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interviewBFMTV· 9 juin 2026 29 min

Bruno Retailleau estime "qu'il faut incarcérer plus et beaucoup plus tôt" après l'affaire Lyhanna

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bruno Renaud Retailleau, bonsoir. Il y a une émotion considérable. Elle est toujours là cette émotion, comme en témoigne cette marche blanche organisée à Saint-Jean d'Angélie ce soir.

Comment vous l'expliquez ? C'est humain. S'en prendre un enfant dans ces conditions-là, c'est le summum de la barbarie.

Quand on est parent, quand on a des enfants, quand on a des petits-enfants, les grands-parents pour pour cette marche blanche, on comprend exactement ce qu'ils ressentent. On ne s'en remet jamais. On peut punir l'individu qui a fait ça, il faut le punir, sévèrement.

Mais on ne s'en remet jamais. On reste avec une plaie ouverte toute sa cet individu visiblement n'a pas été puni assez tôt on aurait peut-être pu empêcher le drame qui est arrivé quelles sont vos solutions bien sûr on aurait dû l'empêcher on aurait dû l'empêcher parce que c'est même pas un dysfonctionnement. Il va falloir tout remettre à plat.

C'est un scandale d'État ? En tout cas, c'est un scandale point. Ça émeut tous les Français.

Le peuple français est en colère et je pense que là, il y a quelque chose qu'on a franchi, comme une limite. Et ils demandent des comptes. Mes solutions, ça sera de renverser vraiment la table, d'avoir une autre justice que celle qu'on a aujourd'hui.

Je ne veux pas dire, attention, qu'on comprenne bien beaucoup de magistrats, qui font très bien leur travail. Mais un, il faut réhabiliter la sanction. Le problème en France, c'est qu'on a inventé un droit à l'inexécution des peines.

Vous avez un juge d'application des peines qui défait ce qu'un juge au tribunal va faire. C'est pour ça qu'il y a tellement d'écarts entre les peines qui sont encourues, les peines qui sont prononcées et les peines exécutées. Moi, je propose la suppression du juge d'application des peines.

On est les seuls, d'ailleurs, avec l Italie, à avoir un juge d'application des peines. Ce que je propose, c'est qu'on incarcère plus, c'est qu'on incarcère beaucoup plus tôt, c'est qu'on revoit puisqu'on a beaucoup d'aménagement de peine. On incarcère en France, on donne des peines de prison.

Il n'y a plus de place dans les prisons. Oui, mais regardez ce qu'a fait la Hollande. D'abord, ils incarcèrent beaucoup plus tôt à population équivalente.

Ils donnent deux fois plus de peine que nous. Ils ont moitié moins de détenus. Pourquoi ?

Parce que, notamment pour la justice des mineurs, nous, on attend le dernier moment pour les incarcérés. C'est-à-dire qu'on les enferme dans un parcours de délinquance. Ils volent un œuf, un bœuf, etc., avec violences.

Et après, il y a un crime. Et c'est trop tard. Alors là, bien sûr, ils vont faire beaucoup de prison.

Donc moi, ce que je propose, c'est des peines de prison. Ils compilent des courtes peines dès les premiers délits graves. Comme ça, on peut empêcher des gens d'en commettre d'encore plus grave.

Donc un, on réhabilite la sanction. Il fera bien sûr construire des nouvelles prisons. On réforme complètement la justice des mineurs.

Croyez-moi, quand j'étais ministre de l'Intérieur, j'étais choqués parce qu'il y avait une explosion de violence pour les mineurs. Et ces mineurs-là, parfois, ils avaient 30 antécédents judiciaires. Ça veut dire qu'on leur avait assuré une forme d'impunité.

C'est plus possible. Dès les premiers délits, on les emprisonne des prisons, notamment et des peines d'une semaine, de deux semaines. Et puis il y a aussi autre chose.

Il y a la question de la responsabilité des magistrats. Il y a la question, là encore, de l'impartialité. Comment vous l'engagez, la responsabilité des magistrats ?

Vous avez proposé une cour qui jugerait les magistrats ? Oui, parce que je pense qu'on a un système aujourd'hui qui est le conseil supérieur, une cour disciplinaire. On a un conseil supérieur de la magistrature qui ne fonctionne pas vis-à-vis des sanctions.

