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InterviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 27 mai 2020 10 minAutoproduitActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTransportsEnvironnement & énergieInstitutions & élections

Déconfinement économique : Macron marchand de voitures ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    Emmanuel Macron a débloqué 8 milliards pour sauver l'automobile avec la volonté de faire de la France le pays de la voiture électrique. Est-ce que sont des fonds publics bien utilisés ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Monsieur le Président, est-ce que nous avons la garantie que les aides que vous allez donner vont servir à acheter des voitures produites en France ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Vous avez fait allusion aux suppressions de postes qu'on a entendues dans le journal, 5000 suppressions de postes prévues par Renault, est-ce que vous attendez de l'État qu'il s'oppose à ce plan de restructuration ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Comment on fait Jean-Luc Mélenchon si on veut moins polluer et circuler ? C'est pas la voiture électrique, c'est quoi ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Vous parlez de sauts technologiques, Jean-Luc Mélenchon, l'application Stop-Covid est prête, elle va permettre le traçage des personnes qui ont été en contact avec les malades du Covid, quelles sont vos craintes sur ce dispositif si vous en avez ?

  • 10:00OuverteRéponse partielle

    Vous reconnaissez Jean-Luc Mélenchon que le déconfinement, vous étiez un peu inquiet, s'est bien passé ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Renault veut faire une économie de 2 milliards, c'est exactement la somme qu'ils ont distribuée en dividendes l'année dernière. »
  • 3:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Pour 1 million de véhicules électriques qu'il y aurait dans ce pays, il faudrait une centrale nucléaire de plus. »
  • 4:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Dans la liste qu'a lue hier le Président de la République, il n'y a pas les quatre sites que Renault compte fermer, dont notamment, le site qui produit la voiture électrique la plus vendue de ce pays. »
  • 6:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Il y a les batteries à l'hydrogène, il y a une start-up récemment, française, qui a mis un système au sodium. »
  • 8:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Cette application ne fonctionne que si 60% de la population veut bien s'y mettre, car c'est sur la base du volontariat. »
  • 10:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Il n'y a pas plus de tests qu'avant, les masques ça ne s'est pas arrangé du tout. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour Jean-Luc Mélenchon. – Bonjour – Merci d'être venu ce matin. Emmanuel Macron a débloqué 8 milliards pour sauver l'automobile avec la volonté de faire de la France le pays de la voiture électrique.

Est-ce que sont des fonds publics bien utilisés ? – Non, disons que, dans le cas précis de Renault, le Covid a bon dos, quoi ! Parce qu'ils avaient déjà commencé, ils ont un plan.

Je suis choqué par le fait que Renault veut faire une économie de 2 milliards, c'est exactement la somme qu'ils ont distribuée en dividendes l'année dernière. Et puis le plan du Président, ben c'est comme le reste, il n'y a aucune vision globale, c'est du saupoudrage point par point. Là on est sur l'automobile et je vous pose la question Mme Roux ou plutôt on devrait la lui poser à lui.

Monsieur le Président, est-ce que nous avons la garantie que les aides que vous allez donner vont servir à acheter des voitures produites en France ? Parce que pour l'essentiel elles ne le sont plus. Deuxièmement, est-ce que nous avons la garantie que les sites resteront en France ?

Non, car dans la liste qu'a lue hier le Président de la République, il n'y a pas les quatre sites que Renault compte fermer, dont notamment, le site qui produit la voiture électrique la plus vendue de ce pays. Donc, pour me résumer, je pense que ce n'est pas à lui d'aller faire ce genre de déballage, je vais donner 1000€ à ceci, 1000€ pour telle voiture, lui devrait se préoccuper de la vision globale. Alors pourquoi ?

Regardez, vous venez de m'interpeller sur la voiture électrique… – Alors, attendez un peu – Je vous en prie, – C'est très important, ce que vous avez dit sur l'utilisation de ces 8 milliards et vous laissez entendre qu'il faudrait qu'il y ait des contreparties. Est-ce que vous dites clairement ce matin… vous avez fait allusion aux suppressions de postes qu'on a entendues dans le journal, 5000 suppressions de postes prévues par Renault, est-ce que vous attendez de l'État qu'il s'oppose à ce plan de restructuration ? – Mais évidemment que je crois qu'on doit demander des contreparties.

Enfin madame Roux, tout ça est assez fou. On va distribuer 8 milliards, on ne sait pas à qui au fond, parce que si nous achetons des voitures qui sont produites ailleurs, bon c'est très sympathique pour les autres mais enfin pour nous ça change rien à notre situation. Et, au minimum, il faudrait demander que les sites restent en France, notamment ceux qui produisent des véhicules électriques.

Et il n'y a aucune vision globale, permettez-moi d'y revenir un instant. Il fait la publicité de la voiture électrique. Bon !

