Nicolas Dupont-Aignan sur Radio Classique: "Je propose un débat avec E.Macron projet contre projet"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:17OuverteRéponse directe
Quelle est votre ambition pour cette élection de 2017, très clairement ?
- 1:51RelanceRéponse partielle
On vous présente souvent comme un Le Pen Light. Qu'est-ce qui vous différencie fondamentalement aujourd'hui du Front National ?
- 2:57ComplaisanteRéponse directe
Vous avez eu des mots très durs pour Alain Juppé. Vous avez tweeté cette nuit en disant finalement qu'il était l'homme du passé, qu'il était l'homme de l'immigration.
- 4:41OuverteÉludée
Puisque vous pensez être au second tour, contre qui, à votre avis, allez-vous vous retrouver ?
- 5:35OuverteRéponse directe
Nicolas Dupont-Aignan, que les primaires, aussi bien à droite qu'à gauche, cannibalisent les petits candidats.
- 6:59FerméeRéponse directe
Trump est un modèle ou pas pour vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25Invité politiqueChiffre
« Vous avez fait 1,8% »
- 0:31Invité politiqueChiffre
« On a fait 6,5% en Ile-de-France »
- 0:35Invité politiqueChiffre
« Les sondages me donnent entre 5 et 8, 7 mois avant »
- 2:46Invité politiqueChiffre
« Il y a 6 millions de chômeurs aujourd'hui »
- 4:28Invité politiqueChiffre
« On donne 8 milliards pour rien à l'Union Européenne »
- 9:28Invité politiqueChiffre
« J'ai été réélu à 80% dans une ville de gauche »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan82 %
- Présentateur12 %
- ?6 %
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L'invité politique de Renaud Blanc sur Radio Classique et Paris 1ère. Bonjour Nicolas Dupont-Henri.
Bonjour
Monsieur. Merci d'avoir accepté l'invitation de Radio Classique et de Paris 1ère. Vous êtes député de l'Essonne, maire d'Euillère, président de Debout la France. Et vous êtes candidat à l'élection présidentielle de 2017. Quelle est votre ambition pour cette élection de 2017, très clairement ?
Gagner ? Gagner. On ne
se
présente pas pour faire semblant. Vous
avez fait 1,8
% en 2012. On me renvoie toujours à ce score. On oublie au régional,
on a fait
6,5% en Ile-de-France et autant de voix que le front de gauche ou les verts. On oublie que les sondages me donnent entre 5 et 8, 7 mois avant, alors que j'ai 1000 fois moins de temps d'antenne. On oublie surtout qu'au dernier régional,
il
y
a
eu 20 millions de Français qui se sont abstenus, qui ont déserté le chemin des urnes et qui ne veulent plus jouer à ce jeu politicien où on recycle toujours les mêmes pour mener toujours la même politique. L'enjeu est crucial. Le pays est en danger. Et moi, je souhaite que cette élection présidentielle, au-delà des pronostics qu'on ne peut pas faire aujourd'hui, soit vraiment ouverte et que les Français aient un vrai débat et un vrai choix. Et si je me présente, ce n
'est
pas pour me présenter. C'est parce que j'estime que dans le paysage politique, on n'en peut plus de ce dilemme, parce que c'est un vrai dilemme cornelien, entre ceux qui ont échoué dans le passé socialistes républicains, qui veulent toujours revenir, comme dans aucun pays d'ailleurs au monde, aucune démocratie, ou le Front National avec ses excès de l'autre côté. Et je propose un patriotisme gaulliste différent, avec des mesures, des solutions concrètes. Et c'est ça dont j'aimerais qu'on parle en politique. Qu'est-ce qu'on va faire
entre
2017 et 2022, pour qu'on ne
se
retrouve pas en 2022, en se disant, comme aujourd'hui, on a perdu 5 ans ?
Alors vous parliez du Front National, c'est vrai, je sais que ça vous agace. On vous présente souvent comme un Le Pen Light. Qu'est-ce qui vous différencie fondamentalement aujourd'hui du Front
National ? Je profite de
lire mon projet politique, et il y a déjà 3 millions de Français qui disent vouloir voter pour moi, qui ont tout à fait vu la différence. Que ce soit sur l'Europe, sur l'économie,
sur la conception du pouvoir. Qui disent qu'ils pourraient éventuer à ne pas voter
pour vous
?
C
'est 21% dans un
dernier sondage. Ah oui, ça c'est encore
mieux.
Mais il
y
a 5 à 7% des Français,
c
'est-à
-dire
2 à 3 millions, qui disent déjà, me choisir. C'est déjà exceptionnel, pour quelqu'un qu
'on
voit mille fois moins que les autres. Et il y en a 21%, ce qui est encore plus incroyable, qui disent, on pourrait, ne pas exclure. Mais ça veut dire quoi au-delà de ça ?
C
'est qu'ils reconnaissent peut-être en moi, quelqu'un qui n'a jamais changé d'avis sur quelques points fondamentaux. C'est-à-dire, par exemple, le contrôle des frontières absolument indispensable. Une autre politique économique pour investir en France, faire du made in France.
