Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewJean-Luc Mélenchon· 22 octobre 2021 86 min

Intervention de Jean-Luc Mélenchon devant l'Assemblée de Guyane - #MelenchonGuyane

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Mais il y a avant toute chose le collègue Lucien Alexander qui vient de me faire une proposition. Je n'ai pas eu le temps de l'examiner dans son intégralité, mais en la parcourant comme ça en diagonale, je me suis dit que ça ne serait pas inintéressant que je lui laisse la parole pour pouvoir introduire cette séquence. Lucien, il a l'art et la manière de nous faire de belles surprises par moment. Donc j'espère que ça en sera une aujourd'hui et qu'on ne sera pas déçu de sa prise de parole l'imminéant. Donc si vous en êtes d'accord, il n'y a pas de projet d'ordre du jour, c'est sans filet. Donc on va lui donner la possibilité de s'exprimer. Lucien, si tu veux bien. Merci, Président.

Tu as entendu, on te fait confiance. Merci, Président. M. Mélenchon, bonjour. Bienvenue. Côté nous. On te fait confiance. Mes amis, c'est juste un texte de Mario de Andrade, un poète romancier, essayiste et musicologue brésilien qui, à un moment donné de sa vie, a écrit le texte que je vais vous dire. Mon âme a un chapeau. J'ai compté mes années et j'ai découvert que j'ai moins de temps à vivre à partir de maintenant que ce que j'ai vécu jusqu'à présent. Je me sens comme ce petit garçon qui a gagné un paquet de friandises. La première, il la mangeait avec plaisir. Mais quand il s'aperçut qu'il lui en restait peu, il commença réellement à les savourer profondément.

Je n'ai plus de temps pour des réunions sans fin où nous discutions des lois, des règles, des procédures et des règlements, sachant que cela n'aboutira à rien. Je n'ai plus de temps pour supporter des gens stupides qui, malgré leur âge chronologique, n'ont pas grandi. Je n'ai plus de temps pour faire face à la médiocrité. Je ne veux plus être dans des réunions où défilent des égaux agrandis. Je ne tolère plus les manipulateurs et les opportunistes. Je suis mal à l'aise avec les jaloux qui cherchent à nuire aux plus capables d'usurper leur place, leur talent et leur réalisation. Je déteste, si je suis témoin, des défauts qui engendrent la lutte pour un travail de haute position.

Les gens ne discutent pas du contenu, seulement les titres. Mon temps est court pour discuter les titres. Je veux l'essentiel. Mon âme est dans l'urgence. Sans beaucoup de friandises dans le paquet, je veux vivre à côté de gens humains, très humains, qui savent rire de leurs erreurs, qui ne se gonflent pas de leur triomphe, qui ne se sentent pas élus avant l'heure, qui ne fuient pas leurs responsabilités, qui défendent la dignité humaine et qui veulent marcher à côté de la vérité et l'honnêteté. L'essentiel est ce que tu fais pour que la vie envahie la peine.

Je veux m'entourer de gens qui peuvent toucher le cœur des personnes, des gens à qui les coups durs de la vie leur ont appris à grandir avec des touches douces dans leur âme. Oui, je suis pressé de vivre avec l'intensité que la maturité peut m'apporter. Je suis sûr qu'elles seront plus esquisses que celles que j'ai mangées jusqu'à présent. Mon objectif est d'être enfin satisfait et en paix avec mes proches et ma conscience. Nous avons deux vies et la seconde commence quand vous réalisez que vous n'en avez qu'une. J'espère, chers amis, camarades, collègues, que la vôtre sera la même. Parce que, de toute façon, vous y arriverez. Paul, Mario de Andrade. Merci.

Bon, c'est bien apparemment, personne n'est déçu, puisque tout le monde t'a applaudi. Ça me rassure. Oui, monsieur Jean-Luc Mélenchon, député de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône, cher Jean-Luc, au nom de notre amitié, au nom de notre territoire, la Guyane, j'ai vraiment le plaisir de te souhaiter la bienvenue au sein de notre cité administrative territoriale qui s'inscrit dans ce temps de partage que tu as voulu consacrer à la Guyane. C'est vrai qu'on a beaucoup échangé depuis quelques temps, toi et moi.

J'ai également avec Yunus Omarji, député européen de la France insoumise, qui est pour nous un partenaire privilégié dans le cadre des relations que nous entretenons avec l'Union européenne, dont on connaît l'implication, l'investissement sur le territoire de la Guyane. Nous sommes très heureux avec les collègues de la majorité, eux ici présents, même si je sais qu'il y a quelques absents qui n'ont pas pu se déplacer, de te recevoir, de partager ce petit moment avec toi, et puis voir comment, en tant que parlementaire, tu pourrais, dans la mesure de tes possibilités, porter une contribution active à la défense de certains dossiers qui concernent notre territoire, la Guyane.

Je voudrais citer Nelson Mandela qui disait que cela semblait impossible jusqu'à ce qu'on le fasse. Alors ce qui semble des fois impossible, c'est de mettre la Guyane sur une rampe de lancement et puis faire en sorte, comme nous en avons rêvé, qu'elle devienne un carrefour mondial d'excellence. Puisque tel était le slogan de la campagne que nous avons conduite très récemment au sein d'une équipe qui comptait parmi les candidats, parmi les collistiers, des individualités venant de quelques partis politiques différents. Le mouvement Pays Guyane que j'ai lancé en 2018, il y avait la Guyane Insoumise, France Insoumise aussi avec nous.

Il y avait des personnes représentant le mouvement Génération, quelques jeunes d'une association jeunesse en réussite. Il y avait quelques individualités aussi qui n'étaient inscrites dans aucun parti politique. Et nous avons réussi à engendrer une Dream Team qui a pu emporter une élection qui, a priori, n'était pas du tout acquise au groupe que je conduisais. Je dis bien a priori, puisque le résultat nous a permis de comprendre qu'à l'impossible, nul est détenu et que l'impossible est des fois réalisable à condition que l'on s'en donne les moyens.

Et je voudrais encore une fois remercier les collègues ici présents qui y ont cru, parce que j'ai compris au départ que tout le monde n'y croyait pas forcément. Mais ils y ont cru parce qu'ils ont accepté de signer, de relever ce challenge à mes côtés pour un résultat que nul ne saurait nier. L'ambition de ici la Guyane au Ronde de Carrefour Mondial d'Excellence, je crois qu'on l'a déjà entamée, on a déjà entamé le chemin qui devrait nous y conduire, puisque nous avons pour coutume de dire que la Guyane est déjà un carrefour mondial.

Carrefour mondial, quand on voit le nombre de personnes qui y vivent, de par leurs origines, le nombre de nationalités, le nombre de langues qui sont parlées, on peut considérer que, contrairement à ce qui est dit habituellement, que la Guyane n'est pas au fin fond du monde, mais la Guyane, qui se situe bien positionnée sur l'équateur et entre les deux grands territoires que sont l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud, n'est pas un territoire qui serait en orbite géostationnaire autour de la Terre, quand bien même c'est un territoire à partir duquel on a l'habitude de lancer des fusées.

Il se trouve que nous avons déjà aussi l'excellence, et ça je le dis à qui veut l'entendre, parce que sur ce territoire siègent un certain nombre d'organismes de recherche qui font des travaux extrêmement poussés dans certaines directions. Je pense notamment aux travaux qui se font sur les maladies tropicales, les maladies équatoriales, et pour lesquelles on est bien positionné sur l'échiquier mondial. Alors ce qu'il nous reste à faire, c'est trouver d'autres voies d'excellence, mais les autres voies d'excellence, on les a souvent énumérées. Je parlais tout à l'heure de l'aventure spatiale, qui est effectivement une voie d'excellence.

Peut-être que les Guyanais ne s'en sont pas suffisamment appropriés, mais c'est une partie de l'aventure spatiale qui se déroule à partir du territoire de la Guyane. Et puis je pourrais également citer l'excellence en termes de ressources humaines, un territoire qui, comme la Guyane, est capable de produire des gens comme René Marant, premier noir pris de Goncourt en 1921, comme Gaston Monnerville, dont on connaît le parcours, Félix Séboué, je pourrais citer Léon-Ganton Damas, et plus récemment Mme Taubira, dont on connaît le parcours également au niveau national et international. On peut considérer qu'à ce niveau-là, la Guyane a été en capacité de produire également de l'excellence.

Et puis la Guyane continuera à produire de l'excellence, même si ce n'est pas elle qui se trouve à l'initiative, mais le décollage de la fusée au mois de décembre qui va transporter le télescope James Webb pour le compte des Américains pour une valeur de 12 milliards d'euros est quand même un élément fort qui prouve qu'on peut produire de l'excellence, ou à défaut de produire l'excellence, on peut être une terre de passage de l'excellence. Je crois que ce qu'il nous faudrait aujourd'hui, c'est arriver à faire en sorte que ce carrefour mondial rejoigne la dynamique d'excellence, mais de manière extrêmement définitive.

