Mobilisations paysannes : dépasser l’impasse de l’agrobusiness | #AMFIS2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
et ben bonjour à toutes et à tous on va on va commencer je vais me présenter comme ça ça laisse encore le temps aux gens d'arriver donc je suis Mathilde digignet je suis députée en île et Villaines sur Sud Villen donc Redon c'est la sous-préfecture et donc moi j'ai le j'ai le plaisir d'animer cette conférence qui qui du coup porte un sujet qui qui me porte depuis toujours puisque je suis fille de paysan et paysane et donc je travaillais sur la ferme familiale avant d'être élue donc en 2022 et donc là réélu en 2024 euh donc j'ai aussi le plaisir d'animer cette conférence parce que l'agriculture l'agriculture est au cœur de de notre société Jean-Jacques Rousseau il disait l'agriculture est le premier métier de l'homme et et comme nous avions l'habitude de le dire avant l'examen de la loi d'orientation agricole sur laquelle j'étais très engagé bien nous on disait les paysans et les paysannes ils nous nourrissent et ils protègent le vivant et pour moi c'est deux missions fondamentales alors ces deux dernières années elles ont été riches elles ont été riches en en lutte sociale vous n'êtes pas sans savoir que le monde agricole s'est aussi fortement mobilisé dans la dans la rue début début d'année 2024 mais mais en réalité parce que ça a été pas mal médiatisé mais en réalité ça date depuis depuis enfin c'était pas nouveau quoi et ce matin donc on va on va revenir sur ces différentes mobilisations qui ont qui ont précédé la loi agricole du printemps et on va évoquer ensuite les futures mobilisations qui vont très probablement se produire cette année parce que c'est pas terminé en fait les réponses n'ont pas été données à aux mobilisations qui ont eu lieu euh et je dis ça aussi qu'il va très probablement y avoir d'autres mobilisations puisque il faut savoir qu'il va y avoir les les élections chambrees d'agriculture qui vont avoir lieu début 2025 et surtout donc ce que je disais les problématiques qui ont été évoquées début début d'année lors des des manifestations elles sont loin d'être résolu alors ben vu de loin on a on a l'impression que c'est d'être enfermé dans un dans un cycle infernal euh c'est-à-dire que les prix payés aux agriculteurs et agricultrices sont trop bas euh les donc il y a des grosses manifestations paysanes le gouvernement il fait une loi qui ne répond pas qui ne change rien euh et donc derrière on a des fermes qui disparaissent bon c'est un espèce de cercle vicieux qui euh semble en effet être aussi imuable que le cycle des saisons automne automne hiver printemps si on regarde de loin ça ça donne cette impression mais en fait vu de près et bien c'est justement comme le cycle des saisons avec avec le changement climatique en fait on verra les effets dans le monde agricole qui sont dévastateurs alors quand je dis immuable en fait bah ça va peut-être faire sursauter mon mon voisin mon premier invité qui lui est historien Jean-Philippe Martin auteur de auteur bien connu pour toutes celles et ceux qui qui comme moi s'intéressent à la gauche paysane Jean-Philippe ta tâche sera de nous éclairer sur les principales évolutions des mobilisations enfin sur le monde pays an entre peut-être les années 60 et aujourd'hui d'avoir un point de vue là-dessus et puis j'ai aussi tenu à à inviter Benjamin frisel qui qui est paysan installé pas loin de chez moi donc dans le morbillant et qui expériment collectivement justement les alternatives à l'agrobusiness et Benjamin donc tu reviendras sur les défis actuels du monde paysan et en premier lieu celui du renouvellement des générations en en agriculture sans lequel et ben tous nos vœux resteront pieux pour ma part je voudrais donc revenir sur les 12 derniers mois qu'on a pu vivre qui ont été plutôt riches en rebondissement politique mais pas que les agriculteurs sont dans dans dans une situation professionnelle qui est délicate leur secteur d'activité c'est l'un c'est l'un des des plus dérégulés économiquement euh tout en étant fortement encadré par euh les politiques publiques j'entends par là qu'en agriculture il y a pas de marché publicque il y a pas de prix garantie pas de SMIC pour les agriculteurs et les agricultrices et il y a de moins en moins de barrières douanières et tarifairire aux frontières alors si vous choisissez ce métier en fait le seul filet de sécurité économique et ben c'est la PAC la politique agricole commune qui est calculée euh en fonction des des surf cultié et donc qui est complètement inégalitaire parce que ça veut dire que plus vous avez d'hectar plus vous avez de pâack et donc inversement et parallèlement il y a un certain nombre de lois et de normes qui encadrent notre secteur agricole enfin du coup notre secteur d'activité et ça c'est bien normal vu l'impact l'impact sur l'environnement du que enfin vu l'impact que l'agriculture a sur l'environnement alors moi du coup j'aime pas dire ça parce que je me sens un peu blessé dans en tant que enfin venant du milieu agricole je me sens un peu blessé dans dans ma fierté en disant que oui l'agriculture en fait a un impact sur l'environnement elle est responsable de 30 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondiale et elle a un impact sur la qualité de l'eau que nous buvons bon alors après c'est une certaine agriculture aussi mais n'empêche que voilà je voulais en tant que que fille de paysan bah quand on nous dit ça force forcément on est tout de suite un peu blessé en disant ah ouais bah en fait on fait aussi partie des des responsables quoi mais l'agriculture elle est aussi impactée de plein fouet par les nouvelles épidémies qui arrivent qui qui sont du coup imposé aussi par le changement climatique à l'automne dernier il s'est passé deux choses comme comme dans chaque mouvement social il fallait pour moteur démobilisation que enfin il fallait que pour le moteur fonctionne du carburant et une étincelle alors moi je pense que le carburant euh c'était l'effet de l'inflation sur euh euh comment la situation économique immédiate des agriculteurs et des agricultrices et sur les consommateurs en gros euh total a augmenté les prix du gasoil pour mettre dans les tracteurs et l'actalis euh euh n'a n'a pas suffisamment augmenter le prix du lait payé au producteurs tout en augmentant le prix au consommateurs donc il en résulte euh nécessairement une crise de surproduction par rapport à la demande et donc une crise de revenus il faut savoir que le prix du lait en France il évolue de manière très volatile pour une grande partie des des producteurs et encore plus depuis la fin des quotas laitiers en 2015 jusqu'en 2015 il y avait des quôas laitiers donc chaque ferme qui produisait de lait avait un quota qui ne pouvait pas dépasser donc ça régulait à peu près la production et en 200 15 on a supprimé les quotas qui fait que du coup on a ouvert totalement le marché à la production et donc là on est dans quelque chose de totalement de volatile euh mais il y a pas que les éleveurs laitiers qui ont été impactés euh il y a aussi les importations d'Ukraine qui ont euh qui étit exempté de droit de douane euh et qui ont tiré les prix vers le bas alors ça concerne la volaille les œufs le sucre le maïs ou encore le miel et je pense également que la la forte crise du pouvoir d'achat a pénalisé tous les agriculteurs et les agricultrices qui cherchaient à faire du bio ou à faire de la qualité j'attends bonjour tout le monde et bienvenue au euh donc là on a le carburant et l'étinciel et bien il y a euh c'est il y a la crise viticool qui a été dans dans le mais il y a aussi une maladie qui a touché les éleveurs du Sud-Ouest c'est la maladie hémorragique épisotique la MHE et ça ça a provoqué en fait dans les élevages bovvin des une désorganisation de la de la de la filière et malheureusement et bien les maladies elles sont aujourd'hui une carte majeure dans le poker diplomatique et économique et et commercial pardon euh parce que parce que si je parle comme ça vous m'entendez toujours bon ben c'est bon ouais donc je disais que en fait les maladies que que que peuvent traverser les éleveurs elles sont aujourd'hui en fait une carte majeure dans le poker diplomatique et commercial parce qu'en fait on exporte une partie non négligeable des animaux que nous produisons en France donc en fait si les pays voilà vont pas accepter de recevoir des animaux qui sont malades donc ils vont jouer ils vont dans dans les négociations ils vont ils vont jouer avec ça euh et donc ben suite à tout ça quand on a notre carburant et notre étincelle bah la suite vous la connaissez c'est les blocages des routes les manifestations devant les préfectures et le grand final au salon de l'agriculture qui est diffusé en direct sur BFM TV avec Macron qui est complètement traqué dans les couloirs du Salon de l'Agriculture et et voilà chose que moi j'ai jamais vu ça faisait une dizaine d'années que j'allais au salon de l'agriculture jamais un Président de la République n'avait été à ce point-là par les agriculteurs les agricultrices dans les dans les dans les allées du salon quoi et donc de toutes ces mobilisations bien en fait on peut quand même en retenir plusieurs choses Bernard Lambert au Larzac donc tu peut-être tu en parleras un peu mais de Bernard Lambert mais il disait plus jamais les paysans ne seront des Versaillais en d'autres termes il les paysans ne veulent pas baisser la tête devant le maître au du château lors de cette cette mobilisation les agriculteurs dans leur diversité ont su montrer la capacité du monde agricole à se mobiliser et à pointer les problèmes qui les accablent on l'a très bien vu quand la FNSEA qui est reçu en grande pompe par Gabriel Atal pointe d'obscure norme environnementale qui ne concerne que 0,1 % des paysans ceux qui étaient sur les rond-points qui qui et bien eux il parlaient du problème de prix de revenu de reconnaissance du du du métier des conditions de travail et de l'isolement ensuite il y a un écart énorme entre les propositions classiques d'un parti d'un d'un d'une partie des propositions classiques d'une partie de la gauche paysane et les enjeux réels de la profession agricole alors Jean-Philippe pourra nous nous dire davantage nous en dire davantage probablement sur l'histoire de cet éloignement entre mais mais moi en tant que député ben j'ai le devoir de m'intéresser à toutes à toutes les sortes d'agriculture filière courte filière longue produit d'appellation produits d'appellation et produits distributeur bio ou pas la gauche paysane elle veut plus de bio et des circuits courts pour faire pour faire court quoi mais quand sur certains territoire on produit des millions de blé des millions de tonnes de blé ou de lait et bien on ne peut pas seulement avancer euh des les circuits courts comme une solution il il faut il nous faut des propositions qui soient nationales des plans de filière des outils de régulation économique et enfin ce que je retiendrai du du mouvement agricole et bien je crois que c'est le et et je pense que c'est le plus important c'est la victoire idéologique de la gauche antilibérale et et et du sndicalisme paysan de gauche comme Macron a évoqué les prix planchés lors de son discours au salon de l'agriculture quand vous parlez économie avec des gens de droite et que vous lisez les journaux ou que vous regardez leur leur télévision leur télévision ben il s'efforcent de nous expliquer depuis à peu près 35 ans qu'il n'y a pas d'alternative et à un système économique dérégulé et mondialisé et toute proposition inverse et bien ce serait le retour de l'économie soviétique on l'a bien vu on parlait des des prix planchés voilà ils nous ont dit que c'était des mesures soviétiques le ministre de l'Agriculture entre autres quoi et bien malheureusement pour une partie du monde agricole c'est pareil mais alors euh il y a quand même une partie de la gauche qui qui épousait ces ces thèses nous sommes une poignée d'irréductible militant et militante à avoir continuer à avoir fait avancer l'idée qu'il fallait réguler l'économie agricole la Confédération paysane a avancé ces dernières années la proposition des prix minimum d'entrée donc c'est un prix qui est en de