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Podcast / conversationJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 24 novembre 2016 65 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesNumériqueInstitutions & élections

PAS VU À LA TÉLÉ 7 - L'ÉCONOMIE DE LA MER - JEAN-MARIE BIETTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 78 %Attaque 13 %Défensif 9 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Combien de postes pensez-vous créer dans le secteur maritime si élu ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquer l'absence de lycées professionnels maritimes dans certains départements ?

  • 18:00OuverteRéponse directe

    Que prévoyez-vous pour préserver l'écosystème marin face aux pollutions ?

  • 24:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les exemples concrets de biotechnologies marines en France ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Donnez quelques exemples sur les bio-technologies marines.

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les défis pour organiser l'économie de la mer ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 19:00JMBChiffre
    « Le CO2 est capté à 75% par les océans. »
  • 22:00JMBChiffre
    « Pour produire 1 kg de protéines animales, il faut 5 kg de protéines végétales. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

JLM : Bonjour, voilà le n°7 de notre revue " PAS VU À LA TÉLÉ " Aujourd'hui je reçois Jean-Marie Biette et j'en profite pour montrer tout de suite un livre que je vous recommande, le sien qui traite du sujet qui nous occupera aujourd'hui : l' économie de la mer. La mer, comme espace de futur, d'espérance, d'action pour la France . Alors, j' espère que notre entretien va vous donner le goût d'en savoir plus et à ce moment là... toc !! vous avez ce livre que vous pourrez lire.

Il y en a d'autres hein, des livres sur la mer, c'est pas le sujet mais celui là est un bon livre de vulgarisation qui donne envie de comprendre, d'en savoir davantage et après tout savoir, c'est à ça que ça sert c'est à dire donner envie de savoir encore plus. Alors bonjour Jean- Marie Biette JMB : Bonjour JLM : Merci d'avoir accepté de venir ici JMB : C'est un plaisir parce qu'on vous voit souvent sur les événements maritimes et je sais que vous êtes un politique qui s'intéresse à la chose maritime. JLM : Merci de le dire... mais ce qui est spectaculaire, c'est que vous êtes journaliste, alors que d'habitude on dit que je ne m'entends pas avec les journalistes, que ça se finit avec des paires de gifles et bah non ! tout le monde va voir que ce n'est pas le cas.

Bon alors, d'abord le zapping, qui est une petite préparation pour vous mettre en bouche. TF1 : Nous n'avons pas de pétrole, mais nous avons des pétroliers au large et qui s'échouent sur nos côtes bretonnes pour abîmer ce que nous avons de plus beaux et ruiner la saison des pêcheurs. Nous ne sommes pas loin du record du monde de la pollution ce matin Avec ce pétrolier libérien, dont l'armateur est américain et l'équipage italien et qui c'est échoué sur les récifs, à 2 km au large de Portsall sur la côte du Finistère .

BOURDIN : François Galgani bonjour Vous êtes allé plonger, vous avez étudié les fonds marins Atlantique, Arctique et méditerranéens. On va s' intéresser à la Méditerranée qui est la plus touchée de tous. Vous êtes allé au fond, et au fond au fond de la Méditerranée vous avez trouvé : des déchets plastiques, des lignes, des filets de pêche, des déchets en verre, en métal, en bois, en papier, en carton, des vêtements, des poteries.

VOIX OFF : On l'appelle le huitième continent ou la soupe de plastique. Situé dans le nord-est de l'océan Pacifique, et découvert en 1997 il s'étend sur une surface d' environ 3,4 millions de km² soit prêt de 6 fois la superficie de la France. Il est peuplé de déchets en tout genre, produit par l'activité humaine et de microparticules de plastique.

Au cours des 40 dernières années, leur concentration a été multiplié par 100. VOIX OFF : Un réfugié est une personne obligée de quitter son logement et son pays parce qu' elle est en danger. Mais les réfugiés climatiques, eux, qu'est ce qu'ils fuient ?

Et bien par exemple, les habitants de certaines îles du Pacifique, fuient la montée des eaux. Ailleurs, des paysans doivent quitter leurs terres car les champs disparaissent à cause de la sécheresse ou de la désertification. FR3 : La demande est forte, la Sole est abondante en Manche, mais éternel paradoxe, les pêcheurs sont de plus en plus restreints.

Certains bateaux ont épuisé il y a plusieurs semaines leur quotat annuel de 19 tonnes. Un tonnage réduit de 27% l'an passé, et que l' Europe prévoit de baisser à nouveau de 30% en 2016. AQUACULTRICE : Alors là, nous allons sur notre ferme aquacole qui se situe donc vers le golf d' Ajaccio, sur les îles sanguinaires et nous élevons donc directement, en pleine mer, trois sortes de poissons : du Bar, de la Dorade royale et du Maigre label rouge.

VOIX OFF : Ce poisson tropical est le deuxième le plus produit au monde. Son nom : le Tilapia. Celui- ci a été mis au régime végétarien par des scientifiques du CIRAD.

Point de carottes, ni de salades, il mange des microalgues. ARTE : Sur la plage, à première vue, des jouets en plastique ordinaires. Mais détrompez- vous, ces objets ont été fabriqués à base d'algues.

THOMAS SOTTO : on en a parlé sur Europe1 l' an dernier : le sang artificiel conçu à partir de vers marins. A l'époque, c'était de la recherche, aujourd'hui c'est devenu très concret. ANICET MBIDA : Alors on le rappelle, c'est un sang qui est extrait des vers de sable, vous savez, ceux qui laissent des petits tortillons sur les plages à marée basse et bien, leur hémoglobine est capable de transporter cinquante fois plus d' oxygène que du sang humain.

FR3 : Ce dimanche matin autant dire qu'il y a du monde sur les marchés de l' île-d' Yeu. Particulièrement au stand rencontre de la commission, chargé du débat public. L' occasion de répondre aux dernières interrogations de tout à chacun concernant le projet de parc éolien au large de l' île.

FRANCE2 : Les français sont de plus en plus sensibles aux énergies renouvelables. On pense, bien sûr, au solaire, à l'éolien ou au bois mais il y a aussi la force qui vient des vagues. La houle représente, en effet, un formidable réservoir d'énergie et des chercheurs français mettent au point un système qui permettrait d' en exploiter une partie.

TF1 : C'est une énergie qui présente tous les avantages de l'éolien mais sans ses inconvénients. Ce rêve s'appelle l' hydrolienne, une turbine géante qui transforme les courants marins en électricité. BFMTV : 18 mètres de haut, près de 400 tonnes, la plus grande hydrolienne jamais conçue en France est prête à partir.

JLM : Bon, Jean-Marie Biette, le sujet...c'est pour lancer notre discussion parce qu'il commence par une dimension un peu alarmiste et catastrophique, ce qui est dans la réalité, hein, qui est ce qui nous pend au nez.

Mais en même temps, la mer c'est pas que ça, c'est aussi une opportunité extraordinaire. Alors, pour ceux qui nous écoutent, déjà, on va commencer par situer le paysage maritime français. Qu'est ce que vous pouvez nous en dire ?

JMB : ***** est un élève qui a eu beaucoup de fées sur son berceau. C'est à dire qu' avec l'outre mer, on a le deuxième domaine maritime mondial, juste derrière les Etats-unis. On peut même dire qu'on est le premier, parce qu'on est les seuls à être présents sur tous les océans du globe.

Alors ça peut servir à quoi ? Parce que, au delà de posséder, c'est une chose mais ça peut servir à développer un tout petit peu ce qui a été développé dans le zapping c'est à dire des réponses très concrètes à des problèmes d'énergie, à des problèmes de nutrition, à des problèmes de pollution des océans enfin on y reviendra plus tard, mais voilà, ça peut servir à ça. Ca peut servir également à ce que les brevets qu'on fait en France parce qu'on a de très très bons chercheurs et de très bons ingénieurs en France.

C'est bien qu'on les garde dans notre pays, en tout cas en Europe pour créer de l'emploi, parce qu'on sait que selon un rapport de l' OCDE et aussi des rapports français on peut doubler le nombre d'emplois en une quinzaine d' années sans trop de difficultés. JLM : Un instant, je vous arrête , j' ai une question sur l' emploi alors autant l' écouter tout de suite. Monsieur Mélenchon, monsieur Biette bonjour j' habite dans le sud près de la mer, donc je suis préoccupée par le secteur maritime.

Monsieur Mélenchon, si vous êtes élu, combien de postes pensez vous créer dans ce domaine, dans les années à venir. Merci. JLM : Bon alors, la question elle m' est posée à moi, mais c'est d' abord vous qui allez répondre c' est à dire que vous êtes quelqu' un qui approchez de près les acteurs du secteur maritime.

Aujourd' hui, dans ce secteur qu'est ce qu' on annonce ? Quel est le chiffre raisonnable, crédible de ce qu' on pourrait faire comme création d' emplois à partir d' un déploiement du secteur. JMB : Alors, il faut quand même... c'est si, et seulement si la France se dote d'une véritable politique maritime volontariste et ambitieuse, on en reparlera je suppose.

Je pense...

JLM : D' accord, donc c'est pas mécanique... si on continue comme ça...

JMB : Non non, si on continue comme ça...on voit bien d' abord, qu' on est en stagnation.

Actuellement, depuis trois ans , l' emploi maritime est en train de baisser très légèrement, ainsi que son chiffre d' affaire. Ca veut dire que si on pousse pas les feux sur tout l' ensemble que ce soit sur la construction navale, que ce soit les énergies marines renouvelables, que ce soit les secteurs de la santé, de la recherche, les biothèques...

