Jean-Philippe Tanguy : "Le courage de Marine Le Pen force l'admiration !" (France 5)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 8 %Attaque 58 %Défensif 34 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:28OuverteRéponse directe
De quoi a été reconnue coupable Marine Le Pen ce matin ?
- 6:40OuverteRéponse directe
Pourquoi l'inéligibilité n'était-elle pas automatique ?
- 9:22OuverteRéponse directe
Pensez-vous que cette décision va entraîner des troubles de l'ordre public ?
- 9:44OuverteÉludée
Allez-vous appeler les électeurs à manifester ?
- 10:38RelanceRéponse partielle
À quelle erreur judiciaire comparez-vous cette condamnation ?
- 25:27OuverteRéponse directe
Le RN se cherche-t-il un plan B pour 2027 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:42InvitéChiffre
« « 40 contrats fictifs pendant 12 ans, 303 mandatures et 4,4 millions d'euros en violation totale de toutes les règles du Parlement » »
- 3:32InvitéChiffre
« « des salaires de 9 000 euros pour un garde du corps, des primes de fin de contrat pour un garde du corps qui retrouve son contrat après » »
- 3:51InvitéFait
« « des primes de Noël qui sont offertes à la sœur de Marine Le Pen, Yann Le Pen, et à Catherine Grisé, sa directrice de cabinet » »
- 4:31InvitéChiffre
« « plusieurs millions d'euros que vous allez devoir, le Rassemblement national, me régler » »
- 9:02InvitéChiffre
« « une candidate qui est entre 35 et 37% dans les sondages » »
- 22:11InvitéChiffre
« « en 2022, dans le Pas-de-Calais, l'ex-candidate à la présidentielle avait obtenu plus de 67% des voix au second tour face à Emmanuel Macron » »
- 23:13InvitéFait
« « On ne peut pas dissoudre car on perdra Marine à l'Assemblée » »
- 24:04InvitéChiffre
« « Bardella fait des meilleurs scores auprès des jeunes, auprès des cadres supérieurs, auprès des milieux économiques » »
- 27:43Invité politiqueFait
« « Aujourd'hui, ce n'est pas seulement Marine Le Pen qui est injustement condamnée, c'est la démocratie française qui est exécutée » »
- 27:44Invité politiqueFait
« « Aujourd'hui, ce n'est pas seulement Marine Le Pen qui est injustement condamnée, c'est la démocratie française qui est exécutée. » »
- 29:11InvitéFait
« « que les juges avaient droit de vie et de mort sur son mouvement mais qu'elle pensait qu'ils n'iraient pas jusque-là. » »
- 31:32InvitéChiffre
« « Le niveau de confiance des électeurs du RN en la justice est 28% quand ceux du Parti socialiste et de Renaissance approchent les 70%. » »
Temps de parole
- Invité69 %
- Jean-Philippe Tanguy12 %
- Invité 26 %
- Invité 36 %
- Invité 42 %
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Marine Le Pen a bien fait de partir. On ne peut pas accepter l'inacceptable. Donc depuis le début, et je le regrette, puisque Marine Le Pen et tous ceux qui ont assisté au procès ont reconnu qu'elle est venue, qu'elle a assisté à l'ensemble des séances, qu'elle s'est défendue, qu'elle a donné des arguments, mais aucun argument ne serait-ce effleuré. Les juges qui, de toute évidence, avaient décidé, avant d'entendre la défense de Marine Le Pen et des autres, prévenus de ce qu'il fallait rendre contre elle.
D'ailleurs, dans le délibéré, la juge dit que c'est parce que Marine Le Pen est candidate à la future présidentielle qu'il faut la rendre inéligible, parce que sa présence, oui, c'est textuellement ce qui est écrit, sa présence serait un trouble à l'ordre public. Parce que les juges l'estiment coupable dans ce dossier. Mais quel rapport ? Parce qu'à partir du moment où vous faites appel, Madame, vous retrouvez votre présomption d'innocence. Donc Madame Le Pen est privée de son droit à l'appel, et en tout cas, de retrouver son statut de présumé innocence.
Elle exerce son droit à l'appel, M. Tanguy.
Non, puisqu'elle n'est plus présumée innocente, puisque parce qu'elle serait candidate à la présidentielle, donc elle ne peut plus être présumée innocente des faits qui lui sont reprochés.
Elle fait appel de cette décision.
Oui, elle fait appel, mais l'exécution étant provisoire, elle n'est pas présumée innocente sur les faits qui lui sont reprochés. Donc on prive, au nom de l'état de droit, une justiciable comme une hôte, de son droit principal, qui est d'être présumée innocente et d'être candidate.
On vient l'entendre, Marine Le Pen, exiger en tant que candidate à la présidentielle de la République, comme française avant, une sévérité exemplaire à l'égard de ceux qui piquent dans la caisse. Voilà, allant jusqu'à suggérer une inéligibilité à vie. Là, en l'occurrence, le tribunal a été plutôt clément, puisqu'il ne s'agit que de 5 ans d'inéligibilité. On va revenir après sur les mesures d'exécution provisoire.
Je ne sais même pas comment réagir, mais il n'y a, une fois plus, dans ce jugement...
Vous avez entendu comme nous.
Oui, oui, j'ai entendu beaucoup de choses. On a reconnu, le juge a reconnu, ni corruption, ni enrichissement. C'est donc un désaccord politique de poste.
Un enrichissement partisan.
Ni personnel, ni pas. Un enrichissement partisan, ça n'existe pas. C'est un détournement de fonds, c'est un mentement à la probité qui est puni de 10 ans. Un détournement de fonds, c'est une formule qui veut tout et rien dire. Pour faire croire, bien sûr que si, parce que je vois très bien l'offensive qui est faite encore aujourd'hui, pour faire croire que Marine Le Pen, ce serait enrichi, qu'il y aurait eu de la corruption, que... Non, vous avez passé des extraits avec M. Cahuzac, M. Wörth, M. Chirac, tout ça, ce n'était pas un problème de fiche de poste, c'était de l'enrichissement personnel. Non, non. M. Cahuzac, ce n'était pas de l'enrichissement personnel. C'était un...