un prix en dessous duquel un produit agricole ne pourrait pas rentrer sur le territoire national ce qui limiterait pour nos agriculteurs et agricultrices la concurrence déloyale des produits agricoles importés à prix réduit le groupe communiste à l'Assemblée avait proposé en 2012 un système de régulation des prix basé sur des coefficients multiplicateurs et avec mes collègues qui qui s'occupent de l'agriculture sur le dans le groupe parlementaire donc avec donc à la France insoumise avec Aurélie Trouvé Manon Meier qui est là loï prudom et bien nous avons porté avec insistance la mise en place de prix minimum rémunérateur donc en gros les les industriel doivent payer un prix minimum au au producteurs pour garantir à la fois le coût de production et un revenu digne et j'insiste un peu lourdement sur sur son ce combat mais il faut comprendre que c'est central parce que sans prix plancher et bien il y a pas de revenu et sans revenu il y a pas de paysan et là c'est l'agrobusiness qui s'engouffre là-dedans et c'est lui qui qui fera sa loi et qui sera roi alors nos propositions de planifier la transition écologique elles ne peuvent pas non plus être entendu par le monde agricole si elle ne repose pas sur une perspective rémunératrice pour les travailleurs de la terre donc quand Macron a lâché qu'il fallait expérimenter les prix planchés en janvier et bien je me suis dit bon c'est bien on avance mais quand même je me fais pas trop d'illusion parce que c'est quand même un spécialiste pour lâcher des bombes dans dans des discussions et puis ensuite ne rien faire c'est un homme qui quand même vit euh vit que pour sa parole et ne fait rien ne fait rien donc on verra d'ailleurs ce qu'il va faire dans les prochains jours hein euh donc en fait il s'est rien passé euh et il y a eu du coup il s'est rien passé derrière mais quand même on voit qu'on a eu une victoire une victoire idéologique et ça il faut pas la repousser il faut pas leur pousser et surtout il faut continuer de de pousser en disant bah Macron a parlé des prix planchés ou il quoi après cet épisode donc il y a eu la loi d'orientation agricole la loi agricole de du printemps et je vais pas aller trop dans les détails parce mais mais donc c'est une loi qui a été adoptée juste avant les européennes elle était censé répondre aux enjeux majeurs que traverse l'agriculture mais il n'en est rien ce qu'il faut retenir c'est que la macronie a tout fait pour empêcher de de faire passer le moindre amendement qui qui venaent de NS rang ils ont été jusqu'à recopier à la marge certains de nos amendements qui avaient été déposés par les républicains je pense notamment à la ceux sur la place des femmes en agriculture voilà maant et là elle sait de quoi je parle puisque pendant en commission des affaires économiques où on a exam examiné le texte tous les amendements sur la place des femmes en agriculture avait été rejeté même une collègue des des républicains avait dit mais vous moi je ne comprends pas il n'y a pas de problème mais mais je connais des agricultrices jamais elle parle vraiment comme ça hein il n'y a pas de problème en agriculture voilà et donc et en sé pour les pour les agricultrces et en séance tiens donc elle dépose un amendement sur la place des femmes donc après tous nos amendements étai justifiés par non non il y a l'amendement jeun Var donc c'est bon on a plus besoin de parler de la place des femmes en agriculture et et donc en fait tout ça c'était simplement parce qu'il voulait surtout pas que on est qu'on obtienne quelques victoires sauf qu'on en a eu quelquesunes voilà sur des amendements parce que ils dormaient ils ont pas voté voilà au-delà de ça il y a enfin il y a bon il y a la question des amendements qu'on avait fait mais il y a de manière générale il y a aucun sujet sérieux qui a été traité rien sur la souveraineté alimentaire des territoires d'outrmer qui a qui qui importe beaucoup rien sur l'environnement rien sur les prix et la grande distribution pour l'instant euh cette loi elle s'est perdue dans la navette parlementaire à cause de la dissolution donc la loi pour l'instant elle a pas été étudié au Sénat et pour nous députés ben c'est très agaçant de voir que de voir un gouvernement qui qui fait des faux projets de loi pour s'occuper pour occuper les médias pour occuper les syndicats mais qui ne tente rien pour trouver des vraies solutions c'est assez usant de de voir qu'on passe du temps à consulter à auditionner à faire des rapports avec nos nos attachés parlementaires pour qu'au final ben on discute dans le vent avec un ministre qui lui obéit simplement au textau de l'Élysée alors et bien face à ça qu'est-ce qu'est-ce qu'on peut faire je me dépêche parce que je suis en train de causer longtemps en fait donc moi je parle en tant que mouvement politique et en tant que représentant de de la nation parce que je veux pas empiéter sur l'action syndicale et associative déjà nous avons une bataille à continuer sur les prix planchésueer à convaincre les consommateurs les paysans les paysannes que c'est dans leur intérêt et nous parlementaires nous devons faire progresser cette proposition de loi qui a déjà passé un obstacle au Parlement ce printemps notamment via la niche des écologistes et il y a aussi d'autres manières d'agir sur le prix en dehors de la loi certaines collectivités elles commencent à faire des tests autour d'une sécurité sociale de l'alimentation d'un chèque alimentaire local et donc en fait c'est des citoyens qui reçoivent un montant mensuel dont la dépense est fléchée vers des producteurs soit souvent bio et du coup ça leur ça permet au producteurs d'avoir des prix rémunérateurs et mais si ce genre d'initiative se déploie euh et bien nous pouvons espérer de que ça se généralise euh mais euh ce sera pas facile évidemment si donc là si ça vous intéresse moi je vous invite justement à aller cet après-midi à la conférence euh sur le sujet donc sur la souveraineté la sécurité sociale l'alimentation euh qui sera animée par Manon meunier euh à quelle heure à 13h30 Pauline Léon juste là voilà comme ça vous pourrez continuer à à à développer ce sujet euh mais bien sûr il y a une autre il y a d'autres d'autres pistes il y a l'action politique que vous pouvez mener vous en tant que militant et militantes et ça c'est la responsabilité des groupes d'action de la France insoumise de se saisir de ce sujet de le faire connaître et nous députés nous avons la capacité la capacité de nous déplacer de visiter des fermes pour mettre un coup de projecteur sur des projets sur des initiatives locales sur des projets que vous vous pourriez porter et et vouloir mettre en lumière comme la sécurité sociale alimentaire je dirais donc d'un point de vue stratégique que ça permet de sortir de la seule revendication des cantines bio de parler de la sécurité sociale alimentaire voilà ça permet d'ouvrir aussi le champ des possibilités et pour aller plus loin et surtout trouver des alliés élargir justement les intérêts et les et élargir les intérêts et les parties prenantes en fait on doit sortir euh enfin on doit essayer de mettre en en lien les paysans les paysannes les élus les syndicats d'ouvriers les associations des quartiers populaires parce que ces sujets concerne tout le monde l'aliment tout le monde mange donc en fait on doit pouvoir réussir à mettre un maximum de gens autour de la table il faut il ne jamais oublier que l'agrobusiness se combat tant que la lutte politique et économique tant par la lutte politique et économique économique que par les lois que par le lien au quotidien avec les citoyens les citoyennes et les producteurs les productrice et que 50 % de la population elle est soit ouvrier soit soit ouvrière et soit employé euh et elle n'a pas de de de diplôme après le bac et leur centre d'intérêt ce n'est pas de regarder des documentaires forcément sur les pesticides ou ou sur la condition animale mais mais bien de savoir comment est-ce qu'ils vont bien se nourrir quoi et politiquement il y a un autre combat à mener c'est euh ce sont les régions c'est sur les régions parce que ce sont les régions qui qui délivrent une grosse partie des aides à l'installation agcole et à la transition écologique des exploitations donc si la France insoumise prend les commandes d'une région et bien ça veut dire par exemple qu'on pourra réorienter les subventions touchées vers vers le toujours plus de machines qu'on pourra mettre l'argent sur des productions peu gourmandes en eau soutenir l'emploi agricole favoriser les projets collectifs accompagner autrement les plans prévisionnels économiques des jeunes qui s'installent il y a aussi les municipes et par extension les intercommunalités et je voudrais insister sur les plans les les plans alimentaires territoriaux ce sont les les outils institutionnels institutionnels qui peuvent faciliter la commande publique et on peut aussi créer des groupements d'intérêts entre producteurs enfin entre qui pour développer des productions enfin voilà en gros il faut réussir aussi à s'engager en politique au niveau des régions des municipalités parce que c'est c'est aussi par là qu'on peut avoir un un un un poids pour aider les producteurs et les productrices et je termineraai par dire que bon il y a pas d'action magique qui réglera la question des prix et de l'installation agricole ce sont les actions à différentes échelles même même non coordonné qui produiront du sens global après quand on se retournera et nous aurons des obstacles ça c'est clair et pour venir de Bretagne je peux vous dire que on en a on a quand même un gros poids de un gros poids de l'R business en Bretagne euh donc oui on a des des adversaires on aura des des obstacles qui seront syndicaux mais aussi climatiques et et et agroindustriel nous aurons des divergences ça c'est sûr peut-être que que Jean-Philippe en parlera des divergence qu'il a pu avoir dans dans le milieu syndical mais ce qu'il faut bien euh enfin mais il faut bien se dire qu'il faut tenir bon il faudra tenir bon se rappeler de nos objectifs se rappeler que chaque paysan paysanne installé de de chaque euh paysan paysanne installé que chaque amendement sur les retraites agricoles que chaque centime grapillé à la grande distribution et ben chaque chaque petite avancée ce sera des victoires et il faudra toujours se rappeler de ça parce que euh c'est ce qui nous fera tenir bon et si c'est ce qui fera aussi tenir bon euh le monde agricole voilà je vous remercie j'ai parlé trop longtemps et je passe la parole à Jean-Philippe bon bonjour ça y est vous m'entendez euh merci à Mathilde pour son invitation merci au dialogue que nous aurons tout à l'heure avec Benjamin hein euh juste avant de commencer mon exposé moi je suis historien j'ai travaillé sur la Confédération paysane là j'ai produit quelques articles et bouquin euh une petite pour rebondir sur la question du revenu une formule d'un paysan breton qui doit avoir je crois qu'il est encore vivant il il doit avoir 100 ans et quelques c'est André Pochon la formule c'est c'est le cochon qu'il faut mettre sur la paille pas l'éleveur voilà donc d'où l'importance du revenu et il faut s'en souvenir dans cette dans les batailles qui aura que vous aurez amené syndicaliste et euh député voilà alors je vais essayer de faire un petit euh tableau syndical un peu rapide hein euh dans un contexte effectivement mathde l'a rappelé à un an des élections professionnelles aucun syndicat ne pouvait ignorer le mécontentement et la mobilisation dont elle a retracé les causes et qui étaient différentes hein c'était des causes multifactorielles euh moi je viens du du Lang dooc et effectivement la crise viticol est est importante la surproduction dans le Bordelet effectivement il y a des dizaines de milliers d'hectares qui veulent enfin 10000 hectares qui veulent arracher peut-être 20000 bon d'où un mécontentement et ça sur un paysage syndical sur fond de diminution très importante du nombre d'agriculteur ou de paysans et donc de d'une certaine crise d'identité on va utiliser cette expression je sais pas comment dire voilà euh le paysage syndical vous le savez il est dominé par la F sea qui euh a obtient à peu près la moitié des des voix aux élections chambre d'agriculteur