Tout !...Là oui, on peut faire 300 000 emplois supplémentaires, c'est à dire doubler le nombre d' emplois.

Comme fera le reste du monde, parce qu' en revanche, l' OCDE, est vraiment formelle il y aura doublement, à la fois du chiffre d' affaire et du nombre d' emplois. La France, si on ne veut pas rater cette marche, il faut prendre un nombre de mesures très très drastiques. Parce que sinon... on est en train d' ailleurs, de rater la marche... très sincèrement.

JLM : Oui !! moi je crois que ça sera pas très difficile de relancer ça.

Moi je crois à plus de 300 000 emplois. Vous savez, c'est la discussion que j' ai avec les responsables du cluster maritime parce que leur évaluation, elle porte plutôt sur l' emploi direct, hein...

C' est à dire ce qui se ferait directement. Par exemple on refait un port, bon bah il y a tout ceux qui sont là, qui installent, les bateaux de service, par exemple si on met des hydroliennes en mer, ou des éoliennes en mer, il y a des navires de services... il faut refaire les ports.

Je racontais à quelqu'un qui me disait : " mais est ce que vous êtes sûr que ça créera vraiment beaucoup d' emplois ? " Bien par exemple, si vous installez des éoliennes, les pales des éoliennes c' est un peu plus de 70 mètres maintenant, bon...

Vous ne trimballez pas une pale d' éolienne depuis Shanghai jusqu' à Paris, non c' est pas possible... ...

A Paris... pardon, au Havre ou ailleurs en France.

Donc, votre évaluation, 300 000, c'est tout ce qui est directement relié. JMB : Oui ! Et c' est hors tourisme en plus...

JLM : Hors tourisme ? JMB : Hors tourisme ! oui !

JLM : Qui est quand même un grand secteur sur la mer...

JMB : Qui est évidemment un gros secteur sur la mer oui ! JLM : Bon, alors moi je pense que si on compte tout les emplois induis c'est à dire...

Pardon, je vais faire quasi caricatural hein le coiffeur qui va s' installer parce qu' il y a du monde dans le port, et que les gens qui travaillent dans le port viendront se faire couper les cheveux...

Ou bien le métallo qui va avoir à assembler, à préparer, à fabriquer des pièces...

Ou bien le métallo qui est à la fonderie, donc c'est à l' autre bout du pays alors en même temps je dis ça, parce que une fois, on m' a dit : " Mais oué, ben vous parlez pour la mer, mais nous on est pas au bord de la mer, on est dans la montagne ! " Bah oui ballot !! mais...

Dans la montagne aussi va falloir bosser pour la mer ! Donc, est ce qu' on peut parler sérieusement de l' économie de la mer comme d'un volant d' entraînement dans les économies ou pas ? JMB : Oh oui !! parce qu'il y a un exemple très simple, le chantier de l' Atlantique, qui pour l' instant s' appelle STX à Saint-Nazaire.

Donc, qui construit des bateaux de croisière parmi les plus beaux au monde, qui avait construit le Queen Mary 2. Il y a 2 600 salariés, et on sait qu' on emploie de sous traitance directe, je parle même pas du coiffeur là je parle vraiment des sous-traitants de rang 1, comme on dit dans l' industrie, c' est 5 200. Donc déjà vous doublez.

JLM : Humm oui...

JMB : Donc effectivement, si on met après tout ce qu'une richesse, comme quand il y a l' armée qui quitte ou reste dans une ville ça change tout pour le coiffeur, le restaurateur, l' hôtelier évidemment oui ! Ca doit sans doute pouvoir être multiplié par trois je pense oui ! JLM : Et alors les gens, il y a autre chose qu' ils ne comprennent pas toujours c' est que les métiers de la mer ont directement à voir avec les métiers les plus ordinaires.

Alors, là aussi je vais être caricatural mais si vous développez telle ou telle entreprise, vous avez deux ou trois postes de secrétariat. Le secrétariat qui se fait là, c' est le même que celui qui se fait dans la chimie, ou dans l' espace, ou autre chose. Et puis après, il y a tout les métiers, je dirais plus directement liés à la production.

Quand on voit un chantier naval, on y pense pas mais, les gens croient tous que c' est de la métallerie...

Mais non ! Il y a... tout le bâtiment est là !

Le second oeuvre, il y a ceux qui posent les câbles, il y a la plomberie, il y a la menuiserie, parce qu'il y a une part de menuisiers extrêmement importants. Et je me rappelle, dans les années 2000 comme ça là, il y avait un bon coup de booster là ! Et on trouvait plus de gens pour faire le boulot.

Donc....

JMB : Ce qui est encore le cas actuellement à Saint-Nazaire. JLM : Allez vas-y, racontez ça , parce que, pour que les gens comprennent bien. JMB : Bien, c' est à dire que l' éducation nationale on sait bien qu' on a décidé 80% d'une classe d' âge au bac, je vais pas refaire le débat ici.

Mais, quand on a de l' industrie, c' est bien d' avoir aussi des gens , des chaudronniers, des gens qui sont capables, des soudeurs Et c' est vrai que, par exemple à Saint-Nazaire...

à Saint-Nazaire mais aussi les chantiers Piriou à Concarneau ont des problèmes de recrutement parce que l' apprentissage est pas bien fait, parce qu'on ne prévoit pas l' avenir. JLM : Et parce qu'on a pas écouté ce que moi j' avais proposé de mettre en place. Parce que j' étais ministre de l' enseignement professionnel, et je suis allé à Saint-Nazaire, à l' époque, à cause de ça hein !

Et alors bon, toute la discussion c' était de savoir où ils allaient trouver la main d' oeuvre. D' abord ça s' oppose pas du tout à l' objectif de 80% d' une classe d' aller au BAC, parce qu' il y a le BAC professionnel. Le BAC professionnel, j' aime mieux vous dire que c' est plutôt de haut niveau hein !

C' est pas le doigt mouillé j' ai sauté deux chapitres et j' espère que le prof au BAC ne vienne pas me poser des questions dessus. Parce que le BAC professionnel ça pardonne pas hein ! Vous savez faire marcher ou vous savez pas faire marcher, vous savez faire le boulot ou pas.

JMB : Mais dans le bassin Nazairien, ils sont pas assez puissants, c' est ça que je veux dire. Il y en a, mais ça sort pas assez d' élèves pour l' industrie quoi. JLM : Question, pourquoi n' y a-t-il pas au moins...au moins je dis juste... parce que je vais vous dire c' est pas extravagant un lycée professionnel de la mer par département qui a une façade maritime ?

Comment vous expliquez qu' il n' y en a pas dans les Bouches-du-Rhône ? Ca vous paraît pas incroyable comme truc ? Et quand je leur ai demandé, tout le monde regardait au plafond pour savoir.

Alors c' est à l' époque hein, depuis surement que ça c' est arrangé hein ? Surement que ça c' est arrangé ! Mais ça m' étonnerait.

Et là, comme ça, pour... par exemple Nord-Pas-De-Calais, c' est quand même une frontière maritime énorme hein !

JMB : Oui, oui ! avec une très grosse activité ! JLM : Et ben zéro !! ...

Ou un je crois...

Bon, c' est pas raisonnable ! Donc il va nous falloir beaucoup de monde. C' est à ça que je voulais vous amener, c' est qu'il va nous falloir beaucoup de monde.

Et pour ça, va falloir préparer. JMB : On peut, enfin je sais pas, mais on peut partir d' un existant. Il faut savoir que l' économie maritime française, c' est quand même sacrément puissant.

Alors que l' état n' a pas voulu en faire une priorité... absolument pas.

Et on a des champions un peu partout. On a des champions... je peux en donner quelques uns, dans le transport maritime, tout le monde imagine que c' est chinois, non !

C' est CMA CGM à Marseille, c' est la plus grande tour de Marseille, c' est le deuxième transporteur mondial ! Vous avez internet, souvent on ignore que 95% de l' internet passe sous la mer par des cables d' ailleurs à Marseille 95% de l' Europe du sud, ça vient par Marseille. Les cabliers français, ils peuvent s' appeler Louis Dreyfus Armateur ou Orange marine.

On a en construction navale, j' ai parlé de STX à Saint-Nazaire, mais on a DCNS qui vient d' avoir un contrat avec... entreprise d' état absolument !

Avec une toute petite partie de privé je crois avec Thales qui est un champion mondial. Et ainsi de suite, ainsi de suite, ainsi de suite. Donc on se dit que, comme la mer on va en parler sans doute plus tard, comme la mer est une réponse à beaucoup de problèmes je crois que vous dîtes souvent c' est la nouvelle frontière humaine.

Effectivement. Et bien si en France, on prend conscience de ça, et qu'on fait un véritable plan parce que c' est pas du court terme, ça se fait sur quinze, vingt ans. On a une chance inouïe de développer de l' activité, de l' emploi et en plus de sauvegarder la planète, ce qui n' est pas le moindre des combats.

JLM : Alors moi, je voudrais qu' on insiste un peu sur ce point. C' est la place que la mer occupe dans l' imaginaire des élites françaises, des dirigeants, est pas d' aujourd'hui d' après ce que je crois savoir. Comme... c' est une sorte d' angle mort.

