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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 11 mai 2026 27 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleTravail & emploi

Borne règle ses comptes avec Macron et Attal : la macronie explose de l’intérieur

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 6:18OuverteRéponse partielle

    Et Gabriel Attal, dans tout ça, qu'est-ce qu'il fait ? Qu'est-ce qu'il dit ?

  • 9:17OuverteRéponse partielle

    Les malheurs de Marine Tondelier, j'ai l'impression qu'on est dans les malheurs de Sophie ou pas ?

  • 16:30OuverteRéponse partielle

    Pour revenir aux écolos, Nils, tout le monde a peur pour son poste en interne.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:43Locuteur 6Fait
    « Enfin, je suis contre un pouvoir solitaire et un peu vertical. »
  • 1:52Locuteur 6Fait
    « Je pense qu'il faut respecter les corps intermédiaires. »
  • 2:23Invité politiqueFait
    « Elisabeth Borne, que ce soit d'abord comme ministre ou ensuite comme première ministre, a validé toutes les combines du président pour passer en force, en particulier sur l'infâme réforme des retraites. »
  • 2:44Invité politiqueFait
    « Elisabeth ne peut plus encadrer Emmanuel Macron. Elle le considère comme un dirigeant sans filtre et sans limite. »
  • 3:55Invité politiqueFait
    « En 2024, ses soutiens allaient d'Aurore Berger à Clément Beaune qui l'encourageait à prendre le leadership du parti pour barrer la route à Attal. »
  • 4:49Invité politiqueFait
    « Pour les Français, elle reste Madame 49-3. »
  • 5:04Invité politiqueFait
    « Le vilain a osé lui envoyer la convocation pour le prochain Conseil national sans la prévenir. »
  • 9:35Invité politiqueChiffre
    « En décembre dernier, quelques 5300 militants l'avaient désigné comme chef de file en cas de primaire à gauche. »
  • 10:18Invité politiqueChiffre
    « Yannick Jadot fait moins de 5%. Anne Hidalgo fait 1,75, je crois. »
  • 12:02Locuteur 8Fait
    « Je me prépare, je suis déjà prêt, je suis déjà volontaire, je suis candidat, je suis candidat à une primaire. »
  • 16:18Locuteur 5Chiffre
    « Si à la fin, il y a un candidat qui va réussir à faire 4 ou 5 %, bon bah... »
  • 19:51Invité politiqueFait
    « Le président de la commission, Jérémy Patrier-Lettus, a intégré de fausses citations de Cicéron et de Condorcet dans le rapport. »

Temps de parole

  • Élisabeth Borne71 %
  • Locuteur 811 %
  • Présentateur8 %
  • Locuteur 13 %
  • Locuteur 52 %
  • Locuteur 62 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et bienvenue pour un nouvel épisode des Indiscrets sur le Média. Votre rendez-vous hebdomadaire politique avec Nils Vilke, c'est le monsieur Hoff du Média. Et tous les vendredis, il nous offre les indiscrétions du monde politique et médiatique et décrite l'actualité. Au sommaire de cette émission, Elisabeth Borne se paye Macron et Attal, les coulisses d'un pétard mouillé dans le camp présidentiel. La chute de la maison Tondelier s'attend pour la chef des écolos avant 2027, Nils a enquêté. Recours à l'IA, erreur de com' et de vote quand nos élus dérapent, ce sont les sous-doués de la République. Petit best-of à venir à la fin de cette émission, c'est parti pour les Indiscrets. Bonjour Nils.

Salut Cyril, salut à toutes et à tous.

0:58
Élisabeth Borne

Alors comme ça Nils, Borne joue les rebelles. Et oui, dis donc, un babou de son petit nom, comme on la surnomme, a quitté son poste de présidente du Conseil National de Renaissance. À ne pas confondre avec celui de la résistance, les macronistes sont tout sauf des résistants, comme chacun le sait. Et voilà, et donc on voit l'ancienne locataire de Matignon qui fait la tournée des popotes médiatiques à l'occasion de la sortie de son bouquin intitulé Réveillons-nous. C'est la saison, décidément, après celui de Gabriel Attal ou encore de Bardella. Nos étagères sont pleines de livres de politiciens, nous, journalistes. Voilà, on est gâtés avant 2027.

En tout cas, Babou a décidé de gâcher le lancement médiatique de Gabriel Attal. Au passage, elle lance aussi un petit acte à Emmanuel Macron. Écoutez.

