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interviewBFMTV· 15 juillet 2024 16 min

"Je suis en colère face à ces oppositions systématiques" du PS: l'interview de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:09
Présentateur

8h37 sur BFM TV et RMC, mon invité aujourd'hui, Emmanuel Bompard. Vous êtes député des Bouches-du-Rhône. Bonjour déjà, Emmanuel Bompard. Et vous êtes surtout coordinateur de la France Insoumise à ce titre. L'un des négociateurs au sein du nouveau Front populaire pour trouver la perle rare, celui ou celle qu'Emmanuel Macron acceptera de nommer à Matignon. Je ne vais pas tourner autour du pot, Emmanuel Bompard. Est-ce que ces négociations à gauche vont dans le mur ?

0:33
Manuel Bompard

En tout cas, elles sont confrontées à une situation de blocage. situation de blocage due au refus permanent, incessant du Parti Socialiste de l'ensemble des propositions qui sont posées sur la table. Je vous rappelle qu'au lendemain...

0:46
Présentateur

Vous dites que si ça bloque aujourd'hui, c'est la faute du Parti Socialiste ?

0:50
Manuel Bompard

Clairement. Vous savez, au lendemain de la dissolution de l'Assemblée Nationale, Olivier Faure avait indiqué un principe à la télévision. Il avait dit qu'on allait construire cette coalition du nouveau Front populaire et si nous remportons un nombre de sièges qui nous permet de pouvoir former un gouvernement, ce sera la composante politique qui disposera du plus grand nombre de députés à l'Assemblée Nationale qui fera une proposition. Ça, c'était le principe que lui-même avait posé initialement. Et depuis le début de ces discussions qui ont commencé depuis maintenant 7 jours, il revient un à un sur l'ensemble des éléments que lui-même avait posés sur la table.

1:26
Présentateur

C'est-à-dire qu'il dit aujourd'hui que c'est le Parti Socialiste qui doit proposer un nom parce que c'est celui qui a le plus de députés et de sénateurs.

1:32
Manuel Bompard

Il inclut aussi les parlementaires qui l'a dans la Chambre. Le problème, c'est que vous ne pouvez pas changer les règles au milieu d'une discussion. Mais à la limite, mettons ça de côté. Et puis ensuite, depuis le début de la semaine, depuis 7 jours, il exprime une opposition qui est une opposition totale à toutes les propositions qui sont faites, autres que celles qui sont issues du Parti Socialiste, et en l'occurrence, la sienne. Contrairement d'ailleurs à ce qu'il dit à la télévision, où il dit qu'ils auraient fait d'autres propositions, ce n'est pas vrai. Et ce n'est pas seulement moi-même, Manuel Boparque, qui le dit.

J'ai entendu Marine Tondelier hier à la télévision dire la même chose que moi. Mais pourquoi il fait ça, Olivier Faure ?

2:05
Présentateur

Pourquoi il raconterait des choses qui ne sont pas vraies ?

2:07
Manuel Bompard

Je ne sais pas, c'est à lui qu'il faudra poser la question. Mais en tout cas, moi, je vais vous parler avec Franchise ce matin.

2:12
Présentateur

Vous n'êtes accusé de mentir à la télévision.

2:14
Manuel Bompard

Je vais vous parler avec Franchise ce matin. « Je ne vais pas, pendant des jours et des jours, subir les règles qui changent au milieu de la discussion, les propos qui sont tenus à la télévision et des propos différents qui sont tenus à l'intérieur des réunions. » On avait sur la table ce week-end une proposition qui était une proposition très intéressante. Elle ne venait pas de nous, les Insoumis. Elle avait été proposée par Fabien Roussel au nom du Parti communiste, qui était la proposition de la candidature de Duguay-de-Bélo. Et la présidente de la région. Exactement. Que je remercie et que je salue à cette occasion.

2:50
Présentateur

Et qui a jeté l'éponge ce week-end.

2:51
Manuel Bompard

Mais elle a jeté l'éponge précisément parce qu'elle aussi, à son tour, après les autres candidatures que nous avions proposées, s'est retrouvée confrontée à une fin de non-recevoir du Parti socialiste qui n'a donné aucune explication, alors que cette proposition était susceptible d'agréer au Parti communiste, à la France insoumise, aux écologistes qui avaient accueilli positivement cette proposition. Et on n'a aucun argument qui permette d'expliquer, de justifier le refus du Parti socialiste sur cette proposition. Donc oui, je ne vais pas vous raconter d'histoire ce matin.

