Macron : l'homme à abattre - Les questions SMS #cdanslair 01/04/2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:17OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron n'est-il pas comme Hillary Clinton aux Etats-Unis, donné gagnant un peu trop rapidement ?
- 1:03RelanceRéponse directe
Pour que je comprenne bien, vous voulez nous dire que le 60-40 annoncé aujourd'hui ne ressemblerait pas forcément à la réalité ?
- 1:57OuverteRéponse partielle
Pour attirer les voix de gauche, Emmanuel Macron ne devrait-il pas s'engager à lutter contre l'évasion fiscale ?
- 2:23FerméeRéponse partielle
Hollande va-t-il annoncer son soutien à Macron ? Cela ne risquerait-il pas de tuer sa candidature ?
- 2:57OuverteRéponse directe
N'a-t-il pas un côté télévangéliste ?
- 3:28OuverteRéponse partielle
Mélenchon peut-il passer devant Fillon ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:17PrésentateurFait
« Emmanuel Macron n'est-il pas comme Hillary Clinton aux Etats-Unis, donné gagnant un peu trop rapidement ? »
- 1:11InvitéChiffre
« Absolument, le 60-40 ressemble beaucoup à ce qu'on avait constaté lors des deux référendums de 92 et 2005, avec un oui qui commençait à 70% et qui terminait d'un cas à 52, je crois, et dans l'autre cas à 45. »
- 1:23InvitéFait
« Je crois que ces deux candidats, Emmanuel Macron comme Marine Le Pen, sont sur, au fond, ces deux offres qui sont en réalité minoritaires dans le pays et qui seraient affrontés avec des... Le match serait sans doute plus disputé durant ces deux semaines, si jamais cette offre se concrétisait au sort du premier tour. »
- 1:45InvitéFait
« qui dit qu'il a un électorat gazeux et que c'est un peu le problème. »
- 1:57PrésentateurFait
« Pour attirer les voix de gauche, Emmanuel Macron ne devrait-il pas s'engager à lutter contre l'évasion fiscale ? »
- 2:23PrésentateurFait
« Hollande va-t-il annoncer son soutien à Macron ? Cela ne risquerait-il pas de tuer sa candidature ? »
- 2:57PrésentateurFait
« N'a-t-il pas un côté télévangéliste ? »
- 3:28PrésentateurFait
« Mélenchon peut-il passer devant Fillon ? »
- 4:14PrésentateurFait
« Reste-t-il une place pour la surprise lors de ce scrutin ? Et quelles surprises pourrait-on envisager ? »
- 4:57PrésentateurFait
« Peut-on gouverner un pays avec seulement deux années d'expérience de la politique ? »
- 5:54PrésentateurFait
« Mélenchon est-il apte aux compromis ? Et si ce n'est pas le cas, peut-il réellement gouverner un pays aussi composite que la France ? »
- 6:35PrésentateurFait
« Qu'est-ce qui explique l'émergence de cette gauche de droite incarnée par Macron, Valls, Le Drian et Consor ? »
- 7:58PrésentateurFait
« En Marche, n'est-il pas devenu la machine à recycler le PS ? »
Temps de parole
- Invité27 %
- Présentateur21 %
- Présentateur 220 %
- Invité 219 %
- Invité 313 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C'est souvent en plus manipulé par tous ceux qui sont battus et qui justement font un numéro de ventriloque en faisant parler les abstentionnistes à leur place.
Voici maintenant vos questions SMS et Internet. Emmanuel Macron n'est-il pas comme Hillary Clinton aux Etats-Unis, donné gagnant un peu trop rapidement ? Il ne fait pas bon être favori en ce moment. Eric Fautorino ?
Non, d'ailleurs il ne faudrait pas qu'il le croit trop qu'il va gagner. C'est-à-dire qu'il faut qu'il croit en ses chances, mais il ne faut pas qu'il fasse comme s'il croyait qu'il a déjà gagné. On se souvient d'Alain Juppé, c'était la primaire de la droite, qui faisait quasiment son gouvernement dans les jours qui ont précédé le tour de la primaire. Donc je pense qu'effectivement Macron doit se dire qu'il a encore beaucoup beaucoup à faire s'il veut gagner. Oui, je crois surtout qu'il faut être comme toujours, mais peut-être encore davantage, prudent pour les intentions de vote de second tour.
Un second tour par exemple qui est annoncé par les sondages aujourd'hui, on le verra peut-être dans deux semaines, sera différent. Un second tour Macron-Le Pen se transformerait probablement en une sorte de référendum sur la mondialisation et sur l'Europe, avec des conséquences tout à fait imprévisibles.