1:43
Locuteur 6

Enfin, je suis contre un pouvoir solitaire et un peu vertical. Je pense qu'il faut respecter les corps intermédiaires. Je pense qu'il faut dialoguer avec les collectivités. Je pense qu'il faut donner toute leur place aux partenaires sociaux. Donc ça, c'est une critique pure de la politique d'Emmanuel Macron. C'est une critique de méthode. Mais après, je développe dans le livre le fait que je crois que les intuitions qui ont été portées en 2017 étaient bonnes, même si naturellement, il faut aussi tenir compte d'un monde qui a évolué depuis.

2:16
Élisabeth Borne

Voilà, une pratique inadaptée du pouvoir, dis donc. Effectivement, ça nous rappelle un certain personnage au plus haut niveau de l'État. Alors pourtant, on rappelle qu'Elisabeth Borne, que ce soit d'abord comme ministre ou ensuite comme première ministre, a validé toutes les combines du président pour passer en force, en particulier sur l'infâme réforme des retraites. C'est un petit peu facile de cracher aujourd'hui sur son ancien maître. Alors, j'ai demandé à une proche d'Elisabeth Borne de m'expliquer un petit peu sa démarche. Elle me dit de manière très cache, Elisabeth ne peut plus encadrer Emmanuel Macron. Elle le considère comme un dirigeant sans filtre et sans limite.

Elle est dure, elle, mais elle ne joue pas avec les institutions comme le président. Alors bon, avec tous les 49.3 qu'elle nous a imposés, c'est une défense qui peut effectivement questionner. Mais en tout cas, voilà, Borne quitte son poste alors que le bureau exécutif de Renaissance a décidé de confier au Conseil national du parti le soin de désigner Gabi comme candidat ou quasi-candidat en tout cas à la formation présidentielle. Alors le Conseil national, c'est une sorte de parlement du parti chez Renaissance.

C'est un peu comme l'Assemblée de la France Insoumise à ceci près que, contrairement à Jean-Luc Mélenchon, qui a été désigné dimanche par l'Intergroupe des élus insoumis, Gabi va tenter de faire intervenir un vote des adhérents que l'on imagine évidemment sur sa ligne. Bref, pour résumer, Babou a quitté le navire avant de devoir adouber son rival. Et oui, petite humiliation qu'elle a voulu s'éviter. Elle lance alors une nouvelle formation, encore une décidément dans le bloc central à droite et à gauche. Ça s'appelle « Bâtissons ensemble », sauf que pour le moment, elle se retrouve bien seule pour lancer le chantier, Cyril.

Et oui, parce qu'en 2024, ses soutiens allaient d'Aurore Berger à Clément Beaune qui l'encourageait à prendre le leadership du parti pour barrer la route à Attal. C'est ce que rappellent nos confrères du Parisien cette semaine. Aujourd'hui, les mêmes sont un petit peu aux abonnés absents. Alors il y a bien un comité politique de la formation d'Elisabeth Borne qui sera composé de quelques macronistes. On a les noms de Stéphane Travers, Astrid Panosillon-Bouvé, Agnès Buzyn qui revient en politique après son échec au ministère de la Santé et au municipal à Paris. Décidément, on n'est jamais mort en politique.

Il y a aussi Dupond-Moretti, Nicole Belloubet, Marc Ferracci, un intime du président Macron. Tout ceci fait ricaner au sein de Renaissance, c'est ça ? Oui, parce qu'en fait, j'ai demandé à un député proche de Gabriel Attal qui me dit « Bah oui, Borne, elle était déjà tellement absente des instances de renaissance qu'on ne s'est même pas aperçus qu'elle est partie. » Et puis, pour les Français, elle reste Madame 49-3. Un bon courage pour remonter dans leur estime et dans les sondages, on l'imagine. Et c'est vrai que les relations sont glaciales entre Elisabeth Borne et Gabriel Attal. Elle lui reproche d'avoir craché sur son action pendant son passage à Matignon.

C'est vrai que Gabi était légèrement énervée. Et en plus, le vilain a osé lui envoyer la convocation pour le prochain Conseil national sans la prévenir, dis donc. Enfin, tout le monde a quand même noté que Borne se contente de quitter les instances, mais pas le parti Renaissance. C'est d'ailleurs ce que m'explique une ancienne ministre macroniste. Elisabeth Borne a démissionné d'une instance de Renaissance, pas du parti. Ça révèle plus un mouvement d'humeur qu'un gros coup de pression. En interne, ça ne fait pas trop parler. Petit tacle au passage. Dans la forme, Elisabeth Borne minimise elle-même son action. Elle se dit pas totalement alignée, mais toujours attachée à son parti.

