Marine Le Pen : un acharnement judiciaire ? Débat Me Pierre-Henri Bovis x Évelyne Sire-Marin
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le grand matin Sud Radio, [musique] la vérité en face. Jean-François Aili, Marine Le Pen face à son destin politique. Il est 9h30 sur Sud Radio.
C'est la suite de la vérité en face et le débat. La présidente des [musique] députés du Rassemblement national va-t-elle finalement pouvoir se présenter ? Oui ou non ?
À l'élection présidentielle sera-t-elle définitivement empêchée pour en parler nos deux invités. Bonjour à vous. Éveline Cire Marin, bonjour.
Vous êtes magistrate honoraire, vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme et bonjour à vous, maître Pierre-Henry Bovis. Bonjour. Avocat au barreau de Paris.
Je commence par [musique] vous Éveline Cirmarin. Euh nous avons entendu les réquisitions du parquet général. J'ai presque envie de dire, on retrouve quasiment [musique] les mêmes peines que qu'au départ, hein.
Allez-y, parlez bien dans le micro. J'ai comparé j'ai comparé euh les les peines prononcées par le tribunal correctionnel et les peines requises. C'est vrai que c'est à peu près les mêmes peines qui sont requises un petit peu à la basse pour les peines d'emprisonnement euh notamment pour monsieur Goldnich et cetera.
Pour madame Le Pen, c'est un peu à la baisse hein au lieu de 4 ans qui ont été prononcés dont 2 ans sous bracelet. Là, on a 4 ans dont 1 an sous bracelet, mais c'est à peu près les mêmes peines. Ceci dit, euh il y a toujours du bracelet, mais bon, sur ce sujet euh ce qu'on peut dire quand même, c'est que euh la cour est totalement libre, à savoir que c'est pas parce que le parquet demande des peines que elle va prononcer ses peines.
En revanche, un mot sur les peines sur la peine d'emprisonnement quand même, c'est que on voit que dans l'affaire Fillon quand il y a eu la Cour de cassation qui a statué sur cette affaire, elle a dit quand quelqu'un comme monsieur Fillon à l'époque n'avait jamais n'a jamais été condamné, si est le cas de de madame Le Pen, la peine d'emprisonnement est quand même quelque chose de de dur. Ça doit être le dernier recours. Elle a renvoyé devant la cour d'appel de renvoi et monsieur Fillon au lieu de 4 ans dont deux enfermes a été condamné à 4 ans à Sorcis.
Donc la peine d'emprisonnement, on verra mais il est il est pas sûr il peut y avoir de la souplesse parce que la cour d'appel qui va prononcer là la peine va se dire il faut pas que la cour de cassation nous casse. Mais un mot et je donne la parole à maître Pierre Henry Bovis Eveline Cirmarin. L'avenir est sombre, il faut attendre la décision de la cour d'appel.
C'est quoi le mois de mai, mai juin ? C'est c'est avant l'été. Oui.
Mais juin, vous savez, ils vont prendre au moins 3 mois pour délibérer. Oui. C'est compliqué.
C'est compliqué. Mais pour elle euh ça c'est un problème politique pour elle. Euh encore il faudrait que l'inéligibilité elle soit pas plus de 18 mois sinon euh elle ne pourra pas se présenter parce que le Conseil constitutionnel dira.
Voilà, nous allons rentrer dans le détail. Vous avez tout dit d'ailleurs de d'une formule mais on va rentrer dans le détail avec vous deux. Maître Pierre-Henry Bovis, votre première impression, même question euh je sais pas si vous êtes d'accord avec Elvin Cirmarin sur euh cette réquisition et difficulté quand même derrière d'avoir un avenir politique, enfin du moins de se présenter à la présidentielle.
