L’instabilité politique, moteur du pessimisme des Français ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 20 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Les Français ont un nouveau Premier ministre depuis lundi, le 3e depuis un an. Ça aggrave le pessimisme des Français ?
- 1:00OuverteRéponse partielle
On est de retour à la IVe République ?
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Vous vous inquiétez de l'émiettement, de la multiplication des partis politiques et des représentants à l'Assemblée nationale ?
- 2:30OuverteRéponse directe
C'est un message envoyé par les Français aux partis politiques sur le thème 'apprenez à vous parler et à faire des compromis' ?
- 3:00RelanceRéponse directe
C'est là qu'on voit que vous vous êtes retiré de la vie politique. Aucun politique en activité ne le dirait.
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Sur la dette, vous rappelez ce que disait Valéry Giscard d'Estaing. 'Au-delà de 40 % de prélèvements obligatoires, nous basculons dans le socialisme.' Nous sommes à 44,1 %. On a basculé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:30A.JuppéFait
« Nous avons été habitués à l'alternance d'un grand parti à droite, RPR, UDF, UMP... Un grand parti à gauche, le PS et ses alliés. Aujourd'hui, il y a 11 groupes différents à l'Assemblée nationale. C'est l'émiettement. »
- 2:30A.JuppéFait
« Qui a voté pour amener 11 groupes politiques au Parlement? Les Français. Ils ont voté à l'occasion d'élections libres. »
- 3:30A.JuppéFait
« Ca arrive parfois de dire que les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent. »
- 8:00A.JuppéFait
« La qualité de l'enseignement, c'est la qualité des enseignants. Ce métier n'est plus attractif. Dans tous les concours d'enseignants, il y a moins de candidats que de postes. »
- 9:00A.JuppéPromesse
« Nous avons des enseignants formidables. Il faut leur laisser une plus grande marge d'initiative. »
- 10:00A.JuppéFait
« La désillusion est pour les malades qui se retrouvent victimes de cette stratégie politique qui fait qu'on discute du sujet depuis 40 ans et qu'on n'arrive pas à le voter. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
du Conseil constitutionnel?" Oui à 70 %. "Est-ce que vous savez ce que c'est?" "Non", à 80 %...
Pour vivre heureux, il faut vivre caché. Je ne pense pas que soit la bonne chose à appliquer dans la sphère publique. - A.-E.Lemoine: Vous écrivez que les Français n'ont pas le moral et qu'ils sont plus pessimistes que d'autres Européens.
Les Français ont un nouveau Premier ministre depuis lundi, le 3e depuis un an. Ca aggrave le pessimisme des Français? - A.Juppé: Bien sûr.
L'hommage rendu à la Constitution de la Ve République, c'est qu'elle permettait la stabilité gouvernementale. - A.-E.Lemoine: On est de retour à la IVe République? - A.Juppé: Je ne vais pas m'engager sur l'actualité politique immédiate.
J'ai essayé de prendre un peu de recul en allant jusqu'aux principes et jusqu'à la crise profonde que nous traversons. - A.-E.Lemoine: Pardon, on me parlait...
J'ai perdu le fil. Vous vous inquiétez de l'émiettement, de la multiplication des partis politiques et des représentants à l'Assemblée nationale? - A.Juppé: C'est un des symptômes de la crise.
Nous avons été habitués à l'alternance d'un grand parti à droite, RPR, UDF, UMP...
Un grand parti à gauche, le PS et ses alliés. Aujourd'hui, il y a 11 groupes différents à l'Assemblée nationale. C'est l'émiettement. - A.-E.Lemoine: C'est un message envoyé par les Français aux partis politiques sur le thème "apprenez à vous parler et à faire des compromis". - A.Juppé: Il y a une part de responsabilité des électeurs.
Qui a voté pour amener 11 groupes politiques au Parlement? Les Français. Ils ont voté à l'occasion d'élections libres. - P.Cohen: C'est là qu'on voit que vous vous êtes retiré de la vie politique.
Aucun politique en activité ne le dirait. - A.Juppé: Ca arrive parfois de dire que les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent. - A.-E.Lemoine: Sur la dette, vous rappelez ce que disait Valéry Giscard d'Estaing. "Au-delà de 40 % de prélèvements obligatoires, nous basculons dans le socialisme." Nous sommes à 44,1 %.
On a basculé? - A.Juppé: Je me suis abstenu de parler de ce domaine dans mon livre.
J'évoque un souvenir de 1995. J'arrive à Matignon. Je suis Premier ministre.