J'ai l'impression qu'on est dans une situation de blocage due à cet entêtement du Parti socialiste à refuser toutes les propositions qui sont sur la table.

3:33
Présentateur

C'est-à-dire qu'à ce stade, il n'y a plus de discussion ? Qu'est-ce que je dois en comprendre ?

3:37
Manuel Bompard

Moi, voilà ce que j'ai à vous dire. On est confrontés...

3:41
Présentateur

Est-ce que vous l'avez eu au téléphone, par exemple, Olivier Faure, ce week-end, le premier secrétaire du Parti socialiste ?

3:44
Manuel Bompard

Non, puisque entre les éléments qu'il indique sur la place publique et les éléments qu'il indique dans les réunions ou dans nos échanges, il y a une différence qui est une différence majeure. Donc vous voyez, au bout d'un moment...

3:56
Présentateur

Donc Manuel Bompard, les négociations sont à l'arrêt. C'est ce que vous nous dites ce matin.

3:58
Manuel Bompard

Je vous dis qu'il n'y a pas eu de nouvelles discussions depuis que le Parti socialiste a opposé sa fin de non recevoir à la candidature du Guet de Bello sans à aucun moment la justifier, l'expliquer, donner des arguments politiques qui permettent d'expliquer ce refus, tout simplement. Maintenant, il faut dire les choses telles qu'elles sont. On est confrontés, de la part du président de la République, à une volonté, en quelque sorte, d'effacer le résultat des élections législatives. Je vais y venir au président de la République, Manuel Bompard.

4:25
Présentateur

Je vais y venir.

4:26
Manuel Bompard

Ça me permettait de vous dire où on en était.

4:28
Présentateur

Juste pour savoir, ce matin, par exemple, Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris, prime sa colère sur les réseaux sociaux. Vous, vous êtes dans quel état d'esprit ? C'est de la colère, c'est de l'écœurement, c'est de l'agacement, c'est de l'énervement.

4:39
Manuel Bompard

Vous en êtes tous ce matin. Je suis en colère aussi. Je suis en colère face à ces oppositions systématiques, à ces blocages, à ces vétos, sur toutes les candidatures. Toutes celles qui sont proposées sont immédiatement bloquées, y compris quand elles viennent, par exemple, du Parti communiste et de...

4:57
Présentateur

Pourquoi ne vous ne votez pas, pardon, Manuel Bompard ? Mais c'est une proposition de l'économie, Julia Cagé, qui dit finalement, il suffirait de voter. Mais voter entre qui et qui... Chaque candidat propose, chaque parti propose son candidat, et puis faisons voter.

5:08
Manuel Bompard

Et puis on va faire pareil après sur l'ensemble des postes du gouvernement. Franchement, ce n'est pas raisonnable, parce qu'à la fin, il s'agit de constituer une équipe, une équipe gouvernementale, qui tienne compte de la place de chacun au sein de notre coalition.

5:20
Présentateur

Oui, mais vraisemblablement, par le consensus, vous n'y arrivez pas.

5:22
Manuel Bompard

Eh bien, c'est parce que le Parti socialiste, pourtant, pour l'instant, bloque toute proposition. Donc, moi, j'allais y venir, mais voilà ce qu'il me semble qu'il faut faire, puisque nous sommes maintenant au bout de sept jours de discussion, et à quelques jours d'une échéance qui est une échéance décisive, puisque le président de la République refuse à ce stade de reconnaître le résultat des élections législatives, et qu'il indique qu'il va y avoir un vote ce jeudi sur la présidence de l'Assemblée nationale. Et à cette occasion, il a l'intention, en quelque sorte, de substituer une autre coalition à celle qui a remporté le résultat des élections.

Donc, je dis que, plutôt que de perdre du temps encore dans des palabres sans fin, qui n'avancent pas et qui n'aboutissent pas, je dis que le nouveau Front populaire doit s'accorder immédiatement sur une candidature commune à la présidence de l'Assemblée nationale, parce que c'est cette première partie qu'il faut gagner maintenant, et que plus on va perdre du temps dans d'autres discussions, et plus on va être fragilisé pour remporter cette première partie.

6:22
Présentateur

Vous dites ce matin, Manuel Bompard, il nous reste trois jours avant jeudi.