C'est Cahuzac, oui, Chirac, mais les autres, non, c'est l'enrichissement partisan. Bon, on va rigoler, Jacques Chirac et les frais de bouche de Jacques Chirac, c'était quoi ?
Mais on n'a passé aucun de ces extraits-là depuis le début.
Il n'a pas été condamné pour ça, il a été condamné pour les procès, les permanents fictifs de la ville de Paris. Chirac n'a pas été condamné pour beaucoup de choses, ça, je ne vous le fais pas dire. Enfin, il faisait partie du système, ce qui malheureusement... Enfin, malheureusement, non, moi, c'est plutôt fier de ne pas faire partie du système.
Tristan Bertolot, de quoi a été reconnu Marine Le Pen ce matin ?
Alors, déjà, de détournement de fonds et de complicité de détournement de fonds pour un système organisé, planifié pendant des années, qui a duré avec 40 contrats fictifs pendant 12 ans, 303 mandatures et 4,4 millions d'euros en violation totale de toutes les règles du Parlement qui étaient connues de tous et qu'elle connaissait très bien. Marine Le Pen est avocate de formation, elle est rentrée au... Enfin, pas de Bérou ni de Mélenchon, hein. Donc, connue de tous, surtout dans la moitié du paysage politique français. Oui, mais Mélenchon, il a juste eu un rapport de l'Olaf, pour l'instant, il n'y a pas d'instruction. En tout cas, le modèle a été condamné, en l'occurrence. Il n'y a pas M.
Bérou.
Pas M. Bérou, parce qu'il n'était pas considéré comme le commanditaire.
Marine Le Pen, c'est le chef, mais le parti est le chef de rien. Remarque, ça correspond assez bien à sa situation actuelle. Et donc, dans une durée très longue, Marine Le Pen est entrée au service juridique du Front National. En 1998, elle connaissait exactement très très bien les règles. Elle échange régulièrement avec les trésoriers du parti à l'époque, et Valéron Saint-Just, qui a été également condamné. C'est vrai, la juge, pendant le délibéré, a dit à certains prévenus qu'il n'y avait pas d'enregistrement personnel, mais ça a été évoqué plusieurs fois, notamment par le parquet.
Ce sont des gens qui ont bénéficié de cet argent pour maintenir un niveau de vie très élevé, des salaires de 9 000 euros pour un garde du corps, des primes de fin de contrat pour un garde du corps qui retrouve son contrat après, des gens qui sont assistants parlementaires à 5 000 euros nets pour un mi-temps, des primes de Noël qui sont offertes à la sœur de Marine Le Pen, Yann Le Pen, et à Catherine Grisé, sa directrice de cabinet, parce que ce sont des amis. Oui, il y a de l'enregistrement personnel. Ce sont des salaires du Parlement européen. Ce sont très élevés, malheureusement. Des salaires du Parlement européen, c'est pour remplir une tâche. Et là, ce n'a pas été fait.
D'ailleurs, j'étais très heureux d'entendre, monsieur Cohen, que vous considérez que l'argent du Parlement européen, c'était l'argent des Français. Ça m'a beaucoup intéressé dans votre édito, parce que quand on le dit pour d'autres sujets, ce n'est pas vrai. C'est l'argent des contribuables européens. Alors, Patrick Maisonneuve, je rappelle que vous êtes avocat du Parlement européen, entre les deux plaignants.
Et j'étais représentant du Parlement européen pour demander, est-ce que m'a accordé le tribunal, à ce que vous me dites, vous venez à dire à l'instant, elle n'a pas piqué dans la caisse, en tous les cas, « Je suis là pour vous réclamer ce que m'a accordé le tribunal ce matin, plusieurs millions d'euros que vous allez devoir, le Rassemblement national, me régler, puisqu'il y a aussi l'exécution provisoire. » Ça, c'est la première chose. Deuxième chose, en ce qui concerne les déclarations de culpabilité, le tribunal a dit à deux reprises ce matin, ce qui ressortait de l'audience, d'ailleurs, parce qu'on a fait pratiquement trois mois d'audience.
Donc, une audience, on voit ce qui s'y passe, on entend. Eh bien, le tribunal a dit qu'il n'y avait aucun doute sur la culpabilité de Marine Le Pen, du Rassemblement national, enfin, de celles et ceux qui ne pouvaient qu'en paraître. Aucun doute. Et le tribunal l'a dit à deux reprises ce matin. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est cette déclaration de culpabilité. Après, sur l'exécution provisoire, on peut en débattre à l'infini.
Vous étiez plutôt hostile, vous, au lendemain des réquisitoires. J'ai dit que sur le principe... À l'exécution provisoire.
Je vais expliquer pourquoi. Je l'ai dit, effectivement, pas seulement pour ce dossier-là, mais de façon générale, que l'exécution provisoire, compte tenu des délais d'appel, me semblait poser un problème, parce que si on passe devant la cour d'appel deux ans, deux ans et demi après, la peine est exécutée, finalement. Donc, l'appel perd de son intérêt. Mais comme vous le disiez, M. Cohen, si, du côté du parquet général, et alors là, je serais tout à fait favorable, si, du côté du parquet général de Paris, on vous dit qu'on peut organiser une audience dans les meilleurs délais.
