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Discours / meetingyoutube.com· 30 septembre 2026 16 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleJusticeÉducation & recherche

Toute parole antisémite doit être condamnée et disqualifier d’office son auteur !

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:35non_speechChiffre
    « En 2025, 1320 faits antisémites ont encore été recensés par le ministère de l'Intérieur contre 436 en 2022. »
  • 11:30non_speechPromesse
    « Ce texte introduit une mesure centrale, la peine complémentaire d'inéligibilité pour les auteurs d'infraction racistes, antisémites ou négationnistes. »
  • 14:25non_speechChiffre
    « 44 % des collégiens et lycéens déclarent avoir déjà été exposés à des insultes antisémites dans leur établissement. »

Temps de parole

  • ?99 %

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0:00
Locuteur

Bonjour à tous. Très heureuse de vous accueillir ce soir dans cette magnifique galerie des fêtes de l'Assemblée nationale et de vous voir aussi nombreux. Je peux voir avec plaisir qu'il y a beaucoup de de parlementaires. Donc mesdames et messieurs les parlementaires, madame la déléguée interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine LGBT plus. Alors, monsieur le grand rabin de France, pour ceux qui le connaissent, ils savent qu'il est toujours en retard et donc vous lui direz que je l'ai salué à l'ouverture de mon discours et vous lui raconterez ce que j'ai dit.

Monsieur le président du CRIF, mesdames et messieurs, les universitaires, les professionnels des médias, responsables associatifs et mémoriels, mesdames et messieurs, il y a de jours, notre nation célébrait une date charnière. Le 27 septembre 1791, dans les trois derniers jours de son existence, l'Assemblée nationale constituante conféra aux Juifs de France la plénitude de la citoyenneté. La France devenait ainsi le tout premier pays d'Europe à reconnaître aux juifs les mêmes droits civils et politiques qu'aux autres citoyens. Dieu a choisi la noble nation française pour nous restituer nos droits.

Salut à alors ber Isaac Bert, porte-parole des juifs Laurins et dont nous allons découvrir l'histoire dans l'extrait à venir. À ses côtés, une personnalité avec qui j'ai au moins deux points communs puisqu'il était Laurent et ancien président de l'Assemblée nationale. Je parle bien évidemment de l'abé Grégoire. Il s'était également levé pour défendre cet idéal universel. Messieurs, avait-il dit plutôt, avait-il plutôt proclamé devant la constituante, "vo avez consacré les droits de l'homme et du citoyen.

Permettez qu'un curé catholique élève la voix en faveur de 50000 juifs qui, étant homme, réclament les droits du citoyen." Et il ajouta : "Les Juifs sont membres de cette fraternité universelle." Alors certes, après ce décret de 1791, l'égalité restait encore largement à conquérir. L'esclavage subsistait dans les colonies et les femmes n'obtiendraient le droit de vote que 153 ans plus tard en 1944. Et certes encore, la République ne serait proclamée qu'un an après, en septembre 1792, au lendemain de la bataille de Valm dont je viens de célébrer vendredi dernier le 234e anniversaire. Mais avec ce vote de septembre 1791, l'âme républicaine s'éveillait déjà, l'universalisme.

Depuis lors, une histoire singulière s'est tissé entre les Juifs de France et la République. Une histoire de fidélité, une histoire d'émancipation, une histoire parfois de trahison et de persécution, une histoire française. Cet universalisme républicain repose sur une gémilité indéfectible entre le destin de la République et les droits des Juifs de France. Telle est la leçon de l'histoire. Quand la République est forte, elle protège, elle émancipe, elle rassemble. Quand elle chancelle, ce sont toujours les Juifs qui sont visés les premiers. Tant de destin français, pour reprendre le titre de notre colloque le démontre.

C'est Adolphe Crémieux, le premier ministre de confession juive de notre histoire qui porta en 1870 le décret accordant la citoyenneté française aux juifs d'Algérie. Et qui l'abroge ? Le régime de Vichi ou plutôt la dictature de Vichi pour citer Laurent Joli quelques jours après l'édiction du premier statut des Juifs. Ce fil continue, c'est aussi celui de l'affaire de Réfuge. Que défendait Émile Zola ou George Clémenceau en prenant fête et cause pour un capitaine désormais général de brigade ? Il défendait un innocent, un patriote, un juif victime d'antisémitisme bien sûr, mais derrière le particulier perçait l'universel.

Il défendait la vérité contre le mensonge, le droit contre l'arbitraire, le patriotisme contre le nationalisme, en un mot la République. Et que hurla Charles Moras lors de sa condamnation en 1945 à la réclusion criminelle à perpétuité pour haute trahison et intelligence avec l'ennemi ? C'est la revanche de Drefus. Il avait cerné, lui le théoricien des quatre états confédérés que Drfus et la République forma une seule cause. Bienvenue monsieur le grand rabin. [rires] Ah bah attends, tu peux pas faire une arrivée discrète à l'Assemblée nationale ? En tout cas, pas sur ma présidence. Ta place est ici devant. Bah ouais, tu penses bien. Je recommence pour lui.