Ben le oui, dans ce dossier, la peine d'emprisonnement n'est pas vraiment le la peine qu'on regarde parce qu'on on imagine bien. Alors, on ne va pas avec un petit bracelet, c'est Non, mais on imagine bien qu'il n'y aura pas d'emprisonnement ferme, donc ce sera aménageable s'il y a un aménagement. Et euh comme d'ailleurs euh euh vous le disiez, je suis d'accord avec vous sur ce sur ce point, la cour d'appel a tendance à atténuer les les condamnations pénales pour des personnes qui n'ont jamais été condamné.
Effectivement le l'exemple de François Fillon est le bon exemple. Non, là ce qu'on regarde et ce sur quoi on sera attentif c'est la peine d'inilégibilité puisque on est dans un cas si particulier. Vous avez le droit qui se mêle à la politique puisque la décision de la cour d'appel a une incidence directe sur la vie politique française et sur la vie politique nationale.
Ça ça vous ça vous tracasse. Ah et c'est et ça devrait tracasser chacun d'entre nous. H parce que on touche évidemment à des principes fondamentaux qui est le droit de se présenter au suffrage, le droit de de choisir un candidat, c'estàd le le droit de vote.
Et donc on touche à ces principes fondamentaux qui qui font que nous sommes nations et nous sommes dans un état de droit. Donc évidemment que la la décision de la cour d'appel sera examinée. Il y aura des répercussions évidemment donc en France en premier lieu mais évidemment aussi dans le monde puisque la France grande grande démocratie sera aussi observée pour savoir dans quelle mesure des personnalités qui représentent des millions de personnes pourront ou non se se présenter au suffrage.
Donc maître Pierre Henry Bovis si je vous entends bien et je donne la parole à Eveline Cirmarin qui va vous répondre. Vous dites condamnation, oui, elle n'affaire, elle est jugée sur le fond et cetera, mais l'inéligibilité, vous dites non pas là. Elle est d'autant plus elle est politique, mais c'est surtout que l'inégibilité dans ce dans ce cas précisé est d'autant plus discutable que il faut euh bien se se rappeler hein et avoir en mémoire que les faits pour lesquels Marine Le Pen est jugé enfin et puis le national et puis les autres les les autres responsables sont antérieurs à la loi Sapin 2.
Donc là, je rentre un peu dans le technique, mais c'est-à-dire antérieur c'est pas technique, c'est précis l'obligation d'assortir la condamnation d'une peine d'illégibilité. Ce qui veut dire que les magistrats doivent motiver la peine d'inéligibilité. Donc on est on sort du caractère obligatoire et donc on doit motiver.
Donc ce qui veut dire que les magistrats ont la l'attitude de ne pas prononcer cette peine d'ligibilité. Donc ce qui veut dire et je tire la ficelle que si les magistrats décident de prononcer l'éligibilité, il y a nécessairement et et encore une fois je ne veux pas jeter, c'est pas mon idée de jeter le troupe sur la justice parce que je considère évidemment que ça porterait atteinte aussi à l'état de droit mais nécessairement il y a cette idée de proportionnalité de la peine entre la mesure d'illégibilité pour prévenir la récidive et cetera et en même temps la garantie des principes fondamentaux des droits fondamentaux à savoir ce que je vous ai dit le principe le droit le droit de vote, le droit de suffrage et cetera. Donc ce qui veut dire que vraiment la cour d'appel va être dans cette position de se dire est-ce que oui ou non je prive une candidate à l'élection.
Oui, c'est une lourde responsabilité. Que répondez-vous Éveline Cirmar que dit maître Pierre-Henri Bovis. En gros, trois choses euh c'est que l'inéligibilité effectivement, elle n'était pas obligatoire hein au moment des faits.
On remarque cependant que dans toutes les condamnations prononcées contre les élus, en tout cas j'ai regardé he les condamnations 2023, elle est systématiquement prononcée parce que c'est la peine pour un élu qui est considéré comme corrompu ayant commis un détournement de fond public en l'espèce là c'est quand même 4 4,3 million d'euros hein qui qui reprochait. On considère que la peine c'est pas la prison, c'est l'amende, le remboursement des sommes détournées et l'inéligibilité. C'est c'est logique.
