Fausses alertes à la bombe, manifestations propalestiniennes... le 8h30 franceinfo de Laurent Nuñez
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Bonjour Laurent Nunez, 64 enquêtes judiciaires ont été ouvertes pour des fausses alertes à la bombe depuis l'attentat d'Arras le 13 octobre dernier, des établissements scolaires, des aéroports ou encore des monuments comme le château de Versailles sont visés. Est-ce qu'à chaque fois vous parvenez à retrouver les auteurs de ces fausses alertes ?
En tout cas on les recherche et systématiquement des enquêtes judiciaires sont ouvertes et pour ce qui est de l'agglomération parisienne dont j'ai la responsabilité, on est même à 80 faits d'alerte à la bombe et on a déjà 11 interpellations dont d'ailleurs un individu qui a été condamné pour un message d'alerte à la bombe sur la gare de Lyon et qui a été condamné donc à 1500 euros d'abande et 150 000 euros de dommages et intérêts.
Quels sont leurs profils ? Est-ce qu'on parle de petits plaisantins comme disait le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti ou alors on a affaire à des professionnels qui veulent créer la panique ?
Il y a un peu des deux, il y a beaucoup de petits plaisantins, il y a beaucoup de jeunes, il y a beaucoup d'auteurs jeunes et puis il y a des gens qui veulent vraiment créer la panique. C'est pour ça qu'il faut évidemment rester très serein face à ce genre de messages, de messages d'alerte, c'est évidemment ce que nous faisons. Et il faut surtout évidemment ouvrir systématiquement des enquêtes et comme l'a dit le ministre de l'Intérieur, les personnes on les retrouve toujours. On mène des investigations très poussées, des investigations techniques pour retrouver les auteurs de ces alertes.
Et les sanctions sont fortes ?
Les sanctions sont fortes, il faut bien avoir conscience que ces petits plaisantins font que les forces de l'ordre se mobilisent et se détournent de missions plus essentielles, surtout dans le contexte actuel des missions de protection de nos concitoyens.
Laurent Nognès, depuis la mise en place du dispositif Urgence Attentat, le plus haut niveau du plan Vigipirate, la sécurité est renforcée aux abords des établissements scolaires avec des patrouilles plus fréquentes. Est-ce qu'à Paris, vous avez des remontées de terrain qui font état d'un risque particulier ces derniers jours ?
Ces derniers jours, non. On n'a pas de signaux qui laissent à penser qu'il y a un risque particulier, mais le risque, il est général. On a vu ce qui s'est passé à Arras et donc on déploie effectivement des effectifs de police au plus près des établissements scolaires. Il y a une longue tradition de travail ensemble avec les directeurs des établissements scolaires en matière de sécurité. Donc on a évidemment renforcé nos dispositifs, comme on a renforcé nos dispositifs dans le contexte de protection des lieux de culte, des écoles et des lieux cultuels juifs. Donc voilà, oui, effectivement, nous avons rehaussé le niveau de protection.
Dans la foulée de l'attentat d'Arras, Emmanuel Macron a demandé à tous les préfets, dont vous, de passer au peigne fin les fichiers S pour déterminer ce qui était expulsable. Écoutez la réaction de David Lissnard, le président de l'AMF, l'Association des maires de France, qui se dit très surpris par la demande du président de la République, il était à votre place la semaine dernière.
J'étais convaincu que le travail des renseignements et des autorités de l'État, notamment depuis les attentats de Charlie, du Bataclan, de Nice et d'autres, et l'assassinat de Samuel Paty, j'étais convaincu, puisqu'on avait eu des grandes déclarations à l'époque, pleines d'emphase, sur la République qui serait impitoyable, on a entendu les mêmes. J'étais convaincu que tous les jours, ces services-là passaient au crible les fichiers S, qu'on essayait d'expulser les étrangers, qu'on essayait d'incarcérer ceux qui sont dangereux, évidemment. Et je découvre qu'il faut attendre un attentat pour qu'il y ait une directive de contrôle des fichiers S. Votre réponse ?
