CORRUPTION : LE PROCÈS QUI PEUT COÛTER CHER À RACHIDA DATI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 50 %Défensif 50 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:09Chiffre
« Elle exige 300000 € hors taxe par an pour un forfait de 300 heures annuelles, soit 1000 € de l'heure, le taux horaire des cabinets d'affaires les plus prestigieux du monde. »
- 16:03Fait
« Le titre d'avocat est-il vraiment l'objectif ou le moyen d'accéder à autre chose ? »
Temps de parole
- ?99 %
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Une ancienne garde des saut jugée pour corruption et trafic d'influence. Pour le second épisode de notre nouvelle chronique judiciaire, je vous emmène au cœur du procès Rachida Dati. [musique]
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Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue au Tribunal Judiciaire de Paris pour la seconde édition de notre nouvelle chronique judiciaire. Merci pour tous vos commentaires et vos encouragements. Sachez que je lis tous vos retours sur YouTube. N'hésitez pas à venir nous soutenir sur capk.fr car comme vous le savez, la justice française est rendue au nom du peuple français et pourtant on n'y comprend pas toujours grand-chose. Or, la justice, c'est un maillon essentiel de notre République démocratique. On a plutôt intérêt à bien regarder ce qui s'y passe et à bien la comprendre. Allez, venez, je vous emmène sur les bancs de la justice française.
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Une ancienne garde des saut devant la justice pour corruption et trafic d'influence, c'est inédit et ça met les magistrats dans une position très délicate. Car Rashid Adati a non seulement été leur ministre de 2007 à 2009, mais aussi leur collègue et elle souhaite d'ailleurs le redevenir. Elle a été réintégrée dans la magistrature cet été, c'est de droit après une mise à disposition, même si celle-ci a duré plus de 20 ans. Pour le moment, elle n'a pas d'affectation. Elle est donc rémunérée sans avoir de poste.
Mais le 4 septembre dernier, le ministère de la justice, dirigé par Gérald Darmanin, a eu l'idée de génie de lui proposer un poste au sein de son secrétariat général 15 jours avant le début de son procès. Si l'objectif était de mettre l'ensemble de la magistrature dans l'embarras, c'est réussi. Et c'est au Conseil supérieur de la magistrature, l'organe qui garantit l'indépendance de l'autorité judiciaire, de donner son avis consultatif sur cette réintégration alors même que l'avenir judiciaire de Rachid Adati est incertain. Va-t-il attendre la décision de jugement d'après nos informations ? Non. Le ministre va-t-il suivre la vie en cas de rejet de cette nomination ? Mystère ?
Car la dernière garde des saut à avoir osé rompre cette tradition républicaine de suivre les avis du CSM en matière de domination était Rachi Adati elle-même.
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Alors si juger les politiques a toujours été très périlleux pour la justice, juger Rachi Adati l'aide d'autant plus et on a senti, on ne va pas se mentir, une forme de pudeur de gazelle dans la gestion de l'audience par la présidente du tribunal correctionnel.
très réactive au moindre haussement de voix ou échange un peu mordant alors qu'en audience l'agacement du mise en cause coincé par des questions précises peuvent conduire à des déclarations spontanées parfois utiles à la manifestation de la vérité mais la présidente va couper court entravant cette possibilité et donnant l'impression de protéger un peu madame Dat que le système judiciaire marche sur des œufs chaque jour quand Rachidati arrive au tribunal judici Judicière de Paris en femme politique d'expérience.
Elle s'avance d'un pas décidé, petite mallette à la main, dit bonjour autour d'elle, serre la main des policiers à l'entrée de la salle d'audience alors que les caméras sont braquées sur elle.
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À l'intérieur de cette grande salle 2011 où la clime est poussée à fond, Rachida Dati a d'abord tenu une posture d'humilité face à la justice. Effacée, parlant très bas, très poliment. Quand elle est assise sur le strapontin des mises en cause, elle tourne le dos à la salle et ressemble de loin à une petite dame toute fragile, toute menue, enfoncé dans sa veste. Alors, je vous rassure, cette posture n'a duré que 2 jours avant que la DATI que nous connaissons tous refasse surface. Et c'est pendant ces deux premiers jours que sa défense a aligné les demandes de nullité et autres réclamations procédurales.
