Marine Le Pen, discours de clôture du colloque Idées Nation
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- 12:35Invité politiqueChiffre
« Depuis la fin de la décennie 1980, les crédits militaires ont fondu de 3,6% à moins de 1,6% du PIB. »
- 12:55Invité politiqueChiffre
« Sur les 377 milliards prévus pour la période allant de 2009 à 2020, il manquera 25 milliards d'euros. »
- 13:20Invité politiqueChiffre
« Le plan de réduction d'effectifs de 54 000 hommes sur 5 ans, soit 17% du total, c'est considérable. »
- 21:05Invité politiquePromesse
« Sur le moyen terme, nous entreprendrons un effort pour parvenir progressivement sur les cinq années du mandat à consacrer 2% du PIB à une défense nationale. »
- 21:35Invité politiquePromesse
« Notamment grâce à la mise en place d'une garde nationale de 50 000 réservistes, hommes et femmes, mobilisables dans un bref délai, moins de 24 heures. »
Temps de parole
- Marine Le Pen88 %
- ?13 %
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Merci,
merci à tous. Messieurs, chers amis, c'est une fois de plus avec beaucoup d'intérêt
que
j'ai assisté à ce colloque organisé par IDN, cette fois sur le thème de la défense.
Je
sais que l'assistance a suivi avec attention vos débats, messieurs les interlocuteurs, et j'en profite une fois de plus pour saluer les dizaines de milliers d'internautes qui nous suivent en direct.
Encore
une fois, des interventions de très grande qualité qui nous ont permis de mesurer l'ampleur de la tâche qui attend le futur président de la République dans le domaine de la défense nationale.
Car
ne l'oublions pas,
le
chef de l'État est en même temps chef des armées,
et
c'est donc bien de lui que dépendent les grandes impulsions en matière de défense.
Je
remercie en particulier l'amiral Vaquet pour la rigueur et la richesse de son analyse.
Je
salue la présence du général Pinard Legris, président de l'association de soutien à l'armée française.
Et
je rends un hommage particulier à monsieur André Pertugio, qui a fait part de son expérience de résistant héroïque.
Pris
de renoncement à gagner l'ensemble de nos élites,
il
est sain et utile de revenir à l'essentiel.
La
France est construite sur un esprit de résistance,
sur
les valeurs de courage et d'honneur,
qui,
à chaque fois qu'elle était menacée dans son histoire, lui ont permis de se remettre debout et de reprendre en avant sa marche glorieuse.
La
France a connu dès 11 novembre 1940,
et
elle en connaîtra d'autres, parce qu'elle ne se soumettra jamais.
Ce
sont précisément
ces
valeurs de résistance, de courage et d'honneur
qu
'incarne seul mon projet,
quand
tous les autres se sont votrés depuis tant d'années dans l'asservissement aux puissances d'argent et aux féodalités en tout genre.
Permettez
-moi, en effet, avant d'en venir au cœur du sujet qui nous réunit aujourd'hui, la Défense nationale,
de
m'arrêter sur cette rupture patriotique, cette rupture française que je représente.
Ma
candidature à l'élection présidentielle montre un chemin à la France et au peuple français.
Il
ne s'agit pas de multiplier les promesses comme les autres le font si bien en même temps,
de
lui redonner une fierté,
un
honneur,
une
place dans le monde,
et
sa place est bien sûr
tout
en haut.
Je
le sais,
on
me reprochera mon patriotisme.
Les
élites, depuis longtemps tournées vers l'horizon indépassable...
J
'ai failli,
hein ? J
'ai réflexe, quand même.
Pardon,
nos élites, donc, je disais qu'elles étaient depuis longtemps tournées vers l'horizon indépassable de l'Union européenne et d'une mondialisation qu'on nous vendait, souvenez-vous, heureuse, regardent souvent avec mépris, si ce n'est avec dégoût, le patriotisme.
Les
yeux rivés sur les sondages d'opinion, quelques candidats à la présidentielle en mal d'inspiration s'enroulent tous les cinq ans dans le drapeau bleu-blanc-rouge pour essayer de berner les électeurs.
