Gabriel Attal souhaite "privilégier l'immigration de travail au regroupement familial"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 50 %Attaque 30 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:13OuverteRéponse directe
Bonjour Gabriel Attal.
- 0:28OuverteRéponse partielle
Ce début de campagne réactive la critique de privilégier la forme au détriment du fond.
- 0:56RelanceRéponse partielle
Reconnaissez qu'il y avait un côté carte postale pas très spontanée ?
- 1:53RelanceRéponse partielle
Vous montez sur la table pour faire le malin, Gabriel Attal ?
- 3:02OuverteRéponse partielle
Juste avant de parler de vos éléments de programme, un auditeur se pose la question de savoir pour qui voter entre Edouard Philippe et vous.
- 3:25RelanceÉludée
C'est juste poser la question des différences.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:09Invité politiquePromesse
« privilégier l'immigration de travail au regroupement familial »
- 5:45Invité politiqueFait
« Il faut que la France accueille moins pour accueillir mieux. »
- 3:57Invité politiquePromesse
« si on réussit sur quatre chantiers capitaux, école, salaire, frontière, IA, la France peut redevenir la première puissance d'Europe pour dix ans qui viennent. »
- 5:53Invité politiqueFait
« C'est ce que c'était dans ma feuille de route à Matignon de dire accueillir moins pour accueillir mieux. »
- 6:33Invité politiqueFait
« On proposait, effectivement, de durcir les conditions du regroupement familial. »
- 6:46Invité politiquePromesse
« la priorité travail, l'immigration économique, doit devenir la priorité de notre politique migratoire. »
Temps de parole
- Gabriel Attal70 %
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France Inter, la grande matinale. 7h49 sur Inter, Benjamin Duhamel en face de vous, le secrétaire général du parti Renaissance. Bonjour Gabriel Attal. Bonjour Benjamin Duhamel. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter, alors que depuis vendredi, vous êtes désormais officiellement candidat à l'élection présidentielle. Ça s'est passé dans l'Aveyron, dans une déclaration bien orchestrée, pas franchement spontanée. Cela vient après votre livre où vous assumiez de parler de votre vie privée. Et en fait, Gabriel Attal, ce début de campagne, il réactive l'une des critiques récurrentes qui vous est faite, celle de privilégier la forme, la com, au détriment du fond.
J'ai vu des commentaires de journalistes ou d'opposants politiques. Il y avait 50 journalistes qui étaient là pour mon déplacement dans l'Aveyron. Il se trouve que deux jours avant, j'étais pendant deux jours en Alsace. Là, ils ne sont pas venus. La semaine précédente, j'étais ailleurs en France. Ils ne sont pas venus à Saint-Symphorien d'Ozon, dans le Rhône, en Sarthe, à Candillargues, dans l'Hérault.
Alors, reconnaissez qu'il y avait un côté carte postale pas très spontanée en se présentant comme ça au milieu d'une place de village ?
Vous savez que c'est des commentaires qu'on a entendus ou qu'on a lus dans les médias à la suite de ma déclaration. Et que, pour ce qui est des habitants de l'Aveyron où je me trouvais, ils ont trouvé ça extraordinairement méprisant. Ils disent qu'on n'est pas une carte postale. En fait, il n'y a pas d'arrière-pays, il n'y a qu'un pays. Et la France, c'est certes des grandes villes, mais c'est aussi des villes, des villages, la ruralité, la campagne. Et donc, finalement, cette idée de dire que ce serait bizarre d'aller dans un territoire rural pour annoncer sa déclaration de candidature, oui, ça a été perçu comme une forme de mépris par beaucoup d'habitants.
Et par ailleurs, je vais vous dire, pourquoi est-ce que ça a été autant commenté ? Parce que tous les autres candidats à l'élection présidentielle, ils annoncent leur candidature sur un plateau, comme un plateau de radio ici, ou de télévision, ou dans un journal. Et ça, c'est plus de la communication que d'aller au milieu des Français, sur une place publique. Je ne sais pas ce qu'il y a plus de la... Tout le monde peut venir vous interpeller, tout le monde peut venir vous dire qu'il n'est pas d'accord avec votre candidature.