Attendez, pour que je comprenne bien, vous voulez nous dire que le 60-40 annoncé aujourd'hui ne ressemblerait pas forcément à la réalité ?
Absolument, le 60-40 ressemble beaucoup à ce qu'on avait constaté lors des deux référendums de 92 et 2005, avec un oui qui commençait à 70% et qui terminait d'un cas à 52, je crois, et dans l'autre cas à 45. Je crois que ces deux candidats, Emmanuel Macron comme Marine Le Pen, sont sur, au fond, ces deux offres qui sont en réalité minoritaires dans le pays et qui seraient affrontés avec des... Le match serait sans doute plus disputé durant ces deux semaines, si jamais cette offre se concrétisait au sort du premier tour.
Il y a l'un des soutiens récents d'Emmanuel Macron, qui est Alain Mac, un soutien qu'il ne désirait pas obligatoirement, qui dit qu'il a un électorat gazeux et que c'est un peu le problème. Et je trouve que ça définit exactement le problème d'Emmanuel Macron. C'est vrai, il a un électorat qui n'est pas acquis et on peut craindre un phénomène de bulle comme il y a eu pour Alain Juppé.
Pour attirer les voix de gauche, Emmanuel Macron ne devrait-il pas s'engager à lutter contre l'évasion fiscale ?
Il pourrait le dire, mais déjà, vous savez, sur ces domaines un peu financiers, sur l'ISF, on l'a vu justement un peu reculer, puisqu'à une époque, tout ça, il a limité finalement un ISF immobilier. Oui, mais vous savez, c'est des petites symboliques. Je ne pense pas que c'est ça qu'il fera. Il doit vraiment dire quelle société il veut.
Hollande va-t-il annoncer son soutien à Macron ? Cela ne risquerait-il pas de tuer sa candidature ? Je pense qu'il y a à la fois la réponse dans la question. Normalement, il ne devrait pas. Et normalement, on ne lui demande pas du côté d'Emmanuel Macron de dire quoi que ce soit en considérant que ce serait plutôt une contre-performance. Il se borne pour l'instant à dire qu'il faut faire barrage au Front National sans faire le pas supplémentaire. Mais je ne crois pas qu'il soit prévu qu'il annonce son soutien à Emmanuel Macron ou alors c'est ce que François Fillon souhaite. Et dans ce cas-là, ça serait une double vacherie, si je puis dire, de François Hollande avec Emmanuel Macron.
Je n'ai pas l'impression que ce soit ça l'état d'esprit. Question pour Anne Fulda, la biographe d'Emmanuel Macron. N'a-t-il pas un côté télévangéliste ? Je nous demande cette personne qui nous regarde ce soir.
Oui, il a un côté télévangéliste christique qu'il assume d'ailleurs. Quand je l'ai interrogé sur le parallèle un peu avec la campagne de Ségolène Royal qu'on voyait comme ça dans ses meetings, aussi appelé à la fraternité, à crier fraternité, lui il le prend quand même avec un peu d'humour en disant « bon je ne vais pas finir en tunique blanche, rassurez-vous ». Donc il a un côté christique en apparence.
Mélenchon peut-il passer devant Fillon ? Jérôme Sainte-Marie ? C'est bien sûr possible.
Ils ont un point d'écart dans un seul sondage pour l'instant. Mais enfin, on ne sait jamais si c'est possible. C'est quand même très difficile parce que je pense que Jean-Luc Mélenchon peut encore monter. Mais je crois que François Fillon devrait également plutôt monter. En tout cas, il a des ressources très importantes. Donc ça me paraît... c'est jouable. Question complémentaire. D'où viennent les voix de Mélenchon que Mélenchon est en train de gagner ? Alors elles viennent beaucoup d'électorats socialistes en plein désarroi. Elles viennent un petit peu des écologistes. Elles viennent également, comme je le disais, de nouveaux électeurs ou de gens peu intéressés par la politique.
Est-ce qu'ils iront au-delà du sondage pour aller voter ? C'est toute la question.
Alors la question suivante, à mon avis, vous allez tous avoir envie de répondre. Reste-t-il une place pour la surprise lors de ce scrutin ? Et quelles surprises pourrait-on envisager ?
