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interviewLCI (sur YouTube)· 16 septembre 2025 28 min

Montée des populismes : "Ce sont les émotions qui prennent le dessus", analyse Dominique Reynié|LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Scène de chaos à Madrid ce soir, l'ultime étape du Tour d'Espagne interrompu stoppé net en cause des heures entre policiers et manifestants proalestiniens. Vous le voyez sur ces images, ils étaient mobilisés contre la présence d'une équipe israélienne lors du Tour d'Espagne. On le voit et puis ces mots de l'extrême droite espagnole ce soir.

Une honte internationale, un vrai sujet de division entre l'extrême gauche et l'extrême droite espagnole. C'est ce que nous allons voir avec notre invité de ce soir. Bonsoir Dominique Rier.

Bonsoir Margo Adad. Vous êtes la perfaite personne pour nous expliquer ce qu'il se passe actuellement en Espagne. Pourquoi tout d'abord l'Espagne est-elle autant engagée dans la cause palestinienne ?

Il y a une il y a une longue histoire euh depuis euh la chute du franquisme du côté de de la classe politique espagnole, en particulier à gauche euh et d'une manière générale euh euh un soutien euh très fort de la cause palestinienne. C'est ce qui est d'ailleurs surprenant dans l'événement que que vous rapportez, Margo Hadad. Nous ne sommes pas très loin dans une sorte de moment de vérité sur la question de l'État palestinien et le fait que dans cette course cycliste très populaire en Espagne à Wt qu'il y ait sur la la la dans la course même cette cette opération de d'interruption et de blocage et sans a sans doute des effets sur l'opinion espagnole qui sont très négatifs.

Ça c'est une première remarque. D'autre part, on comprend mal la rationalité de cette action qui ne peut pas servir une cause que le gouvernement espagnol défend déjà beaucoup. Donc il n'y a pas d'apport là.

Et puis en plus le ressort que vous avez rappelé dans votre introduction, l'opposition à la présence d'une équipe israélienne, c'est à la fois choquant et c'est aussi très inquiétant pour la suite de l'idée palestinienne parce que ça renforce au fond chez ceux qui doutent de la faisabilité dans l'État palestinien, ça renforce l'idée qu'il n'est pas question de coexister mais qu'il est question de prendre la place. Au fond, c'est c'est la question qui est qui est suspendue. Certains vous diraient que c'est d'une manière punitif parce que le sponsor de cette équipe israélienne aurait été affilié à Netaniau et donc au gouvernement israélien et que c'est leur envoyer un message qu'ils n'entendent pas.

Non mais enfin je je je comprends ça, je mais on dit cela et à propos spécifiquement de la cause palestinienne pour toute une série d'institutions, pour toute une série de manifestations, des festivals, des films, la présence de réalisateurs, la présence d'acteurs, de metteurs en scène, des sportifs, le de chanteurs. On met on met en cause aujourd'hui les les les grandes compétitions, si je puis dire, de de la chanson, l'Eurovision, hein, parce qu'il y aurait une équipe ou des chanteurs israéliens. C'est quand même une modalité qui est réservée à la cause palestinienne, qui est réservée à Israël.

Moi ça me frappe beaucoup et qui est tout à fait incompréhensible. C'est autre chose de discuter la politique de Netaniaou. C'est autre chose de défendre la cause palestinienne euh et de notre côté euh essayer d'interdire et y parvenir d'ailleurs y parvenir de toutes les façons possibles par la pression et la crainte que cela produise ensuite des incidents interdisent que euh interdire que des des ressortissants de l'État israélien quel que soit leur qualité par ailleurs, ne puissent pas participer à des manifestations où ils ont leur place.

On change de registre, c'est évident et on démontre, moi je le redis, on démontre que cette idée de la solution à deux états n'est pas n'est pas démontré comme étant viable. Il n'y a pas cette idée de vivre à côté, il a cette idée de vivre à la place. Je je le redis.