Regardez l'an dernier, en 2024, sur les centaines de plaintes de justiciables, on a eu zéro renvoi en cours de discipline, en conseil de discipline. Et en 2025, sur des centaines de plaintes, il y a eu un se le renvoie en cours de discipline. Je ne parle pas des fautes, disons, de droit commun, c'est-à-dire que quelqu'un qui se jette sur une greffière où il y a des atteintes sexuelles.

Non, je parle de fautes dans l'exercice du métier de magistrats mais les magistrats y rendent en fonction des lois et je non non non non non non ce que je veux moi c'est pour des magistrats qui commettent des fautes notamment personnelles qu'ils aient une sanction et j'ai proposé une cour notamment de discipline, court disciplinaire, où il y aurait notamment des citoyens tirés au sort. Qui sanctionnent les magistrats ? Oui, parce que je vais vous dire, pour sanctionner aujourd'hui...

Il y aurait trois collèges. Il y aura un collège où vous Vous auriez des citoyens tirés au sort, un collège de magistrats et un collège de personnalités qualifiées. Qui juge les juges ?

Le problème, il est là la difficulté. Ça ne peut pas être l'État, ça ne peut pas être les parlementaires parce que l'État de droit nous obligent évidemment à avoir la séparation des pouvoirs mais comme la justice est rendue au nom du peuple français je pense que c'est important comme les jurys d'assises que le peuple français puisse avoir son mot à dire. Mais quelle est la responsabilité politique de ce gouvernement est-ce que gérard darmanin aurait dû présenter sa démission j'ai jamais voyez je j'hésite beaucoup moi à demander des têtes je n'aime pas ça un jour ça soit la vôtre qui soit c'est même pas pour ça c'est même pas pour ça mais vous aurez des élus qui à chaque pépin demandent à démission et alors ça dépend pas de nous toute façon il a fait les circulaires ça aurait été sans doute différent s'il y avait pas une circulaire le problème c'est que les circulaires n'ont pas été appliqués moi ce que je propose notamment pour le parquet vous savez il ya une petite musique qui veut que le parquet soit totalement indépendant les procureurs dont de la chancellerie et que l'on l'a qui a été votée, la loi Tirbira.

Exactement, oui, mais il y a une loi Tirbira, il y a des textes qui ont été votés pour modifier la Constitution. Moi je pense, autant les magistrats du siège, les juges d'instruction, doivent être totalement indépendants, mais autant il doit y avoir une politique pénale en France. Pourquoi ?

Parce que le garde des Sceaux, il est responsable devant le Parlement, devant les représentants des Français. Eh bien, justement, le ministère public, il représente la société. Donc quelque part, il doit être un un peu responsable devant le garde des Sceaux.

Justement, est-ce que le garde des Sceaux, il aurait dû de lui-même proposer sa démission au président de la République ? Ça lui appartient. Aujourd'hui, il n'y a pas de faute caractéristique.

Il y a des – Vous n'étiez pas à sa place, est-ce que vous auriez revu votre démission ? – Franchement je n'étais pas à sa place, franchement je n'étais pas à sa place. – Mais vous demandez quand même une commission d'enquête parlementaire. – Bien sûr, parce que, attendez, regardez, il y a des commissions d'enquête parlementaire sur tout et rien aujourd Un parlementaire se lève, il se réveille et il demande une commission d'enquête.

Là, vous avez la France qui est bouleversée. Vous avez le service public de la justice. Les Français n'y croient plus.

Les Français n'y croient plus. Il y a quelques moi. Je crois que c'est le Cevipof qui a sorti un sondage et pour 69 % de nos compatriotes, ils jugent la justice trop laxiste.

Donc là encore, il faut faire un point. Et si malheureusement, on doit avoir de la compassion pour la famille qui souffre, pour la victime qui n'est plus là. Mais nous, les hommes et les femmes politiques, notre boulot, c'est de prendre des décisions...

Pourquoi est-ce que vous ferez confiance ? Vous avez été ministre de l'Intérieur. Aujourd'hui, les policiers et les gendarmes sont noyés sous les plaintes, sous les dossiers.