Et d'ailleurs, Mme Le Pen serait tout à fait favorable à ce qu'on organise une audience dans les meilleurs délais, parce que lorsqu'on dit qu'on est innocent, on a à cœur de se faire déclarer innocent dans les plus brefs délais. Je ne crois pas une seconde, mais c'est comme ça. Exception pour Marine Le Pen. C'est une exception, alors, quel serait pour le parquet général le motif de cette exception ? Je suis parti civil aussi contre le modem, où ils ont été condamnés, sauf M. Bayrou, qui n'a pas été grandé. Mais il y a un appel du procureur contre M. Bayrou. Je n'ai toujours pas de date d'audience, ça fait plus d'un an. Donc, le problème, c'est qu'il faudrait faire passer le modem et M.
Bayrou avant... Ce serait plus cohérent. Avant le rassemblement national et Marine Le Pen. C'est la logique. C'est très logique, mais on peut le faire. Tant qu'à faire, on peut faire un automne sur les financements illicites des uns et des autres.
Pour revenir sur la peine d'inéligibilité, elle n'était donc pas automatique. C'est une décision des juges qui vous semblait à l'un et à l'autre logique compte tenu de ces trois mois d'audience.
Je vais vous dire pourquoi, elle paraît logique, elle pourrait être retenue même si les pronostics, vous savez, on était tous à peu près à 50-50. On ne savait pas trop ce que le tribunal allait décider. Mais il y a quand même deux raisons. D'abord, ce sont les montants. C'est les montants, plus de 4 millions d'euros. C'est le fait d'avoir mis un système en place avec une pluralité d'auteurs sur un délai particulièrement long puisque c'est sur plusieurs années et ce côté systémique, finalement, militer dans quelque chose d'assez rigoureux. Il y a une deuxième chose qu'il faut aussi savoir. Vous l'avez rappelé, M. Cohen, sur les peines d'emprisonnement.
Mais c'est valable aussi sur les peines d'inéligibilité où actuellement, ça on le vit, au tribunal judiciaire de Paris et pas seulement au tribunal judiciaire de Paris, il y a très souvent maintenant, très souvent, la peine d'exécution provisoire, enfin la mesure d'exécution provisoire qui est prise dans le complément, je dirais, de la peine d'inéligibilité. Ce n'est pas quelque chose, la décision-là, elle n'est pas extraordinaire.
On vous dira qu'elle est extraordinaire parce qu'il y a la candidature à la présidence et je voudrais rétiviser quand même une chose qui vous a été dite il y a quelques instants, à savoir que la présidente, la présidente n'a jamais dit qu'elle voulait empêcher Mme Le Pen. – Si, c'est écrit. – Non, mais la présidente a répondu à un des arguments de la défense de Mme Le Pen, notre frère Bossu, qui est de dire la candidature, un des arguments pour ne pas prononcer l'inéligibilité, c'est la candidature à la présidence. – L'exécution provisoire.
– Et là, le tribunal a répondu que quel que soit le citoyen, eh bien, candidat, pas candidat, il y a une égalité des citoyens devant la loi et c'est valable aussi pour la loi de la République, mais vous avez raison, il y a deux motifs effectivement sur l'exécution provisoire qu'a décidé le trouble. Arrêtons avec ce complot des juges, vous savez, il y a eu X juges à l'exécution. – Pardon, j'ai cité la phrase, il y avait des guillemets dans la phrase que j'ai citée, donc le tribunal a pris en considération le trouble majeur à l'ordre public que représenterait le fait que soit candidate à l'élection présidentielle une personne déjà condamnée en première instance.
– Oui, ça prouve la déconnexion totale avec le pays, parce que si vous pensez que ce n'est pas l'inverse, il faut vraiment être complètement déconné. – C'est-à-dire ? – Le trouble à l'ordre public, il est évident, une candidate qui est entre 35 et 37% dans les sondages, qui a un lien de confiance unique, on verra, à la hausse sans doute, unique avec les Français, unique avec les Français, ne peut pas se présenter, enfin écoutez, on n'a jamais vu ça. – Ça veut dire que,
vous pensez que cette décision de justice va entraîner des troubles de l'ordre public ?
– Oui, ça a déjà commencé, madame, le trouble à l'ordre public, il a déjà commencé. Vous avez même les pires opposants de Marine Le Pen qui en viennent, non pas à la soutenir personnellement, mais à s'élever contre une décision inique, qui n'a aucun fondement dans un ordre de droit normal, qui est une espèce de vengeance des juges, qui savent très bien…
– Alors on va revenir sur la vengeance des juges dans un instant, mais vous allez vous appeler à manifester les électeurs de Marine Le Pen ?
– Non mais, comment vous dire, on attendra à ce que Marine Le Pen et le Rassemblement National décident, mais il ne s'agit pas de manifester, il s'agit de se battre pour la vérité et pour l'innocence de Marine Le Pen, et pour qu'elle puisse se présenter.
– Vous considérez là que la vérité n'a pas été établie par trois mois d'audience et un jugement ? – Non, malheureusement,
le mensonge a été établi, je le regrette, mais bon, la justice française, il faut bien le dire, est aussi à une grande histoire depuis la Troisième République de l'erreur judiciaire. Comment on puisse dire, c'est que quand on regarde dans le rétroviseur de l'histoire de la justice française, il y a plus de scandales que de grandes heures. – Vous avez complètement changé de point de vue. À l'ouverture du procès, Marine Le Pen a dit « J'ai confiance en la justice de mon pays ». – Oui, la confiance a… – Elle l'a dit à plusieurs reprises. – Elle l'a dit à plusieurs reprises. – La confiance n'excuse pas l'erreur. – S'il n'y a aucune confiance. – Mais s'il n'y a aucune erreur judiciaire jamais.
– S'il n'y a aucune confiance devant le port en tribunal, ne venez pas à l'audience, ne participons pas à l'audience. – Non, mais il y a une question intéressante
qui viendra de poser Libération qui voudrait répondre. – C'est M. Bertholot de Libération, oui. Quelle est la question ?
