mme Saint-Cricq, ce n'est pas sérieux. Pour quelles raisons ne sommes-nous pas d'accord ? Est-ce que vous avez entendu dire que la gauche, qui était autrefois dirigée par le Parti Socialiste, a été entièrement détruite ? Que le Parti Socialiste lui-même l'est. Pour quelles raisons ? Alors on peut dire que c'est l'égo, le caractère de François Hollande. Ce n'est pas sérieux. C'est parce que les réponses politiques qui étaient apportées par la gauche sociale libérale se sont brisées sur la réalité d'un chômage de masse et d'une souffrance de tout le monde. C'est avec ça qu'il faut rompre.
Deuxièmement, avec un présidentialisme absurde qui confie tous les pouvoirs à un homme qui peut venir étant de gauche à la télé et dire c'est la politique de l'oeuvre qui crée la demande. C'est à peu près comme s'il avait dit si les pauvres sont pauvres, c'est de leur faute. Bon. C'est avec ça qu'il faut rompre. Vous êtes quand même candidat pour devenir cet homme. Il y a des gens qui ne veulent pas rompre. Le Parti Socialiste n'a pas rompu avec l'orientation sociale libérale. Vous êtes pour l'Union, M. Mélenchon ? Je suis pour un programme... Pour la présidentielle de 2022 ? Écoutez-moi. Et si vous, comment on fait ? Voilà. C'est qu'à parler d'Union tout le temps. Qu'est-ce qu'on fait ?
On répète. Ah, regardez ! Ils sont désunis, donc ils m'ont perd, donc ils ont perdu d'avant. Et vous, vous êtes des dingues. Vous êtes un cirque parce que vous faites n'importe quoi. Moi, madame, j'ai un programme. Je le propose aux Français, je le propose à mes partenaires. Ce programme est à plus de 90%, eux-mêmes plus, le même que celui du Parti Communiste. Parce que ça fait maintenant trois ans qu'on vote pareil tous les deux. Parce que j'ai été leur candidat. Je refais ma proposition à cette antenne au mouvement communique. Je vous propose ma candidature, comme ça a été le cas les deux autres fois. Et là, je ne pourrais pas vous le proposer la prochaine fois.
Pourquoi vous ne le voyez pas directement ? Je vous le propose. Deuxièmement, je vous propose d'ouvrir tout de suite la discussion, notamment sur le programme, parce que c'est d'elle que dépend ma troisième proposition, qui est un accord privilégié entre, c'est-à-dire préalable, entre communistes et insoumis, avec pour base la reconduction de tous nos sortants, c'est-à-dire la garantie pour le mouvement communiste qu'il aura un groupe à l'Assemblée Nationale comme aujourd'hui.
Ce sont des propositions simples, vous m'entendez les formuler, la discussion sur le programme est possible, et je dis aux communistes, la question qui est posée n'est pas celle de l'hypothétique survie de nos partis dans une élection. En tout cas, nous, les insoumis, on ne voit pas les choses de cette manière-là. La question qui est posée, c'est de savoir qui prend la tête du changement qui est nécessaire à la civilisation humaine.
La petite classe moyenne supérieure qui pense que en continuant le système libéral, on va pouvoir continuer à vivre, ou bien nous, communistes, insoumis, et d'autres qui voulons la rupture avec ce système et qui, pour la première fois depuis bien longtemps, proposons un programme concret, concret pour rompre. C'est-à-dire que vous pouvez m'interroger sur la forêt, sur l'eau, sur ce que vous voulez, nous avons des réponses concrètes de réponses.