En tout cas, il y a des questions qui se posent à terme sur son appartenance à Renaissance. Certains voient déjà Elisabeth Borne en partance pour Horizon, le parti d'Edouard Philippe. Des macronistes ont déjà franchi le pas, comme l'eurodéputée Nathalie Loiseau, cette ancienne gudarde recrue de choix, ou encore la députée Laetitia Saint-Paul. Alors, toutes les deux, elle conseille désormais Édouard Philippe et planche sur son programme à la présidentielle, selon mes informations. D'autres la voient bien rejoindre la convention, la petite formation de Bernard Cazeneuve, dont le succès demeure, tu en conviendras pour le moment, assez confidentiel.

Mais voilà, petit indice quand même, la grande amie d'Elisabeth Borne, l'ancienne ministre socialiste Clotide Walter, a déjà sauté le pas.

6:18
Présentateur

Et Gabriel Attal, dans tout ça, qu'est-ce qu'il fait ? Qu'est-ce qu'il dit ?

6:21
Élisabeth Borne

Alors lui, il continue sur sa lancée, il va tenir son grand meeting le 30 mai, porte de Versailles à Paris, attention, les blazers et cravates vont valser. En l'absence de Babou, le plus probablement, elle ne lui a pas envoyé d'ailleurs un exemplaire de son nouveau bouquin, alors que Macron, lui, a eu cet honneur à l'Élysée, le petit Vénard. Dans son livre, elle dresse quand même un droit d'inventaire des années Macron, notamment l'absence de bilans écolo du second quinquennat, mais aussi la suppression de la taxe d'habitation et, sans rire, la pratique jupitérienne du pouvoir. Alors, de la part de celle, on le disait, qui a hérité du surnom de Madame 49-3, c'est plutôt gonflé.

6:56
Présentateur

Effectivement, et pendant ce temps, notre président a poussé la chansonnette lundi soir en Arménie lors d'une visite diplomatique.

7:04
Élisabeth Borne

Oui, vous allez me dire, mais qu'est-ce qui me prend de relayer comme ça des infos people ? Mais il y a un lien, vous allez tout de suite comprendre. Et c'est vrai qu'en clôture du dîner d'État en son honneur, Emmanuel Macron s'est vu confier la lourde mission d'interpréter la bohème de Charles Aznavour aux côtés du président arménien Vagan Kachatourian, pardon si j'écorche ton nom, installé au piano, et du premier ministre arménien Nicole Pachignan, baguette en main à la batterie. Regardez, voilà un petit extrait de ce trio improvisé. Alors on va dire que le résultat vocal est approximatif, mais la séquence montre que Macron n'a pas peur du ridicule, il n'est pas le seul d'ailleurs.

Les présidents de la République doivent souvent faire preuve de bonne volonté, c'est le prix de la diplomatie. Regardez, en 2007, Sarko n'avait pas hésité à revêtir un boubou lors de son voyage au Sénégal, même si malheureusement il est resté dans les annales pour avoir prononcé un discours raciste, le fameux discours de Dakar, quand il avait affirmé notamment que l'homme africain n'est pas assez rentré dans l'histoire, ce qui avait contribué à dégrader l'image de la France en Afrique. Depuis, Macron effectivement a relevé le flambeau, et on se souvient que notre président actuel a aussi eu des mots malheureux.

Souvenez-vous aussi de la magnifique tenue traditionnelle à enfiler par François Hollande au Kazakhstan, quand il était lui-même président en 2014, un chapka, manteau de fourrure kazakh. Et c'était son homologue d'alors, Nazarbayev, qui avait insisté pour une photo commune difficile de refuser pour le président au risque de susciter un incident diplomatique, même si Hollande avait l'air en détresse, regardez. Voilà, ça ne nous rajeunit pas tout ça, Cyril. Bref, Emmanuel Macron a fait le job, et il a d'ailleurs permis à la France de signer de juteuses promesses de contrats commerciaux en Arménie. Alors, pourquoi je vous parle de tout ça ?

Ça permet de replacer le rôle du président de la République à l'international, et ça va faire la transition avec notre second sujet.

