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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 3 février 2025 21 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Julien Odoul : "Quand est-ce que la France se réveillera face à l'Algérie ?" (LCI)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:31RelanceÉludée

    Que répondez-vous à l'accusation d'analphabétisme du président algérien ?

  • 1:26OuverteRéponse partielle

    Comment Marine Le Pen compte-t-elle s'y prendre face à l'Algérie ?

  • 2:24OuverteRéponse directe

    Faut-il répondre au président algérien ?

  • 4:11OuverteRéponse directe

    Qui veut réagir ?

  • 5:22RelanceRéponse directe

    C'est l'impuissance que vous demandez ?

  • 9:14OuverteRéponse partielle

    Qu'allez-vous faire face à la motion de censure ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:37Invité politiqueFait
    « Je ne sais pas si j'ai envie de répondre au dictateur algérien qui ose donner des leçons de droit de l'homme, de respectabilité »
  • 1:52Invité politiqueFait
    « le FLN, qui a torturé, qui a persécuté près de 70 000 harkis, qui a massacré des milliers de personnes pendant la guerre d'Algérie »
  • 12:41Invité politiqueFait
    « Tous les Français que j'ai rencontrés nous demandent de la censure. Parce que les comptes n'y sont pas. »
  • 12:52Invité politiqueFait
    « le maintien des privilèges pour les anciens premiers ministres et présidents de la République »
  • 13:06Invité politiqueChiffre
    « Qu'on soit incapable de baisser l'aide médicale d'État d'un centime. Les 111 millions, c'est du leur. »
  • 13:10Invité politiqueFait
    « C'est un gel des crédits de 2024. »
  • 13:14Invité politiqueChiffre
    « Quand vous avez un Français sur trois qui n'arrive pas à se soigner »
  • 13:21Invité politiqueFait
    « les clandestins pourront toujours se soigner gratuitement dans notre pays »
  • 17:36Invité politiqueFait
    « on avait voté des dispositions sur le pouvoir d'achat qui venaient de la majorité »
  • 17:48Invité politiqueFait
    « il y a un déficit abyssal aussi en matière de pouvoir de vivre »
  • 17:51Invité politiqueFait
    « venez avec moi dans ma circonscription, vous verrez les familles qui n'arrivent plus à nourrir leurs enfants »
  • 18:09Invité politiqueFait
    « la paupérisation de la maîtresse aujourd'hui de petits patrons qui ne peuvent pas embaucher »
  • 18:26Invité politiqueFait
    « Nous sommes la première puissance fiscale du monde. »
  • 18:30Invité politiqueFait
    « On parle de submersion migratoire. On a une submersion fiscale. »

Temps de parole

  • Julien Odoul34 %
  • Invité17 %
  • Présentateur16 %
  • Invité 215 %
  • Invité 313 %
  • Invité 45 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour, merci d'être avec nous député de Lyon, porte-parole du RN. Le temps de l'info c'est parti. Et donc pour commencer, oui on va revenir sur le 49-3, sur le budget, mais d'abord cette interview choc du président algérien Tebboune dans l'opinion. Marine Le Pen et le RN accusé d'analfabétise par le président Tebboune, Julien Oudoul, ce sont des analfabétises. Cette comparaison n'est pas raison, les relations entre les Etats-Unis, comme l'a fait Marine Le Pen, et la Colombie, n'ont rien à voir avec les nôtres. Les Américains n'ont pas colonisé l'Amérique latine. Analfabétise, que lui répondez-vous ?

0:37
Julien Odoul

Je ne sais pas si j'ai envie de répondre au dictateur algérien qui ose donner des leçons de droit de l'homme, de respectabilité, alors qu'il maintient arbitrairement l'un de nos compatriotes, Boilem Sansal, alors que son régime est odieux, infâme, et qu'il a fait de l'hostilité à l'égard de la France son seul programme politique. Je pense qu'il devrait s'intéresser d'abord au sort de ses concitoyens, qui subissent une crise, qui subissent, j'allais dire, un blocage économique, institutionnel et autres, plutôt que de donner, encore une fois, ses bons points, ses mauvais points.

Enfin, il a remarqué une chose, effectivement, c'est que celle qui compte en France et celle qui tordra le bras au régime algérien, c'est Marine Le Pen quand elle sera présidente de la République.