Eric Fautorino. Oui, moi je pense qu'il y a encore une place pour la surprise. Vous avez dit 22 jours. Tout à l'heure, laquelle ? Alors, il y en a plusieurs évidemment. Moi je pense que celle qui est la plus, en tout cas la plus sérieuse, c'est une remontée de François Fillon à des scores qu'on pouvait ne plus imaginer après les affaires. Vous êtes d'accord avec ça ? Ou quelqu'un a un autre scénario à proposer ? Je pense qu'il y a des raisons structurelles pour lesquelles il peut y avoir des surprises. C'est qu'il y a deux clivages qui se croisent.
Le clivage gauche-droite et le clivage souverainiste libéral qui rend un émiettement énorme de la vie politique et surtout rend le choix des Français assez imprévisible.
Peut-on gouverner un pays avec seulement deux années d'expérience de la politique ? Là, évidemment, on sait qu'il s'agit d'Emmanuel Macron. Il faut être bien entouré et c'est ce à quoi il travaille. Il y a quand même un certain nombre de renforts. On verra surtout ce qui se passe entre le premier et le deuxième tour. S'il y a d'autres ralliements ou d'autres soutiens, parce qu'il faut mieux dire soutien que ralliements, parce que ralliements ça fait moche. Il peut y avoir aussi une espèce d'expérience par capillarité avec des gens qui sont un peu plus chevronnés.
Après, il faut voir le gouvernement, il faut voir s'il est capable de trouver des députés dans toute la France paritaire qui aient une petite expérience. L'âge n'a pas l'air d'être son principal handicap, même si ça laisse quand même quelques interrogations. Mais en tout cas, ce n'est pas pour les personnes de plus d'un certain âge, plus elles sont retraitées, seniors, voilà, c'est le mot correct. Les seniors n'ont pas l'air de redouter de ça, alors qu'on pourrait se dire que c'est les gens les plus âgés qui redoutent sa jeunesse, et ça n'a pas l'air d'être le cas dans les sondages. Il répond quoi, Anne Fulda, sur cet argument-là, sur cette critique ?
Je dois dire que je ne vais pas poser la question, mais alors ce qui est intéressant, c'est que Valéry Giscard d'Estaing, quand on lui pose la question, lui qui avait été le plus jeune président de France, élu à 48 ans, quand on lui pose la question sur Macron, il dit, oui, mais moi, j'avais 7 ans d'expérience, donc il pointe justement l'individu de Macron, et il disait, j'ai été élu local, j'avais vu plus de 170 fois le général de Gaulle en tête à tête, donc ce n'est pas la même expérience. Donc Valéry Giscard d'Estaing pointe cette inexpérience comme un handicap d'Emmanuel Macron. Oui, mais justement, je pense que ce qu'on vit là, actuellement, en 2017, n'a pas été écrit avant.
C'est ça, et donc du coup, je pense que le fait qu'il n'ait pas une expérience longue n'est pas un handicap.
Mélenchon est-il apte aux compromis ? Et si ce n'est pas le cas, peut-il réellement gouverner un pays aussi composite que la France ?
Voilà une question. Jérôme Saint-Marie ? Moi, je me contenterais de rappeler que Jean-Luc Mélenchon, d'une part, n'est pas un candidat d'extrême-gauche, et par ailleurs, a été ministre d'un gouvernement de gauche. Il n'est pas d'extrême-gauche. Il a été sénateur, socialiste, il a été ministre et donc d'un gouvernement, c'était le gouvernement d'ailleurs de... Jospin. Jospin, sans doute, oui. Et qui, effectivement, c'est quelqu'un qui a su faire des compromis dans sa carrière politique, c'est le moins qu'on puisse dire. C'est un keynésien, c'est quelqu'un qui est pour la relance par la demande, alors que Macron-Hollande, c'est la relance par l'offre. Mais c'est quand même quelqu'un...
C'est un social-démocrate de gauche, on va dire. Mais c'est pas... Il n'a pas le couteau entre les dents.
Mais il a changé beaucoup. Parce qu'entre le moment où il était à la formation professionnelle, où il envisageait même de dire que le collège unique, c'était pas bien, ce qui est quelque chose d'une espèce de tabou à gauche, là, il a quand même une espèce de... Comment dire ? Son succès, et puis l'âge venant, je le vois mal se prêter à un certain nombre de compromis ou compromis... D'ailleurs, il dirait compromission tout de suite. Il veut finir par le haut. Et ces grands modèles qu'il n'avait pas forcément à l'époque, quand il était dans le gouvernement Jospin, il a beaucoup changé. Il a pris de la dignité de dimension et quelquefois une extrémisation quand même qui est assez nette.
Donc je le vois mal... Le problème, c'est que son image, c'est justement l'homme
qui refuse les compromis. Donc ça serait un peu se tuer...