Ils sont dépassés, ils sont surchargés. Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui vous ferez confiance alors que vous avez été aux manettes ? Oui, j'ai été aux manettes, mais je n'avais pas toutes les manettes, justement, puisque j'avais un président de la République qui était souvent opposé à mes orientations.

Ça ne vous a pas échappé, pas seulement sur l'Algérie d'ailleurs, sur l'immigration et autres. Je n'avais pas de majorité à l'Assemblée nationale, mais c'est les prochaines élections présidentielles qui vont permettre de renverser la table. Et pardon, mais regardez les policiers ou les gendarmes.

Ce qui choque les gens, c'est l'impunité des émeutiers le week-end il y a 10 jours et c'est en même temps le laisser passer pour un pédophile multisignalé. Donc moi je pense qu'on a une justice qui est une justice, sans doute faut-il changer la loi. Je ne m'en prends pas aux magistrats mais quoi qu'il y a une partie des magistrats qui est syndicalisé et politisé.

Vous voulez une courte disciplinaire donc vous en prenez quand même. Il y a le syndicat de la magistrature, pardon pour ne pas le nommer, est clairement politisé. En contradiction...

Il ne représente pas 100%, il représente 30 % des magistrats. Mais c'est tellement important ! C'est tellement important et d'ailleurs dans le conseil supérieur de la magistrature dont je demande la réforme, il y a un problème.

C'est que la haute hiérarchie judiciaire est très représentée parce qu'il n'y a pas un homme une voix aux élections professionnelles. C'est unique dans toute la fonction publique. Et donc, vous avez une mainmise pour l'évolution des carrières par les syndicats.

Et moi, je veux une justice non seulement indépendante mais impartiale et qui respecte la loi et l'ordonnance de 58 qui interdit toute délibération politique aux magistrats, y compris aux syndicats. Est-ce que c'est le cas ? Non, ce n'est pas le cas.

Vous restez avec nous Bruno Retailleau. Je rappelle que vous êtes aussi candidat à l'Élysée, à l'élection présidentielle puisque maintenant voici venu le moment de débattre avec Charles Consigny dans le signé Consigny comme tous les soirs à la même heure. Bonsoir Charles Consigny.

Vous nous rejoignez. Première question, est-ce que Bruno Retailleau, mon candidat à l'Élysée, est-ce qu'il ferait mieux qu'Emmanuel Macron ? Est-ce qu'il ferait mieux sur la sécurité et la justice ?

Je pense quand même. Il n'y a pas de mal, il faut dire qu'il n'y a pas de mal. Ce n'est pas vraiment me donner le point parce que l'angle mort quand même du président de la République, ça aura été pendant ces deux mandats.

La sécurité et la justice ? Le régalien bien sûr. Je pense quand même parce que en cette matière comme dans les autres, il faut choisir une direction.

Et la grande... le grand drame du macronisme, ça a été de ne jamais choisir de direction.

Et donc ça peut pas marcher ni sur la sécurité, ni sur la justice et pas tellement sur les autres sujets. Le seul sujet sur lequel ils ont été à peu près clairs, c'était l'attractivité du pays. Et là, ça a un peu fonctionné.

Donc ça montre qu'il faut choisir. Et je crois que Bruno Retailleau est plus clair dans ses options que ne l'est Emmanuel Macron ou tout candidat macroniste s'agissant de la sécurité. Néanmoins, moi je pense quand même qu'au fond, je ne sais pas si vous allez me rejoindre là-dessus.

J'ai écouté avec beaucoup d'intérêt la conférence de presse de l'avocat d'une autre victime de ce monsieur Barrella qui s'appelle Rosa. Et cet avocat a dit « il y a des enquêteurs et des magistrats qui sont désinvestis, des partisans du moindre effort ». Et moi effectivement je pense qu'on est à un tournant de l'histoire de notre pays et il faut mettre les pieds dans le plat sur tous les sujets.

Et effectivement comme avocat, quand je vais au palais de justice et qui arrive 16h45, je vois le palais se vider avec des gens qui courent pour se tirer de là, pour ne pas rester une minute de plus que le temps qu'ils sont censés passer dans leur bureau. Et je pense que, dans un pays comme le nôtre, avec les défis qu'on a en matière de sécurité et de justice, ça ne peut pas fonctionner. Donc ce que j'entrevois, moi, dans le drame qui est arrivé, c'est en fait la démobilisation du pays.