Et donc euh cette cet événement là très visible en Espagne euh et très visible en Europe et je pense aussi dans le monde par votre conséquence parce qu'il y a cette question qui est très présente et qui sera bientôt discutée à l'ONU euh nous montre une évolution euh de euh de l'opposition entre des points de vues différents qui a du mal aujourd'hui à se faire autrement que qu'en demandant l'exclusion de celui qui a un point de vue différent ou qui représente à mes yeux un point de vue différent et ça c'est une évolution très forte de notre débat public et ça signifie une perte de la liberté de débattre dans nos sociétés. Vous avez décrypté avec la Fondapul les résultats électoraux des populistes lors des dernières élections en Europe. On va regarder dans ce pays extrêmement divisé qui est l'Espagne par exemple, tout d'abord avec le vote populiste de droite avec des votes particulièrement élevés en France, en Italie et en Pologne et également le vote populiste de gauche qu'on va voir sur une autre carte avec des votes particulièrement élevés en Grèce, en Slovaquie, également en Espagne et puis le score des deux ailes réunies qu'on voit sur cette autre carte qu'on a reproduit ce soir où là on voit un score très élevé surtout en Italie, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, France, Pologne et même en Lonnie.

Pourquoi ce besoin de radicalité, j'ai envie de dire, au sein de nos sociétés européennes ? Alors, je je dirais que on a l'illustration de ce que l'on appelle aujourd'hui la polarisation, c'est-à-dire qu'apparaisse dans nos démocraties des forces qui s'expriment de manière très intense dans une adversité qui paraît très conflictuelle avec au pôle d'un côté à gauche, de l'autre à droite des radicalités qui sont portées dans les parlements aussi, pas simplement dans la rue et qui montrent une logique de l'affrontement. C'est une des alors il y a plein de de raisons bien sûr, mais une des raisons, c'est l'effondrement des partis de gouvernement qui font un peu le bloc central, si je puis dire.

La France est un modèle de cela et c'est pas le seul pays, vous l'avez dit, l'effondrement du du bloc central dans tous les pays de l'Europe qui ont beaucoup de mal à faire face aux difficultés de toute nature. En particulier, il faut quand même le dire, à réguler l'immigration et à et à et à réaliser l'intégration. Ça c'est quand même le facteur, le fagot principal, je dirais aujourd'hui qui peut avoir un lien avec la question identitaire comme l'on dit, moi je parle de patrimoine immatériel, le fait de se sentir ou pas chez chez soi.

Euh donc les difficultés de c de de ce bloc central. Il y a aussi évidemment un rôle certain des réseaux sociaux. Ce nouvel espace médiatique qui est un espace qui sans arrêt est est porté au plus haut degré de la confrontation.

On y trouve des choses merveilleuses. On ne veut pas réduire les réseaux sociaux à des affrontements violents, vulgaires ou dangereux. on y trouve des choses merveilleuses, mais malgré tout, ce sont de fabuleux euh euh véhicules pour ces pensées euh radicales.

Euh et puis il y a l'histoire, la réalité, ce qui nous arrive, les grandes difficultés de l'Occident, les les grands les grandes questions qu'autrefois on arrivait quand même à traiter d'une manière à peu près correcte. Typiquement par exemple la question d'une hypothèse des deux États ou la question palestinienne. D'autres questions encore sont aujourd'hui des au fond des des sujets qui vont embraser une société non pas en discussion mais en confrontation et le résultat Margoade c'est que on ne supporte plus physiquement la présence de la personne qui ne pense pas comme nous et cela se voit dans les universités cela se voit sur la place publique dans les assemblées aussi cela se voit la fin de la nuance d'une certaine man il y a plus de nuance mais il y a même plus de tolérance à l'égard de l'autre autre, on ne le tolère plus.