avec les jeunes agriculteurs Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoes hein et jeunes agriculteurs alliés dans ce qui constitue ce qu'ils appelle le syndicalisme majoritaire et ils ont même tendance à penser qu'ils sont les seuls syndicats les autres seraient des groupes politiques hein d'ailleurs il faut se rappeler qu'avant que sous Jacques Chirac avant 1981 la gauche pays n'était jamais rencontré par les ministres hein au niveau national bien euh FNSEA qui s'ffrite ce pendant malgré elle a montré de grandes capacités de récupération du mouvement là mais qui s'effrite et cet effritement de son influence sent moi j'aperçois à sous deux sous deux angles premier angle le nombre de votants aux élections Chambre d'Agriculture a tendance à diminuer il était en dessous de 50 % me semble-t-il où il fleirtait avec les 50 % la dernière fois c'était il y a a bientôt 6 ans et deuxième chose euh dans les mobilisations elle a du mal à à être à l'initiative elle est fait des choses mais en 2008 par exemple il y a déjà eu un mouvement et c'était pas elle qui était à l' iniative une grffe du lait ils avaient répandu du lait sur devant le montsmichel et c'est une association indépendante les associations des producteurs de lait indépendant hein c'est ça appli né dans l'avyon mais qui s'était développé dans l'Ouest qui avait mené la bagarre là euh dans le sud ouest c'est pas la la FNSA qui a l'origine hein d'accord c'est des groupes d'agriculteurs la coordination 2e syndicat non pas pour son importance politique mais euh du point de vue de son influence aux élections chambre d'agriculture qui est un syndicat qu'on classe à l'extrême droite mais où tous les gens curieusement ne sont pas forcément à l'extrême droite et dont la le dirigeant est une dirigeante avant que ce soit le cas à la Confédération paysane quand même euh euh donc la Coordination rurale a tiré les marrons du feu et très vite la FNSA s'est imposé et pourtant cette FNSA qui qui dit qu'elle est la seule qu'elle est la plus puissante qui a quelle qu'il faut écouter qu'on écoute d'ailleurs souvent les pouvoirs publics en priorité en premier et cetera cette FNSEA elle est travaillée par des tensions internes qui peuvent déboucher sur des cissions et c'est moi donc je vais mon rôle finalement c'est de revenir un peu sur le passé sur les combats du passé d'essayer de voir en quoi ils peuvent éclairer ou donner des motifs d'espoir pour demain euh pour aujourd'hui aussi pardon pour aujourd'hui et pour demain euh euh d'accord donc des tensions internes qui sont révélatrices de différences entre les céréaliers pour faire bref les bêraviers et les élevreurs ces tensions internes elles peuvent déboucher sur des des gens qui se retirent sur la pointe des pieds par exemple il y a quelqu'un qui s'appelait Michel tcdou dans les années 90 qui était du quantal et qui est parti petit à petit de la FNSEA ils avaient même fait une tribune dans Le Monde à quatre il y avait été sdou et trois autres qui critiquaient mais sans oser oser rompre avec la FNSEA il y en a un autre c'est dans le dans le gare il est parti c'était le seul bio à l'époque dans les années 90 2000 au début et c'était le seul bio alors il a il a il a créé un vin qui s'appelle le marginal alors il prétend que c'est parce qu'il était marginal dans la FNS là qu'il a créé cette cuvée je ne sais pas bon c'était Dominique père si je me trompe pas euh donc et puis certaines de ces tensions débouchent sur des cissions alors il y a eu la Fédération Française de l'agriculture en 69 qui était vraiment très conservatrice et qui puis plus tard les paysans le puis bien avant excusez-moi le MODEF puisqu'il y a une tradition communiste dans un certain nombre de régions euh je disais tout à l'heure je rappelais tout à l'heure à mes interlocuteurs que la terre journal du PC était diffusé à plus de 100000 ou 200000 ou 300000 exemplaires dans les années 1950 bon on imagine que c'est plus du tout le cas aujourd'hui hein je crois que le canard du du MODEF s'appelle l'exploitant familial il y a eu le MODEF il y a eu la Fédération Française de l'agriculture puis il y a eu ce qu'on a appelé les gauches paysanes qui ont réussi c'est une tradition à gauche à se diviser en plusieurs branches dans les années 70 première branche les paysans de travailleurs qui allaient devenir les travailleurs paysans avec Bernard Lambert jamais plus les paysans ne seront des Versailles jamais plus il ne se soulèveront contre les travailleurs enfin contre les ouvriers et cetera bon c'est le discours du Larzac de 73 je rappelle que c'est Bernard Lambert qui pousse un peu les paysans de travailleurs à soutenir les paysans du Larzac et qui pousse aussi les paysans du Larzac a dit qu'il faut faire un rassemblement le jour où on vous menace d'expropriation bon c'était une petite parenthèse et et rappelons d'ailleurs que ces paysans du Larzac sous l'influence des paysans travailleurs de Bernard Lambert un des ancêtres de la Confédération paysane et bien ils allaient soutenir les Lipe dont nous avons fêté l'an dernier 50 ans de la lutte à Besançon il y a une délégation des paysans travailleurs à Banon au moment de la grande marche de soutien et il y a une délégation des travailleurs de Lipe avait piagé qui vient soutenir les les paysans du Larzac à l'été 1973 en août 1973 Mathide n'était pas né euh je pense mais elle connaît bien sûr mais ça nous donne une piste sur quand même sur la la façon dont il faut mener les combats elle l'a dit éviter les corporatismes bon l'historien et parfois un peu citoyen aussi euh donc voilà pour pour pour ceci et donc ce courant paysant travailleur va se réconcilier dans les années 80 avec les des socialistes on va dire plus plus modérés bon enfin c'est pas seulement les socialist bon la gauche paysane se réunifie en 87 dans la Confédération paysane 1987 alors qu'est-ce qui est intéressant dans cette confédération paysane c'est qu'elle essit d'abord c'est pas que des néoruraux contrairement à une idée reçue he c'est pas des néorurau du Larzac non non c'est des gens formés par le MRJC je me retourne encore vers elle parce queelle m'a fait cette confidence c'est les câau de gauche comme on dit un peu parfois de manière un peu moqueuse hein mais il ne faut pas s'en moquer c'est donc le MRJC les anciens de la jacf et de la JAC euh qui s'allit d'une certaine manière avait des gens du du Midi euh bon comme je suis de de l'héros il y avait un un cow-boy un peu Jean huiller qui avait la boucle d'oreille des bottes mexicaine et qui n'hésiteit pas à vider des canons de pinard italiens italiens euh pour défendre le revenu des vigneron français voilà c'est C des méthodes un peu plus musclé que dans l'Ouest à l'époque euh donc ils vont créer la Confédération paysane et leur idée toujours c'est on est toujours Lambert avec écrit les paysans de la dans la lutte des classes en 1970 on est toujours l'idée de ça voulait dire qu'il fallait s'allier avec les ouvriers les employés les enseignants et cetera hein pour créer une des alliances permettant de vaincre donc il y a toujours cette idée on s'alie avec d'autres on refuse le corporatisme dans la Confédération paysane on défend euh euh un volet social on défend en priorité les petits et les moyens exploitant pas seulement ceux qui sont en bio hein mais aussi ceux qui sont coincés pour plein de raisons par euh et qui n'ont pas pu faire la transition transition rendue d'autant plus difficile parce que comme l'a dit Mathilde comme le signalera peut-être notre ami tout à l'heure la la politique agricole commune favorise quand même dans son je sais plus quel pilier hein il y en a deux euh euh favorise quand même les grandes exploitations traditionnelles conservatrices et de l'agrobusiness hein d'accord il faut le souvenir s s'en rappeler et que les gens qui j'en parle dans un truc qui s'appelle des paysans écologistes sont d'autant plus courageux jeu que c'est quand même une période d'incertitude et que c'est difficile et qu'il bénéficie de moins d'aide et c'était en 2023 les aides pour le bio avait été non de 2022 et de 2021 certaines n'avaient pas été versé en 2023 si je m'en souviens bien donc voyez euh alliance avec les avec d'autres couches sociales et puis aussi qu' avec les syndicats ouvriers et aussi écologie défense pardon des petits moyens et aussi défense de l'environnement c'est-à-dire essayer de d'avoir les les deux fils à la fois ce qui est extrêmement difficile hein deux fils premier fil on défend en priorité les petits et moyens exploitants et deuxième fil on essaie de maintenir un environnement de qualité ce qui amène par exemple euh la Confédération paysane de Gironde à soutenir à dire non l'émission Complément d'enquête qui s'est tenu je sais plus en quelle année c'était qui critiquait le le l'arrosage de pesticides et cetera à proximité des écoles et cetera et que et qui critiquaent cela et ben non il fallait le faire il faut il faut en parler de ces questionsl et trouver des solutions pour que les gens diminuent ou voir se passe des pesticides et cetera donc il y a il y a ces deux volets je crois que c'est les deux choses qui sont euh très importantes dans la Confédération paysane avec j'essaie de prendre quelques fils hein peut-être je suis pas trop long non euh autre autre chose c'est comment lutter euh j'étais tout à l'heure avec le copain de Benjamin qui m'a qui a parlé de l'azade mais moi je suis historien donc je vais vous parler du Larzac je vais vous parler d'autres luttes c'est on on on on bien sûr on s'appuie sur les députés sur les élus bien sûr on s'appuie sur les syndicats mais Bernard Lambert a aussi mené des luttes en défense des des éleveurs intégrés je crois que c'est comme ça qu'on disait en s'appuyant sur les armes de la justice et en s'appuyant sur des avocats sur le Larz aussi ils ont réussi à faire à gagner du temps et donc du du territoire si j'ose dire pour prendre une formule qui doit être l'ininienne si je me trompe pas euh donc gagner du du temps et du territoire par rapport à l'armée en utilisant les armes de la justice en créant des groupements fonciers agricoles et cetera bon je reviendrai pas là-dessus c'est peut-être plus un peu voilà donc hein la justice peut être utilisée hein c'est pas seulement une arme de la bourgeoisie elle peut être utilisée dans certains combats et je crois que par exemple c'était il y a une dizaine d'années contre l'intégrateur dou il y avait eu des combats de la Confédération paysane avec des avocats et je crois que vous aviez obtenu gain de cause mais j'ai je je m'en suis souviens plus bien alors je vais essayer de conclure peut-être avec trois je je disais que la crise euh là je dépasser le côté historien la crise me semble-t-il n'est pas n'est pas elle est suspendue elle est en suspend ilelle est pas résolu et je vois trois TR quatre problèmes premier problème la question du revenu il y a il y a quasi que dalle sauf que si on diss ont lâché un petit peu d'argent pour les viticulteurs 200 millions je crois et pour les éleveurs touchés par la maladie bovvine non je me rappelle pas voilà il me semble qu'ils ont lâché un petit peu dessous là hein c'est un acquis faut faut pas faut jamais négliger les acquis disait quelqu'un qui s'appelait Lénine je crois deuxième chose c'est la question de l'installation euh qui n'est absolument pas résolu installation qui devient très difficile Amélie poinceau qui est journaliste à Médiapart a écrit un bouquin là-dessus terre de liien essaie de de mener des actions mais par exemple dans le Nord ou dans l'INE je sais pas s'il faut dire s nouen hein les les les les les exploitations sont devenu disIl quasi intransmissibles parce que ça coûte un fric fou troisème question c'est la question de l'environnement des intrans euh effectivement qui n'est pas résolu alors ça va peut-être pas se poser tout de suite hein puisque la FNSEA va mettre va va va mettre le mouchoir làdessus mais il me semble que ça va rebondir d'ici peut-être pas cette année mais d'ici un certain temps et dir il a quelque chose qui est assez rigolo et je vais peut-être finir là-dessus si il y a la question de la PAC et des inégalités mais peut-être toi tu vas le développer qui n'est pas résolu et il y a quelque