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InterviewRadio J — L'interview politique· 21 mai 2025 14 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseImmigration & asileÉconomie & entreprises

Benjamin Haddad - Le Barbier du matin du 21/05/25

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    C'est une manière aussi de fermer la porte, communiquer comme un des présidents du président français, des premiers ministres britanniques et canadiens hier.

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Des mesures concrètes, je cite, seraient prises contre Israël si l'aide humanitaire ne reprenait pas. Qu'est-ce que ça veut dire des mesures concrètes ?

  • 1:50RelanceRéponse directe

    L'aide humanitaire reprend, là, au compte-gouttes, le message a été entendu par Israël ? Ou c'est insuffisant ?

  • 2:11RelanceRéponse directe

    En revanche, exil de tous les combattants du Hamas, libération de tous les otages, ça c'est accessible.

  • 2:34OuverteRéponse directe

    Aujourd'hui, l'accord d'association Union Européenne Israël, qui encadre la circulation des biens, cet accord est-il menacé ?

  • 3:06OuverteRéponse directe

    La France s'associe, vous vous associez, à un élan de lutte contre l'antisémitisme, notamment par le contrôle des fonds européens, qui pourrait être mal dirigé. Concrètement, qu'est-ce que ça va prendre comme forme ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25Invité politiqueFait
    « Vous le savez, les chefs d'État européens ont demandé la reprise de l'aide humanitaire et veulent fondamentalement trouver une issue politique à cette guerre »
  • 0:34Invité politiqueFait
    « qui a été commencée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 »
  • 0:42Invité politiqueFait
    « et relancer un dialogue qui pourra mener à la création de deux États, l'État d'Israël qui vira aux côtés, en sécurité, d'un État palestinien souverain. »
  • 1:03Invité politiqueFait
    « il y aura le mois prochain à New York une conférence internationale sur la question de l'État palestinien, de la reconnaissance. »
  • 1:22Invité politiqueFait
    « reconnaissance de l'État palestinien conditionnée à la libération des otages, au désarmement du Hamas, à la relance d'une dynamique politique et de réforme aussi de l'autorité palestinienne en Cisjordanie »
  • 2:40Invité politiqueFait
    « la représentante de l'Union Européenne, Kayakayas, a annoncé que la Commission Européenne examinerait le respect par Israël de l'article 2 de cet accord d'association »
  • 2:51Invité politiqueFait
    « l'article 2 qui vise notamment le respect des droits humains. »
  • 3:19Invité politiqueFait
    « ça fait typiquement partie des exemples. »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « C'est une initiative que j'ai lancée pour dire de façon très claire que pas un euro d'argent public européen doit être utilisé pour aller financer les ennemis des valeurs européennes. »
  • 3:47Invité politiqueFait
    « dans le cadre d'Erasmus avec l'université turque de Gazantiep, on a vu des dizaines de millions d'euros qui ont pu aller vers des ONG proches des frères musulmans. »
  • 4:55Invité politiqueFait
    « Déjà, je trouve que c'est très important qu'on puisse avoir la publication de ce rapport. »
  • 5:08Invité politiqueFait
    « qui montre que nous avons aujourd'hui dans certains quartiers, dans des associations, dans des clubs sportifs ou des établissements scolaires, un entrisme des frères musulmans pour imposer une idéologie qui est contraire aux valeurs républicaines sur notre territoire. »
  • 5:25Invité politiqueFait
    « ces dernières années, on a renforcé déjà les outils avec la loi séparatisme, précisément pour lutter contre ça. »
  • 6:03Invité politiqueFait
    « Au moment où on est sous pression des Etats-Unis, de la Chine ou les autres accélèrent, on ne peut pas accepter qu'on continue à mettre des normes, des contraintes de la bureaucratie sur nos entreprises. »
  • 6:35Invité politiqueChiffre
    « les PME, la CSRD, la CS3D, c'est parfois des milliers, des dizaines de milliers de données à aller collecter et rapporter pour ces entreprises »
  • 6:54Invité politiqueFait
    « On a demandé à nos constructeurs de passer à l'électrification. »
  • 7:07Invité politiqueFait
    « en 2024, vous le savez, la demande pour les véhicules électriques a chuté sur les marchés »
  • 7:25Invité politiqueFait
    « Donc, nous avons obtenu la suspension de ces amendes. »
  • 8:25Invité politiqueFait
    « je crois que la façon dont le débat politique est structuré, c'est que vous avez aujourd'hui trois pôles. »
  • 8:30Invité politiqueFait
    « Vous avez un pôle de gauche qui est dominé par l'extrême gauche. Vous avez l'extrême droite du Rassemblement National et un pôle central. »
  • 10:00Invité politiqueFait
    « Je ne veux pas que la France ait à choisir entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. »
  • 13:24Invité politiqueFait
    « Vous faites référence à ce sommet qu'il y a eu lundi entre l'Union Européenne et le Royaume-Uni qui a permis d'avancer sur un certain nombre de sujets qui étaient toujours des héritants liés au Brexit. »
  • 13:35Invité politiqueFait
    « Notamment de pouvoir protéger et défendre nos pêcheurs et donc d'étendre le statu quo sur la pêche qui avait été acté à la fin de Brexit jusqu'en 2038. »