1:26
Présentateur

Je vais vous soumettre quand même une autre phrase du président Eboun. Moi, je m'interroge sur la manière dont Marine Le Pen va s'y prendre si elle parvient au pouvoir. Veut-elle une nouvelle rafle du Veldiv et parquer tous les Algériens avant de les déporter ? Là encore, votre réaction et votre réponse.

1:40
Julien Odoul

C'est abominable, déjà, de dire ça, évidemment. Mais de la part de quelqu'un qui a une vision des droits de l'homme à géométrie variable et d'un régime, il faut le rappeler, le FLN, qui a torturé, qui a persécuté près de 70 000 harkis, qui a massacré des milliers de personnes pendant la guerre d'Algérie, je pense très clairement qu'on n'a pas de leçon à recevoir.

2:09
Présentateur

Chers tous, le président Eboun, c'est un long entretien. Il juge également que les deux pays, France-Algérie, en ce moment, doivent reprendre le dialogue. Une fois qu'Emmanuel Macron en aura exprimé le souhait, mais il dit ceci, le climat est délétère, nous perdons du temps avec le président Macron. Il faut répondre au président Eboun ?

2:27
Invité

C'est difficile, parce que, de toute façon, c'est un jeu fermé. On peut dire qu'on perd du temps à se poser la question et à parler avec le président Eboun, dans la mesure où ils ont fait de la mémoire une rente. Le régime algérien, pas seulement le président Eboun, mais depuis la fin de la colonisation, l'Algérie, en fait, pratique l'accusation et la critique de la colonisation comme une manière d'asseoir son pouvoir et sa pérennité au pouvoir, et une forme de totalitarisme. Donc, on peut toujours critiquer Emmanuel Macron, et c'est critiquable d'avoir essayé d'amadouer l'Algérie en parlant des crimes contre l'humanité, de la colonisation.

Évidemment, la colonisation a été extraordinairement meurtrière pendant 130 ans, c'est un fait, mais ça ne sert à rien d'essayer de, comment dire, de jouer, d'essayer de les failloter, d'essayer de jouer un jeu dans leur sens, comme d'essayer d'ailleurs de polémiquer sur les bienfaits ou les méfaits de la colonisation. De toute façon, ils en ont fait une forme d'ADN politique et une manière d'asseoir leur pouvoir. C'est devenu complètement consubstantiel la critique de la France et de la colonisation. Donc, comment sortir de ce cercle tant qu'il n'y aura pas un chef d'État à la tête de l'Algérie qui sera plus libéral, qui réfléchira à la démocratie ?

D'autant plus que cette critique des colonialistes, qui est encore une fois légitime, alimente un argumentaire des pays du Sud global qui sont, eux, en général, peu démocrates. Donc, on tourne en rond dans un argumentaire qui ne mène pas à grand-chose, sauf à espérer un changement de régime un jour.

4:11
Présentateur

Qui veut réagir ? Tristane Manon, Marc Toitine ?

4:13
Invité

Moi, je veux bien ajouter une chose, c'est que le président Théboune assoit son autorité en critiquant la France. Il ne vit que pour ça, il ne vit que par ça. Et il n'a de légitimité quasiment aujourd'hui, au sein de son pays et face à sa population, que de cette façon-là. Donc, les provocations de M. Théboune, je pense qu'à partir du moment où on a effectivement Boilem Sansal, qui est depuis 79 jours aujourd'hui dans un état de santé qu'on sait compliqué, qu'il est enfermé dans les geôles algériennes, puisqu'il y a été remis en sortant de l'hôpital récemment, je pense qu'il ne faut surtout pas répondre aux provocations et donner une réponse européenne qui demande la libération de M. Sansal.

Et d'ailleurs, il l'a bien compris, M. Théboune, qu'il ne fallait pas répondre aux provocations, parce que qu'est-ce qu'il fait ? Il provoque celle dont il sait que ça va provoquer le plus de dommages, de remous et de réponses, Marine Le Pen. Et la preuve, c'est que M. O'Doul fonce dans le panneau en attaquant M. Théboune directement. Il ne faut pas tomber dans ce piège-là tant que M. Sansal... Tant que M. Sansal n'est pas sorti des geôles algériennes, il faut laisser l'Europe exiger son retour.

5:22
Julien Odoul

Mais en fait, c'est l'impuissance que vous demandez. C'est l'impuissance, c'est la lâcheté, c'est la faiblesse.

5:27
Invité

C'est la priorisation des problèmes.