Et le fait que les gens ne veulent plus bosser, ne sont plus sur le pont, ne sont plus à leur poste, ne veulent plus faire leur boulot, et résultat des courses, le système ne peut pas fonctionner. – Mourad Retailleau, d'accord avec ça ? Il faut remettre aussi les magistrats et peut-être les policiers de travail ? – Je ne généraliserai pas parce que commistre de l'intérieur, j'ai vécu des moments difficiles où j'ai vu des enquêteurs, donc policiers ou gendarmes, qui agissaient d'ailleurs sous l'autorité judiciaire d'un procureur et autres, vraiment mobilisés, passer les nuits, des nuits, des week-ends.

Donc on ne peut pas généraliser. Ce que vous appelez effectivement cette démobilisation, moi je l'appelle la bureaucratisation. Et cette affaire en témoigne, je m'explique.

Aujourd'hui, on a un État totalement bureaucratisées, totalement bureaucratisées. Les commandes ne répondent plus. La preuve, le garde des Sceaux fait des circulaires, il dit qu'il va falloir prioriser les violences, notamment vis-à-vis des pédophiles, sur les mineurs. et en réalité, il n'est pas obéi.

Il n'y a pas d'effectivité. Et c'est ça parce que beaucoup, d'abord croulent effectivement sous les affaires et beaucoup ont perdu le sens de leur métier, de leur mission. Moi je passais beaucoup, beaucoup de temps, aller au contact des sapeurs-pompiers, des gendarmes, des préfets, des policiers pour leur rappeler leur mission.

Parce que souvent, ils se sont engagés, ils avaient un idéal, mais avec la complexité des procédures. Regardez, vous Vous êtes avocat. Dans la bureaucratisation, il y a un truc qui a amené à cette bureaucratisation, c'est la complexité des procédures.

Les histoires, le régime des nullités, pour un oui ou pour un non, pour un vice de forme, par exemple dans le narcotrafic, où souvent on a des avocats très très pointus, il arrive souvent que pour un rien du tout, vous annulez une procédure qui ôtait pourtant la conclusion de mois et des mois de plan, de travail. Et on peut remettre en liberté des délinquants. Donc c'est tout ça qu'il va falloir s'impliquer.

Débureaucratiser, ça veut dire moins de normes, etc. Et ça voudra dire aussi s'attacher à l'essentiel et pas à l'accessoire. À l'essentiel, c'est-à-dire le fond. le font.

Comment se fait-il que dans cette affaire de la petite Rosa, il n'y ait pas eu un coup de fil ? Il y a des transmissions qui mettent des mois et des mois, il n'y a pas un coup de fil. Les gens se sentent totalement démobilisés, c'est vrai.

Moi surtout dans l'affaire de la petite Rosa ce qui est insensé c'est que c'est dans cette affaire que la mère de l'enfant téléphonait chaque semaine à la brigade de gendarmerie et qu'elle s'était vue répondre que si elle continuait ils allaient finir par porter plainte pour pour harcèlement. Moi, il y a une autre chose que je demande et qu'on n'a pas là depuis le début, sauf erreur de ma part, de cette histoire, c'est des sanctions. Où sont les sanctions individuelles ?

Individuelles contre les par quétiers et les agents de gendarmerie, les effectifs de gendarmerie qui sont responsables de ce désastre. Moi je suis désolé. Il s'agit de foot professionnelle ?

Quand j'entends...

J'en entends beaucoup par exemple qui voudraient dire que c'est la responsabilité des politiques. Je trouve que ce serait beaucoup trop facile, je m'inscris en faux contre cette idée parce que pour le coup non, pour le coup c'est un défaut d'exécution de leur boulot par les gens qui étaient en charge de ces – Alors il y a une enquête administrative, on aura les conclusions le 19 juin. – Oui mais alors moi j'aimerais bien, je crois que c'est vous M.

Otaillot qui l'avez relevé, le conseil supérieur de la magistrature prononce à peu près 5 à 10 sanctions par ans. Et encore, pour des faits qui peuvent ne pas relever de la faute professionnelle, qu'ils peuvent relever parce qu'il y a eu un harcèlement sexuel de telle ou telle greffière, etc. Donc je citais tout à l'heure les chiffres.