Alors, en somme, ça suffit maintenant. Comme l'a écrit l'historien Vincent Duclercue et qui interviendra lors de colloque. Lorsque l'on défend les juifs, on défend l'être humain, on défend tous les persécutés. Lutter contre l'antisémitisme, c'est mener un combat universel. Oui, défendre les juifs, c'est défendre la dignité humaine inscrite à l'article 1er de la déclaration universelle des droits de l'homme adopté à Paris. Oui, s'engager pour la République, c'est lutter contre l'antisémitisme. Et c'est précisément pour cela qu'avec le président du Sénat, nous avions appelé le 12 novembre 2023 à marcher pour la République et contre l'antisémitisme.

Et nous tenions vraiment à ce pour qui nous relie à ce fil d'universalité. Mesdames et messieurs, plus près de nous, ce fil d'universalité trouve sa traduction dans des trajectoires plus contemporaines. Et à ce sujet, puisque notre colloque s'intitule Destin français, permettez-moi quelques instants d'évoquer le mien. Ma grand-mère Rosa était née à Munich en 1918. Mon grand-père Calman à Lotch en Pologne en 1905. Ma grand-mère était une championne de natation. Un jour, après les premières lois raciales hitlériennes, les portes de la piscine se sont refermées. Ses parents ont compris, ils ont pris le chemin de l'exil, une valise par personne. Et c'est la France qui leur a ouvert les bras.

Cette France des droits de l'homme, mon grand-père y croyait. Quand la guerre éclata, en 1939, il s'engage volontairement au premier jour dans la Légion étrangère. Il se bat jusqu'à l'armistice avant de gagner le plateau d'églière, la haute Savoie et de participer les armes à la main à la libération de Clus. La promesse républicaine, c'est cela. C'est permettre à des femmes et des hommes venus d'ailleurs de devenir pleinement d'ici et c'est permettre à la petite fille d'un tailleur juif polonais. et d'une réfugiée allemande de devenir quelques décennies plus tard la première présidente de l'Assemblée nationale.

Alors mesdames et messieurs, cette promesse d'émancipation et d'enracinement républicain pour reprendre un thème cher à la philosophe Simone Veille, nous en connaissons les tensions contemporaines. Pour citer à nouveau le titre de votre colloque. En 2025, 1320 faits antisémites ont encore été recensés par le ministère de l'Intérieur contre 436 en 2022. 53 % des actes antireligieux sont dirigés contre les juifs alors qu'il représentent moins de 1 % de la population. cette haine, nous sommes nombreux ici à en avoir été directement victime. Et derrière toutes ces statistiques, il y a encore des drames personnels et parfois invisibles.

Des enfants insultés sur le chemin de l'école, des citoyens qui ne portent plus la kipa dans la rue, d'autres qui changent leur prénoms sur Uber, des artistes attaqués en raison de leur seule religion. Cette haine, ses actes, ces paroles antisémites se sont libérées depuis le 7 octobre et l'embrasement du proche Orient. Mais d'où vient ce déferlement de haine ? Au nom de quoi ? Au nom de qui ? En France, nul citoyen n'a se prononcer en raison de sa seule religion sur un conflit ayant lieu à 3000 km de la capitale. On ne peut ressusciter le soupçon de la double allégance. Tous les Français de confessions juives sont pleinement français.

Ils n'ont aucune aucune loyauté à prouver, aucun gage à donner, aucune position à prendre sur un conflit étranger pour être reconnu comme pleinement français. Les sommets de se prononcer sur Gaza pour mieux combattre l'antisémitisme, tu l'as dit cher Jonathan, c'est donc trahir l'universalisme républicain. Ce sont les antisémites qui doivent répondre de leur haine jamais les Français juifs de leur identité. Tous les Français juifs sont légitimement intimement chez eux dans notre République et je n'auraiis jamais besoin de personne pour savoir que oui, merci, je suis chez moi ici en France.