La Guyane, c'est aussi l'excellence de la richesse culturelle que nous avons par rapport à notre jeunesse dans le milieu de la culture, dans le milieu du sport, des jeunes qui excellent au niveau national, qui excellent au niveau international. On l'a vu récemment aux Jeux olympiques avec une fille comme Jemima Joseph, ici du territoire guanais, qui a pu s'entraîner et se préparer dans des conditions, je veux dire, qui sont dérisoires, et qui, par leur talent naturel, ont réussi à briller et à faire briller le drapeau français au niveau international. Donc, on n'a aucun doute sur notre capacité localement à pouvoir cheminer vers cet objectif que nous nous sommes fixés.

Seulement, tu l'as compris, et tu m'as souvent entendu le dire sur les bancs de l'Assemblée nationale, la Guyane a accumulé de très nombreux retards que nous essayons de compenser dans la mesure de nos possibilités. Et ces retards relèvent du système éducatif, à titre d'exemple. Ces retards, on les retrouve également dans notre capacité à produire du logement, dans notre capacité à désencavler le territoire. On parle de désenclavement numérique, on parle aussi de désenclavement terrestre, on parle de désenclavement aérien. C'est le retard que nous avons aussi accumulé dans la mise en place de la transition écologique. C'est un sujet qui est fortement d'actualité.

C'est un retard également qu'on a accumulé depuis de très nombreuses décennies sur notre capacité à améliorer véritablement l'offre de soins, même si très récemment, nous avons pris la décision, le gouvernement a pris la décision d'aller vers la création de ce CHU qui était réclamé à corps et à cri depuis au moins trois décennies en Guyane. On a pu mettre en place il n'y a pas très longtemps le comité de pilotage dont la mission sera de réfléchir à comment on va cheminer pour aller vers ce résultat final. Mais il y a eu beaucoup, beaucoup de retards accumulés.

Et puis, Jean-Luc, il y a un sujet que j'ai souvent évoqué à l'Assemblée nationale, c'est cette question qui est liée au cadre statutaire. Parce que souvent, on se rend compte que les lois qui sont votées à l'Assemblée nationale, que les règlements, les décrets qui sont édictés ne prennent pas suffisamment en considération certaines de nos réalités et que finalement, les lois trouvent des difficultés à s'appliquer.

Elles trouvent des difficultés à être véritablement efficientes quant au tenu des freins naturels qui s'y opposent dans leur application, mais qui ne sont pas des freins engendrés par la population, qui sont des freins naturels, qui sont liés à l'économie, qui sont liés au climat, qui sont liés, j'ai envie de dire, à notre mode d'habiter, qui sont liés à la configuration géographique, etc., etc., qui sont autant de vérités fondamentales, qui sont nos réalités, mais qui sont des réalités en même temps, qui ne sont pas suffisamment prises en considération par Paris lorsque les lois sont votées.

Et c'est la raison pour laquelle tu vas entendre souvent parler de cette volonté manifestée par les uns et par les autres de faire évoluer le cadre statutaire de la Guyane, qui, sans être l'alpha et l'oméga, peut effectivement être une voie, une piste qui pourrait nous permettre d'aller beaucoup plus rapidement vers les solutions espérées par la population. Donc, je ne veux pas être très long, mais c'est juste pour te dire que j'espère que ce déplacement, qui est ton énième déplacement en Guyane, je ne sais pas, est-ce que tu as compté 4 ou 5 ? Non ? Pas tout ça ? En fait, tu étais venu en 2018 pour supporter la candidature de David Ribman sur la deuxième circonscription.

Je sais que tu étais venu en Guyane quand j'étais moi-même chef d'établissement, parce qu'on t'avait reçu au lycée Belcure-Garé. C'est le jour où l'inspecteur d'académie avait dit au chef d'établissement que quand le ministre va rentrer, tout le monde va devoir se mettre debout. Et certains s'en étaient émus en disant qu'il n'y a pas des enfants à la maternelle. Ça nous avait bien amusés. Mais dans tous les cas, je sais que tu as aujourd'hui une connaissance relativement aiguë et précise de ce qu'est le territoire de la Guyane avec ses problématiques.

Et sache que la Guyane compte sur ton implication à ses côtés, même si on sait que le temps qui nous reste à courir avant les prochaines élections est un temps raccourci. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Et c'est la raison pour laquelle je te dis à quel point l'équipe qui m'accompagne et moi-même souhaitant que tu ouvres bien grand les yeux pour pouvoir t'imprégner de ce que sont ces réalités pour que tu puisses en retour nous accompagner, puisque la Guyane a perdu un député, puisque je n'y suis plus, que ma suppléante a fait le choix de ne pas siéger. Donc ça veut dire qu'il y a un siège qui reste vacant.

J'ai demandé à mes amis du groupe GDR de voir comment ils pourraient être nos interlocuteurs. Mais vous n'avez pas entendu ce qu'a dit Jean-Luc, mais ma place à l'Assemblée nationale était juste devant la place qu'occupe Jean-Luc Mélenchon. Et donc ça veut dire qu'on peut facilement imaginer qu'il n'y aura aucune difficulté à porter la parole de la Guyane en mon absence et jusqu'au mois de juin 2022. Voilà ce que je voulais te dire en propos liminaire. En tout ce temps, encore une fois, la bienvenue à nos côtés et puis bonne chance dans tout ce que tu vas entreprendre à partir de maintenant. Merci. Ça ne devrait pas m'échapper.

Cher Président Gabriel Serville, merci infiniment pour l'honneur que tu m'as fait et que tu me permettras de te tutoyer à cet instant, d'inviter à cette rencontre les élus de l'Assemblée et dans cette circonstance de me donner la possibilité assez extraordinaire, je suis conscient de ça, de m'adresser à vous tous. Je sais que vous êtes les élus de la nouvelle majorité. Je sais que le Président Gabriel Serville a invité l'ensemble des élus et c'est pourquoi, en vous saluant, mesdames, messieurs, je salue aussi ceux de l'opposition qui ne sont pas là et qui ont décliné l'invitation.

C'est pour vous dire que je n'entre pas en contact avec vous, dans quelques projets frontales qui auraient pour objectif de m'opposer à ceci ou à cela, mais peut-être de vous présenter quelques vues qui pourraient être d'intérêt commun. Je commence par dire que je suis sensible au fait

18:04
Jean-Luc Mélenchon

qu'on m'accueille à arriver à ce point magique

18:16
Invité

de mon existence. qu'on comprend qu'on accueille. Et dès lors, la première des friandises qu'il est possible de consommer dans cette situation, c'est de s'émerveiller chaque jour du matin qui se lève et du soir qui se couche. Dès lors, avec la ferveur de l'enfant

18:43
Jean-Luc Mélenchon

que j'étais autrefois, devant le pas de tir de Kourou,

18:57
Invité

à voir cette fusée s'avancer sur les rails vers son pas de tir en surplombant la forêt immense et profonde que j'apercevais depuis le toit. Ce contraste extraordinaire entre le monde tel qu'il nous a été donné avant que nous y soyons et la puissance incroyable de l'esprit humain qui frontière après frontière a franchi toujours toutes les limites. Et comme nous avons d'abord vaincu celle du temps, vous autres qui êtes gens de tradition autant que de modernité, vous le savez, combien de temps la culture et le savoir ont dépendu des seules personnes orales.

Comme nous avons vaincu cette frontière terrible du temps avec l'invention de l'imprimerie qui a permis d'accumuler les savoirs et de les transmettre sans limite, ici sur la terre de Guyane, avec le troisième port spatial du monde, l'être humain, sans qu'il soit question ici ni de son genre, ni de la couleur de sa peau, ni de sa religion, a manifesté cette puissance singulière qu'il a de naître la créature d'aucun biotope en particulier. L'être humain a franchi l'ultime limite, celle de l'atmosphère terrestre, pour entrer dans le vide immense qui sépare les planètes, les étoiles et les galaxies.

Oui, je m'émerveillais sans retenue de pouvoir observer cela de mes propres yeux tandis que le vent me faisait la faveur d'une caresse qui a duré aussi longtemps que nous avons regardé passer cette fusée de son lieu de stockage jusque vers son pas de tir et demain, j'espère bien, assister à son décollage qui me permettra une fois de plus je ne sais quelle émotion on m'a dit vous verrez. Chacun a son ressenti. Et moi, je me rappelle d'avoir vu le premier spationaute français décoller depuis la base de Baïkonour et découvrir pour la première fois que l'air était une matière et que sous la poussée de la fusée, il se fripe. idée qui ne m'avait jamais effleuré jusque-là.