Temps de parole

  • Benjamin Haddad84 %
  • Présentateur16 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Benjamin, bonjour et bienvenue sur Radio-J. C'est une manière aussi de fermer la porte, communiquer comme un des présidents du président français, des premiers ministres britanniques et canadiens hier. Des mesures concrètes, je cite, seraient prises contre Israël si l'aide humanitaire ne reprenait pas. Qu'est-ce que ça veut dire des mesures concrètes ?

0:23
Benjamin Haddad

Déjà, rappelons la situation. Vous le savez, les chefs d'État européens ont demandé la reprise de l'aide humanitaire et veulent fondamentalement trouver une issue politique à cette guerre qui a été commencée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et relancer un dialogue qui pourra mener à la création de deux États, l'État d'Israël qui vira aux côtés, en sécurité, d'un État palestinien souverain. Et ça commence par de l'aide humanitaire. Et ça commence par mettre une fin à cette guerre. Ça va retrouver les voies d'un cessez-le-feu, la libération de tous les otages et l'entrée de l'aide humanitaire pour la population civile de Gaza.

Maintenant, là, ce dont il parle, vous le savez, il y aura le mois prochain à New York une conférence internationale sur la question de l'État palestinien, de la reconnaissance. L'objectif est de créer, en fait, une dynamique de reconnaissance mutuelle, c'est-à-dire d'avoir, par des États européens ou d'autres, reconnaissance de l'État palestinien conditionnée à la libération des otages, au désarmement du Hamas, à la relance d'une dynamique politique et de réforme aussi de l'autorité palestinienne en Cisjordanie, en échange de la normalisation des relations entre Israël et les pays arabes, et notamment, on le sait, l'Arabie saoudite, puisqu'il y avait déjà cette dynamique de normalisation.

Il y avait eu les accords d'Abraham, bien sûr, avec les Émirats arabes unis ou encore le Bahreïn, et une dynamique déjà de dialogue entre Israël et l'Arabie saoudite. L'aide humanitaire reprend, là, au compte-gouttes, le message a été entendu par Israël ? Ou c'est insuffisant ? Il le faut, il faut que l'aide humanitaire reprenne, et fondamentalement, vous savez, il faut savoir mettre fin à une guerre. À un moment, quelle est l'issue politique que souhaite le gouvernement de Benjamin Netanyahou aujourd'hui ? Proposer un plan de conquête de Gaza, avec le déplacement des populations, c'est une fuite en avance.

2:11
Présentateur

En revanche, exil de tous les combattants du Hamas, libération de tous les otages, ça c'est accessible.