On m' a dit que dans le programme de l' ENA on parlait jamais de la mer. Et moi j' ai remarqué une chose, dans le programme de Montbourg Vous savez, quand il était ministre, il avait fait un truc, il y avait dix chapitres... il y en avait zéro sur la mer !

JMB : Ah mais il y avait aussi le rapport Gallois JLM : Ah oui c' est vrai ! Allez racontez ça là ça c' est bien ! JMB : Il y avait pas un mot sur la mer !

Je crois que ça remonte à très très loin, parce qu' en fait, à part de quelques monarques éclairés Louis XIII, Louis XIV, qui avaient choisi Richelieu ou Colbert, un peu Napoléon III, De Gaule son dernier discours à Brest dit : " de toutes manières tout va se passer en mer ". Et c' est là que les états vont aller chercher ce dont nous avons parlé, toutes les richesses. Et donc, il y aura forcément soit des combats, soit des règlements mondiaux à trouver.

Les élites françaises, elles héritent d' une histoire qui est très éloignée de la mer. Le royaume de France a découvert la mer, je crois, en 1200, je crois que c' était Philippe Auguste qui a confisqué la Normandie. Avant, ça avait pas les pieds dans l' eau.

Et puis ensuite, on est le pays de Sully ! Labourages, pâturages, et compagnie. Faut savoir, qu' avant qu'il y ait la voile aventure type Tabarly, la voile passion, la marine guerrière, on allait en mer par nécessité.

Les vikings, quand vous avez votre tinterland qui est gelée pendant six mois de l' année, bah vous allez chercher une meilleure fortune ailleurs, et vous y allez en mer. Quand vous êtes en Afrique du nord, de la même manière, vous allez chercher où commercer par la mer. La France avait tout, tout sur place.

Faut savoir que même en Bretagne, c' était les sans terres, c' était les misérables qui allaient en mer. C' était absolument pas les... on dit souvent c' est un peuple marin, c' est devenu un peuple marin plus tard.

Et donc la France voilà, a hérité de tout ça, et la mer n' a jamais été partie prenante de tous les programmes, et de tout ce qui fait l' élite de la France. JLM : Ca c' est une approche très moderne de l' activité. Alors j' aime mieux vous dire qu' on est pas près de se faire entendre tout de suite hein !

Je vois moi, depuis le début où j' ai été sensibilisé au thème de la mer Moi je suis né hein, au bord de la mer, donc ça aide à comprendre aussi des fois, mais même pas plus que ça hein. La personne qui est venue vers moi et qui m' a sensibilisé, c' est un réunionnais le député Younous Omarjee, qui est député européen. Et bon, c' est lui qui me dit : " vous devez parler de ça ! c' est formidable ! " Et il me dit : " pas que pour les outres mer ", parce qu' il craignait que je comprenne que c' était quelque chose pour ceux qui habitent dans les îles, et puis...

Et on a commencé à bien parler de tout ça, j' ai commencé à m' intéresser au plan qu' avait la Réunion d' autonomie énergétique qui reposait, pour une très large part, sur la mer. Et ça m' a passionné. Et puis petit à petit, vous vous rappelez, les premières fois qu' on s' est vu Je vous disais, je vais venir et par jalousie, ça va faire venir les autres hein.

Alors, bon là on s' est trouvé, je vais pas dire que c' est par jalousie que le président est venu aux assises de la mer hein Non pas du tout, il est pas capable de ça, de ce sentiment aussi vil...

Mais il était là, bon c' est la première fois qu' un président de la république venait là. Parce que ça paraît incroyable, moi je m' apprêtais à bien le brocarder, mais il a au moins le mérite d' être venu. Le précédant n' est pas venu, et celui d' avant non plus.

Bon alors je vais déjà écluser ça, j' ai une question sur ce sujet, et puis après on reviendra sur les questions de fond que vous avez soulevé. Bonjour monsieur Mélenchon, bonjour monsieur Biette. La loi Leroy a été mise en place cette année, et un ministère de la mer a brièvement fait son apparition pendant le quinquennat de monsieur Hollande.

J' aurais voulu savoir ce que vous pensez des différentes mesures prises par les gouvernements successifs, en ce qui concerne la mer. Ensuite, les assises de la mer ont lieu ce mois-ci, j' aurais voulu avoir votre avis concernant le discours de monsieur Hollande à cette occasion. JLM : Bon, alors vous répondez le premier, parce qu'on peut s' attendre à ma réponse, peut être moins à la votre.

JMB : Alors par honnêteté, je vais quand même préciser que le pôle mer du groupe Est- France que je dirige, est organisateur des assises. Donc je suis pas totalement honnête sur la question. JLM : Quoi ? si vous êtes honnête, vous voulez dire pas objectif quoi !

JMB : Pas objectif. Nous, on voulait absolument avoir un président de la république. Je ne dis pas qu'on ne voulait pas avoir Nicolas Sarkozy, qu' on ne voulait pas avoir François Hollande.

On voulait avoir un président de la république, pour précisément, monter... monter en puissance dans la perception que peut avoir le grand public de l' économie maritime.

Maintenant son discours, il a le mérite d' exister, il vient tard, c' est clair on espère tous, enfin tous ceux qui pensent que la mer est une réponse on espère tous que le prochain quinquennat sera celui du début d' un grand plan maritime. Moi ce que j' ai trouvé intéressant dans le discours de François Hollande, c' est la partie sur les ports. Il a pas explicité, mais il a dit " la France peut retrouver un leadership portuaire en Europe. " Ce qui serait déjà commencer, parce que pour que l' addition de tous les ports français égalent, voir dépassent Rotterdam, ça sera déjà une première chose.

Mais c' est vrai que c' est très important, très rapidement quand vous amenez, un... allez on va dire un écran plat ou un frigo de Shanghai ou d' Inde ce qui coûte cher, c' est pas le transport dans un container de Shanghai au mieux au Havre, ou Marseille, ou au pire à Rotterdam.

C' est ensuite le transport de Rotterdam à Dijon, si vous êtes à Dijon. Et le problème, c' est qu' en fait, on se fait une distorsion négative les français parce que quand on importe évidemment, puisque ça passe par l' étranger, c' est plus loin, donc c' est plus cher pour aller à Dijon. Et quand on exporte, de la même manière.

Donc, là aussi on perd beaucoup de part de marché, et on perd du pouvoir d' achat. Donc, les ports, c' est primordiale. Je veux dire c' est que de l' infrastructure et en économie on sait bien que l' infrastructure c' est primordiale.

JLM : Alors, expliquons d' ailleurs, un port c' est pas seulement mettre un quai et des machines dessus. C' est de le rattacher au reste. JMB : Sinon ça s' appelle un cul-de-sac.

JLM : Et bah oui, les canaux et les voies ferrées. Et là c' est pas très brillant le bilan. JMB : Je crois que l' exemple le plus parlant, c' est le Havre.

Le Havre, on a fait un port qui est magnifique, qui s' appelle le Havre 2000, donc ça date un peu mais qui est vraiment magnifique, à deux, trois ruptures de charge près qui peuvent être améliorées, c' est magnifique ! Simplement, on a pas considéré que la Seine c' était quelque chose d' important, qu' on pouvait canaliser par moment, c' est à dire dans le sens où on remet des canaux. Et de la même manière, en France, on aime bien le tout TGV pour les personnes, c' est à dire que les personnes, on les amène à la plage, on les emmène voir des belles choses Simplement, on oublie qu' il faut de l' industrie.

Et il y a quelque chose qui est affreux à rappeler c' est qu'on met cinq fois plus de temps pour emmené un container du Havre à Paris, qu' il y a un siècle. Parce qu' il faut contourner Rouen, parce qu' il y a aucuns barreaux, c' est ce qu'on appelle les contournements. Et ça c' est simple, il suffit de décider de prendre ********* jamais ça n' a servi aux infrastructures.

C' est le même problème pour Marseille, c' est le même problème, un peu moins, pour Dunkerque, c' est le même problème pour Nantes Saint-Nazaire, c' est le même problème pour Lapallise à La Rochelle. C' est à dire, que si vous regardez la géographie de la France On est l' entrée idéale. Pourquoi voulez vous que quelqu'un qui est passé par le Cap de Bonne-Espérance, aille s' embêter à passer en mer du Nord ?

Il peut s' arrêter à Nantes Saint-Nazaire ou au Havre ! Mais il s' arrête pas la parce que derrière, il y a pas les infrastructures pour aller vers l' inter land. Et de la même manière, Marseille est concurrencée et même dépassé, par Barcelone et par Gènes Parce que 1: manque d' investissement, 2: manque d' infrastructure derrière et ...

JLM : Et celle qu' il y a, on les laisse rouiller ! le port de Valence ? T' as l' articulation, les canaux, l' autoroute et puis la voie de chemin de fer.

JMB : Et en plus, c' est une réponse aux problèmes de pollution. Parce que, quand vous faites du fluvial, ou quand vous faites du ferroutage, évidement vous polluez beaucoup moins qu' une armada de camion qui ne transporte qu'un seul contenant. JLM : Alors bon moi, je donne ma réponse.

Ce que vous dites est passionnant parce que je pense que les gens qui nous entendent, vont commencer à comprendre progressivement, comment en partant de la question de la mer on touche à des dizaines d' autres hein ! Alors ça, on va y venir dans un instant, comment la mer a un point d' appui pour reconstruire l' économie à terre. ça parait... au début, ça choque l' intuition.