9:17
Présentateur

Les malheurs de Marine Tondelier, j'ai l'impression qu'on est dans les malheurs de Sophie ou pas, ou en tout cas Marine n'est pas très bien souvent.

9:23
Élisabeth Borne

Et puis surtout, quand on cherche à se construire une stature présidentielle, comme Marine Tondelier, effectivement, l'international, c'est important. Et puis pour elle, c'est un petit peu la louse. D'abord, petit retour en arrière pour s'y retrouver. En décembre dernier, quelques 5300 militants l'avaient désigné comme chef de file en cas de primaire à gauche. Mais aussitôt, les classiques écolos, notamment Sandrine Rousseau, avaient rappelé qu'il s'agissait d'un simple permis de concourir et pas d'un mandat pour l'air présidentiel. Et là, gros problème, Cyril, on en a parlé sur le média, l'idée d'une primaire à gauche ne décolle pas. Évidemment, Jean-Luc Mélenchon a rejeté ce processus.

Ce que les élus et les fiers rappellent sur tous les tons, comme le député Alexandre Saint-Martin, qui était sur notre antenne en début de semaine, regardez. Tout ce travail de préparation, d'électrisation autour d'un processus, de culpabilisation de ceux qui n'y vont pas. Et à la fin, shit, shit. Et puis à côté, des candidatures qui s'écroulent littéralement. Yannick Jadot fait moins de 5%. Anne Hidalgo fait 1,75, je crois. C'est désastreux. Et je n'attends pas une autocritique. C'est pas du tout l'idée.

Mais n'empêche, prenons acte qu'à un moment donné, dans les méthodes pour faire monter l'Union populaire, c'était l'idée qu'on avait portée à l'époque, on n'est pas complètement mauvais à la France insoumise. Voilà, constat sévère, mais pas dénué de réalisme. Et d'ailleurs, les socialistes ne s'en cachent pas. Le but d'une primaire, c'est de faire émerger une candidature non-méléanchoniste, comme l'a rappelé fort, et ses affidés sur tous les tons.

10:50
Locuteur 8

Je me prépare, je suis déjà prêt, je suis déjà volontaire, je suis candidat, je suis candidat à une primaire. Bon, on n'en peut plus, ça suffit. Il faut qu'à un moment, effectivement, on trouve tout simplement un moyen commun, accepté par toutes et tous, qui permette de sélectionner celui ou celle qui nous représentera. Quand ? Comment ? Moi, je me bats pour un candidat commun ou une candidate commune à l'élection présidentielle qui incarne cette gauche non-mélanchoniste et qui permette d'aller chercher le second tour et de l'emprunter au second dans le cadre d'un front républicain.

11:22
Élisabeth Borne

Voilà, donc, Tondelier est un peu dépitée et elle n'a d'autre choix que de s'en prendre à Jean-Luc Mélenchon. Voilà, c'est devenu son nouveau refrain. Écoutez.

11:30
Locuteur 8

On sait que Jean-Luc Mélenchon présentera vraisemblablement dans le week-end sa candidature à la présidentielle, comme par hasard avant le meeting de la primaire du 5 mai. Ça va être comme ça un peu tout le temps maintenant. Et donc, nous, on le dit, on le redit, on le re-redit. On sait comment tout ça risque de très mal se terminer. Les écologistes, depuis le début, ont proposé une méthode qui permettait à toute la gauche et aux écologistes de se retrouver dans une candidature commune. Elle ne sera manifestement pas commune. Une fois que Jean-Luc, vraiment, s'écarte du cadre et de manière irrémédiable et définitive, décide de partir tout seul, la question est que font les autres ?

Et donc, cette question, je l'adresse au Parti Socialiste.

12:02
Élisabeth Borne

Alors, le souci, c'est que Marine Tondelier a tout misé sur une primaire pour s'imposer chez les écolos. C'est elle qui s'était imposée comme le trait d'union à gauche lors des législatives avec le nouveau Front populaire, avec Lucie Casté, notamment. J'ai demandé à un cadre écolo, effectivement, une réaction par rapport à cette vague de mécontentement en interne. Marine était persuadée de remporter la primaire à gauche, donc elle a tué tout le monde en interne. Sandrine Rousseau n'est pas à la direction. Julien Bayou a été éliminé avec son aval. Sauf qu'elle n'a pas la légitimité et la solidité d'un Jean-Luc Mélenchon.

