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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 6 novembre 2025 10 min

Laurent Panifous, ministre délégué aux relations avec le Parlement, est l'invité de franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Laurent Panifous. On commence évidemment avec ce drame survenu hier sur l'île d'Oléron. Un individu a volontairement percuté cinq personnes.

Deux sont aujourd'hui dans un état grave. Est-ce que vous avez des dernières précisions concernant ce drame ? Des précisions ?

Je ne sais pas. Mais déjà, permettez-moi de d'avoir une pensée pour celles et ceux qui ont qui ont subi ce drame et et pour leurs proches et et un mot aussi pour pour celles et ceux qui nous protègent aujourd'hui, nos forces de secours, nos forces de sécurité, celles et ceux qui ont pris en charge les blessés. Le ministre de l'intérieur suit bien sûr cela de près.

Il y a une procédure en cours. Difficile d'en dire plus à ce stade et mais mais en tout cas, c'est un vérit drame que nous avons vécu sur cette île. Le parquet antiterroriste est sur place en observation.

À ce stade, il n'est pas saisi. Ça veut dire que même si euh l'individu a crié Allah Akbar au moment de son arrestation, ça suffit pas pour qualifier ses actes en attentat terroristes. À ce stade, pas encore.

Vous l'avez dit, euh le la cellule est sur place en observateur et et on attend plus d'informations pour pouvoir qualifier les faits. Hier, lors des questions gouvernement, le député RN, Sébastien Chenu, a interpellé le gouvernement. Il a lui semblé pointer euh une menace islamiste.

Est-ce qu'il est allé trop vite en besogne ? Oui, je le crois. Il faut faire attention.

Les faits sont graves. Il ne faut pas utiliser euh euh ce type d'événement euh à des fins euh politiciennes. Euh attendons de savoir euh ce que la justice nous dit de ce qui vient de se passer.

Euh encore une fois, les faits sont trop graves pour se précipiter. Un un dernier mot sur ce dossier. Euh hier, c'est Marie-Pierre Vedren qui est la ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur qui a répondu à Sébastien Chenu.

Effectivement, Laurent Nunes était lui sur place à Oléron. Pourquoi est-ce que c'est pas le premier ministre qui a répondu aux députés ? C'est vrai que pour certains ça a semblé un petit peu léger.

Non, je je ne crois pas. C'est la ministre déléguée auprès de du ministre de l'intérieur. C'est d'usage que ce soit elle qui répondent à ce type de question. le premier ministre, même quand il y a une question enfin une un drame de ce type.

Oui, mais encore une fois, attendons de savoir ce que la justice nous dit de ce qui vient de se passer. Euh, on essaie d'aller trop vite sur les conséquences et sur les les causes de ce qui vient de se passer. Donc, d'abord sachant ce qui s'est passé et ensuite la la réponse politique pourra pourra être à la hauteur de des conséquences que nous que nous tirerons de ce qui vient de se passer.

Là pour l'instant c'est le temps de la justice, c'est le temps de la prise en charge de celles et ceux qui ont qui ont subi de leur entourage et ensuite après la décision de de la justice, on pourra décider. Alors Laurent Panifous, vous êtes ministre des relations avec le Parlement. C'est un petit peu le job à Mission Impossible en ce moment hein, c'est comment accorder les violons d'une assemblée qui est totalement fragmentée.

On va entrer dans le détail, c'est-à-dire sur le calendrier budgétaire, mais d'abord comment est-ce que vous vous procédez ? Est-ce que vous avez une méthode ? rencontrer tous les députés un par un.

Ça se joue dans la buvette, dans les couloirs de l'Assemblée nationale ? Non, ça se joue pas dans la fameuse buvette de l'Assemblée nationale. Ça se joue dans des entretiens avec tous les députés, tous.

Tous ont leur légitimité à l'Assemblée nationale. Mais c'est vrai surtout avec celles et ceux qui souhaitent de la stabilité, qui souhaitent faire en sorte que notre pays se dote d'un budget avant la fin de l'année. Il a échappé à personne qu'il y a une partie de l'hémicycle qui souhaite quelque part provoquer le chaos. la chute du gouvernement, la destinitution, la dissolution ou je ne sais quoi pour provoquer des élections anticipées et il y a une autre une majorité à ce stade qui souhaite de la stabilité et donc travailler et c'est pour ça que vous avez des attitudes nouvelles et oui mon rôle avec d'autres c'est de faire en sorte que des gens différents, c'est ce que je faisais dans mon groupe le groupe Lot dont j'étais président faire travailler des gens de sensibilité différente pour essayer de trouver ce compromis.

