Éléonore Caroit à HIT RADIO : Partenariat franco-marocain et avenir de la langue française
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Questions et réponses
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Comment se passe votre séjour au Maroc ?
- 1:20OuverteRéponse directe
Racontez-nous votre parcours atypique entre l'international, la société civile et la politique.
- 2:36OuverteRéponse directe
Est-ce que votre expérience internationale change votre manière de voir la francophonie ?
- 4:37OuverteRéponse directe
Pouvez-vous nous expliquer votre rôle et les enjeux de la francophonie aujourd'hui ?
- 5:57OuverteRéponse directe
Sentez-vous une attente particulière du contenu francophone de la part des jeunes marocains ?
- 7:12OuverteRéponse directe
En quoi la place d'honneur de la France au salon du livre est un message fort pour la francophonie ?
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radio Madame Éléonore Caro ministre délégué chargé de la francophonie des partenariats internationaux et des français à l'étranger. Madame Éléonor bienvenue sur Radio. Merci beaucoup Chourran, on est ravi de vous recevoir. Vous êtes avec nous aujourd'hui dans le cadre de votre visite au Maroc à l'occasion du salon international de l'édition et du livre à Raba. Comment ça se passe votre séjour ? C'est génial. Bon, je suis arrivée hier et on a déjà fait énormément de choses. Moi, je suis donc ministre déléguée en charge de la francophonie comme vous l'avez dit aussi des partenariats internationaux et des Français de l'étranger. partenariat internationaux, c'est toute notre politique partenariale avec le Maroc, tous les projets que l'on fait en matière de développement. Et
donc, j'ai pu aussi ce matin visiter un projet d'assaignissement traitement des eaux usées, un projet aussi évidemment du tramou qui qui a été très largement financé avec la coopération française et puis qui est aussi un projet de coopération franco-marocaine et également un projet de prévention des feux de forêt et de renouvellement des forêts ici au Maroc. Donc une visite très complète et encore beaucoup d'autres séquences à venir notamment dans le cadre du gouvernement ouvert et oui la le salon du livre c'était hyper important et le concours de lecture en français qui est un un point essentiel pour nous et et pour la diffusion de la langue française. Très bien on va revenir sur le ciel mais avant tout on va on va parler un petit peu de votre parcours riche et très très
inspirant. Vous êtes anciennement avocate ça ? Donc racontez-nous votre parcours atypique entre l'international, la société civile et maintenant la politique. Moi, je suis une binationale, une française de l'étranger. Ma mère est dominicaine, mon père est français. J'ai grandi dans les Caraïbes en République dominicaine. J'ai vécu dans beaucoup d'endroits. J'ai vécu aux États-Unis, j'ai vécu en Suisse, j'ai ensuite acquis la nationalité. Donc je je me sens très à l'aise à l'international et donc j'ai décidé de m'engager lorsque j'étais française de l'étranger pour être au plus proche des Français et pour pouvoir aussi participer au débat public français politique parce que je pense que les Français de l'étranger, ils ont quelque chose de très intéressant à
apporter surtout les binationaux, ils ont une façon aussi de voir le monde qui correspond à où ils vivent, d'où ils viennent et donc j'ai voulu m'impliquer d'ailleurs, je tiens à dire aux Français qui nous écoutent ou qu'ils soient d'ailleurs à travers le monde que ils sont appelés à élire leurs représentants le 31 mai et ils ont cette possibilité de choisir des personnes qui les représentent au quotidien. Et donc moi, j'ai d'abord été comme ça conseillère des Français de l'étranger. Ensuite, j'ai été mais ça je le faisais en même temps que que mon métier d'avocate parce que vraiment mon métier c'est avocate. C'était une plus une mission. Après, j'ai été élu député des Français de l'étranger. Là aussi, les Français de l'étranger ont la possibilité d'avoir des représentants à