On comprend pas comment les deux choses s' articulent, mais à travers les témoignages que vous avez donné on commence à le voir. D' abord, c' est bien que le président de la république y soit allé. Un président de la république est venu là !

Alors, il y a un chemin immense encore à faire, parce que là c' était un peu symbolique. Bon, après ce qu' il a dit, évidemment, à mes yeux de connaisseurs, était largement en dessous de la main. Je crois qu' il ne se rendait pas compte d' ailleurs lui même, c' est pas un sujet qui le passionne.

Par exemple, il prend un air très décidé quand il annonce que les énergies maritimes, les énergies de la mer, et bien nous allons produire 3000 MW en 2023. Bon. Et il le dit avec l' air comme si il annonçait quelque chose d' énorme.

Donc visiblement il ne sait pas que c' est la moitié de l' objectif de ce qui devrait être réalisé en 2017...Bon, il sait pas tout ça, peu importe.

Clairement...

JMB : ****** , c' est quelque chose de très parlant. Pardon de vous interrompre, mais on était sur la même ligne de départ quand tout à été décidé. On a actuellement zéro kW produit en mer.

On a des essais. Des essais d' hydrolienne, des essais d' éolienne flottante, des choses comme ça. Mais pour l' instant, il y a rien.

Donc on est complètement à la traîne. JLM : Ah oui, mais pas qu' à la traîne, pour ça là je voulais venir à l' os dur. C' est que ce gouvernement et cette présidence s' y intéressent si peu, qu' ils croient que c' est une activité comme les autres.

Je veux dire ils s' en fichent de savoir si les hamburgers sont produits par un américains, un chinois ou un italien parce que bon, c' est pas décisif . Mais la mer si, c' est décisif. Il y avait deux des entreprises qui produisent des éoliennes, qui ont été vendues d' une manière, mais qui est révoltante !

Parce que, Alstom avait posé le premier parc d' éoliennes en mer au large des Etats-Unis. C' est nous ! les français qui avons fait ça !!

Et on le vend à Compagnie Générale Electrique, qui est une compagnie, autrefois nationalisée, vendue aux américains Et qui ont pu acheter comme ça les éoliennes d' Alstom. Les gens se rendent pas compte ! JMB : Il y a une usine à Saint-Nazaire qui a changé, oui elle s' appelait Alstom, maintenant elle s' appelle GE, General Electric oui !

JLM : Moi, j' ai été voir les turbines se fabriquer. Les gens ont pas idée de la précision que c' est une turbine hein ! Vous avez vraiment des grosses bêtes.

Ca à l' air comme ça tellement monstrueux, qu' on se dit " allez hop " comme on disait autrefois, on fait ça à " chaux et à sable " , tiens mon oeil ! Ca se règle au micron ! hein, une pale, tout à l' heure, on a vu dans le zapping L' hydrolienne, on en coulera pas cinquante des comme ça hein, parce que c' est très spécial, qu' il faut que ça soit dans un courant très fort.

Mais cette hydrolienne là, elle se prend des pavés comme ça ! Que le courant charrie et propulse dans les pales. Donc c' est des machines, d' une robustesse inouïe et d' une précision inouï.

Bref...

JMB : Enfin de la même manière, DCNS produit aussi, là c' était Sabella à Brest... mais DCNS produit des hydroliennes.

La même hydrolienne qui était destinée à la France, et au Canada et dieu sait si je suis pour les recours administratifs, parce qu' il faut surtout pas faire n' importe quoi ! Mais en France on a quand même l' art et la manière, d' attendre très longtemps, ce qui aussi explique des ****** , des choses comme ça. Elle est en place depuis deux ans, dans Saint-Laurent...

En France, elle est toujours perdue entre différents tribunaux administratifs. Faut aussi sans doute qu' on arrive a ...

JLM : Faut qu' on dise un mot sur les recours, parce qu' il ne faut pas contourner cette histoire. Mais là je viens pour l' instant, sur les outils de production. Donc on avait ça , on l' a vendu aux américains.

Vous me direz " ça empêche pas de produire sur place " peut être bien...

Mais enfin, les brevets et tout le reste ça nous importe pour une grande nation. L' autre entreprise, on l' a vendu aux espagnoles et aux allemands, résultat : on a plus rien, on a des CNS. Donc, si demain je suis élu, faut que je parte de ça.

J' ai rencontré un gars, qui est un ingénieur français, qui travaille pour des allemands. Une boite allemande qui pose un peu partout des éoliennes. Figurez- vous la chose incroyable, je pense que vous le savez.

L' état n' a pas les plans des endroits où mettre les éoliennes en mer. Il y a pas eu de planification, il y a pas eu d' organisation de la connaissance de l' espace. Mais eux, les boites privées les ont.

Alors ils travaillent très bien là bas, avec les danois en particulier, ou les allemands. Ils disent : " bah à tel endroit, on peut en poser tant. " Alors tous les permis sont travaillés en amont.

Et une fois que c' est décidé, c' est décidé. Et ils passent les commandes. Et ils installent comme ça...

Bon. Moi je sais que si je dois gouverner, il faut que j' arrive... j' ai demandé au gars combien de temps il faut pour en poser une quantité, hors recours hein, les recours des uns et des autres... combien de temps il nous faut ?

Le gars me répond En deux ans, on peut poser l' équivalent, si on travaille bien et dur, on peut poser l' équivalent de deux à trois réacteurs nucléaires. Alors, quand j' ai posé la question, ça avait l' air d' être une question comme ça, quoi, dans l' espace, dans le vide. Mais maintenant qu' on en a 18 d' arrêtés, pour des raisons de cuves, de ceci, de cela, et qu' il faut y mettre une somme monstrueuse pour remettre tout ça en état Je préférerais que la somme en question on la mette à poser des éoliennes.

Donc ça pour moi, premier bilan. Le gouvernement a rien compris, et il ne s' y est pas intéressé. JMB : Mais en revanche, le prochain locataire de l' Elysée, comme on dit, aura une chance inouïe, c' est qu' en ... en Mer du Nord on peut poser de l' éolienne, parce que c' est simple, parce qu' il y a très peu de fond.

Mais nous on a une autre chance, c' est qu' on a : des courants donc de l' hydrolienne, on sait faire d' autres ... des machines à ondulations qui marchent très très bien.

Tout l' Outre-mer on peut faire du thermique, comme on fait en terre. C' est-à-dire, échange thermique entre l' eau froide au fond et l' eau chaude en haut. C' est-à-dire, qu' on a tout un kaléidoscope qui permet d' aller assez vite, et on a tout les savoir faire ...

Maintenant il faut une volonté. JLM : Voilà ...

Non mais c' est très important que vous le disiez, vous ! Parce que si c' est moi qui le raconte, on dit c' est son côté ... un peu il en rajoute parce qu' il y croit ...

Mais la vérité c' est celle là ! Nous savons tout faire ! C' est ça qu' il faut que les gens comprennent bien.

Qu' est ce qu' il y manque ? La volonté. C' est même pas l' argent.

De l' argent il y en a de partout, et le banquier central européen c' est pas quoi en faire ! Donc, avec la Banque française d' investissement, on pourrait investir. Mais on pourrait, par exemple, proposer comme vous le sous-entendiez, il y a un instant, pour un certain nombre d' infrastructures, on pourrait mettre en place des emprunts.

Et je suis persuadé ... regardez, voilà mon raisonnement : En France, il y a 1 500 milliards d' euros à l' assurance vie.

Peut-être que vous avez une assurance vie ? Il y a plein de gens qui ont une assurance vie. Bon !

Et bien, j' ai découvert, que pour un euro placé en France, de l' assurance vie, il y a un euro qui est placé à l' étranger. Bon ! Si on disait, l' euro qui est placé à l' étranger, vous le placez où vous voulez, vous faites ce que vous voulez.

Mais l' avantage fiscale, il existe pas pour cette euro là. Parce que vous savez que ça marche à coup d' avantages fiscaux les assurances vie. ...

Il marche pas pour ceux là. Et par contre, je vous propose, parce qu' il faut aussi avoir quelque chose à proposer ! Parce que les financiers, eux, leur principale problème, ce que les gens ne savent pas, c' est qu' ils ne savent pas où mettre leur argent.

Donc, clairement si vous proposez du 1% pour un canal, vous trouverez des sous en deux temps trois mouvements ! C' est même pas un problème ! Donc, ce qu' il faut, c' est la volonté politique.

Et pour ça il faut avoir une vision d' ensemble. Et ces gens là n' en ont pas. Au fond ... la pollution, et la délocalisation, ça a une racine marchande.

Comme les containers ...

JMB : Et assez maritime ! JLM : Oui ... bah oui !

Alors on va le dire : 90% du commerce mondial passe par la mer. Donc bon ! Déjà, on voit que celui qui tient la mer tient tout le monde.

Et l' intérêt qu' il y a à avoir une flotte stratégique, je sais pas qu' en on en parle, mais on va le dire là. Il y a une tradition française d' assurer nous même nos approvisionnements pour les matières qui sont pour nous stratégiquement sensibles. Exemple : les produits pétrole, et essence raffinée, puisque comme on a détruit toutes les raffineries en France il y en a plus que huit sur vingt cinq qu' il y en avait.

Bah maintenant on ramène tout de chez les autres, mais il faut le ramener ! Donc, si on avait une flotte stratégique, on construirait des bateaux pour ça. Et à partir de là, on aurait une masse critique de production qui permettrait, qui justifierait le démarrage de tel ou tel port, et de tel ou tel atelier, parce qu' une fois que le bateau est sorti, faut le mettre à quai et le reste.

