Pourquoi les prix des carburants ne baissent pas alors que les navires sortent d'Ormuz ?
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Chapitres
Questions et réponses
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Est-ce qu'effectivement, le pétrole sort de nouveau du détroit d'Hormuz ?
- 2:19OuverteRéponse directe
C'est sous contrôle à présent ?
- 3:12OuverteRéponse directe
Quel est le prix du litre de gazole, d'essence, de sans plomb que vous vendez aujourd'hui ?
- 3:34OuverteRéponse directe
Est-ce que vous faites une marge sur le litre d'essence ?
- 4:18OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez vu une tendance à la baisse ces dernières semaines ?
- 4:36OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez des pénuries ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52InvitéChiffre
« Oui, alors pour Hormuz, 13,5 millions de barils par jour la semaine dernière. »
- 1:02InvitéFait
« C'est donc du jamais vu depuis le début du blocus, il y a sept mois. »
- 1:41InvitéFait
« pour l'Arabie Saoudite, son oléoduc qui traverse le pays d'Est en Ouest a repris du service le 22 septembre. »
- 2:00InvitéChiffre
« Dix pétroliers ont quitté le port d'Arabie Saoudite, par exemple, durant le week-end dernier. »
- 2:03InvitéChiffre
« 9,5 millions de barils sortis d'Arabie Saoudite dimanche, un record depuis le début du conflit. »
- 5:11PrésentateurChiffre
« les pays du Golfe parvenaient à exporter 80% de ce qu'ils exportaient avant la guerre. Au pire moment de la crise, on était tombé, je crois, à 30%. »
- 5:39PrésentateurChiffre
« On était à 2,40 vers le 18-19 septembre. On est à 2,37 maintenant. »
- 7:29PrésentateurFait
« Les stocks mondiaux pétroliers continuent à baisser parce qu'on tire dedans depuis des mois. »
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8h, 20h, RTL Soir, avec Anne-Sophie Lapix.
Je
suis à la moitié, j'ai fait le plein d
'art.
En ce moment, le plein, il est à 160 euros, alors qu'avant, il était à 120.
Témoignage d'un chauffeur au micro de Mathilde Piquet. Encore un record, le prix à la pompe du gazole dans l'Union Européenne a atteint un sommet historique. Aujourd'hui, avec une moyenne de 2,24 euros le litre. En France, c'est 2,37 euros en moyenne. En Allemagne, 2,44 euros, même si ça ne va pas nous consoler. Et pourtant, on a appris en début de semaine que le pétrole sortait à nouveau des pays du Golfe. Qu'Hormuz n'était plus vraiment fermé. Alors, pourquoi les prix à la pompe s'envolent quand le pétrole sort de nouveau d'Hormuz ? C'est la question de la preuve par trois. Bonsoir Bénédicte Tassar. Bonsoir Anne-Sophie, bonsoir à tous. Vous êtes chef du service international de RTL.
Est-ce qu'effectivement, le pétrole sort de nouveau du détroit d'Hormuz ?
Oui, alors pour Hormuz, 13,5
millions
de barils par jour la semaine dernière. Alors, on est revenu à des niveaux d'avant-guerre, 20% après, selon une plateforme de suivi des matières premières. C'est donc du jamais vu depuis le début du blocus, il y a sept mois. Tous les jours, sous protection américaine, des convois de plusieurs navires passent en file indienne, très discrètement. Ils éteignent tout ce qui est susceptible de les faire repérer par les Iraniens, leur signal, leur téléphone, leurs ordinateurs. Tout est coupé quand ils entrent dans le détroit. On parle ici de pétrole brut non iranien, qui vient des pays du Golfe, d'Irak. Donc, seuls les Iraniens ne peuvent écouler leur pétrole brut par le détroit d'Hormuz.
Téhéran a perdu donc cet important moyen de pression, à moins que les Iraniens ne reprennent leurs attaques.
L'Arabie Saoudite a aussi trouvé la parade pour faire sortir son pétrole.