9:55
Non speech

[applaudissements]

10:02
Locuteur

Alors mesdames et messieurs, si les secouches géopolitiques contemporaine ont réveillé un nouvel antisémitisme, nous ne saurions oublier l'ancien. Et je l'ai toujours dit, ce vieux fond antisémite, crasse, répugnant, hérité du 19e siècle n'a jamais disparu. Il est toujours là chariant les mêmes obsessions complotistes, les mêmes fantasmes sur les juifs, les banques et le nouvel ordre mondial. Cet antisémitisme, celui d'Edouard Drumon, de la France juive et des ligues facuses, c'est celui qui aujourd'hui encore empoisonne notre débat public. Car en 2026, comme dans les pires heures de l'affaire de Réfus ou des années 30, certains qui ignorent l'histoire au pire encore la connaissent.

s'amusent à distiller des jeux de mots putrides, d'autres à multiplier les sous-entendus sulfureux et les clins d'œil nausés à bon jusqu'à oser douter de l'innocence du capitaine Drefus jusqu'à citer des slogans inscrits sur le portail d'chwitz Birkenao. Ces mots ont une histoire et nous savons de la manière la plus tragique qui soit où ils peuvent mener. Aucun élu de la République ne peut l'ignorer parce que l'antisémitisme est l'antithèse absolue de la République. Tout propos, toute parole antisémite doit donc susciter une condamnation sans équivoque et disqualifier d'office son auteur. Mais proclamer ce principe moral ne suffit plus.

L'indignation doit davantage s'armer du droit et il nous revient donc à nous législateurs d'en tirer les conséquences. C'est tout le sens de la proposition que j'avais formulé dès 2021 et qui a été intégrée au projet de loi de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Ce texte introduit une mesure centrale, la peine complémentaire d'inéligibilité pour les auteurs d'infraction racistes, antisémites ou négationnistes. Car les propagandistes de haine, de quelque bord politique qu'il soit n'ont strictement rien à faire sur les bancs de nos assemblées démocratiques. Nulle part. jamais.

Alors, tirer implacablement les leçons de l'histoire dans nos paroles, dans nos actes et dans les lois que nous votons, c'est cette exigence que je porterai toujours comme femme politique et que je porte à la présidence de l'Assemblée nationale.

C'est cette même exigence qui nous a conduit récemment encore à adopter la loi du 31 juillet 2025 pour mieux lutter contre l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur en renforçant la prévention, les sanctions et les signalements contre tout propos ou actes antisémite parce qu'aucun étudiant ne doit avoir peur de se rendre en cours parce qu'il est juif parce que l'université doit rester ce qu'à la vocation à être un lieu de savoir de liberté et d'émancipation. L'Assemblée nationale s'attache enfin à faire vivre jusque dans la loi la mémoire de l'universalisme républicain.

C'est le sens du vote unanime des parlementaires pour élever Alfred des Refus au grade de général de brigade pour parachever la réhabilitation de cet homme de courage et de dignité qui toujours, malgré les mensonges d'État conserva son amour de la République et de la France. Cependant, cependant, si les mentalités ne changent pas, si les consciences ne s'arme pas, nos textes resteront des boucliers de papier. Le surceau doit être civique. Il doit venir des entrailles de la société toute entière. Et c'est l'enjeu de notre appel lors de la marche du 12 novembre à laquelle 200000 Français répondirent grâce au soutien et au relais du CRIF. Cette marche nous avait fait un bien immense.

Elle nous avait rappelé que notre France, c'est celle d'Émile Zola, de Robert Badinter, de Simon Veille, d'Adélaï Haev. C'est la France de ces mères admirables qui ont replanté les oliviers de la paix en mémoire d'ilanimi. C'est la France de cette grande société de l'engagement. La France des Lumières, la France universelle, la nôtre. Ce souffle de l'universel, nous nous devons aujourd'hui de le transmettre au plus jeune pour qu'il ne cède pas au sommeil de la raison. En France, selon une enquête de l'OP réalisée en 2025 pour le CRIF, 44 % des collégiens et lycéens déclarent avoir déjà été exposés à des insultes antisémites dans leur établissement.

C'est face à ce constat tragique que je souhaite que chaque élève de France ait l'opportunité au cours de sa scolarité de visiter au moins un lieu de mémoire de la choa par le contact avec la pierre, avec l'histoire, la mémoire devient tangible et c'est ce que nous faisons en soutenant notamment la maison des enfants d'ieux. Cher Jonathan, pour citer Primolévi, c'est arrivé. Cela peut donc arriver de nouveau. Tel est le noyau de ce que nous avons à dire. Et ce combat pour la mémoire, pour l'universel, ne s'arrêtera pas. Nous continuerons. Nous continuerons de marcher pour la République, contre l'antisémitisme chaque jour au nom de notre idéal républicain.

Je sais que je peux compter sur vous. Je sais que je peux compter sur toi, cher Jonathan. Ensemble, nous demeurons ainsi fidèles à l'appel que nous lançait Robert Bananter lorsqu'il évoqua lui-même ce décret du 27 septembre 1791 et je le cite quand l'Assemblée constituante décide que les juifs auront la qualité de citoyen avec tout ce que cela implique, c'est un pas immense pour la dignité des Juifs. Vous en êtes maintenant les héritiers et les dépositaires. À vous de maintenir les flambeaux des libertés. Alors oui mesdames et messieurs, oui, c'est à nous tous ensemble de maintenir ces flambeaux allumés au nom des droits humains universels, au nom de la République, au nom de la France.

16:15
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]