Je n'ai pas de commentaires à faire de propos qui sont tenus par l'homme politique. Je peux parler en professionnel de la question. Vous savez, on a un fichier des personnes radicalisées depuis maintenant 2016. Depuis 2017, les moyens des services antiterroristes ont été renforcés. Nous passons, tous les préfets en France passent énormément de temps à examiner les cas d'individus radicalisés. Et donc, nous le faisons depuis plusieurs années.
Pourquoi il y a eu cette directive du président de la République, si ça se fait tout le temps ?
Cette directive du président de la République et du ministre de l'Intérieur, elle tient au fait qu'il reste encore un certain nombre d'étrangers en situation irrégulière qui sont inscrits aux fichiers. Le ministre a donné des chiffres très précis. On parle de 193 personnes. Donc, il y a eu 20 000 inscrits. Donc, je suis un peu surpris de la déclaration que je viens d'entendre. Il y a plusieurs années maintenant que nous sommes très en pointe sur la lutte antiterroriste. Vous savez, j'ai été DGSI, j'ai été coordonnateur national du renseignement et de la lutte antiterroriste. Et donc, je suis bien placé pour savoir que ce qui est dit n'est pas tout à fait exact. C'est un euphémisme.
Et que nous travaillons très sérieusement sur ce fichier. Depuis nombreuses années, avec des expulsions d'étrangers, avec des visites domiciliaires et avec 43 attentats déjoués depuis 2017. Et ça, ça ne fait que quelques années que c'est mis en place.
Mais 193 personnes, ce chiffre, on l'a donc depuis l'attentat d'Arras. On a envie de vous demander pourquoi est-ce qu'ils sont encore sur le territoire français.
Alors, quand je dis que ça ne fait que quelques années que c'est mis en place, ça veut dire que ça renvoie aussi peut-être à d'autres périodes où ces choses-là n'étaient pas faites. Et donc, sur ces sujets-là, il faut beaucoup de modestie, beaucoup de fermeté, de détermination et de travail. Et c'est ce que nous demande de faire le ministre de l'Intérieur.
Mais donc, la question du renvoi de ces personnes qui sont radicalisées, en situation irrégulière et qui restent sur le territoire français.
Alors, d'abord, le ministre de l'Intérieur a rappelé qu'il y en avait plus de 1 000 qui avaient quitté le territoire, déjà. Il a donné des chiffres très précis. 1 411 individus inscrits au FESPERT qui sont en situation irrégulière et dont la plupart ne sont plus sur le territoire national. Donc, c'est le premier élément de réponse. Ils ne sont plus sur le territoire national. Un certain nombre d'entre eux, ce qu'il reste, sont incarcérés ou sont assignés à résidence. Et on parle d'un peu moins de 200 individus pour lesquels nous allons retenter, évidemment, des procédés de l'expulsion, mais dont certains bénéficient de protection au titre de la législation des droits des étrangers.
Et c'est pour cela, d'ailleurs, que le ministre de l'Intérieur propose de modifier un certain nombre de dispositions législatives pour nous permettre de procéder à ces expulsions.
Et du coup, ceux qui relèvent de votre secteur, ils se trouvent où, actuellement ?
Ce sont des individus qui sont... De toute façon, vous savez, tous les objectifs ESI qui sont inscrits au FESPERT, leur degré de dangerosité n'est pas le même. Il y a aussi ça qu'il faut préciser. Il y a des fiches actives, il y a des fiches inactives. Donc voilà, on les repeigne. Évidemment, je ne vais pas vous dire où ils se trouvent, mais je peux vous dire que, comme nous l'a demandé le ministre de l'Intérieur, le solde résiduel qui reste...
Non, mais je veux dire, ils ne sont pas forcément en centre de rétention.
Le solde résiduel qui reste, nous les retrouverons et, évidemment, nous les reconduirons.
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, ici même, hier, disait que si on expulsait les 4 263, précisément, étrangers et qui figurent sur le fichier des personnes radicalisées, ça soulagerait mécaniquement les policiers et les services de renseignement. Est-ce que les choses sont aussi simples que ça ?