Que ce début poétique n'aille pas vous laisser penser que je m'éloigne des réalités dans lesquelles nous sommes. Je crois, comme le président Gabriel Serville,

21:40
Jean-Luc Mélenchon

à la force propulsive

21:46
Invité

du rêve. Et c'est en imaginant le plus immense qu'on réalise souvent ce qui semblait impossible dans le plus modeste. l'idée que la guillane se hisse à un niveau d'excellence mondial n'est pas seulement un slogan habile, mais peut-être une manière de regarder la vie. Alors, puisque c'est le sujet, je commence par une première remarque à propos du spatial. La France, notre patrie commune, méconnaît sa puissance. et trop souvent regarde avec beaucoup de désinvolture ce qui est peut-être le plus important, sa capacité à avoir ce port spatial ici.

Comment alors que nous sommes, je l'ai dit il y a un instant, le troisième port spatial du monde, comment alors que nous sommes, on est individuels à l'espace, comment peut-on à ce point ne pas s'y intéresser ? Comment se fait-il qu'on puisse changer complètement d'orientation politique comme cela a été fait par le président Macron à propos de la militarisation de l'espace lorsqu'il a décidé de créer un état majeur de l'espace réduisant à néant les accords que nous avons signés en 1967 qui excluaient absolument la militarisation de l'espace ?

Comment peut-on en même temps que l'on fait ça perdre de vue que c'est depuis l'espace que dorénavant se règle un très grand nombre des activités sur Terre par milliers d'applications chaque jour à chaque instant l'espace est présent dans les téléphones dans les objets dans les informations dont nous bénéficions ? Comment la France peut-elle méconnaître l'importance qu'a son port spatial son industrie spatiale qui lui permet de tout faire parce qu'elle sait tout faire ?