Parce
qu'il y a 6 millions de chômeurs aujourd'hui, personne n'en parle. 6 millions de chômeurs. C'est pas 3 millions, il y en a 6. Et c'est pas, j'ai écouté Alain Juppé hier, c'est pas en faisant une politique tiède
qu
'on arrivera à régler le problème de la
France. Vous avez eu des
mots très durs pour Alain Juppé. Vous avez tweeté cette nuit en disant finalement qu'il était l'homme du passé, qu'il était l'homme de l'immigration. Je respecte
la personnalité. Et d'ailleurs, Alain Juppé a du succès aujourd'hui,
en
contraste avec Nicolas Sarkozy. Parce que je pense que les Français ne veulent pas voir revenir Nicolas Sarkozy. Mais la vraie question, c'est pas de faire revenir Alain Juppé. Donc vous
préférez l
'identité heureuse d'Alain Juppé
aux ancêtres gaulois ? Mais je suis candidat,
c'est parce que je ne veux pas choisir entre ces deux candidats qui ne résoudront pas les problèmes du pays. Il y a des mesures fondamentales que je n
'ai
pas entendues hier chez Alain Juppé. Je prends un exemple.
Les
travailleurs détachés.
Il
y en a 500 000 en France et des pays étrangers de l'Europe
qui
viennent et qui ne payent pas les charges sociales en France. Ils sont responsables, ce système fou, de la faillite de dizaines de milliers d'artisans, de petites entreprises. Est-ce qu'Alain Juppé va changer ? Non.
Il
a parlé immigration.
Pas
de contrôle des frontières. Il estime que l'immigration, ce n
'est
pas si grave. Il veut juste corriger un peu le regroupement familial. Mais c'est une folie. On va se retrouver en 2022 avec un chaos migratoire.
Ce
que j'aimerais,
c
'est qu'on revoie les propositions. Et je propose, par exemple, des mesures pour relocaliser les emplois en France et baisser. L'impôt sur les sociétés. Mais uniquement,
c
'est très important, des entreprises
qui
investissent en France. Pas de celles qui délocalisent. Je ne
veux
pas des charges sociales baissées pour tout le monde. Je veux
donnant
-donnant. Je propose une relance du pouvoir d'achat pour les retraités et les actifs. Par exemple, en prenant l'argent de l'Union Européenne. Puisqu'on donne 8 milliards pour rien à l'Union Européenne. Je voudrais qu
'on
le redistribue sur les petites retraites. Je voudrais que les Français aient un vrai débat politique sur des questions de fonds. Après, débat contre débat, entre personnalités respectables. Ça me paraît fondamental.
Puisque vous pensez être au second tour, contre qui, à votre avis, allez
-vous
vous retrouver ? Ce
que
j'ai voulu dire, ce qu
'on
m'a beaucoup moqué là-dessus, c'est que si on regarde l'histoire de France, uniquement à partir de sondages préétablis, ça veut dire qu'on vole l'élection aux Français. C'est aux Français, aux 20 millions notamment, qui vont à la pêche aux dernières élections régionales. Parce qu
'ils
ne veulent pas choisir entre Le Pen et les autres. Ces 20 millions-là, je leur dis, une chose très simple.
Vous
avez dans vos mains un bulletin de vote.
C
'est maintenant ou dans 5 ans.
Si
vous l'utilisez
et
que vous restez libre dans votre tête, vous cessez d'être aliéné par ce que vous entendez à la radio et à la télévision, pardonnez-moi, c'est-à-dire le jeu de petits chevaux, toujours les mêmes depuis 30 ans, vous pouvez peut-être reprendre votre destin en main, bouleverser le jeu politique
et
choisir quelqu'un de concret qui va changer concrètement les choses sans excès. Vous avez le sentiment,
Nicolas Dupont-Aignan, que les primaires, aussi bien à droite qu'à gauche, cannibalisent les petits candidats, je mets petits entre guillemets. Mais elles sont
faites pour ça. Les primaires, c'est un jeu artificiel, fait pour préempter l'élection présidentielle, la manipuler, saturer le jeu médiatique, faire que les Français se disent, on ne peut rien, en fait Sarkozy, Juppé étaient là en 1993, il y
a
25 ans. Ils ont été plusieurs fois au pouvoir pendant 15 ans.
ils
ont échoué, et bien on n'a rien d'autre. Les primaires,
c
'est fait pour faire croire aux Français qu'il n
'y
a pas d'autre choix
que
ceux qui ont déjà gouverné, ou alors l'aventure du Front National. Et je m'élève de toutes mes forces contre cette espèce de chape de plomb
qui
est sur la vie politique française et qui fait aujourd'hui que notre pays est en train de sombrer.
C
'est ça la réalité, parce que
je
veux insister sur un point, ce ne sont pas ceux qui ont créé les problèmes d'immigration, d'insécurité, de chômage, de régression sociale, qui vont régler le problème. Ils ne vont pas les régler.