5:30
Julien Odoul

Ça fait des années qu'on se couche devant l'Algérie. Je ne sais pour quels intérêts... Il s'agit de penser qu'on a l'un de nos compatriotes qui est dans leur geôme, monsieur. Ça fait des années qu'on ne dit rien, qu'on n'a pas envie de froisser, qu'on n'a pas envie de faire respecter nos intérêts. Mais à un moment donné, quand est-ce qu'on se réveille ?

5:43
Invité

Allez convaincre tous les chefs d'État européens aller convaincre les chefs d'État européens

5:49
Julien Odoul

d'exiger la libération de la France et l'Algérie. On n'a pas besoin de...

5:54
Invité

C'est l'affaire d'un homme qui est dans les geôles algériennes, monsieur.

5:57
Julien Odoul

C'est l'affaire d'un Français.

5:58
Invité

C'est l'affaire d'un Français dans les geôles algériennes. C'est pas un citoyen européen, c'est un Français. En même temps, si vous voulez. On sait très bien, monsieur, parler à ses avocats, on sait très bien que le meilleur espoir qu'on a de le faire libérer aujourd'hui, c'est que ce soit l'Europe qui demande sa libération. On le sait parce que les relations entre la France et l'Algérie sont bien trop à vif pour que ça puisse...

6:21
Présentateur

Que tout le monde puisse être écouté sur ce plateau. Les propos du président algérien sur Boalem Sansal, je vais quand même les soumettre à nos spectateurs. Boalem Sansal n'est pas un problème algérien, dit-il. C'est un problème pour ceux qui l'ont créé. Jusqu'à présent, il n'a pas livré tous ses secrets. Qui veut s'en saisir ? C'est Dominique qui veut s'en saisir.

6:37
Invité

Honnêtement, trois pages d'interview, on ne comprend toujours pas pourquoi il est en prison. C'est absolument pas clair. Et parce qu'il n'y a pas de raison particulière. Alors évidemment, il y a des phrases qui sont... Il est depuis 74 ans algérien, depuis 5 mois français. Bon. Et alors, il est français, et donc il a le droit à la protection de la France, bien évidemment. On ne comprend pas du tout pourquoi il est en prison. On comprend que c'est une très longue interview, qui est intéressante en réalité. Et tu es un message à la communauté algérienne en France.

Et pour essayer d'expliquer que le seul problème, le seul problème entre la France et l'Algérie, vient de la reconnaissance de la marocanité, du Sahara occidental par la France. Et il met absolument tout là-dessus, alors que les problèmes sont nettement plus multiples. Cet homme de 79 ans, oui, est un peu dans l'utilisation de la rente mémoriale. Il n'y a aucun doute là-dessus.

7:31
Présentateur

La liste des irritants, elle est extrêmement longue. Elle est aussi économique. Il y a des angles morts dans toutes nos conversations. L'économie, par exemple, en réalité ?

7:40
Invité

C'est la clé, comme d'habitude. Moi, j'ai deux réflexions par rapport à ce qui se passe aujourd'hui. C'est que, premièrement, le en même temps, ça ne fonctionne pas non plus d'un point de vue diplomatique. C'est-à-dire qu'on a vu M. Macron, qui a voulu lui faire plaisir, puis finalement, ensuite, avec le Maroc, etc., il a peut-être fait des petites gaffes. Donc, ça ne fonctionne pas, parce que, finalement, en vouloir faire plaisir à tout le monde, on ne fait plaisir à personne, finalement. Donc, ça, c'est le premier point. Et puis, surtout, d'un point de vue économique, quel gâchis !

Est-ce que l'Algérie, pour être une des premières puissances africaines, elle est déjà par ses réserves en matière première, notamment le gaz, bien entendu, mais elle pourrait l'être davantage si, justement, elle libérait un petit peu son économie. C'est ça qui est dommage. Mais l'agence n'est pas rien, en l'occurrence. Complètement, c'est clair. Alors, peut-être que le problème, il vient en amont, c'est-à-dire après l'indépendance de l'Algérie, effectivement, où l'Algérie, à l'époque, s'est tournée vers l'URSS. Et donc, ça a laissé des traces.