Bon bref, les containers, vous savez qu' on transporte tout ça par la mer les français, qui aiment tous bien les questions pour se faire peur, donc allez, on va se faire peur un peu. Il y a un colis sur cent qui est exploré par la douane, tout le reste ça arrive, ça passe, ça rentre, ça sort ... personne sait ce qu' il y a dedans.

Donc vous voyez, alors là, par contre, vous pouvez défiler dans la rue avec une grosse mitraillette là, l' opération sentinelle. Dans le moindre port de France, on peut faire ce qu' on veut. Alors il y a eu, tout le monde s' est jeté là dessus, et maintenant, il y a eu une telle production de porte-containers, qu' il y a une crise.

Donc le tarif est très bas, on transporte de plus en plus facilement. Et comme on transporte de plus en plus facilement, bah du coup, ça vaut le coup de les délocaliser, puisque le transport vous coûte rien. Et il y a des boîtes qui sont en train de s' effondrer dans le transport maritime.

Là, on est dans le creux du cycle. Et à mon avis ça va durer un moment, parce qu' ils ont vraiment de la surcapacité. JMB : C' est vrai, qu' il y a des bateaux qui tournent actuellement, qui sont en mer, qui ne savent même pas où aller, parce qu' ils sont vides.

Et ils savent pas où aller, ils savent pas dans quel port, ils sont abandonnés par leurs actionnaires, ils n' ont plus rien à manger ... c' est quelque chose d' incroyable hein !

On se rend pas compte, mais en mer il se passe des choses ...

Mais ça c' est le pire côté de la mer, c' est celui qu' il faudra réglementer. JLM : Oui ! mais parce que l' espace maritime, là on répondait à la question sur le gouvernement.

Bon bah là encore un truc où la France a été en dessous de tout ! Parce qu' on avait un bon début. Sous le gouvernement Jospin, quand l' ONU a dit : Et bien, ceux qui arrivent à montrer qu' il y a une continuité entre l' espace physique de leurs plateaux de zone exclusive économique prioritaire, bon, ce qu' il y a à eux !

Ceux qui arrivent à le prouver, toc !... on leur donne.

Et nous, comme on avait les navires scientifiques, on a fait ça partout, et le territoire de la France c' est accru de 10%, sans tirer un coup de fusille, et voilà... pouf ! c' est fait.

Tout ça c' est pour dire que, quand on décide de s' y intéresser, on fait des choses remarquables. On pourrait aider les autres, à définir leur territoire. Parce que notre intérêt, c' est quand même que la suite de l' épopée humaine, qui va avoir lieu en mer, parce que ça c' est la vieille loi anthropologique hein ! les êtres humains, bon pam ! pam ! ils vont toujours plus loin, et puis comme ils sont de plus en plus nombreux, les voilà arrivés au bord de l' eau.

Il y en a 50% qui... par exemple en France, 50% de la population est à 100 Km d' une côte.

C' est vrai pour l' humanité entière. Ils arrivent là, ils entrent en mer. Donc notre intérêt, c' est que la mer soit un espace de droit.

Et nous les français, à cause de la taille du territoire non seulement on y a intérêt, mais on a de l' autorité quoi ! Puis, on a des navires quand même ! Nous, on est capable de se faire respecter.

On a éradiqué une partie de la piraterie en mer avec des méthodes... hein ? on a pas donné des bonbons aux mecs hein ! on leurs a tiré dessus on les a ramassé, collé en prison.

Et à partir de là, ça a créé une ambiance de travail, qui a fait baisser le niveau de la piraterie. Alors, ça veut dire, que par exemple, les grands fonds marins, il y a pas de lois, pas de droits. Aujourd'hui vous, monsieur Biette et moi, on achète un bateau tout les deux, si on a les moyens de le faire, on prend ce qu' on veut.

JMB : Alors ça dépend, parce que dans les carrés de zones économiques exclusives comme on peut en avoir nous, à ****** et ****** par exemple pour trouver, parce que vous parlez de...

JLM : Non mais c' est dans notre zone à nous ! ...

Mais au-delà ? Pas de droit ! JMB : Ah ! au delà !

JLM : Il y a pas de droit. On fait ce qu' on veut ! On a une question sur l' état présent.

Alors on la regarde. Monsieur Mélenchon, monsieur Biette bonjour On dit de la mer que c' est la poubelle de la terre, avec des pollutions diverses, comme le pétrole, les produits toxiques ou le plastique. Que prévoyez-vous comme moyens pour préserver l' écosystème marin ?

Merci beaucoup. JLM : Alors, dites-nous où on en est, parce que maintenant, déjà, il y a quelque chose de bien. Tout le monde a compris qu' il y avait un continent de déchets, on l' a vu tout à l' heure, dans le zapping.

Et c' est pas tout, il y a des endroits, c' est la catastrophe totale, c' est-à-dire les ruissellements de pesticides ont détruit absolument toutes vies ! dans des espaces considérables; J' ai vu ça dans le golfe du Mexique, mais enfin, à mon avis, ça doit pas être le seul coin dans le monde où c' est comme ça. Alors, où est-ce qu' on en est sur ces sujets ?

Comment le monde de la mer voit cette question ? JMB : Alors, il y a une première chose, notre internaute à raison, par endroit c' est vraiment la poubelle de la terre, parce que tout vient de la terre. Mais il faut bien comprendre que le fameux réchauffement de la planète, et d' excès de CO2.

Il faut savoir que le CO2 est capté à 75% par les océans. Et donc, si on ne règle pas la pollution atmosphérique les océans donc, captent ce CO2, ça amène un réchauffement, ça amène une salinité plus forte des océans ça amène la mort des coraux, et ça amène... comment dirais-je... un changement mais incroyable, c' est-à-dire qu' on change l' habitat de tout ce qui est faune maritime.

Et donc, des espèces qui vont disparaître, les coraux qui meurent, et en plus une élévation du niveau de la mer, ça parait rien. Quoi qu'il arrive, si on est très prudent, si on arrive à régler ces questions d' émission de CO2, on aura au moins deux mètres de plus à la fin du siècle. Deux mètres, je me souviens plus... mais c' est énorme ! ce que ça induit comme "déplacement" de population.

Mais si on ne fait strictement rien, si on continue, on est à sept mètres ! Là vous avez plus d' île de Sein par exemple, avec une ligne à huit mètres. Molène c' est mieux, c' est quinze mètres.

Mais enfin voilà, on est dans ces questions. JLM : Moi je vais vous faire peur monsieur Biette, pendant qu' on y est. JMB : Mais je parle pas des grands deltas indiens parce que là, évidemment, je plaisante sur ça mais ...

JLM : L' élévation du niveau de la mer, qui est quelque chose dont on prend seulement conscience, hein ...

Et puis c' est très récent, parce que moi quand j' ai écrit le bouquin l' Air du Peuple je cherchais mes chiffres, je racontais ça dans les conférences, les gens me regardaient un peu comme ça et moi même, j' y allais mollo quoi. J' y allais pas trop fort. Mais les chiffres que vous annoncez aujourd'hui, en plus ils sont discutés.

Quand on dit deux mètres, les gens disent : " vous êtes complètement fou, c' est pas possible. " Bah si ! ils arrivent pas à le croire hein !

Deux mètres, il faut vous rendre compte que la centrale de Blaye, la centrale atomique de Blaye, elle est noyée. Donc, ce qu' il faut comprendre, c' est pas seulement que l' eau monte, et que donc les gens vont devoir s' en aller. Il faut donc démonter tout ce qui se trouvait au bord de la mer, et le reconstruire un peu plus loin.

Bon. Mais c' est que, l' eau qui monte, elle monte pas sur des cabanes de pêcheurs. Elle monte sur des installations extrêmement complexes; et qu' on est incapable aujourd'hui de maîtriser le démontage et le remontage.

JMB : Et si vous voulez défendre, par rapport à l' océan, faut savoir qu' une élévation de cinquante centimètres d' océan Au minimum il faut un mur, c' est la mode en ce moment, d' 1.5 mètre. Donc vous imaginez, sept mètres, vous allez faire des murs de vingt mètres !

Donc c' est pas réaliste. JLM : Et le système climatique, vous le dites dans votre livre, il faut se rappeler qu' il est essentiellement régulé par la mer, davantage que par la forêt c' est ça ? JMB : Bah on le voit, le fameux El Niño, dont on parle.

C' est un réchauffement d' un courant le long des côtes de la basse Californie. Et donc qui change énormément de choses. Imaginez, une seule seconde, le scénario noir, après on va passer sur les choses plus optimistes.

Mais il y a des scientifiques qui disent, que si on continue et on ne fait pas attention et qu' il y a une fonte des glaces. Vous allez avoir de l' eau "douce" et froide, qui va descendre dans l' Atlantique Nord, qui va couper le Gulf Stream. Et je rappelle à tout le monde, quand même, qu' on est à la hauteur de l' Amérique du Nord et du Sud du Canada.

Donc terminé le climat tempéré en France ! A la limite, le réchauffement de la planète pourra avoir pour conséquence, que les côtes de France soient gelées. Mais bon, ça à priori ...

JLM : Bah moi, j' y jurerais pas ma paye que ça se produira pas. Parce que non, non ! mais il faut dire les choses comme elles sont pour que les gens comprennent bien. parce que sinon... la politique et l'action politique... devient une espèce de jeu sans conséquences ... mais c'est pas le cas...