Et
on va se retrouver avec une vie politique désastreuse. Donc je dis aux Français, il est encore temps, regardez mon projet, étudiez-le, reprenez en main votre destin politique. C'est la question fondamentale.
Et
pourquoi les autres pays le font et pas nous ? Pourquoi aux Etats-Unis qu'on aime ou qu'on n'aime pas Trump, d'ailleurs ? Pourquoi il y a le phénomène
Trump
?
Vous le citez
pas mal. C'est un modèle
ou
pas pour vous, Trump ? Non, pas la personne. Et pas obligatoirement toutes les idées. Mais simplement, ce que j'admire dans certaines démocraties anglo-saxonnes, c'est qu'un Cameroun, par exemple, 48 ans, qui a gouverné, qui a échoué, qui a été désavoué par le peuple, il se retire.
C
'est pas la politique à vie.
C'est pas forcément bien vu, d'ailleurs, le retrait
de Cameroun, au passage. Écoutez, il a le sens des responsabilités. La France est le seul pays
où
des hommes politiques qui ont échoué s'estiment de droit divin. Nous avons un vieux fonds monarchique, ça ne peut pas durer. Si les Français ne souffraient pas, très bien. Mais pourquoi
voter pour des gens qui vont faire souffrir ? On a le droit de perdre une élection,
Nicolas Dupont-Aignan. Écoutez, quand on a gouverné, bien sûr qu'on a le droit de perdre une élection, mais quand on a gouverné... Vous
aviez tenté de prendre
l
'UMP, vous avez été battu. Oui, mais j'ai pas gouverné. Excusez-moi,
j
'ai pas gouverné.
J
'ai pas créé des millions de chômeurs. J'ai pas créé 600 milliards de dettes. J'ai pas importé une immigration qui n'est pas assimilable, aujourd'hui. J'ai pas ce bilan catastrophique. Mais nous sommes dans un pays qui a abandonné la responsabilité politique à tous les niveaux. Le délinquant commet un délit, il n'est jamais responsable pour le juge. L'homme politique est malhonnête, il n'est jamais responsable. Écoutez, on ne peut pas gouverner un peuple. Quand on s'abstrait de tout esprit de responsabilité. Et moi, j'estime que dans toutes les démocraties du monde, il y
a
du renouveau. Pas pour renouveler, j'ai pas d'être plus jeune. C'est pas la question de la jeunesse. C'est la question d'idées nouvelles.
C'est
un
message
à Macron en passage ou pas
?
Oui, parce que Macron, il n'a jamais été élu par personne
qui
se présente à une élection locale. Déjà, on verra s'il se fait élire. Mais le cas vous intéresse ? Oui,
parce que Macron,
la démarche est respectable, puisqu'il dit, cette vieille gauche nulle qu'on a connue, je ne
vais
pas passer d'à là aussi dans les primaires. Je dirais que Macron, c'est mon équivalent à gauche. Il ne veut pas passer dans les primaires. Eh bien, il a raison. Parce qu'il vaut mieux 44 millions d'électeurs au premier tour
que
des sympathisants. Même si je respecte les sympathisants, qu'ils soient de gauche ou de droite. La vraie question, et Macron pose de vraies questions, j'ai un projet radicalement différent de celui de Macron. Mais moi, je rêve d'un débat avec Macron. Que les Français écoutent autre chose, voient autre chose, et puis après, ils choisiront. Moi, je me range à l'avis des Français, mais je veux qu'ils aient vraiment le choix.
On va lancer ce débat avec Emmanuel Macron sur l'antenne de Paris 1ère et de Radio Classique. Dernière question, Nicolas Dupont-Aignan. Les 500 signatures, vous les avez,
vous les cherchez. C'est en bonne voie. Beaucoup de maires me font confiance. Vous me posiez la question tout à l'heure de la différence avec le Front National. Il y en a une énorme. C'est que je suis maire depuis un certain nombre d'années. J'ai été réélu à 80% dans une ville de gauche. Autour de moi,
il
y a des maires expérimentés dont on ne parle jamais, qui ont des succès extraordinaires sur le terrain. Et la France,
elle
a plein d'atouts. Il y a plein de gens au niveau local qui font du bon boulot. Et pourquoi on ne parle jamais d'eux ? Eux, ils sont beaucoup plus capables d'être ministres que tous ceux qu'on a eus depuis un certain temps. Très franchement, si vous faites 5%, vous êtes content ou pas ? Mais pourquoi ce mépris ?
Non, pas du tout. Il n
'y a
aucun mépris dans la question. Vous doubleriez votre score. Mais je ferai beaucoup
plus.
Et pourquoi on ne peut pas changer la France ? Est-ce que les Français vont vivre avec ceux qui leur font du mal ? C'est du masochisme politique. Je leur dis de se libérer. Et vous verrez qu'on fera beaucoup plus.
Merci beaucoup Nicolas
Dupourouin
d'avoir été mon invité, le président de Debout la France sur Radio Classique et Paris 1ère.
C'était l'invité politique sur Radio Classique et Paris 1ère.
Nicolas Dupont-Aignan