Bon, ça c'est la pratique judiciaire. La deuxième idée, c'est que l'inéligibilité effectivement, elle était pas obligatoire mais en quelque sorte elle elle va elle s'imposerait peut-être pas dans la mesure qui est demandée. C'est 5 ans d'inéligibilité demandé.
Le la cour peut tout à fait considérer que il faut une partie d'inéligibilité, pardon. Ouais. Ouais. inéligibilité mais que il peut y avoir une partie ferme et une partie avec on se fixe sur le fait que il va y avoir peut-être 5 ans, mais peut-être pas, ça sera peut-être moins.
Et puis enfin ce sont des ce sont des décisions si vous voulez judiciaires effectivement, mais parce que les juges, ils appliquent la loi, je finis là-dessus, ils appliquent la loi votée par le peuple. Alors, on a toujours un débat sur les juges ne seraient pas légitimes à priver les politiques parce que d'élection parce que ce sont les électeurs qui doivent décider. Oui, certes, mais non.
Parce que pourquoi ? Parce que évidemment, je considère que les politiques, pas plus que les autres, ne doivent avoir une immunité en quelque sorte que c'est la loi et il y a une égalité de tous devant la justice. C'est la déclaration des droits de l'homme et euh la loi est la même pour tous, dit la déclaration des droits de l'homme.
Soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Et les Français disent quand on les interroge, c'est un sondage CV POPOP et c'est l'enquête fracture française de notamment d'ipsos tous les ans. Très intéressante enquête qui dit que les citoyens français pensent que 74 % des politiques sont corrompes.
C'est faux mais c'est un problème quand même. une arrière pensée peut-être de réponse quelque part un peu politique dans les décisions qui sont prises. Je je crois que il est très important par rapport à ce qui a été dit que les gens sachent que les juges appliquent la loi et que les politiques relèvent de la loi commune.
C'est ça décoré de la politique non mais bien sûr que les juges rendent la loi heureusement. Mais ce que ce que je disais tout à l'heure, c'est qu'évidemment que cette décision euh lorsqu'un magistrat va prendre la décision de prononcer ou non l'éligibilité de sorte que Marine Le Pen ne puisse pas se présenter, évidemment qu'il y a un aspect politique derrière parce qu'encore une fois cette décision s'entremêle entre droit et politique parce qu'elle porte atteinte, elle porterait éventuellement atteinte au au principe fondamental de droit de vote et et du suffrage. Mais j'aimerais rajouter un élément juste à la réflexion. le les magistrats rendent la justice au nom du peuple français et au nom du peuple français on considère que un candidat serait indigne parce que c'est c'est sur le cette morale la probité et cetera, serait indigne à se présenter devant ces mêmes électeurs.
Donc au nom du peuple français on déclare inéligible ou du coup on déclare indigne une personne qui pourrait être choisie ou non par le peuple français. Ça ça pose, ça soulève évidemment question démocratique. Alors c'est pas c'est pas nouveau hein.
L'évibilité elle date du du code napoléonien. Donc vous voyez c'est c'est quandme très ancien et elle a subi des évolutions législatives. Mais ça ça pose quand même cette question-là parce que je suis d'accord euh on pourrait très bien avoir une éigibilité sur 18 mois ou sur 10 mois mais en réalité je pense qu'il n'y a il n'y aura aucune bonne décision.
Pourquoi ? Parce que si la cour d'appel prononce une éigibilité de 10 mois ou 12 mois de sorte que Marine Le Pen puisse se présenter, alors on dira bah voyez les politique bénéfici d'entraînement de faveur puisque la néligité ne sert strictement à rien. Est-ce qu'elle pourra se présenter ?
Mais si on déclare une éigibilité pendant 2 ans par exemple, ça sera évidemment contesté puisque politique puisqu'elle ne pourra pas se planter. Une décision plus proactive politique. Oui.
Oui. Je la la cour d'appel là est dans une situation à mon avis inexplicable. C'est une responsabilité qui est lourde.