Fabien Roussel vous trouve compliqué ? Il a donné une interview en disant on ne se parle plus d'homme à homme, on se parle de parti à parti. Là, vous l'interpellez, vous lui faites une proposition, une déclaration. Et Fabien Roussel avait répondu par anticipation, il dit moi je ne suis pas compliqué,
lui ici. Bon, et je ne viens pas à la radio pour agraver les choses. Non, non, non, justement, il est ficelle, Fabien. Il est malin. Bon, je lui ai écrit au mois d'août dernier pour lui proposer qu'on se voit, pas de réponse. Il réunit son conseil national, j'écris une lettre aux communis, je leur dis écoutez les gens, vous êtes devenus fous, j'ai été votre candidat. Le résultat, c'est aussi le vôtre. Donc, approprions-nous ça ensemble pour construire une perspective politique. Allez pas me raconter qu'avec une candidature communiste qui va faire, sans doute, au moins, trois points, à l'élection, vous allez avec ça changer le rapport de force.
Comment je dois comprendre que Fabien Roussel dit il faut rassembler pour gagner et il propose sa candidature, donc une division de plus. Et cinq minutes après, il dit il faudrait qu'on ait des candidats communs aux élections législatives parce que c'est comme ça qu'on gagne. Alors, quelqu'un comprend quelque chose à ça ? Je me répète, je propose aux communistes un accord. Si nous sommes d'accord, eux et nous, vous savez aussi bien que moi ce qui pourrait éventuellement se jouer. À gauche, la confrontation entre la ligne sociale libérale et la ligne de rupture. D'un côté, les éléments de la droite, d'Europe Écologie Les Verts et le Parti Socialiste.
De l'autre côté, les éléments de la gauche, d'Europe Écologie Les Verts, les communistes et les Insoumis et d'autres évidemment, l'UNPA. J'ai une idée pour vous, Jean-Luc Mélenchon, puisqu'on a oublié de dire tout à l'heure qu'effectivement, sur l'eau, il y a une votation citoyenne qui est lancée à partir de ce soir et véritablement à partir de demain. Il y a des manifs aujourd'hui contre les multinationales de l'eau. Et une votation citoyenne sur qui pour porter la candidature ? Merci de l'avoir rappelé. Il y a une votation citoyenne. Elle est venée d'une main de maître par Mme Mathilde Panot avec tout un arc d'associations, de partis.
Donc ce n'est pas quelque chose qui n'est pas une manifs insoumise. Il y aura une votation là-dessus. On n'est pas là pour vous donner des idées, Jean-Luc Mélenchon. Non mais vous recommencez, sinon vous ne me donnez pas des idées. Vous recommencez à faire comme si la question du programme n'existait pas, qu'elle ne se posait pas ou comme si on devrait admettre... Qui vous a parlé des forêts ? Qui vous a parlé de l'eau ? Oui, mais vous avez très bien fait. Votre émission est magnifique. Sinon, je ne viendrai pas. Mais je suis obligé de vous dire, ce n'est pas une solution. Moi, je pose la question de savoir, vous voulez la monarchie présidentielle encore ? Ça, vous n'êtes pas guéri ?
Vous vous êtes tapé le conseil de défense ? Vous avez un président qui convoque les télés quand ça lui chante ? Mais c'est vous
qui êtes candidat à la présidentielle ? C'est vous qui voulez devenir ce monarque républicain au moins quelques jours avant de vous autodissoudre et de changer de républicain ?
Ah ben là, avec vous, j'ai un résumé qui est pas mal. Je vais vite en besogne. Il y a beaucoup de questions à vous poser. C'est donc que je suis doux comme du sucre et qu'il suffit de me mettre dans le liquide présidentiel. Un amoureux déçu.
On va parler sérieusement et il y a encore des questions très politiques.
Je suis la seule garantie qu'on changera de régime. Aucun autre parti à part les insoumis, le mouvement insoumis et le parti communiste ne propose d'en finir avec la Ve République. Vous m'entendez ? Aucun. La Ve, c'est-à-dire le régime présidentiel. Il y a des bonnes choses dans la Ve République qu'on pourrait faire et qu'il faudra garder. Mais il faut y mettre l'intervention populaire et la réduction du pouvoir du monarque qui décide à lui tout seul de 550 nominations dans le pays déclenche la guerre. Ça n'a pas l'air de vous chagriner. On est en guerre en ce moment. Au Mali. Depuis 8 ans. On a voté une fois. Ça n'émeut personne.