Moi, je vous rejoins totalement. C'est la raison pour laquelle j'ai proposé une cour disciplinaire parce que je pense que le CSM ne fonctionne pas. Aujourd'hui, il est trop corporatiste.

Il est très syndicalisé. Est-ce que vous êtes pour revenir sur la loi Taubira sur l'indépendance des parquets ? Peut-être que vous venez de le dire dans l'interview.

Je pense que je suis, moi, pour qu'il y ait un lien entre le garde des Sceaux et le parquet parce que si on veut avoir une politique pénale, là, ça le montre. Il faut qu'il y ait une direction parce que, encore une fois, le parquet c'est le ministère public. Pour bien expliquer aux téléspectateurs, le ministère public, c'est-à-dire le procureur, il est chargé d d'abord de défendre les intérêts de la société.

Et les intérêts de la société, c'est les intérêts du peuple français. Eh bien, il faut qu'ils en répondent via le ministre. Mais donc, il faut qu'il y ait un lien.

Et je suis pour qu'on abroge la loi Taubira, qu'on abroge la loi Belloubet, qui ne nous permet pas aujourd'hui, pour des peines de prison de moins d'un an, d'emprisonner vraiment les gens. Voilà. Donc, c'est vraiment un laxisme Je trouve que, si vous voulez, les procureurs n'étaient pas considérés comme juges parce qu'ils étaient sous la dépendance hiérarchique du ministre de la Justice.

Et donc au sens du droit européen, ils ne pouvaient pas être appelés magistrats. Ça a fini par les vexés et donc ils ont voulu avoir leur indépendance. Mais je pense que ça n'a pas de sens, l'indépendance des procureurs parce que qu'est-ce que ça veut dire ?

Chacun fait sa tambouille dans son coin, qui décide de quoi ? Ça n'a aucun sens. Donc moi, je suis contre l'indépendance du parquet.

Mais je pense plus largement que vous dites les peines de moins d'un an qui doivent être exécutées, etc. C'est vrai. Mais je crois qu'on est quand même à un point de rupture maintenant en France où en fait il faut faire une espèce de une révolution intellectuelle presque sur la procédure pénale et le droit pénal.

C'est-à-dire, moi je pense qu'on a besoin d'un système comme a été appliqué au Salvador, un système extrêmement raide, où vous êtes sanctionné très durement dès votre première incartade. Parce que sinon, vous avez des gens qui passent plusieurs fois devant les tribunaux, qui ont du sursis, qui ont du ceci, qui ont du cela. Finalement, ils finissent par être sanctionnés quand c'est un sursis qui tombe, mais entre-temps ils ont eu le temps de s'enquister dans la délinquance et la criminalité.

Donc moi je pense qu'on doit maintenant inverser le système. – Est-ce que Retailleau c'est Boukele ? Est-ce que c'est le Salvador si vous arrivez à l'Elysée ?

Est-ce que vous renversez la table Est-ce que c'est la manière...

Renverser la table, oui. Non mais parce que c'est ce que veulent les Français aujourd'hui. Quand ils entendent qu'on va traiter 70 000 plaintes, personne n'est dupe, ça ne se fera pas, tout le monde le sait.

Déjà au moins traitons les plaintes du type de la petite Rosa. Un avocat nous disait qu'ils étaient en train d'écluser des affaires qui datent de 2014, mais sur ces 70 000 plaintes, soyons très concrets. Combien il y en a-t-il du même type que la petite Rosa ?

Je m'explique. Ou vous aviez eu justement des violences sexuelles, viol notamment avec un certificat, une enquête médico-légale. Donc elles étaient avérées puisqu'on a su qu'il y avait des lésions et que la petite Troza était même passée devant une psychologue.

C'est là, il y en a beaucoup moins de 70 000. Donc c'est possible de revoir ces milliers, mais à condition de s'attacher aux plus importants. J'ai proposé tout à l'heure, vous n'étiez pas là Charles Consigny, la suppression du JAP, du juge d'application des peines.