2:16
Benjamin Haddad

Mais vous savez que ça, la France et les Européens ne cessent de le répéter depuis le premier jour, la libération des otages, et bien sûr, le désarmement du Hamas, qui ne peut pas faire partie de la gouvernance de la bande de Gaza. Mais à un moment, conquérir la bande de Gaza, ou proposer le déplacement des populations, c'est évidemment une voie totalement sans issue, totalement sans issue.

2:34
Présentateur

Aujourd'hui, l'accord d'association Union Européenne Israël, qui encadre la circulation des biens, cet accord est-il menacé ?

2:40
Benjamin Haddad

Alors, hier, vous avez vu, la représentante de l'Union Européenne, Kayakayas, a annoncé que la Commission Européenne examinerait le respect par Israël de l'article 2 de cet accord d'association, c'est la demande d'un certain nombre d'états membres, de 17 états membres, dont la France, l'article 2 qui vise notamment le respect des droits humains. Donc, il va y avoir aujourd'hui cette instruction de la Commission Européenne.

3:01
Présentateur

La France s'associe, vous vous associez, à un élan de lutte contre l'antisémitisme, notamment par le contrôle des fonds européens, qui pourrait être mal dirigé. Concrètement, qu'est-ce que ça va prendre comme forme ? Par exemple, le projet de Coran européen, 9,8 millions d'euros de financement,

3:17
Benjamin Haddad

est-ce que vous l'avez dans le viseur ? Alors, ça fait typiquement partie des exemples. Donc, c'est une initiative que j'ai lancée pour dire de façon très claire que pas un euro d'argent public européen doit être utilisé pour aller financer les ennemis des valeurs européennes. L'Europe, qu'est-ce que c'est ? C'est une union d'états de droit, de démocratie, de liberté, d'égalité. Et donc, on ne peut pas accepter que des programmes pour financer des associations, des programmes éducatifs aillent vers des associations qui sont liées aux frères musulmans ou à l'antisémitisme.

On l'a vu, par exemple, dans le cadre d'Erasmus avec l'université turque de Gazantiep, on a vu des dizaines de millions d'euros qui ont pu aller vers des ONG proches des frères musulmans. Et donc, je vais présenter, dans les prochains jours, avec des collègues européens, une initiative qui visera un meilleur contrôle, un meilleur filtrage des fonds européens. Encore une fois, pas un euro pour les adversaires de l'Europe. Combien de temps pour que cette initiative permette de trier le bon grain de livret ? Écoutez, moi, je crois que ça doit être très rapide.

Il faut fondamentalement qu'il y a aujourd'hui une opacité, en fait, dans les fonds européens, notamment qui vont vers les associations et les ONG. Donc là, nous, on va exiger une... Ça a été d'ailleurs souligné par un rapport de la Cour des comptes européenne et après par des travaux aussi de nombreux parlementaires nationaux comme européens.

Donc là, il faut qu'il y ait en amont un meilleur contrôle avec vraiment une charte de valeur extrêmement claire et qu'il y ait une meilleure transparence aussi après sur la façon dont tous ces fonds ont pu être utilisés pour qu'on puisse avoir un retour d'expérience et dire là, clairement, ces fonds qui sont allés vers cette association, c'est inacceptable et qu'on puisse rompre tout de suite les financements.

4:48
Présentateur

Vous citiez les frères musulmans. Un rapport est sorti hier sur le cas français. Est-ce que vous êtes inquiet, angoissé, surpris par l'ampleur de constats de ce rapport ?

4:55
Benjamin Haddad

Déjà, je trouve que c'est très important qu'on puisse avoir la publication de ce rapport. C'était l'initiative du ministre de l'Intérieur Bruno Rotaillot qui a demandé ce rapport à un préfet et à un diplomate. Gérald Darmanin l'avait demandé avant. Gérald Darmanin avait travaillé effectivement dessus avant et qui montre que nous avons aujourd'hui dans certains quartiers, dans des associations, dans des clubs sportifs ou des établissements scolaires, un entrisme des frères musulmans pour imposer une idéologie qui est contraire aux valeurs républicaines sur notre territoire. Et là-dessus, il faut être d'une vigilance et d'une fermeté absolue.