Admettons, c'est mieux qu'à l'essence, peut-être bien, mais savez-vous, Mme. Roux, que pour 1 million de véhicules électriques qu'il y aurait dans ce pays, il faudrait une centrale nucléaire de plus. Donc il faut arrêter de prendre les problèmes par petits bouts mais les voir dans leur ensemble. – Alors comment on fait Jean-Luc Mélenchon si on veut moins polluer et circuler ?

C'est pas la voiture électrique, c'est quoi ? – Ah ! Vous voyez !

Je me suis posé la même question que vous. – Vous avez la réponse ou pas ? – Car quand mes amis m'ont dit ça, j'ai ouvert des yeux aussi grands que les vôtres et j'ai dit : "qu'est-ce qu'on fait alors, si on fait pas ça ? " On m'a dit mais non c'est pas la première question à se poser, c'est "est-ce que tu es d'accord pour qu'on ouvre une centrale nucléaire de plus ? " Naturellement non, il y en a déjà bien assez, il faudrait les fermer.

Et deuxièmement, vous avez entendu comme moi qu'il s'agit de fabriquer, de faire un consortium avec les Allemands, qui sont totalement déloyaux dans les accords qu'ils ont avec nous, mais je mets ça de côté, pour faire quoi ? Des batteries au lithium, mais, Mme Roux, le lithium il n'y en a pas en France, il n'y en a pas en Europe, donc il faut encore aller chercher ça à l'autre bout du monde, il y a d'autres modèles. – Alors on fait comment ? – Pardon, vous m'avez posé la question, je vais vous dire la réponse qu'on m'a faite sur ce sujet, parce que j'ai posé la question du redéploiement global de l'industrie automobile.

Alors, il y a les batteries à l'hydrogène, il y a une start-up récemment, française, qui a mis un système au sodium. Donc il y a d'autres choses possibles. Et voilà ce que je voudrais dire : s'il réfléchissait au lieu de courir comme ça, à l'aveuglette, en distribuant de l'argent.

Eh bien, il devrait profiter de cette période où l'industrie automobile est un peu, lourdement au ralenti, pour anticiper et préparer les sauts technologiques, pas reproduire ce qu'on a fait jusqu'à présent. Enfin écoutez, c'est démoralisant, alors on recommence comme avant ? Après avoir fait toutes sortes de serments d'ivrogne.

On promet qu'on ne boirait plus et on se remet à boire. – Vous croyez au monde d'après, vous Jean-Luc Mélenchon ? Vous croyez qu'on va construire un monde d'après, qui sera profondément différent du monde d'avant ? – Je crois qu'on devrait essayer, Mme Roux, parce que si on continue comme ça on va à la catastrophe.

Bon, le minimum de rationalité c'est ça, c'est de se dire : "écoutez on ne va pas aller dans le mur en klaxonnant de joie". Donc il faut trouver, il faut faire ces sauts technologiques. Alors, je le redis, c'est encore de l'argent distribué un peu n'importe comment.

Et moi, je tiens que le déconfinement économique doit faire l'objet d'une planification, c'est-à-dire qu'on réfléchisse à ce qu'on relance, quelles sont les conséquences de cette relance. J'aime pas ce mot relance, bien sûr qu'il faut que l'activité reprenne mais pas les mêmes activités qu'avant, enfin ! Sinon ça veut dire qu'on n'a rien compris. – Vous parlez de sauts technologiques, Jean-Luc Mélenchon, l'application Stop-Covid est prête, elle va permettre le traçage des personnes qui ont été en contact avec les malades du Covid, elle sera activée, sous réserve naturellement du vote au Parlement, quelles sont vos craintes sur ce dispositif si vous en avez ? – Oui, moi je suis contre parce que c'est toujours la même histoire.

On vous invente un truc et on vous dit ça y est, c'est la solution technique, formidable. Il y a cette espèce d'illusion que les problèmes de la vie humaine peuvent être réglés par des solutions techniques. Alors, bien sûr, souvent c'est le cas, il faut bien le dire.

Mais là ça n'a aucun sens, cette application ne fonctionne que si 60% de la population veut bien s'y mettre, car c'est sur la base du volontariat. Ça n'a marché nulle part dans le monde, partout où on a utilisé ça, on est revenu en arrière, mais partout où on l'a utilisé on s'en est servi après pour le généraliser à d'autres cas. – Qu'est-ce que vous craignez ? – Bon commençons par dire, pardon Mme.

Roux, que c'est inefficace. – C'est-à-dire que quand vous avez les gens les plus fragiles, ceux qui ont 70 ans et plus, sont les plus fragiles au Covid19, eh, bien ceux-là, les deux tiers d'entre eux, n'ont pas de smartphone, donc de quoi on parle ? Les principales personnes ne pourraient pas le savoir, et puis vous savez, je connais le coup, on commence par une mesure exceptionnelle et après c'est tout le temps.