Euh, bon...

Le réchauffement climatique prévu par la COP21... sur le papier, il y a marqué qu'on vise un et demi... parce que, si on n'avait pas mis un et demi, les îles ne signaient pas... vu qu'elles vont être noyées...

En réalité... le reste du texte, parle de 2... et chaque pays fait sa déclaration pour dire... ah ben non, on va faire ci, on va faire là, on va faire là.

Quand on met bout à bout... ce que les pays ont prévu, ça fait plus trois et demi...

Alors, plus trois et demi, c'est tout ce qu'on vient de raconter...

C'est une certitude...

L'océan n'arrivera plus à éponger la chaleur mais au contraire... va en propager...

Les gens ont du mal à le comprendre... mais en période de réchauffement climatique, il pleut beaucoup... il pleut surtout très beaucoup... parce que l'eau s'évapore...

Et puis, en période de changement climatique...

à cause du chaud, il y a beaucoup de froid. Et ça peut être une ère de glaciation...

Alors tout ça c'est tellement difficile à arriver à comprendre...

Et puis surtout, ce qu'il faut que les gens comprennent, c'est que ça va vite... c'est pas un petit peu tous les jours.

JMB : Non. Non, ça va très vite...

JLM : Voilà. C'est des paliers. Quand l'océan se réchauffe... ou que son poids augmente... toute la glace qui est au fond, craque...

Et elle remonte à la surface. Et moi, j'étais frappé de ça parce que... j'avais annoncé ça dans mon bouquin comme la cata, hein ? la catastrophe et tout... et j'avais dit, les capitalistes -pardon M.

Biet, je ne veux pas vous choquer... ils sont tellement rapiats... qu'ils exploitent les catastrophes... et ça a pas manqué...

Au lieu de se dire mais mince, il y a de la glace qui remonte... qu'est pleine de méthane, y a un problème...

Non y' a un mec qui a dit, formidable on va la ramasser... pour exploiter le méthane.

Bon. JMB : Là, c'est clair que si on aide pas le développement, il sera durable ou il le sera pas... parce que si on ne règle pas ces problèmes-là... l' exploitation des richesses de la mer sera impossible...

JLM : Alors, c'est à ça qu'on va venir maintenant mais j'ai bien aimé... ce que vous venez de dire à l'instant...

On n'est donc pas dans le domaine... d'une espèce de préférence philosophique... ou politique.

Encore qu'elle serait justifiée...

On a parfaitement le droit d'opter pour un tel type de...

JMB : J'allais dire même cyniquement, il faut devenir écologique...

écologiste, pour la mer. JLM : Ben, si on ne le fait pas... l'écosystème humain sera détruit.

JMB : Voilà JLM : On le voit en reculant tous les ans comment recule... la date à partir de laquelle l'humanité est en dette avec la nature... mais là, ce qu'il faut que tout le monde comprenne, c'est que... en plus... on ne se contente pas de prendre plus que ce qu'elle peut reconstituer... on prend, dans des conditions telles... que nous créons les conditions de... d'événements climatiques extrêmes, etc.

Par exemple, cette année, j'ai vu que... pour la première fois... une tornade avait traversé la mer... et partie d'Amérique du Sud, elle est arrivée au Yemen.

C'est la première fois qu'un truc pareil se produit. Donc, moi je sais que...

à mes yeux, le changement climatique est commencé... donc, maintenant mesures d'urgences à prendre un peu partout mais... voyons...

Alors, mon raisonnement est le suivant... puisque les gens qui nous écoutent... euh... vous avez parmi eux des gens qui... posent... nuancent un défi.

Ils disent : " mais qu' est ce que vous êtes en train de dire les gars ? Vous êtes en train de proposer d' entrer en mer et de continuer en mer ce que vous faites à terre. JMB : Surtout pas !

JLM : Voilà. Donc, l' idée qu' on a en commun, qui fait qu' on se rencontre, et qu' on se comprend C' est qu' on pense que, entrer en mer, c' est changer tout ce qu' on fait à terre. Voilà.

Pour faire vivre notre entrée en mer, faut changer notre manière de produire. Alors Et est-ce que la...

Qu' est-ce que la mer peut nous apporter ? JMB : Alors, déjà beaucoup de choses. Mais en plus il ne faut pas oublier, qu' on va être 9-10 milliards dans, finalement peu de temps sur cette planète.

Donc, déjà la terre est épuisée, elle n' arrive pas à nourrir toute l' humanité Et alors là, pour le coup c' est terminé. Donc il faut trouver des réponses en mer. Côté alimentation, les protéines de base, on peut avantageusement remplacer tout ce qu' on a fait très mal.

C' est-à-dire les poulets, pardon pour les brésiliens, parce qu' on peut en faire d' aussi horribles en France, mais voilà. Toutes ces protéines, à très... de très mauvaise qualité, on peut très bien les remplacer par des algues.

Les algues ont même, des potentialités supérieures. Et les algues, ça peut se produire. Ca peut se ramasser, mais ça peut se produire.

Nous, la France, avec tout le domaine maritime qu' on a, on peut en faire de manière incroyable ! JLM : Et on en fait moins que les Danois aujourd'hui. JMB : Et on en fait moins que beaucoup de gens.

Mais ça, je pense que, là pour le coup le potentiel va trouver ... parce qu' il y a une demande.

Donc, l' alimentation, c' est aussi l' aquaculture. Mais l' aquaculture, on l' a vu un petit peu tout à l' heure dans le zapping, c' est le meilleur. Et le meilleur est pas cher.

Le meilleur, c' est ce qu' on a vu en Corse à coté des Sanguinaires c' est-à-dire que vous donnez aux poissons une nourriture de qualité, c' est exactement...

Si vous faites une ferme des mille vaches, et vous donnez n' importe quoi, ça peut devenir de la vache folle. Ou alors, vous donnez quelque chose de qualité, et ça vous donne une aquaculture de qualité. Et donc, entre les algues et l' aquaculture, on peut nourrir, on peut répondre au défi alimentaire.

Et donc une fois de plus la France est très bien placée puisqu'on a un domaine, très important, avec tous les climats possible et imaginables. JLM : Je fais une petite incise, Jean-Marie Biette. A propos de l' aquaculture, c' est un petit phénomène, mais je le crois intéressant.

Bon, tout le monde c' est que quand on est passé de la chasse à l' agriculture, ça a changé la condition humaine. Quand on est passé du grappillage, à l' agriculture, et à planter, ça a changé tout. Et bien figurez-vous, que la même chose c' est produit en mer en 2013.

En 2013, pour la première fois, on a mangé plus de poissons d' élevage, que de poissons pêchés. Et c' était un événement immense hein ! Totalement inaperçu, mais qui montre bien qu' on est dans une transition globale de la présence humaine sur la planète.

Donc, la mer représente une capacité de production de protéines végétales hein ! qui est pour nous un recours, parce que, la protéine animale, non seulement elle a ses limites, comme vous l' avez dit hein ! et son absurdité !

Pour produire 1 Kg de protéines animales, il faut 5 Kg de protéines végétales. Donc, c' est un peu fou comme système. Mais ça se paye aussi au prix de conditions d' élevage abominables, c' est les fameuses "fermes des mille vaches".

Et puis d' une absurdité globale. Tandis que ...

Cultiver des algues, alors là, on va dire encore autre chose on ne cultive pas des algues qu' en mer. JMB : Non ! pas du tout non !

JLM : Alors, racontez ça. JMB : Non, on peut parfaitement les cultiver à terre. Il y a pas longtemps, justement, j' ai rencontré des jeunes, qui ont tout abandonné, et qui font de la culture d' algues, à terre en Bretagne.

Je sais plus ...

à vingt kilomètres des côtes. Généralement, l' économie maritime répond à des process relativement simples. De la même manière, tant qu' on a pas la pile à hydrogène, pour les bateaux, les voitures, ce qu' on veut, et puis le problème de stockage de l' énergie dans les batteries ...

On peut faire des biocarburants, à partir des algues, ce qui éviterait de raser des parts entières des forêts, et des... voilà !

Idem pour l' huile de Palme, qu' on peut remplacer. Tout à l' heure, vous parliez de la sécurité énergétique de la France. Alors c' est vrai ! pour le pétrole.

Mais on est tous : " est-ce un bien ? est-ce un mal ? " C' est comme ça !

On est tous entourés de produits numériques, et pour faire des produits numériques Qu' ils s' appellent : Smartphones, appareils photos numériques, caméras numériques comme celle qui nous filme Ils faut des terres rares, avec des minerais. Alors pour ma part je ne suis ni physicien, ni chimiste. Mais avec ce qui s' appelle des terres rares.

Pour l' instant, elles sont exploitées en Chine, ça va avoir une fin. Et là on sait... on le sait, que notamment par exemple, à Wallis-et-Futuna, on fait, et en plus on a les entrepôts et donc ils savent faire ça.

Qui savent aller chercher au fond toute cette ....

JLM : Moi, je suis un peu sceptique. Parce que ça, je connais la musique hein. On va recommencer à tout dégueulasser partout, et qui est-ce qui va aller voir ce qui se passe vraiment au fond de la mer... déjà sur la terre on a un mal de chien ...

JMB : Bah c' est là où ... enfin vous êtes un homme politique.