Parce que ça me paraît inconcevable qu'en France, il y a déjà un juge qui va juger au tribunal, il donne une peine, il prononce une peine, mais il y a un autre juge qui va défaire ce que le juge précédent avait déjà fait. Pour moi, c'est terminé et je suis, notamment pour la justice des mineurs, pour incarcérer beaucoup plus tôt, y compris sur des courtes peines, sinon on enferme les gens dans des parcours de délinquance. C'est pour ça que les narcotrafiquants, ils ont bien compris.

Pourquoi ils utilisent des gamins de 14, de 15 ans et de 16 ans ? Parce qu'ils risquent pas grand chose. D'accord, mais vous faites des propositions de fermeté, mais ceux qui nous regardent et qui veulent effectivement plus de fermeté, c'est ce que disent tous les sondages.

Ils estiment que la justice est trop laxiste, etc. Mais pourquoi ils voteraient Retailleau et vont voter Bardet là où Le Pen ? Parce que ceux qui incarnent aujourd'hui dans les mêmes sondages la fermeté notamment sur les questions régaliennes, c'est Bardet là et Le Pen.

Dans tous les sondages, ils arrivent en tête. Ils ont changé le Rassemblement national. Vous ne trouverez pas un sujet, y compris l'immigration puisqu'ils voulaient l'immigration zéro.

Vous ne trouverez pas un sujet sur lequel il n'ait pas changé d'avis. Sur la sécurité ? Oui, mais sur les propositions.

C'est un parti girouette. Nous, je pense que j'ai l'exercice du pouvoir. J'ai été ministre de l'Intérieur.

Je sais les verrou. Oui, mais vous, justement, vous avez un bilan. Eux, ils n'ont jamais été au pouvoir.

Donc, écoutez, M. Rotaillon, on l'avait au ministère intérieur. Il y a eu des succès, il y a eu des échecs.

On a une archive qui vous concerne, M. Rotaillon. Je termine juste.

C'est que je...

Ça sera dans mon projet présidentiel. Je ferai un référendum et je soumettrai une nouvelle politique pénale aux Français par référendum. C'est les Français, c'est pas Bruno.

Emmanuel Macron aussi avait promis des référendums, on ne les a jamais vus. Non mais oui, mais je suis pas ça vous a pas échappé. Justement Emmanuel Macron, je soumettrai au référendum juste la justice, la politique pénale que choisiront les Françaises et les Français.

Justement il y a un an vous étiez ministre de l'Intérieur, il y avait la finale de la Ligue des Champions avec des incidents. Voilà ce que vous disiez. Je suis en colère aujourd'hui, comme beaucoup de Français qui ne s'habituent pas, pas plus que je ne m'habitue à ce déchaînement de violence.

On ne peut plus avoir finalement de grandes fêtes sportives sans qu'il y qu'il y ait une mobilisation massive de forces de sécurité intérieures. Oui, ce sont des barbares. La réponse, c'est bien entendu une réponse pénale qui soit massive et efficace, pour redonner du sens à la sanction, je l'ai souvent dit d d'ailleurs, au niveau des plus jeunes. – Voilà, c'était il y a un an.

Un an après, ça recommence, l'homme qui était derrière vous est devenu ministre de l'Intérieur et alors en lunettes. Donc pourquoi est-ce qu'on vous ferait encore confiance ? – Attendez, qu'est-ce que je dis ? – Ça se reproduit les incidents de la violence qui s'est reproduit. – Je vous pensez qu'il pensait aux peines et à la peur des policiers ?

Je vous dis, il faut des vraies sanctions. Regardez pourquoi les gens sont écoeurés. Parce que le week-end, les émeutiers avec la deuxième étoile du PSG.

Vous avez plus de 570 arrestations, interpellations gardées à vue et vous avez trois petits cas d'individus qui ont fait des choses horribles qui vont faire de la prison ferme. Donc la sanction elle n'est pas au niveau. C'est ce que je viens de vous expliquer.

Deuxième élément, moi j'avais tiré les conclusions, d'ailleurs, de ce maintien de l'ordre. Et quand il y a eu le phénomène en septembre, souvenez-vous, on va bloquer la France, j'avais demandé aux policiers, aux gendarmes d'aller au contact, de ne plus attendre qu'on leur envoie des pavés pour réagir mais de réagir et d'aller au contact très vite. Et ça s'était vu d'ailleurs au niveau des images.