Qu'est-ce qui vous empêcherait demain de dire attendez il y a d'autres maladies, alors par exemple, tous ceux qui ont le sida seraient repérés par leurs voisins. Ou bien on dirait : "vous savez il faut faire attention là, des gens comme celui-ci ou celle-là ils ont fait outrage à agent." Alors donc, quand ils croiseraient un policier, leur téléphone dirait au policier, "hé, il y a un gars ou une fille qui fait outrage, qui passe à côté de vous".

Non, je vais vous dire, je vais résumer en une image : je ne veux pas d'un monde où nous serions contrôlés, nos libertés individuelles surveillées comme ça, je ne veux pas que mon téléphone appelle un drone pour me dire de rentrer chez moi si la police estime que je n'ai pas à être dans la rue, je ne suis pas d'accord. Et je mets en garde les gens, vous savez ce genre de truc, ils ne reviennent jamais dessus et après ça s'étend à tous les domaines. D'ailleurs le Conseil scientifique lui-même avait dit : "Oui bon, d'accord, on commence par du volontariat mais il est possible que ce soit obligatoire." – Vous reconnaissez Jean-Luc Mélenchon que le déconfinement, vous étiez un peu inquiet, s'est bien passé ?

Très vite avant… – Oui, qu'est-ce que vous appelez "bien passé" ? Parce que Mme. Roux, j'espère que vous ne croyez pas que la phase est finie. – L'épidémie semble maîtrisée, c'est une indication. – Écoutez-moi, la catastrophe sociale, elle arrive devant nous, le problème de la détresse alimentaire.

Maintenant Mme Roux, je vais vous dire une bonne chose, je suis très heureux que le nombre de malades diminue, très heureux, et s'il n'y a pas de deuxième pic à l'épidémie, je m'en réjouis, je suis trop content de pouvoir revivre normalement, vous savez, nous en sommes tous au même point. Mais les devoirs des responsables publiques, c'est d'être prudents, au demeurant, on ne pouvait pas confiner toute la population toute la vie. J'estime, une nouvelle fois, que nous sommes sortis dans de mauvaises conditions.

Il n'y a pas plus de tests qu'avant, les masques ça ne s'est pas arrangé du tout, donc tant mieux si le microbe, le virus est saisonnier, nous en sommes débarrassés, peut-être qu'on préparera mieux les prochains, parce qu'il y aura d'autres virus, nous le savons tous. – Vous êtes favorable… parce qu'il y aura une étape demain, annoncée par le Premier Ministre, à ce qu'on ouvre davantage, on pense aux cafés, aux restaurants, ça vous manque d'aller boire un café, Jean-Luc Mélenchon ? – Comme tout le monde, j'aimerais bien pouvoir, moi aussi, retourner avec mes amis au restaurant ou au bar, mais comme responsable politique j'estime que mon devoir c'est de rester prudent et d'inviter les gens à le rester parce que, bon, voilà, je ne suis pas leur copain, juste quelqu'un qui essaye de penser l'intérêt général, donc je vous dis : "attention les gens ! " Alors, après est-ce que le gouvernement évaluera bien ou mal la situation, ils l'ont tellement mal évaluée jusque là que je ne sais plus trop, chère Madame Roux, comme tout le monde. – Alors il y en a peut-être un avec lequel vous avez envie d'aller boire un café, il s'appelle François Ruffin, il n'a pas fermé la porte, hier, à une candidature à la présidentielle en 2022.

Il dit cette phrase, Jean-Luc Mélenchon : "Si jamais c'est moi qui doit ramasser le drapeau, j'irai ramasser le drapeau." voilà ce qu'il a dit. Alors, je vais vous poser une question très simplement : est-ce qu'en 2022 vous allez le laisser tomber, le drapeau ? – Écoutez, nous verrons bien, pour l'instant il est fermement tenu, nous sommes 23 parlementaires insoumis, rebelles et très actifs dans nos deux parlements.

J'approuve l'état d'esprit de François, je pense que je n'ai pas la vanité de me croire éternel. Au demeurant je leur dis à tous : soyez comme lui, si jamais le drapeau venait à tomber à terre, vous devriez le relever et avec lui l'énergie de l'insoumission. Vous savez, sur les 23 parlementaires insoumis et d'autres que vous ne connaissez pas, mais les 23 au moins, vous avez plusieurs p personnalités capables de le faire et je les encourage à garder comme consigne "on ne lâchera jamais rien", on ne laissera jamais tomber cette lutte qui au fond nous anime depuis tant d'années pour ce qui me concerne, et tant de siècles pour ce qui concerne la cause que je défends. – Merci. – Il a eu raison de parler comme ça et, tenez-vous le pour dit, il y aura toujours des insoumis. – Et vous tenez fermement le drapeau, c'est ça qu'on comprend aussi ce matin, merci. – Vous comprenez ce que vous voulez Mme Roux. – Comme souvent. – Je ne vais pas tourner autour du pot, il y a une élection, je sais bien que j'aurai une décision à prendre, je la prendrai à ce moment-là, mais le drapeau ne tombera jamais à terre, ça retenez-le, c'est la leçon. – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -

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