Eveline Sirmerin pour poursuivre ce que dit à l'instant maître Pierre Henry Bovis, est-ce qu'il y a une une dimension morale derrière ce ce qui ce qui se passe sous nos yeux ? Je m'explique. Au fond, la justice est rendue au nom du peuple. euh une faute est commise ou du moins jugée euh que qu'elle a été commise.
Il y a une condamnation qui est prononcée. On parlait de peine de prison, de de d'amende peut-être, pourquoi pas de remboursement, je ne sais quoi. Euh euh rendre une personne inéligible, c'est euh expliquer qu'au fond euh la peine ne suffirait pas.
On doit la priver aussi d'une activité politique. C'està-dire que il y a une dimension morale. Oui.
Enfin, il y a aussi une dimension professionnelle. Qu'est-ce que vous voulez les politiques ? Les magistrats, les magistrats ne sont pas décorrélés totalement.
Évidemment que non. Mais bien sûr, parce que c'est une peine complémentaire. Je vais vous prendre l'exemple d'un d'un professeur qui a des des problèmes avec la justice pour mettons des infractions sexuelles.
Bon ou de quelqu'un qui est enseignant. Bon euh on le prive en le condamnant non seulement éventuellement à de la prison mais aussi à l'interdiction d'exercer. On le privera aussi de sa carrière professionnelle.
Les politiques, qu'est-ce que vous voulez de leur carrière ? C'est l'élection. Est-ce que est-ce que j'entends bien ce que vous dites, je c'est Nous allons dans dans plus profond des choses pour qu'on comprenne bien.
Est-ce que le distingo ne se ferait pas Je ne sais pas, je vous pose la question. Vous êtes ancien de magistrate euh entre enrichissement personnel ou pas. Ah ben alors là effectivement là vous ça serait le point de bascule.
Alors ça serait le point de bascule mais justement là c'est s'il n'y a pas enrichissement personnel mais d'autant plus que tu peux être éliggible. C'est un élément mais là il y a un enrichissement partisan c'est pas personnel. La différence de l'affaire Fillon, c'est pas personnel, c'est un enrichissement partisan.
Le problème c'est queant mais d'autant plus que pardon, je me permet, c'est que ce sont des faits, ce sont des faits d'il y a 15 ans et effectivement, vous faites bien de le souligner, il n'y a pas d'enrichissement personnel. On est sur euh des des assistants parlementaires qui auraient travaillé non pas pour le Parlement européen mais pour le parti la belle affaire euh pour euh pour c'est ça détournement de fond public hein c'est quand même prff ou non mais bien sûr. Non non mais encore une fois je moi je je je ne traite pas le le fond de l'affaire savoir si elle est coupable ou pas. pas mon sujet mais ce que ce que je tiens à rappeler à votre antenne c'est que ce sont des faits d'il y a plus de 15 ans.
Ce sont des assistants parlementaires qui auraient travaillé non pas pour le Parlement européen mais pour le parti. Bon écoutez, gardez vos arguments. On marque on marque une pause.
C'est très intéressantin. Euh nous allons poser la question est-ce que est-ce que la messe n'est pas déjà dite au fond ? Parce que juste je je me permets ce point, c'est que oui, ce cette petite musique qu'on entend maintenant depuis maintenant plusieurs années, je la comptais sur ce gouvernement des juges et cetera, encore une fois, je comptais cette théorie, mais pour autant, c'est une musique qu'on entend de plus de plus souvent, que ce soit dans les médias, que ce soit dans les tribunes.
Et j'ai bien peur qu'avec une condamnation si lourde de conséquences, on tombe aussi dans un antisystème, une volonté d'antystème comme d'ailleurs on a pu le voir dans d'autres pays européens mais également aux États-Unis où on bascule dans un trumpisme pour faire éclater un système le sujet suivant enfin moi le le thème suivant et Eveline Sirmerin vous répondra juste après la pause 9h45 minutes 08 126 300300 la vérité en Face le sort de Marine Le Pen. À tout de suite. Le grand matin Sud Radio, la vérité en face.