On est le seul pays au monde où on peut mener une guerre interminable avec 5000 hommes de troupes dépensés tous les mois 2 millions d'euros. Et non, de quoi on va parler ? De savoir si mon caractère conduit au cirque ou pas.
Alors, il y a des questions politiques pour le coup. Et on avait envie de vous entendre sur des sujets qui clivent, des sujets qui divisent et notamment le syndicat étudiant l'UNEF.
Il y a eu un début de polémique concernant l'UNEF à la suite de la révélation qu'ils organisaient des réunions non mixtes, c'est-à-dire interdites ou racisées, c'est-à-dire interdites aux blancs. Il a été précisé que c'était deux parents.
Pourquoi dites-vous ça ? C'est pas vrai. C'est pas vrai quoi ? C'est pas interdit aux blancs. C'est une réunion d'un groupe de paroles. Moi, je me suis renseigné où il n'y a pas d'hommes qui viennent. Par exemple, les femmes victimes d'agressions de toutes sortes, il y a des groupes. Et vous, vous avez peut-être là, je vais vous rappeler du mouvement de libération des femmes, le MLF, c'était que les femmes qui se réunissaient. Dans les années 70, vous aviez le front révolutionnaire homosexuel. Il n'y avait que les homosexuels qui avaient le droit d'être là.
Encore aujourd'hui, vous avez les alcooliques anonymes, vous avez qui ne réunissent que des alcooliques, ça ne veut pas dire qu'ils maudissent les autres. Vous avez les loges maçonniques dont la moitié sont non mixtes. Vous avez l'automique club du club de France qui est non mixte. Alors s'il vous plaît, de grâce, on arrête avec ce genre de comédie qui consiste à montrer du doigt l'UNEF pour demander sa dissolution. Je ne demande pas la dissolution. C'est ça qui nous a tous fait réel. Je ne vous dis pas vous, Madame Saint-Crick. Génération identitaire la demande,
moi je ne la demande pas. Je vous pose juste la question. Vous qu'on a connu proche de l'UNEF, avec une UNEF qui était un peu différente de celle d'aujourd'hui, est-ce que vous trouvez ça normal que ce genre d'organisation propose des réunions non mixtes ?
Je trouve anormal que vous me posez la question. Jean-Luc Mélenchon. Parce que vous entrez dans un registre que je connais qui est, on sort une histoire, alors on a agressé cette pauvre présidente de l'UNEF et on lui a dit alors c'est vrai que vous faites des réunions non mixtes ? Alors elle a dit oui, on fait des réunions non mixtes. Madame, ce ne sont pas des réunions non mixtes, ce sont des groupes de parole si vous accordez de la valeur à la parole d'une femme, en l'occurrence celle de la présidente de l'UNEF. Et elle nous dit ce sont des groupes de parole.
Alors ce sont des groupes de parole réservés aux gens qui sont victimes de certaines situations parce que c'est plus facile d'en parler. Et ça a provoqué lire pour reprendre un mot
du genre de monde de la droite et de l'extrême droite notamment.
Mais exactement, ce n'est rien d'autre qu'une campagne d'extrême droite qui dirige son agenda. Mais aussi de membres de la majorité. La réponse de la présidente est tordue. Vous avez deux matinales de suite où on reprend le problème et où on recommence à me dire est-ce que vous êtes d'accord avec les réunions interdites aux blancs ? Ce qui est un abus de langage absolument insupportable qui a vous tiré à ce résultat d'interdire un syndicat.
Mais je n'ai rien demandé.
Non mais je ne dis pas que vous avez demandé mais à part vous il y a d'autres gens dans ce pays.