C' est là où on a besoin de nations correctement dirigées. De continents, comme l' Europe, correctement dirigés. Et puis de systèmes d' organisation mondiale qui fassent que ...

Attention, parce que si on fait n' importe quoi, comme vous le craignez en mer, c' est ...

JLM : C' est la fin. JLM : La nature, elle a pas besoin de l' Homme hein ! JLM : C' est ça.

JMB : L' Homme peut disparaître. C' est l' animal le plus faible de la planète. Donc il y a a un moment, moi je crois aussi en la sagesse de l' Homme.

J' allais dire, quand il y a un mort au carrefour, on met un feu rouge. des morts au carrefour, il y en a plein. JLM : Oue, mais moi je crois pas, comme vous, à la sagesse spontanée de l' Homme.

Parce que regardez ...

JMB : je dis pas qu' elle est spontanée. JLM : Ah oue, mais regardez le capitalisme, qui tue, détruit, pollue, pue et rend con...

ça empêche pas qu' il est toujours là. Non, je crois qu' il faut vraiment, pardon mais ça c' est plutôt de la politique hein ! JMB : Non, mais regardez, c' est intéressant.

Les assises de la mer. On peut pas dire que les responsables des entreprises qui viennent nombreux soient tous des Marxistes, ou des trotskistes, ou des gauchistes, vous avez cru le remarquer je suppose. JLM : Moi non plus, alors donc, comme ça ...

JMB : Ils sont persuadés, à 100% ils sont persuadés, ils sont demandeurs maintenant de l' état et de règlements, parce qu' ils savent bien que ça s' arrête autrement. Ca veut dire que si c' est la loi de la jungle, le capitalisme le plus libéral en mer, bah ...

ça va durer quoi, dix ans. JLM : C' est ça. Non ça, je peux témoigner de ça.

On fait une petite parenthèse humaine. C' est que c' est un milieu de passionnés. Donc déjà, c' est un vrai bonheur d' être là-dedans.

Parce qu' on tombe que sur des gens, qui vont parler d' autres choses que d' argent. Ils parlent de machines, ils parlent d' immensité, ils parlent d' aventure humaine. Et puis, je vois bien que tous ils ont compris, que ça marchait pas sans l' état.

Par exemple on a privatisé les ports, et maintenant les voilà qui rappliquent tous pour dire : " ah bah l' état doit investir " . Ah bah faudrait savoir mes chéris, paraît que c' était vous qui saviez tout faire. Bah la preuve que non.

JMB : On a parlé de Colbert tout à l' heure. JLM : Oui. JMB : Bah sans Colbert... alors il y a eu le colbertisme ...

Mais sans Colbert il n' y avait pas d' arsenaux, il y avait pas un truc... alors c' était Richelieu juste avant, ça s' appelle le code Michau.

C' est tout bête, qu' est-ce qui a lancé l' économie maritime en France, c' est le code Michau qui permettait, je crois que c' est en 1623. Qui permettait aux nobles, de pouvoir mettre un peu d' argent dans le maritime et...sans déchoir... et aux roturiers de se faire anoblir parce qu' ils étaient armateur de bateaux.

JLM : Alors moi, j' ai une petite pensée émue pour Colbert, parce que Colbert a ... c' est la qu' on revient dans la montagne, à planter des arbres pour faire la marine nationale.

JMB : Absolument. JLM : Et dans la forêt de Joux, en franche comté, vous avez des arbres qui sont énormes, ils ont trois cent ans. Ils ont été plantés par Colbert pour la marine nationale.

JMB : Et la mer est à terre, parce que regardez : dans les Vosges, c'est à Saint-Dié je crois, tous les plus grands cartographes, toutes les plus belles cartes maritimes du monde entier viennent de Saint-Dié [NDA : Saint-Dié-des-Vosges]. Ça rejoint : on peut faire de l'économie maritime sans être au bord de la mer. JLM : Absolument, absolument.

Et ça, c'est la vraie bonne nouvelle de cette affaire : c'est une ère d'expansion. Comme j'ai vu cette passion dans ce milieu, la facilité qu'il y avait à parler (puisqu'on se retrouvait vite)...

Apparemment, on pourrait dire : un homme comme moi, comment il va arriver à discuter avec des armateurs et tout...

Et la discussion avait lieu. Et j'ai noté que les syndicats aussi discutaient différemment dans le secteur de la mer qu'ailleurs. Parce qu'on dirait que les dangers qui viennent de la mer unifient tous ceux qui ont à en connaître.

Je ne veux pas donner une image angélique et tout ça, non, il n'y a pas un paradis dans ce domaine, mais il y a une force humaine qui fait que quand je les ai vus... croyez-moi, je fais de l'action politique depuis un bon moment : le fond de l'action politique, c'est quand même de mettre des gens en mouvement.

Sinon, vous restez tout seul dans votre coin en train de débiter votre catéchisme comme le font les extrémistes de tout poil. Là, je sens qu'il y en a sous le pied. Il suffirait de libérer ça, et boum !

Je suis sûr qu'il y aurait une énergie fantastique pour l'aventure. Alors, on traitait... on a traité de la nourriture, il faudrait un peu me parler, pour que tout le monde l'entende, sur les bio-technologies.

Bon, vous avez compris les gens : on peut faire du plastique avec des algues, on peut faire de la nourriture, on peut faire de l'élevage, on peut faire de l'énergie...

On parle d'hydroliennes. Vous savez, moi, j'aime bien parler des hydroliennes en mer. Bon, on m'a dit cent fois : "Écoute mon vieux, on n'en met que dans deux ou trois endroits !" Mais les gens ont oublié que dans ce pays, il y a eu des milliers et des milliers d'hydroliennes.

Ça s'appelait des moulins. JMB : Absolument. JLM : Donc des hydroliennes, on peut en coller partout.

J'ai même un ami qui m'a raconté comment on pouvait en coller dans les châteaux d'eau. Vous savez, le simple fait que l'eau descende pourrait faire tourner...

JMB : Absolument. JLM : D'ailleurs, ils l'utilisent eux-même pour la remonter, la flotte. Bon, c'est pour dire : là, on voit tout ce que ça peut donner alors, mais dites encore un mot, Jean-Marie Biette, sur les bio-technologies.

Parce que ça a quand même ce qu'il y a de plus excitant et de plus incroyable, je trouve. Donnez quelques exemples pour voir. JMB : Alors déjà, il faut bien voir qu'en France, on se réjouit, à juste titre, d'être très bons sur les start-ups numériques.

Et on est aussi bons sur les start-ups de bio-tech, et notamment maritimes. Allez, la santé : les plus grand professeurs vous expliquent que la pharmacie de demain, elle est en mer. Parce qu'aussi, on a utilisé toutes les molécules connues sur la terre.

Simplement dans les grands fonds, on découvre des organismes vivants, qui vivent à la fois très très vieux (on a trouvé là, il n'y a pas longtemps un requin qui avait 450 ans)...

JLM : 450 ans ? JMB : 450 ans. Ce sont des organismes qui n'ont pas besoin de la photosynthèse pour s'épanouir, et donc qui vivent très longtemps.

On n'a pas fini d'exploiter tout ça, évidemment pour la médecine. Mais d'ores et déjà (alors, j'ai pris des notes parce que je n'arrive absolument pas à retenir cette algue)...

JLM : Moi non plus. JMB : Il y a une algue qui s'appelle "Chlamydomonas reinhardtii". Et bien, c'est une algue... malheureusement, le cancer touche tout le monde, toutes les familles et c'est une question...

JLM : À cause des cochonneries qu'on mange, bien sûr...

JMB : Voilà...

Et donc, cette algue produit une protéine qui permet de cibler une cellule cancéreuse et de l'éliminer. Donc, voilà, on en est au tout début. C'est pas encore un médicament, mais on sait que là, on touche quelque chose de très important.

Je précise que c'est très sérieux, je ne m'amuserais pas à donner de l'information comme ça. JLM : Bien sûr. JMB : Il y a des anti-viraux... alors, on sait qu'il y a un vrai problème avec les anti-viraux : nouvelle molécule, des éponges des caraïbes, ça donne un médicament qui est sorti, qui s'appelle le "Zovirax" qui est très très très performant.

On a des cônes marins, alors les cônes marins, tout bêtement, ce sont les vers, pour ceux qui aiment bien la pêche à pied, on va dans la vase, hop on prend la vase et dedans il y a des vers. Et bah ces vers-là, ils ont quelque chose d'assez étonnant : soit certains contiennent des anti-douleurs beaucoup plus forts et beaucoup moins dangereux que la morphine, et puis il y a surtout le sang de ces vers qui permet de passer 100 fois plus d'oxygène que dans le sang humain. Et rien que ça, pour tout ce qui.. pour toutes les problématiques liées aux transfusions de sang, liées aux opérations, c'est énorme.

Et on n'en est qu'au tout début ! Il faut savoir qu'on a la chance en France d'avoir des chercheurs. Et quand je dis qu'Ifremer [NDA : L'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer] ça peut être d'autres hein, Qu'Ifremer a dix fois moins de budget que le CNES [NDA : Centre national d'études spatiales] alors qu'on connaît la surface de la Lune, on ne connaît pas le fond de la mer...

Ça serait vraiment bien, c'est le rôle de l'État, de les aider. Parce que ça nous fait prendre de l'avance et eux, ils vous disent...

Mais on connaît quoi, 30% ? 40 % ? Des animaux marins, des cellules marines...