C'est-à-dire qu'encore aujourd'hui, on voit pour ceux qui seraient tentés, je dirais, d'avoir des dérives un petit peu vers le système soviétique, que ça fait mal, ça fait vraiment des dégâts. Je dis ça pour rapport à certains partis en France qui ont encore envie, qui ne se souviennent pas de l'histoire et qui ont encore envie d'avoir des références de ce type. Mais tout ça pour dire que c'est vraiment un gâchis. Ce sont des relations franco-algériennes, et également pour le peuple algérien. Parce que c'est ça, il faudrait... On peut lui souhaiter, en tout cas, qu'il arrive à se libérer, à trouver le chemin d'une croissance plus forte.

C'est notamment ce qu'a fait le Maroc, par exemple, où, effectivement, c'est également un royaume, mais finalement, il y a une croissance qui est soutenue, qui est diversifiée. Donc, encore une fois, l'Algérie peut être une vraie puissance qui compte. Et donc, j'espère pour l'Algérie qu'elle va réussir à se sortir, évidemment, de cette dictature et de ces régimes qui ne met pas en avant, effectivement, la liberté économique.

9:04
Présentateur

Allez, je nous ramène à la politique 100% française, maintenant, avec François Bayrou, qui dégaine le 49-3, encore, pour tenter de tourner la page du budget. On ne va pas prendre de détour, Julien Andoul. Qu'allez-vous faire ? On n'a pas compris encore ce matin où vous habitiez du côté du RN, face à cette motion de censure. Qu'allez-vous faire ?

9:20
Julien Odoul

Alors, si on habite dans l'opposition, nous, on a toujours été très clairs. Pour la décision, elle sera prise tout à l'heure, en rayon de groupe. Elle sera arbitrée par Marine Le Pen et Jordan Bardella. Donc, je ne peux pas vous répondre.

9:32
Présentateur

Mais pourquoi elle n'est pas encore prise, cette décision ?

9:34
Julien Odoul

Parce que c'est une décision importante. La motion de censure, ce n'est pas un jouet. On ne se fait pas plaisir. Notre obsession, notre fantasme, n'est pas de faire tomber un gouvernement. Nous, ce que nous regardons, c'est l'intérêt de la France et des Français. Et nous allons mesurer si faire passer ce budget, laisser passer ce budget est plus néfaste que de censurer le gouvernement.

9:56
Présentateur

C'est parce qu'il y a des désaccords en interne ?

9:58
Julien Odoul

Non, il n'y a pas de désaccords en interne. Mais encore une fois, c'est une discussion que nous avons. Et il est normal que notre groupe puisse en discuter pour l'apprendre.

10:05
Présentateur

Bon, autant, on a un aperçu assez complet du texte budgétaire. Jusqu'à maintenant, il y a de quoi se décider, là ? Il y a du grain à bondre, quand même ?

10:14
Julien Odoul

Sur le budget, oui, effectivement. Sur l'analyse qu'on en fait, il n'est pas mauvais, il est très mauvais. On est clair là-dessus. Mais sur la motion de censure et ensuite sur les conséquences qui en découleraient, effectivement, il faut avoir cette décision. Vous savez, nous, contrairement à la France insoumise qui brandit la motion de censure tous les quatre matins, qui prend ses camps de flex avec la motion de censure dans le lait, nous, très clairement, nous, on veut le bien-être et l'intérêt des Français. Et nous allons juger si la motion de censure doit être décidée à l'aune de ce précieux.

10:49
Présentateur

Mais est-ce qu'il y a des lignes rouges, les fameuses, et après, je vous laisse rentrer dans la danse, effectivement, mais je pense que c'est ce que vous aviez en tête, Dominique Seux, sur l'article 4 qui a été brandi par Jean-Philippe Tanguy pour dire que lui, il allait suivre la ligne de parti, mais lui, il est pour la censure. On rappelle peut-être l'article 4 qui pose un nouveau cadre de régulation des revenus d'EDF issus du nucléaire et qui pourrait causer une hausse des prix, c'est ça ? Une hausse des prix de l'électricité pour les ménages et les entreprises.

11:13
Invité

On a un petit peu de mal à comprendre comment une censure, c'est-à-dire probablement une crise de régime derrière, peut se décider sur l'article qui concerne le prix de la reine. Le prix, j'épargne les détails, mais c'est vraiment quelque chose d'assez absconce.

11:27
Julien Odoul

Oui, mais les conséquences, elles sont très concrètes. Les conséquences, c'est finalement de s'enliser dans un prix de l'électricité qui serait hors de prix, justement. Et donc, vous confirmez que c'est ça, votre ligne rouge. C'est ça qui va décider ? C'est le point qui va décider ? Il y a beaucoup de choses qui vont décider. Il y a beaucoup d'éléments. Jean-Philippe Tanguy a exprimé une position personnelle. Il y aura une position qui sera arrêtée par Marine Le Pen, Jordan Bardella.

