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ChroniqueSébastien Gobert· 19 octobre 2025 11 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

À Zaporijjia, une trêve inédite pour sauver la centrale

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  • 3:00Sébastien GobertFait
    « Si ça vous étonne et que vous n'en avez pas entendu parler, c'est parce qu'il s'agit d'un cesser le feu très localisé et tout à fait temporaire. »
  • 4:00Sébastien GobertFait
    « La centrale, on le sait, la plus grosse d'Europe est occupée par l'armée russe depuis mars 2022. »
  • 5:00Sébastien GobertFait
    « Les six réacteurs nucléaires ont été mis hors tension afin d'éviter d'éventuels incidents. »
  • 6:00Sébastien GobertFait
    « La ligne n'a pas été réparée tout de suite et que donc ce sont des générateurs au diesel qui ont assuré l'approvisionnement électrique de la centrale. »
  • 7:00Sébastien GobertFait
    « La trêve a été déclarée le 17 octobre, les travaux ont commencé le 18 octobre et ça doit durer pour environ une semaine. »
  • 8:00Sébastien GobertFait
    « Ce sont les Russes qui gèrent la centrale et qui donc contrôlent le flux d'information. »
  • 9:00Sébastien GobertFait
    « La Russie a attendu la 4e semaine de cette coupure de courant pour s'accorder sur un cesser le feu. »

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Depuis le 17 octobre, l'Ukraine et la Russie ont conclu une trêve et une trêve qui tient bon sans bombardement ni combat. Si ça vous étonne et que vous n'en avez pas entendu parler, c'est parce qu'il s'agit d'un cesser le feu très localisé et tout à fait temporaire. Il a été conclu le temps que les deux belligérants réparent une ligne à haute tension pour restaurer l'approvisionnement électrique de la centrale nucléaire de Zaporegia.

C'est donc un épiphénomène mais particulièrement intéressant qui porte en soi autant de positif que négatif ou pour ne pas y appliquer de jugement moral autant de constructif que de destructif. Alors parlons-en. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo que j'enregistre 2 jours après la réception de Volodimir Zelenski à la Maison Blanche.

Bon là-dessus, pas forcément besoin de s'éterniser. Je pense que vous avez lu et vous avez entendu toutes les analyses qu'il fallait. Et si jamais ce que je pense de la question vous intéresse, je vous renvoie à la vidéo que j'avais enregistré juste après le coup de fil entre Vladimir Poutine et Donald Trump.

Fondamentalement, rien n'a changé depuis et rien ne va probablement changer avant leur sommet à Budapest et avant que Donald Trump ne réalise une nouvelle fois que il s'est fait balader par un Vladimir Poutine qui voulait gagner du temps. Je commenterai juste ici sur cette photo que j'ai posté ce weekend sur mes réseaux sociaux X et Blue Sky. Je n'imagine pas une seule seconde Donald Trump recevoir Vladimir Poutine à la Maison Blanche et déployer une coorte de journaliste dans son dos et dans le dos de son équipe le long d'une table de salle à manger à la Maison Blanche.

Parce que ce plan de table, ce dispositif quand même particulièrement inconvenant pour la partie ukrainienne, je pense que elle en dit beaucoup plus long que 1000 conférences de presse à la fois sur le traitement de Volodimir Zelenski par Donald Trump et sur la politique générale de l'administration Trump. Je suis évidemment pas le seul à l'avoir remarqué hein sur les réseaux sociaux, on jasse beaucoup sur ce dispositif, sur ce plan de table. Et je vous renvoie juste à cette autre photo avec ce commentaire qui est quand même particulièrement rigolo.

C'est Zelenski qui dit "Arrès la guerre, j'ouvre une école de selfcô, une école de maîtrise de soi." Et la conclusion principale ici qui a été reprise par des dirigeants européens comme Friedrich Schmerz mais surtout Donald Tusk, c'est que les Européens et les Ukrainiens n'ont rien à attendre de l'administration Trump sur ce dossier, qu'ils doivent se prendre en main et mener cette guerre pour la gagner ou pour la perdre mais par eux-mêmes et donc sans attendre le retour d'un gendarme américain sur le continent européen. Là où Donald Trump peut se montrer très décisif, que ce soit au proche ou au Moyen-Orient ou dans sa reprise en main du continent sud-éricain dans la tradition de la doctrine Monro.