Même avec les communistes, d'ailleurs. C'est pas extrême. Qu'est-ce qui explique l'émergence de cette gauche de droite incarnée par Macron, Valls, Le Drian et Consor ?
Voilà une bonne question. Oui, mais ça, c'est le fond sur ce parti socialiste qui n'a pas pensé pendant des années, c'est-à-dire Bad Godesberg, vous savez, on récuse le capitalisme, on accepte l'économie de marché. C'est quelque chose que les socialistes n'ont jamais fait, pas même Mitterrand. Mitterrand a dit, je reste socialiste. Donc à partir de là, effectivement, l'idée social-démocrate, qui repose sur les syndicats, sur les clubs, etc., n'a pas vu le jour. Parce que Mitterrand, c'était Rocard, il ne voulait pas faire ce cadeau à Rocard. Et finalement, aujourd'hui, la gauche socialiste n'a pas voulu dire qu'elle l'était.
On pourrait dire depuis 1983, elle est social-démocrate, mais elle n'a pas voulu l'écrire, le dire. Enfin, je rappelle quand même que le Bad Godesberg, il a eu lieu tous les jours, depuis 30 ans. Depuis 83. Depuis le congrès de l'Arche. Par ailleurs, vous vous souvenez quand même qu'il y a quelques années, le Parti socialiste était prêt à se donner comme candidat à la présidentielle le président du FMI. Je ne vois pas très bien, si vous voulez, quelle démarche il peut le faire vers plus de libéralisme.
En Marche, n'est-il pas devenu la machine à recycler le PS ? Il ne faudrait pas pour Emmanuel Macron, que ça se voit trop. Non, parce qu'il y a quand même un tournant. Emmanuel Macron, qui a quand même assez faim, a compris tout de suite, au moment de Valls, qu'il fallait faire attention. Donc, il a fait une conférence de presse en expliquant qu'il n'y aurait pas de double investiture. C'est-à-dire qu'en gros, il allait falloir choisir et qu'il allait aider un gouvernement neuf, des ministres neufs. En gros, que ce ne serait pas le recyclage de tous les autres. Donc, après, aura-t-il suffisamment ? Son problème, c'est d'équilibrer à droite. Il a pas mal de soutien à gauche.
Il ne faudrait pas qu'il en ait trop maintenant, je parle pour lui. Il faudrait qu'il y en ait un peu chez les jupéistes et chez les centristes, comme on le disait tout à l'heure. Si François Fillon terminait quatrième, derrière Mélenchon, j'imagine, la droite ne risquerait-elle pas de se désintégrer ? Anne Fulda.
Oui, c'est sûr que s'il termine quatrième, la droite risque de se désintégrer et qu'il risque d'y avoir une recomposition. Mais bon, attendons de voir ce qui va se passer. D'ailleurs, recomposition, il risque d'y avoir à droite et à gauche. Oui. Quoi qu'il vienne.
Un parti, le PS en l'occurrence, peut-il survivre en trahissant ses électeurs et le candidat qu'ils ont désigné ?
C'est très compliqué. C'est surtout le fait que se détache, à l'occasion de la candidature de Emmanuel Macron, un bloc social très important qui a joué dans le PS. Le PS avait réussi à faire tenir ensemble, depuis Épinay, des catégories sociales aux intérêts très divers. Aujourd'hui, tous ceux qui croient être les gagnants de la mondialisation et qui sont malgré tout à gauche, eh bien, tous ceux-ci sont aujourd'hui chez Emmanuel Macron.
L'échec du système politique traditionnel nous incite-t-il à repenser nos institutions ?
Quel changement pourrait être impulsé ? Oui, on pense beaucoup à la 6ème République, mais les républiques, quand elles chantent, c'est qu'il y a des guerres ou des révolutions. Donc je pense qu'avant de changer d'institution, il faut mettre peut-être plus de populaires, de référendums, etc.
Merci beaucoup à tous les quatre. Merci d'avoir participé à cette émission. Merci à l'équipe qui a préparé ce C dans l'air. Dans un instant, Anne-Elisabeth Lemoyne pour Célebdo. Demain, ne manquez pas Cépolitique, Karim Rissouli dès 18h35 sur France 5. Et j'aurai le plaisir de vous retrouver à 19h45 pour Cépolémique avec un débat autour de cette question. Une République propre est-elle possible ? Dans cette campagne marquée par les affaires, je recevrai notamment l'historien Michel Vinoque, le journaliste Philippe Vall, ainsi que deux avocats David Coubi et Jean-Yves Leborgne. Très bonne soirée sur France 5.