Jean-François Aquili. Allez avec maître Pierre Henri Bovis, avocat au barreau Paris et vous Éveline Cirin, vous allez lui répondre. magistrate honoraire euh vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme.
Nous évoquons Marine Le Pen face à son destin politique après l'énoncé des réquisitions du parquet général dans l'affaire des parlementaires en appel européens du Front National et des peines pour Marine Le Pen qui peu ou prou sont à peu près équivalentes de ce qui a été dit en première instance et qui lui bar visiblement la route pour la présidentielle quid de ce qu'évoquait maître Pierre Henry Bovis juste avant la pause de cette espèce espèce de de penchant presque antisystème désormais de la justice dans les affaires politifinancières. Qu' Quen pensez-vous Éveline Cirmarin ? Alors moi je crois que effectivement la justice est de plus en plus sévère pour ces affaires politico-financières.
C'est vrai. Est-ce que pour autant ça veut dire antisystème ? Peut-être que ça veut dire que les juges sont un peu conscients du fait que nos concitoyens considèrent que à tort que une grande partie des politiques sont corrompues et que il faut répondre à cette cette demande sociale en en gros d'égalité devant la loi.
Peut-être que c'est ça aussi la justice financière. C'est vrai que depuis la création du parquet national financier et bien elle est assez sévère pour les affaires politico-financières et et bon la question à à à se poser c'est qu'est-ce que ce serait un état où la justice ne ferait pas son métier envers les politiques ? Qu'est-ce que ce serait ?
Bah ça serait donc une justice sans justice financière et peut-être que ça confine un peu entre guillemets à une dictature une un état sans juge qui font leur travail et bien c'est pas une démocrat les États-Unis sont une dictature bah pardon les États-Unis seraient une dictature monsieur Trump éé m'inquiète beaucoup par exemple aux États-Unis c'est qu'il y a des arrestations de juges et ça c'est un problème interpeller les juges les empêcher de faire leur travail c'est quand même un problème en France Par exemple, moi ce qui me pose vraiment problème, c'est ce qui s'est passé en 2025 où des juges politico-financiers, c'est pas des juges antimafia, bon notamment dans l'affaire Le Pensi dans l'affaire Libye Sarkozi, il a fallu une protection policière. Ça, moi je trouve ça inquiétant pour une démocratie. Maître Pierre Henry Bovis réponse le évidemment que le s'attaquer à des décisions de justice euh quand je dis s'attaquer, c'est les critiquer vigoureusement parce que bon apporter des critiques saines et évidemment c'est c'est c'est opportun même he et d'ailleurs et ça ça nourrit la justice mais s'attaquer frontalement à l'état de droit menacer des juges évidemment que c'est inacceptable dans un dans une démocratie et que ça en dit long sur cette espèce de climat dont je parlais tout à l'heure assez anxiogène. mais aussi un climat qui bascule selon moi vers un climat aujourd'hui antisystème disons que des juges s'accaparent une forme de pouvoir qui outrepasse leur leur leur pouvoir pour délivrer des décisions plus politiques que juridiques.
En tout cas, c'est une petite musique qu'on entend et qui est inquiétante puisque après 2017 donc François Fillon qui a été privé de l'élection présidentielle, alors non pas parce qu'il y avait une décision de évidemment d'éligibilité mais parce que une enquête avait été ouverte justement par le parquet à l'époque juste avant l'élection. Ensuite, il y a eu là maintenant Marine Le Pen. Bon, on a Oui.
Oui. On a ces ces exemples qui viennent nourrir ce débat et qu'on voit qu'on voit dans la presse. Oui.