On a le sentiment que enfin c'est pas un sentiment, c'est presque des faits. Le premier ministre lâche beaucoup aux socialistes. Euh il y a eu l'abandon du 493, la suspension de la réforme des retraites, le renoncement au gel des pensions de retraite tout comme euh celui des minimas sociaux.

Est-ce qu'il y a aujourd'hui un accord formel entre les socialistes et le Premier ministre ? Non, il n'y a pas d'accord écrit entre les socialistes et le Premier ministre. Il y a une recherche permanente du compromis point par point.

C'est une c'est une nouvelle méthode qui a été mise en place par le premier ministre. Une rupture, il le dit, mais c'est une réalité. et la recherche quotidienne amendement aprèsamendement du compromis qui se fait en transparence devant les Français et les Français.

On peut voir le Premier ministre venir au banc à l'Assemblée nationale quand des moments de tension arrivent pour lui-même trancher, arbitrer. Je crois que c'est un grand moment de démocratie parlementaire qui est déroutant pour les députés eux-mêmes parfois. Mais pourquoi ?

Pourquoi c'est déroutant de voir un premier ministre qui est c'est aussi son rôle he d'animer on va dire de voir comme ça l'assemblée des compromis qui se construisent en direct devant les Français et les Français devant la représentation nationale c'est quelque chose d'assez nouveau. Le fait même qu'on recherche un compromis est totalement nouveau. On est habitué à avoir des oppositions de bloc le bloc de gauche de droite le bloc du centre.

Aujourd'hui, les uns et les autres, ce qui nous rassemble, c'est la recherche de stabilité, la responsabilité quelque part d'apporter un budget au pays et donc devir faire des compromis. Le gouvernement les a fait le premier et je crois que c'était à lui de le faire et maintenant le bloc de droite, le bloc de gauche, ceux qui cherchent la stabilité doivent eux aussi en faire. Mais vous dites que Sébastien Lecornu cherche les compromis.

Est-ce que vous dites aussi bah que finalement et Michel Barnier et François Bairou n'ont pas cherché à faire des compromis ? Écoutez, ce que je sais, c'est que le gouvernement a fait des bouger. C'est d'ailleurs pour ça que je suis rentré euh dans ce gouvernement parce que le Premier ministre le Cornule a accepté de bouger sur certaines choses, faire des compromis, c'est-à-dire revenir parfois sur certains sujets sur lesquels il n'est pas forcément intrinsèquement d'accord, mais euh avec la conviction que pour pouvoir avancer, se doter d'un budget, il va falloir accepter de travailler avec des autres, avec des gens différents.

C'est quelque chose de nouveau. Moi, je crois que c'est quelque chose que les Françaises et les Français souhaitent. Mardi, euh l'Assemblée nationale aurait dû voter le volet recette du budget, ça a été repoussé.

On on voit que le calendrier est est d'ors et déjà bousculé. En ce moment, on étudie le projet de budget euh qui concerne la sécurité sociale, mais tout ça semble assez mal parti pour tenir le calendrier. Beaucoup disent déjà bah que ça va passer par ordonnance.

Est-ce que ça n'en prend pas le chemin ? Non, je je crois pas. C'est vrai que le temps est limité, le calendrier est très contraintte, c'est une réalité.

Et puis il y a aussi le retard de l'entrée du gouvernement puisqu'il y a eu la chute du lecorn. ça n'a échappé à personne. Donc oui, un calendrier qui est qui est contraint.

Oui, un rythme de débat qui est assez lent mais qui est assez lent justement parce qu'on a ce nouveau travail qui est un travail de compromis. Alors, on ouvre le plus de jours possible, on donne le plus de temps possible aux députés pour travailler. Les députés, les groupes peuvent aussi essayer de retirer peut-être des amendements qui ne seraient pas parfaitement essentiels parce qu'on prend du temps sur les sujets importants et parce qu'il faut le temps du compromis.