Voilà pourquoi je vous ai rappelé, effectivement, l'importance des questions internationales pour la présidentielle. Ce n'est pas un hasard, d'ailleurs, si quelqu'un comme Papy Hollande multiplie les voyages, par exemple, au Liban en quête de financement. Mélenchon est effectivement l'un des rares leaders de gauche à être connu dans certains endroits du globe. Et il a fait ses devoirs avec une visite aux États-Unis l'année dernière pour entretenir sa stature d'homme d'État. J'ai posé la question aussi au conseiller politique Jean-Bernard Gallo Renucci, qu'on connaît bien dans cette émission et sur le Média.

Il m'explique, si Bardella y va, en cas de condamnation définitive de Marine Le Pen en appel, Trump et les autres feront tout pour qu'ils soient élus. Les autres candidats ne comprennent pas que cette élection sera internationale ou ne sera pas, et notamment à l'automne. Et oui, à l'automne, la présidentielle en France va être percutée par les mid-terms aux États-Unis et les législatives en Israël, ce qui définiront notamment le maintien ou pas de Benjamin Netanyahou. Et c'est vrai qu'en France, on est toujours très concentré sur l'actualité nationale et sur nos petits problèmes franco-français, alors que le monde continue de tourner et que, évidemment, ça a une influence sur notre pays.

Alors franchement, une candidature de Marine Tondelier à l'Élysée, chez la France Insoumise, certains raillent évidemment les prétentions de la patronne des écolos, surtout que les sondages ne lui sont guère favorables en interne chez les écolos. On se gausse volontiers du bilan de Tondelier, qui visait le million de militants d'ici 2027. Bah oui, c'était en 2023, regardez, le Figaro qui titrait. Effectivement, bon, elle a encore un petit peu de temps, elle a quelques mois pour atteindre le million.

14:04
Présentateur

Il va falloir qu'elle mette les bouchées doubles. Et ce n'est pas le petit meeting de ce mardi soir à la Bellevilloise qui va la rassurer.

14:10
Élisabeth Borne

Oui, effectivement, la petite sauterie a eu lieu 48 heures après que le reste de la gauche semble avoir été pris de court par l'officialisation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Il y avait pourtant quelques indices, voilà, quelques jours avant. Effectivement, Public Sénat notamment, qui était sur place, explique. Les organisateurs annonçaient 1 600 inscrits, mais le fond de la salle clair-semée renvoyait une autre impression. Ça fait vide souffler un militant socialiste. Alors, par la suite, on a appris que Raquel Garrido s'était plaint, effectivement, de cette formulation. Et elle a tenu à faire ajouter qu'une salle de débordement avait été ouverte pour retransmettre la soirée.

Et elle annonçait, effectivement, 1 200 personnes présentes. Alors, j'ai posé la question à des confrères qui étaient sur place ou encore, effectivement, à des cadres, que ce soit socialistes ou de leurs affidés qui étaient sur place. Tout le monde m'a dit quand même que ce n'était pas non plus une ambiance de folie ni une ambiance de meeting en délire. Et c'est vrai que Raquel Garrido, bon, elle est désormais sans mandat électif. Elle s'est reconvertie en VRP de la gauche sans la France insoumise. Et effectivement, elle a poussé ce petit coup de gueule contre les journalistes qui ont fait état d'une salle à moitié vide. Manifestement, c'est quand même ce qui a eu lieu.

Bon, mais enfin, de toute façon, les journalistes semblaient plus intéressés par les réactions du reste de la gauche face à une candidature de Jean-Luc Mélenchon annoncée pour la présidentielle que par les autres têtes d'affiches de la gauche. Et ça a vite fini par les agacer. Regardez la séquence repérée par nos confrères du HuffPost.

15:36
Locuteur 8

Le leader de la France insoumise minimise totalement le danger de l'extrême droite. Je le dis, c'est irresponsable. La question de l'union avec le leader de la France insoumise, je dis bien avec le leader de la France insoumise, est une question fermée. Et il faut avoir le courage de le dire plutôt que d'entendre dire une fiction qui nous coûte du temps. On prend une dernière question et on arrête. Vous espérez encore un revirement de Jean-Luc Mélenchon ? Personne ne l'estime. On avait arrêté maintenant. Finalement, c'était la dernière.

16:12
Élisabeth Borne

Voilà, c'est assez savoureux. Et finalement, cette primaire de la gauche, c'est encore les militants qui en parlent le mieux écoutés.