Je constate que la situation des finances publiques est calamiteuse. Rien de nouveau sous le soleil. A l'époque, le pourcentage de la dette en pourcentage du PIB était inférieur à 60 %.
Aujourd'hui, on est à 114. Ce n'est pas forcément les générations de baby-boomers qui sont responsables. - P.Cohen: Le PIB a augmenté depuis. - A.Juppé: Bien sûr.
Mais proportionnellement plus que le PIB. - A.-E.Lemoine: Les boomers ont été montrés du doigt dans la responsabilité de cette dette aggravée. - A.Juppé: Je suis né le 15 août 1945.
Je suis un boomer. J'ai l'impression d'avoir fait mon travail, d'avoir bossé plus que 35 heures par semaine en général. Il ne faut pas monter les générations les unes contre les autres. - A.-E.Lemoine: CQFD F.Bayrou. - A.Juppé: Ce n'était pas une pique... - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'on peut changer notre modèle de société? - A.Juppé: Les Français ont une addiction à la dépense publique.
Je propose une petite mesure qui vous apparaîtra peut-être trop symbolique et un peu ridicule. Je pense qu'on ne devrait pas dire "l'Etat payera". Il faut dire "les contribuables payeront".
L'Etat, c'est personne, c'est une idée. Il faut responsabiliser les Français. Cette maîtrise des dépenses publiques est indispensable. - A.-E.Lemoine: Plus de 200 000 Français ont manifesté hier.
Le pays n'était pas à l'arrêt. Comment vous analysez cette colère? - A.Juppé: Je salue votre persévérance à me ramener à l'actualité immédiate alors que j'ai expliqué que mon statut ne me permettait pas de la commenter.
Les manifestations, même quand elles prennent des formes condamnables...
La violence n'aboutit à rien. Ces manifestations doivent être écoutées. Les Français ont des choses à dire. - A.-E.Lemoine: Ils ont le sentiment de ne pas être assez écoutés. - A.Juppé: Ce n'est pas nouveau.
Il faut relativiser les difficultés du temps. Je passe mon temps à dire que ce n'était pas mieux avant. Quand on nous dit qu'aujourd'hui, tout fout le camp et tout s'effondre...
Regardez le XXIe siècle. Ce n'était pas la joie. Soyons lucides et conscients des difficultés devant nous.
Au-delà des dysfonctionnements de la démocratie que j'ai évoqués, il y a aussi une inquiétude plus ou moins avouée et sous-jacente dans nos têtes et dans la tête de nos jeunes: les défis environnementaux. On a peut-être trop fait dans un sens. On est en train de détricoter des mesures environnementales.
La réalité est là. Si nous ne changeons pas notre modèle économique et social, nous allons dans le mur. Ca va créer une inquiétude.
Beaucoup de jeunes femmes vous disent: "Je ne veux pas d'enfant parce que je ne sais pas s'il grandira dans un monde vivable." Derrière, il y a aussi l'angoisse démographique. La France est un pays qui rentre dans l'hiver démographique.
Nous allons dans une situation catastrophique. Il y a aussi l'angoisse sur les flux migratoires. J'écris dans mon livre que dans ce domaine, il faut faire preuve de lucidité.
Il y a une immigration utile. Les étudiants qui viennent étudier dans nos facs, quand ils rentrent chez eux, ils sont des ambassadeurs de la France. Il y a des métiers en tension.
Le gouvernement a fait un décret pour la liste des métiers en tension. Nous avons besoin de main-d'oeuvre. Les hôpitaux ne fonctionneraient pas sans médecins étrangers.
Il y a une immigration illégale qu'il faut combattre. C'est le fruit de réseaux esclavagistes qui traitent dans des conditions scandaleuses ces malheureux qui traversent l'océan et qui créent des problèmes, qui provoquent les relations politiques qu'on connaît. Evitons de caricaturer, évitons de tomber dans la caricature.
Evitons la violence intellectuelle. Je plaide pour une vertu...
Je plaide dans le désert. Je plaide pour une vertu chère à mon mentor, Montesquieu, la vertu de modération. Il disait: "Monter aux extrêmes, c'est facile.
Rester à la recherche de l'équilibre, de la sagesse et de la solution de compromis, c'est beaucoup plus difficile." C'est ça qui permet d'avancer. Si on revenait à un peu plus de modération, on progresserait dans le bon sens. - P.Lescure: Vous proposez également de redonner du souffle au système scolaire en donnant plus d'autonomie aux établissements, aux directeurs et proviseurs, aux enseignants et à la communauté scolaire.