Je ne sais pas ce qu'il y a plus de la communication, Gabriel Attal, mais vous disiez, certains de mes opposants politiques l'ont relevé. Moi, j'ai lu Edouard Philippe, je ne sais pas si c'est un opposant, qui, dans le Parisien de vendredi, interrogé sur votre candidature, dit « Je suis sérieux, je ne vais pas monter sur la table pour faire le malin ». Vous montez sur la table pour faire le malin, Gabriel Attal ?
Je vous confirme, je suis déjà monté sur une table. J'étais Premier ministre, on était en pleine crise agricole, et je suis allé à Carbone, sur l'A64, où vous aviez 400 agriculteurs qui bloquaient l'autoroute. Je suis monté sur la table, avec Jérôme Bayle d'ailleurs, pour leur parler.
Vous voyez bien que ce n'est pas exactement ce à quoi fait l'affaire d'Édouard Philippe. Je suis allé au bout de ce que je dis.
Et d'ailleurs, ils ont débloqué ce péage après que je sois monté sur la table pour échanger avec eux. Donc moi, je vais vous dire, oui, il faut savoir parfois monter sur la table. Et c'est ma personnalité. Moi, je vais au contact, je ne me dérobe pas. Mais ce n'est pas ce que dit Edouard Philippe. Je cherche plutôt à régler les problèmes.
Quand on dit monter sur la table, c'est faire de la com'.
Je comprends que ce ne soit pas la personnalité de tout le monde. Mais en tout cas, moi, je vais...
Donc ce n'est pas celle d'Édouard Philippe ?
Manifestement, non. Mais je veux dire, moi, c'est moi. Je ne vais pas changer ce trait de caractère, parce que je suis candidat à la présidence de la République. Je continuerai à aller au contact, même quand c'est difficile. Et s'il y a des manifestations, je continuerai à aller échanger avec les personnes qui manifestent. Voilà, c'est comme ça que je fais de la politique.
Juste avant de parler de vos éléments de programme que vous avez commencé à esquisser, un auditeur qui ce matin nous écoute, qui a voté Emmanuel Macron en 2017, en 2022, et qui se pose la question de savoir pour qui voter entre Edouard Philippe et vous. Qu'est-ce que vous lui dites ?
D'abord, je vois bien le petit jeu de certains qui cherchent à nous opposer en permanence avec Edouard Philippe, à nous faire parler de l'un, de l'autre. Je ne rentrerai pas là-dedans. Je ne suis jamais rentré là-dedans. Mais je ne suis jamais rentré là-dedans. Je ne suis jamais rentré là-dedans. Et je ne rentrerai pas là-dedans.
C'est juste poser la question des différences. S'il n'y a pas de différences entre vous,
dans ce cas-là, pourquoi être candidat ? Deuxième chose, vous dites, pour un électeur qui a voté Emmanuel Macron, moi, je m'agresse à tous les électeurs. Je ne considère pas que les électeurs français, c'est des légaux qu'il faut empiler les uns aux autres, travaillant par segment électoral.
C'était exactement ma question. Ma question, c'est comment se justifie une candidature si vous n'êtes pas capable de nous donner une différence avec Edouard Philippe ?
Je vais vous dire comment je justifie ma candidature. Moi, je parle à tous les Français et je me porte candidat à l'élection présidentielle parce que je veux qu'on ait un système maintenant qui consacre l'essentiel de notre temps et l'essentiel de nos finances à préparer l'avenir plutôt qu'à gérer le présent. Et parce que je considère que si on réussit sur quatre chantiers capitaux, école, salaire, frontière, IA, la France peut redevenir la première puissance d'Europe pour dix ans qui viennent. Pourquoi un électeur, vous choisirez-vous plutôt qu'Edouard Philippe ? Parce que je porte ce programme, je porte cette vision, je porte ce projet. Et il ne la porte pas lui ?