Il doit au fond disparaître que les téléspectateurs soient pas qui qui qui se réceptique soit pas soit pas le regarde un peu parce que c'est vraiment ce qui est en train de se passer hein. Et et l'étape suivante c'est inévitablement puisque le langage ne peut pas nous réunir même dans un désaccord. On peut être en désaccord et être ensemble évidemment.

Heureusement c'est ça que qui fait une société harmonieuse. Le langage n'y parvenant plus. Ce sont les émotions qui prennent le dessus et les émotions ne se raisonnent pas par définition.

Et si c'est pas le langage mais les émotions, nous allons passer à la violence. Et là, on le voit déjà en Espagne et le Parti Vox, le parti populiste espagnol, il est né en 2013. Moi, je travaille depuis longtemps sur le populisme, il y avait pas de parti populiste de droite en Espagne depuis 2013 comme au Portugal.

Chega, il y a Voog en Espagne et Vox est en train de progresser dans les intentions de vote. Et là, ce que l'on a vu avec les cartes, elles passaient vite, elles sont très riche mais c'est très bien, je suis heureux qu'on les ait vu. Euh, on ne se rend pas compte que le populisme représente aujourd'hui la force principale en Europe.

Le populisme de droite le domine largement. Euh, il est à peu près trois fois plus important que le populisme de gauche. Donc la droite en Europe, c'est le populisme et la droitisation de l'Europe, c'est aussi à travers le populisme sa radicalisation.

C'est cela qui est en train de se passer au cœur aujourd'hui de de l'Europe, que ce soit d'ailleurs les pays membres ou le Royaume-Uni et la Norvège qui ne font pas exception qu'on connaît pas ni dans l'Euro ni dans l'Europe. La Norvège, vous en parlez, c'est surtout les jeunes qui ont mené euh cette droitisation au pouvoir. Qu'en est-il des jeunes dans tout cela ?

Vous avez mené une enquête avec la Fondapul et vous vous êtes rendu compte que beaucoup de jeunes rêvent en fait de retrouver un pouvoir autoritaire. Il y a une reconsidération, disons des euh je dirais des valeurs fondamentales. Un pouvoir qui répond devant un conseil constitutionnel, un état de droit qui limite ce que peut faire un pouvoir, une assemblée qui peut euh renverser ou contrôler un pouvoir, les la nécessité de faire des compromis, tout cela prend du temps.

Tout ça sont des figures de la politique qui échoue apparemment, voyez. Alors que c'est évidemment ça la politique libérale démocratique, et bien il y a une espèce de de rêve tout à fait déraisonnable, dangereux, c'est peu de le dire, et qui repose aussi sur beaucoup d'ignorance. Euh c'est une espèce de mythe au fond euh du chef hein, du chef de l'homme.

On pense pas vraiment à la femme alors que beaucoup de partis populistes sont dirigés par des femmes et représentés par des femmes. C'est un sujet très important mais on pense à l'homme fort qui va décider sans perdre de temps, ni avec les parlementaires, ni avec les juges, ni avec les journalistes. Mais comment vous expliquez cet échec justement du dialogue de ce qui fonde un peu l'état de droit ?

Comment vous expliquez ça ? Alors là aussi, ce sont des questions à la fois légitime et très difficiles, Margad, mais je dirais que euh expliquer la la montée en puissance, cette ce scepticisme parmi les nouvelles générations, mais c'est très présent aussi chez chez les générations plus anciennes, c'est aussi le résultat d'un sentiment qui n'est pas tout à fait volé, qui n'est pas sans fondement, que les élites gouvernementales depuis quelques décennies ont échoué. Alors, les œuvres vont constater, c'est le cas en France, que nous avons des comptes dans un état désastreux, que c'est pas pour cela que nous avons des services publics performant, ni un pays tout à fait prêt pour faire la guerre s'il le faut. et donc une sorte de que les retraites euh bien sans être euh euh sans faire des des retraités des personnes qui vivent très confortablement, pour la plupart, c'est pas tout à fait le cas, mais euh prennent beaucoup d'argent aux jeunes actifs puisque c'est le c'est le mécanisme.