6:25
Manuel Bompard

C'est ça.

6:26
Présentateur

L'objectif, c'est la présidence de l'Assemblée nationale.

6:28
Manuel Bompard

C'est le premier objectif, parce que c'est l'objectif qui, en quelque sorte, puisque le président de la République nous a mis au défi sur ce sujet, c'est cet objectif qui va être l'objectif préalable à tous les autres.

Et je dis, si ça permet de rassurer tout le monde et de faire avancer tout le monde, que les Insoumis sont prêts à ce que cette candidature à la présidence de l'Assemblée nationale ne soit pas issue de la France insoumise, si c'est une condition nécessaire, injuste, mais indispensable à faire en sorte qu'il puisse y avoir un accord, parce que désormais il faut avancer, et que nous, depuis le début de cette discussion, nous disons que nous ne ferons jamais partie du problème et toujours partie de la solution.

7:02
Présentateur

Pardon Manuel Bompard, je reviens un tout petit peu en arrière, parce que j'ai une question de fond qui me taraude. Au fond, ça change quoi, la différence entre, par exemple, vous, Olivier Faure, un écologiste à Matignon ? Parce que c'est le même programme que vous portez.

7:15
Manuel Bompard

Oui, mais précisément, je pense que ça fait effectivement partie, vous avez raison de poser cette question, des choses qui sont sous-jacentes dans cette discussion, pour que les gens qui nous écoutent le comprennent. Ce n'est pas des oppositions de personnes, cette question-là. La question, c'est qu'est-ce qu'il y a derrière ?

Et effectivement, depuis le début de cette discussion, depuis une semaine, on voit bien qu'il y a, du côté du Parti Socialiste, un certain nombre de prises d'opposition pour dire que finalement, ce qu'il faudrait faire, c'est commencer les renoncements sur le programme du Nouveau Front Populaire pour essayer de trouver une sorte de majorité avec des secteurs qui viennent du macronisme. Et moi, je dis la même chose que j'ai dit depuis le début de cette campagne.

Nous avons été élus sur un programme, le programme du Nouveau Front Populaire, et il n'est pas question au lendemain de ces élections de se mettre à brader ce programme, à le jeter aux oubliettes pour permettre une jonction de secteurs du Parti Socialiste avec les secteurs du macronisme. Donc oui, sans doute que cette discussion est sous-jacente. C'est pourquoi les discussions sur un éventuel candidat au Premier ministre ne peuvent pas reprendre tant que le Parti Socialiste ne renoncera pas au blocage permanent qu'il met sur l'ensemble des candidatures qui incarnent la ligne de rupture qui est portée par le programme du Nouveau Front Populaire.

8:30
Présentateur

Message très clair, Manuel Bompard. Vous évoquiez à l'instant ce vote pour la présidence de l'Assemblée nationale qui aura lieu donc jeudi. Vous venez de plaider pour une candidature unique pour ce qu'on appelle le perchoir. Manuel Bompard, est-ce qu'il doit y avoir des candidatures uniques pour tous les postes de l'Assemblée ? Il y a aussi des présidences de commission, des deux présidences ?

8:47
Manuel Bompard

Je le souhaite, mais le premier objectif, c'est de remporter cette victoire. Il faut que tout le monde qui nous écoute le comprenne. Je le redis parce que peut-être que ce n'était pas suffisamment clair. Le président de la République nous a mis au défi. Il nous met au défi de remporter le vote sur la présidence de l'Assemblée nationale. Donc il faut mettre toutes nos chances de notre côté. Sinon, en quelque sorte, il n'y aura pas de gouvernement du Nouveau Front Populaire. Donc pour ça, il faut s'accorder le plus rapidement possible sur cette candidature unique.

Sachant que nous sommes confrontés à des accords secrets, souterrains, qui se préparent manifestement entre la Macronie et le Rassemblement National.

9:22
Présentateur

Vous évoquez Yaël Braun-Pivet, l'ancienne présidente de l'Assemblée nationale, qui a rejeté ces accusations. Mais la question de fond que vous posez, c'est est-ce que le Rassemblement National doit avoir des postes ou non à l'Assemblée nationale ? La ligne de la France Insoumise et de la gauche est très claire. Ce n'est pas un poste pour le Rassemblement National, un front républicain jusque dans les travées du Palais Bourbon. Est-ce que c'est démocratique de dire à un parti qui, mine de rien, a rassemblé près de 10 millions de voix, qu'il n'aura aucune représentation dans les instances de l'Assemblée nationale ?