Mais encore une fois, il va y avoir une campagne. On va voir le projet de chacun, on va voir les propositions de chacun. Moi, je vais vous dire, je vais faire cette campagne aussi avec une forme d'optimisme. On est un grand pays, on a plein d'atouts. Et moi, la politique qui est...
C'est rare un candidat qui dit qu'il va faire une campagne avec du pessimisme.
Je vais vous dire, moi, je trouve qu'en ce moment, la politique française, c'est 50 nuances de gestion du déclin. C'est la sinistrose permanente. C'est du sang et des larmes en permanence. Moi, je veux porter autre chose. Parce que je crois que notre pays, encore une fois, avec tous ses atouts, il peut redevenir la première puissance d'Europe à condition de tenir un certain nombre de priorités. J'en cite quatre. École, salaire, frontière, IA.
Je vais en prendre une. La priorité frontière que vous évoquez. Vous défendez, Gabriel Attal, une préférence travail pour l'immigration et un système de quotas. Gérald Darmanin, lui, il veut un moratoire de trois ans sur l'immigration légale. Est-ce que ça fait partie des orientations que vous pourriez défendre ?
Je ne sais pas exactement ce que moratoire ça veut dire. Si ça veut dire stopper intégralement l'immigration en France qui n'est plus personne qui rentre pendant trois ans, je pense que ce n'est ni possible ni souhaitable. Et je vais vous dire, je sais que ce n'est pas populaire en ce moment de dire ça.
Ce n'est pas ce qu'il dit. Lui, il parle plutôt de l'idée de suspendre le regroupement familial quand on parle d'immigration au travail.
Ce n'est pas un moratoire. Un moratoire, ça veut dire que vous arrêtez l'immigration. C'est différent. C'est important, les mots, parce que je vais vous dire, en ce moment, je vois bien que ce n'est pas très populaire de dire qu'on a besoin d'une part d'immigration en France. Et c'est plutôt populaire d'avoir des mesures un peu de surenchère ou de dire on va arrêter l'immigration. Je pense que ce n'est pas possible et que ce n'est pas souhaitable. Et même si ce n'est pas populaire de le dire, je continue à le dire parce que c'est ce que je pense. Maintenant, moi, j'ai toujours dit la même chose. Je l'ai dit dans mon discours de politique générale quand je suis arrivé à Matignon.
Il faut que la France accueille moins pour accueillir mieux.
Donc, il faut moins d'immigration. Est-ce que ça, vous le assumez, ce discours-là ?
Je l'ai toujours assumé.
Donc, il y a trop d'immigration aujourd'hui.
C'est ce que c'était dans ma feuille de route à Matignon de dire accueillir moins pour accueillir mieux. C'est aussi un service à rendre aux personnes qu'on accueille, qu'aujourd'hui, on n'accueille pas suffisamment bien. Et donc, moi, ce que je vais porter dans cette campagne, c'est l'idée, effectivement, de nous donner des priorités sur notre immigration et que la préférence travail, c'est-à-dire l'immigration de travail, devienne l'un des premiers motifs d'immigration plutôt que les autres.
Sans regroupement familial, pour ceux qui viendront travailler en France ?
En assumant de privilégier l'immigration de travail au regroupement familial.
Donc, ça veut dire que vous dites à ceux qui obtiendront un visa pour travailler en France, si vous voulez faire venir votre femme, vos enfants, on met sur pause ?
On a fait des propositions il y a un an. On a fait tout un travail avec le parti Renaissance. On proposait, effectivement, de durcir les conditions du regroupement familial. Donc, par exemple, d'augmenter la durée de résidence requise en France pour pouvoir faire venir ses conjoints, d'augmenter ces règles-là. Encore une fois, il faut se donner des priorités. Et pour moi, la priorité travail, l'immigration économique, doit devenir la priorité de notre politique migratoire.