On a ce on a ce problème par exemple en Norvège, c'est les jeunes en Norvège, les moins de 30 ans qui ont voté pour le parti du progrès qui pour la première fois de son histoire et le deuxième parti de Norvège et bien les jeunes ont protesté contre l'excès d'impôts. Ils veulent retrouver leur argent, ils ont protesté contre le déclin de la liberté. Ils ont protesté contre la redistribution et l'égalitarisme en Norvège.

Ces grands pays sociaux. Vo ces jeunes là en Norvège justement qui se sont mobilisés pour ce parti extrême droite. Alors c'est pas c'est un parti populiste.

Ils sont pas il y a pas de racisme dans ce parti du progrès en Norvège mais il y a une revendication très forte et je voudrais si je peux l'ajouter Margada de souligner un aspect très important. On sait par la sociologie, mais surtout la sociologie américaine est scandinave car la sociologie française s est peu intéressée. On sait que dans une société multiculturelle la l'idée de l'état providence ne fait plus consensus parce que l'idée que une partie de mes revenus vont être distribués à des personnes que je ne connais pas.

Cette idée, elle est soutenue dans des sociétés homogènes. Elle ne l'est plus dans des sociétés où on a le sentiment que je vais donner sans le vouloir par obligation une partie de mes revenus à des personnes dont je ne sais même pas si nos valeurs sont convergentes. C'est pour ça que le seul pays de gauche, en Europe, vraiment de gauche, qui a réussi à trouver la solution pour préserver ce modèle social de redistribution entre nous, h c'est le Danemark parce qu'il a mis en place et les social-démocrates gouvernent le Danemark parce qu'il a mis en place une politique très stricte de de contrôle de l'immigration et très forte d'intégration des arrivants sur la base des valeurs communes parce que c'est la condition, disent les Danois, pour que la société danoise reste fidèle à ce modèle généreux de redistribution, les Norvégiens ne l'ont pas fait, les Sudois non plus, les Finlandais pas pas encore assez et ils en payent le prix.

La gauche social-démocrate est éliminée. Je pense que la gauche est en train de disparaître du continent européen. Justement, allons euh de l'autre côté de la Manche puisque l'immigration dont vous parlez, c'est ce dont il a été question lors de ces manifestations en Royaume-Uni avec le militant nationaliste Tommy Robinson qui a réuni plus de 100000 personnes hier à Londres.

écouer son discours. Aujourd'hui, c'est le début d'une révolution culturelle en Grande Bretagne. [Applaudissements] C'est notre moment.

La révolution a commencé. Ils ont réussi à nous faire terre pendant 20 ans avec des étiquettes. Raciste islamophobe, appartenant à l'extrême droite.

Cela ne fonctionne plus. [Applaudissements] La digue a bel et bien cédé. Manifestation dite pour la liberté d'expression, mais la question de la de l'immigration reste tout de même en premier plan de ces mobilisations au Royaume-Uni.

Il touche du doigt quelque chose tout de même Tony Robinson dans cette vidéo. Il dit "Les étiquettes ne fonctionnent plus. On peut nous taxer de racisme, de tout ce qu'on veut.

Les gens n'écoutent plus ça. Ils veulent tellement un changement qu'ils sont capables de passer d'autrepasser ces étiquettes là." Oui.

Euh c'est c'est quand même lié la liberté d'expression à l'immigration puisque le reproche qui est fait notamment par Tommy Robinson, le reproche qui est fait c'est que on on ne peut pas critiquer l'immigration sans être qualifié d'extrême droite, de danger pour la démocratie et cetera. Et c'est cette espèce de euh de de de au fond de de règle implicit qui s'est installé en Europe, qui est remise en question et au Royaume-Uni par l'orateur. Il faut quand même signaler qu'au Royaume-Uni, parce qu'on peut se tromper si on compare avec la France, on ne manifeste pas à ce point ou si souvent.