Mais
ces candidats faussaires n'ont pas la France aux tripes.
Et
comment ne pas voir
que
la fracture entre ces élites, cette caste et la France s'accroît,
quand
désormais le président de la République lui-même en appelle à de nouveaux abandons de souveraineté et à l'Europe fédérale, qui n'est ni plus ni moins que l'Europe allemande, l'Europe des marchés et la fin de la France.
Parti
dans une fuite en avant délirante vers le fédéralisme, Nicolas Sarkozy a montré son vrai visage.
Oui, je
pèse mes mots,
mais
je dois le dire sans détour parce que personne n'osera le dire.
Le
chef de l'État,
aujourd
'hui installé à l'Élysée,
n
'aime pas la France, ne la respecte pas.
Il
la trouve,
il
la trouve trop petite,
il
la voit faible.
En
creux de ses discours, et celui d'hier était révélateur, on comprend
qu
'il pense le peuple français,
paresseux,
égoïste, figé, peureux.
Il
n'aime pas la France et il est en train de tenter de la liquider.
Il
n'aime pas la France et il entre chaque jour un peu plus dans la collaboration avec ses maîtres,
les
marchés et les banques.
Il
est toujours prompt
à
s'aligner sur un autre pays, les États-Unis un jour,
l
'Allemagne. Aujourd'hui,
il
n'aime pas la France.
Et
avec ses amis du CAC 40 et de la caste politique,
il
travaille sans relâche à la suprématie des marchés, la fin des souverainetés nationales, la mise sous tutelle, la négation des nations,
la
mort de la démocratie, l'exclusion des peuples et la fin de la France.
Quand
on dit que l'Europe n'est plus un choix
et
qu'on est prêt à accepter le dictat allemand pour maintenir ce carcan, en quoi est-on encore patriote
?
En quoi aime-t-on encore la France
? L
'Europe des sanctions budgétaires,
mais
ce sera l'Europe de l'austérité permanente, l'Europe punitive.
Les
Français se sont presque habitués à la crise,
mais
ce qui nous attend est tout autre.
C
'est une véritable dépression,
avec
une hausse vertigineuse du chômage, un chômage de masse.
Et
les sanctions de l'Union européenne nous obligeront à tailler dans les indemnités chômage, dans les salaires, dans les pensions.
Les
impôts augmenteront pour les plus faibles, pour les classes moyennes, dans des proportions élevées. Le pouvoir d'achat s'effondrera.
Et
la France sera encore plus faible.
engluée
dans un véritable marasme européen.
Cette
crise,
cette
dépression même, sera différente des autres crises.
Elle
sera bien plus grave.
Cette
folle politique anticroissance mènera des millions de Français à la misère, en jettera beaucoup à la rue
et
ruinera le pays. Accroître la récession en menant une politique d'accentuation de la crise, en ruinant les secteurs productifs de la France.
Voilà
le programme du candidat Sarkozy.
Alors
oui,
face
à eux, je l'assume et je le revendique.
Je
suis profondément patriote.
Mon
patriotisme n'a jamais varié et je ferai en sorte que cette valeur essentielle
revienne
au premier rang dans notre pays.
Or,
la question des objectifs et des ambitions donnés à notre défense nationale
est
intimement liée à notre conception du patriotisme.
C
'est l'ensemble de mon projet de redressement national qui s'inscrit dans cette dynamique patriote.
Il
vise la réussite partout de la France. Il prépare son rayonnement, il promeut sa langue nationale, il défend son État, la nation, notre intelligence économique, notre culture et nos valeurs. Oui, mon projet rompra avec le mépris des élites pour le patriotisme populaire.
Je
l'ai dit et nous l'avons écrit dans notre projet présidentiel.
Dans
le cycle de formation des fonctionnaires des trois fonctions publiques, l'accent sera mis sur le sens de l'État et le patriotisme.
L
'École nationale d'administration, l'ENA, veillera en particulier à recruter des hauts fonctionnaires patriotes ayant le sens de l'État.
Il
y a un grand oral pour cela.
Et
nous l'utiliserons à cet effet.