Vous retrouverez dans vos archives ces images et croyez — Oui, mais vous étiez ministre de l'intérieur. Ça a cassé quand même, Bruno Retailleau. — Mais écoutez, je ne vous dis pas que...

Bien sûr que c'est difficile. Ce que je vous dis, moi, c'est que je n'avais pas le pouvoir. Si demain, je changerai les choses parce que les les sanctions, grâce aux Français au référendum, seront justement au rendez-vous.

Et deuxième chose, le maintien de l'ordre. Il faut que les ministres de l'Intérieur prennent des risques. Je sais qu'on n'aime pas dire aux policiers et aux gendarmes...

Allez au contact. Parce que quand on va au contact, on risque parfois des pépins. Et c'est le policier qui en général...

Et en plus...

Exactement. Mais si on ne fait pas ça, on laisse faire. Moi, je n'ai pas de solution miracle non plus, mais je pense que s'agissant de ces émeutes comme s'agissant de tout le reste, la sécurité, ce n'est pas que la sécurité.

C'est-à-dire qu'il faut faire quelque chose de tous ces jeunes désœuvrés qui ne savent plus quoi faire d'autre que devenir cassé quand il y a des matchs que de tomber dans la délinquance et la criminalité ah je pense qu'on en a beaucoup qui sont bas je pense qu'on en a beaucoup faut le mettre en vacances oui je pense qu'il y en a beaucoup qui font rien de la journée vous voyez ce que je veux dire je pense qu'il y en a beaucoup qui font rien ensuite je pense qu'il faut là aussi faire des choix j'ai déjà eu l'occasion de citer ce chiffre le budget de la justice c'est 10 milliards d'euros le budget de la protection sociale c'est 650 50 milliards d'euros. Bon, il faut peut-être qu'on se demande...

Vous voyez ce que je veux dire ? Les Français, ce qu'ils disent, c'est qu'eux ne se sont pas résignés à l'écroulement du service public de la justice. La réalité, c'est que les politiques comme les professionnels du droit, juges, avocats, tout le monde, en gros on sait qu'on a une machine judiciaire qui est complètement embolisée.

Si on avait un hôpital dans le même état que la justice, on aurait des patients qui mourraient tous les jours dans le couloir, faute de pouvoir être soigné. C'est ça la réalité, c'est-à-dire qu'on ne tolèrerait pas une seconde ce qui se passe dans la justice, dans un autre service public plus vital comme l'hôpital. Donc, c'est qu'en réalité, il suffirait qu'on prenne un tout petit peu sur les dépenses de protection sociale pour doubler le budget du ministère de la Justice.

Mais ça, c'est aussi un choix collectif que les Français doivent faire. Est-ce qu'ils veulent sortir de leur société – Peut-être, non mais je n'ai pas de réponse. – On est encore convaincu, complètement. – Non mais c'est pas ça, c'est que… – Je vais vous dire, je vais vous dire, moi par exemple, j'ai vu M.

Retailleau que vous proposiez la suppression de 250 000 postes de fonctionnaires. François Fillon proposait 500 000. Moi, je pense qu'il faut un million, parce qu'on a un million de fonctionnaires en plus qu'en Allemagne, alors qu'on n'est qu 15 millions de personnes en moins.

L'Allemagne n'est pas un pays sous-administré. Et donc, moi, ce que je lui dis, c'est de passer la seconde, si vous voulez, c'est d'être beaucoup plus radical. Parce que je pense qu'il y a dans le pays maintenant à une exaspération.

Et il faut, il faut à tout prix, à mon sens, porter des propositions qui soient vraiment fortes. Mais je suis d'accord pour renverser la C'est un candidat demi-teinte. Simplement, non.

Simplement, ce que je dis, c'est que vous l'avez dit vous-même, il faut des services publics qui fonctionnent. Police, gendarmerie, juge, on a des carences. Oui, mais on ne peut pas mettre de l'argent partout aussi.

Mais on est d'accord, c'est pour ça qu'un million, on ne le fera pas un million, ce n'est pas la peine. Moi je veux proposer des choses dont je suis certain que je tiendrai. Par exemple, sur les normes, ça, ça ne coûte rien.