Vous avez lancé un appel pour soutenir l'UNEF et je vous pose des questions sur cet appel. Mais vous me dites
est-ce que vous trouvez normal des réunions interdites aux blancs ? Vous savez très bien qu'en parlant comme ça vous défigurez la situation. Ce ne sont pas des réunions interdites aux blancs ce sont des groupes de parole de gens victimes de discrimination. L'extrême droite a un agenda et cet agenda lui fait pousser l'avantage tant qu'elle peut. Commencer par dissoudre l'UNEF et demain on dissoudra qui ? Je n'ai pas été moi je n'ai pas d'avis sur la manière de diriger l'UNEF. J'ai été membre de l'UNEF dans le passé. Mais il y a une chose qui s'appelle la tolérance et la compréhension. Chaque génération de jeunes pratique d'une manière différente son engagement.
Moi j'ai connu l'UNEF rempli de gens qui voulaient faire le socialisme qui voulaient en faire un mouvement politique de masse et j'aime mieux vous dire que ce n'était pas des tendres. Là-dedans il y a des gens qui ont terminé à soutenir les Khmer Rouges et le reste. Mais chaque époque a son type, son style. Ces jeunes gens font des réunions de groupes de parole pour exprimer des discriminations et la terre entière se met contre eux et dit il faut dissoudre le syndicat. Non mais vous rigolez ? La première c'est que trois organisations syndicales qui ne sont pas des islamistes de gauche la CGT, FSU et Solidaires protestent contre le scandale qui consiste à demander non j'en parle avec passion.
Merde c'est quand même nos parents. Et vous faites bien. C'est juste nos enfants c'est juste des jeunes gens qui ont un syndicat et aujourd'hui les étudiants leur problème c'est pas ça c'est la fin c'est la difficulté d'étudier c'est le fait qu'ils n'ont plus de revenus qu'ils ne peuvent plus payer leur logement. Bon sang c'est ça le problème des étudiants pas les inventions de l'extrême droite.
Il y a les débats politiques mais la question de l'UNEF
Oui je retrouve ma flamme d'anciens membres du bureau national de l'UNEF Vous n'étiez pas Non mais si il y en a d'autres Jean-Luc Mélenchon qui n'est pas une honte d'être membre du bureau national de l'UnEF Non mais c'est pas la même génération il n'y a pas des objets Mélenchon non plus Non plus Il n'y a personne
qui est à l'UNEF ici En l'occurrence non Il y a d'autres syndicats Ça pose une question C'est vrai Maintenant le premier syndicat
c'est la phase
Jean-Luc Mélenchon si on parle de l'UNEF et si la question suscite autant de passion c'est parce qu'on parle justement de ces mots expressions non mixtes racisés que ces mots mettent le feu au débat public qu'on est dans quelque chose comme une guerre des idées alors il y a deux quand il y a qui est en train de l'emporter cette guerre des idées Est-ce que c'est L'extrême droite C'est sûr Aujourd'hui en France ce qui emporte la bataille des idées
Dans toutes les chaînes Oui mais les conservateurs On organise des soirées entre droite extrême et extrême droite
La gauche post-coloniale qui est en train de gagner cette bataille des idées Chacun pense que c'est l'autre qui a gagné
Non mais attendez d'abord un nous n'acceptons pas moi j'accepte pas cette polémique elle n'existe pas c'est un tissu d'idiotie discuter de savoir si oui ou non des gens sont racisés stupides il est évident que des gens sont maltraités du fait de leur supposée race et assignés à des comportements et ils sont victimes de discrimination et nous le savons et ce qui s'étudie c'est comment se superposent les discriminations parce qu'il y a encore deux générations on n'était pas sensible on résumait la lutte de classe à une lutte pour des intérêts matériels elle existe toujours cette lutte de classe mais elle est médiatisée par des formes comme la discrimination quand c'est une femme on la paie moins pourquoi parce que c'est une femme c'est ce qu'on appelle quand c'est quelqu'un qui apparemment est musulman intersectionnel