Vous le savez, ces dernières années, on a renforcé déjà les outils avec la loi séparatisme, précisément pour lutter contre ça. Parce que vous avez la question du terrorisme, le passage à l'acte violent, mais vous avez aussi une dimension idéologique avec des territoires qui sont perdus face à une offensive idéologique. Que ce soit la dissolution des associations, des lieux de culte qui sont liés à l'islam radical, que ce soit la possibilité d'expulser des imams, de faire la transparence sur les flux financiers, il faudra aller plus loin. C'est un combat permanent. Vous avez lancé

5:57
Présentateur

un autre combat dans le journal du dimanche. Vous dites que sur l'excès de normes au niveau européen, vous allez agir. Mais comment allez-vous faire concrètement ?

6:03
Benjamin Haddad

Alors, il faut se dire les choses. Au moment où on est sous pression des Etats-Unis, de la Chine ou les autres accélèrent, on ne peut pas accepter qu'on continue à mettre des normes, des contraintes de la bureaucratie sur nos entreprises. Au contraire, libérons-les, donnons-leur les moyens de pouvoir conquérir les marchés et de faire face à la concurrence internationale.

Donc, nous, ce qu'on a demandé et on commence à obtenir gain de cause de la part de la Commission européenne, c'est de rouvrir un certain nombre de textes comme des textes qui pèsent de réglementation environnementale sur les entreprises, les PME, la CSRD, la CS3D, c'est parfois des milliers, des dizaines de milliers de données à aller collecter et rapporter pour ces entreprises, de rouvrir et de simplifier drastiquement et de mettre juste du bon sens et du pragmatisme dans nos textes. Un autre combat que la France a gagné récemment, vous savez, constructeurs de véhicules électriques. On a demandé à nos constructeurs de passer à l'électrification.

Ils le font, ils investissent et tant mieux, c'est bon pour l'environnement, c'est bon pour la compétitivité aussi, pour la souveraineté de notre continent. Le problème, c'est que en 2024, vous le savez, la demande pour les véhicules électriques a chuté sur les marchés et donc ces entreprises se retrouvent à devoir payer des amendes alors qu'elles ont fait les investissements parce que la demande a baissé ou sinon, pour ne pas payer des amendes, à devoir acheter des bons carbones aux concurrents américains et chinois qui ne font que de l'électrique, c'est-à-dire BYU ou Tesla. Là, on marche sur la tête. Donc, nous avons obtenu la suspension de ces amendes.

Donc, sur tous ces textes, simplifions mais en profondeur la vie de nos entreprises, de nos industriels, de nos entrepreneurs pour faire en sorte, encore une fois, que l'Europe puisse défendre sa compétitivité.

7:40
Présentateur

À propos de défense de l'Europe, 2 euros par colis pour Chine et Temus, ça va les faire rigoler quand même, c'est pas grand-chose.

7:47
Benjamin Haddad

Oui, ça fait déjà partie d'une première étape. C'est une première étape qui peut aussi d'ailleurs générer des revenus pour l'Union Européenne parce que vous savez qu'un des enjeux majeurs, je serai moi-même à Bruxelles juste après cette émission pour avoir des débats sur le prochain budget européen, c'est la façon dont on va générer des ressources propres pour l'Union Européenne lors du prochain budget. Ça, ça en fait partie.

8:07
Présentateur

Le macronisme trouvera probablement une fin dans les mois qui viennent. C'est la porte-parole du gouvernement qui a dit cela hier, Sophie Primas. Alors, vous lui avez répondu sur le fond, sur les réseaux sociaux. Sur le fond, vous lui avez dit « La France aura toujours besoin de dépassement, d'audace et d'action au service des Français ». Oui, mais on voit ce qu'elle veut dire. Le clivage droite-gauche est en train de se reconstituer à vive allure.