Mais en même temps, qu'est-ce que ça aurait fait monsieur Fillon qui quand même a été déclaré coupable et condamné par un tribunal correctionnel, une cour d'appel, la cour de cassation, une cour d'appel de renvoi quatre juridictions, il aurait été élu président de la République. La question qu'on doit se poser, c'est qu'est-ce que ça aurait fait pour la démocratie, pour nous tous, queles que soient nos opinions, que quelqu'un qui est déclaré coupable de détournement de fond public au préjudice du Parlement français, c'est-à-dire avec l'argent du contribuable pour payer là effectivement des dépenses personnelles, c'est un enrichissement purement personnel dans le cas de monsieur Fillon, qui soit élu président de la République. Est-ce que quelqu'un qui est élu président de la République peut l'être alors que il a des affaires de détournement de fonds public sur le dos ?
Ça c'est quand même un problème. C'est une vraie question que vous posez. Je rappelle que François Fillon a échoué de très peu hein à la porte du deè tour malgré les tonnes et les tonnes de de de d'affaires durant cette campagne qui fut si difficile pour je vous jamais un souvenir assez pénible.
Je vais vous poser une question et nous sommes à 5 minutes de la fin très claire. La question est de savoir d'un point de vue politique, c'est pas vous qui allz répondre, c'est est-ce que Marine Le Pen doit d'ors et déjà passer le relais à Jordan Bardella pour cette campagne qui va démarrer après les municipales ? La question c'est nous sommes au mois de mai, juin, peu importe, la décision de la cour d'appel est rendue.
Je commence par vous, maître Pierre-Henri Bovis. Quel est le scénario ? On va dire le seul scénario qui permettrait à Marine Le Pen de se présenter ?
Alors, c'est euh c'est un c'est un billard à deux bandes. Il faudrait que la cour d'appel prononce une peine d'ingigibilité inférieur à 1 an. 18 ou 18 mois.
Inférieur à 18 mois. Ouais. Et qu'elle forme un pouvoir en cassation.
Alors, expliquez-nous pourquoi 18 mois. Alors moins de 18 mois parce que le aujourd'hui elle a une peine d'iligibilité avec exécution provisoire qui a été rendue par le tribunal correctionnel qui a démarré le 31 mars 2025. Exactement.
Important. Exactement. Ce qui veut dire que la décision de la cour d'appel vient pourrait venir atténuer la décision de première instance.
Oui. Les 5 ans. Exactement.
Si elle la maintient et que Marine le Pen forme un point en cassation, c'est-à-dire avec un effet suspensif de l'appel, la première décision rendu par le tribunal correctionnel continue à produire son effet exécutoire. Ce qui voudront dire que l'effet suspensif de la cassation serait sans incidence concrètement sur sa capacité à se présenter au suffrage. Si maintenant la cour d'appel rend une décision qui est inférieure, c'estàdire à 18 mois inférieure à la première instance, alors la peine de première instance du coup est infirmée, elle est sur les 18 mois, elle peut former un une cassation et ensuite aller moi je suis tout à fait marin 31 mars 2025 plus 18 mois, ça nous met ben ça ça nous met à fin 2026 et euh là là je suis je suis d'accord avec ce scénario.
C'est parce que parce qu'il y a le conseil constitutionnel derrière. Oui. Voilà.
Alors ce qu'il y a c'est que après il y a le conseil constitutionnel derrière, l'investiture euh et puis les parrainages et cetera. Bon bref, il faut qu'en mars 202 éligible si elle veut se présenter. C'est ça.
Bon et puis deuxièmement pour elle, c'est ce qu'elle a dit. Il ne faut pas qu'elle ait un bracelet pour faire sa campagne. Ça c'est pas possible quoi.
Et donc il y a deux conditions. Une peine de 18 mois ou moins d'inéligibilité et euh pas de bracelet pour faire sa campagne. Après euh ça peut exister.
Mais oui, c'est tout à fait possible. C'est tout à fait possible. Compte tenu justement de la jorisprondance Cour de cassation dans l'affaire Fillon en 2025, il est tout à fait possible qu'elle n'ait pas de peine d'emprisonnement ferme ou avec bracelet, qu'elle a une peine avec surcis.