C'est pas comme ici hein en France, on peut avoir des manifestations avec 100000, 200000, on est un peu habitué voilà mais là c'est quand même une manifestation qui est très réussie de ce point de vue-là compte tenu de la tradition manifestante du Royaume-Uni. Mais c'est cette idée-là si vous voulez. Et alors le le malheur c'est que c'est ces qualificatifs extrême droite ce sont des réalités.

Euh il cela cela peut s'appliquer. Mais si maintenant parce que peut-être on les aurait trop employés ou employé pour disqualifier quelqu'un dans une bagarre politique, on a le résultat qui est prévisible, qui était prévisible, c'est qu'ils n'ont plus d'efficacité. Et nous pouvons même avoir à un moment donné des personnes qui vont dire "Oui, ben moi ça me va, je suis d'extrême droite puisque vous me le dites depuis depuis 10 ans alors que je n'en avais pas le sentiment." Mais si c'est ça, et bien voilà.

Donc il y a il y a eu un problème aussi euh de pour régler le langage euh défensif dans le monde démocratique et surtout surtout depuis euh toutes ces années parce que ça a commencé euh moi j'ai une date qui est le 20 euh euh 20 avril 1968. C'est le discours prononcé par Inox Powell euh sur ce problème là. Il a été aussitôt blacklisté.

Donc ça fait au fond euh euh euh 40 ans euh 50 ans euh que euh on ne peut pas vraiment euh dire que la classe politique a appris, la classe politique du groupe central a appris euh à forger le vocabulaire, euh les énoncés qui nous permettaient de faire de ce sujet l'immigration qui est un sujet neutre en soi, un grand sujet de débat public modéré, constructif et de politique publique nécessaire car il faut des politiques publiques pour gouverner les flux migr atoire évidemment, mais est-ce que les stratégies évoquées par le bloc central comme on dit en France sont les bonnes ? On se rappelle par exemple des mots d'Emmanuel Macron en qualifiant ces partis européens qui se rassemblaient d'international réactionnair mais également la stratégie lors des élections européennes qui visaient à être contre les partis d'extrême droite. Est-ce que ce message a encore du sens ?

Alors, les résultats montrent que ça n'a aucun effet et que peut-être même ça fait partie de ceux qui poussent les scores de ces partis politiques. Le record pour les partis populistes de droite, c'était en 2019 aux européennes. Ce record a été battu en 2024.

On n' jamais eu autant de députés de la droite populiste, des des droites populistes en Europe que depuis 2024. et euh à la vitesse à laquelle ça évolue au plan national hein dans les pays de l'Union européenne, on peut prédire que ce sera la première force politique aux prochaines élections européennes. Donc ça ne marche pas du tout et on n'a pas utilisé les les bons termes.

Euh le président Macron a eu tort de parler d'international réactionnaire. C'est une qualification idéologique mais pas objective. Ils ne se sentent pas réactionnaires, ils se sentent révolutionnaires.

C'est tout à fait c'est c'est une erreur fondamentale. Ça n'entre pas dans les oreilles. Vous vous vous sentez concerné si vous avez si vous avez le sentiment de vouloir revenir avec toute une série sur toute une série de valeurs.

Mais par exemple, typiquement la le parti du progrès qui n'est pas dans l'Union européenne, le parti du progrès norvégien, il se sent lui-même révolutionnaire. Il veut plus d'impôt. On voudrait qu'on soit plus imposé. on voudrait de la liberté, on va moins de gouvernement, voyez, euh et cetera.

Donc c'est c'est pas du tout réactionnaire. Euh donc ce sont des mauvais qualificatif à à appliquer qui montrent d'ailleurs qu'on ne connaît pas ces mouvements, qu'on n'a pas voulu les étudier. Et enfin pour la pour la pour l'Europe, il y a la question, je veux quand même le dire, 2024 pour les élections européennes, il y a la question de l'immigration qui a été très très mal traitée par la commission précédente.