8:24
Benjamin Haddad

J'en suis pas sûr. Au contraire, je crois que la façon dont le débat politique est structuré, c'est que vous avez aujourd'hui trois pôles. Vous avez un pôle de gauche qui est dominé par l'extrême gauche. Vous avez l'extrême droite du Rassemblement National et un pôle central. Et c'est pour ça que j'ai toujours plaidé pour qu'on fasse coalition avec les Républicains. Moi, je souhaite qu'on travaille avec les Républicains. Je viens de la droite, je suis libéral, mais je crois aussi à cette aventure du dépassement où on met des gens de bonne volonté qui veulent réformer le pays, qui veulent défendre une France forte au sein de l'Union européenne, qui sont attachés aux valeurs républicaines.

Quand on fait coalition, il faut que ça se fasse dans le respect, dans le respect des diversités, des opinions de chacun.

9:03
Présentateur

Cette coalition, on voit qu'elle s'est constituée entre LR et la majorité macroniste, mais où aller vers la gauche ? La gauche n'est pas rentrée dedans cette fois-ci.

9:10
Benjamin Haddad

Jusqu'où vous l'emmenez vers la gauche ? Ça, c'est la responsabilité du Parti Socialiste et à un moment, c'est un choix profond à faire pour les socialistes. Est-ce qu'ils veulent redevenir le parti de gouvernement responsable qu'ils ont été pendant des décennies ou est-ce qu'ils veulent continuer à faire la course avec la France Insoumise ? Ça va se jouer là au Congrès du PS ? Ça se jouera peut-être au Congrès du PS, ça se jouera peut-être après. Moi, je crois que quand on voit la dérive antisémite, violente, anti-institutionnelle de la France Insoumise, il faut que la gauche de gouvernement acte une rupture extrêmement claire.

9:44
Présentateur

Est-ce que vous pensez qu'il est possible d'éviter ce bloc d'extrême droite contre ce bloc d'extrême gauche à la prochaine présidentielle si on ne trouve pas une méthodologie pour choisir un candidat commun, un programme commun ?

9:55
Benjamin Haddad

Ce choix, il serait mortifère pour notre pays et c'est précisément ce contre quoi je me bats et je m'engage. Je ne veux pas que la France ait à choisir entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. C'est pour ça qu'on a, je crois, besoin d'avancer ensemble. On a besoin de faire alliance. J'espère qu'on trouvera une façon de faire alliance à la fois à l'élection présidentielle mais même sur d'autres scrutins. On va avoir des scrutins locaux comme les élections municipales qui peuvent préfigurer d'ailleurs. J'espère qu'on aura aussi un mécanisme de sélection du candidat qui peut être une grande primaire ouverte, qui peut être autre chose, un accord.

Mais moi, je souhaite encore une fois comme on le fait aujourd'hui au gouvernement qu'on puisse continuer à travailler avec les Républicains.

10:31
Présentateur

La réflexion de Sophie Prima, on le voit, vient aussi du fait qu'Emmanuel Macron ne peut pas se représenter. Il y aura peut-être un dépassement dans deux ans mais il ne s'appellera plus macronisme.

10:40
Benjamin Haddad

Il s'appellera, je ne sais pas comment il s'appellera mais moi je crois que le macronisme, c'est-à-dire encore une fois le dépassement, l'attachement à la réforme économique, à la liberté, à l'Europe, il continuera de marquer profondément tous ceux qui se sont engagés, qui se sont reconnus dans cette aventure politique depuis 2016-2017 et je ne crois pas que ce soit une parenthèse, je crois que ça continuera profondément au-delà et d'ailleurs je ne pense pas que c'était un accident en 2017. Ce n'est pas une parenthèse ?