ça c'est un gros mot certains disent qu'on a substitué à la lutte des classes la lutte des races notamment le travail des historiens et sociologues Gérard Noiriel et Stéphane Beau ils en ont fait un livre qui a été beaucoup discuté
oui oui il n'y a pas que il y a surtout beaucoup de gens d'extrême droite je trouve que c'est pas sérieux c'est pas bon ça nous amène sur un terrain où nous avons perdu monsieur Badou j'ai compris c'est pas la peine de tourner le couteau dans la plaie nous sommes submergés et nous acceptons ce genre de débat stupide continuellement nous sommes obligés d'y répondre je sais que nous sommes le dos au mur je le sais c'est la raison pour laquelle il faut résister plus qu'à tout autre moment de l'histoire ce qui est en train de se passer c'est que la gauche est détruite dans toute une série de pays l'universalisme le vrai le républicanisme le vrai pas cette horreur raciste qu'on a sous les yeux et qui vient proclamer la république à condition qu'il n'y ait pas de musulmans proclamer le vivre ensemble à condition qu'on s'assimile à on ne sait quoi et à on ne sait qui moi je suis parce qu'on est dans cette énorme difficulté tenez bon les gens premièrement la vie sera créolisée nos enfants n'iront pas vous demander la permission de s'aimer ils le feront et ils le font nos mœurs changeront la créolisation est l'avenir du monde nous ne sommes qu'une seule espèce et cela va finir par se manifester nous allons ensemble dans l'espace interplanétaire nous irons ensemble dans les mers tout ça c'est de la perte de temps de la haine qui ne sert à rien à rien qu'à diviser la société alors nous les gens de gauche évidemment c'est nous qui payons les premiers parce qu'on est le camp de la solidarité pour nous il n'y a pas de différence de droit entre un homme une femme un noir un blanc non mais il y a des mouvements non mais il y a des mouvements
de mobilisation par exemple de certains qui s'indignent qu'il y ait une avenue du général Bugeot par exemple à Paris est-ce que c'est quelque chose qu'on doit prendre à bras le corps l'historien Pascal Blanchard a dirigé un comité scientifique pour Emmanuel Macron et pour proposer aux élus de renouveler les noms de rues ou d'autres simons publics on a quelqu'un l'euroie
de se poser des questions non ? ben voilà bon alors dans le passé on admirait certains puis tout d'un coup en cours de route on se dit mais dis donc il n'est pas si admirable que ça parce qu'il a fait ceci il a fait cela telle horreur alors on dit on a peut-être mieux à faire que de lui mettre une statue où est le problème ? dans ce pays on a passé notre temps à dévisser et remonter des statues il y en a certaines qu'on n'a jamais remontées
vous continuez par exemple la salle Colbert est-ce que vous considérez que c'est une façon de revisiter l'histoire vous avez passé des soirées entières dans la salle Colbert je crois non mais si on commence
à parler d'histoire on est là pour un moment alors justement
est-ce que vous pensez qu'il faut revisiter l'histoire et qu'on pose quelque chose
bah oui franchement c'est offensant regardez à l'Assemblée Nationale il y a eu à l'époque il y a eu un député noir au tout début alors lui il n'a mis plus d'un an à arriver à Paris bon son nom est nulle part il n'est moi je proposerais de changer le nom de la salle Colbert qui est quand même un homme d'ancien régime de sous Louis XIV on a peut-être des modèles plus intéressants à proposer aux français on pourrait donner le nom de ce député noir que vous voyez qu'à l'instant où je vous parle moi-même je ne m'en souviens pas mais je sais qu'il existe qu'il a été là qu'il a mis plus d'un an à arriver pour venir voter avec les autres bon voilà vous avez eu des hommes là on va célébrer Napoléon mais où on va comme ça ?