C'est un grand classique des affaires politico-financières et sauré la procédure par le biais de recours en tout genre. C'est leur droit le plus strict évidemment, mais cela rend visible la grande différence avec le commun des mortels car il faut quand même avoir les moyens de payer du temps d'avocat pour ça. Mais en plus, cela frise parfois les manœuvres dites dilatoires, c'est-à-dire des actions dont l'objectif est de gagner du temps ou en tout cas d'en faire perdre au processus judiciaire. Car quand un calendrier vous restreint sur 6 jours d'audience et que deux sont déjà utilisés sur du procédural, le temps des auditions notamment de madame Dat se réduit comme pot de chagrin.
Et la défense a notamment voulu remettre en cause la légitimité des partis civiles, créant une passe d'armes virulente entre avocats. Nous voici donc embarqué dans une tirade de maître Baratelli, l'un des quatre avocats de madame Dati, avocat du royaume du Maroc sur un autre dossier. Il a conspué les parties civiles une à une dont des associations comme ass corruption, transparency ou anticorps, mais aussi et surtout l'entreprise Renault SAS. Maître Baratelli a dénoncé ainsi la présence de, je cite tous ses procureurs de substitution comme si le parquet n'était pas assez grand pour se débrouiller tout seul, a-t-il raillé.
Il va jusqu'à accuser Renault d'avoir, je cite, braconné un surcis à statué dans une autre affaire l'opposant à Carlos Gaone. L'ancien PDG demande à Renault des droits à la retraite et des indemnités financières. Or, cette décision a été suspendue en attendant la justice pénale et parce que Renault y est partie civile. Voilà donc Baratelli hurlit que la partie civile de Renault est une manœuvre délit d'audience dit-il. Escroquerie au jugement, trouble à l'ordre public. Il exige qu'il soit exclus Manu Military de la salle. Alors nous, on est un peu interloqué.
[musique] Ils veulent nous expulser car nous avons la connaissance intime du fonctionnement de l'entreprise et [musique] de sa gouvernance et que nous apporterons une contradiction précise, annonce maître E, l'avocat de Renault. Ambiance tendue, les adversaires sont désormais clairement positionnés. Renault tiendra la gorgée haute à l'ancienne ministre. Ça commence bien et on n' pas encore commencé à aborder le fond du dossier. Il faudra attendre le 2e jour du procès à 17h30 pour qu'enfin nous effleurions les premiers éléments mettant en cause Carlos Gaun jugé en son absence et Rachid Adati pour des faits d'abus de pouvoir, d'abus de confiance, de corruption et de trafic d'influence.
Alors cette affaire nous plonge dans les affres des relations opaques de Rachid Adati et Carlos Gaon noué entre 2009 et 2013. À l'été 2009, Rachida Adati quitte son fauteuil de ministre de la justice pour prendre celui de députée européenne et elle se précipite pour créer un cabinet de conseil demander au barreau de devenir avocate par le biais de passerelle professionnelle et démarcher les grands groupes pour leur proposer ses services. Parmi eux, Renault à l'époque dirigé par le sulfureux Carlos Gone. Carlos Gon connaît déjà madame Dati.
Il l'a rencontré en 2007 pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozi, puis l'avait revu plusieurs fois avant de soutenir financièrement sa campagne au municipal de 2008. Alors en 2009, il répond positivement à sa démarche de prospection. Une convention entre eux est signée le 28 octobre 2009. Dans cette convention, Rachid Adati propose de participer à je cite la politique d'expansion internationale de votre groupe notamment dans les pays du Moyen-Orient et du Maghreb.
Pour se faire, elle doit notamment participer à des réunions de travail et je cite "rendre un compte-rendu annuel d'activité précisant les dossiers sur lesquels je serais intervenue, les résultats obtenus et cetera et cetera. Pour cela, elle exige 300000 € hors taxe par an pour un forfait de 300 heures annuelles, soit 1000 € de l'heure, le taux horaire des cabinets d'affaires les plus prestigieux du monde. Rachid Adati exige aussi que Carlos Gon soit son principal interlocuteur et veut une totale confidentialité sur l'existence de cette collaboration. Aucune des deux parties n'est autorisée à la dévoiler sans l'aval de l'autre.
Pour le parquet national financier, cette convention est l'élément clé du pacte de corruption. Premièrement, elle est signée directement entre Rachidati et Carlos Gaon lui-même et non l'entreprise Renault ou le responsable du service juridique ou achat, ce qui est visiblement peu commun pour un grand groupe du CAC 40. Carlos Gogne signe en tant que PDG de RnBV, une SARL néerlandaise dont Renault et Nissan sont actionnaires à 50 %. RBV est une structure annexe servant de support stratégique à l'alliance entre les deux constructeurs français et japonais.