Non, c'est un lien un peu caricatural qui est fait. Je pense que nous, ce qui nous soulage surtout, c'est les moyens qui nous ont été donnés aux services de renseignement depuis 2017, avec le budget de la DGC qui a été multiplié par deux, avec des moyens renforts humains. Voilà, ça, c'est ce qui nous soulage. C'est qu'on puisse travailler dans la sérénité pour suivre au plus près nos objectifs des individus radicalisés et bénéficier des moyens législatifs de la loi antiterroriste de 2017, qui est une loi extrêmement forte pour nous, qui permet de faire des visites domiciliaires, de procéder à ce qu'on appelle des assignations à résidence.
Voilà, nous, ce qui nous soulage, c'est d'avoir les moyens pour lutter contre le terrorisme, et nous les avons. Et beaucoup de détermination, évidemment, pour traiter ces quelques dizaines d'individus encore inscrits aux FSPRT, qui sont en situation irrégulière.
Chiché des radicalisés, 43 attentats islamistes ont été déjoués, c'est ce que vous avez dit. On parle de quoi ? On parle de personnes qui décident de passer à l'acte seul, ou alors, après enquête, vous comprenez que derrière tout ça, il y a un groupe organisé ?
Sur les 43 attentats déjoués dont parle le ministre depuis 2017, moi, dans mes précédentes fonctions, j'ai eu connaissance, évidemment, de ces faits. Il y a parfois des attentats qui sont fomentés par des individus isolés, et puis d'autres qui appartiennent à des groupes d'individus. Les situations sont diverses et variables. Ce qui compte, c'est que ce sont, vraiment, quand on parle d'attentat déjoué, c'est vraiment que les services de l'antiterrorisme empêchent un ou plusieurs individus de passer à l'action.
Mais les plus dangereux, finalement, est-ce que ce n'est pas ceux qui sont isolés,
qui ne sont pas dans vos radars ? C'est ceux qui sont peut-être le plus difficile à détecter, notamment lorsqu'ils ne sont pas connus des services, oui, vous avez raison, et surtout dans le contexte actuel, avec une propagande d'Al-Qaeda, l'État islamique, qui incite à passer à l'action ces auteurs isolés, surtout quand ils ne sont pas connus. Parce qu'on parle du fichier, on parle d'un des humilités, un certain nombre d'entre eux ne sont pas connus des services. Et c'est ce qui rend cette détection. Ils ne sont même pas dans les fichiers, oui.
Vous l'avez dit, vous connaissez bien le sujet de l'antiterrorisme. Vous diriez qu'aujourd'hui, la menace terroriste la plus importante, en France, elle est islamiste ou alors elle est d'extrême droite ?
Elle est la menace la plus importante en ce moment dans le contexte, avec le contexte lié à l'attaque terroriste du Hamas du 7 octobre dernier. Évidemment que la menace islamiste est la plus dangereuse, mais il ne faut pas négliger la menace d'ultra-droite. Le ministre de l'Intérieur le rappelle très souvent, à juste titre, il faut rappeler qu'il y a plus d'une dizaine de dossiers qui sont ouverts au parquet national antiterroriste au titre de la menace terroriste d'ultra-droite. Donc pour nous, ça reste aussi une préoccupation, même si la première est quand même en ce moment celle qui retient le plus notre attention et c'est une réalité, c'est celle qui pèse le plus sur notre pays.
Laurent Nouniez, préfet de police de la ville de Paris, invité du 830 France Info. On vous retrouve juste après le fil Info à 8h41. Benjamin Recouvreur. L'armée israélienne a su avoir frappé des terroristes et des positions du Hamas cette nuit lors d'une incursion à Gaza avec des chars. Les soldats israéliens sont ensuite repartis. Plusieurs pays, dont la France, mettent en garde l'État hébreu sur une intervention massive au sol. Israël doit tout faire pour épargner les civils, demande le président américain Joe Biden. La station balnéaire d'Acapulco au Mexique est toujours coupée du monde après le passage de l'ouragan Otis et des rafales à plus de 300 km heure.
Une partie de la ville est complètement dévastée. Les dégâts matériels sont considérables. Les attentes sont grandes. Quatre mois après les émeutes, la première ministre, Elisabeth Borne, doit détailler aujourd'hui les réponses du gouvernement devant 500 élus locaux. Des mesures autour de la sécurité, avec de nouveaux rôles pour la police municipale, par exemple, ou encore autour de la responsabilisation des parents. Et puis, malgré la défaite, sa prestation a été saluée par les fans, le prodige français du basket. Victor Wembanyama a joué son premier match de NBA avec les Spurs cette nuit. 15 points marqués, mais un match perdu donc contre Dallas.