16:18
Locuteur 5

Si à la fin, il y a un candidat qui va réussir à faire 4 ou 5 %, bon bah... Je suis quand même hyper pessimiste, si je suis en premier. Réaliste, on va dire. Les espoirs de victoire limitée et un responsable de gauche de se lamenter, 2027 sera un mauvais moment à passer.

16:30
Présentateur

Pour revenir aux écolos, Nils, tout le monde a peur pour son poste en interne.

16:35
Élisabeth Borne

Oui, c'est vrai qu'ils ont tous la frousse, notamment pour les parlementaires, qui sentent venir un vent mauvais contre les écolos lors des prochaines législatives. Pour certains, il ne s'agit plus de s'imposer dans la course à l'Élysée, mais plutôt de sauver les beubles, à l'image de ce qui s'est passé pour les municipales. On rappelle quand même que le bilan des écolos aux municipales, il n'est pas terrible. Et puis d'autres ne digèrent pas les méthodes de Tondelier, tout simplement. Outre sa propension à s'imposer par l'intimidation dans le parti, il y a aussi son manque de fonds politiques, qui est régulièrement pointé.

Son interview à l'Humanité, il y a un an et demi, qui s'était quand même achevé en désastre, à marquer les esprits. Regardez, petit extrait.

17:14
Locuteur 8

Sur la lutte des classes, les choses sont simples. On est tous d'accord ici pour se dire qu'il n'y aura pas de transition écolo sans justice sociale, parce que la transition écolo sera juste ou ne sera pas. Que les premières victimes du changement climatique, mais des autres crises aussi, de l'effondrement de la biodiversité, des maladies environnementales, c'est toujours les plus précaires. C'est les personnes qui habitent le long du périph' en Ile-de-France, c'est les personnes dans les pays, genre Mayotte, qui sont quand même un peu moins protégées des catastrophes naturelles que d'autres. C'est comme ça que ça se passe. Donc il faut la fin du capitalisme.

17:50
Élisabeth Borne

Si vous voulez. Et le cadre écolo que j'ai interrogé pour préparer cette émission me dit, en dehors de dire qu'il faut une primaire, elle n'a pas d'autre action que de commenter la politique politicienne. Ce qui permet de construire une majorité, c'est un accord programmatique et une alliance pour les législatives. Devinez, qui justement a déjà un programme et qui propose une alliance, dit donc Jean-Luc Mélenchon en ce moment, ce qui fait enrager le reste de la gauche. Voilà, alors le patron de la France insoumise, il s'est fait adouber en grande pompe dimanche, cérémonie du 20h sur TF1 comprise.

Il n'est pas venu sur le média pour nous offrir cette exclusivité, mais bon, ce n'est pas grave, on se rattrapera sur d'autres informations. En tout cas, lui, il a déjà un programme et une armée de militants pour mener campagne. Et si ses adversaires s'en inspirent.

18:33
Présentateur

Merci beaucoup, Nils, pour tout ça. Marine Tondelier, j'espère qu'elle t'écoute et qu'elle pourra peut-être rectifier le tir si jamais elle en a la capacité. On lui souhaite. On lui souhaite, en tout cas. Merci. On va passer au dernier sujet. Le grand n'importe quoi cette semaine à l'Assemblée.

18:48
Élisabeth Borne

Oui, il y a comme un problème, en tout cas. Hier, on a appris que le député d'extrême droite, Charles Alloncle, avait eu recours à Tchad GPT pour trouver des sources à inclure dans son fameux rapport de la commission d'enquête sur l'audiovisuel. public des internautes ont trouvé l'adresse URL d'un article de presse avec la mention d'une utilisation de l'IA. Regardez. Voilà. Et puis, c'est quand même une méthode qui ne manque pas de sel quand on sait que Alloncle a accusé Lecornu d'utiliser l'intelligence artificielle pour rédiger ses postes sur X.

19:20
Locuteur 5

Quand vous regardez le tweet très long de Lecornu, vous vous dites, OK, le truc est tout droit sorti de Tchad GPT. C'est vraiment, vous posez la question basique, que pensez du rapport de Charles Alloncle en l'attaquant sur... Voilà. Tchad GPT qui n'avait pas eu le rapport, d'ailleurs. Qui n'avait pas eu le rapport. Mais bon, je pense que vous faites un prompt assez rapide. Vous avez exactement le tweet de Lecornu sans avoir le rapport et sans mettre le nez dans ses 400 pages. C'est en tout cas ce à quoi ça ressemble.