Mais on est un pays où on paye pratiquement les normes. En France, ça nous coûte pratiquement 20 fois plus que l'Allemagne. L'Allemagne, ce n'est pas la Chine.

Donc là, croyez-moi, en termes de code, en veux-tu, en voilà, j'en ai marre. Il fera réviser la Constitution, le principe, par exemple, de précaution, le code du travail, il faudra revenir à des choses...

Le principe de précaution qui avait été mis dans la Constitution par un homme de droite, Jacques Chirac. Oui, parce qu'au départ, l'intuition était peut-être bonne en disant il faut faire attention à l'environnement, mais on a un principe qui est majeur dans notre droit, cher maître. C'est le principe de responsabilité.

Moi je veux une société qui crée avec de l'audace, qui prenne de l'initiative et ce principe de précaution a tout verrouillé. Je veux déverrouiller les choses. On parlait de Jean-Luc Luc Mélenchon, remontrons les images de son premier grand meeting dimanche à Saint-Denis.

Il y avait du monde, entre 10 et 20 000 personnes sur ce parvis de la la basilique. Vous pourriez remplir autant de monde ? Bruno Rotaillot, aujourd'hui, j'ai l'impression que la dynamique est plutôt du côté de Mélenchon, depuis qu'il s'est déclaré candidat.

Ça, c'est une dynamique très particulière. M. Mélenchon est un vrai danger pour la République.

Et ce sera mon premier adversaire. La nouvelle France de M. Mélenchon, c'est une France racialisée.

Vous savez quand il parle à à Toulouse, tout blanc, tout moche. Quand ces sbires et Mahassan interprètent et analysent les faits de société, les liens sociaux à travers la couleur de peau, je me dis que le premier racialiste de France, c'est M. Mélenchon.

Quand on parle de créolisation...

Mais Mélenchon, c'est peut-être que Bardella ? Est-ce que je peux faire une objection ? J'ai une objection quand même, parce que je suis d'accord avec vous sur le fond, mais moi je trouve quand quand même, je reconnais quand même à Mélenchon une capacité à embarquer dans la politique des gens auxquels les autres partis politiques ne parlent plus, voire des gens qui se sentent exclus par les autres partis politiques.

Je pense que la droite devrait trouver quelque chose pour embarquer aussi ceux qui aujourd'hui sont sensibles à ce qu'ils perçoivent comme finalement une espèce de main tendue de la part de Mélenchon. Moi j'avoue que j ai trouvé son meeting assez bluffant et je me suis dit les autres ont du pain sur la planche. Charles Consigny, pas à ce prix-là, pas à ce prix de la violence, pas à ce prix de la racialisation des rapports sociaux, pas à ce prix de l antisémitisme, ça n'est pas possible.

La République, Bruno Retailleau, vous avez plus peur aujourd'hui de Jean-Luc Mélenchon que de Jordan Bardella ? Aujourd'hui, le racialisme, l'antisémitisme, la violence assumée. Regardez ce qui s'est passé la jeune garde.

Vous avez plus peur de Mélenchon que Bardella ? Eh bien, je dis qu'objectivement c'est fait là. Oui, mais je vous l'ai déjà dit.

Je l'ai dit. Donc si il y avait un deuxième tour, Mélenchon-Bardella, vous voteriez Bardella ? Non, non, je serai au deuxième tour.

Vous verrez ce soir, je fais mon meeting de lancement le 20 juin, c'est une date importante, le 20 juin, et bien vous verrez. Et demain, je vous serai au second tour, et je battrai qui que ce soit, que ce soit M. Mélenchon ou M.

Bardella ou Mme Le Pen, je la battrai. Merci Bruno Retailleau. Pour moi, vous êtes à 7 à 10 % dans les sondages, donc loin du deuxième Ah mais vous savez, je me souviens en 2017, un an avant, Alain Juppé était à 34 % et François Fillon à 7%.

Je fais mieux que François Fillon pour l'instant. Merci Bruno Rotaillot. Il faut aller plus loin que lui sur le programme.

Merci d'avoir été j'irai vous payez vos costards oui oui absolument je veux pas dire la marque c'est une marque très excessive voyez j'aurais pu la montrer à l'antenne mais c'est pas bien de faire la publicité pour les marques merci