alors justement je me posais la question Napoléon ou les 150 ans de la commune manifestement l'exécutif a décidé que Napoléon oui et sur la commune il y a toujours un point d'interrogation merci
on me dit que c'est le nom d'ailleurs de ce premier député noir c'est marqué dans votre télévision j'ai un deuxième cerveau vous savez il s'appelle Jusson Gilardi travaille avec moi il est dans mon oreillette
en fait c'est Corbière qui a retrouvé la trace de ce bélet et qui a proposé je veux quand même lui rendre ce mérite qui a proposé qu'on appelle la salle Colbert qu'on l'appelle la salle bélet alors quoi il reste deux minutes oui Napoléon manifestement Emmanuel Macron est prêt à comment dire se soumettre voilà et pas la commune chacun ses goûts il préfère un poutchiste qui a attenté à la république alors Napoléon est un grand homme je veux dire au sens où il a fait beaucoup de choses impressionnantes notamment défendu la France qui était continuellement envahie parce qu'on a l'air d'oublier que les guerres ont été déclenchées par les autres pas par les français et donc il a fait les choses plutôt bien mais il a fait un poutch et puis il a traité ses opposants d'une manière assez singulière il a établi le concordat et rétabli l'esclavage disons que dans la balance de l'histoire bon c'est l'histoire on la prend comme elle est on la prend on discute je suis pour qu'on discute mais on ne célèbre pas il ne faut quand même pas exagérer
donc on commémore et on commémorer et célébrer ce n'est pas la même chose
exactement mais commémorer en général on essaye de commémorer pour que c'est un sens dites moi madame Saint-Crieg quel est le sens de commémorer Napoléon Ier qu'est-ce que ça serait les victoires des armées françaises l'invasion de la Russie le rétablissement de l'esclavage quoi le code civil dont les deux tiers étaient déjà écrits et que lui la partie qui l'a mis c'est pour eux et si on vous pose la question sur la commune alors là vous avez déjà eu l'occasion d'en parler mais la commune c'est la liberté c'est le brave peuple qui essaye de s'auto-diriger et c'est le brave peuple qui déclare les premières lois laïques les coopératives ouvrières c'est des pauvres gens 32 000 d'entre eux ont été fusillés ah quand on parle de la grande révolution de 89 tout le monde sort son mouchoir et puis des pierres pour Robespierre mais quand il s'agit de la commune alors là tout le monde tourne les yeux regarde ailleurs 32 000 fusillés 12 000 déportés tout ça pourquoi des gens qui voulaient la liberté et qui ne voulaient pas être envahis par les allemands
vive Louise Michel on aura donc appris Jean-Luc Mélenchon que vous êtes vous êtes un amoureux déçu et que la politique elle a aussi cette dimension oui affective évidemment évidemment évidemment la magie de l'engagement maintenant c'est les souffrances
du jeune Jean-Luc Mélenchon bah l'engagement politique opère une conversion magique de l'individu et autre découverte au cours de cette émission vous jouez à à Minecraft ou à Call of Duty non je ne joue pas je n'ai pas le temps déjà vous n'êtes pas un gamer pas vraiment non on ne peut pas dire ça il vaut mieux parce que mais j'ai déjà je dessine et j'écris alors rien que pour trouver le temps de faire ça et puis tout le reste que voulez-vous ça fait beaucoup mais ma vie est passionnante de passion de douleur de joie comme vous tous mais moi c'est dans l'arène tout m'intéresse que voulez-vous que je vous dise même les expéditions sur Mars je me dis comment ça se fait qu'il n'y a pas de véhicule français ça m'énerve parce qu'on sait faire des fusées on sait tout faire la vraie question c'est est-ce qu'il y a de la vie sur Mars je serai le seul à faire campagne sur la question de l'espace de l'espace numérique et de la mer ça fait 5 ans on va devoir rendre l'antenne mais je sais que ça ne passionne pas tout le monde
non mais c'est le début de la campagne et vous reviendrez en parler merci infiniment en tout cas d'avoir été notre invité merci à Alexandre Gilardi et à toute l'équipe technique de questions politiques merci de nous avoir suivis rendez-vous la semaine prochaine merci de nous avoir suivi
Jean-Luc Mélenchon