France Info. Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia. Toujours avec le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, le Conseil d'État a dit non à l'interdiction systématique des manifestations pro-palestiniennes. À Paris, vous aviez décidé d'interdire la manifestation qui avait lieu jeudi dernier, mais le tribunal administratif a suspendu votre décision qualifiée, je cite, d'une atteinte grave à la liberté de manifester. Ça s'appelle un rappel à l'ordre dans votre jargon ?
Non, ce n'est pas vraiment un rappel à l'ordre. D'abord, les manifs, il y a la liberté d'expression dans notre pays et de manifester. Bon, donc on me déclare des manifestations, je n'autorise pas des manifestations, par contre j'ai la possibilité de les interdire quand elles sont constitutives de troubles à l'ordre public, soit des violences, des dégradations, soit le trouble public immatériel, c'est-à-dire quand on sait que cette manifestation comporte des risques d'entendre des propos d'apologie du terrorisme, de négationnisme. Mais comment vous pouvez
le savoir a priori ça ?
Et quand les structures déclarantes, quand les structures qui vous déclarent une manifestation sont des structures qui, dans la période récente qui soutiennent par exemple le Hamas, c'est arrivé, on a de bonnes raisons de penser que ce type de propos vont être tenus. Ça peut suffire à interdire alors ? Bien sûr, ça peut suffire à interdire. La jurisprudence a reconnu alors ?
La prochaine manifestation qui va avoir lieu samedi à Paris ?
Les premières manifestations que j'ai interdites sur ce fait, compte tenu de ce risque de trouble et compte tenu des structures qui est déclarées, ont été validées par le tribunal administratif. J'ai interdit plusieurs manifestations. Effectivement, j'ai été censuré jeudi dernier.
Le tribunal a appliqué une jurisprudence du Conseil d'État que vous citez qui nous demande effectivement d'avoir une analyse au cas par cas mais c'est ce que nous faisons, c'est ce que nous demande déjà de faire le ministre de l'Intérieur et il nous rappelle une règle qu'il faut appliquer, c'est qu'il ne faut pas confondre l'apologie du terrorisme, le soutien d'une forme d'antisémitisme avec le soutien de la cause palestinienne. Donc c'est au travers de ce filtre-là que j'examine chaque manifestation. Dimanche dernier et mardi dernier, les manifestations qui étaient organisées pour la première par des partis politiques, essentiellement, pour la seconde par des syndicats.
Elles ont eu lieu et je ne les ai pas interdites parce que pourquoi ? D'abord, il y avait dans la déclaration de manifestation une condamnation claire même si les termes qui étaient choisis en parlant de crime de guerre du Hamas et là où nous parlons plutôt d'actes terroristes même si les termes qui étaient choisis n'étaient peut-être pas forcément les bons et c'est un euphémisme, il y avait une condamnation de ces actions et c'était des manifestations de soutien de la paix, soutien de la cause palestinienne. Et donc les prochaines manifestations ?
Alors, d'abord, elles n'ont pas été interdites mais ça ne nous a pas empêchés d'interpeller des individus qui ont porté des slogans, crié des slogans, porté des pancartes dont on considérait qu'elles pouvaient inciter à la haine et nous avons interpellé plusieurs individus. Il y a une prochaine manifestation qui est déclarée samedi. Je constate que ce n'est pas une manifestation statique, c'est une déambulation dans Paris, toujours beaucoup plus risquée, là où jusqu'à maintenant j'avais des manifestations statiques.
Je constate que les organisations qui ont déposé cette déclaration sont des organisations qui, par les propos qu'elles ont pu tenir, les pouvaient laisser à penser et qu'elles étaient quand même en soutien dû à masse. On parle de qui ? Vous avez le Cap-Jipo, vous avez la représentation du Front de Libération de la Palestine en France, vous avez plusieurs structures, vous avez le NPA aussi. Et donc ? Et donc j'interdirais cette manifestation.