Les fusées le transport les vols habités l'exploration entre les planètes comme nous l'avons montré avec la sombre aux états les observations de toutes sortes pourquoi n'est-elle pas immédiatement ici à la disposition de ceux qui se trouvent sur cette Terre pour faire en sorte qu'on montre comment on peut décliner de l'espace de la prospérité pour tout le monde et je rejoins Gabriel Serville que j'ai toujours entendu tenir sur cette question une parole novatrice et audacieuse et non pas gémissante le problème des retombées de l'espace sur la Guyane le plus souvent sont très mal posées la question n'est pas mais c'est déjà le cas qu'on profite bien sûr de l'installation qui est là mais comment peut-on le déduire et l'enseignant qu'il est sans doute parmi vous vous le savez comme moi comment peut-on déduire de tout cela de nouvelles activités de nouveaux savoirs c'est-à-dire s'assimiler complètement à la nouveauté qu'est l'espace nous avons besoin de Guyane qu'à l'IUT qui existe déjà corresponde des licences professionnelles des bacs professionnels des métiers de l'espace et pas seulement des métiers qui entourent l'espace qui sont très importants je me rappelle ma colère de ministre de l'enseignement professionnel en arrivant ici lorsqu'on m'expliquait qu'on ne réparait pas la clim dans les collèges le long du Maroni parce qu'on ne savait pas le faire mais je vous rassure il n'y a pas qu'ici qu'on ne sait pas le faire tous ces métiers bien sûr qui sont des métiers de pointe qui sont souvent méprisés par une certaine aristocratie intellectuelle ou pas intellectuelle d'ailleurs en tout cas pas assez pour comprendre que tout métier est une science pratique dorénavant au 21ème siècle bien sûr ces métiers mais tous les autres je suis certain que dans un pays où l'on est capable d'imaginer un thème B dont la création reste pour moi un mystère je l'ai dit tout à l'heure à Gabriel Serville où sont les formes que l'on observe sur un thème B où sont-elles dans la nature dans les paysages nulle part il a donc bien fallu une imagination radicale et une capacité à percevoir dans la réalité quelque chose d'extraordinaire pour qu'un thème B ait été fait celui qui est dans le hall de cette collectivité se trouve que son auteur il y a de cela une petite décennie m'a fait la faveur de m'en vendre un exemplaire qui fait 2 mètres de haut et dont je ne savais que faire lorsqu'il est arrivé chez moi et que j'ai fini par mettre sur mon mur mais c'est toujours le même événement de fascination pour moi l'art bien sûr a toujours été le langage particulier d'une réalité particulière qui ne s'exprime que dans les formes de l'art mais je me rapporte à l'esprit guyanais capable de produire ce thème B et alors le même esprit ne serait pas capable de concevoir les nouvelles applications qui se déduisent du traitement des données qui viennent de l'espace bien sûr que oui l'imagination est là la jeunesse est là il n'est de richesse que d'être humain tout le reste est illusible c'est pourquoi j'étais tellement d'accord avec toi quand tu as dit la première chose que je n'accepterai jamais c'est 15 000 enfants qui ne soient pas scolarisés si le destin permet que j'ai de nouvelles responsabilités dans notre pays je prends l'engagement devant vous que ce sera la première tâche à laquelle je m'appliquerai à votre propos et peut-être que c'est en Guyane d'abord qu'il faut créer l'une de ces écoles professionnelles de l'enseignement que je crois nécessaires à tout le pays je me souviens de la période où il s'agissait de trouver des instituteurs et des institutrices à l'époque il y avait 8 000 enfants qui n'étaient pas scolarisés en Guyane j'ai dit non on ne les recrutera pas à Bac plus 5 s'il n'y a pas de Bac plus 5 et s'il n'y a pas de Bac plus 4 on les recrutera à Bac plus 3 parce que la priorité c'est d'éduquer c'est de former et nous avons besoin que les enfants qui seront demain maîtresses et maîtres d'école jouissent du respect qu'il n'est possible que lorsqu'on s'identifie à eux et pour cela nous avons besoin d'école d'enseignement professionnel pédagogique pour former des professeurs femmes et hommes que l'on recrute au Bac et peut-être même avant de manière à ce que disposant d'un revenu ils aient tout le temps qu'il leur faut pour étudier correctement et devenir les bons maîtres d'école maîtresses d'école dont nous avons besoin ce sujet pourrait paraître secondaire dans bien des endroits voyez-vous vous autres Guyanais vous vous imaginez peut-être des choses qui ne sont plus hélas la vérité c'est que vous savez qu'une partie de vos enfants sont déscolarisés mais que l'hexagone lui ne sait pas qu'une partie de ses enfants sont déscolarisés vous savez que vous avez la crise de l'eau alors qu'il y a de l'eau partout mais l'hexagone ne sait pas qu'il est en train de vivre aussi la crise de l'exploitation de l'eau et la perturbation du cycle de l'eau de ce point de vue dans la prise de conscience des problèmes la Guyane ouvre le chemin elle ne clôt pas le cortège c'est pourquoi il y a plus à apprendre de ce que vous avez aperçu et des solutions que vous avez trouvées que l'inverse je vous le dis bien franchement j'ai évoqué l'espace j'ai évoqué la scolarisation je dis un mot de la crise sanitaire à l'occasion du débat qui vient d'avoir lieu à l'Assemblée nationale pour renouveler le pass sanitaire les dépusés insoumis une fois de plus ont expliqué pourquoi ils sont violents le sanitaire n'est pas une protection il a à l'évidence pour objectif de pousser tout le monde à se vacciner mais quand bien même serez-vous vacciné comme c'est mon cas j'en ai pris la décision pour abaisser le niveau du risque que je prenais comme homme de mon âge je sais très bien que je peux être contaminé mais surtout ce que je sais c'est que je peux continuer à contaminer les autres parce que le vaccin ne me protège pas de ça dès lors il y a une illusion avec le pass sanitaire que je juge dangereuse c'est de croire que parce qu'on a le pass sanitaire on peut se passer des gestes barrières que parce qu'on a le pass sanitaire on peut se comporter avec désinvolture devant le risque le risque existe et il est lié à des facteurs de comorbidité c'est-à-dire que dès lors que l'on souffre ou bien de l'épidémie d'obésité ou bien de l'épidémie d'hypertension ou bien de l'épidémie de diabète on est davantage susceptible d'être atteint d'une manière mortelle par le Covid dès lors la réflexion à avoir doit porter sur l'ensemble des facteurs de comorbidité et la manière de prévenir ceux qui en souffrent des dispositions particulières qu'ils doivent prendre pour se protéger voilà ce qu'on appelle un traitement rationnel du risque le risque zéro n'a jamais existé ni aujourd'hui ni demain ni jamais nous gérons en adultes conscients comment nous pouvons diminuer le risque pour nous-mêmes et pour nos enfants alors je suis opposé au pass sanitaire d'aucuns voudraient que ce soit une opposition de principe au vaccin peut-être y a-t-il parmi vous des personnes qui y sont opposées ma foi je n'ai qu'une chose à dire l'organisation mondiale de la santé nous dit que la vaccination obligatoire n'est pas une bonne idée et qu'il faut convaincre plutôt que contraindre je me garderai bien de vous dire comment vous devez vous comporter je n'en aurai pas l'audace je peux vous dire quel choix j'ai fait personnellement et pourquoi je continue à croire que quand on dit aux autorités publiques qu'il vaut mieux convaincre que contraindre la première chose à faire ça n'est pas commencer par essayer de contraindre c'est plutôt d'essayer de convaincre et de se demander quand on n'a pas convaincu si la faute est à ceux qui ne sont pas convaincus ou à ceux qui n'ont pas été convaincants est-ce en reste en moi d'enseignant est-ce la promiscuité avec mon camarade Gabriel Serville qui fait que nous pensons lui et moi que dans ce genre de situation la responsabilité incombe plutôt à celui qui n'a pas su convaincre et qu'il lui faudrait donc renouveler ses arguments je ne sais pas si j'aurais convaincu à cet instant qui que ce soit parmi vous de se faire vacciner comme je le suis moi-même mais je pense que comme responsable politique public je ne peux pas avoir d'autre attitude que celle-ci et je vous demande de comprendre que j'ai fait partie des rares personnes qui depuis le début plaident pour le libre accès au vaccin à la demande de mes propres camarades dans le monde entier qui me disaient vous n'allez quand même pas continuer à rester dans un club de riches sans vous occuper de ce qui peut arriver aux autres parce que ballot que vous êtes si vous vous vaccinez entre vous et que vous ne vaccinez personne d'autre non seulement vous créez des problèmes à tous ceux que vous vaccinez de force mais vous ne réglez aucun problème parce que les autres ne l'étant pas le monde étant ce qu'il est la circulation n'est pas interrompue j'en ai assez dit sur le sujet je crois je passe à un troisième sujet celui des institutions puisque tu as abordé la question j'appartiens à une tradition philosophique qui a ses racines dans la philosophie des lumières qui s'est couronnée politiquement dans la révolution de 1789 et le jacobinisme politique une interprétation rapide du jacobinisme fait que souvent on le confond avec le bonapartisme et qu'on a imaginé que le jacobinisme qui a avant tout l'apologie de la citoyenneté serait une sorte de régime rigide nécessairement vertical où l'on décide depuis un endroit en imposant à tous les autres non ça c'est le bonapartisme je vais vous dire que si on appliquait aujourd'hui sur tout le territoire de l'hexagone la constitution de 1793 mes amis vous seriez bien pâle au moment de devoir l'exécuter parce qu'elle prévoit que si un tiers des départements français ne veut pas d'une loi elle ne s'applique pas c'est la constitution jacobine de 1793 si bien que je vous propose qu'on évacue l'idée qu'il y ait quelque part quelques secrets organisationnels qui resteraient à découvrir pour enfin garantir le bonheur et la paix commune non hélas une fois de plus il faudra chercher et trouver avec dans les limites de nos pauvres cerveaux la solution je peux vous donner mon point de vue tel qu'il est aujourd'hui après l'évolution que j'ai pu connaître dès que je suis entré dans ma deuxième vie celle où je savais que j'en avais plus qu'une et que j'avais intérêt à bien réfléchir à ce que j'allais dire il se trouve que les députés de la Corse qui 3 sur 4 sont autonomistes se sont comportés comme des amis parlant avec les uns et avec les autres au lieu de la froide confrontation à laquelle on aurait pu s'attendre ils m'ont montré et permis de comprendre ce que je savais sans vouloir me l'avouer que la France n'est plus un état unitaire parce que la Nouvelle Calédonie française a un gouvernement territorial au titre de l'article 74 parce que le gouvernement de la Calédonie française est lié au congrès du territoire qui est une forme d'organisation particulière parce que Wallis et Futuna a un autre statut parce que la Martinique n'a qu'une assemblée tandis que la Guadeloupe en a deux que la Guyane a une collectivité territoriale et que nous sommes tous français dès lors nous vivons dans une république qui a pris une forme nouvelle est-ce que cette forme nouvelle va nous échapper comme l'espace nous échappe nous sommes devant nous avons les moyens mais nous ne le voyons pas et nous n'avons pas envie d'en parler et bien si moi j'ai envie d'en parler et je sais parfaitement que le développement de la population de la Guyane sa diversité l'augmentation de son nombre nous mettent au seuil de nouvelles réalités le peuple ici comme ailleurs veut contrôler ce qui lui arrive et les décisions qui sont prises par conséquent il faudra faire évoluer les institutions je te réponds à ton interrogation en disant pour ma part je n'ai aucun inconvénient avec l'article 74 à la condition que les populations en veuillent mais on pourrait imaginer qu'une nouvelle situation soit imaginée je sais que le président Simeoni et le président Lestimi travaillent à faire des propositions ce sont deux présidents d'assemblée territoriale insulaire l'en déplaise à monsieur Macron la Guyane n'est pas une île l'île de France non plus mais il est vrai que entre le Yapoq et le Maroni on peut dire que ça a une allure insulaire avec toute cette eau mais c'est surtout juridiquement que l'appartenance l'appartenance à la France et donc à l'Union Européenne créent en quelque sorte une sorte d'insularité sur le territoire de l'Amérique du Sud c'est pas du tout l'idée que je m'en fais je crois au contraire étant l'un des rares hommes politiques qui mentionnent que la plus longue frontière de la France n'est pas le Rhin avec l'Allemagne mais le Yapoq avec le Brésil qu'un autre rôle peut s'imaginer et j'ai dit parce que vous savez comme moi qu'il faut trouver des formules pour être entendu que si j'étais élu président de la République je me considérerais comme un président de l'Amérique du Sud et je peux vous faire la vue suivant je ne plaisantais pas je pense que la France à la porte de 5 continents ici pas à la porte mais dessus a un autre rôle à jouer et le président quel qu'il soit je m'empresse de le dire de cette collectivité a un rôle singulier à jouer pour le compte de la patrie commune et dans la spécificité locale à l'égard du reste du continent ceux qui ne comprennent pas ça ne comprennent rien à la réalité elle-même et vous avez bien vu que sur l'Oyapoq quand les Brésiliens ont appelé au secours je préfère vous dire que comme Français je ne me sentais pas très fier de ce qu'on était en train de faire ou plus exactement de ne pas faire j'aurais pu dire la même chose à propos du Maroni et des populations du Suriname Gabriel m'a confirmé l'intuition que j'en avais il était absurde de se comporter comme on l'a fait en pensant que le virus aurait le bon goût de présenter des papiers à la douane avant de venir avec des populations qui ont l'habitude normale et pourquoi pas d'aller venir circuler enfin quoi de plus normal voilà pourquoi cher président cher collègue je veux vous dire que si vous vous en prenez l'initiative le moment venu et si c'est à moi qu'elle s'adresse parce que j'ai d'autres responsabilités vous ne tomberez pas sur porte-close ni face de pierre le contraire le contraire mais je ne veux pas vous cacher la difficulté que cela soulève dans mon esprit qu'il y ait des lois pays soit mais qui les valide et comment sont-elles conformes aux droits que nous avons en commun et dont personne n'a dit qu'ils ne voulaient plus car si nous sommes une patrie commune alors nous avons d'abord des lois communes et on ne peut pas le résumer à dire l'armée et les affaires étrangères la justice je te suis là-dessus Gabriel c'est un peu fossiliser le dossier que de l'enfermer à ça je ne veux pas vous cacher que je suis hostile sur le territoire de l'hexagone à la loi qui a été proposée par le président Macron et adoptée par le Sénat qui permet la différenciation législative sur le territoire de la République pour un certain nombre de questions dont les lois sociales militant de longue date du mouvement socialiste et ouvrier puis fondateur avec d'autres de la France insoumise attaché avant tout et si souvent à ce qui nous permet de faire peuple ensemble c'est-à-dire nos revendications