9:50
Manuel Bompard

Je ne dis pas qu'il n'aura aucune représentation à l'Assemblée nationale. Ces députés ont été élus, ils pourront voter des lois, voter contre des lois, déposer des motions de censure. Il y a un autre sujet ensuite, c'est l'organisation de l'Assemblée nationale. Et oui, je fais partie de ceux qui pensent que le fait d'avoir nommé, et d'où le fait que je ne crois pas aux dénégations de Mme Braun-Pivet qui dit qu'elle ne mène pas de discussion secrète avec le Rassemblement National, en 2022, elle a installé à la vice-présidence de l'Assemblée nationale deux candidats issus du Rassemblement National.

Moi, je dis que ce temps est révolu, et qu'il doit y avoir des candidatures communes du nouveau Front populaire, et il doit y avoir la nécessité de faire en sorte que le Rassemblement National n'ait plus de vice-présidence de l'Assemblée nationale.

10:33
Présentateur

Emmanuel Bonpart, que se passe-t-il si Emmanuel Macron, comme il le sous-entend dans sa lettre aux Français, ne vous confie pas la tâche, à vous la gauche, de former un gouvernement ?

10:41
Manuel Bompard

Ce sera un coup de force antidémocratique tout à fait inacceptable et inédit dans l'histoire de la Vème République. C'est la raison pour laquelle je vous dis qu'il faut remporter, en quelque sorte, la bataille qu'il a posée sur la table à travers la présidence de l'Assemblée nationale. Et c'est aussi la raison pour laquelle, moi, j'appuie, je soutiens toutes les initiatives de mobilisation qui sont organisées. Il y avait des rassemblements partout en France hier. Les organisations syndicales ont appelé jeudi à se rassembler aux abords de l'Assemblée nationale. J'appelle à participer à ces manifestations. pour faire en sorte de faire respecter le résultat du scrutin.

11:14
Présentateur

L'ancien député insoumis, Adrien Quatennin, s'avait appelé à une marche vers Matignon. Vous évoquez les mobilisations. Il avait posé la question. Il n'a pas dit sur Matignon. Il avait dit vers Matignon. Ma question, c'est à quoi ça sert ? Puisque ça se saurait si Emmanuel Macron était impressionné par démarche.

11:29
Manuel Bompard

Je crois que... Oh ben ça, je ne suis pas sûr que ce que vous disiez soit tout à fait exact.

11:33
Présentateur

On l'a vu lors de la réforme des retraites, par exemple. Ah oui, bien sûr. Il y a un an.

11:36
Manuel Bompard

Non mais c'est vrai. Là où vous avez raison, je ne peux pas le contester. C'est qu'Emmanuel Macron à plusieurs reprises s'est assis sur la mobilisation du peuple et n'en a pas tenu compte. Mais moi, je fais partie de ceux qui pensent que ce n'est pas parce qu'Emmanuel Macron a fait une fois ça qu'il faut considérer que se mobiliser ne sert plus à rien. Donc oui, moi, j'appelle à se mobiliser dans les circonstances particulières.

11:57
Présentateur

Y compris pendant les Jeux olympiques ?

11:59
Manuel Bompard

Je ne suis pas représentant d'organisations syndicales. Mais si des organisations syndicales, des travailleuses, des travailleurs considèrent qu'il faut effectivement se mettre en mouvement par la grève dans ce contexte pour tout simplement faire respecter la démocratie, parce que c'est de ça dont on parle, oui, je les appuierai, je les soutiendrai.

12:18
Présentateur

Vous prenez la précaution aux organisations syndicales de l'organiser.

12:21
Manuel Bompard

Mais parce qu'un député de votre groupe, Louis Boyard, a dit

12:25
Présentateur

« Nous construirons une mobilisation populaire et des mouvements sociaux pourront surgir pendant les Jeux olympiques. » Je demande au président de la République de rester raisonnable. Il n'est pas organisateur de ces mouvements sociaux.

12:34
Manuel Bompard

Attendez, les appels à se manifester, à se mobiliser, nous avons effectivement la possibilité d'y participer, d'y contribuer. Ça, il n'y a pas de difficulté sur ce sujet. Vous m'interrogiez précisément sur la grève, je ne suis pas dirigeant d'organisations syndicales et il me semble que la grève fait partie des prérogatives, en quelque sorte, des organisations syndicales dans notre pays.