Quoi
de plus normal
que
de s'assurer que le premier serviteur de l'État soit attaché à notre pays
? Eh
bien, on remettra du bleu-blanc-rouge sur les bancs de l'ENA et dans l'esprit de nos élites. Et croyez-moi, ce ne sera pas un mal.
En
outre,
tous
les bâtiments publics de France, qu'il s'agisse des administrations centrales ou locales, devront en permanence arborer le drapeau français.
Et
le drapeau de l'Union européenne ne sera plus autorisé sur ces bâtiments.
Nous
subissons l'Union soviétique européenne. On n'est peut-être pas quand même obligés de la fêter. De ce délitement absolu
de
patriotisme dans notre pays,
cette
polémique hypocrite qui est née il y a quelques jours sur le siège de membres permanents de la France au Conseil de sécurité des Nations unies avec droit de veto.
Aujourd
'hui, ce sont les Verts et le PS qui veulent que la France perde ses prérogatives.
Mais
en 2004, au Parlement européen, c'était les députés UMP qui avaient voté une motion demandant le transfert de ce siège permanent à l'Union européenne. Eh oui, une nouvelle fois, PS et UMP, main dans la main contre la France. Mais honte à cette caste politique PS et UMP qui, dans le dos des Français, veut brader notre pays.
Je
le dis solennellement,
le
siège permanent de la France au Conseil de sécurité de l'ONU ne peut faire l'objet d'aucune négociation ni même d'aucune discussion.
Le
patriotisme remis au cœur des valeurs de notre pays,
partout
où il a sa place, fera le pont entre notre société civile et notre armée.
Car
c'est bien le sujet qui nous occupe aujourd'hui.
Et
quand vous y réfléchissez bien,
il
y a un lien absolument évident entre les deux.
Il
y a un lien charnel
entre
le peuple français et son armée, comme il y a un lien charnel entre le peuple français et la France.
C
'est quand la France est fière d'elle-même,
quand
elle revendique glorieusement ses couleurs et ses valeurs, que son armée est fière et respectée.
Alors
comment ne pas se souvenir,
en
ce 2 décembre,
que
le gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy
a
refusé de célébrer, il y a 6 ans maintenant, le bicentenaire de la grande victoire de Stirlitz, cédant aux pressions communautaristes de quelques intellectuels excités, comme d'habitude, cachant leur haine revendiquée de Napoléon Bonaparte, qui cachait en réalité leur haine féroce de la France.
Et
puis, comment oublier quelques semaines auparavant que les mêmes n'avaient pas hésité à envoyer les fleurons de la Marine nationale célébrer le bicentenaire de la défaite de Trafalgar.
Et
oui, nous ne pouvons que nous en souvenir, nous, quand l'UMP ose encore prétendre défendre la patrie.
On
s'en souvient mieux encore parce que le 2 décembre, c'est le 2S, la fête des Saint-Cyriens,
et
parce que les premiers élèves de Saint-Cyr tombés au champ d'honneur sont morts
à
Austerlitz.
En
2005,
nos
élites, ainsi, nous ont montré le peu de considération qu'ils ont pour l'armée de la France et pour ceux qui la servent.
Et
ce manque de considération ne se limite pas à ces symboles.
Il
se manifeste encore plus par la diminution constante des crédits qui sont alloués à la défense.
Je
ne reviendrai pas sur tous les éléments dramatiques soulignés cet après-midi. Si, parfois, c'est vrai, avec humour, il est vrai que,
parfois,
il mieux vaut en rire qu'en pleurer.
Parce
que tous nos intervenants les ont fort bien exprimés, mais j'insisterai sur l'essentiel.
Depuis
la fin de la décennie 1980,
les
crédits militaires ont fondu de 3,6% à moins de 1,6% du PIB. Jamais la France n'a consacré aussi peu à sa protection.
Les
crédits aux armées sont devenus une variable d'ajustement du budget de l'État.
Au
rythme actuel,
sur
les 377 milliards prévus pour la période allant de 2009 à 2020, il manquera 25 milliards d'euros.
Rien
qu'en 2010,
le
gouvernement Sarkozy-Fillon
a
imposé une réduction de 3,6 milliards, rendant impossible
d
'atteindre l'objectif des lois de programmation destinées à maintenir la cohérence de notre système de force.