Sur le dossier de la guerre russe contre l'Ukraine, il ne fait que brasser du vent et ça depuis déjà le mois de janvier. Donc cette conclusion s'applique principalement aux Européens parce que sur le terrain, on voit que les Ukrainiens n'attendent plus les Américains pour prendre des décision stratégique et notamment dans leur campagne de frappe dans la profondeur russe. Et donc sans transition aucune, ça m'amène au sujet que je voulais aborder aujourd'hui, c'est celui de la centrale nucléaire de Zaporigia où là par exemple, on voit que la situation est en train de se dénouer sans aucune participation des Américains.

La centrale, on le sait, la plus grosse d'Europe est occupée par l'armée russe depuis mars 2022 et depuis elle accumule énormément de problème. Son personnel et ses ingénieurs sont partis en exil où ont été remplacés par les Russes. Les installations sont mal entretenues notamment parce que les liaisons au réseau électrique ukrainien ont été soit endommagées soit coupées.

Et ce qui fait que petit à petit, notamment sous la pression de l'Agence internationale d'énergie atomique, la IEA, les six réacteurs nucléaires ont été mis hors tension afin d'éviter d'éventuels incidents. Mais des réacteurs hors tension ont quand même besoin d'un approvisionnement en électricité pour des questions de refroidissement, de ventilation ou encore du maintien des dispositifs de prévention et de sûreté. Ça fait déjà plusieurs mois qu'il ne reste plus que une seule ligne à haute tension de 750 kV qui relie la centrale au réseau électrique et notamment au réseau électrique ukrainien au travers du fleuve de NIPro. et le 23 septembre, cette ligne a été rompue.

Évidemment, les deux parties s'accusent mutuellement et évidemment on ne sait pas exactement comment cette ligne a été rompue et d'où venait le projectile qui a causé cette rupture. Mais toujours est-il que la ligne n'a pas été réparée tout de suite et que donc ce sont des générateurs au diesel qui ont assuré l'approvisionnement électrique de la centrale. Donc jusqu'ici rien de vraiment catastrophique, même si évidemment c'est préoccupant, mais c'est la 10e coupure d'électricité complète et la 42e partielle qui frappe la centrale nucléaire de Zaporigia depuis mars 2022.

Donc le personnel sur place et les observateurs de la IEA ont déjà pris certaines habitudes et les générateurs diesel fonctionnent assez bien. Seulement cette fois la ligne n'a pas été réparée la première semaine, la deuxè semaine, la 3è semaine et le 23 septembre ça commence à dater. Et donc ces derniers temps l'inquiétude est montée auprès de toutes les parties concernées, les Ukrainiens évidemment, LAAEA, mais aussi les Russes qui ont enfin consentiève localisée le temps de réparer la ligne à haute tension qui approvisionnait la centrale.

Et donc la trêve a été déclarée le 17 octobre, les travaux ont commencé le 18 octobre et ça doit durer pour environ une semaine. Et ça c'est quand même majeur en soi puisque à part les échanges de prisonniers et de dépouill de soldats qui se produisent assez régulièrement, on a aucun exemple d'une coopération entre ukrainien et russe en bonne intelligence et ça depuis février 2022. Au niveau des CC le feu, on a juste eu des mascarades de trêves qui ont été déclarés unilatéralement par Vladimir Poutine plutôt cette année, donc au moment de pâqu et au moment du 9 mai.

Mais ça c'était pour faire plaisir à Donald Trump sur le papier. Et ce sont des cessés le feu qui ont été violés instantanément alors que celui-ci, ce cesser le feu autour de la centrale de Zaporigia, il tient bon et il y a toute raison de croire qu'il va tenir jusqu'à la fin des travaux de réparation. Et donc ça c'est le côté positif, le côté constructif.

Kief et Moscou ont gardé des canaux de communication qu'ils peuvent réactiver si besoin est, là en l'occurrence par l'intermédiaire de la IEA et ça leur permet de régler des problèmes concrets. Mais ça ne doit quand même pas faire oublier le côté plus négatif, plus destructif, c'est que la Russie a attendu la 4e semaine de cette coupure de courant pour s'accorder sur un cesser le feu. Elle a résisté, résisté, résisté et finalement elle a cédé.

Ce qui veut dire que la situation était probablement mauvaise et que l'on est sans aucun doute passé encore à un cheveux de ce que l'on pourrait appeler pour rester sobre une détérioration de la situation. Évidemment, on n' pas tous les détails dans ce contexte de guerre. Ce sont les Russes qui gèrent la centrale et qui donc contrôlent le flux d'information.