Je vais appliquer la jurisprudence du Conseil d'État, je fais du cas par cas et quand je considère qu'on risque d'avoir des propos, d'abord des troubles à leur public matériel, évidemment, je vous rappelle qu'en 2021, il y en avait eu, en 2014, il y en avait eu et puis quand je considère que de par les structures qui déposent leur déclaration de manifestation au risque d'avoir ce type de propos tenus, eh bien j'interdirais, j'interdis ces manifestations et c'est ce que je ferais pour celles de samedi.
Laurent Nunez, la France est le seul pays au monde à vouloir interdire dans certains cas, si je vous écoute bien, ces manifestations. Est-ce que c'est aussi parce qu'on n'est pas à la hauteur pour assurer le maintien de l'ordre ?
Non, ce n'est pas une question de maintien de l'ordre. Le trouble, les manifestations qui ont tué...
On est quand même le seul pays au monde à l'interdire ?
Non, il n'y a pas eu de trouble à l'ordre public. Il n'y a pas eu de maintien de l'ordre à faire. Il n'y a pas eu de maintien de l'ordre. Il n'y a pas eu de dégradation. Il n'y a pas eu de violence. Au contraire, nous étions présents.
Alors le critère, il est moral ?
Le critère, il est immatériel. Il est moral. Vous avez raison. Le critère, il est plutôt immatériel. Le trouble à l'ordre public, vous savez depuis maintenant une jurisprudence du Conseil d'État qui remonte aux années 80, le trouble à l'ordre public, il peut être immatériel. Et le simple fait que dans une manif,
588 faits antisémites ont été signalés depuis le 7 octobre dernier, l'attaque du Hamas en Israël. 336 interpellations. Ces chiffres sont les derniers ou est-ce qu'ils ont encore augmenté depuis ?
Les chiffres que vous donnez sont des chiffres nationaux. Vous comprenez comme préfet de police. Moi, je ne parle que de l'agglomération. Pour ma partie, j'en ai 189. La réponse à votre question, je l'ai fait très directement. Oui, ces chiffres d'atteinte antisémite, ces faits constatés, ont augmenté. Oui, de manière significative depuis le 7 octobre dernier. Et on a entendu ce matin sur France Info... Atteinte aux personnes, atteinte aux biens de la communauté. Oui, c'est sûr.
On a entendu des membres de la communauté juive dans le 19e arrondissement de Paris qui sont extrêmement inquiets, qui sont obligés de se cacher, qui pour certains suppriment tout signe qui pourrait signifier leur appartenance à la religion juive. Qu'est-ce que vous leur dites ce matin ?
Ce que je leur dis d'abord, c'est que nous les protégeons. 189 faits, mais 73 interpellations, 50 gardes à vue. Et donc, il y a des personnes qui sont condamnées. Et quand ce sont en plus des étrangers en situation irrégulière, puisque sur les 73 interpellations, j'ai 25 étrangers en situation irrégulière, nous les plaçons en crâne, nous les reconduisons. Donc, nous les protégeons, nous déployons des dispositifs de sécurisation partout. Et je veux évidemment rappeler à la communauté, mais elle le sait, nous travaillons évidemment en lien très étroit, que nous sommes là, et c'est ce que nous demande le ministre de l'Intérieur pour assurer sa protection.
Et rappelez que c'est pas que protéger la communauté juive, ce que l'on fait. On entend souvent dire que l'antisémitisme, c'est pas une opinion, c'est une infraction. J'ai envie de vous dire, dans le moment que nous vivons, c'est même au-delà de cela. L'antisémitisme, c'est en fait un poison pour notre unité nationale. Et c'est protéger la communauté juive, c'est protéger l'ensemble des Français.
Et vous constatez aussi à Paris des actes anti-musulmans ?
Non. Il y a aussi des actes anti-musulmans. Il ne faut absolument pas le nier. Mais en ce moment, évidemment, beaucoup moins. Mais on a évidemment une montée des actes antisémites contre laquelle nous réagissons extrêmement fermement.