– À quelle erreur judiciaire vous comparez ? – Eh bien par exemple, Mme Brigitte Barrel. Brigitte Barrel, qui était maire de Montauban, donc qui a été condamnée. – Dans l'histoire. – Exécution provisoire. – Gablou. – Qui donc a perdu… – Mais ça peut-être vous dérange, mais qui a perdu son mandat d'autorité. Finalement, en appel, elle a été reconnue innocente. – Et qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? – Et donc, elle a perdu son mandat. – Et qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? – Elle a été élue députée UDR. – Elle a retrouvé… – D'accord, mais c'est deux ans de vie quand ils lui ont été volés, M. Cohen. – Moins de deux ans.
– Mais le jour où vous serez peut-être victime d'une erreur judiciaire qui peut arriver à tout le monde, je ne le souhaite à personne, peut-être que vous trouverez que deux ans ou même un an ou même six mois d'injustice, c'est long. Eh bien, nous considérons que personne… – Mme Le Pen garde son mandat de député – Attendez, il ne faut pas parler ensemble. – Moi, je n'ai pas parlé avec quelqu'un. J'ai donné l'exemple de Mme Barreille que tout le monde peut vérifier sur Internet.
– Très bien. Est-ce que vous voulez bien que Tristan Berthold réagisse ? Vous vouliez…
– Il faut remettre aussi les choses dans le contexte. D'ailleurs, le procureur l'a rappelé, l'exécution provisoire concernant Marine Le Pen est toute relative. Elle garde son mandat de députée du Pas-de-Calais. Bon, elle perd celui de conseillère départemental. – Ça devient très relatif, là, quand même. – D'accord, c'est peut-être pas le mandat dans lequel elle a été la plus active par ailleurs. – Je crois.
Quand vous ferez ses scores, vous le ferez si. – Si vous vouliez bien laisser M. Barreille finir ses phrases, juste pour la conférenciation.
– Effectivement, le Rassemblement national aime rappeler que les juges vont ou ont privé les Français de voter pour une candidate qui a déjà perdu trois présidentielles. Donc, en fait, rien ne la force à se présenter. Il n'y a pas d'immunité à être… quand on est candidat à la présidentielle. Et je ne vois pas du tout d'où sort votre argument. Non, en fait, il faudrait une justice d'exception pour Marine Le Pen ou pour le Rassemblement national. – C'est par rapport… Je crois que la problématique, alors, qu'il y ait un enjeu politique, qu'il y ait des turbulences politiques par rapport à la présidentielle, je crois que tout le monde peut le constater.
Il n'y a pas de difficulté par rapport à ça. C'est par rapport aux juges et par rapport au traitement que l'ont fait des juges qui posent, à mon sens, une vraie question sur le plan de notre vie démocratique.
– Oui.
– Parce qu'on les met en cause. On dit, voilà, ce sont des juges qui sont partisans, qui ont participé à un complot. Vous avez même dit, quand je dis vous, le Rassemblement national, que le Parlement européen, à l'époque, le président du Parlement européen, aurait anticipé tout ça et en alliance avec Mme Taubira, qui était garde des Sceaux à l'époque, aurait fomenté toute cette opération pour nuire au Rassemblement national. – Sauf qu'il y a, sauf que, Tanguy, il y a des procureurs, des juges d'instruction, des magistrats de la Cour d'appel de Paris qui ont validé toutes les procédures. Il y a trois juges qui ont statué pendant les trois mois d'audience.
Alors, le complot du juge, il y a un moment où il faut savoir s'arrêter. Et enfin, je n'irai pas plus loin, si vous n'êtes pas satisfait, si vous êtes effectivement hostile à l'inéligibilité ou à l'exécution provisoire sur l'inéligibilité, eh bien, faites des propositions de loi. Cessons de faire supporter au juge l'application de la loi. Si la loi ne vous convient pas, en tant que parlementaire ou responsable politique, eh bien, assumez la responsabilité de dire aux Français, eh bien, pour les élus, il n'y aura plus de risque d'inéligibilité. Allez-y.
Qu'est-ce que vous répondez à ça, M. Tanguy ?
Mais c'est très paradoxal, parce que quand le Rassemblement National veut encadrer la liberté des juges, les mêmes, nous crient au scandale parce qu'il faut que les juges aient une appréciation d'application de la loi. Et là, c'est le cas... Pensez aux bonnes blanches, c'est ça ? Oui, par exemple. Et là, c'est le cas, par exemple, puisque, comme vous l'avez reconnu vous-même, c'est pas la loi de 2016 qui s'applique sur l'automasticité, c'est la libre appréciation. Donc là, on est en plein dans le sujet. Donc, vous ne pouvez pas... C'est systématique, tout le monde peut vérifier quand le Rassemblement National veut durcir l'encadrement des juges.
On dit que c'est un scandale et maintenant, on nous reproche de ne pas le faire. Donc tout ça, c'est n'importe quoi. Il y a aussi un petit mensonge qui se balade dans le tout Paris, comme quoi Marine Le Pen, en 2016, aurait voté la fameuse loi Sapin. Bon, en 2016, elle n'était pas députée et j'ai vérifié, Marion... Non, non, j'ai vérifié, vous n'avez pas de chance. Et qui a dit... Vous n'avez pas de chance. C'est félicité aujourd'hui par communiqué de dire qu'elle avait voté contre... Voilà, exactement. Vous n'avez pas de chance que j'ai vérifié, effectivement, elle a voté contre et je suis allée vérifier les archives.