l'Assemblée nationale et au Sénat. Donc pendant 3 ans, j'ai été député des Français d'Amérique latine parce qu'évidemment en tant que franco-latino-américaine, c'était c'était logique pour moi de me présenter en Amérique latine. Et puis ensuite, j'ai été appelé à occuper ses fonctions au gouvernement et c'est un honneur de de servir mon pays, d'être au gouvernement surtout sur un sujet aussi beau que la francophonie, les partenariats internationaux, mais surtout les Français de l'étranger. Je pense que c'est important qu'il y ait au gouvernement aussi des Français de l'étranger. Vous l'avez dit madame Éléonore, vous avez euh vécu dans plusieurs pays. Est-ce que cela change votre manière de voir ou bien de comprendre la francophonie ? Oui, absolument. Moi, je pense que dans
notre pays, vous avez énormément de personnes qui ont euh des origines d'ailleurs ou qui euh ont des histoires qui qui font écho à plusieurs cultures. Et la francophonie, vous savez, c'est un terme un peu technique, un peu un peu aride francophonie, si vous pensez même au nom, au mot au nom propre. Et en réalité euh la francophonie c'est promouvoir plusieurs langues, c'est promouvoir un dialogue de culture, c'est refuser une hégionie linguistique. Et donc je trouve que en tant que française de l'étranger, j'ai justement cette sensibilité, cette approche par rapport à la francophonie. En tout cas, j'espère que ça se ressent comme tel. Et puis par rapport au continent africain, vous savez, il y a 7 millions de français qui ont un lien profond, intime, personnel,
une origine, un parent, sont nés sur le continent africain et moi, indirectement aussi parce que les Caraïbes, c'est évidemment un brassage entre l'Europe, l'Afrique et et donc je trouve que c'est intéressant aussi de penser la francophonie non pas comme quelque chose qui appartiendrait à la France et qui se diffuserait dans le monde mais comme quelque chose qui nous appartient tous, qui est assez universel. La francophonie, vous la retrouvez en Amérique latine, vous la retrouve en Amérique du Nord, vous la retrouvez en Asie. D'ailleurs, c'est le Cambodge qui va être maintenant le président de de l'OIF, enfin avoir la présidence de l'OIF et organiser le sommet de la francophonie. Donc, je j'aime bien penser la francophonie de manière plurielle, universelle et comme un
dialogue entre différentes cultures. Très bien. Madame Éléonore Carois, ministre délégué chargé de la francophonie. Pouvez-vous nous expliquer votre rôle, les enjeux de la francophonie aujourd'hui que vous voyez ? Justement quand quand vous vous dites que la francophonie c'est quelque chose que l'on partage, c'est évidemment la langue, c'est promouvoir le multilinguisme, le plurilinguisme, promouvoir le dialogue entre les langues. D'ailleurs, moi il y a quelque chose que j'adore, c'est voir les origines de des mots de la langue française. Il y a le musée à Villerre Côery qui justement rappelle d'où vien d'où viennent les mots de la langue française. Il y a beaucoup de mots qui viennent de l'arabe, il y a beaucoup de mots qui viennent aussi de dialect qui
qui deviennent en fait des mots d'usage courant dans la langue française. Et je pense que cette vision que j'ai de la francophonie, elle a beaucoup à voir avec le fait, comme je vous le disais, que je sois une française de l'étranger. Qu'est-ce que je promeux ? Moi, je promme une francophonie qui soit tournée vers l'avenir, qui soit source d'opportunité, source de mobilité, qui permettent des échanges, qui permettent à ceux qui choisissent d'apprendre le français de d'avoir des nouvelles opportunités. Et aujourd'hui, le français est devenu la 4e langue la plus parlée au monde. Ça c'est intéressant. On est passé, on est 396 locuteurs de français à travers le monde. 1 million pardon, j'ai oublié le million, 396 millions de locuteurs de français à travers le monde. Mais on est surtout la
deuxème langue la plus apprise et ça c'est très intéressant de se dire que c'est une langue qui est attractive, qui est pas nécessairement la langue maternelle mais qui est une langue que l'on choisit parce que elle est vecteur d'opportunité. C'est notre deuxième langue au Maroc mais à l'heure actuelle, on a l'impression que l'anglais séduit plus les jeunes. C'est c'est une langue qui fait bah qui est tendance actuellement. Sentez-vous une attente particulière du contenu francophone de la part des jeunes marocains notamment ? Écoutez, je pense que oui, mais que rien n'est jamais acquis. C'est pour ça que la francophonie c'est quelque chose qui se construit. Vous savez, c'est comme l'amour, il y a pas d'amour, il y a des preuves d'amour et ça se renouvelle chaque jour. C'est un consentement