Il ils s'en sont occupés vraiment en 2024 avant les élections, trop tard. et la question de l'écologie qui a été mal comprise, qui qui est apparue comme punitive, coercitive, euh décroissante et qui a euh soulevé pas simplement les agriculteurs et des industries, des commerçants, mais aussi les salariés qui voulaient vivre dans une société prospère. On avait l'air de leur promettre que c'était la fin.

Donc il y a aussi des grands sujets comme ça qui ont été très très mal présentés, très mal mis en place et qui ont fait au fond qu' on faut faumenter, je dirais, une sorte de d'insurrection électorale. Il y a un homme qui semble rassembler en tous les cas euh ces différents groupes, ces différents parties, ces différents mouvements. Euh c'est un homme américain que l'on voit souvent dans les meetings ces derniers temps, c'est Elon Musk.

Regardez, je veux que la Grande-Bretagne soit la plus grande possible. et qu'elle reste la Grande-Bretagne. Je crois qu'il y a quelque chose de beau dans le fait d'être britannique [Applaudissements] et ce que je vois c'est la destruction de ce pays avec une incapacité du gouvernement à contrôler l'immigration massive et à protéger sa population.

Vous dites justement Dominique Rier que ces mouvements n'ont rien à voir mais comment vous expliquez que cette conivance dépasse quand même les frontières ? Oui, oui, Elon Musk c'est un c'est un cas complexe, hein. H parce que je je ne suis pas en mesure de connaître euh tous ces compartiments de jeu.

Voilà. Donc euh c'est l'homme d'affaires aussi. Mais en tout cas euh ce que ce que ça nous dit à tout le moins, c'est qu'il ne s'agit pas simplement de l'Union européenne, il ne s'agit pas simplement du Royaume-Uni puisque c'était l'objet ici.

Il s'agit aussi d'un sentiment qui est partagé euh de menace existentielle civilisationnelle. C'est un thème qui à Babu s'est installé. On avait la la théorie de Huntington il y a quelques il y a une vingtaine trentaine d'années sur le conflit le clash des civilisations, le conflit entre les civilisations.

Il y a quelque chose comme cela qui s'est mis en place. l'idée en particulier que la civilisation occidentale, pas simplement européenne, serait menacée euh menacé par euh au fond des divisions internes, un effondrement interne, mais aussi par une adversité d'autres puissances, un autre monde. Je sais pas si la grande réunion qui a eu lieu à Shanghaiï organisée par Sijingping et toute sa troupe n'a pas été une espèce de signal de plus de même que des formes de de de de de contentieux interculturel dans nos sociétés en raison de la diversité des communautés qui la composent donne le sentiment à à beaucoup, on le voit dans les résultats électoraux à beaucoup que au fond leur style de vie euh est en train d'être altéré par certaines personnes pensent attaquer euh et qu'il faut donc le défendre pour défendre un modèle qui est celui de l'Occident.

C'est ça devient quelque chose comme cela. Et là mais un Occident quoi ? Un Occident chrétien de fait ? un Occident.

Alors ça, il peut être chrétien, ça peut être il y a de ça aussi parce qu'en fait c'est un c'est une très bonne question parce que c'est une ça c'est composé de différents éléments et comme souvent dans ces dans ces situations là plusieurs projections sont faites. Certains vont projeter le christianisme, d'autres vont projeter des valeurs libérales, d'autres vont projeter des histoires et des traditions nationales et collectives. Un passé commun, voyez, et tout.

Et parfois il y a des il y a des projections qui sont faites, plusieurs sont faites par des des mêmes groupes. J'espère que ce que je dis est clair. Chacun se au fond projette sur cet écran sa propre vision de son propre deuil, hein.