Par ailleurs, c'est quand même dommage, moi, je suis très content que monsieur soit là, mais enfin, l'initiateur, effectivement, monsieur Schulz, qui parle très bien français, je crois, aurait pu venir défendre lui-même pourquoi il a fait ça, mais bon... Il n'est plus président, il n'est pas... Non, mais moi, j'irais bien un jour l'entendre... Il y avait le représentant... Non, attendez, il y avait le représentant du Parlement européen qui était là, en première instance. Ils étaient là au moment également du Modem, le directeur financier, le directeur judic et leurs collaborateurs, ils représentaient le Parlement européen. Voilà, enfin bon... Le Parlement européen, c'est très intéressant.
Si vous estimez... C'est très intéressant, c'est très intéressant parce que donc le Parlement européen n'est pas représenté par des politiques, mais par des fonctionnaires. Or, c'est exactement ce qu'on représente l'Assemblée nationale. Ils ne sont pas élus, monsieur. Je sais que le Parlement européen n'aime pas la démocratie, mais nous, on l'aime encore. Ça, vous aimez les fonds du Parlement européen. Non, non, non, on veut récupérer tout l'argent pour les Français, il n'y a pas de problème. Mais, monsieur Schulz, il était beaucoup moins attentif pour protéger le Parlement européen contre les valises du billet du Qatar qui se baladait.
Et maintenant, le Huawei qui concerne le Parti socialiste européen. Ben oui, c'est la vérité. On mélange tout. Alors, on mélange pas tout. On mélange pas tout parce que je suis très impatient de savoir quand est-ce pas ailleurs. Je suis désolé, mais une fois de plus. Bon, je suis seul, je me défends comme je peux. Mais, vous avez dit tout à l'heure, libération ou quoi ? Parce qu'il faut quand même informer ceux qui nous écoutent. Monsieur Bertolo, et c'est son droit, et il le sait très bien, il fait partie d'une cellule anti-RN revendiquée comme telle. Oui ou non ?
Alors, il y a un complot du Parlement européen et il y a un complot de libération.
À laquelle participe visiblement la cellule de libération. C'est vrai ou pas ? Mais je suis journaliste en charge. Non, non, non, mais je ne suis pas journaliste. Et probablement, nous nous réunissons dans une cave la nuit, probablement. Avec mes chers frères, allons en discuter. Non, mais vraiment. Non, mais c'est intéressant parce que... J'entends ce genre de délire sur la caste médiatique, maintenant politico-médiatique, juridique, parce qu'il y a eu un procès. Vous n'avez pas lu le dossier ? Vous n'avez pas assisté à l'audience ? Si, si, j'ai lu le dossier, malheureusement. Et je l'y mets à libération.
Et donc la justice française travaille pour le compte du Parlement européen et pour le compte de libération. Avec l'aide, c'est l'une de libération. Je n'ai jamais dit ça. C'est ce qu'on conclut de vos propos. Non, non, mais moi, je ne conclure
mes propos, écoutez mes propos, et tout le monde pourra réagir. Monsieur Bertelot, il ne l'est pas. Mais vous n'avez pas d'autres éléments de langage ? Ça fait 10 ans que votre parti se prépare à ce procès et la seule chose que vous allez dire, c'est ça. J'en ai assez, qu'on présente toujours des gens qui parlent et qui ont le droit, sans dire qui ils sont. Quand je viens sur un plateau, on dit qui je suis. Oui ou non ? Bon, quand M. Bertelot vient, ou un autre, vous n'êtes pas le seul, ne vous inquiétez pas, personne ne dit qu'il est membre d'une cellule. Il y a un communiqué de presse qui a été envoyé, tout le monde peut le vérifier sur Internet, qui revendique... Un communiqué de presse ?
Oui, de libération, quand la cellule a été créée, madame. C'est quoi comme cellule ? Anti-RN. Anti-RN. Le Libération a créé une cellule qui vise à empêcher... Vous avez inventé des phrases comme tout à l'heure avec la juge. Christian Bertelot. Je n'ai pas du tout inventé cette phrase. Et M. Cohen l'a même relue. D'accord. En disant que c'était entre guillemets. D'accord. Oui, oui, la phrase du tout. Oui, pardon.
Non, pas de communiqué de presse de Libération.
Je suis allé juste me défendre, je n'ai pas l'avocat avec moi aujourd'hui.
En quelques mots, Christian Bertelot.
Libération, effectivement, plusieurs journalistes sont chargés du suivi du Rassemblement national et de l'extrême droite en général, comme dans beaucoup de rédactions. À Libération, nous sommes quatre. Il y a des très bons journalistes. Pierre Plotu, Maxime Massé, Nicolas Massol. Et il y a une newsletter qui sort tous les mardis qui s'appelle Frontal, qui est excellente par ailleurs. J'espère que vous êtes abonné. Mais il ne s'agit pas du tout d'une cellule occulte ou quoi que ce soit. C'était occulte, c'était un communiqué de presse, n'importe quoi. D'accord, mais vous en avez fait quelque chose de très étrange en tout cas. Non, non, c'est une cellule, mais vous avez l'or.
Patrick Maisonneuve, Jean-Philippe Tanguy vous êtes intéressé aux arguments de la Défense et vous, justement, vous dites que vous avez été surpris par la faiblesse de la Défense. Exemple, l'ex-vice-président du parti qui a depuis rejoint Éric Zemmour, le député européen Nicolas Bé, qui avait fourni des revues de presse constituées après coup. C'est-à-dire que pour prouver le travail de son assistant parlementaire, c'est lui-même qui a fabriqué...
Absolument. Ça, ça a été établi à l'audience. Il y a un parlementaire... Je vais prendre tous les exemples parce qu'il nous faudrait beaucoup de temps. Il y a par exemple un parlementaire RN à l'époque qui est en voie au trésorier à Valérande Saint-Just, au trésorier du parti, en disant « La réunion que nous avons eue hier, Marine Le Pen nous propose de faire des emplois fictifs et c'est nous qui allons être mis en cause. » Voilà ce qu'il écrit, par exemple, ce parlementaire Front National à l'époque. Et M. Valérande Saint-Just va répondre « Marine, c'est tout cela. » Bon, qu'est-ce que voulait le tribunal quand il voit ces échanges de mail ?