11:51
Invité

Et vous, quel est votre souhait personnel ?

11:52
Julien Odoul

Quel est votre souhait personnel ? Vous savez, moi, je suis porte-parole du Rassemblement national. Mon souhait personnel, c'est la position du groupe. Et encore une fois, on va regarder ça avec attention. On ne fait pas de la politique aérie. Je veux dire, on ne s'amuse pas. Nous avons, encore une fois, laissé sa chance au dernier gouvernement, au gouvernement Barnier. On a vu ses échecs et ses trahisons. Nous avons aussi laissé sa chance à ce gouvernement. Nous déterminerons tout à l'heure ce qu'il en est.

12:22
Présentateur

Vous faites de la politique pour faire entendre la voix des Français ?

12:24
Julien Odoul

Bien sûr, de 11 millions d'électeurs.

12:26
Présentateur

Sondage à risque pour LCI. 54% des Français sont opposés à la censure du gouvernement Bayrou. Les Français ne veulent pas de la censure.

12:33
Julien Odoul

Vous savez, moi, ce week-end, je fais énormément de terrain dans ma circonscription. Tous les Français que j'ai rencontrés nous demandent de la censure. Parce que les comptes n'y sont pas. Vous savez, quand il y a des mesures extrêmement symboliques et extrêmement brutales, le maintien des privilèges pour les anciens premiers ministres et présidents de la République. Quand on demande aux entreprises toujours plus de sacrifices, aux Français qui travaillent toujours plus de sacrifices, comment vous pensez que c'est perçu, ça ? D'une petite caste, finalement, qui maintient ses cadeaux, qui maintient son train de vie. Pareil pour l'aide médicale d'État.

Qu'on soit incapable de baisser l'aide médicale d'État d'un centime. Les 111 millions, c'est du leur. C'est un gel des crédits de 2024. Quand vous avez un Français sur trois qui n'arrive pas à se soigner, parce que le reste à charge est trop important et qu'on lui dit que ce n'est pas grave, les clandestins pourront toujours se soigner gratuitement dans notre pays, c'est insupportable. Donc, effectivement, nos compatriotes voient que la rupture qui est demandée depuis plusieurs mois, au moment des européennes, au moment des législatives, rupture fiscale, rupture sociale, rupture migratoire, la rupture, ils ne la voient pas.

13:36
Invité

Marc Toiti. J'ai envie de dire quelle tristesse là aussi, parce qu'en fait, on se rend bien compte que la France est complètement bloquée. C'est-à-dire que là, effectivement, le gouvernement essaye de faire plaisir à droite, à gauche, finalement, pareil, comme tout à l'heure, pour faire plaisir à tout le monde, pour faire plaisir à personne. Et le vrai danger, c'est que ce budget, il est complètement caduque. C'est-à-dire qu'il tape notamment sur une croissance de 0,9%, mais il annonce quand même une baisse du déficit à 5,4%.

Là, il y a un gros problème, c'est qu'il y a quelques mois, la direction du Trésor, qui est quand même quelque chose de très sérieux, a priori, a fait des prévisions du défi de public en disant, pour 2025, on aurait une croissance d'environ 1,4%, mais un défi de public de 6,2%. Bon.

Sauf que là, le gouvernement a révisé à la baisse sa prise de croissance, tout à fait justement, puisque la croissance n'est pas là, on voit qu'il y a des défaillances d'entreprises qui éteignent des sommets, la récession est peut-être à nos portes, mais pourtant, il dit que le défi de public va quand même baisser à 5,4%, alors qu'on ne baisse pas les dépenses publiques, qu'on augmente les impôts, ce qui va avoir un effet récessif, donc ce n'est pas crédible. Donc ce qui n'est pas là, c'est que, qu'il y ait motion de censure ou pas, je pense qu'il y aura une sanction très rapidement puisqu'on va voir que nous allons avoir un dérapage de nos comptes publics.

Je vous rappelle qu'aujourd'hui, la France, on a les chiffres d'Eurostat du troisième trimestre, la France est le pays de la zone euro où le défi de public est le plus élevé. On a 6,3% de notre pays.