Or, cette structure est vue par l'accusation et la partie civile dont l'entreprise Renault elle-même comme une sorte de boîte noire qui aurait permis à Carlos Gon d'opérer des transactions financières illégales. Ces comptes ne sont pas consolidés ni chez Renault ni chez Nissan. Cela veut dire que la comptabilité de cette entreprise n'apparaît pas dans celle des deux groupes. Les compte-rendus annuels financiers y sont peu détaillés, limitant la visibilité réelle sur ces dépenses. D'ailleurs, les facturations de Rachid Adati mentionneront un service rendu sans autre précision. Par ailleurs, 30 millions d'euros par an pouvaient être engagé directement par Carlos Gon sans vérification interne.
C'est Renault qui à l'audience informe l'ancien dirigeant de RNBV, monsieur Mardrus de cette spécificité. Je ne savais pas", dit-il, ajoutant que il ne s'est de toute manière jamais opposé aux dépenses validées par le grand chef. Il connaissait l'existence d'une collaboration avec madame Dat n'a jamais vérifié la réalité du travail demandé à la ministre. Christian Mardrus est pourtant cité par la défense. Il apparaît au procès dans un costume surmesure, chaussures cirées impeccable, petites lunettes vissé sur le visage.
Maître Airine : "Mais dans vos auditions, monsieur, vous dites que vous ne contrôlez pas le travail de madame Dat, que vous ne savez rien de ses prestations, que vous n'êtes au courant de rien et pourtant après, vous allez fournir à la défense pas une, pas deux, mais quatre attestations pour en substance dire le contraire." J'ai simplement dit que ça ne paraissait cohérent d'engager madame Dat sur ses missions, mais je ne peux pas répondre à tout", dit-il visiblement mal à l'aise. "Mais attendez, je ne comprends pas. Comment pouvez-vous juger satisfaisant le travail de madame Dati sans aucune information sur celui-ci ? Le coince maître ari ?
Jugez-vous ainsi conforme à l'intérêt social de l'alliance, les 310000 € de dépenses en avocat personnel ou encore les 533000 € pour son anniversaire au château de Versailles où aucun membre de l'alliance n'a été invité, insiste-t-il, citant les éléments d'une autre procédure contre Carlos Gaon. "Je ne me souviens pas de tout", faitine l'ancien directeur de la dite alliance. Rashida Dati a-t-elle donc réellement participé à la stratégie de Renault au Maghreb et au Moyen-Orient ? Et ce travail peut-il justifier à lui seul une rémunération de 900000 € forfaitaire sur 3 ans ? Questionné longuement, l'ancienne ministre a très souvent noyé le poisson avec une aisance de femmes politiques.
Dès que les questions se précisent, elle part dans un discours très long sur la stratégie du groupe Renault au Maroc, en Algérie, en Turquie ou encore en Iran en citant tout un tas de chiffres et d'enjeux géopolitiques de personnes concernées qu'elle a bien évidemment rencontré. Madame Dati, vous allez trop vite, la reprend la présidente. La greffière n'arrive pas à suivre et à vrai dire, nous. Alors, de prime à bord, on se dit "Ah ouais, Rachidati, elle connaît bien son dossier quand même hein." Et puis une fois qu'on prend un peu de recul, on réalise qu'en réalité, elle ne répond pas vraiment aux questions et que de vrais problèmes de cohérence se posent.
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Sur le Maroc, elle dit avoir joué un rôle dans la mécanique de financement de la toute nouvelle usine de Tanger et être à l'origine de l'intégration d'un centre de formation. Problème, le financement est ficelé bien avant l'arrivée de madame DATI. Les réseaux Renault au Maroc semblent très bien fonctionner. Carlos Gaone connaît tous les chefs d'état et parle parfaitement l'arabe. Et le centre de formation était déjà présent dans l'accord cadre signé avec les autorités marocaine avant que madame [musique] Datti n'intervienne. Par ailleurs, aucun membre de l'équipe Renault du Maroc n'a été informé d'une quelconque implication de madame Daturquie.