chose d'assez amusant c'est que on a vu beaucoup d'agriculteurs et que les médias et cetera nous ont pas beaucoup oup présenté d'agricultrice voilà et j'en reste [Applaudissements] là merci Jean-Philippe je vais laisser la parole à à Benjamin frisel qui du coup en tant que paysan va nous témoigner un peu de ton tu V témoigner de ton activité et puis du coup faire le lien avec bah l'installation dont parlait Jean-Philippe tout de suite et puis un peu ce que tu as ce que tu as en dire de tout ça merci beaucoup euh donc exactement euh moi ce que je me proposais de faire aujourd'hui c'était effectivement d'apporter plutôt un un propos sous forme de témoignage euh d'une d'une activité du coup récente et des conclusions là qu'on en tire au bout de quelques années donc je m'appelle Benjamin je suis agriculteur dans le morbillan en Bretagne pas très très loin de chez matil mais on est'est pas dans pas dans le même département c'est pas la circonscription euh donc moi je me suis installé en 2019 euh sur une ferme qui était historiquement une ferme laitière qui produisait du laat de vache pour SODIAL donc une grosse coopérative qui collecte du laat de vache notamment et on s'est amusé à transformer la ferme vers un système très diversifié en filière courte en circuit court avec un ça c'est entre guillemets c'est anecdotique mais je je l'évoque quand même avec une une grosse entrée une grosse réflexion sur la place de l'élevage au sein de la ferme et l'équilibre entre la place des productions végétales destiné à l'alimentation humaine et le rôle de l'élevage par rapport à ses productions végétales et en fait en en en pour faire simple notre objectif sur la ferme c'est de produire euh en priorité des productions végétales pour nourrir les humains et élever des animaux avec les ressources on va dire qu'on dont on dispose sur la ferme mais que les humains peuvent pas valoriser donc alors la ferme s'appelle la ferme de trevau voilà on est assez visible sur Internet vous pourvez aller voir aujourd'hui on est 8 personnes à travailler sur la ferme euh avec la parularité qu'on est deux associés et qui a on a six collègues qui sont salariés en CDI à pleintemps euh moi je suis un des deux associés voilà et donc on est installé là depuis on est dans la 6e année et on a une activité qui fonctionne plutôt bien on peut dire que c'est une activité qui c'est un projet qui est à peu près réussi globalement on est une on est une ferme assez visible euh c'est-à-dire que on a on a une exposition médiatique importante on a beaucoup de de visites on a eu le préfet de la région Bretagne récemment euh on a des visites on a une visibilité voilà et on constate qu'on dégage beaucoup d'enthousiasme c'est-à-dire globalement de tout bord euh ça applaudit entre guillemets de voir l'activité qui a qui fonctionne qui est pourvoyeuse de main d'œuvre qui est euh nourriissière et qui produit une alimentation de qualité avec une réflexion sur sur la place voilà de des cultures de l'élevage euh donc tout ça nous plutôt c'est satisfaisant ce qu'on constate aujourd'hui après 6 ans d'activité c'est que notre réussite elle tient à des privilèges que on avait en s'installant et que notre notre aventure agricole elle est aujourd'hui intransposable ou en tout cas elle est non généralisable dans le contexte actuel et ce pour plusieurs raisons que je vais aborder la première pour nous c'est que notre production euh elle coûte c'est-à-dire que aujourd'hui on le dit assez souvent produire de la qualité comme on fait alors quand je dis qualité c'est de la qualité en terme de de mode de production c'est aussi de la qualité en terme social voilà on a créé 6 emplois h emplois sur une ferme où il y avait une personne avant en 6 ans avec des rémunérations qui sont qui sont relativement dignes de mon point de vue ben en fait ça on peut pas le faire à pas cher c'est-à-dire que nous produire l'alimentation de qualité à pas cher c'est pas possible c'est de la magie et donc aujourd'hui on serouve avec une problématique c'est qu'effectivement les prix nos produits sont plutôt dans le haut de la fourchette voire très élevés et que ça nous on comprend bien aujourd'hui que dans le contexte actuel de popérisation importante d'une grande partie de la société de précarisation via la violence économique qu'on constate tous et toutes en fait notre modèle aujourd'hui il est il est élitiste il permet pas de nourrir une population on va dire dans son ensemble avec des produits accessibles donc ça déjà c'est en fait un plafond qui fait qu'aujourd'hui le notre modèle euh il est excuse-moi ouais notre modèle il est incapable de produire une une alimentation accessible donc ça c'est en fait c'est c'est un premier frein majeur à la généralisation de la d'une agriculture on va dire hautement qualitative et rémunératrice pour les travailleuses et les travailleurs qui sont deuxièmement l'impossible généralisation de notre modèle repose nous sur un constat qu'on a fait et que j'ai vite fait évoqué c'est l'aspect privilège c'estàdire que nous on constate qu'on a a réussi aujourd'hui à à à construire ce modèle là mais parce que en fait moi et mon associé on est deux gars blancs éduqué avec des parcours d'études assez importants et qu'en fait on se rend compte bah ouais en fait pour devenir paysan choper des terre convaincre les banques pour pour devenir paysans en fait il faut mobiliser des privilèges sociaux hyper importants et qu'en fait si là actuellement on entend des chiffres comme un million de paysans et de paysannes dans les 10 ans pour faire face à la transition agricole on se dit mais s'il faut s'il faut 1 million de de de bléot j'aienvie de dire de gens qui sont prêts à signer pour travailler 70 he gagner quand même assez peu finalement nous on gagne 1500 € donc c'est bien pour notre activité mais c'est non pas non plus m auolant vu le niveau de responsabilité vu le niveau d'étude voilà l'équation elle est elle est insoutenable c'està-dire qu'on trouvera pas on trouvera pas 1 million de personnes prêtes à prendre ce niveau de risque niveau de responsabilité ce niveau d'engagement pour cette rétribution qui est sommes toutes très faible voilà donc on on a un vrai souci comment dire d'inaccessibilité du métier lié au privilège à mobiliser pour simplement faire le métier simple et et basique de de de de paysan et pour finir pour enfin pour continuer sur sur nous le constat de de d'extrême difficulté du métier on on témoigne là au bout de 6 ans qu'on qu'on en fait on on a on a progressivement acquis une solidarité assez important ave avec le reste du monde agricole compréhensive en fait sous nous la la la la perception d'une injonction qu'on reçoit aujourd'hui de la part de la société dans son ensemble en fait qui est totalement contradictoire insoluble c'est-à-dire que c'est ce que j'évoqué tout à l'heure produire à pas cher une alimentation de qualité on peut pas y répondre et en fait aujourd'hui c un contradictoire qui est posé dans son ensemble par la société d'un côté parce qu'effectivement le prix aujourd'hui c'est l'argument principal c'est la demande principale de la société et c'est la demande historique de la PAC de produire une alimentation qualitative enfin excusez-moi de produire une alimentation accessible au plus grand nombre et pour pouvoir on va dire dégager du budget chez les gens pour faire autre chose que manger aujourd'hui voilà on a entre 15 et 20 % du budget des ménage qui est consacré à l'alimentation donc on a cette demande très forte et puis toute façon voilà cette injonction comm de produ à pas cher et de l'autre côté on a une injonction sociétale et normative extrêmement forte sur les aspects qualitatifs c'est-à-dire que on va nous demander de prod voilà d'être respectueux de l'environnement via un système normatif aujourd'hui qui est quand même exigeant on va nous demander de respecter la les conditions de vie des animaux avec et une injonction une pression sociétale très forte là-dessus et aussi bah une des des normees qui évolu très fortement et en fait nous producteurs alternatifs on va réussir à répondre à une partie de cette cette demande en élevant des animaux dehors en payant des salariés dignement en produisant une alimentation de qualité mais on arrive pas à à vendre à pas cher du coup entre guillemets on se retrouve souvent voilà on dit mais vous êtes des voleurs c'est pas possible vous produisez à trop cher c'est inaccessible et nos collègues qui sont en production industrielle traditionnelle eux sont des empoisonneurs des torsionnaires d'animaux des pollueurs mais par contre ils arrivent à répondre partiellement à l'injonction du prix euh voilà et en fait nous voilà c'est c'est une c'est une injonction qu'on constate et où en fait on a envie de dire mais il faut que la société se réapproprie la la la question en fait de de de la solubilité de l'équation qu'elle pose au monde agricole c'est-à-dire de de de poser une équation qui soit soluble c'està dire et ben si on veut de la qualité il faut qu'on s'organise pour pour la rémunérer et et faire en sorte que l'équation du monde agricole soit soit soluble aujourd'hui nous ce qu'on vit c'est vraiment le sentiment que la société le législateur débarrasser de la question de savoir si l'équation globale qui était posée au monde agricole était soluble et en fait la société la société se débarrasse d'un caprice c'est-à-dire voilà elle veut manger de la qualité à pas cher et en fait elle laisse le monde agricole se débrouiller à résoudre cette ce caprice là qui est insoluble et donc effectivement ni nous producteurs alternatifs ni nos collègues producteurs industriels sont en capacité de répondre à à à cette injonction [Applaudissements] il est super concernant nos collègues producteurs moi une notion que j'aimerais introduire ou en réintroduire en tout cas dans dans l'imaginaire de la gauche euh que Bernard Lambert en fait avait avait introduit et et fortement comment dire porté et que je trouve on a on a disparu dans notre dans notre lecture dans notre dans notre logiciel de lecture du monde agricole en fait c'est le stat de la majorité des exploitants agricoles des producteurs en fait on leur a inventé une histoire un gros mensonge quand on a on va dire libéralisé et puis et puis on a transformé le métier de Paysan vers le métier on va dire d'exploitant agricole c'est l'idée qu'ils étaient des chefs d'entreprise c'est-à-dire que ils seraient à la à la manœuvre dans leurs entreprises et qu' décideraient de leur on va dire de la destinée de leurs entreprises comme un chef d'entreprise de n'importe quel autre secteur de de l'économie pourrait faire en fait pour moi un chef d'entreprise il décide de ses prix il décide de son volume de production et il gère ses charges en fait aujourd'hui quand on prend la plupart des filières et la plupart de la réalité de travail de de de de nos collègues agriculteurs ils maîtrisent pas leur prix qui est fixé par un marché libéral ou par des coopératives ils reçoivent des payes de lait nos collègues producteurs de lait dans l'Ouest reçoivent une paye de lait il le nomment comme ça c'est une paye de lait deuxièmement ils maîtrisent pas leur volum volume parce qu'historiquement c'était les volumes étent encadrés et aujourd'hui ils ont des références c'est extrêmement compliqué de modifier son volume quand on est voilà et en fait la seule chose qui maîtrise globalement c'est le levier de de des charges de la maîtrise de leur de leur coût de production en fait quand on observe ça mais moi je dis mais en fait c'est ce que c'est ce que uber a inventé il y a quelques années ou en tout cas la société s scandalisé en voyant l'apparition voilà de l'ubérisation dans plein de secteurs de l'économie maisi je me suis dit c'est pas possible en fait dans l'agricole ça fait 45 ans que que ça existeubérisation c'est qu'on est proiéire de production par contre on maîtrise ni son volume ni ses charges on a un client on a un seul fournisseur et on appelle ça un chef d'entreprise en fait en disant ça moi ce sur quoi j'insiste c'est l'idée que effectivement il faut qu'on reconsidère le monde agricole aujourd'hui globalement comme des prolétaires au service d'un système productif et que les agriculteurs