19:45
Élisabeth Borne

Bon, au moins maintenant, on sait qu'ils font pareil tous les deux. De son côté, son adversaire, le président de la commission, Jérémy Patrier-Lettus, a intégré de fausses citations de Cicéron et de Condorcet dans le rapport. Et oui, la culture, c'est comme la confiture. Vous connaissez le proverbe. L'élu Horizon a finalement reconnu qu'elle n'était pas sourcée et il les a retirées. C'est vraiment les sous-doués au pouvoir. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais enfin, quand même, ce n'est pas terrible. Remarquez en matière de boulettes, on a été servi ces derniers temps. Regardez par exemple Jordan Bardella qui confond l'Iran et l'Irak lors d'un discours.

20:19
Locuteur 4

Depuis le déclenchement de l'intervention américaine en Irak, les prix flambent. Le pétrole a explosé. Les approvisionnements sont perturbés. Et ce sont les Français les plus modestes qui paient la facture.

20:31
Élisabeth Borne

Ce n'est pas de chance. À une lettre près, il y était, dis donc. Remarquez, il va pouvoir se renseigner puisqu'il est en pleine tournée des chancelleries étrangères, comme l'a appris l'AFP. En quelques mois, le patron du RN a notamment rencontré l'ambassadeur d'Allemagne qui s'est bien gardé d'en faire la publicité. On le comprend. Et Marine Le Pen, celui d'Israël. Les deux ont été aussi reçus par l'émissaire de Trump à Paris. Voilà, ça, c'est pour la petite info. Toujours au RN, cette fois, on a aussi le député de Saône-et-Loire, Aurélien Dutrambe, qui a été élu au municipal à Autun, alors qu'il était déjà conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté.

Alors, il y a un petit souci, c'est que la loi sur le cumul des mandats interdit à un parlementaire de cumuler deux mandats locaux.

21:09
Présentateur

Mais il a essayé de démissionner, Nils.

21:11
Élisabeth Borne

Oui, mais ce grand génie de la politique a été contrarié dans ses plans parce que la loi interdit aussi de démissionner en cas de cumul du dernier mandat gagné. C'est ce qu'ont relevé nos confrères de Libération. Et donc, Dutrambe, qui conteste le résultat de l'élection municipale qu'il a perdue, devra donc quitter la région une fois son recours jugé. Voilà, encore une brillante manœuvre. Et puis, au camp de la Rennes, cette fois, on va en 2024. C'était un député qui a défendu à l'Assemblée un amendement de la France insoubise sur l'eau et le climat sans s'en rendre compte. Regardez.

21:43
Locuteur 1

L'eau est le défait numéro un de l'humanité, aussi bien d'un point de vue quantitatif que qualitatif. En France hexagonale, 490 300 personnes n'ont pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité. Et plus de 882 800 personnes n'ont qu'un accès limité à des installations sanitaires. 90% des cours d'eau sont pollués aux pesticides tandis qu'on trouve des microplastiques dans l'eau potable. Des millions de personnes ont des factures d'eau et d'assainissement qui représentent plus de 3% des revenus. Les Outre-mer sont particulièrement concernés. La moitié de l'eau part en fuite dans des canalisations vétustes. A Mayotte, l'accès à l'eau n'est pas garanti puisque les coupures...

Excusez-moi monsieur Girard

22:25
Élisabeth Borne

mais j'ai pas très bien compris si vous réagissez à l'amendement ? Voilà, donc il a défendu l'augmentation des crédits de l'Office français de la biodiversité pendant plus d'une minute alors que son parti aimerait plutôt supprimer effectivement les agences de l'État ce qui a fait ricaner les élus insoumis à l'époque. Coquerel évoque quand même une récréation. Et puis l'an passé, on va pas uniquement parler du RN, il en faut pour tout le monde toujours à l'Assemblée, les députés du Bloc central ont supprimé par erreur une taxe privant l'État de 5 milliards d'euros.

22:58
Locuteur 8

Je voudrais que le gouvernement nous dise combien nous venons de perdre en recettes là sur le dernier vote. Parce que là déjà pour ne pas aggraver le déficit nous devons trouver 10 milliards de recettes supplémentaires. Et donc avec cet amendement-là nous devons trouver 15 milliards de recettes supplémentaires. C'est un amendement à 5 milliards. 5 milliards. Ce qui... Je crois que ça peut arriver dans nos débats parce que...