Mais il est certain qu'aujourd'hui dans le grand bouleversement dans lequel nous sommes, les Européens ont le sentiment d'être orphelin de leur grandeur, de ne pas voir de relève se présenter et donc une sorte de révolte contre cette solitude au fond. Dans le cortège londonien, il y avait également des pancartes à l'effigie de Charlie Kirk, l'influenceur maga qui a été tué, assassiné lors d'un meeting après cette séquence au Parlement européen. Regardez.

Le meurtre de Charlie Kirk, militant politique, mari, père aimant et patriote a choqué le monde entier. Nous devons condamner fermement la violence politique et les discours qui incitent à la violence. Je vous invite à vous joindre à moi pour honorer sa mémoire par une minute de recueillement et de prière et je cède le reste de mon temps de parole pour une minute de silence.

Nous en avons discuté et vous savez que la présidente du Parlement européen Roberta Mezzola a refusé d'observer une minute de silence. Cette division dont vous parlez, elle est frappante dans cette séquence. Incroyable.

Comment vous expliquez qu'il y ait eu autant de divisions sur Charlie Kirk ? C'est c'est le le vrai le vrai drame. Enfin, le drame, c'est la mort de cet homme et le et le drame, c'est aussi celui qui a provoqué sa mort, un tout jeune homme qui a de certaine manière euh détruit sa propre existence aussi.

Euh là, ce que nous ce que nous voyons euh c'est un peu le résumé de cette histoire, c'est-à-dire que euh on on ne comprend pas qu'on puisse euh assassiner quelqu'un euh euh par ce qu'il a dit. Moi, j'ai regardé un peu les déclarations de de Charlie Kirk. Euh, on trouve une phrase ou deux qui sont vraiment des phrases qu'il aurait pas dû prononcer.

Donc tu n'as un caractère raciste, mais c'est plutôt euh une maladresse raise, je trouve. Enfin vraiment ça c'est un caractère raciste. C'est plutôt un un orateur très conservateur euh et qui ne rejetait pas le débat.

Donc le fait de de l'assassiner vous montre à quel point on on est sensible à la différence idéologique aujourd'hui et à quel point on n'est pas en désaccord mais on ne tolère plus la présence de l'autre. Mais il y a aussi des réactions à sa mort qui ont provoqué une espèce de qui ont révélé un malaise profond. C'est-à-dire que on a cherché les raisons qui pouvaient justifier sa mort de cette manière, y compris chez ceux qui dénoncent bien sûr cette cet assassinat.

En particulier, je dirais dans une espèce de de monde progressiste ou de gauche, on dit "Oui, c'est pas bien", mais enfin, il y a quand même des problèmes dans ce qu'il a dit. Donc on perd même euh la la valeur de de ce de ce geste et sa gravité extrême. Et puis euh moi je suis très étonné qu'on ait demandé une minute de silence qui n'a pas été obtenu bien sûr hein, mais euh c'est une façon de nous placer tous dans le même espace public.

C'est un espace commun et devant un choix également. Oui, mais c'est un espace occidental. C'està dire que on fait une minute de silence, on l'avait déjà fait hein pour une une question américaine là aussi mais de de traitement par la police américaine de personnes interpellées George Floyd.

On a comme incorporé nous tous l'idée que nous sommes dans cette même espace et qu'à l'intérieur nous nous affrontons entre nous. Et au fond, Elon Musk est quelqu'un qui fait partie de ce jeu et qui donne au fond l'idée, moi je le crois en tout cas, euh qui donne l'idée d'organiser une minute de silence au sein des Parlements européens. Là, on a en quelque sorte occidentalisé le Parlement européen, on l'a déseuropéanisé euh mais nous ne sommes pas du tout dans une situation satisfaisante parce que nous ne sommes pas arrivés collectivement à la conclusion que ce crime est abominable, qu'il faut le condamner absolument et qu'il nous faudrait réapprendre le désaccord.

Merci Dominique