Il s'est dit « Bon, il y a quand même des éléments sérieux qui permettent de dire qu'il y avait bien un système mis en place, que lorsque l'on dit que Marine Le Pen a réuni les nouveaux députés en leur disant « Écoutez, vous aurez droit, vous, chacun, à un assistant parlementaire et pour le reste de l'enveloppe, le complément d'enveloppe, ce sera pour le parti. » Plusieurs ont parlé de cette réunion. Ce mail vient confirmer ce qui a été dit à cette réunion. Alors je pourrais égrener comme ça parce que je les connais bien tous les éléments qui ont été développés par nous, par le parquet, par le tribunal.
Mais vous savez, je pense que le tribunal de Paris, les juges du tribunal de Paris ont parfois, enfin c'est du ressenti, ont parfois été profondément étonnés, voire agacés sur le fait qu'on nie autant certaines évidences. À ce point-là, ils ont véritablement l'impression qu'il y a une forme de mépris pour la juridiction qui est saisie du dossier. Et à partir de ce moment-là, il y a peut-être des risques. Il y a peut-être des risques.
À aggraver les condamnations.
Oui. Vous voulez dire que les juges sont des êtres humains qui pourraient être vexés ? Les juges sont des êtres humains. On est loin d'une statue avec une balance et un bandeau pour le cacher de ses émotions. Les juges n'ont jamais dit que les juges n'étaient pas des êtres humains. Mais arrêtez de dire que ce sont des complotistes, mais ce n'est pas complotistes. Ce sont des partisans. Mais ça, c'est intéressant parce que ça faisait longtemps qu'on n'avait pas été des gens de complotistes. Alors, j'ai juste dit qu'il y a des êtres humains comme les autres. Des partisans, des militants, des partisans qui participeraient à un complot politique. Ce n'est pas le syndicat de la magistrature.
En tout cas, on a bien retenu. Mais ce n'est pas le syndicat de la magistrature qui a jugé, madame Leclerc. Ah oui, vous êtes sûr ? Je ne peux pas le savoir. Pourquoi on ne peut pas le savoir ? Ils sont dans une cellule cachée avec les journalistes.
Non, pour le parcours
des vacuoles. De l'instruction. De l'instruction. Le parcours des vacuoles. Tout le monde peut vérifier.
Je rappelle, maître Maisonneuve, que vous représentiez le Parlement européen, y compris dans l'affaire du Modem et des détournements de fonds du Modem et que vous avez fait appel de la décision de relaxer François Bayrou. Donc, j'imagine...
Le parquet a fait appel.
Le parquet a fait appel. Vous l'avez suivi. Et vous avez suivi. Donc, on imagine que, voilà, vous n'avez pas été missionné pour détruire le Rassemblement national. Ou alors, c'est le Rassemblement national et le Modem.
Ce qu'il y avait une bonne chose, c'est que le Modem a été poursuivi avant le Rassemblement national. Le Parlement européen était parti civil dans le procès contre le Modem à l'instruction et à l'audience. On n'est pas en service commandé contre le Rassemblement national. Mais par contre, le système qu'on a découvert et qui a été entièrement confirmé par le juge nous a laissé quand même pour le moins à ses rêveurs. Merci, maître Patrick. 4 millions d'euros. C'est la réalité, vous le comprendrez.
Vous allez pouvoir continuer à vous exprimer, M. Tanguy. Merci, Patrick Maisonneuve d'être venu ce soir sur le plateau de C'est à vous. Les réactions des électeurs de Marine Le Pen à cette condamnation dans la story de Mohamed Bouhebsi. Merci, maître Maisonneuve.
Écoutez, écoutez. Franchement, je suis dégoûté ce qui se passe. De toute façon, ce n'est pas la première fois qu'on a sali. Ah oui, un coup d'État. Ils essayent de l'empêcher de passer. C'est tout. Je pense que si on prononce une peine comme ça à l'encontre de Marine Le Pen, c'est que concrètement, c'est mérité. C'est l'histoire d'une condamnation qui provoque un coup de tonnerre dans plusieurs villes aux mains du Rassemblement National. Mais plus particulièrement à Hénin-Beaumont-Fief de la fille de Jean-Marie Le Pen depuis 2014. En 2022, dans le Pas-de-Calais, l'ex-candidate à la présidentielle avait obtenu plus de 67% des voix au second tour face à Emmanuel Macron.
Et pourtant, ce matin, ce midi, les habitants étaient divisés après la condamnation de Marine Le Pen comme l'ont constaté Benjamin Delmas et Zidane Azouzi. C'est une trahison. C'est une trahison de la part de qui ? Du gouvernement. De l'État. De l'État. Parce qu'ils essaient de l'empêcher de passer, c'est tout. Ça se fait pas trop détourner de l'argent, donc ça peut mériter quand même. Je sais que la famille Le Pen, c'est une figure importante à Hénin, donc je pense que ça va affecter beaucoup de gens d'Hénin, je pense. Je crois qu'on lui met les bâtons dans les roues,
ouais, et puis on fait n'importe quoi pour qu'elle ne passe pas.
Depuis des années, le RN n'arrête pas de réclamer et critiquer la justice trop laxiste. Bizarrement, ils réclament de la fermeté pour tout le monde sauf pour eux. Pour moi, c'est une arnaque, c'est tout. Elle arnaquait les gens. Elle arnaquait son parti en plus. À un moment donné, même si on est politicien, on est quand même assujetti à des règles et pour moi, pour le coup, aujourd'hui, elle mérite cette peine. Joins par cet avouin des cadres du RN nous a confié, c'est une catastrophe sur plusieurs points. On ne peut pas dissoudre car on perdra Marine à l'Assemblée.
