26/11/1974 Récit d'un discours historique de Simone Veil | INA Histoire
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Chiffre
« entre 300000 et 800000 avortements clandestins ont lieu chaque année en France »
- 6:00Fait
« l'avortement doit rester l'exception l'ultime recours pour des situations sans issue »
- 8:00Fait
« la France hier dépensait pour aider les Français à avoir des enfants la France demain ne peut dépenser en outre pour les aider à ne pas en avoir »
- 10:00Chiffre
« l'Assemblée adopte le texte avec 284 voix pour et 189 contre »
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26 novembre 1974 Simon veille entame un discours qui va devenir historique aucune femme ne recours de guetté de cœur à l'avortement il suffit d'écouter les femmes devant une assemblée d'hommes elle introduit son projet de loi veille qui doit dépénaliser l'avortement à cette époque le sujet est brûlant ils l'ont eu ils sont contentes de l'avoir ils ont pris du plaisir en l'yant pour moi son honteux celles qui veulent se faire avorter nous voudrions qu'il y ait une autre loi qui permette aux femmes d'avoir des enfants quand elles en veulent autant qu'elles en veulent et si elles en j'affirme me situer ici même contre l'avortement retour 50 ans en arrière quand Simon veille a su trouver un consensus dans une France divisée 1970 nous sommes 3 ans avant la vente libre des tests de grossesse en magasin 2 ans avant la légalisation du stérilet et ça fait juste 3 ans que les femmes sont autorisées à prendre la pilule mais la contraception est encore tabou est-ce que vous prenez la pilule oh non est-ce que vous auriiez peur de prendre la pilule oui vous croyez que c'est dangereux bah oui pour moi oui ce n'est pas normal pas confiance quoi vous aez peur si vous preniez la pil d'être malade oui moi je dis que c'est l'homme qui doit faire attention pu c'est tout et sur le sujet de l'avortement les Français sont partagés ils sont 26 % a souhaité la liberté totale de recours à l'IVG 60 % pour son autorisation uniquement dans certains cas limités et 10 % pour le maintien de la loi actuelle la loi qui fait autorité à ce moment-là date de 1920 et elle va va jusqu'à punir d'une peine de prison quiconque fait l'apologie de l'avortement ou de la contraception pourtant au cours du 20e siècle on estime qu'entre 300000 et 800000 avortements clandestins ont lieu chaque année en France c'est là le paradoxe de la situation et qui montre que la solution est ailleurs que dans la répression puisqu'il n'y a environ que 500 condamnations par an pour avortement la situation devient insoutenable pour le pouvoir en place dès octobre 1970 une première proposition de loi est déposée par le député Claude Peret on doit offrir une option à la femme dans ce domaine car si on ne le fait pas et qu'elle est décidée comme n nous disions tout à l'heure à aller jusqu'à interrompre sa grossesse elle le fera quoi que nous fassions et quoi que nous disions et elle le fera dans les pires conditions l'avortement thérapeutique serait autorisé en cas de viol d'inceste de mise en danger de la mer ou de certitude d'atteinte grave de l'enfant pour les plus conservateurs cette proposition de loi est jugée immorale à un moment où certains esprits préconisent l'abolition de la peine de mort on va simultanément et par une contradiction épouvantable légaliser le massacre des innocents pour les plus progressistes elle est insuffisante la grande majorité des 80 % d'avortement relève de raisons qui sont des raisons non médicales c'est-à-dire des raisons sociales des raisons psychologiques des raisons familiales économiques mais alors là nous posons le problème qui fin fin allement est inscrit déjà en filigran dans toutes nos discussions faut-il que l'avortement soit libre complètement ou non le texte est rejeté pour autant le débat est ouvert dans l'hémicycle comme dans la société avril 1971 la publication dans Le Nouvel Observateur du Manifeste des 343 ouvre la voix des femmes célèbres et inconnues y reconnaissent avoir avorté parmi elles Simon de Beauvoir Marguerite Duras ou encore Catherine de neuve elles sont soutenues par les militants du MLF mouvement de la libération des femmes qui manifeste pour la légalisation de l'IVG l'année suivante lors du procès de bobini l'avocate féministe Giselle Alimi obtient la relaxe d'une mineur accusé d'avoir avorté après avoir subi un viol le verdict est inédit et laisse entrevoir l'espoir d'une évolution de la loi madame SAÉ et madame dubouchex je me réjouis beaucoup de leur relaxe mais il est évident qu'elles ont reconnu à la barre non seulement qu'elles ont transmis l'adresse mais encore qu'elles étaient pour la liberté de l'avortement il est certain que jugement est à l'image même du désarroi des juges devant cette loi sur l'avortement dans le même temps les adversaires à l'avortement se mobilise aussi l'association des évêques de