communes nos aspirations communes et notamment nos aspirations sociales je ne peux pas accepter l'idée qu'il y ait autant de codes du travail qu'il y aurait de départements ou de villes ou d'entreprises je ne suis pas d'accord avec ça les salariés sont toujours les victimes de la différenciation législative quand elle touche aux matières sociales et quand un travailleur par sa lutte ou par le groupe qu'il constitue obtient un avantage nous autres français nous avons inventé quelque chose de bien spécial c'est le principe de faveur que monsieur Macron a aboli et que je rétablirai on ne peut avoir d'accord d'entreprise que s'il est meilleur que l'accord de branche et que s'il est meilleur que la loi elle-même aucune régression n'était permise jusqu'à monsieur Macron en matière sociale alors je ne veux pas vous cacher que ça restera mon point d'interrogation je ne vous dis pas que j'ai la solution à cet instant mais je vous dis que dans la franchise de notre relation au moment où il faudra prendre la décision cette question ne sera pas évacuée c'est celle de l'intérêt des travailleurs de l'unité du droit social et de la protection des acquis sociaux qui vous ont coûté si cher à obtenir comme à tous les travailleurs j'espère ne pas avoir été trop long je sais que je compte sur vos rangs dans vos rangs plusieurs d'entre vous qui m'ont fait la faveur d'ores et déjà de parrainer ma candidature et je ne vous cache pas que j'espère bien repartir avec d'autres parrainages alors on me dit vous venez pour ça ben aussi pour ça ça s'appelle la démocratie il n'y a aucune honte à le dire vous n'avez jamais réclamé ce privilège moi non plus j'ai proposé que ce soit des citoyens qui puissent l'avoir ce privilège on me dit que non alors cela vous fait devoir vous avez ça sur les genoux est-ce que la démocratie française serait meilleure si je ne puis être candidat j'en doute est-ce qu'elle sera meilleure si je suis candidat c'est possible si je suis élu c'est certain mais d'ici là il y a quelques étapes à franchir dont la conviction une élection n'en déplaise au président de la république actuelle n'est pas une formalité administrative lui considère que si puisque le voici président sortant et il accepte d'être président de l'Europe mais c'est pour six mois et son mandat s'arrêtera deux mois avant et ça n'a pas l'air de le déranger bon tout ça pour vous dire que de magnifiques opportunités se présentent je n'aurais pas accepté de moi-même de ne pas vous l'avoir dit et dans cette difficulté où je me trouve de collecter ces signatures je crois honnête de vous dire que j'espère augmenter celles qui me viennent de Guyane et qui sont déjà assez nombreuses en toute hypothèse elles seront plus nombreuses que la dernière fois puisque la dernière fois je n'en avais aucune si bien que je viens ici en situation de progrès et d'avancée si un seul avait signé c'était déjà du 100% dès lors que vous êtes une dizaine et bien vous voyez vous multipliez c'est donc un homme heureux que vous voyez devant vous et je vous remercie pour votre patiente attention à ce discours dont j'espère qu'il me permettra de m'être bien fait comprendre dans tout ce que nous partageons comme dans toutes les interrogations que je soulève et vous êtes élus comme moi vous êtes mes collègues vous savez combien c'est dur de savoir répondre à tout et à toutes les circonstances quand on m'a demandé quel était mon avis sur la crise je n'ai aucune espèce d'idée la crise sanitaire sur les virus je n'ai pas de compétences particulières on me dit mais vous devez vous exprimer mais je ne suis pas l'ISENCO je ne crois pas qu'il y a une théorie politique qui vous permet de vous dire ce que scientifiquement il faut faire mais à vous on pose la même question tous les jours à toi pire qu'à tous les autres et à la fin tout ça nous arrive mais voilà nous sommes donc bien au pied tous au pied du même mur celui de l'interrogation humaine que faire d'utile que faire de juste comment se rendre digne de la vie que l'on a avec les autres et bien c'est par ces mots que je conclurai tâchons de nous en rendre dignes ensemble et je suis certain que c'est ce que vous entreprenez c'est ce que pour ma part j'essaye de couronner merci Jean-Luc il y a deux personnes que j'aimais écouter à l'Assemblée nationale enfin que j'aime toujours écouter quoi qu'il y a une qui n'est plus là c'est Jean-Luc Mélenchon ici présent et c'était Cahuzac à l'époque où il était encore député qui m'avait vraiment impressionné par son langage par son aisance oratoire j'ai été déçu le jour où j'ai constaté qu'il nous avait franchement menti et puis je me suis demandé mais depuis quand il nous mentait de la sorte c'est on ne sait pas à quel moment ça a commencé mais ça nous a laissé un souvenir vraiment très très très améant en tout cas Jean-Luc vraiment merci tu as dit que c'est dur de savoir répondre à tout et en toutes circonstances je pense que les collègues ici présents auront des questions à te poser certainement là on n'est pas en toutes circonstances on est dans une circonstance très particulière dans un cadre presque intimiste et donc j'espère que les questions vont trouver des réponses naturelles chez toi mais je sais que tu as cette capacité à pouvoir appréhender rapidement le sens des questions aussi bien dans la forme que dans le fond pour pouvoir leur apporter les réponses qui sont attendues donc collègues les micros sont ouverts si vous voulez la parole collègue Zadkel en t'écoute merci président monsieur Mélenchon bonjour je suis un simple citoyen de Guyane et vous êtes quelqu'un pour qui j'ai un grand respect et ce pour des raisons très simples qui m'ont conduit à voter pour vous aux dernières élections présidentielles en 2017 votre franc parler votre façon de parler permettez-moi et passez-moi l'expression votre grande gueule et le fait d'assumer vos propos et positions ce sont des valeurs importantes pour moi que je reconnais change de micro prends celui de Stine Wunkel il n'y a pas de soucis bien au contraire après avoir regardé votre programme et celui d'un autre candidat c'est ce qui a d'ailleurs fait pencher la balance chez moi lors des élections en plus d'avoir été le seul depuis une décennie à proposer dans son programme de passer à la 6ème république si je ne maîtrisais pas les enjeux de ce changement à l'époque j'avais bien compris que c'était un pari risqué pour vous de faire ça et j'ai trouvé ça osé et fort monsieur Mélenchon en 2017 je faisais partie de ces hommes cagoulés descendus dans la rue pour dire stop à l'insécurité en Guyane engendrant un mouvement social sans précédent qui lui-même voulait dire également stop mais à l'ensemble des retards qu'accuse notre pays depuis trop longtemps et j'insiste dessus notre pays et non département monsieur Mélenchon en juin 2021 j'ai fait campagne auprès de monsieur Gabriel Serville et la population a fait le choix de nous donner les rênes du pays pour opérer des changements nécessaires dans ce pays là c'est ce qui fait que le simple citoyen que je suis est également élu de la collectivité majeure de Guyane ce qui me permet de m'adresser à vous directement aujourd'hui sinon je n'aurais jamais pu le faire vous êtes cette semaine en campagne en Guyane pour les présidentielles de 2022 très bien bienvenue parmi nous et je suis ravi de vous rencontrer mais monsieur Mélenchon maintenant que je vous ai dit tout ça j'aimerais savoir certaines choses quant à vos intentions en tant que candidat aux futures élections présidentielles le simple citoyen que je suis et élu ne croit plus depuis bien longtemps en le gouvernement français et en la justice française qui est tronquée il n'y a aucune séparation des pouvoirs 5 ans après les événements de 2017 et les accords de Guyane si très peu de choses ont été concrétisées aucune impactant concrètement le quotidien des Guyanais le simple citoyen élu que je suis constate que ces dernières années le gouvernement français a usé et abusé du 49-3 pour faire passer des lois contre sa population on a vu dernièrement monsieur Richard Ferrand président de l'Assemblée nationale République En Marche mettre au vote un amendement déposé par des députés de sa majorité faire adopter cet amendement alors que les votes à main levée étaient majoritairement contre j'aimerais savoir qu'est-ce que vous apporterez de plus comme changement face à vos prédécesseurs quand le simple citoyen élu que je suis voit depuis trop longtemps qu'en Guyane comme partout ailleurs on nous demande de respecter les lois de la République les lois de la justice alors que République et Justice ne respectent pas leurs devoirs et donc nos droits à quoi cela a servi de se battre en 2017 pour faire paraître au journal officiel les accords de Guyane pour que ceux-ci ne soient pas respectés par ceux qui nous imposent les règles ceux qui nous imposent les lois si vous êtes élu président de la République est-ce que vous allez continuer à nous envoyer des préfets et des directrices d'ARS qui sous couvert de leur autorité usent et abusent de leur pouvoir pour mettre à mal un peu plus notre pays est-ce qu'on va encore se retrouver avec des procureurs de la dite République qui sont de connivence avec les autres représentants de l'État en Guyane et qui par des jugements exemplaires contre des militants nous montrent clairement que la séparation des pouvoirs n'existe pas 4 de mes amis sont aujourd'hui en prison pour des feux de palette qui ont généré un peu de suie et rien de plus sur une façade de la préfecture la préfecture de Guyane d'ailleurs est un bâtiment protégé et classé monument historique où l'État a décidé après les événements de 2017 de transformer la bâtisse alors que c'est interdit par la loi pour y mettre des grilles de protection et servir de bon cœur encore un de plus en Guyane face à la population qui pour reprendre vos mots quand ils se fâchent ce ne sont pas des énervés assistés qui mordent la main qui leur donnent à manger ils ne le font pas pour rien ce sont les mots que vous avez prononcé lors de votre dernier passage en Guyane sur ce que vous avez appelé le port de Cayenne vous mettiez en avant les difficultés avec lesquelles travaillent les pêcheurs en Guyane des exemples comme ça monsieur Mélenchon chaque personne ici pourrait vous en donner une dizaine et tous différents tout pour ne plus jamais croire en la liberté la légalité et la fraternité quand on est en Guyane avec vous président de la république de France est-ce qu'on ira à nouveau vers cette sixième république est-ce que certains d'entre nous pourront peut-être se sentir un peu plus français est-ce que ça continuera d'être la débandade en France parce que ce qui se passe chez vous est multiplié par 10 par 100 chez nous merci pour votre attention monsieur Mélenchon collègue il est douloureux de vous entendre parce que je connais la part de vérité blessante de ce que vous exprimez c'est une souffrance pour moi d'imaginer que ma patrie puisse être le lieu d'une d'une telle violence inutile humiliante lorsque je me trouvais avec les pêcheurs on m'avait expliqué l'importance des accords pourquoi n'ont-ils pas été respectés c'était extraordinaire cette affaire on ne revenait pas dans l'hexagone ce qui était extraordinaire c'est qu'on a eu le sentiment que tout d'un coup surgissait un pays je pèse mes mots c'est toujours les luttes de libération commune d'émancipation qui fondent une identité collective il y en avait pour eux il manque 2 milliards c'est rien 2 milliards je sais que ça peut paraître étrange comme formule l'ISF qu'ils ont supprimé c'est 3 milliards par an la république française cette appauvrie d'elle-même de cadeau en cadeau fait toujours au même de 100 milliards depuis la présidence du président Chirac je comprends que quand on a eu la parole donnée du président de la république des ministres et qu'ensuite il ne se passe rien alors on a le droit de dire en effet mais pour qui vous nous prenez je comprends votre message je l'entends je sais aussi que votre génération vous êtes plus jeune que moi est entrée dans une logique qui bien sûr va vous conduire à des discussions qui ne vont pas être simples entre vous mais je comprends que sur la base de de tant de reniements de tant de de paroles qui n'a pas été tenues une mise à distance se crée c'est elle qui m'est douloureuse parce que parce que moi j'ai envie qu'on fasse peuple ensemble mais c'est vous qui avez raison on ne peut pas faire peuple ensemble sur la base de l'inégalité sur la base de la violence sur la base de l'humiliation et je sais que vous n'exagérez pas s'agissant de nos quatre camarades qui sont en prison je dis camarades parce que j'appartiens à cette longue histoire je veux d'abord exprimer ma stupeur devant l'incroyable dureté des décisions qui ont été prises contre eux et je veux dire que je ne crois pas que ça améliore quoi que ce soit la Guyane a intérêt à ce que on discute d'abord on punit après c'est pas quatre palettes qui ont changé la face du territoire c'est pas vrai et heureusement qu'on n'a pas raisonné comme ça quand d'aucuns ont mis le feu au parlement de Bretagne parce qu'ils ont réellement mis le feu je ne crois pas que quelqu'un ait jamais été attrapé je ne suis pas en train de vous dire que je trouve ça normal qu'on mette le feu à un bâtiment mais je ne crois pas qu'à quelque moment que ce soit qui que ce soit ici ait eu l'intention d'incendier quelques bâtiments que ce soit non donc je trouve tout ça disproportionné et s'agissant de syndicalistes je crois que la décision n'est encore moins adaptée parce qu'un syndicaliste par définition c'est quelqu'un qui réfléchit qui s'engage en mesurant ce qu'il fait qui est souvent un médiateur dans les conflits bien sûr il les organise c'est son boulot de faire en sorte que il y a la discussion parce que des fois si on ne monte pas le ton il n'y a pas de discussion on est obligé de faire comme ça les gens ne choisissent pas cette forme là elle leur est en quelque sorte imposée par l'indifférence des puissants donc je me reconnais dans leur combat et je nie qu'ils aient eu une intention criminelle voilà donc j'en suis solidaire et je le redirai tout à l'heure au syndicat vous avez raison de dire que la racine de nos problèmes est dans une contradiction que nous connaissons depuis très longtemps dans la lutte politique dans la lutte révolutionnaire qui est que nous avons à la fois besoin d'institutions stables pour gérer la société ça ne peut pas être le régime de l'assemblée générale permanente ni de la barricade éternelle mais en même temps la stabilité des institutions ne doit pas empêcher la participation à tout moment des populations c'est la raison pour laquelle je veux d'abord vous confirmer c'est qu'en effet si je suis élu nous convoquerons une assemblée constituante dans le but d'établir une nouvelle règle du jeu mais que pour protéger la capacité à tout moment de la population d'intervenir nous établirons instituerons le référendum révocatoire c'est à dire que quel qu'élu que ce soit vous moi le président de la république le conseiller général du coin nous serons toujours placés sous la possibilité pour un nombre déterminé de citoyens de voir nos mandats repris et redonner à d'autres je crois à la force du référendum révocatoire une série d'états des états unis d'amérique