On perd Marine pour 2027 et pour tous nos candidats, sur la photo de Marine Le Pen, pour les municipales de 2026, ça sera plus dur. À Inam-Beaumont, le maire, lui, préfère utiliser la méthode Coué. Pour moi, c'est une décision très surprenante et queurante même parce que Marine Le Pen, on la connaît, alors qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, mais Marine Le Pen, c'est quelqu'un qui s'est investi ici depuis maintenant plus de 20 ans. Est-ce que vous avez peur que ça ait des conséquences municipales ? Au municipal ? Pour nous, ici, à Inam-Beaumont ? Écoutez, vous verrez bien, notre victoire sera nette en un seul tour d'ailleurs. Il n'y a aucun souci avec ça.
Au niveau des élections présidentielles de 2027, ça ne pourra que renforcer la candidature d'un membre issu du RN. Alors qu'on ne voulait pas évoquer de plan B ces derniers jours au sein du RN, il porte désormais un nom, celui de Jordan Bardella. Certains partisans du Rassemblement National à Inam-Beaumont ont déjà acté leur décision. Moi, je voterai pour Bardella, c'est tout. Je suis dans les FEM, c'est tout.
Je resterai là.
C'est du grand n'importe quoi. C'est purement politique et il y a Bardella qui va prendre la relève, c'est pas gênant. Quid alors de l'électorat populaire pour le RN en 2027 ? Est-ce que tous les électeurs de Marine Le Pen se tourneront vers Jordan Bardella ou est-ce qu'ils choisiront l'abstention ? Salomé Delattre et Audrey Payas ont posé la question au sondeur Frédéric Dhabi. Quand on regarde les enquêtes préélectorales, le socle électoral de Marine Le Pen se transfère plutôt bien vers le socle électoral de Jordan Bardella. Bardella fait des meilleurs scores auprès des jeunes, auprès des cadres supérieurs, auprès des milieux économiques.
Sans doute, le côté de rejet catégorique du nom Le Pen ne s'appliquera pas pour Bardella mais d'un autre côté, un candidat à la magistrature suprême de 31 ans, ça va aiguiser des critiques. On peut échafauder des scénarios. Bruno Rotaillot qui pourrait être le réceptacle des électeurs à Marine Le Pen qui se disent Bardella est à des qualités mais il n'est pas complètement crédible.
Bonsoir Bruno Jeudy, directeur général de la Tribune, Dimanche et éditorialiste politique. Merci de votre présence au côté d'Ads. Charlène Bézina, constitutionnaliste, maître de conférences en droit public. Merci de votre présence ce soir. Avant de vous donner la parole, quelques questions encore, Jean-Philippe Tanguy. Est-ce que, depuis ce matin et depuis la décision du tribunal correctionnel de Paris, le Rassemblement national se cherche un plan B, un candidat de secours pour la présidentielle de 2027 et est-ce que c'est naturellement Jordan Bardella ?
Non, c'est naturellement Marine Le Pen qui est candidate et pour avoir assisté à l'ensemble des réunions des échanges depuis ce matin, je l'ai rarement vu aussi déterminé. Je suis fier d'avoir pour chef une véritable Lyon qui se battra pour la France et les Français jusqu'au bout pour faire prévaloir son innocence et ses droits. Il n'y a aucune raison d'envisager un autre scénario. Donc, ça veut dire que vous pensez pouvoir trouver une issue juridique qui permette à Marine Le Pen d'être candidate ? Absolument.
Et d'ailleurs, je pense que Jordan Bardella est très fier d'être lui-même, comment dire, d'avoir été choisi, d'avoir eu la confiance de Marine Le Pen et de constater que jusqu'au bout, notre chef se battra pour la France et les Français. Je suis très fier d'elle et je dois dire que son stoïcisme vraiment me force l'admiration.
Anne-Charlène Bézina, est-ce qu'il y a vraiment une voie judiciaire pour permettre à Marine Le Pen d'être candidate à l'élection de 2027 ?
Alors, la seule, véritablement envisageable, la plus fiable, c'est la... Alors, évidemment, c'est à discuter avec sa défense et j'imagine que ses avocats sont en plein travail sur cette question, mais l'appel est évidemment la voie à laquelle on pense tout de suite puisque l'appel est la seule voie de rejugement.
Un appel, c'est tout le fond qui est repris complètement, même si on le sait avec l'exécution provisoire, il faut que l'appel arrive avant que la candidature à la présidentielle ne soit possible pour que cet appel puisse soit lever cette exécution provisoire, soit même déclarer une inéligibilité un petit peu plus légère, comme ça a plusieurs fois été le cas, d'ailleurs, sur la Ve République. Donc c'est possible. Après, en contentieux, il y a cette question d'une possibilité du relèvement de la simple voie de l'inéligibilité, mais encore une fois, il faut une décision définitive, donc ça dépendra du sort de l'appel et voilà, ces choses-là méritent d'être travaillées avec un conseil.
C'est une voie parallèle en réalité d'exécution qui est possible devant le président de la Chambre qui a rendu le jugement. Ah oui, c'est-à-dire attaquer spécifiquement l'exécution provisoire. Il faut une décision définitive. Donc est-ce que ça peut être après l'appel ? Est-ce que ça peut être avant l'appel ? Ça, ce sont des choses qui sont des choses.
Quel regard vous portez sur ce jugement ? Quand Jordan Bardella immédiatement écrit « Aujourd'hui, ce n'est pas seulement Marine Le Pen qui est injustement condamnée, c'est la démocratie française qui est exécutée. » Est-ce que ce jugement est de nature à mettre en péril ou à fragiliser la démocratie ?