14:43
Présentateur

On demande à notre invité d'avoir un avis tranché, je vous demande d'en avoir un aussi. Il faut censurer, il ne faut pas censurer.

14:48
Invité

Ça, ce n'est pas mon rôle aujourd'hui, encore une fois.

14:50
Présentateur

Vous pouvez avoir un regard d'économiste en disant que le pire, ce serait de censurer économiquement parlant.

14:56
Invité

Ce que j'allais vous dire, c'est que si effectivement on censure, il y aura une sanction tout de suite, nommé Premier ministre, dans la foulée, les enjeux de notation ont dégradé l'un de la France. Donc si effectivement il y a la motion de censure, ça arriverait tout de suite. Mais s'il n'y a pas la motion de censure, on va continuer comme ça, mais il y aura plus de défis publics que prévu. Et on aura également cette sanction des investisseurs, des enjeux de notation. Mais encore une fois, on n'est pas à la botte des marchés financiers. C'est nous qui sommes mis dans cette situation.

Je vous rappelle qu'aujourd'hui, 55% de notre dette publique est détenue par des non-résidents, par des investisseurs étrangers. Donc si on ne montre pas à patte blanche, si on n'est pas crédible en termes de réduction du déficit, encore une fois, ça fait désordre. Et regardons ce qui se passe aujourd'hui au niveau de la zone euro. Et je termine, la France est le pays où il y a le plus de déficit public. Regardons aujourd'hui l'Italie, on l'a jetée aux orties encore quelques mois, elle est en train de baisser ses impôts de 30 milliards d'euros cette année, avec un déficit public de 3,5%. Donc c'est-à-dire que c'est possible. Et nous, malheureusement, on a des arrangements entre amis, etc.

C'est la submersion fiscale. C'est ce qui fait que je suis toujours triste. Je rappellerai que nous sommes numéro 1 du monde des impôts et des dépenses publiques.

16:00
Présentateur

Marion Van Rottergen, votre regard, regard aussi européen à travers vous. Et au niveau de l'Europe, on regarde comment nos débats sur ce plateau-là, par exemple, le RN qui ne s'est pas décidé, la censure qui pourrait être activée.

16:10
Invité

Moi, en tant qu'évidemment, j'ai un regard européen et assez allemand, donc tout ça me semble totalement surréaliste, parce que j'ai le sentiment que je ne sais pas ce que c'est qu'un progrès ou que, quand vous dites que les comptes n'y sont pas, un progrès pour qui ? Pour vous, sans doute, pour vous-même, je vous dis vous, les socialistes, les mélanchonistes, la majorité, on a le sentiment qu'en fait, il s'agit, c'est une partie de comment sauver la face politiquement, comment sauver la face diplomatiquement. Vous jouez tous votre parti. Il n'y a jamais le sens de l'intérêt général.

Alors, vous allez dire qu'on va baisser, il faut augmenter un peu le pouvoir d'achat des Français, mais là, il s'agit, on est dans une situation extrêmement grave et tragique. Tous les pays européens, tous les régimes parlementaires européens sont capables de discuter d'un point commun, ça veut dire faire des concessions, ça veut dire renoncer à ce qu'on veut, ça veut dire essayer d'avancer ensemble. Et franchement, le spectacle politique que vous donnez est lamentable. Julien Audoul.

17:09
Julien Odoul

Excusez-moi, madame, mais nous ne sommes en rien responsables de la situation.

17:12
Invité

Voilà, c'est jamais vous, mais ça n'est pas vous, mais ça n'est pas les autres non plus, ça n'est personne. Simplement, il n'y a pas de majorité dans cette Assemblée et vous ne faites pas

17:19
Julien Odoul

l'effort de projet commun. Je pense qu'en matière de pragmatisme, en matière d'intérêt général, on n'a pas de leçons à recevoir. Nous avons toujours voté et nous sommes les seuls à voter les textes qui vont dans le sens de l'amélioration du pouvoir d'achat, de la sécurité des Français, d'où qu'ils viennent, d'où qu'ils viennent. Et c'est d'ailleurs notre marque de fabrique, on avait voté des dispositions sur le pouvoir d'achat qui venaient de la majorité Le pouvoir d'achat

17:39
Invité

n'est pas la seule donnée à prendre en compte. Il y a un déficit abyssal. Oui, il n'est pas que le pouvoir d'achat qui est à prendre en compte. Effectivement,