ne sont pas responsables du modèle cole qui est en place et en fait pour ça ce que je veux dire c'est que notre projet de gauche il doit être rassurant pour eux on doit les on doit les les les emmener avec nous dans un projet en leur disant on va avec vous re réfléchir cette fameuse équation globale et s'assurer que ce qu'on va vous demander sera faisable et ce que je veux dire par là c'est que moi le monde agricole que je fréquente dans l'Ouest si demain on lui dit on va vous payer pour faire de la qualité pour sortir de la agriculture chimique en fait ils le feront ils le feront et quand on regarde ce qui s'est passé pendant la pâqu dans les années 60 et 70 c'est exactement ça on est passé en une petite dizaine d'années d'une agriculture qui était quasiment médiévale à une agriculture productiviste quand je dis qu'elle était quasiment médiévale c'est que moi les fermes dans mon territoire dans les années 50 c'était 15 hectares h vaches quelques cochons un verger et en moins de 10 15 ans c'est devenu des exp des exploit spécialisé qui fournissait du minerai pour l'industrie et en fait ça cette transition là je pense que le monde agricole est totalement capable de la refaire à condition que le politique se réapproprie fondamentalement l'ensemble des paramètres de production et qu'en fait on accompagne le monde agricole dans une vraie transition avec des mesures qui soient ambitieuses et et courageuses et pour finir moi je crois sincèrement dans la possibilité de réforme radicale du monde agricole et je trouve que la pâac en ça est extrêmement inspirante ce qui s'est passé à ce moment-là c'était réellement une réforme agraire ou la société dans son ensemble c'est poser la question de qu'est-ce qu'on veut pour notre agriculture à l'époque la réponse c'était on veut de la quantité on veut une alimentation accessible et en fait on a mis des mesures qui étaient courageuses qui étaient extrêmement forte pour arriver à ces fin là et en fait après effectivement le libéralisme est arrivé on a voulu déréguler libéraliser l'agriculture et aujourd'hui on a une agriculture qui un espèce d'hybride entre voilà cet héritage de la PAC qui était une agriculture programmé et organisé et puis on va dire un truc de de libéralisation mais la PAC pour moi est inspirante dans cette mesure là où pour moi ça a été un outil extrêmement fort et que j'ai la certitude que le contexte a pas tant changé que ça et qu'on on serait demain en capacité d'organiser des des des réformes qui soient qui soient radicales pour modifier et que le monde AG contrairement à une idée qui est souvent répandue comme quoi il serait conservateur et extrêmement inertique je pense que le monde agricole est vraiment un secteur qui peut évoluer très vite et en fait on l'a vu dans notre histoire récente pour moi une une une programmation en tout cas des éléments programmatiques indispensables demain dans une politique de gauche à viser on va dire réformatrice pour une agriculture qualitative doit penser à plusieurs choses la question du renement des générations effectivement est centrale parce qu'on va avoir besoin comme je disais de millions de personnes pourevenenir travailler avec nous dans les champs et aujourd'hui quand on doit devenir paysan qu on veut devenir paysan on a deux choses à faire il faut d'abord convaincre un propriétaire de nous donner ces terres ou en tout cas de nous mettre à disposition C terres en les vendant ou en les louant et ça il faut s'imaginer que c'est un frein majeur c'est-à-dire que on a un projet alternatif aujourd'hui et ben en fait il faut aller convaincre quelqu'un qui est héritier d'une terre ou qui l'a exploité pendant un certain nombre d'années que notre projet il est viable et il est il est il est intéressant pour pour voir devenir agriculteur et en fait ça c'est c'est complètement dingue çadire que aujourd'hui il y a une il y a un pouvoir qui est donné aux propriétaires et aux exploitants en place qui est énorme sur le choix de qui a accès au foncier donc je pense qu'il y a une il y a une nécessité énorme à se réapproprier publiquement en fait la gestion de l'outil productif majeur qui est les TER qui sont les terres agricoles et un trin lié à ça il y a la question des finances en fait une ferme comme la mienne par exemple aujourd'hui c'est quasiment 2 million d'euros de capitaux immobilier fonciers productifs qui sont immobilisés et en fait aujourd'hui c'est exactement la même chose que pour les propriétaires il fallait convaincre une banque que notre projet il est viable et qu'il est intéressant on va dire pour la société alors qu'une banque en fait tout le monde le sait ils en ont rien à faire de de l'utilité publique d'un d'unununun d'un projet agricole une banque ce qui l'intéresse bah c'est la rentabilité c'est c'est c'est le profit voilà la question de du coup du du du financement de l'agriculture est une question majeure qu'il faut qu'on repense et pour finir euh deux choses qui qui constituent pour moi ce que j'appelle l'équation technicoéconomique et réglementaire c'est la question des normes et en fait effectivement je pense que c'est un impensé de la gauche agricole aujourd'hui à gauche on est pour les normes parce qu'on est pour les règles et on souhaite que voilà l'agriculture elle respecte un certain nombre de de de de de de conformation que la la la société va demander à l'agriculture et en fait quand on écoute les mobilisations agricoles la question des normes elle revient tout le temps comme un un comme un un malaise majeur et nous à gauche on narrive pas à répondre à ça parce qu'on est pour les normes en fait moi ce que je peux témoigner en tant que paysans de gauche et chefs d'entreprise c'est qu'effectivement aujourd'hui le corpus normatif qu'on me demande de respecter il est ins soluble il est insoutenable parce qu'en fait trop complexe trop diversifié trop exigeant par rapport à mémoire moyen humain intellectuel et financier pour pouvoir respecter tout ça donc ça il va falloir aussi qu'on qu'on se réapproprie vraiment la question de savoir est-ce que l'ensemble des normes qu'on pose l'agriculture c'est applicable voilà et effectivement la question du revenu qui est majeur c'està-dire que bah faire ce métier pour des revenus de misère globalement c'est c'est pas possible et effectivement alors cet après-midi conférence sur la sécurité sociale de l'alimentation moi c'est quelque chose qui m'inspire énormément parce qu'effectivement c'est l'articulation entre rendre accessible l'alimentation s'assurer de du revenu des agriculteurs et et ça on fera on pourra pas réformer le monde agricole sans le soustraire à la au marchés libéral qui en fait vise au pas cher et nous contraindra à à tricher c'està-dire à toujours aller vers le moins cher le moins qualitatif voilà merci beaucoup Benjamin alors il y a on a une 25 minutes à peu près euh voilà et Karine va va vous passer le micro et on essaie de respecter une parité pour que autant d'hommes et de femmes s'expriment merci merci à tous les trois pour vos exposés vos analyses juste une une question ou plutôt pouvez-vous nous éclairer un peu sur le rôle sur l'impact Benjamin en a parlé un petit peu des des banques et en particulier du Crédit Agricole avec ses acointances supposées ou réelles avec la FNSEA avec l'agrusiness et cetera j'en prends trouis euh bonjour à tous donc déjà merci à vous trois pour votre interention et votre travail au quotidien j'avais une question parce que du coup moi je milite avec mon ga dans la bosse dans le Loir etcher où il y a une partie de la bosse et du coup c'est très sééaler il y a des territoires immenses en fait d'hectares qui sont exploités et par exemple quand on parlait du prix pranché à des agriculteurs ou des personnes proches de des agriculteurs ils avaient tendance à nous dire bah déjà ça va être compliqué parce que ça va créer beaucoup d'offres et en enfin pardon ça va créer beaucoup d'offres oui et il y aura pas forcément la demande qui va suivre et du coup ça va juste potentiellement détruire des produits qui vont être générés donc notamment du céréal et cetera et comme tu le disais tout à l'heure excuse-moi je crois c'est Benjamin ton prénom finalement toi tes produits il sont assez chers par rapport à ton respect de coût de qualité et cetera donc ça peut aussi augmenter le prix prix de de vente même si finalement j'ai vu que dans le projet de loi il y a des coefficients qui sont appliqués entre la grande distribution et la production mais il y a pas cette notion de sécurité sociale qui finalement est la solution qui permet un peu de de corriger tout ça donc comment en fait répondre un peu à toutes ces critiques de prix plancher et j'ai aussi une autre critique qui qui qui vient souvent c'est de dire qu'il y aura des inégalités entre les revenus des agriculteurs et agricultrices en fonction bah des machines que l'on a donc du coût de production qu'on peut avoir et donc en fait il aura des disparités d'aide par rapport au prix plancher c'està-dire comment on arrive à à fixer un prix plancher qui soit équitable pour tout le monde pour tous les producteurs je sais pas si c'est assez clair voilà c'est un peu comment répondre à tous ces éléments là même si je pense que la sécurité sociale alimentaire peut aider beaucoup et que bah aussi le changement de système et donc finalement avoir beaucoup plus d'élus insoumis et de voter plus pour nous ça peut aider plus à la fin des fins voilà merci à vous en tout cas oui euh moi ce serait plutôt pour parler du cadre de l'OM l'OMC l'OMC parce que en fait 15 % des matières premières sont dédiés à l'exportation et en fait le l'OMS l'OMC et c'est eux qui fixent de par ces 15 % c'est eux qui fixent le prix de toutes les matières premières euh même les 85 % autres et donc en fait c'est un peu délirant de se dire que 15 % qui sont dédiés à l'exportation et ben en fait fixe le prix de toutes de toutes les autres matières premières euh y compris en interne du pays ou de l'ce qu'on a ou cherch une femme on Fa euh bonjour Alors moi j'ai on a créé un tierslieu agroécologique en fait j'ai trois questions par rapport à l'installation justement on a créé un tierslieu agroécologique dans le nord du MEN etloire dans lequel justement on permet à des camarades qui sont ouvriers agricoles parce qu'en fait on a beaucoup parlé d'exploitants mais on n pas parlé des saisonniers des ouvriers agricole qui en fait à mon avis sont le vivier peut-être pour les installations du futur et du coup ça pose quand même pas pas mal de questions et en fait sur du coup la formation en fait la syndicalisation des ouvriers agricoles et des saisonniers qui c'est peut-être une question pour l'histoire et du coup plus largement la question de la place des nomades en fait dans l'agriculture parce qu'en fait on est dans le manelloir donc on a beaucoup d'intensité de main d'œuvre chez nous il y a l'harticulture il y a l'arboriculture il y a la viticulture et en fait il y a de plus en plus de problèmes de logement c'est très difficile de s'installer et en fait plus largement la question des nomades dans le monde agricole avec le racisme que subissent les communautés du du voyage et la difficulté qu'on a à loger en caravane en camion et cetera pour moi c'est des questions sérieuses et qui posent aussi la question de la formation des ouvriers agricoles vers le sur le chemin de l'installation et donc bah pour poursuivre là-dessus donc sur les politiques de financement mais aussi enfin j'ai on a identifié justement on a beaucoup de camarades que nous on on paye 30 € chez nous pour pouvoir loger et avoir un bout de terrain pour commencer à s'installer acheter des premières bêtes cultiver tenté des des cultures et euh du coup on a identifié vraiment le problème du logement comme le problème fondamental pour l'installation parceque souvent ça implique l'achat des des des maisons de ferme et du coup ça ça coûte beaucoup trop cher par rapport au revenus Agricol et donc justement quelle position on peut avoir par rapport à l'habitat léger euh comme possibilité pour s'installer sur les fermes et en même temps tout en évitant le mitage enfin voilà c'est un peu un paradoxe qu'il a là mais qui a mon avis ça peut être une réponse