Encore une fois, c'est une nouvelle méthode. C'est inhabituel, ça présage peut-être, moi à titre personnel, je le souhaite, de ce que nous pourrons faire à l'avenir à la à l'Assemblée nationale. Vous y croyez vous qu'on puisse tenir les délais, que ça se finisse pas par euh effectivement une soit une loi spéciale, soit des ordonnances ?

Non, non, c'est absolument pas l'objectif d'avoir ni la loi spéciale ni les ordonnances. Je crois oui qu'il est possible de construire ce compromis et qu'à la fin, après par exemple une commission mixe paritaire, c'estàd ce moment où les députés et les sénateurs se rencontrent après avoir eux-mêmes dans leur chambre étudié le texte de pouvoir trouver ce compromis. et que ce texte soit voté par euh par les deux assemblées.

Oui, c'est l'objectif. Sébastien Lecornu ne joue pas la montre. Certains dans l'opposition, les insoumis notamment disent que c'est ce qu'il fait.

Non, non, euh, il ne joue absolument pas la montre. Il laisse au Parlement le soin de délibérer, de voter. Le gouvernement a fait une proposition de copie.

Le gouvernement s'est mis à la disposition des groupes pour par exemple chiffrer l'absent des des amendements qui sont qui sont déposés et pour que les débats soient le plus pertinents possible. Encore une fois, c'est une méthode totalement nouvelle. C'est vrai que ça prend du temps, mais à la fin des fins, l'objectif c'est que toutes celles et ceux qui cherchent cette stabilité, qu'ils soi de droite, du centre, qu'il soit de gauche, puisse se réunir et trouver un budget de compromis qui ne sera parfait pour personne.

Il faut bien le comprendre, ni pour la droite ça. Le bloc central, notamment les les élus de Renaissance, ils ont compris, ils vont avaler les couleuvres. On voit effectivement les victoires des socialistes, l'augmentation de la CSG encore qui a été votée cette nuit.

Oui. Bah écoutez, moi je crois pas qu'on puisse dire qu'ils avalent les couleuvres. Je crois qu'on doit dire qu'ils font preuve d'une grande responsabilité d'accepter de bouger sur des choses qui étaient importantes pour eux.

C'est ça le principe du compromis. C'était à eux d'abord de faire ce premier geste puisque c'est eux qui qui ont été en responsabilité ces dernières années. Mais la gauche et la droite doivent aussi entendre qu'ils doivent faire des compromis et ils le font.

Et moi, je crois aujourd'hui qu'il y a quelque chose de parfaitement satisfaisant, c'est de voir des responsables politiques avec des visions politiques différentes, avec des ambitions pour 2027 différentes, mais qui pour l'instant se disent notre priorité c'est d'avoir un budget. On doit faire pour ça les concessions et c'est pas pour ça, c'est pas pour cela qu'on doit pouvoir nous mélanger et nous assimiler. Un tout dernier mot sur ce qui se passe euh avec Chine, hein, l'État qui a entamé une procédure de suspension de la plateforme, mais tout ça ça semble complexe, d'autant que euh il faudra en plus une mesure européenne euh et puis qu'il y a toujours des possibilités de contourement via des VPN.

C'est compliqué comme ça de maîtriser ces plateformes. Oui, c'est vrai. On est dans le domaine du commerce en ligne et les choses peuvent être compliquées mais c'est de la responsabilité de Chine de faire en sorte et le premier ministre a fait preuve de la plus grande fermeté et j'en suis très heureux en annonçant cette suspension.

Les produits doivent être retirés. C'est parfaitement insupportable et inadmissible. Si ça n'est pas le cas, alors ils devront assumer les conséquences les conséquences de cette de cette vente de produits à la fois des armes ou des produits pédopodonnographiques.

C'est parfaitement inacceptable. Merci beaucoup Laurent Bonafous Panifous [rires] excusez pas de souci. Merci monsieur le ministre et bon courage pour le débat budgétaire.

Le premier ministre peut-il passer l'hiver ? Ce sera le thème de votre édito Alix à 8h20. à tout à l'heure.

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