Mais même si c'était les Ukrainiens, on a'aurait pas forcément toutes les informations. Mais en tous les cas, on peut deviner en recoupant les informations que je viens tout juste de mentionner que la situation n'était pas bonne. Si la situation n'est pas bonne à la centrale de Zaporia, évidemment, elle n'est bonne pour personne, que ce soit dans la région ou sur le reste du continent européen.

Ça, j'ai pas forcément besoin de vous faire un dessin. Mais en l'occurrence, ça veut aussi dire que la situation n'est pas particulièrement positive pour la Russie elle-même. car le plan du Krémelin, on le connaît depuis déjà très longtemps, c'est de débrancher la centrale du réseau électrique ukrainien pour le connecter au réseaux russe afin de relancer les réacteurs nucléaires et de faire en sorte que l'électricité qu'il produisent soit destinée au réseau russe.

Et ça, ça fait déjà 3 ans que les Russes travaillent dessus. Alors si cette fois encore pour la 10e fois ils ont dû solliciter un approvisionnement électrique du côté ukrainien, ça veut tout simplement dire que ils ne sont toujours pas prêts et que en 3 ans, ils n'ont pas réussi à construire un réseau de ligne à haute tension pour alimenter la centrale nucléaire de Zaporigè. Et ça ça en dit long sur les défis que les Russes rencontrent dans l'aménagement des territoires occupés et notamment dans leur approvisionnement énergétique.

Puisque entre l'arrêt de la centrale nucléaire de Zaporigia et l'explosion du barrage de Novakarovka qui alimentait une centrale hydraulique, c'est en fait tout ce bassin de population, tout ce sud-est de l'Ukraine qui souffre d'une pénurie d'électricité. Et d'ailleurs, en parlant de Novakarovka, on peut aussi mentionner que l'explosion a de nouveau asséché le canal de la Crimée du Nord qui a poser énormément de problèmes en terme d'irrigation des terres et en terme d'approvisionnement en occurrente. Si on revient sur le cas de la centrale de Zaporigia, si les Russes ont de nouveau sollicité un approvisionnement depuis le réseau ukrainien, c'est que ils ont aussi mal travaillé à l'interconnexion du réseau de Russie à celui de l'Ukraine occupée.

Et ça quand même en 3 ans ça commence à poser questions. Alors des villes, des territoires occupés, donc ça on le voit notamment sur les chaînes télégram, on voit qu'il n'y a pas de situation humanitaire qui soit particulièrement catastrophique. Ce n'est pas comme si ces villes étaient plongées dans le noir depuis déjà 3 ans.

Mais par contre, on sait qu'il y a beaucoup de problèmes épisodiques, saisonniers et récurrents. Et par exemple des agglomérations comme Méltopole ou Donet souffrent régulièrement de pénurie d'électricité et dans le cas de Donetsk d'un problème d'approvisionnement en eau potable qui a été particulièrement ressenti cet été. S'ajoute à ça évidemment les pénuries d'essence qui maintenant s'étendent à tout le territoire de la Fédération de Russie et qui sont particulièrement aigus dans les territoires occupés, notamment la Crimée et éventuellement les problèmes à venir sur le réseau électrique russe suite à la multiplication des attaques ukrainiennes sur des sous-stations et des transformateurs dans plusieurs endroits de la Russie.

Ça fait déjà plusieurs jours que l'on voit ça et ça commence à ressembler à un plan pour couper le réseau en plusieurs endroits. Et donc ce qui fait que que ça soit pour la Russie ou pour les territoires occupés, on ne peut qu'imaginer que la situation énergétique n'est pas vraiment facile et qu'elle va encore plus se compliquer cet hiver. Évidemment, en disant ça, je n'oublie pas que la situation dans le reste de l'Ukraine n'est pas bien meilleure et pour les territoires ukrainiens contrôlés par le gouvernement de Kief, l'hiver va aussi être très difficile.

Mais donc à travers ce cesser le feu qui est une bonne nouvelle pour la sûreté nucléaire de Zaporigia. On a donc une série d'indications sur la situation énergétique des territoires occupés sous administration russes et cette situation n'est vraiment pas reluisante. Donc voilà, évidemment situation à suivre comme la plupart des thèmes que j'aborde ici mais en tout cas ça valait le coup je pense de mettre un peu la lumière sur cet épiphénomène sur cette trêve entre ukrainien et russe qui est très localisé et tout à fait temporaire mais qui effectivement marche.

Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. Je file et je vous retrouve très vite.