1:01:34
Jean-Luc Mélenchon

et quelques pays de l'amérique du sud appliquent le référendum

1:01:44
Invité

révocatoire qui est dans leur arsenal constitutionnel et deuxièmement je crois à l'importance du référendum d'initiative citoyenne pour poser des lois si bien que ma conclusion sur le sujet c'est que nous ne manquons ni des moyens matériels j'y insiste ni des moyens matériels ni des moyens institutionnels de faire vivre une société dans laquelle le droit des personnes et leur dignité serait respecté à 100% nous ne manquons d'aucun des moyens de le faire et personne ne peut vous dire le contraire sans mentir je le redis pour appliquer les accords de Guyane il manque 2 milliards le rétablissement de l'impôt sur la fortune c'est 3 milliards si bien qu'on peut la première année régler le problème les sommes seraient là vous auriez la difficulté d'arriver à les employer immédiatement parce que vous savez que moi comme élu que ce n'est pas le plus simple mais enfin qu'on ne vienne pas dire ce n'est pas possible on n'a pas l'argent ça coûte trop cher ce n'est pas trop cher d'autres moyens je ne sais pas la dette ou autre on peut aussi le faire ce n'est pas vrai qu'on ne peut pas payer ce n'est pas vrai quant à la vie commune que nous avons ce n'est pas vrai que nous sommes condamnés à la brutalité à la confusion des pouvoirs et à la monarchie présidentielle avec ses déclinaisons dans tous les compartiments moi je suis d'accord avec vous je n'ai pas l'intention de critiquer les hauts fonctionnaires que l'état met en place ce n'est pas mon sujet mais je vois bien quelle mentalité répand partout pas qu'en Guyane l'idée que puisqu'il y a un président qui sait tout qui fait tout et qui décide de tout dans son conseil de défense alors par déclinaison tous les autres en font autant et que l'exemple qui est donné ce n'est pas l'affabilité la bienveillance mais la brutalité

1:03:50
Jean-Luc Mélenchon

le commandement l'ordre qui vient du voilà

1:04:01
Invité

puisque vous avez évoqué la question des picheurs j'en profite même si la question n'a pas été posée complètement pour donner la réponse je désapprouve absolument la nonchalance avec laquelle est traitée la question de la pêche clandestine et je tiendrai parole le moment venu me souvenant de monsieur Caram les navires qui procèdent à de la pêche clandestine dans les eaux territoriales françaises ne seront pas détournés mais capturés les personnes qui se trouvent à leur bord et qui participent à une action illégale seront punies les navires qui les portent seront détruits les pêches qu'ils auront effectuées seront mis à la disposition ou de la collectivité ou des pêcheurs locaux nous ne pouvons pas accepter plus longtemps d'être nargués de cette manière la France est une grande puissance qui s'y frotte doit s'y piquer je l'ai dit au secrétaire général des affaires maritimes quand il est venu à la commission des affaires étrangères je lui dis il y a mieux à faire que des ronds dans l'eau face à la pêche clandestine je n'accepte pas l'idée qu'on n'y peut rien on me dit c'est aussi difficile à contrôler une côte qu'une forêt fort bien et bien il n'y a qu'à s'en donner les moyens aujourd'hui avec des drones d'observation on fait ce qu'on veut d'ailleurs on pourrait les fabriquer en Guyane d'ailleurs on pourrait former le personnel pour les faire fonctionner en Guyane ça ce n'est pas la responsabilité du président ni de vous mes chers collègues c'est la responsabilité de l'État si avoir un État un sens c'est celui-là faire respecter ses frontières faire respecter les droits des populations qui sont sur ce territoire et ce que je viens de vous dire là avec la petite dose de brutalité qu'il faut pour être entendu et entendre la réplique j'ai l'intention de le dire partout je passerai si on me pose la question sur la pêche clandestine et même si on ne me pose pas la question j'ai l'intention de le dire alors dans la merci dans la demande de prise de parole j'avais noté d'abord Roger ensuite Emmanuel et après Thibaut il y a quelqu'un d'autre qui voudrait s'exprimer monsieur le directeur de cabinet on est là jusqu'à quelle heure il est quelle heure il nous reste 10 minutes comment ça bon alors il nous reste 10 minutes alors j'ai dit Roger Emmanuel et Thibaut