12:55
Présentateur

Il est bientôt 8h50 sur BFMTV, RMC, Manuel Bompard. Si je résume ce que l'on s'est dit jusqu'à présent, vous dites la priorité, c'est de nommer ou de s'accorder sur une personnalité qui pourrait prendre la présidence de l'Assemblée nationale. Les discussions à gauche pour le poste de Premier ministre sont au point mort, sont bloquées et vous en accusez Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste. Je voudrais vous interroger sur la figure de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce qu'il joue un rôle dans ces discussions ? Est-ce que vous le consultez, par exemple, avant vos négociations avec vos homologues à gauche ?

Je vous pose la question parce que beaucoup ont été surpris de le voir au Palais Bourbon la semaine dernière pour la première réunion de groupe de la France Insoumise.

13:34
Manuel Bompard

Mais Jean-Luc Mélenchon, d'abord, il est membre de la coordination de la France Insoumise qui, bien évidemment, est consulté et suit jour après jour, heure après heure, à heure après heure, pardon, les discussions qui se mènent. Et bien évidemment que Jean-Luc Mélenchon participe de ces réflexions et de ces discussions. Enfin, pourquoi ne le ferait-il pas, étant entendu qu'il a été notre candidat à l'élection présidentielle qui a fait 22% des voix, qu'il était le candidat aux dernières élections législatives à la fonction de Premier ministre ?

14:04
Présentateur

Parce que sa figure crispe auprès de certains de vos alliés, par exemple ?

14:07
Manuel Bompard

Sa figure, elle a surtout permis au nouveau Front Populaire de remporter les élections. Donc moi, je veux bien qu'on me dise telle chose ou telle chose. Mais je rappelle que sans la participation de Jean-Luc Mélenchon à la campagne des élections législatives, nos résultats auraient été bien moins bons. Parce que Jean-Luc Mélenchon est une figure qui met en mouvement dans ce pays des millions de gens. Donc je voudrais d'ailleurs que cette manière en permanence qu'ont certains de nos partenaires de s'en prendre à Jean-Luc Mélenchon sur la place publique s'arrête. Parce que ce n'est pas comme ça qu'on va pouvoir avancer collectivement.

14:39
Présentateur

Emmanuel Bompard, j'ai deux dernières questions pour finir des réponses courtes, s'il vous plaît. Est-ce qu'à ce stade, vous êtes capable de me dire combien de députés comptera finalement le groupe de la France Insoumise ?

14:49
Manuel Bompard

Non, parce que la constitution des groupes, c'est d'ici à mercredi qu'il y a encore des discussions avec un certain nombre de députés, issus en particulier des Outre-mer.

14:57
Présentateur

Vous serez 75, plus de 75 ?

14:59
Manuel Bompard

Je pense qu'on sera entre 75 et 80. En tout cas, c'est ce que l'on peut imaginer au vu des discussions qui sont en cours aujourd'hui.

15:08
Présentateur

Et ma dernière question, Emmanuel Bompard, c'est, pour faire préciser un point, l'objectif c'est un nom commun pour la présidence de l'Assemblée nationale d'ici à mercredi soir. Est-ce que ça veut dire que l'objectif d'un nom pour Matignon d'ici mercredi soir est enterré ? Est-ce que vous y croyez encore ?

15:23
Manuel Bompard

Je vous ai dit, je pense que ces discussions ne peuvent pas reprendre tant que le Parti Socialiste...

15:28
Présentateur

Est-ce que vous y croyez encore, en votre fort intérieur ? Est-ce que vous pensez qu'il y aura un nom pour Matignon d'ici à mercredi soir ?

15:33
Manuel Bompard

D'ici à mercredi, je n'en sais rien, je vous le dis sincèrement, parce qu'on est confronté à la situation de blocage que je vous ai décrite. Pour autant, je souhaite bien évidemment que le gouvernement du nouveau Front Populaire puisse voir le jour le plus rapidement possible. Et donc, pour cela, il faudra s'accorder sur un nom.

15:47
Présentateur

Merci beaucoup, Emmanuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise, député des Bouches-du-Rhône. Bonne journée à vous, bonne journée à tous.

15:53
Locuteur

Sous-titrage ST' 501