Le
plan de réduction d'effectifs de 54 000 hommes sur 5 ans, soit 17% du total, c'est considérable, limite à 10 000 hommes le contingent opérationnel pour la défense du territoire. Nombre d'équipements et de matériel, on l'a dit, sont en fin de vie. Nombre de soldats en fin de contrat ne sont pas reconduits,
au
risque pourtant de nous priver d'hommes d'expérience.
Les
crédits affectés au maintien en condition opérationnelle des matériels comme à l'entraînement des forces arrivent à un seuil critique, mettant en danger nos soldats sur le terrain.
Il
est navrant,
navrant
de constater que sous Nicolas Sarkozy, la France jette des dizaines de milliards d'euros dans le trou sans fond de l'euro, de la dette grecque ou portugaise, des banques, mais qu'elle n'est pas en mesure de mettre en sûreté ses citoyens et ses soldats.
Pas
plus, pas plus que le gouvernement n'est en mesure de protéger nos entreprises, nos innovations, nos intérêts économiques et stratégiques par l'intermédiaire d'une véritable intelligence économique au moment où la guerre économique n'a jamais été aussi brutale dans le monde.
Après
20 ans de réduction,
la
France franchit le seuil critique en deçà duquel l'instrument militaire ne répond plus aux objectifs pour lesquels il fut conçu,
la
défense de nos intérêts vitaux, et pour commencer, celle du territoire.
Ainsi,
nous désarmons de fait,
alors
même que le reste du monde réarme.
Les
crédits militaires ont augmenté de 6% par an en moyenne dans le monde.
Le
dénuement progressif de nos armées n'empêche pas Nicolas Sarkozy, inspiré par Samuse, BHL,
à
qui je retirerai dès mon élection sa nomination de colonel citoyen de l'armée de l'air
qu
'on lui a scandaleusement accordée.
Celle
de Drucker aussi. Bien, ce dénuement progressif disait, je n'empêche pas Nicolas Sarkozy de jouer les fiers à bras et de multiplier à des fins électoralistes les interventions extérieures engageant 12 500 soldats hors de nos frontières.
Nous
avons toujours condamné la participation à des interventions multinationales, souvent hajardeuses, et dans lesquelles l'intérêt national est tout sauf évident.
Nous
pouvons comprendre que les Américains sont intervenus en Afghanistan après l'agression dont ils furent victimes le 11 septembre 2001, mais avions-nous besoin d'envoyer, nous, nos soldats,
au
prix de la mort de trop d'entre eux
? Et
puis, disons après, quelle solution raisonnable
est
en vue
? Parce
que les buts de guerre ne sont ni précis,
ni
réalistes. Enfin,
au
-delà de l'Afghanistan elle-même, dont on partira piteusement, probablement, sans avoir apporté aucune amélioration, eh bien, les conséquences sur le Pakistan voisin suscitent aujourd'hui de légitimes inquiétudes.
Je
suis, vous le savez, hostile à ces guerres,
qui
ne sont pas les nôtres.
Mais
je tiens à vous dire qu'en toutes circonstances,
je
rends hommage à nos soldats, à nos marins
et
à nos aviateurs. Partout, un fils de France reste un fils de France.
Et
il doit pouvoir compter sur notre soutien indéfectible.
Nos
soldats ont payé très cher ces interventions hasardeuses,
mais
ils continuent de se battre héroïquement.
Qu
'ils sachent que nous sommes tout entiers avec eux.
Alors
non, mes amis, la démocratie ne s'exporte pas à la pointe des missiles de l'OTAN.
Et
l'Irak, d'ailleurs, nous le montre tous les jours.
Nous
ne pouvons oublier qu'en 2003, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, fit néanmoins savoir, malgré qu'il soit ministre de l'Intérieur, que s'il n'avait tenu qu'à lui, la France se serait engagée dans l'aventure irakienne. Cette aventure a déstabilisé tout le Moyen-Orient.
Alors
que le pays a éclaté,
que
le terrorisme y sévit toujours, et que des dizaines de milliers de chrétiens ont fui la répression sanglante.