Alors,
pour l'Arabie Saoudite, son oléoduc qui traverse le pays d'Est en Ouest a repris du service le 22 septembre. Dix jours après les frappes lancées depuis l'Irak, le pétrole est donc bien écoulé jusqu'au terminal de Yonbu, sur la mer Rouge. Dix pétroliers ont quitté le port d'Arabie Saoudite, par exemple, durant le week-end dernier. Et l'un d'entre eux, d'ailleurs, se rendait à fosse-sur-mer. 9,5
millions
de barils sortis d'Arabie Saoudite dimanche, un record depuis le début du conflit. L'Arabie Saoudite, on le rappelle, c'est le premier exportateur mondial de brutes.
Alors, il y avait un autre blocage qui a été provoqué par les outils, les rebelles outils au Yémen. C'était à l'entrée de la mer Rouge à Bab-el-Mandeb.
C'est sous contrôle à présent ? Alors, là, c'est toujours bloqué. Le détroit de Bab-el-Mandeb, c'est donc entre le Yémen et la camp de l'Afrique, entre la mer Rouge et l'océan Indien. Et là, ce sont donc ces fameux outils qui sèment la panique, incitant les cargos à se dévier vers une route beaucoup plus longue, tout au bout de l'Afrique, par le cap de Bonne Espérance. Chute du trafic, toujours dans ce dédroit.
Alors, merci Bénédicte.
Alors,
les exportations de pétrole des pays de la région sont au plus haut depuis le début de la guerre, on l'a compris. Nous allons voir ce que cela donne auprès d'un distributeur de carburant, ou plutôt d'une distributrice. Bonsoir Jeanne. Bonsoir Madame Lafix. Bonsoir à tous. Bonsoir. Vous êtes propriétaire du Carrefour Contact de Saint-Julien en Côte d'Or, près de Dijon. Et vous vendez du carburant,
c'est ça
?
Oui, c'est ça. Alors, avant d'être distributeur de carburant, je suis avant tout un magasin alimentaire avec une station service, puisqu'on a racheté ce magasin qui avait une station service.
Et
quel est
le prix du litre de gazole, d'essence, de sans plomb que vous vendez aujourd'hui
?
Alors nous, on doit être aux alentours de 2,40 en ce moment, et l'essence, elle doit être à 2,29. Nous, on a des prix négociés par notre central d'achat,
de
notre grand groupe. Donc
vous n'avez pas le choix, vous ne négociez avec personne ? Non, voilà.
Moi, je ne négocie pas. Je vends de l'essence, en fait, c'est tout.
Et est-ce que, je peux vous demander si vous faites une marge sur le litre d'essence ?
Bien
sûr qu'on fait une petite marge. Alors, elle est très, très mime, c'est infime. On ne gagne rien, nous, sur un litre d'essence. C'est-à
-dire
? Je pense que les grands... On va gagner jusqu'à 4 centimes, pas plus. 4 centimes par litre, donc voilà. Je ne pense pas être la plus voleuse, entre guillemets. Je pense que l'État peut peut-être réfléchir un petit peu. En fait, c'est nous qui recevons les invectifs des clients. C'est nous qui servons. Donc c'est vers nous qu'ils viennent nous voir et qu'ils sont... Je comprends leur incompréhension. Je fais des kilomètres tous les jours aussi pour aller au travail. Je paye mon essence aussi. Donc c'est compliqué.
Est-ce que vous avez vu quand même une tendance à la baisse ces dernières semaines
?
Oui, oui, oui. Je pense que les gens font très attention. La
baisse de la consommation, mais la baisse des prix. Oui.
Oui, la baisse des prix. Écoutez, ça a baissé il y a les deux derniers jours. Et là, ce matin, le prix était remonté. Et est-ce que vous craignez des pénuries
?
Écoutez, nous, avec notre groupe, on est plutôt bien achalandés et bien soutenus. Donc pour l'instant, on n'a pas de problème. Je pense qu'ils ont l'habitude de traiter ce genre de choses. Donc pour l'instant, nous, on ne nous annonce pas du tout de pénurie. On n
'a
pas de souci là-dessus.