Et donc c'est de réduction deilité voà et de réduction d'inéligibilité. Euh maintenant euh la cour d'appel, il y a une autre un autre problème. Elle fera un pourvoi de toute façon si elle est condamnée.
Et euh il y a une autre dimension, c'est que la Cour de cassation peut très bien comme dans l'affaire Fillon dire "Ah mais je casse la cour d'appel a commis une erreur de droit. C'est tout à fait possible. Alors là, on est reparti pour renvoyer devant une cour d'appel de renvoi et elle pourrait être élue dans ce cas-là avec euh une présidente de la République qui serait élue mais elle a une immunité présidentielle pendant 5 ans et ça reporterait son jugement à la fin de son rêve tout à fait.
Exement. Et donc ça c'est une troisème hypothèse où elle serait présidente de la République si elle était lui bien sûr mais avec ben pas de condamnation et une culpabilité. Ça serait quand même un peu.
Je suis sûr que tous ceux qui nous écoutent comprennent mot pour mot de ce que vous nous expliquez. C'est d'une grande clarté. Le le prochain débat à mon avis qui serait sain et qui devrait avoir lieu parce que tout ceci quand même résulte du travail parlementaire parce que on a beau dire les juges les juges les juges mais il n'appliquent que ce que les parlementaires votent.
Bon et donc cette espèce d'ultra transparence et d'ultra probité aussi voulue par des parlementaires qui pensent atteindre le voisin mais avec un effet boomerang quelques années après. C'est ce qui s'est passé d'ailleurs avec le Rassemblement national. Mais le prochain débat mon avis qui devrait avoir lieu, qui doit être sain se porte sur se porterait sur l'exécution provisoire.
L'exécution provisoire était notamment réservée au départ pour les cas les plus graves parce que vous avez commis commis un viol, parce que vous avez commis des agressions sexuelle parce que un médecin, un faux médecin pratiquerait des actes médicaux alors qu'il n'est pas médecin. Bon et donc vous avez une exécution provisoire qui vous permet de maintenir euh une interdiction par exemple d'exercer pour le médecin. En l'occurrence sur la peine de gingibilité, est-ce que l'exécution provisoire doit être ou non maintenue ?
Est-ce qu'elle doit être prévue ou pas Ça pour vous ce serait un prochain travail parlementaire. Je pense que ce serait un un débat parlementaire en tout cas sain à voir entre justement des professionnels de justice des parlementaires pour savoir si effectivement la pénégivité doit être assortie d'une exécution provisoire. Eveline marin on n pas encore là hein attendant.
Oui on en est pas encore là et puis c'est bien aussi de pouvoir exécuter si un élu est très corrompu, y compris dans son intérêt personnel, enrichissement personnel, c'est bien aussi de pouvoir l'empêcher. Merci à tous [rires] les deux. Merciine Cirmarin, merci maître Pierre Henri Bovis.
Ben on se revoit hein, on va rediscuter de tout ça parce que bah c'est pas fini cette histoire he. Merci à tous les deux et bonjour à vous Valérie Expert. Bonjour.
Bonjour Jean-François. Revenz làdessus vous pardon. Vous revenez sur On va parler évidemment de Marine Le Pen effectivement.
Alors, il faut rappeler que ce ne sont que les réquisitions pour l'instant, hein. Donc, il faut il faut euh tout le monde s'agite, mais le verdict tombera le jugement au mois de juin. Alors, évidemment, on va on va parler de des réquisitions.
Euh Marine Le Pen effectivement peut-être empêché de se de se présenter. On va parler des seigneurs dans C'est quoi le problème ? des seigneurs qui qui plébiscitent le statut d'auto-entrepreneur quand ils sont quand ils retrouvent un emploi.
Néanmoins, l'emploi des seiors, bah on peut en parler avec vous, ça reste quand même très très compliqué. Et puis euh l'affaire Epstein avec Jack Lang qui s'exprime ce matin un petit peu partout et qui se dit blanc comme neige.
Marine Le Pen