Elle dit avoir été mandatée pour expliquer au pouvoir turc que Renault n'est pas l'État français au lendemain d'un appel au boycott des produits français suite au refus de Nicolas Sarkozi de laisser la Turquie entrer dans l'Europe. Mais n'est-ce pas un peu étrange d'envoyer une ministre de Sarkozy au nom de Renault pour dire aux Turcs que Renault et l'État c'est pas pareil ? Demande un brinarquois maître Gus l'avocat de Renault. Ils avaient confiance en moi. Je sais que vous voulez réduire mon travail d'avocat à néant s'énerve-t-elle. Vous pensez quoi ? Comprend le thé entre Arabes ?
Elle est dleur vous vous dites moi je suis française monsieur Sagasse Rashidati qui va utiliser plusieurs fois son profil de femme d'origine maghrébine pour disqualifier les questions posées commettant en plus une grossière erreur parce que les Turcs ne sont pas des arabes. Maître Gonzin évoque alors la Corée du Sud où Rachidaati aurait identifié la raison réelle de l'effondrement des ventes d'un modèle Nissan dû à une nouvelle législation qui aurait visé les produits Nissan sur fond de conflit entre le Japon et la Corée. Cela découle du droit local sans Kier maître Goussin parce que vous êtes aussi spécialisé en droit coréen. C'est l'ambassadeur qui m'a expliqué la législation de son pays.
C'est quand même incroyable qu'il n'y ait que vous qui puissiez être compétent. Ça Gastelle encore. Maître Aerie prend le micro. On part en Iran sous embargot américain. Madame Dati dit avoir été mandatée pour gérer les risques de confiscation de l'usine Renault. Vous savez que les relations entre la France et l'Iran sont exécrables à ce moment-là, que l'Iran applique la politique de l'otage et vous, madame Dat, sans en avis le qu d'ors vous entrez en relation avec les gardiens de la révolution au nom d'un groupe détenu à 15 % par l'État français. Comment vous êtes entré en contact avec eux ? Par l'ambassadeur d'Iran.
Mais vous saviez que les gardiens de la révolution sont déjà classés organisation terroriste à ce moment-là ? Avez-vous au moins vérifié qui était votre interlocuteur ? Vous ont-ils demandé mandat ? carlos G dit ne pas vous avoir mandaté en Iran. J'ai été mandaté, j'ai contacté la DGSE et l'ambassadeur, répond-elle sèchement. Un courrier de l'ambassadeur d'Iran, nonf confirme des échanges avec le pouvoir iranien. On réalise alors que dans tous les pays concernés, madame Datis se targue en fait des réseaux d'ambassadeurs à tel point que le parquet financier finira par ironiser. Il aura fallu à Renault d'attendre Madame Dati pour avoir l'idée brillante de contacter les ambassadeurs.
Par ailleurs, aucune trace de ce travail n'a été retrouvée. Aucun compte-rendu annuel alors que son contrat l'y oblige, aucun mail, aucune note, même personnelle ou trace de recherche juridique sur telle ou telle législation. Rachid Adati prétend que Carlos Gon refusait les notes écrites et que son ordinateur aurait eu un bug. Alors, pourquoi est si important de définir avec précision la réalité de son travail au Maghreb et au Moyen-Orient ?
Et bien parce que l'accusation soupçonne Rashid Adati d'avoir été en réalité mandaté par Carlos Gaon pour défendre les intérêts de Renault au Parlement européen dans le cadre de son mandat de député, ce qui constitue les infractions de corruption et de trafic d'influence. Plusieurs éléments conduisent l'accusation à ce constat. Le premier, le choix du métier d'avocat et la manière dont elle l''est devenue. Car le métier d'avocat est protégé et notamment la confidentialité de la relation avec le client, fondamentale pour le bon exercice de la profession.
Mais elle ouvre aussi la possibilité à des personnes peu scrupuleuses de dissimuler des activités illégales [musique] emballées derrière le travail de conseil. En plus, lors de la signature de son contrat avec RNBV le 28 octobre 2009, Rachida Adati n'était pas encore avocate. Elle ne prête serment que le 10 février 2010, soit plus de 3 mois plus tard. Et entre-temps, elle a exigé un premier paiement en exécution de ce contrat. Par conséquent, on se questionne, le titre d'avocat est-il vraiment l'objectif ou le moyen d'accéder à autre chose ? Carlos Gon lui-même dira [musique] que ce ne sont pas les connaissances juridiques qui l'intéressaient chez madame Dati, mais bien sa capacité à faire.