Et donc en fait, toutes les...

On dit que les antibiotiques c'est fini, parce qu'on a tout utilisé, mais il y a tellement de nouvelles molécules, tellement de nouvelles cellules que les plus fameux chercheurs et médecins vous expliquent que fort heureusement, il y a la mer et qu'on va trouver des réponses. Donc il y a quand même de quoi être optimiste ! On trouve de quoi soigner...

Je passe sur la beauté parce que toutes les crèmes de beauté, les choses comme ça... mais c'est quand même important, proviennent également, peuvent provenir également de tout ce qui est marin.

On peut donc y trouver des minerais, on peut y trouver de l'énergie, on peut y trouver de quoi manger...

Bref, on trouve des réponses à peu près à tous nos problèmes. Maintenant, la question centrale, c'est : comment on s'organise sur cette planète pour ne pas gâcher tout ça, par des réflexes de productivisme ou de simple appâts du gain. Tout la question est là.

JLM : Voilà, et donc on a un double défi : il s'agit à la fois de comprendre, et d'organiser notre entrée en mer (pour l'instant, elle a lieu à la sauvage) et de l'organiser dans un état d'esprit en rapport à la nature, qui soit différent de celui que depuis le 19ème siècle, nous avons avec la nature. C'est à dire une vision extractiviste, productiviste...

L'idée que tout ça peut être dominé, et doit être dominé, pour avancer correctement. On entre dans une relation qui va plus viser à l'harmonie, à la précaution, au soin, à la délicatesse...

Et en même temps, on le fera avec d'autant plus de raisons qu'on comprendra qu'on est pris à la gorge. Je vous évoquais à l'instant, juste un exemple parmi des dizaines : la question des antibiotiques. Bon, on a élevé le niveau de résistantes des organismes vivants aux antibiotiques parque qu'on en a donné des quantités, continuellement, qui sont insuffisantes et qui ont créé une accoutumance.

Par exemple, les fermes des 1000 vaches : le lait qui sort de là-dedans est rempli d'antibiotiques et ainsi de suite...

Là, l'ONU a demandé que les États fassent un plan de substitution, un plan qui prenne en compte la résistance microbienne nouvelle qu'on observe. Personne n'en parle, mais c'est très important. On pourrait se donner des objectifs dans ce domaine, se dire : "Ah ben tiens, on va passer par la mer, on va voir si en mer on trouve quelque chose." Et on trouvera.

Ce qu'on essaye de communiquer tous les deux, à ceux qui nous écoutent, c'est l'enthousiasme, c'est à dire que notre pauvre pays qui est toujours là en train de regarder son nombril ou la pointe de ses chaussures, et de discuter de je ne sais quoi, de la religion des gens, de tous ces trucs qui ont un intérêt très moyen, on pourrait se passionner. Et de même qu'on va dans l'espace, nous les français, on pourrait aller en mer avec enthousiasme. Moi, je dis que j'ai entendu mes amis (je les appelle comme ça parce que je pense que ce sont maintenant des amis), de ce monde de la mer dire : "300.000 emplois".

Moi, je pense qu'on fera beaucoup plus, mais surtout qu'on se donnera un moral de pionniers. Pas de conquérant, parce que conquérant, c'est agressif, mais de pionnier : les gens qui commencent , vous savez, l'émerveillement, quand on commence quelque chose : "Ouah, c'est beau ! Bon bah allez, on fait." Et c'est ça qu'on essaye de faire.

JMB : On est le pays de La Pérouse [NDA : Jean-François de La Pérouse] qui quand même, au lieu d'aller conquérir et tuer à peu près tout le monde, lui il essayait de cartographier, de repérer, de voir tout ce qui était beau dans le monde. Voilà, c'est aussi dans nos racines. JLM : Exact.

Enfin, moi j'espère que puisse un jour appliquer tout ça parce que je sais qu'en très peu de temps, vous verrez le problème quand on n'aura pas assez de bras...

C'est pour ça que je dis qu'il faut faire bien attention. Pas seulement dire : "On va faire ceci et cela", mais planifier. Parce que sinon, ça va être la pagaille, et on n'arrivera à rien.

Planifier les différents compartiments. Bon, Monsieur Biette, c'était un plaisir de vous avoir avec nous. Je sais pas si on est arrivé à faire passer de l'enthousiasme...

Moi je redis : lisez ce livre, parce qu'il n'y a pas besoin d'être un expert pour comprendre tout ce qu'il y a dedans. En plus, il dit du bien de moi à un moment, donc je ne peux que le recommander. Mais c'est pas la seule raison.

Avec ou sans moi, c'est un livre qui permet de comprendre où on en est, mais d'une manière qui est simple. Il n'y a pas besoin d'être un technicien. C'est le bon côté du journalisme, vous voyez ?

Le journalisme qui vous explique les choses : c'est ça qu'on attend d'eux d'habitude, ce qu'ils ne font pas mais là, il l'a fait, il l'a fait et c'est remarquable, d'autant qu'il faut vous préparer, parce que si c'est moi qui gagne l'élection, c'est ça qu'on va faire. Mon coup de cœur, il a avoir avec une entreprise privée ça va vous surprendre ! C'est la fondation Cartier pour l'art contemporain.

Je suis allé voir là-bas, l'exposition qui s'appelle : Le grand orchestre des animaux. C'est à Paris, donc il faut y passer pour aller à cette exposition, mais vraiment c'est un choc extraordinaire. Et je vous raconte l'histoire très rapidement : Le gars, il s'appelle Bernie Krause, (l'essentiel de l'expo est fait avec son œuvre) : c'est un type qui était un ingénieur du son pour les Doors, par exemple.

Et un jour, je ne sais plus à quelle occasion, on lui demande d'aller prendre des sons dans la nature. Le gars, il y va avec son matériel, et il n'en est plus reparti. C'est à dire qu'il a eu une espèce de coup de foudre, il s'est aperçu qu'il y avait ce qu'il appelle avec des guillemets : "le grand orchestre".

Un grand orchestre. Et il repère que dans la nature, il y a des milliers de bêtes qui sont là. Alors, elles poussent des cris, elles chantent, et chacune se cale dans un registre de manière à ne pas se superposer aux autres et être entendues par les membres de sa propre espèce, mais aussi par les autres.

Genre : "Je suis là, faut pas venir". Et le gars dit une phrase que j'ai trouvée formidable, il dit : "Écoutez, si vous n'écoutez pas l'orchestre de la nature, c'est à peu près comme si vous essayiez de comprendre une symphonie de Beethoven en prenant juste un violon." Donc, de cette révélation, il a fait des dizaines de milliers d'heures d'enregistrement.

Et c'est là que ça met le frisson et que ça devient triste : c'est qu'il retourne aux mêmes endroits. Et à partir d'un certain moment, il découvre qu'il n'y a plus de bruit. C'est le silence.

Le grand orchestre s'est tu, tout simplement parce toutes les bêtes ont disparu. Bon, c'est super triste, mais ça rend compte de ce que le reste de la science nous apprend sur l’extinction de la biodiversité qui est en cours. Alors, quand on va à l'expo, au début ils montrent des bestioles de toutes sortes, en train de pousser des cris, tout ça...

Et puis après vous avez une expérience formidable : vous êtes dans une grande pièce qui est toute sombre et défile sur les murs la projection des fréquences sonores et puis vous voyez apparaître le nom de la bestiole qui crie, bon, avec les autres comme ça et vous êtes dans le noir et il y a sept séquences qui durent chacune douze minutes. Moi, j'en ai écouté que trois. Après, il y a un chapitre qui nous concerne tous les deux, et ceux qui nous ont écoutés : c'est qu'on parle du plancton.

Et alors, bon moi, le plancton, j'en avais entendu parler mais là, c'est en gros plan. Et on voit que ce sont des milliers de petites bestioles qui ont toutes des formes qui sont celles qu'on voit sur terre en grand ! Alors, il y a des énormes, des toutes petites araignées, des tous petits tubes, des machins, qui flottent, des qui ont des ailes, d'autres qui ont un museau, une pique, un...

C'est incroyable ! La diversité des formes du vivant qu'on retrouve ensuite à terre...

Et de voir ces planctons, qui eux aussi font du bruit (bon, c'est pas pour moi ce bruit-là, mais je suppose que c'est pas non plus les oreilles des gens ordinaires), qu'on détecte avec des machines. JMB : Ce qui est intéressant, c'est de plonger un micro de la même manière dans la mer parce que le bruit des mammifères marins, notamment, c'est fascinant. JLM : Voilà.

Et il commence à le faire. Alors, il paraît qu'il y a des baleines qui sont des chanteuses très appréciées de leurs collègues, et ainsi de suite...

Bon, évidement, on est en train de massacrer tout ça, mais pendant que ça existe et avant qu'on ait réussi à l'arrêter, il faut absolument aider tous ceux qui nous aident à comprendre. Et je vous garantis que ça vaut mieux que 100.000 brochures et discours : vous allez vous écouter ça, vous vous dites que la terre est belle, que le monde pourrait être beau, et comme cette beauté est suffisante, comme on n'a pas besoin d'en rajouter.

Bon, bref, les gens, ça s'appelle Le grand orchestre des animaux. Il y a des petits bouquins, des brochures qui sont sorties, et cet homme aura apporté sans qu'on le sache, sans qu'on le connaisse, beaucoup au trésor commun de l'humanité. Je vous dis au-revoir, et à la prochaine.