17:48
Julien Odoul

il y a un déficit abyssal aussi en matière de pouvoir de vivre. Et venez avec moi dans ma circonscription, vous verrez les familles qui n'arrivent plus à nourrir leurs enfants, vous verrez les familles qui attendent un logement social, vous verrez les familles qui n'arrivent plus à remplir leurs réservoirs d'essence parce qu'on n'en parle pas, mais les prix repartent à la hausse. Vous verrez la paupérisation de la maîtresse aujourd'hui de petits patrons qui ne peuvent pas embaucher. C'est ça la réalité aujourd'hui de notre pays. La réalité, c'est cela. Et vous pensez

18:15
Locuteur non identifié

qu'augmenter la dette va aider cette réalité-là ? Va aider la réalité ?

18:18
Julien Odoul

Le carcan qui a été instauré par ceux qui nous dirigent pas depuis 7 ans mais depuis 30 ans. Effectivement, c'était très bien dit par Marc Touati. Nous sommes la première puissance fiscale du monde. Il faut que ça s'arrête. Aujourd'hui, on parle de submersion migratoire. On a une submersion fiscale. On n'en peut plus. Et face à cela, les Français voient au quotidien que leurs services publics se dégradent, qu'ils ont une éducation de moins bonne qualité, que les services publics sont en train de déserter la ruralité, qu'ils ont moins d'accès à des soins de leurs premières nécessités. Tout ça, c'est la réalité de notre pays.

18:48
Invité

En quoi une censure va améliorer leur qualité ?

18:50
Julien Odoul

Je vous dis qu'il y a, encore une fois, pire qu'un budget. C'est un mauvais budget. Et on nous a fait le coup avec la dernière fois les sauterelles, les joues ragants avec la motion de censure pour M. Barnier. Ça a été quoi ? Revalorisation des pensions de retraite de 2,2%. Et ça a été la baisse du tarif de l'électricité. Donc arrêtons les caricatures, encore une fois. Mais il faut que ce gouvernement, comme les autres, entende qu'il y a un besoin de rupture.

19:17
Présentateur

Christine Bannon et Dominique, ce que je voudrais vous entendre aussi.

19:19
Invité

Allez-y, Christine. Je suis tout à fait d'accord avec ce que Marion vient de dire. C'est qu'aucun de vous ne donne le sentiment, en tout cas, d'avoir le sens de l'intérêt général. Vous vous comportez tous comme si vous aviez gagné, comme si vous étiez majoritaire. Vous répétez en boucle que vous avez 11 millions de personnes qui ont voté pour vous. C'est une réalité. Vous êtes le premier parti. La gauche réunie est devant vous. Nous sommes 67 millions de Français. Il faut que chacun se comporte comme s'il avait perdu parce que la réalité est là.

Une fois qu'on a dit ça, je pense en revanche, je vais vous donner un bon point pour que vous en ayez besoin, je pense que la médiocrité de la classe politique vous profite parce que dans la situation où vous êtes, quoi qu'il se passe, vous allez sortir gagnant puisque vraisemblablement, le Parti Socialiste ne va pas voter la censure. Donc, soit vous la votez et vous allez avoir sur vos marchés les personnes dont vous parlez qu'elle est considérée que vous êtes des sauveurs et que vous êtes les seuls qui les représentent. Soit vous ne la votez pas et vous allez pouvoir dire que vous avez le sens des responsabilités. Donc, bravo, parmi les médiocres, vous êtes ceux qui en profitez.

20:23
Présentateur

Un mot de conclusion, Julien Audoul ?

20:24
Julien Odoul

Non, mais je redis encore une fois que nous n'avons pas de responsabilité ni dans le chaos social ni dans le chaos institutionnel. Si, par exemple, nous n'avions pas eu ces alliances des contraires au moment des dernières législatives, on n'en serait pas là. Nous n'avons pas souhaité cette composition de l'Assemblée nationale. Nous n'avons pas souhaité cette instabilité gouvernementale. Nous souhaitons la stabilité mais je pense que la stabilité sera impossible avec M. Macron.

20:51
Présentateur

Et donc, on va attendre de voir en fin de matinée, c'est ça, la décision du Rassemblement national dans l'après-midi face au 49.3 voulu et décidé par le Premier ministre François Bayrou. Merci d'avoir été notre invité ce matin.

Julien Odoul : "Quand est-ce que la France se réveillera face à l'Algérie ?" (LCI) — Julien Odoul · Pourquijevote