Je cite de la diplomatie des affaires. Par ailleurs, au moment où elle devient avocate, madame Dat était déjà maire du 7e arrondissement et députée européenne. Or, le droit restreint certaines activités de conseil aux élus. C'est le point droit.
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L'article LO 146-1 du code électoral en vigueur à l'époque disait "Il est interdit à tout député de commencer à exercer une fonction de conseil qui n'était pas la sienne avant le début de son mandat. Cette interdiction n'est pas applicable aux membres des professions libérales soumises à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé. C'est le cas de l'avocat. Est-ce qui a motivé Rachida Dati à le devenir ? Par ailleurs, quand madame Datis sa convention, on l'a dit tout à l'heure, elle n'est pas encore avocate. Par conséquent, cet article s'acque à elle. L'exception des avocat sera de toute manière abrogée en 2017.
Mais il y a aussi l'article LO 149 électoral qui interdit à un avocat investi d'un mandat de députés de plaider ou de consulter pour le compte d'une société ayant bénéficié de garantie d'intérêt de subvention d'État. Or, Renault détenu à 15 % par l'État français vient de bénéficier à l'époque d'un prêt de 3 milliards d'euros suite à la crise financière. Rashid Adati se défend en disant qu'elle a signé avec RnBV et pas avec Renault. Mais ce ne sont pas les seuls textes que Rachida Dati semble avoir bafoué. En janvier 2012, le Parlement européen se dote d'un code de conduite qui oblige les députés à rendre public tout conflit d'intérêt et à faire le maximum pour s'en écarter.
Or, ce n'est pas du tout ce que fait madame Dat. Elle se cache derrière le secret professionnel des avocats pour ne jamais divulguer au parlement le nom de ses clients problématique ou le risque de conflit d'intérêt. Madame Dati est en plus membre de la commission des affaires économiques et monétaires et de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie. des commissions qui intéressent directement ses clients de l'époque Renault mais aussi GDF Suèse pour lequel elle est accusée de faits similaires dans une autre procédure. Par ailleurs, un mail du 5 janvier 2010 va venir éclairer d'une lumière crue les missions réellement demandées à madame Dat.
Ce mail envoyé par Christian Husson, directeur juridique de Renault à Mouna Céri, directrice de RNBV, a pour objet rendez-vous Rachida Dati. Ils sont listés les sujets prioritaires pour Renault et les actions réellement demandées à madame Dati. Remise d'un document de travail à Madame Dati sur les classes actions en Europe. Renault veut, je cite, faire obstacle à cet arsenal qui coûte très cher au constructeur. Deuxième point, remise d'un document de travail sur le cadre que l'Alliance voudrait voir appliquer lors du renouvellement du règlement européen sur la distribution automobile.
Clause de sauvegarde voulue par Renault avant l'entrée en vigueur du choc piéton car le modèle d'Asscia n'y était semble-t-il pas conforme. L'utilité d'un relais d'un buzz au Parlement européen est-il écrit concernant les infrastructures et les batteries de recharge. Monsieur Husson conclut cependant que selon lui le vrai effet utile de Rachid Adati et ses capacités de facilitation devrai se situer pour nous sur le Maghreb et au Moyen-Orient. Sous-entendant que Rashid Adati était d'abord considéré comme une facilitatrice au service de Renault au Parlement européen et qu'il était envisagé qu'elle intervienne éventuellement aussi au Moyen-Orient.
Une série de documents retrouvés dans le bureau de Madame Cpéri, bien arrangé dans un porte-document appelé RD, va aussi dans ce sens. Note du 4 juillet 2012, estampillé strictement confidentiel évoque l'intérêt de la Commission européenne pour la standardisation des prises de chargement de véhicules électriques. C'est très technique. Il est suggéré au groupe de prendre le leadership sur ce sujet et de poser une question écrite à la Commission européenne. Or, le 23 octobre, c'est exactement ce que Rachid Adati va faire. Deux autres questions parlementaires sont déposées par la députée en lien avec l'automobile dont une le 9 juillet 2012 sur le niveau sonore des véhicules.
5 jours avant l'enregistrement de cette question, son assistante à la mairie du 7e transmet via la boîte mail avocat de Rachid Adati à la secrétaire de Carlos Gaon le texte de la question parlementaire. D'autres notes évoquent par exemple l'accord de libre change avec le Japon, la position des députés et l'évolution des travaux en préparation dans les commission où la ministre siège. Questionné à ce propos, Rachidati répond soit "Mais je n'ai jamais donné ces documents à Renault ou alors ce ne sont pas des informations confidentielles. Les informations transmises à Carlos Gon seraient de simples newsletters." "Les questions écrites au parlement, ça ne servait à rien, nous dit-on.