1:06:32
Présentateur

Jean-Luc bonjour c'est moi je suis là merci encore d'être revenu nous visiter bon on avait eu le temps d'en discuter il y a quelques jours à peu près mais Jean-Luc vois-tu tu as dit quelque chose puisque ça nous préoccupe tous mais en premier chef celui qui est en charge de travailler sur l'évolution statutaire et tu as parlé de la question de loi pays je ne vais pas te faire de réponse tout de suite mais une seule chose que je te dis ta position ta position privilégière que tu as là en ce moment sur cette tribune jette simplement un coup d'oeil sur quels sont les élus guiadais qui s'y sont de Thibaut à Deyé à Sergent Guinam à Bernadette à Marie Marie-Lysienne à Philippe bref tu as là tout un panel de ce qui constituera demain ce pays en gestation et alors c'est dommage que Jocelyn ne soit pas là mais la question de loi pays on pourra difficilement l'esquiver parce que c'est c'est ainsi c'est ainsi fait notre pays est constitué de gens qui habitaient ce pays de gens qui sont devenus de force d'autres qui l'ont adopté et c'est toute cette richesse on ne pourra pas esquiver cette question dans ce que sera la Guyane de demain voilà c'est tout ce que j'avais à te dire

1:08:37
Invité

alors je propose de prendre les deux autres questions tu as noté Jean-Luc la question de Roger on prend la question d'Emmanuel et celle de Thibaut de la foulée merci Président M.

Mélenchon bonsoir donc je je suis Emmanuel Prince vice-président de la collectivité territoriale de Guyane en charge de la de la culture du patrimoine et de la transmission j'ai pris le soin de vous écouter attentivement je vais rejoindre un petit peu je vais dire mon collègue Zadkiel vous faites partie en tout cas de ces grands hommes d'état que j'apprécie pour votre franc parler je ne suis pas la France insoumise et je ne cacherai pas non plus que lors des dernières présidentielles vous étiez aussi je vais dire mon choix de par cette franchise et cette façon de voir aujourd'hui la politique et je pense que c'est un discours qui nous parle en toute sincérité vous savez M.

Mélenchon la chose en tout cas qui fait la richesse qui fait la richesse de notre équipe au sein donc et au côté de Gabriel Serville c'est que nous avons toutes et tous ici même une histoire une histoire un parcours des expériences notamment dans le militantisme et c'est ce qui fait aujourd'hui la richesse de notre équipe c'est à dire que nous sommes toutes et tous pour la plupart issus de syndicats de mouvements d'associations et autres c'est à dire des femmes et des hommes qui ont toujours été aux côtés de la population donc il n'y aura jamais de surprise et on le répétera assez souvent de pouvoir dès lors que la Guyane éternuera ou alors aura des difficultés nous allons toujours nous retrouver aux côtés de nos compatriotes parce que tout simplement je prendrai l'exemple puisque je vous ai aussi connu après les événements de novembre 96 pour la création du rectorat de la Guyane aux années 2000 lorsque vous étiez ministre de l'enseignement puisque je siégeais au conseil national de la vie lycéenne et si c'est pour revenir en tout cas sur cette période de notre histoire aujourd'hui si c'est pour faire un bilan je vous prendrai un exemple il existe encore beaucoup de problèmes dans notre système éducatif avec la création de ce rectorat de la Guyane ce sont toujours les mêmes difficultés que nous rencontrons ce sont toujours ces enfants qui ne sont pas scolarisés ce sont toujours ces filières qui ne sont pas adaptées adaptées je vais dire à toutes ces richesses que nous avons en Guyane que ce soit les richesses sol, sous-sol et autres nous n'avons pas de formation aujourd'hui capable de pouvoir dire que nous allons sortir tous ces jeunes devant les bâtiments devant les quartiers les bâtiments et notamment devant les établissements scolaires ce sont ces vous avez dit à l'époque vous avez dit à l'époque c'était 8000 enfants aujourd'hui nous en sommes à 15 000 enfants donc vous voyez bien qu'il n'y ait pas pour autant d'amélioration c'est aussi la même chose lorsqu'on se dit lorsque les Guyanaises et les Guyanais se disent que la Guyane aujourd'hui la France aujourd'hui non je vais me permettre président de le dire parce que ce sont des sentiments que nous partageons et que la population guyanaise partage lorsqu'elle entend que la France est capable de mettre des milliards un petit peu partout dans le monde et qu'elle ne s'occupe pas de ses enfants elle ne s'occupe pas de ses enfants nous regardons nous regardons toutes et tous les médias milliards par ci milliards par là le président de la république dernièrement était à Marseille il a dit il a dit que Marseille était le carrefour de la diversité culturelle aujourd'hui la Guyane aussi c'est aussi ce fameux carrefour de la diversité culturelle en Amérique du Sud pour l'Europe pour la France et c'est ces départements d'outre-mer qui sont comme les nôtres qui font cette richesse de la France aujourd'hui une richesse maritime une richesse spatiale lorsqu'on voit que la plupart de nos zones ne sont pas couvertes et qu'on voit décoller cette fusée et malheureusement donc Emmanuel on peut dire beaucoup de choses mais en tout cas pose la question Emmanuel je te laisse 10 secondes pour poser la question c'est juste pour dire président est-ce qu'aujourd'hui encore une fois de plus on a affaire à des probables candidats qui viennent et qui nous disent que tout ira bien demain et qu'on constate qu'une fois et qu'ils sont élus ils ont tendance à oublier encore ce territoire merci Emmanuel et je laisse la parole pour finir à Thibaut monsieur le député Mélenchon Jean-Luc c'est toujours un grand plaisir d'écouter le tribun exceptionnel que tu es en ce temps de marasme ça fait beaucoup de bien alors je vais mon intervention et ma question elle va aller dans la continuité de mes collègues tu l'as dit la France est un pays qui a évolué nous avons tout un tas de régimes statutaires qui sont différents mais force est de constater que malgré ces évolutions ici en Guyane comme partout dans tous les autres outre-mer nous allons de conflit social en conflit social et il y a toujours une tension permanente qui fait qu'on a peut-être un peu du mal à avancer et ces conflits ces tensions elles trouvent pour la plupart la grande majorité source dans la relation qu'entretient la France et en particulier l'Etat avec ses anciennes colonies on va dire les choses telles qu'elles sont aujourd'hui le grand défi de celui qui arrivera à la tête de ce pays c'est de réconcilier l'ensemble de ses citoyens sur le territoire hexagonal mais aussi dans les outre-mer et donc ma question elle est simple c'est si demain tu deviens président de la république française comment vas-tu faire pour réconcilier les ultramarins avec ce que tu as qualifié de notre patrie commune je te remercie merci collègue Jean-Luc il est 15h27 on avait dit qu'on arrêterait à 15h30 je suis invité au style télégraphique c'est ça président oui c'est de préférence je vais essayer d'être aussi rapide que possible oui merci mais en prenant bien sûr le temps de répondre aux questions posées par les collègues je commence par dire que j'ai dû imaginer parce qu'avec mes camarades nous étions comme un certain nombre d'entre vous épuisés par les anciennes formes politiques auxquelles nous avons nous-mêmes participé et on a imaginé une autre manière d'entrer dans la lutte politique et d'être en relation avec la société le mouvement insoumis n'est pas une fin en soi le mouvement insoumis est un instrument et évidemment qu'au fond il correspond à la mentalité insoumise c'est d'ailleurs curieux de voir comment un adjectif a pu aussi vite devenir une caractérisation politique ici tout le monde sait le rôle que joue Philippe et je le trouve bien caractéristique de ce qu'est l'insoumission c'est-à-dire ce mélange de refus de l'ordre établi et d'aspiration à un autre ordre nous ne sommes pas des nihilistes nous ne sommes pas des nihilistes nous combattons un ordre injuste et nous avons en vue un autre ordre je l'ai dit tout à l'heure j'ai essayé de concilier dans l'idée que je me fais de la 6ème république la stabilité institutionnelle qui est nécessaire nous ne racontons pas d'histoire et la capacité du peuple à intervenir je ne peux pas dire mieux que ce que j'ai déjà dit sur le sujet tu vois Gabriel que je peux faire rapide mais je n'ai pas fini je partage avec vous le sentiment du gâchis à propos d'un territoire comme la Guyane alors vous me dites qu'est-ce qui va se passer si vous êtes élu comment est-ce que je peux être garanti que vous ferez bien tout ce que vous avez dit on n'est jamais garanti de rien dans la vie que voulez-vous et je ne suis pas différent des autres en ce sens que je peux vouloir beaucoup et ensuite me trouver dans une situation où assaillie de toutes parts je pourrai moins je ne crois pas que je me laisserai enfermer là-dedans pourquoi ?