23:24
Élisabeth Borne

Difficile à assumer dans ce contexte de vigueur budgétaire. Alors il s'agissait pour la petite histoire d'un amendement qui supprimait la C3S. Voilà, une horreur pour les patrons puisque c'est une contribution patronale que doivent payer les entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires supérieur à 19 millions d'euros quand même. Donc c'est pas les plus petits patrons. Bon, enfin, pour la petite histoire, la contribution a été rétablie lors d'un second vote. Ouf ! Et puis, dernière municipale, il y a eu pas mal de boulettes, on en avait parlé dans cette émission, dont celle-ci, mémorable, de la candidate d'extrême droite pro-Zemmour à Versailles.

Voilà, la reconquête de non-vide, c'est ce qu'on pouvait lire sur le tract. Oui, ça fait cher l'erreur. En réalité, la candidate avait tout simplement oublié de mettre Versailles à la place du nom générique dans le tract transmis par l'État-major de reconquête à ses têtes de liste. Et puis, il y a aussi ce très beau moment pour l'ancienne ministre du Travail de François Hollande, Myriam M. Collery, qui s'était planté sur le renouvellement des CDD. Attention, moment pépite.

24:25
Locuteur 8

On peut le renouveler combien de fois, le CDD ?

24:27
Locuteur 10

Trois fois. Combien ? Jusqu'à trois ans. Non, mais combien ? M. El Khomri ? Trois fois ? Vous êtes certaine de ça ? Un CDD, combien ? Un CDD peut être requalifié en CDD. Pardon. Un CDD peut être requalifié en CDI quand justement le cadre du recours au CDD n'a pas été requié. Mais dites-moi,

24:51
Locuteur 8

il peut être renouvelé combien de fois, le CDD ? Il peut être renouvelé plusieurs fois. Combien de fois ? Maximum ? Je ne pourrais pas vous le dire. Parce que vous ne le savez pas. Deux fois. Il peut être renouvelé deux fois depuis... Savez-vous depuis quand ? Depuis le mois d'août dernier. Qui est une mesure gouvernementale de votre gouvernement, Myriam El Khomri.

25:13
Élisabeth Borne

Voilà, et puis pour tenter de sortir indemne de ce piège tendu par Bourdin, Myriam El Khomri avait alors tenté cette réponse. On peut renouveler trois fois en trois ans un CDD. C'est toujours faux pour la ministre du Travail. Il est possible pour un employeur de renouveler en principe au maximum deux fois un CDD qui doit rester l'exception et le CDI la règle. Enfin bon, ça c'est la théorie. On sait tous comment ça fonctionne en réalité. Bref, un plantage bien embarrassant à l'époque. Alors moi personnellement, Cyril, j'ai une petite préférence pour cette blette de Frédéric Lefebvre, l'ancien ministre sarkoziste. C'était une autre vie, une autre époque. C'était en 2011. Regardez ici.

25:44
Locuteur 9

Parmi tous les livres que vous avez lus dans votre vie, lequel vous a le plus marqué jusqu'à présent ?

25:51
Locuteur 7

Le plus marqué ? Sans doute, Zadig et Voltaire. Parce que c'est une leçon de vie et je m'y replonge d'ailleurs assez souvent.

26:04
Élisabeth Borne

Voilà, il a un très beau sourire de gagnant. Effectivement, c'est une belle leçon de vie que cette ancienne élue qui a confondu le compte philosophique de Voltaire, Zadig, avec la marque de prêt-à-porter Zadig et Voltaire. Oui, en bon parisien, voilà, il fréquente plus les boutiques

26:17
Présentateur

que les bibliothèques. Merci beaucoup, Nus, pour ce best-of des boulettes de nos politiques. C'est déjà la fin de cette émission. Merci de nous avoir suivis. N'oubliez pas qu'il y a notre campagne actuellement pour aller sur la TNT Île-de-France. Donc, n'hésitez pas à aller sur tnt. lemédiatv.fr. On se retrouve la semaine prochaine, Nils ?

26:39
Élisabeth Borne

Eh oui, le best-of politique, ça permet aussi de se détendre. Même les journalistes ont besoin de rire un peu, surtout en cette période anxiogène.

26:47
Présentateur

Merci beaucoup, Nils. Je vous laisse avec la suite de nos programmes sur le média. Je vous souhaite de passer un bon week-end.