Un travail de stagiaire dira même l'assistante de Rachida Adati à l'époque désormais élu conseillère de Paris sur la liste de Rachid Dati. Certes, ça fait partie du jeu parlementaire mais ce n'est pas très important. Et puis vous comprenez, elle n'y allait pas si souvent au Parlement et puis elle y était si peu impliquée. Enfin bon, elle y gagnait quand même 7500 € par mois. Mais parmi tout cela, il y a une note bien plus difficile à contredire. Elle date du 8 février 2013 et elle fait trois pages. Elle a été envoyée par l'assistant parlementaire de Rachid Adati et s'appelle Parlement européen automobile.
Elle est envoyée de sa boîte mail avocat à Carlos Gone avant d'être retouvée dans le dossier RD détenu par Renan. Cette note récapitule les textes sur le secteur automobile en cours d'examen au Parlement entre 2011 et 2013 et les activités de Rachid Dati. Une liste à la préver qui semble faire le bilan des actions de lobbying de l'ancienne ministre. On y parle règlement pour réduire les émissions de CO2, paquet contrôle technique, biocarburant. Y est fait rappel de ses questions parlementaires et de son action sur le niveau sonore des véhicules au cœur des préoccupations du directeur juridique de Renault.
Elle s'y vente d'avoir, je cite, travailler activement pour parvenir à des seuils qui ne soient pas une menace pour nos emplois et notre compétitivité. Après 2013 et la fin de son contrat, son appétence pour l'automobile s'arrête net. Pour le parquet national financier, Rachid Adati a clairement joué le rôle d'une lobbyiste au sein du Parlement européen. Le tout alors qu'elle a été garde des saut et magistrate. Ce qui donne une mesure de la gravité des faits.
Elle représente le ministère de la loi s'est affolé le procureur dénonçant un esprit de lucre, ça veut dire guidé uniquement par l'app du gain, d'autant plus effarant qu'elle avait aussi demandé à devenir membre du conseil d'administration de Renault alors que c'est strictement interdit aux députés européens. Le procureur réclame donc 4 ans de prison dont deux avec surcis, l'inéligibilité, l'interdiction d'exercer la fonction d'avocate et l'interdiction de la fonction publique pendant 5 ans. Si le tribunal suit, Rachid Adati devrait donc quitter son siège de maire et ne pourrait pas redevenir magistrate. Vous lui donnez quoi comme chance dans la vie maintenant ?
A questionné l'un de ses avocats venu défendre la probité de l'ancienne ministre. Un peu confus, il a fait un énorme lapsus à propos de la nature confidentielle des informations transmises par madame Dat à Renault. Madame Dati, aurait-elle pu avoir ces informations sans être députée européenne ? Bien sûr que non. Silence. Euh, bien sûr que si. La salle se marre. Oh, ça va, ça va, s'agace l'avocat. Un brun vexé. De son côté, maître Baratelli dénonce en hurlant le retour de l'échafaud civil place de grève, le rétablissement de la peine de mort professionnelle sans métier, sans retour, sans espoir.
Et puis comme nous ne sommes pas à un excès prêt, le voici lancé à propos du fait que les salariés de Renault ne connaissaient pas la mission de [musique] Dati. Est-ce que le général de Gaul a eu l'imprudence de dire à tous ses commandants que Jean Moulin dirigeait la résistance ? Là, on reste un peu bouchebé. Le gars est en train de comparer Carlos Gaon au général de Gaulle et Rachida Dati à Jean Moulin. Fallait oser. On repense à un certain François Fillon qui avait lancé Imagine-on le général de Gaulle dès lors qu'il avait été mis en cause pour des emplois fictifs de sa femme.
Et on se dit que décidément il faudrait qu'un jour les politiques de droite pensent à laisser tranquille le général de Gaulle, d'autant plus quand ils sont mis en cause dans des affaires de probité. Rachidati a finalement repris la parole pour clore son procès. Je ne me suis jamais plainte, alors vos réquisitions ne m'effraient pas, car je crois à la vie, au droit et à la justice. Délibérer [musique] le 21 janvier.
[musique]
[sifflotement]