renouvelé. Je pense que la francophonie aujourd'hui, elle elle renaît quelque part aussi au Maroc, elle redevient attractive. Ça aussi à voir avec nos relations bilatérales, mais pas seulement parce que la francophonie, elle appartient pas à la France. L'espace francophone, il va bien au-delà. D'ailleurs, le français, c'est aussi la langue qu'ont les Marocains pour dialoguer avec d'autres pays sur le continent africain. Et je pense que ça aussi c'est intéressant de le dire. Et si je pense et d'ailleurs il y a des chiffres à l'appui qui disent qu'aujourd'hui les cours de français se portent très bien au Maroc, il y a de plus en plus de jeunes qui veulent parler le français, c'est un effort que nous devons entretenir. Et comment est-ce qu'on l'entretient ? C'est en
proposant évidemment des cours de français qui soient adaptés aux besoins des jeunes, mais c'est surtout en favorisant ces mobilités, ces rencontres, ces échanges qui pour moi sont essentiels dans cette francophonie tournée vers les jeunes, vers la jeunesse. Très bien. Et on va revenir sur le ciel, le salon international de de l'édition et du livre. L'invité de d'honneur cette année, c'est c'est la France. Euh en quoi c'est c'est un message fort pour la francophonie selon vous ? Déjà pour la France, c'est un message très fort et c'est euh et et nous nous sommes très reconnaissants de cette place d'honneur qui nous est donnée. Euh la France avait aussi réservé cette place d'honneur au Maroc et je pense que c'est c'est assez parlant sur l'état de notre relation,
sur le renouvellement de notre partenariat et sur cette dynamique dont nous parlions tout à l'heure. Maintenant, le fait d'avoir une place d'honneur en tant que pays francophone, ça met aussi évidemment en valeur des auteurs francophones qui ne sont pas nécessairement que des auteurs français. Donc, je pense que c'est c'est une un très beau message qui est envoyé au aux auteurs francophones et aux lecteurs surtout francophones parce que le ciel c'est surtout pour les lecteurs et les lectrices. Exactement. Pour les pour les petits aussi parce que on a vu que le pavillon France mise sur les nouvelles narrations comme la bande dessinée, le podcast, les réseaux sociaux. Il y a un espace qui s'appelle [grognement] le Petit Prince et je l'ai visité, il est super vraiment si
vous l'avez pas visité que vous êtes à Raba, je vous le recommande. Je l'ai visité tout à l'heure. Donc pouvez-vous nous raconter cette évolution ? Comment vous la voyez ? Je pense que c'est ça fait un peu écho à ce qu'on se disait sur la francophonie. Vous savez, les choses elles ne sont pas figées aujourd'hui. Promouvoir la lecture, c'est évidemment promouvoir la lecture à travers des livres que l'on tient, l'objet du livre. Moi, j'adore cet objet du livre. J'adore l'odeur du papier, l'odeur du livre. C'est ça ça évoque beaucoup de ça provoque beaucoup d'émotions, beaucoup de souvenirs. Mais la lecture c'est aussi la lecture sur des sur des liseuses. La lecture c'est aussi la lecture sur d'autres formats. C'est c'est mélanger différentes sources de contenu. Et donc je pense que
s'adapter aussi à la jeunesse, à ses demandes, c'est différents types de littérature. des nouveaux types de littérature que l'on peut juger si on les connaît pas mais qui parle aussi à des gens et qui transmettent justement ses valeurs universelles. Moi ce que j'aime dans la lecture, je suis je suis une grande lectrice en tout cas lectrice passionnée, grande lectrice, c'est un peu prétentieux de dire ça, je pense, mais quelqu'un qui adore lire, voilà, pour dire les choses plus simplement. Et ce que ce que j'aime dans la lecture, c'est que ça crée des ponts, ça ça rapproche avec des gens qui ont eu cette expérience de lecture et puis ça c'est aussi un voyage à l'intérieur de soi-même. En quoi la culture renforce les relations entre la France et le Maroc ?