parce que précisément ce que je viens de vous dire le référendum révocatoire et le référendum d'initiative citoyen donnent une capacité d'intervention au peuple ça a toujours été la grande difficulté si entre deux élections tout ce que vous avez à dire aux gens c'est attendez la prochaine élection vous comme moi on sait qu'au bout d'un moment tout le monde s'épuise à cela et passe le temps passe les générations et le même ordre que nous n'acceptons pas se perpétue voilà pourquoi je crois que la réponse est là vous avez une bien belle délégation la culture la transmission les êtres humains sont d'abord des êtres de culture et c'est un matérialiste au sens philosophique qui vous le dit j'ai acquis cette conviction je sais très bien que ce que j'ai entendu entre les mots que vous avez prononcé tout à l'heure se produira inéluctablement Roger l'a rappelé il y a un instant si nous n'arrivons pas à trouver un mode de fonctionnement harmonieux entre l'hexagone et le pays guyanais on sait d'avance ce qui va se passer en tant qu'homme j'aspire à la liberté de tous les autres en tant que citoyen français ça me déchire quand je vous vois je vois la France j'aime pas quand on dit la France ceci la France cela la France c'est nous vous l'acceptez plus ou moins dans l'idée que vous vous faites du futur moi je me projette dans une république universelle alors imaginez-vous que l'actuelle me paraît un peu petite avec ses 67 millions d'habitants vous autres peut-être qu'il y a parmi vous des gens qui rêvent d'une république plus locale donc vous la trouvez bien apposante la république française mais c'est notre bien commun je ne peux pas vous dire que je n'ai pas cet amour d'une patrie commune et à quel point je sais qu'on a besoin de toute la diversité que vous nous incarnons et vous savez comme moi ce que je suis en train de dire dans un pays où on arrive à avoir des émours qui dominent la scène publique avec un batage incroyable de racisme de xénophobie comme celui que subit notre pays comme vous êtes loin peut-être qu'il vous fait moins peur mais sur place il y a des profs ici donc vous savez de quoi je parle quand les gamins viennent vous voir et vous disent oui mais s'il est élu est-ce qu'on pourra rester alors là vous avez le coeur qui saigne parce que vous vous dites on est arrivé à faire peur aux gens comme ça bref on a les moyens comme on est de vaincre ça Roger les lois pays moi j'ai dit ce que j'en pensais mais je te le dis franchement franchement oui on comprend ce qu'est une loi pays mais il faut que tu admettes l'idée je me permets de te tutoyer parce que nous connaissons et que nous sommes des militants tous les deux il faut que tu admettes l'idée qu'il y a une limite à ça que j'ai évoqué tout à l'heure je ne sais pas comment on règle le problème de la différenciation mais il faut qu'on pose la question par exemple sur tout le territoire de la république française la limite à la loi c'est le conseil constitutionnel qui peut te dire ah ben non écoutez ça c'est pas conforme à la constitution la constitution contenant les droits de l'homme et du citoyen je le rappelle pour qu'on se rappelle bien de quoi on parle donc on peut imaginer que des lois pays et d'une manière ou d'une autre a ensuite passé par une autre instance qui est celle de la patrie commune parce que c'est bien ce qu'on fait avec les règlements européens et j'en suis bien mécontent mais ils passent tous devant l'assemblée nationale je ne sais pas j'évoque ça puisque tu as évoqué toi-même la question donc je voulais te faire part de mes interrogations et comme nous avons en commun un certain nombre d'idéaux sociaux et politiques je pense que ça te concerne aussi que tu te poses les mêmes questions que moi et bien allez-y les gars mesdames, messieurs si vous avez les solutions moi je suis preneur il faut qu'on arrive à faire ces deux choses j'espère que tout le monde s'intéresse à cette question des institutions c'est pas toujours le cas Gabriel il ne faut pas croire que tout le monde est passionné par le sujet mais il faut les régler nous ne pouvons pas vivre dans une mosaïque de lois nous ne pouvons pas vivre dans un pays où il y a un code du travail par entreprise ou un code de la route par rue ce n'est pas possible donc nous devons trouver le moyen de définir ce qui relève d'un niveau ce qui relève de l'autre ce qui relève de l'un ce qui relève des autres moi je n'ai aucun obstacle à quelque loi pays que ce soit puisque par définition ça ne s'appuyerait pas à moi si j'invite la Guyane je reconnaîtrai les lois mais c'est pour vous dire que je n'y ai pas d'intérêt ou d'obsession idéologique sur cette affaire mais par contre le droit de chaque personne en Guyane m'intéresse comme défenseur des droits de l'homme et comme défenseur des droits communs des travailleurs je crois que j'ai fait le tour j'ai fait le tour de ce qui m'a été demandé si et dès que nous le pourrons vous avez dit tout à l'heure l'importance du gâchis que représente le fait qu'on ne met pas les moyens à disposition pour que les jeunes gens s'instruisent moi je suis d'accord avec vous à 1000% sur le sujet je crois que c'est seulement ça c'est comment on fait pour que la jeunesse de Guyane puisse et puis je vais aller plus loin quel que soit le statut des parents de ces 15 000 gosses qui sont déscolarisés il n'y a pas de solution raisonnable à part les éduquer si nous commençons à les trier nous perdons tous notre temps que l'on veuille faire de la Guyane un pays ou pas c'est plus le sujet il faut faire France pardon je le prends sur moi de tout bois il faut faire avec tout le monde chaque enfant est une richesse pour nous tous il faut donc scolariser tout le monde quelle que soit la situation des parents bon je le dis avec ferveur mais je sais que beaucoup d'entre vous partagent le même idéal mesdames messieurs merci pour votre patiente attention j'ai été sensible au moment que j'ai passé avec vous je sais que c'est exceptionnel je sais que ce n'est pas banal dans la vie d'un homme politique de pouvoir s'adresser à un groupe d'élus aussi hautement représentatif que vous l'êtes puisque vous êtes la majorité de cette assemblée bien sûr je regrette que les opposants ne s'y soient pas trouvés j'aurais eu plaisir à échanger avec eux mais c'était un très grand honneur que d'être reçu et d'être écouté par vous soyez sûrs que j'en mesure toute l'importance et que je suis aujourd'hui et pour le futur un ami de ce territoire et un citoyen guyanais merci Jean-Luc juste pour un petit détail si jamais la question venait à être posée en quelqu'un d'autre en dehors de l'hémicycle sur la question des lois pays le schéma de construction que la Guyane met en place prévoit qu'elle soit dotée d'une loi organique qui va définir comment les compétences seront ou pas partagées entre le niveau national et le niveau local mais que tout ça est bien encadré naturellement par le conseil constitutionnel donc les lois pays qui pourraient être proposées sur le territoire de la Guyane vont naturellement passer par les fourches codines du conseil constitutionnel parce que ce n'est pas les dépendances que réclame la Guyane c'est simplement un statut nouveau dans le cadre de la République et on ne va pas modifier les attributions du conseil constitutionnel pour la sorte et donc il n'y a pas d'inquiétude particulière à avoir parce qu'à partir de l'instant où les lois pays qui auraient été proposées ne seraient pas conformes à la constitution fondamentale il y a de fortes chances qu'elles ne soient pas adoptées et bien évidemment je parle d'une constitution qui aurait été modifiée qui aurait subi les amendements nécessaires pour que la Guyane puisse rentrer de plein pied dans ce nouveau schéma statutaire mais merci président de le préciser il était important que ce soit toi qui le fasse et pas moi parce que je pense que vous auriez reçu le message autrement comme une limite plutôt que comme un encouragement mais vous voyez que quand même tout ça est dans nos mains parce que si nous faisons la sixième république et la constitution change d'où l'intérêt pour nous tous de bien savoir ce qu'on a l'intention de faire et que c'est le tout début nous sommes radicalement mis au pied du mur de nos responsabilités mais Gabriel a raison de rappeler qu'à un moment il y aura un arbitre suprême je n'imagine pas de situation où il n'y en ait pas ou alors on n'est plus dans le même pays merci beaucoup Jean-Luc pour ces interventions pour ces réponses j'imagine qu'il y a d'autres questions qui n'ont pas pu être posées compte tenu du temps qui nous était imparti mais tu vas revenir c'est ça ?

d'accord on se donne rendez-vous pour la prochaine fois collègue merci pour votre présence on va se rendre là-bas pour la petite conférence de presse et puis on se dit à la semaine prochaine à bientôt et puis on se déroule

1:25:46
Locuteur

on se déroule