Non, la
démocratie n'est pas un produit d'exportation.
Nous
le voyons aussi en Libye.
Nous
y avons fait leur guerre, apporté soutien financier, armé et placé à sa tête des politiciens islamistes, qui n'ont rien eu de plus pressé que d'établir la charia, la polygamie et la répudiation unilatérale par les hommes. Splendide réussite
! Splendide
réussite en matière démocratique,
puisque
même la Cour européenne des droits de l'homme a considéré que la charia était incompatible avec la démocratie. M. Béchel mérite une nouvelle autre breloque qu'on pourrait probablement lui remettre à l'issue de cette victoire.
Alors
aujourd'hui, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé s'interrogent à voix haute
pour
savoir si la France doit intervenir en Syrie.
Nous
nous interrogeons à voix haute, est-ce encore pour favoriser quelques fondamentalistes islamiques
? Prend
-on en considération les chrétiens de ce pays qui, depuis des siècles, regardent vers le nôtre
? La
République anticléricale de la fin du XIXe siècle avait plus de considération pour eux que ce gouvernement imbue d'un droit d'ingérence qui n'est que la résurgence par nom de l'archaïque politique de la canonnière, et aujourd'hui, les canons sont américains.
Je
veux, mes amis,
pour
la France un autre destin. Je veux pour la France une ambition mondiale et non une vassalité mondialiste.
Je
ne veux plus que notre armée serve de supplétif à quiconque.
Je
veux une défense nationale à la hauteur de la grande nation que nous sommes et que nous devons rester.
Alors
nous devons d'abord recentrer notre stratégie pour assurer notre indépendance.
La
France doit être en mesure de défendre par elle-même ses intérêts et de garantir sa sécurité. Sans tarder, tout en restant membre de l'Alliance atlantique,
la
France sortira du commandement intégré de l'OTAN.
Nous
reviendrons à la position équilibrée
que
le général de Gaulle avait définie.
Il
y aura bientôt 50 ans et que Nicolas Sarkozy a bradé.
J
'aime beaucoup l'expression de l'amiral Vaquet, une armée à la croisée des chemins.
Effectivement, nous
sommes aujourd'hui à un point de bascule.
Ou
bien l'effort de redressement a lieu
et
nous pourrons assurer dans de bonnes conditions notre sécurité dans un monde devenu très dangereux.
Ou
bien nous poursuivons sur la pente du déclassement
au
risque de courir les plus grands dangers et de perdre notre indépendance et notre liberté.
Sur
le moyen terme,
nous
entreprendrons un effort pour parvenir progressivement sur les cinq années du mandat à consacrer 2% du PIB à une défense nationale marchant sur ses deux jambes.
D
'une part, nous réaffirmerons et préciserons notre concept de dissuasion nucléaire, laquelle demeurera le fondement de notre stratégie de défense,
la
garantie ultime de la sécurité et de l'indépendance nationale.
D
'autre part,
nous
assurerons en priorité la protection du territoire national et la sécurité des Français, notamment grâce à la mise en place d'une garde nationale de 50 000 réservistes, hommes et femmes, mobilisables dans un bref délai, moins de 24 heures.
Le
livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a en effet mis en évidence la nécessité de disposer d'un outil de réponse aux crises et de consolider la résilience de la population.
Les
missions de cette garde nationale seront d'agir en renfort des forces de maintien de l'ordre et de sécurité civile et de participer à la défense du territoire national, notamment en protégeant les points d'intérêt vitaux.
En
outre,
et
cet aspect est un autre axe stratégique de mon projet pour la défense, nous ne devons pas, nous ne pouvons pas oublier que notre espace maritime est le deuxième du monde après celui des Etats-Unis.
Et
nous le devons à l'extraordinaire atout que représentent nos départements et collectivités d'outre-mer,
nos
pays maintenant
d
'outre-mer.
Puissance
continentale, la France est aussi une immense puissance maritime présente dans tous les océans, on vous l'a rappelé tout à l'heure, 11 millions de kilomètres carrés de possession maritime.