Vous reconnaissez que c'est presque un tabou. Vous pensez qu'on est arrivés à un moment où on peut essayer de transgresser ce tabou? - A.Juppé: Je le pense.
Tout le monde a dénoncé le caractère de mastodonte de l'Education nationale. Si on parie sur la capacité des initiatives de ceux sur le terrain, on va dans le bon sens. Ca existe.
Je mets en valeur des initiatives de certains enseignants, dans mon livre, formidables, qui arrivent à amener toute une classe de jeunes élèves à majorité musulmane à Auschwitz, sans qu'il n'y ait aucune réaction négative ni des élèves ni des familles. Pourquoi? Parce que l'enseignant a fait tout un travail de préparation historique et qu'il a fait comprendre ce qu'il s'était passé.
Nous avons des enseignants formidables. Il faut leur laisser une plus grande marge d'initiative. La qualité de l'enseignement, c'est la qualité des enseignants.
Ce métier n'est plus attractif. Dans tous les concours d'enseignants, il y a moins de candidats que de postes. C'est notre responsabilité.
Nous avons laissé se dégrader l'image de ce métier qui est un des métiers les plus valorisants qu'on peut trouver dans la société. Ils sont mal payés. Ils ne sont pas considérés.
Il y a des rectifications de tir à faire. On peut leur demander en compensation...
Je dis des choses que je ne dirais pas si j'étais ministre...
Etre un peu plus présents dans l'établissement, de s'investir tout en étant bien conscients que le métier d'enseignant est assez difficile. Disons qu'ils ont beaucoup de vacances...
Vous vous êtes déjà retrouvé devant une classe d'adolescents insolents ou de bambins capricieux? C'est un métier difficile qui mérite le respect. - E.Tran Nguyen: Un autre tabou des Français prêt à être transgressé, le projet de loi sur la fin de vie qui risque d'être repoussé.
Ca inquiète et désespère les malades qui attendent que ce projet soit adopté. - La désillusion est pour les malades qui se retrouvent victimes de cette stratégie politique qui fait qu'on discute du sujet depuis 40 ans et qu'on n'arrive pas à le voter. - E.Tran Nguyen: Etes-vous inquiet qu'un texte sur la fin de vie ne voie pas le jour?
C'est la question qu'on a posée aux téléspectateurs. C'est flagrant. Il y a une majorité de "oui".
Certains y voient un manque de courage de nos députés. Certains ne sont pas optimistes et n'y croient pas avant la prochaine présidentielle. Le texte a fini par être adopté après plein de contretemps.
Il a été adopté en première lecture le 27 mai. Il faudrait un nouveau gouvernement pour qu'il soit adopté par le Sénat. Ca inquiète.
Le calendrier est suspendu à la nomination de la nouvelle équipe gouvernementale. Les Français veulent ce texte. 9 sur 10 y sont favorables.
Ca n'a pas toujours été aussi élevé. C'était 88 % en 2001. Beaucoup ont évolué.
C'est votre cas aussi. Vous avez changé d'avis sur ce texte. - A.Juppé: Moi-même, j'ai évolué.
Laissons de côté la question de savoir si on aura un gouvernement. C'est une question très difficile qui met en cause le plus profond de ce que nous sommes et de ce que l'on pense. Nous avons tous des références religieuses et philosophiques.
Ce n'est pas aussi simple de décider qu'on peut arrêter la vie d'un homme ou d'une femme. J'ai réfléchi. J'ai évolué.
J'ai vu les conditions posées dans le texte. J'ai vu aussi l'évolution de l'opinion publique dont il faut tenir compte quand on est responsable politique. On met en cause les politiques.
Les politiques ont fait la preuve dans ce débat de leur capacité d'examiner la question, difficile, dans la sérénité, dans le respect des uns et des autres. Le débat sur la loi bioéthique a été l'exemple d'un bon débat parlementaire. - E.Tran Nguyen: Ce qui vous a fait changer d'avis, c'est votre histoire personnelle avec votre père. - A.Juppé: Nous avons tous l'expérience d'un membre de notre famille en fin de vie, dans la douleur et la souffrance et qui dit: "Ca suffit." J'ai longtemps pensé que ça pouvait se régler dans le dialogue direct et singulier entre la famille et le médecin.
Ca se passait comme ça, en réalité. Ca ne suffit peut-être pas. Il faut sans doute faire évoluer la loi.
Alain Juppé