Dans pile neuf mois, le 26 juillet, c'est la cérémonie d'ouverture de Paris 2024. Est-ce bien raisonnable dans ce climat de menaces terroristes qu'on a évoquées, qui ne disparaît jamais vraiment, de l'organiser en milieu ouvert, cette cérémonie d'ouverture, sur la Seine, en plein milieu de la ville ?
Mais le contexte de la menace terroriste, il est permanent depuis maintenant plusieurs années. Et donc, évidemment, que cette cérémonie, nous l'organisons aussi au regard de ce contexte et compte tenu des instruments que nous donnent les lois antiterroristes. La cérémonie, elle sera protégée par un périmètre de protection antiterroriste. Toutes les personnes qui assisteront à cette cérémonie ont été contrôlées, fouillées. Et nous déploierons un dispositif policier autour de la parade qui se déroulera sur la Seine, qui sera extrêmement conséquent, avec une mobilisation d'effectifs exceptionnelle pour ce type d'événement.
Mais il y a quand même un plan B. C'est la demande de David Douillet, l'ancien ministre des Sports. Réfléchissez à un plan B, quand même.
Oui, enfin, nous, on travaille sur le plan A de manière très assidue et très déterminée depuis maintenant plusieurs années et significativement de manière accélérée depuis plusieurs mois. Et je peux vous garantir que tous les moyens sont mis pour que cette cérémonie se déroule dans les plus parfaites conditions de sécurité.
Mais vous disiez que ça vous demandait énormément d'énergie. Est-ce que de temps en temps, vous ne dites pas quand même que ce serait plus raisonnable de faire ça dans un milieu clos, dans un stade ou stade de France, par exemple ?
Non, mais le choix qui a été fait, c'est de le faire en milieu ouvert. C'est un événement exceptionnel. Vous savez, quand il y a le 31 décembre, il y a les festivités à Paris où il y a jusqu'à 2 millions de personnes dans les rues de Paris et les choses se passent bien. Nous sommes un grand pays, nous avons une grande tradition de maintien de l'ordre et de gestion des services d'ordre.
Il y a la préfecture de police avec des collaborateurs exceptionnels qui sont autour de moi et je peux vous dire que nous n'avons pas de crainte, nous ne nourrissons pas de crainte par rapport à cette cérémonie parce que nous travaillons sérieusement aux dispositifs de sécurité et il sera extrêmement conséquent.
Pas de crainte non plus, Laurent Nunez, quand on apprend ce matin dans le Parisien aujourd'hui en France que les soulèvements de la terre, le groupement d'associations écologistes prévoient de perturber le parcours de la flamme olympique entre le 8 mai à Marseille et le 26 juillet à Paris. L'objectif, c'est de bloquer son passage ou de tenter de l'éteindre ?
Dans l'histoire des Jeux olympiques, le parcours de la flamme, quand on regarde les séquences passées, ça a toujours été un petit peu la cible, on a toujours essayé de les perturber. Nous-mêmes en 2008, si vous vous en souvenez, pour la flamme olympique, à l'époque, les Jeux se déroulaient à Pékin, il y avait eu pas mal de perturbations, donc évidemment, nous allons anticiper ces perturbations et le parcours de la flamme sera évidemment protégé, mais effectivement, notamment les mouvements environnementaux-écologistes et parfois les plus radicaux d'ailleurs, n'hésitent pas à perturber ce type d'événement, mais ça, nous le savons et nous l'anticipons, bien évidemment, oui.
Laurent Nunez, préfet de police de Paris, vous restez avec nous, on vous retrouve dans un instant, vous êtes avec nous jusqu'à 9h, pour le moment 8h51, le fil info, Benjamin Recouvreur. Un tireur est toujours recherché dans le Maine, au nord-est des Etats-Unis, il a ouvert le feu dans plusieurs lieux de la ville de Lewinstone, hier soirée a fait au moins 22 morts, ses motivations sont pour l'heure inconnues.
Le Tonnerre, ce navire hôpital français est parti de Toulon hier pour acheminer du matériel et soutenir les hôpitaux sur place à Gaza, alors que la situation humanitaire est toujours catastrophique dans l'enclave palestinienne, des avions français suivront, l'armée israélienne, elle, prépare toujours son intervention terrestre avec des incursions de chars cette nuit dans la bande de Gaza. 80 faits de fausses alertes à la bombe ont été recensés depuis l'attentat au lycée d'Arras et déjà 11 interpellations indiquent ce matin sur France Info le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, une enquête est ouverte systématiquement.