pour l'installation des jeunes de pouvoir permettre l'installation en habitat léger et donc de faire évoluer la législation par rapport à ça merci bonjour à tous voilà je voulais avoir votre avis sur le rôle des safair dans l'installation des agriculteurs j'ai appris que dans le morbillan justement une de vos collères marcher bio avait de sérieux problèmes avec la la ferme qu'elle avait acheté au auprès de la Safire voilà c'est Madame nan je crois je sais pas si vous la connaissez oui Delphine non voilà et je voulais avoir votre avis là-dessus parce que ça pourrait être un instrument peut-être de régulation pour favoriser aussi l'installation des jeunes agriculteurs merci merci on va on va faire une première un premier temps de réponse et puis après on reprendra des questions et Benjamin [Musique] Jean-Philippe alors mais c'est riche il y a plein de plein de sujets moi je peux prendre quelques en tout cas donner quelques éléments sur sur des choses qui ont été évoquées là euh la question des en fait des acteurs parce que là il y a un certain nombre d'acteurs qui ressort la Safire Crédit Agricole quel jeu quel rôle il joue et quel alors euh moi mon exemple en tout cas mon mon mon mon parcours à l'installation il est intéressant là-dessus on a été installé par la Saffire donc c'est la safè qui a en fait joué le jeu de joué le rôle de d'agence immobilière nous sur la ferme qu'on a pris et on peut témoigner qu'ils ont été extrêmement compétent extrêmement honnête extrêmement favorisant et et et très très professionnel sur l'ensemble de ce qu'ils ont pu faire pour notre installation ce que je peux dire plus globalement c'est que la Saffire c'est effectivement un outil incroyable c'est quasiment une une entrave à la propriété privée historiquement et en fait il faut vraiment voir que dans le monde agricole on a des héritages de l'après-gerre on a le statut du fermage alors ça il faut faut le savoir le statut du fermage il a été inventé aprèsg guerre pour sécuriser les les les agriculteurs qui en fait avant guerre globalement passaient leur temps à acheter des terres dès qu'il pouvaient pour sécuriser leur leur emprise foncière au détriment des investisements productifs on a inventé le statut du fermage pour dire on va vous sécuriser pour que quand vous ayez quand vous avez un bail et ben vous soyez à peu près sûr et que vous puissiez au lieu d'acheter la terre bah acheter des machines des tracteurs qui sont eux des des outils qu'il faut dans tous les cas la safaire c'est pareil c'est un héritage quasiment une entrave à la propriété privée c'està-dire que la Saffire peut intervenir à plein de moments pour on va dire aller à l'encontre du choix d'un propriétaire d'attribuer de louer sa terre à quelqu'un bah la saffè va dire non en fait ce sera un tel voilà c'est un outil effectivement qui est hyper puissant il a été en partie à des moments on va dire capté approprié par le l'agrobusiness et on l'a souvent perçu comme un un outil au service de l'enemi en fait il faut savoir aujourd'hui que c'est pas si simple ça dépend c'est beaucoup une affaire de personne c'est beaucoup une affaire d'histoire locale euh mais que pour moi c'est un outil inspirant euh pour demain de politique on va dire où le le le le le commun la société a la main sur justement la question de la la la répartition de de de de la terre euh voilà donc donc les sa faire oui il y a plein d'exemples de d'installation où elle a été facilitante euh et après bah dans l'histoire effectivement on a aussi plein d'exemples où bah oui il y avait des des des techniciens saffair verreux avec des tousbles des choses comme ça forcément c'est un grand pouvoir l'attribution de la terre donc c'est forcément une euh voilà mais c'est c'est pas un outil qui est qui est simple on pourrait pas le réduire un outil au service de de l'agrobusiness la question du Crédit Agricole euh le Crédit Agricole effectivement est l'acteur principal de du financement de l'agriculture nous ils nous ont prêté aujourd'hui 1200000 € pour financer notre projet euh pourquoi est-ce qu'ils nous ont prêté à nous alors qu'on est pas du tout au service de l'agrobusiness parce que on est un projet médiatiquement prometteur parce que ils ont pu faire de nous une vitrine euh euh écolo voilà dans ils ont bien vu que quand quand on les a rencontré ils ont bien vu bien compris qu'on allait être il fallait qu'on soit le projet à financer et en fait nous pour la petite histoire on a fait euh on a mis en concurrence plusieurs banques com notre installation et en fait ils ont été en en comprenant la nature de notre projet et euh l'impact local qui pouvait avoir ils ont été extrêmement agressifs entre eux pour avoir notre projet et en fait au début on s'est dit mais le monde a changé euh les banques nous courent après voilà et en fait on est moi j'ai été extrêmement déçu et désarçonné de voir des projets de camarades qui avait des projets beaucoup plus raisonnables que le nôtre parce que notre projet a des dimensions très déraisonnables vu la diversité vu l'ampleur se faire refuser des prêts par le CR agricole parce que effffectivement il y avait c'était beaucoup plus raisonnable les gens demandaient 50 ou 100000 € pour des petites installations et en fait effectivement ça le Crédit Agricole ça l'intéresse pas parce que c'est des petits montants ça fait beaucoup de frais de dossier en fait le Crédit Agricole ent n'est pas un outil de financement d'une agriculture plébiscité par la société avec c'est c'est un outil de de de de profit privé donc en fait aujourd'hui on joue avec comme on peut il est extrêmement comment dire mais c'est le système bancaire dans son ensemble il est il est comment dire au service du capitalisme et il est au service des privilèges et des privilégiés et dont moi je fais partie en tant que nouveau paysan où j'ai eu accès à des prêts à des dans des conditions qui étaient extrêmement intéressantes mais c'est un privilège voilà donc effectivement pour moi les banques c'est pas compliqué sur la question agricole il va falloir les exproprier demain et créer des outils de financement ça va être long j'espère que ma conser bancaire nous regarde voilà il va falloir réinventer la question de du financement des outils de production et sur la question de l'OMC en tout cas il y avait une question moi je peux donner un élément là-dessus effectivement je crois que le blé sur le marché mondial c'est quelques pourcents qui sont qui traversent les frontières il y a quelques pourcent du blé produit dans le monde qui traverse les frontières c'est de l'ordre de 2 3 % et c'est cette ce volume là effectivement qui fixe les prix le prix international et effectivement c'est un truc complètement hallucinant aujourd'hui on est dans un système libéral où effectivement bah c'est ce petit volume là qui va qui va influer sur le prix national en Europe aujourd'hui on a quand même un drôle de système où effectivement on est héritier d'un système qui était extrêmement protectionniste qui était celui de la PAC on a voulu libéraliser sans vraiment mettre en danger notre agriculture parce que ben nous on fait pas face en fait on n pas compétitif sur le marché international donc aujourd'hui effectivement ce qu'il faut voir c'est que on a des prix qui sont connectés au marché international on a la PAC qui continue de financer globalement les salaires du monde agricole sous alors on a changé l'excuse avant on finançer la production aujourd'hui la PAC elle finance les services environnementaux rendus par l'agriculture à la société cé mais en fait on va pas se cacher c'est du protectionnisme déguisé en service en paiement vert euh à un moment donné moi je suis vraiment pour qu'on réassume ce protectionnisme là et que en fait comme les américains font les Américains sont extrêmement protectionistes sur leur marché alimentaire sur le marché agricole et et réassumer un un système où effectivement ben on protège voilà on fait le choix nous en Europe de la qualité en France de la qualité et ben en fait on se protège du marché international c'est une revendication d'une grande partie du monde agricole et ça à gauche c'est quelque chose qu'on peut facilement auquel on peut facilement répondre sans on va dire voilà rompre avec ns à droite quand ils disent on va protéger les les les les les producteurs des importations déloyales ils ont beau jeu de dire ça en étant libéraux nous on va dire le protectionisme c'est quelque chose qui fait partie de notre ADN je pense qu'il faut pas il faut plus en avoir peur créit agricole je voulais la question sur le Crédit Agricole je voulais rebondir là juste un petit mot parce que finalement il nous montre bien sa ce que tu dis montre bien sa double nature et et ce qui explique qu'en fait bon en ayant étudié les mobilisation paysane il y a très peu de mobilisation paysane contre le Crédit Agricole hein très très peu hein moi bon il y a eu ce qu'on appelait la guerre du vin entre 70 76 dans le langdoc j'ai sou il y a plein de choses qui ont sauté l'explosif était fréquemment utilisé hein les les euh de de comment s'appelle les bureaux de la répression des fraudes les les négociants les camions de vin italiens bon et cetera mais alors le Crédit Agricole je crois qu'il y a eu une les arbres qui tombaient bon enfin je crois qu'il y a eu les préfectures bon il y a eu une fois les gardes SNCF les trucs des impôts le Crédit Agricole une fois je crois une succursale et j'ai souvenir dans le courant paysan travailleurs c'était dans le 44 donc en en Loire Atlantique une grève de la fin faite par un militant historique qui était un copain de un peu plus jeune de de Bernard Lambert qui a fait une grève de la fin parce qu'il était en dté et cetera et donc il y a une mobilisation de toute l'équipe paysan travailleur qui donc je reprends c'était les ancêtres de la Confédération paysane mais c'est les deux seules actions dont j'ai souvenir alors j'ai peut-être oublié d'autres peut-être pour répondre la question sur les prix planchers nous ce qu'on dit c'est que bon déjà effectivement il y a il y a la notion de de de coefficient multiplicateur qui fait que si les prix le prix plancher comment si les marges euh augmente bah le prix plancher augmente aussi et puis on dit que le prix plancher il sera pensé par filière et par territoire parce qu'on voit bien que selon les territoires il peut y avoir des des réalités différentes et puis surtout le prix plancher ne peut pas être un outil comme ça tout seul euh ça veut ça veut dire que à côté il faut en finir avec les accords de libre échange que il faut qu' aussi que les salaires augmentent parce qu'on voit bien que le budget tu en a parlé un peu tout à l'heure mais le budget des ménages c'est complètement inversé aujourd'hui en fait avant on mettait plus d'argent dans l'alimentation et aujourd'hui ça s'est complètement inversé on va plus mettre de l'argent sur le logement sur bah les charges qui ont explosé l'électricité et cetera et donc en fait parce parce que c'est ce qui est le plus difficile à ronier c'est sur ça que c'est plus difficile à ronier alors que l'alimentation bah en fait on peut on a on a le choix d'une alimentation plus plus cherche de qualité et Cera ou alors un peu moins cher mais de moins bonne qualité donc donc c'est pour ça que dans le budget des ménag ça c'est pas mal inversé donc c'est pour dire que le prix plancher il il va pas il va c'est pas un outil qui va tout qui qui fonctionnera s'il est tout seul quoi si à côté on acccompagne pas avec d'autres d'autres mesure je vais il nous reste un peu de temps peut-être laisser d'on pas moi je peux donner aussi quelques élés alors effectivement moi je peux parler en tant qu'employeur parce que c'est mon statut aujourd'hui on a une ferme qui qui qui qui a du coup salariés en CD il y a plein temps un truc que je peux témoigner c'est anecdote enfin c'est une anecdote moi j'ai des cochons pour avoir des cochons j'ai besoin d'un diplôme agricole j'ai besoin de plusieurs formations obligatoires sur la biosécurité sur le bien-être sur comment dire sur la contention le transport des choses comme ça je suis employeur de 6 personnes ça j'ai eu besoin de 20 minutes sur le site internet de la MSA pour devenir