Non parce que, vous savez, au fond, ceux qui disent ça, c'est ceux qui pensent que l'élection de 2017 c'était un peu un accident, c'était lié aux affaires de l'époque, à ce qui est arrivé à la campagne de François Fillon, je crois qu'il se passait quelque chose de beaucoup plus profond dans notre pays, vous aviez une droite qui était divisée entre certains qui ont rejoint le Rassemblement National après qui sont allés rejoindre des idéologies libérales anti-européennes et ceux qui ont rejoint Emmanuel Macron et pareil au fond à gauche. Vous aviez des gens qui venaient d'une gauche sociale-démocrate réformiste et d'autres qui sont allés faire l'alliance avec Jean-Luc Mélenchon.

Vous voyez bien qu'à gauche comme à droite à l'époque, il n'y avait pas de cohérence, de cohésion sur le plan de la doctrine, sur le plan du fond. C'est ce qui a créé aussi après ce bloc en marche autour d'Emmanuel Macron. Je crois encore une fois que c'est quelque chose de pérenne. Qui a un avenir. Est-ce à dire qu'Emmanuel Macron devra désigner un dauphin ? Choisir l'héritier ? Généralement, vous savez que ce n'est pas comme ça que ça se fait. Mais au-delà de ça, je crois que ce n'est pas encore le moment. Je suis engagé pour les deux prochaines années. Je crois qu'on a encore énormément de choses à faire. Il faut continuer de réformer en profondant notre pays parce que le temps presse.

Parce qu'on voit encore une fois qu'on est dans un moment de bascule, de bascule géopolitique, économique. Donc on doit continuer de réformer. On doit continuer d'agir au niveau européen, au niveau international. Et ça, c'est ma priorité absolue

12:19
Présentateur

son élection triomphale à la tête des LR. Dans quel état l'avez-vous trouvé ?

12:23
Benjamin Haddad

Je l'ai félicité. J'ai beaucoup d'estime et d'amitié pour Bruno Retailleau qui fait vraiment un excellent travail en tant que ministre de l'Intérieur. On travaille beaucoup sur les questions d'immigration notamment et de contrôle des frontières puisque vous savez qu'il y a un volet européen qui est absolument fondamental et là-dessus, on porte des initiatives comme la mise en œuvre du pacte des immigrations, comme le fait de renforcer nos leviers externes, la conditionnalité des visas, de l'aide au développement, des accords commerciaux au niveau européen pour faire pression sur les pays de départ qui ne respectent pas leurs engagements, qui ne reprennent pas leurs ressortissants expulsés.

Et là, c'est une action que nous menons en commun avec Bruno.

12:58
Présentateur

Si c'est lui dans deux ans

12:59
Benjamin Haddad

qui se dégage,

13:00
Présentateur

il pourrait être votre candidat ? Sur la base d'un programme négocié. Je crois que ce n'est pas aujourd'hui, ce n'est pas sur le plateau qu'on va commencer à faire les accords de coalition. Sur la forme, vous avez reproché à Sophie Primaz de ne pas être loyale au chef de l'État alors qu'elle est dans un gouvernement. Vous demandez sa démission comme Bruno Muselier ?

13:15
Benjamin Haddad

Non, mais je crois que l'incident est clos encore une fois. Je me suis exprimé.

13:19
Présentateur

Un dernier mot, Britannique et Union Européenne se reparlent. On va faire le Brexit à l'envers ?

13:23
Benjamin Haddad

C'est une bonne nouvelle. Vous faites référence à ce sommet qu'il y a eu lundi entre l'Union Européenne et le Royaume-Uni qui a permis d'avancer sur un certain nombre de sujets qui étaient toujours des héritants liés au Brexit. Notamment de pouvoir protéger et défendre nos pêcheurs et donc d'étendre le statu quo sur la pêche qui avait été acté à la fin de Brexit jusqu'en 2038. Ça, c'est une bonne nouvelle. De pouvoir aussi rapprocher sur les questions de défense et de sécurité, l'Union Européenne et le Royaume-Uni. Je crois que dans ce moment de turbulence géopolitique, on a besoin bien sûr de construire notamment l'Europe de la défense avec les Britanniques et d'avancer ensemble.

Benjamin Haddad, vous reviendrez. Avec plaisir. Merci, bonne journée, bon voyage à Bruxelles.