14 ans de prison de plus pour Redouane Faïd, le braqueur condamné dans la nuit pour son évasion spectaculaire de la prison de Réau, c'était en 2018. Cette peine repousse une possible libération à 2060, ses avocats disent réfléchir à faire appel. Et puis l'iris blanc, voilà le titre du dernier album d'Astérix signé Fab Caro, il sort aujourd'hui dans toutes les librairies et il a été tiré à 5 millions d'exemplaires.
France Info Le 830 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Braquia.
Avec Laurent Nunez, le préfet de police de Paris, on parlait des Jeux de Paris 2024 qui ouvrent dans pile 9 mois. Certains secteurs très touristiques comme le Champ de Mars près de la Tour Eiffel sont le théâtre régulièrement d'agressions. Il y a encore eu récemment un viol, le viol d'une jeune britannique ou de délinquance, on parle de vol, de vente à la sauvette. Vous vous êtes catégorique, ce ne sera pas le cas pendant les Jeux Olympiques ?
Alors, pardon, mais ce n'est déjà pas le cas maintenant. Je pense que sur le Champ de Mars, il faut quand même rétablir un peu la réalité des faits. Vous avez raison, il y a des faits très graves et là je vous rejoins qui se déroulent. On a eu un viol la semaine dernière qui est évidemment un crime. Mais à partir de ces faits, vous avez des polémiques qui naissent sur le Champ de Mars, le Coupe-Gorge, la Cour des Miracles. On aurait envie que les gens ne viennent plus visiter la capitale et qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
Et ceux qui ne veulent pas voir le dispositif policier exceptionnel que je déploie sur le Champ de Mars à la demande du ministre de l'Intérieur font preuve d'une très grande mauvaise foi.
On vous sent très agacé mais en même temps, il y a des faits.
On a jusqu'à 200 policiers et gendarmes mobiles qui sont présents sur le terrain. Depuis le 15 juin où nous avons lancé le plan tourisme, les atteintes aux personnes et les atteintes aux biens ont baissé respectivement de 50% et de près de 30%. Donc, il y a un effort significatif qui est fait sur ce secteur. C'est l'endroit dans Paris où je déploie le plus d'effectifs avec le nord-est parisien et la problématique du krach. Il faut aussi à un moment rétablir la réalité des faits et arrêter de donner cette image de la capitale qui est déplorable et qui finalement nuit d'ailleurs à notre attractivité touristique.
Donc, il n'a échappé personne qu'elle est relayée d'ailleurs par des campagnes de presse à l'étranger qui, vous savez, la concurrence en matière touristique, elle est très rude entre États. Donc voilà, je crois qu'il faut rétablir la réalité. Nous sommes très présents sur le champ de Mars. Il y a des faits graves qui se déroulent. Je ne le nie pas. dispersent, interpellent des vendeurs sauvés, des joueurs de bontot et des délinquants effectivement. Mais la délinquance
pèse sur le champ de Mars. Et pour les JO,
juste pour finir sur les JO, alors pour les JO, on a prévu un dispositif de sécurisation générale exceptionnel. Les effectifs seront multipliés par trois. Pendant les JO, ce ne sera même plus un problème, je peux vous le garantir. Et ça va durer après ?
Ce n'est pas juste pour les JO ?
Mais évidemment que ça va durer après. C'est l'héritage sécuritaire que nous souhaitons mettre en place à l'occasion des JO. Le ministre de l'Intérieur est très attaché à cette notion d'héritage. Il y aura un héritage des JO dans plein de domaines, y compris en matière de sécurité.
Vous dites, mais les bouchées doubles, on en est où dans les chiffres de la délinquance à Paris et dans la petite couronne ?