Une
richesse absolument inouïe. Chaque collectivité française d'outre-mer
devra
donc bénéficier des capacités de défense nécessaires
en
insistant sur les supports maritimes pour protéger les zones économiques et les espaces de pêche.
Les
sources d'énergie,
mais
aussi les réserves alimentaires de l'avenir, au moment où nous sommes déjà 7 milliards d'humains sur la planète, sont largement dans les fonds marins.
Les
enjeux de souveraineté maritime de l'Arctique à l'Antarctique vont se radicaliser.
Dans
ce contexte, la France doit enfin avoir une grande politique de la mer, aujourd'hui complètement oubliée par des élites tout entières fascinées par l'Allemagne.
Notre
marine nationale en sera le pilier, fondée sur des bâtiments de surface et des sous-marins d'attaque,
sans
négliger l'indispensable, parce qu'il est indispensable, deuxième porte-avions dont il faudra bien entreprendre la construction durant le quinquennat.
Il
faudra dans cet objectif reconstituer les filières industrielles de la défense, notamment en coopération avec certains partenaires européens, y compris la Russie.
Un
tel effort s'inscrira dans la planification stratégique de la réindustrialisation, qui est l'un des socles, vous le savez, de mon projet économique.
Et
il sera extrêmement bénéfique pour l'économie du pays et les innombrables entreprises PME, PMI du secteur. Personne ne peut oublier que l'industrie de défense joue un rôle capital dans l'innovation technologique.
C
'est dans cette industrie de surcroît qu'un euro investi rapporte le plus.
Je
ne citerai d'ailleurs, pour étayer mon propos, que la plus spectaculaire de ces innovations technologiques sur le plan mondial, Internet. Internet dont vous savez qu'il s'est d'abord développé dans un contexte militaire.
Sur
le plan des matériels,
les
programmes en cours de modernisation des équipements seront poursuivis
et
de nouveaux programmes stratégiques seront progressivement lancés en priorité dans le domaine spatial,
où
les compétences enviables que la France avait acquises dans les 25 premières années de la Vème République sont aujourd'hui, il faut bien l'admettre, en jachère. Et bien là encore, la coopération franco-russe dans ce domaine doit être, je le crois, particulièrement relancée.
Je
ne peux évidemment arriver presque à l'issue de cette intervention passer sous silence le mauvais sort qui est fait à la gendarmerie.
intégrée
de force au ministère de l'Intérieur alors que son statut militaire et les spécificités de son action la distinguent très largement de la police nationale.
Je
n'accepterai pas la dilution programmée de notre gendarmerie.
Son
statut militaire sera sanctuarisé
et
ses effectifs, comme ceux de la police nationale, progressivement reconstitués
sur
la durée du mandat.
Mon
projet prévoit de manière très claire le retour progressif de la gendarmerie dans le giron du ministère de la Défense parce que, par nature, c'est là qu'est sa place. Alors vous voyez, prendre la bonne direction à cette croisée des chemins
ne
nécessite pas dans l'immédiat un effort financier colossal.
D
'ici 2017,
il
aura été ramené à 2% du PIB, soit 0,4 point de plus qu'aujourd'hui, 8 milliards d'euros
dans
5 ans.
Dans
l'état dans lequel les gouvernements UMPS successifs ont laissé les finances publiques,
c
'est le mieux qu'on puisse raisonnablement envisager.
Ce
n'est pas gigantesque,
mais
cela suffira à donner un signal très clair.
La
France n'entend pas continuer à décliner.
Elle
entend se relever
et
se donner les moyens d'une défense indépendante, clairvoyante, efficace à la hauteur du très grand pays qu'elle est.
Chers
amis,
alors
que nos élites voient tout petit
depuis
des années, alors qu'elles ont rétréci la France parce que leur horizon s'arrête aux frontières de l'Union européenne,
je
propose une France pleinement dans le monde et pleinement dans son temps.
Une
France qui voit grand,
une
France qui n'oublie pas qu'elle est la cinquième puissance mondiale,
qui
sait qu'elle a un message unique à porter, alors vive l'armée française, vive la République et vive la France
!
Marine Le Pen