employeur euh et ça y est je pouvais signer des CDI enfin il fallait que j' entreprise agricole en tout cas ce que je veux dire c'est que effectivement il y a un impensé absolu aujourd'hui dans le monde agricole mais je pense que c'est général he sur la formation des employeurs et donc moi ce que je enfin mon père était était syndicaliste à plein temps il travaille au siège national de la CFDT donc j'ai reçu on va dire un un héritage familial très très fort sur ces sur ces exigences là à la ferme on a on a cette cette attention là et c'est c'est un sujet permanent mais ce que je constate euh moi dans mon réseau d'agriculture paysane euh c'est que les employeurs ne sont ni formés ils ne connaissent pas le code de le code du travail et que effectivement on on part de très d'extrêmement loin et que même dans la gauche paysane en fait on constate des pratiques d'employeur qui sont absolument désastreus des des voilà des des des CDD qui sont renouvelés mais parfois à l'infini avec des conditions d'hébergement qui sont scandaleuses des enfin il y a on a un travail énorme à faire làd dessus euh dans dans le monde agricole en général et dans la gauche paysane en particulier parce que bah c'est çaêre no valeur et en fait on est défaillant très très fortement là-dessus je peux vraiment témoigner donc voilà moi par exemple je serai pour en fait voilà mettre en place des formations obligatoires euh moi je suis allé en formation employeur ce qu'on a commencé par me dire c'est les salariés ne connaissent pas le droit du travail vous pouvez y aller le truc important c'est qu'il a un salaire à la fin du mois en dehors de ça il y a il y a plein de choses qui sont possibles ils verront pas on a commencé à me donner toutes les failles du Code du travail pour réussir à leur couper toutes les petites primes auquelles ils ont droit voilà c'était ça la formation employeur c'est c'est et ça c'était un un centre de c'est le centre de gestion le plus répandu dans le monde agricole et juste rapidement tu as parlé d'habitat léger la question de l'habitat paysan est une question centrale dans l'accessibilité du métier en fait on est énormément à s'installer et en fait à se retrouver sans logement parce que les cédentss de la ferme sont restés dans le logement parce que on prend des fermes qui ont pas de logement parce qu'on est dans des secteurs où il y a une pression sur le logement qui est énorme et en fait l'habitat léger moi c'est pas compliqué autour de moi il y a une majorité de personnes qui s'installent qui dans les premières années après l'installation habitent des habitats qui sont illégaux et en fait nous aujourd'hui c'est sur c'est le cas sur la ferme au bout de 6 ans on commence à avoir le temps et les moyens de se construire ou de rénover des logements à proximité Lego mais effectivement aujourd'hui on subit une situation où notre seule option c'est l'habitat léger qui globalement n'a pas de de d'application légale alors que aujourd'hui effectivement la viabilité de nos systèmes repose sur un mode d'habitat qui n'est pas légal et donc ça je pense que sur le plan législatif ce sera c'est un combat à mener et il y a extrêmement il y a une très grande réceptibilité du monde politique là-dessus moi j'ai le préfet de la région Bretagne qui a visité la ferme qui est passé devant les T lesé mobilhome à qui on a expliqué la situation voilà ben en fait on s'installe on a pas de sous on a pas de temps on va pas ni louer un logement à 650 € dans le Bours à 6 km ni rénover une longeère en ruine ni construire une maison neuve dans la même dans le même temps qu'on monte une ferme c'est impossible c'est une équation familiale impossible bah ça Solle souvent par des drames et il a dit il a dit il faut qu'on travaille là-dessus moi je lui ai montré maour je lui ai dit bah voilà moi il y a pas de fondation il m'a dit ça c'est des élément clé alors que c'est un type de droite tout à fait mais la question du logement aujourd'hui tous les élus sont interpellés dessus euh donc je pense qu'il y a une il y a un terrain sur lequel on pourra avancer je confirme tous les élus sontl sont sollicités là-dessus et juste peut-être pour compléter sur les ouvriers agricoles euh moi je me suis dit qu'est-ce que je vais dire parce que en fait en tant qu'ouvrierre agricole euh bah en fait c'est j'ai pas vécu la même chose que certains parce que moi je travaillais sur la ferme familiale donc du coup le le lien avec mon patron bah c'est mon père et ma mère mère enfin d'ailleurs c'est ma mère c'est ma mère qui est chef qui est chef d'exploitation mais donc mais c'est différent mais par contre pour avoir eu des témoignages ou alors ou en tout cas pour avoir fait du service de remplacement par exemple et ben dans dans les fermes ben je peux comprendre aussi pourquoi est-ce que parce que nous on est pour soutenir le service de remplacement pour permettre aux paysans paysannes aux agriculteurs de prendre des congé et tout ça sauf que derrière il faut quand même des gens à venir bosser au service de remplacement et ça c'est c'est et en fait c'est c'est pas simple à trouver pourquoi parce que quand on fait du service de remplacement on fait une traite avec le enfin moi en tout cas c'est ça que j'avais fait une traite deux traites avec le l'agriculteur et puis après à nous de jouer quoi donc en fait y a y a des choses parfois pas pas très rassurantes et puis il y a des exemples aussi de de jeunes qui sont motivés qui veulent faire leur apprentissage dans dans des fermes laitières par exemple mais sauf que bah il trouve pas de structure de de de ferme qui les acceptent en en apprentissage parce que parce que le le le euh bah les paysans sont pas forcément formés soit à prendre des apprentis que ils sont pas le temps ils ont pas le temps parce qu'ils sont engagés ici et là enfin voilà mais c'est vrai qu'il y a des vraies questions sur comment est-ce que euh on donne aussi envie à des à des gens qui ont pas forcément envie de s'installer en agriculture mais d'y travailler de pouvoir y rester je pense aussi à des exemples je vois il y a mon frère qui est là et qui a pas mal bossé en en tant que conducteur d'engin pour faire les moissons euh ben il pourrait en témoigner mais en fait il fait il a fait une saison et après il s'est arrêté parce que parce que il y a il y a un milieu aussi qui est très euh enfin il y avait qui est qui est pas bienveillant quoi enfin en tout cas dans l'expérience qui du coup il y a des fois ça ça peut aussi freiner à l'envie de travailler en en en agriculture voilà un peu les c'est plutôt des exemples que j'avais à donner euh bon allez on s'autorise encore quelques minutes merci puis merci pour toutes les interventions euh moi bon du coup j'avais plusieurs questions je vais me concentrer peut-être sur une j'ai loupé le début de de ton intervention Mathilde donc peut-être tu en a parlé mais c'est comment aussi dans tout dans tout le travail sur le le nombre de paysans qui s'installe et comment on a plutôt comment on met l'accent sur des installations riches en UTA en UTH pardon en unité de travail humain c'est l'aspect pas de pays sans paysan et euh comment euh au-delà d'avoir la production des paysans et c'est c'est des gens qui font maintenir des services publics qui peuplent les campagnes qui font vivre les campagnes qui s'investissent dans dans dans la vie des campagnes et et comment ça ça fait partie au-delà de du du monde agricole mais du monde rural et et de ce tissage aussi qui peut se faire en rural et là-dessus pour le coup aussi on na pas trop moi je trouve à à la France insoumise de de politique sur le rural quoi et sur le développement rural et euh moi c'est une des une des grosses interrogations que j'ai euh hier du coup à l'air du peuple il parlait beaucoup de la politique des réseaux mais l'alimentation euh du coup il est pas perçu comme un réseau quoi euh alors que c'est quand même le réseau qui relie tout le monde parce que tout le monde bouffe quoi et euh et du coup ce réseau il est juste pas situé au même endroit mais il y a énormément de réseau avec l'alimentation et en plus avec les filières et euh donc comment on arrive à se dire que c'est un enjeu euh à la fois l'agriculture mais tout ce qui va avec quoi euh de la même manière que dans la dans la conférence sur la planification écologique on voit bien aussi euh la place de l'agriculture là-dessus et aussi parce que c'est un des milieux les plus planifié euh aussi en France aujourd'hui c'est c'est le monde agricole et voilà comment il y a ce il y a cette investissement et cette volonté est-ce qu'il y a vraiment des fois je me pose la question une volonté de LFI de de s'implanter en rural quoi nous nous on galère vraiment à avoir des soutiens là-dessus oui moi j'ai une question un peu plus technique il y a un certain nombre de d'exploiteurs agricole ou d'agriculteurs comme on veut qui et d'agricultrices qui ont un second emploi pour arriver à vivre à peu près des Saban j'aurais voulu savoir à peu près si vous avez une idée de la proportion qu'il représente et la deuxième chose qui est liée c'est que apparemment quand ils ont un deè emploi elles n'ont pas droit de voter aux élections euh pour le représentation est-ce vrai et donc quelle est si c'est vrai quelle a vraiment la représentation réelle de ces syndicats bonjour merci pour vos explications et la conférence moi j'aurais voulu avoir votre avis sur la nécessaire reconstruction un petit peu pour en lien avec ce qu'a dit Monsieur avant la reconstruction des réseaux à à l'image un petit peu des mines qui existent euh euh précédemment et qui était acheminé par le ferroviaire jusque au au aux villes euh qui qui offrait des débouchés aux agriculteurs parce que euh aujourd'hui il y a beaucoup de c'est en en résonance en fait à une discussion sur un marché avec mon fleuriste qui me disait on produit pas de tulipe en France parce que en fait on n pas le débouché et que précédemment donc il avait 50 il a 50 ans il avait 14 ans quand il a démarré son apprentissage et là où il a démarré son apprentissage ben il y avait justement l'agriculteur produisait des tulipes pour les acheminer jusqu'à Lyon parce que c'est dans la vallée du Ron euh parce qu'il y avait un mine à Lyon et aujourd'hui tous ces mines ont été préemptés par des pour pour construire des logement et auprès de de promoteurs immobiliers et euh et voilà à l'OBE des des réseaux effectivement ça me et et et comme la majorité de la population une grosse partie de la population habite en ville euh voilà je me je m'interrogeais sur le troème pilier vous avez parlé de la sécurité sociale alimentaire vous avez parlé de la réforme agraire qui était nécessaire et ça me semble être un troisème pilier qui est qui est important à mettre en place moi la question va s'adresser plutôt à Mathilde quand on voit les liens entre la FN sea les jeunes agriculteurs et le groupe avril est-ce qu'il serait pas sain de pour la législation pour le législateur par exemple de d'éviter les Arnaud Rousseau qui quand même est président de avril finance alors pour donner un le le niveau de connivance sur Paris si vous pour ceux qui connaissent Paris les jeunes agriculteurs sont rue de la boie le groupe la FNSA et R de la Baum et le le groupe avril présidé par Arnaud Rousseau alors jeunes agriculteur c'est ARN cillot qui est en cheville avec le groupe SODIAL est-ce qu'il serait pas sain et a il y a à peine 800 m entre les trois institutions et un peu plus d'un kmère avec le ministère de l'Agriculture est-ce qu'il serait pas ça que le législateur s'occupe de ce problème parce que on peut pas considérer Arnaud Rousseau qui vient de qui a un financier au départ et qui a quand même 700 hactares de terre dans l'abri il me semble est-ce qu'il serait pas bon que législateur s'occupe de ce des conflits d'intérêts que pourra avoir les têtes syndicales avec le monde de la finance et puis la deuxième chose c'est qu'on a parlé des loyers de l'accessibilité on constate en fait que beaucoup de gens on peut sauter un repas pas un loyer pas une note d'électricité et ça aussi il faudrait que l'agriculteur enfin faudrait que les députés euh puissent au moins légiférer là-dessus quoi oui euh moi je suis éleveur de vach