Vous savez la le Maroc c'est le 4e pays francophone en terme de de locuteur de de français. C'est un pays qui est aussi très riche culturellement, qui est à la fois ancré dans ses traditions et qui est tourné résolument vers l'avenir. C'est un pays très jeune avec une jeunesse très dynamique et je pense que la la lecture, la francophonie euh c'est quelque chose qui nous rassemble et qui nous permet de développer des partenariats différents. Je vous parlais tout à l'heure de partenariat économique, de partenariat en matière de développement durable. On a aussi des partenariats en matière de diplomatie féministe. La semaine dernière, moi j'avais à Paris la réunion ministérielle du G7 que je présidais et en plus des pays du G7, j'avais invité le Maroc parce que je pense que le Maroc est
aussi un exemple de pays qui s'est beaucoup développé et en matière culturelle évidemment la culture c'est aussi un pont un pont précieux et et c'est c'est un lien ça ça ça tise des choses qui sont qui qui s'écrivent sur le long terme. Très bien. On va parler maintenant de de la génération Z. Madame la ministre, quelle est votre priorité concrète pour la relation France-Maroc par la génération Z ? On parlait tout à l'heure de la jeunesse. Je pense que vous voyez la la France, elle a au cours de ces 10 dernières années sous l'impulsion notamment du président de la République qui avait dès 2017 fait un discours marquant sur ce sujet à à Ouagadougu, la relation entre la France et et le continent africain, beaucoup de pays parce que ça sert à rien de parler comme
c'était homogène mais plusieurs pays du continent africain, elle s'est beaucoup transformée, elle a beaucoup évolué pour devenir une relation partenariale. Et on aura au mois de mai dans quelques jours à Nairobi une rencontre avec un sommet de chefs d'état mais aussi de jeunesse, de de beaucoup de secteur privé, secteur public et cetera qui aura lieu. Et donc je pense que typiquement ça sera l'occasion de montrer le renouvellement de cette relation et entre la France et le Maroc et pour répondre précisément sur la la génération Z et sur la jeunesse, je pense qu'il faut justement expliquer à quel point la notre coopération elle est avant tout pour eux. On a évidemment un passé, un passé
qui a des moments qui sont très beaux, des moments qui sont plus difficiles. On a fait un travail mémoriel, on a avancé ensemble. Maintenant, on a bâti ce partenariat d'égal à égal dans lequel on est vraiment dans une position partenariale. Pour que cette histoire- làà elle continue de s'écrire, il faut qu'elle soit écrite par par la génération Z et surtout par les générations d'après, la génération de mes enfants, la génération de de ceux qui suivront et et c'est surtout pour eux que l'on que l'on crée ces ces dynamiques. Exactement. Madame la ministre Éléonore Carois, ministre délégué chargé de la francophonie des partenariats internationaux et des Français. J'étais très très ravie de de vous interviewer aujourd'hui à l'occasion de votre visite au Maroc et euh à l'occasion aussi de du
salon international de l'édition et du livre à Raba. Merci beaucoup et à la prochaine.
Éléonore Caroit