Gabriel Attal, vous serez samedi prochain porte de Versailles pour votre premier grand meeting de candidats. Le même jour, le PSG jouera la finale de la Ligue des Champions contre Arsenal. Ce n'est pas à la même heure, je me permets de le dire. Vous avez raison, vous c'est à 14h. Ne faites pas croire aux gens, ils ne peuvent pas venir au meeting et regarder le match. Mais ce n'est pas l'objet de ma question. Le PSG, quand on regarde son équipe, elle est solide, il y a plusieurs buteurs. Vous me voyez venir de votre côté, les poids lourds de votre parti, ils ont piscine. Ils ne seront pas là. C'est difficile d'arriver en finale quand on est seul sur le terrain.
Mais attendez, qui n'est pas un poids lourd dans mon parti, dans ceux qui me soutiennent ?
C'est qui les poids lourds qui vous soutiennent ?
Dites-moi des noms de personnes que vous considérez ne pas être des poids lourds
dans mon parti, dans ceux qui me soutiennent. Ce n'est pas faire offense à Prisca Thévenot, Paul Midi et Franck Riester que de considérer que ce n'est pas exactement des poids lourds de votre famille politique.
Alors, Franck Riester, qui a été élu, réélu, député et maire à Coulomiers, une ville où le Rassemblement National fait des scores stratosphériques aux élections nationales. Vous considérez que c'est facile. Allez, Benjamin Duhamel, vous présenter à Coulomiers, là où le Rassemblement National c'est de très bons scores. Ce n'est pas mon ambition, mais ne faites pas semblant. Mais c'est facile de donner... Ne faites pas semblant de ne pas comprendre ce que je dis, vous avez la Présidente. Non, il n'y a aucun mépris. Il n'y a aucun mépris de donner des bons et des mauvais points.
Gabriel Attal, à votre place, attendez, à votre place, il y a quelques jours, il y a Elbron de Pivet, la Présidente de l'Assemblée nationale.
Le président du département de la Lozère, des départements les plus ruraux de France, qui me soutient. Est-ce que vous trouvez que ce n'est pas un poids lourd, que c'est un petit élu ? Renaud Muselier, le président de la région Sud, qui me soutient, c'est un petit élu et ce n'est pas un poids lourd. Il y a 1300 maires et élus locaux qui me soutiennent. 1300 qui ont signé un appel et qui continuent à le signer. Pas du tout, au contraire, on est très nombreux.
Donc quand il y a Elbron de Pivet, Gérald Darmanin, Aurore Berger, Elisabeth Bande, disent-moi le meeting, j'y vais pas, aucun problème.
Benjamin Duhamel, moi, je ne suis pas un gardien du temple. Je ne vais pas faire le gardien du temple de ceux qui ont gouverné le pays ces dix dernières années. Et je ne compte pas faire l'élection présidentielle de 2027 avec 100% des mêmes personnes qu'en 2017 ou même en 1997. Il faut aussi renouveler les visages. Ce que je vous dis, c'est qu'il y a plus de 1300 maires et élus locaux qui ont signé un appel de soutien à ma candidature, qu'il y a des présidents de région, présidents de départements, des maires, des ministres, d'anciens ministres, qui seront à mon meeting. Et ils seront donc à ce meeting ? Ce samedi, Portes de Versailles, 13h30, ouvert à tous.
Vous pouvez vous inscrire en ligne. Ça, c'est pour la promo. Et on va être un peu, voilà, on va regarder aussi les atouts de notre pays un peu optimistes. On va parler d'école, on va parler d'intelligence artificielle,
de salaire. Il me reste quelques secondes d'un mot. Si vous perdez cette élection présidentielle, est-ce que vous arrêtez la politique ?
Ça, je ne sais pas. C'est quoi ces questions ? Là, je me bats pour être candidat et je me bats pour gagner cette élection présidentielle. Benjamin Duhamel, j'ai annoncé ma candidature vendredi dernier. Je vais vous dire, je vais gagner cette élection présidentielle.
Et bien voilà, il y a, comme dirait l'autre, les questions et les réponses. Merci beaucoup, Gabel Attal.
Gabriel Attal