Merci beaucoup, Jeanne, pour ce témoignage. On va essayer de comprendre pourquoi ça ne baisse pas, malgré la hausse des exportations de pétrole du Golfe, avec Francis Perrin, directeur de recherche à l'IRIS et chercheur associé au Policy Center for the New South, Rabat. Bonsoir, Francis Perrin. Bonsoir. On a entendu tout à l'heure, Bénédicte Tassar nous expliquer que les pays du Golfe parvenaient à exporter 80% de ce qu'ils exportaient avant la guerre. Au pire moment de la crise, on était tombé, je crois, à 30%. Pourquoi cette amélioration ne se voit pas dans les prix à la pompe ?
Alors,
il est tout à fait exact que des volumes beaucoup plus importants que par le passé passent par le détroit d'Ormous sous protection américaine, comme vous l'avez évoqué tout à l'heure. Donc, pourquoi est-ce que ça ne bouge pas beaucoup sur les prix ? Il
y
a une petite baisse, si on prend le gazole, mais toute petite. On était à 2,40 vers le 18-19 septembre. On est à 2,37 maintenant. Donc, finalement, ça fait moins de 3 centimes. Ce n
'est
pas grand-chose, c'est l'épaisseur du trait. D'abord parce qu'en dépit des progrès sur les exportations de pétrole à partir du Moyen-Orient, les tensions restent très fortes. Tensions Iran-États-Unis, tensions outils au Yémen Arabie Saoudite, tensions milices pro-Iran en Irak Arabie Saoudite, etc. Donc, les marchés restent très prudents. Les négociations Iran-États-Unis par des intermédiaires, pour l'instant, ne débouchent pas. Et certains même redoutent qu'il puisse y avoir une reprise des hostilités à un niveau beaucoup plus fort.
C
'est un scénario, ce n'est pas une prévision. Donc, prudence des marchés. Deuxième élément.
Les
anticipations des marchés ne sont pas bonnes. Donc, c'est pour ça qu'ils continuent de laisser les prix à ces niveaux-là. Tout à fait. Deuxième élément clé. Nous avons dit que beaucoup plus de pétrole sort
d
'Hormuz. Ce qui est parfaitement vrai. Mais beaucoup plus de pétrole brut.
Par
contre, pour les produits raffinés,
dont
les carburants, la situation reste très perturbée. Parce que les États-Unis, les pays arabes du Golfe, mettent l'accent sur l'exportation maximale de pétrole brut. Ça se comprend. Soit par Hormuz sous protection américaine. Soit par des oléoducs permettant de contourner Hormuz. Vous avez évoqué l'oléoducs Est-Ouest à travers l'Arabie Saoudite. Mais ces oléoducs, c'est du pétrole brut. Et les tanqueurs qui passent, c'est surtout pas uniquement du pétrole brut. Donc, pour les produits raffinés, dont les carburants, on a encore une situation qui est très tendue.
Et en plus, le Moyen-Orient, plus la guerre Russie-Ukraine et les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, ce qui accroît encore un peu les tensions sur le marché des carburants, notamment du gazole. Donc ça, c'est un élément très important. Les stocks mondiaux pétroliers continuent à baisser parce qu'on tire dedans depuis des mois. Donc c'est aussi un facteur haussier. Dans ce paysage pas forcément très gai, il y a peut-être un élément positif, mais avec un point d'interrogation. Le président américain évoquait le possible arrêt des exportations de gazole par les États-Unis,
ce
qui aurait été une très mauvaise nouvelle supplémentaire. Alors, avec Donald Trump, il faut se méfier. Il a dit pendant longtemps, je pense que
c
'est une bonne idée. Tout récemment, il a dit que ce n
'est
peut-être pas une bonne idée. Alors, il n'a pas encore pris sa décision, mais il faut espérer qu'il reste sur ce dernier sentiment. Ce n
'est
pas une très bonne idée. Parce que si on devait avoir à la fois des perturbations pour les produits raffinés Moyen-Orient, Russie-Ukraine plus États-Unis, là évidemment, les prix pourraient repartir à la hausse et le risque d'une pénurie, au moins sur certains produits, serait encore plus élevé. Merci beaucoup Francis Perrin pour ces explications. C'était la preuve par trois.