Depuis ma nomination depuis 15 mois, le ministre de l'Intérieur en a fait vraiment le point le plus important de ma feuille de route. C'est mon obsession de faire baisser la délinquance à Paris. C'est mon obsession au quotidien. Elle baisse, elle baisse évidemment. Les cambriolages ont été stabilisés, les vols violents ont baissé, les violences dans les transports aux personnes ont baissé
de plus de 20% de baisse
des violences dans les transports. Donc c'est quand même pas rien. Évidemment, le niveau de délinquance reste toujours élevé et ces baisses, on ne s'en satisfait pas, on va continuer ce travail, mais nous allons le poursuivre par une occupation de la voie publique extrêmement résolue et ferme. Mais cette question du crack que vous évoquiez ? Le crack, il n'y a plus de camp de consommation à ciel ouvert depuis Forceval. Il subsiste quelques dizaines de consommateurs qui créent énormément de nuisances dans le nord-est parisien qui sont dispersés, qui se répandent et qui recherchent les trafiquants. L'action contre le crack, nous continuons à la mener.
C'est une action policière de présence de voie publique et de lutte contre les trafiquants. Nous avons interpellé énormément de trafiquants. Nous allons continuer cette action. Mais moi, je suis un petit peu au bout de l'action policière. Moi, j'ai besoin maintenant qu'il y ait des mesures fortes qui soient prises en matière sanitaire et sociale. Moi, je ne peux pas demander à mes policiers d'être des médecins, comme je ne demande pas aux médecins d'être des policiers.
Ça, c'est au gouvernement dans un livre-enquête très fouillé, sorti récemment, côté obscur de la force chez Flammarion. Le journaliste Vincent Nuzi affirme que la crise des Gilets jaunes a fait basculer la France dans une nouvelle ère avec l'utilisation massive des techniques de renseignement, autrement dit, la géolocalisation, les écoutes préventives sur des milliers de manifestants. Vous, vous étiez à l'époque secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur. C'est vous qui avez aussi géré cette crise. Vous assumez tout ?
Non, mais j'assume tout. Pas dans les proportions qui sont citées dans l'ouvrage. J'assume tout. J'assume surtout d'être un républicain. À l'époque, j'étais membre du gouvernement. Je suis maintenant au fonctionnaire. J'étais au fonctionnaire avant. Nous assistons dans un cadre légal. C'est l'État de droit. Il y a des techniques de renseignement qui ont effectivement été déployées sur des individus au moment des Gilets jaunes, non pas par milliers. Il faut rester raisonnable. Oui, par des milliers.
Au moins 3 000 à l'époque. Ça a doublé, ça a même triplé pendant une période.
Je ne vais pas contesté ces chiffres, mais c'était des techniques de renseignement qui étaient mises en œuvre à l'encontre d'individus dont nous avions des raisons sérieuses de penser qu'ils pouvaient commettre des actes violents. Et c'était des techniques de renseignement qui étaient autorisées par le Premier ministre à l'époque, après avis d'une commission qui est une autorité administrative indépendante et au titre de cas qui sont prévus par la loi. Et en l'occurrence, c'était la prévention des violences collectives. Donc voilà, tout ça s'est effectué dans un cadre légal. Et M. Nouzi, qui est un expert de ces sujets, le sait parfaitement.
Et d'un mot, le terrorisme, les Gilets jaunes, les violences intrafamiliales, tout ça, est-ce que M. Nouzi, dont on parlait, il parle de ce triple choc auquel sont confrontées les forces de l'ordre. Vous, comme policier, vous êtes aussi policier. Comment va la police aujourd'hui en France ?
M. Nouzi a évidemment raison sur ce point. Depuis maintenant quelques années, période qu'on fait remonter aux attentats de 2015, les policiers sont sollicités très régulièrement et sursollicités. Évidemment, il y a entre le terrorisme, les manifestations qui deviennent de plus en plus violentes, les formes de délinquance aussi qui deviennent de plus en plus violentes. Je vous disais que la délinquance baisse, mais les formes de délinquance comme les coups et blessures volontaires, les violences, elles, on a du mal à les endiguer. Et ça, ce sont les policiers, évidemment, qui sont en première ligne.
Ce sont un peu les urgentistes de la sécurité, effectivement, mais ils sont certes éprouvés, mais croyez-moi qu'ils sont aussi très déterminés.
Laurent Nouniès, préfet de police de Paris, vous étiez à l'invité de France Info ce matin.
Laurent Nuñez