Alors moi, déjà, je vais avoir une réaction de maître de conférence en droit public. Donc je réagis en tant que juriste et je pense que j'appelle à réagir avec distance et humanité aussi. C'est-à-dire que c'est une décision qui est lourde, qui est dure. L'exécution provisoire d'une inéligibilité aussi lourde avec une peine aussi lourde, c'est évidemment quelque chose que le parti et la responsable politique qu'est Marine Le Pen doit encaisser.
Mais après, quand on dit que ça fait du mal à la démocratie, moi j'ai tendance à penser que dans une démocratie quand il y a trois pouvoirs, il y a le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire et que quand un pouvoir judiciaire peut s'exprimer librement, la démocratie va bien. En réalité, on se rend compte dans les démocraties libérales que dès lors qu'on essaye de museler les pouvoirs des juges, judiciaires, constitutionnels, administratifs, c'est plutôt là que les démocraties faiblissent et ça a été pareil dans toute notre histoire à nous. On n'est évidemment pas plus valeureux que les autres sur la question. Bruno Jeudi
pour la tribune dimanche, vous avez eu Marine Le Pen au téléphone samedi. Dans quel état d'esprit était-elle ? Elle vous disait sa conviction que les juges n'iraient pas jusqu'à la mise à mort de son mouvement. Je crois que ce sont ses mots.
Oui, oui. En fait, elle a fait en deux phrases. D'abord, un, elle disait que les juges avaient droit de vie et de mort sur son mouvement mais qu'elle pensait qu'ils n'iraient pas jusque-là. C'est vrai que quand Jules Pecknard nous a raconté son entretien avec Marine Le Pen, ça nous a surpris. La rédaction s'est dit mais visiblement, elle ne prend pas en compte cette possibilité-là. Alors, est-ce qu'elle était dans le déni ? On sait que pendant au moins un mois ou deux, elle n'en parlait très très peu, elle n'en parlait pas et c'est seulement ces dernières semaines que visiblement, elle a commencé à discuter, à mettre les hypothèses sur la table.
Mais c'est vrai que, manifestement, elle ne s'était pas préparée à ce qu'il y ait cette exécution provisoire. Moi, j'ai vraiment, je commentais ce matin la décision, j'ai vraiment eu la même sensation qu'en 2003 lorsqu'Alain Juppé a pris 10 ans et vraiment, tout le monde, y compris chez les journalistes politiques, on disait, pas possible, 10 ans, il a pris 10 ans et finalement, un an plus tard, ça sera réduit à un an. Donc, on voit quand même que, voilà, c'est pour ça qu'il y a quand même encore une petite fenêtre pour Marine Le Pen pour 2027. C'est possible, il ne faut pas, alors évidemment, c'est très compliqué, il y a beaucoup de scie, l'audiencement, mais il y a une possibilité.
Mais les électeurs RN qu'on a entendus, c'est légitime qu'ils estiment qu'on leur vole une élection présidentielle si cette décision est confirmée, si l'appel confirme cette condamnation.
Oui, enfin oui, c'est-à-dire que je pense que de toute façon, beaucoup de Français ne vont pas tellement comprendre cette histoire d'exécution provisoire, très honnêtement, c'est compliqué. Moi, personnellement, je suis plutôt contre cette disposition, mais c'est la loi, elle existe et les juges, après tout, ont impliqué la loi, même s'ils ont toujours une faculté quand même de discernement qu'ils n'ont peut-être pas eu dans ce jugement. Ils pouvaient aussi envisager les choses, tout est possible, mais c'est le jugement. Donc, après tout, les politiques, ils votent des lois et après, ils râlent.
Ils s'étonnent qu'elles soient appliquées. Après,
ils s'étonnent qu'elles soient appliquées, ces vérités ordonnées commencent par soi-même comme dit l'adage. Mais c'est vrai que beaucoup de Français ne vont pas comprendre et ils vont faire un mélange et ils vont se dire, à mon avis, les sondages qui vont sortir de tout ça, je peux vous dire qu'ils ne vont pas être... Un élément de contexte important, c'est-à-dire ? Oui. Je pense que les sondages, à mon avis, vont plutôt s'interroger sur la justesse de cette décision.
La remettre en cause, quoi. Ouh là là, oui.
Un élément de contexte important, les électeurs du RN sont ceux qui font le moins confiance en la justice. Je suis allé retrouver la dernière enquête Ipsos-Fracture française fin de l'an dernier. Le niveau de confiance des électeurs du RN en la justice est 28% quand ceux du Parti socialiste et de Renaissance approchent les 70%. On voit l'écart considérable dans la perception de la justice. Quand Patrick, tous les partis ont été touchés par les décisions de justice, ils ont tous pris des décisions très très lourdes. D'accord, mais ce que je dis est factuel sur l'opinion des électeurs tels qu'ils sont... La moyenne de ce sondage est plus proche du score du RN que du score socialiste.
Non, non, non, c'est 50 et quelques pourcents de confiance en la justice. Je vais vérifier, mais je ne crois pas qu'ils attiennent la majorité, nos amis légumes. C'est autour de 50.
Bon, j'imagine que vous pensez que les électeurs au RN vont déplorer cette décision de justice. Est-ce que ça va les galvaniser ?
Je le sais, parce que déjà, effectivement, déjà même lors des réquisitions du procureur, dont une procureure adjointe d'ailleurs avait déploré, sa garde avait été baissée à un moment, elle avait déploré qu'on ne puisse demander une peine contre M. Jal parce qu'il était innocent de ce qu'on lui reprochait, mais elle le déplorait. Ce qui d'ailleurs pourrait peut-être entraîner la nullité de toute cette histoire.
Je crois que je dois vous libérer, Jean-Philippe Tanguy, puisque vous allez accompagner Marine Le Pen sur le plateau de 23 de TF1.
Merci pour votre invitation.
Jean-Philippe Tanguy