latièr euh je rebondis sur un peu le tout ce qui a été dit aussi sur les salariés mais je pense il y a un truc qui nous pénalise c'est les la destruction du statut de saisonnier parce qu'en fait avant ils étaient mieux protégés plus la destruction de l'assurance chômage ça va faire que tous les saisonniers qui travaillent au comptegoutte dans les vignes et dans les fruits ils ont plus les ils vont plus avoir les mêmes indemnités pour se retourner entre deux saisons et donc ça en fait c'est pas un problème de l'agriculture interne à l'agriculture mais c'est un problème des stations de ski de l'agriculture du service restauration et en fait ça veut dire que un gouvernement du NFP demain il doit prendre un décret pour rebâtir ce ce ce rôle du saisonnier sachant que le gral ultime ça serait un intermittent mais de l'agriculture et pas de la culture quoi et et sur le je continue parce que je pense que l'accès au monde agricole il se fait par le travail salarié il se fait pas par enfin il est obligé de se faire comme ça puisqueil y a plus assez de fils de paysan pour devenir paysan et et je pense que sur ce que tu as dit sur comment on peut améliorer les la situation moi je vois je vois deux choses c'est que d'un côté on a les les députés qui vont pouvoir faire des lois pour faire améliorer des choses c'est-à-dire un SMIC un peu plus haut des choses comme ça et de l'autre côté nous nous les paysans notre responsabilité c'est de réfléchir en collectif et dans le département du rô moi je suis pas de là-bas mais j'ai visité j'ai visité des gens qui transforment des fruits et eux ils ont choisi de d'employer des gens à pleinttemps et ils transforment des fruits ensuite ils mettent en carton ensuite ils vont tailler ensuite ils passent l'hiver ils expédient ensuite ils reviennent ils retaillent ensuite ils récoltent et puis s'il y a besoin de machin pour aller faire des cartons il va faire des cartons puis s'il faut aller dépanner bidule il va dépanner bidule et en fait on est sur la polyvalence et et je pense que il faut qu'on soit dans une société de polyvalence et moi demain si je trouve quelqu'un pour me remplacer sur ma ferme pour traire bah si trait mais que l'autre moitié du temps il distribue des plis à la poste et bah c'est pas grave enfin en fait il faut qu'on sorte juste de monométier par contre nous paysans notre rôle c'est pas d'être des super Warriors sur notre ferme c'est que le mec qui vient ou la fille qui vient nous remplacer ça soit facile en 2 heur de nous remplacer et de lui expliquer et ça c'est un c'est un lourd travail qui ose sur nous et et ce que moi j'attends par exemple d'une discussion politique aussi c'est pas d'exiger de l'État quelque chose c'est aussi nous en autogestion comment on on répond à nos questions à nos problèmes parce que de toute façon si on attend tout de l'État on aura aucune réponse c'est moi qui micro et ben merci pour toutes ces questions euh sur la rur juste ouais sur juste je rebondis sur les les salariés et en fait ça me fait penser quand même je sais pas si vous avez vu mais au début de l'été ils ont fait passer un décret pour supprimer les jours de repos des alors au début on pensait que c'était que les vendangeurs mais en fait quand on regarde le décret c'est les salariés agricoles qui travaillent sur des ferme euh où il y a des produits AOP ou ce genre de chos et donc en fait ça touche aussi par exemple les salariés euh qui travaille dans l'échalotte en Bretagne parce qu'on est il y a une appellation sur les échalotes bon bref voilà donc ils ont fait passer ça mais bon c'est de la gestion courante euh euh sur la ruralité ouais benah en fait on a un gros un un un chantier qui est qui est qui est qui est ouvert qu'on a commencé depuis 2 ans notamment avec pas mal de collègues nous à l'Assemblée on a fait un groupe on a sorti un contreplan ruralité donc qui était en écho au plan ruralité d'Élisabeth borne qui était complètement creux euh donc après on peut faire l'analyse aussi là de des élections des élections législatives où on a perdu beaucoup de de collègues qui ont perdu euh et quand on regarde c'est beaucoup des collègues qui étaient en ruralité donc en fait ça veut qu'on perdu face au RN donc on voit bien que le RN est très implanté en milieu rural donc euh mais en fait c'est aussi à nous de de voir comment ça se fait que que que le RN est aussi fort et si vous regardez euh tout enfin moi pendant la pendant la campagne je suis allée dans un dans une fête dans une fête de village euh j'ai dit bon ben je vais y aller je savais que c'était vraiment le le RN enfin il y avait une personne sur deux qui votait RN quoi et je suis allé et en fait je pense vraiment que c'est ça qu'il faut faire quoi il faut aller dans les fêtes de village parce que là on va bah moi j'ai rencontré des gars du bâtiment qui m'ont dit mais moi je vois terraine depuis que j'ai 18 ans et tout euh bon bref mais on on a pu quand même discuter même si à un moment donné ils étaient quand même fortement imbibés et mais mais je pense que vraiment c'est aussi notre rôle de fairean nous à la France insoumise d'aller dans les fêtes locales d'aller dans de s'investir dans les comités desfêes de son village parce que euh parce que c'est aussi là qu'on enfin c'est là qu'on rencontre les gens qu'on va rencontrer aussi les agric qui sont parce qu'il faut pas croire mais nous enfin je prends l'exemple en Bretagne l'organisation agricole de la Bretagne elle s'est aussi faite parce que les agriculteurs étaient dans les conseils municipaux et ont grimpé se sont retrouvés élus ici et là et et donc ont aussi tissé organiser l'agriculture comme ils avaient envie de le faire parce qu'ils se sont aussi investis politiquement quoi je sais plus il y avit d'autres questions mais sur bah sur les loyers tout ça oui faut qu'on bloque les loyers à la baisse enfin et et sur la bah sur cette fameuse cogestion bien connue depuis des années évidemment que euh que là c'est un gros chantier qui qui est qui est qui est face à nous en fait moi ce que je vois c'est qu'il y a quand même deux il y a il y a une différence entre à la fois ceux qui sont les têtes de réseau à Paris et tout ça et euh les mais mais peut-être Jean-Philippe tu pourrais en parler mieux que moi mais sur le dans le syndicalisme moi j'ai l'impression que les les agriculteurs qui votent FNSEA votent FNSEA plus par héritage enfin par héritage familial parce que ça a toujours été comme ça que que par intérêt ou de dire enfin voilà c'est plus par tradition quoi mais ça peut-être que tu peux développer ets oui oui sur la sur la FNSEA effectivement Arnaud Rousseau c'est une caricature mais par oui certes mais je crois qu'il faut prendre en compte la diversité locale de ce qu'est la ce que sont les les FD comme ils disent hein les FDSEA ce sont aussi des des lieux où parfois on milité leurs parents moi j'ai regardé récemment les la liste des des des présidents de FDSEA de toute la France quasiment en 2023 et j'ai trouvé des noms qui étai c'était les fils euh hein de d'A de gens qui avaient déjà eu des responsabilités dans les années 60 donc il y a ça veut dire il y a et puis bon par des gens que je connais c'est souvent aussi quelqu'un de la famille quoi qui a qui a été à la FDSEA donc il faut il faut pas euh il faut il faut il faut prendre en compte cet aspect ça peut être un voisin ça peut être un copain ça peut être hein c'est c'est il y a tout un réseau d'interconnaissance et donc effectivement Arnaud Rousseau à la limite c'est intéressant pour pour ceux qui sont se reconnaissent dans la gauche paysane parce que c'est une caricature il faut l'utiliser pour pour montrer ce clivage mais les les fdsoa c'est peut-être plus que cela c'est pas seulement de la contrainte et de la répression c'est aussi des des liens d'interconnaissance je pense euh pour comment dire pour juste apporter un petit éclairage là-dessus moi j'ai beaucoup de voisins qui sont adhérant à la FNSEA parce que il faut savoir que la FNSEA c'est aussi un syndicat de service ils ont un service social qui fait les fiches de pay ils ont un service urbanisme qu'il fallait permis de construire ils ont en fait ils ont vraiment développé aussi quelque chose de très global pour les paysans et et ça par exle à la conf on l'a pas globalement et en fait voilà donc c'est c'est effectivement pas qu'un syndicat d'adhésion politique c'est un syndicat de d'héritage d'héritage politique et un syndicat de service c'est important euh moi petit mot sur la question de la ruralité euh moi je suis urbain d'origine j'ai grandi à Rennes j'ai une famille qui est de culture tout à fait urbaine et j'ai découvert la ruralité le monde rural du coup en en en devenant paysan et euh il y a il y a un mot qui un concept que j'ai jamais entendu et qui a un moment donné est venu dans nos discussions euh en fait c'est l'idée de système ruralophobe la ruralophobie c'est un truc qui qui est pas sorti là dans nos dans notre grille dans notre logiciel de gauche sur sur les systèmes d'oppression moi en Deven en devenant rural j'ai eu vraiment le sentiment de devenir victime d'un système euh qui a oppressé les habitants euh des territoires ruraux par exemple j'ai découvert la sémantique ruralophobe on m'a dit ah bouseux en rigolant mais en fait c'est extrêmement c'est extrêmement on m'a dit ah cutterux ah on m'a dit Plou on m'a dit tu habites dans le trou du cul du monde et je me suis dit mais comment on en arrive à une sémantique aussi aussi euh violente mais acquise et rigolote comme on a pu parler voilà des qu'on a pu parler des femmes comme on a pu parler des minorités de genre des minorités sexuelles et en fait euh moi j'ai le sentiments effectivement quand pour l'instant à gauche on n pas mis le doigt totalement sur système oppressif voilà et alors il y a il y a des choses qu'il faut qu'on prenne conscience j'ai pas la j'ai pas la la la statistique exacte l'argent public qui est dépensé pour une personne qui habite en milieu rural et incroyablement inférieur à l'argent public qui est dépensé pour quelqu'un qui habite en ville voilà et moi c'est vrai que ben moi j'ai découvert un territoire qui est en fait qui est sinistré il y a il y a pas de proposition culturelle elle il y a il y a plus de transport nous le le bus il s'arrêtait dans le bourg jusqu'à y a 6 mois il s'arrête maintenant à 6 km du bourg donc les jeunes du bourg chez nous pour aller à Van qui est la ville à côté ils doivent faire 6 km à pied le long du départemental où leurs parents doivent les emmener voilà en fait on a globalement une réalité qui qui s'est qui s'est complètement vidé et qui qui subit le rayonnement des villes moi j'ai bien connu le le comment dire le la baronie du PS à Rennes parce que mon père en faisait partie et en fait les élus locaux à Rennes ils ont un seul mot à la bouche c'est le Ray ement rayonnement rayonnement de la ville rayonnement de la métropole et en fait jamais j'ai j'ai perçu qu' comprenait qu'en fait ce rayonnement il se faisait forcément au détriment des territoires périphériques et où en fait les métropoles elles existent comme des métastases en fait de d'activité et en fait plus finalement on est proche d'une ville moins on arrive à recréer de vie et de voilà et ça je pense que dans nos projets de gauche on va pas pouvoir parler que de l'agriculture sur la question de la ruralité il va falloir qu'on parle vraiment dans la globalité bah des conditions de vie dans dans la ruralité la considération pour pour la culture rurale arrêtez de dire que c'est des cultures de Plou arrêtez de voilà réussir à sortir ça de nos nos habitudes et puis effectivement bah de repenser globalement l'attractivité de de de l'idée de vivre dans le monde rural et ben merci d'avoir tenu 20 minutes de plus et euh et puis à bientôt pour bosser sur les questions alors alors juste à la France insoumise il y a un groupe vous savez il y a des livrets thématiques et il y a un livret agriculture il y a un groupe de travail agriculture donc on va essayer de le relancer parce qu'aujourd'hui il est pas pas très très actif donc on essayera de le relancer donc si ça vous intéresse de le rejoindre n'hésitez pas et puis ben bons enhi à vous toutes et tous
Mathilde Hignet