France se prononce contre une législation plus libertaire l'église se doit au nom de l'Évangile et comme elle l'a toujours fait d'être service de l'enfant avant comme après sa nessence et l'association antiavortement laisser les vivre fait signer une pétition par plus de 10000 médecins qui s'oppose à la modification de la loi de 1920 un médecin est fait pour soigner il est fait pour s'occuper des hommes lorsqu'ils sont petits lorsqu'ils sont grands lorsque ce sont des vieillards et lorsque ce sont des tout petits enfants il n'est jamais fait pour les tuer entre 1970 et 1973 quatre propositions de loi émanant de la gauche comme de la droite sont déposées à l'Assemblée aucune d'entre elles n'obtient une majorité juin 1973 alors que la Tunisie s'apprête à légaliser l'IVG et que les États-Unis l'ont déjà fait 6 mois plus tôt le gouvernement de Pierre Mesmer dépose un projet de loi qui va dans le même sens les femmes pourront avorter avec l'avis d'un médecin mais uniquement en cas de viol de problèmes de santé physique ou psychique causé par la grossesse ou enfin si l'enfant présente une atteinte grave le texte est largement critiqué par toutes les oppositions même les plus favorables à la légalisation de l'IVG pour nous le principe du libre choix de la femme est fondamental si des conditions préalables sont imposées si une autorisation est nécessaire si la femme doit jouer la comédie de la dépression comme le projet li oblige rien n'aura été réglé et les avortements clandestins continueront ce sont les femmes de situation modestes dont les difficultés matérielles et morales les conduisent à recourir à l'avortement qui seront toujours exposés au plus grands dangers physique et psychique et qui encourront les plus lourdes pénalités ne trouvant pas de compromis en décembre 1973 le Parlement vote un report du débat pour l'année suivante mais la mort du président Pompidou vient définitivement enterrer le texte mais 1974 Valéri giscardestin est élu président il décide de reprendre le débat débuté un an plus tôt avec un nouveau projet de loi je crois que la situation actuelle qui est celle de l'absence de toute disposition et qui est celle en réalité à la fois de l'hypocrisie et de l'anarchie n'est pas une solution que la France puisse considérer comme raisonnable et même comme humaine et c'est donc un problème sur lequel la représentation nationale doit se prononcer pour porter ce projet il n une femme Madame Simone veille qui est ministre de la Santé elle est alors inconnue du grand public et la mission qui lui est confiée est périlleuse son projet de loi est beaucoup plus libéral que celui défendu un an plus tôt la liberté d'avorter durant les 10 premières semaines de grossesse au sein même de la majorité présidentielle de nombreux députés se montrent hostile au projet le rapporteur du projet choisi par ses collègues un peu pour son hostilité au projet a préféré démissionner je ne veux pas voir dans le droit français la possibilité de d'avorter par simple convenance personnelle le 26 novembre 1974 c'est dans un hémicycle loin de lui être acquis que Simon veille présente son projet de loi à l'Assemblée nationale je le dis avec toute ma conviction l'avortement doit rester l'exception l'ultime recours pour des situations sans issue mais comment le tolérer sans qu'il perde ce caractère d'exception sans que la société paraisse l'encourager une heure de discours où chaque mot est pesé pour ménager les forces en présence et parvenir à un accord s'en suiv ensuite 3 jours de débat passionné prenons garde la France hier dépensait pour aider les Français à avoir des enfants la France demain ne peut dépenser en outre pour les aider à ne pas en avoir l'avortoir au frais de la sécurité sociale ce n'est pas parce que le projet de loi déposée par le gouvernement sera adopté que toutes les femmes en devront se faire avorter rien n'est plus merveilleux qu'une maternité qui arrive à son terme et la violence de certaines interventions divise profondément l'Assemblée le député centriste René F diffuse l'enregistrement des battements de cœur d'un féus de 8 semaines avant d'affirmer que l'avortement ferait chaque année deux fois plus de victimes que la bombe d'Hiroshima un autre député Jean-Marie daet compare l'avortement à la choix on est allé jusqu'à déclarer qu'un embryon humain était un agresseur bien ces agresseurs vous accepterez madame de les voir comme cela se passe ailleurs jeter au four crématoire ou remplir des poubelles ils seront aussi nombreux au cours du débat à louer le courage et la pugnacité de la ministre de la Santé madame votre courage et votre détermination font l'admiration de vos amis comme de vos adversaires l'Assemblée adopte le texte avec 284 voix pour et 189 contre la loi veille est promulguée le 17 janvier 1975 Simone veille devient une icône de la lutte pour les droits des femmes et les gens ont senti que au-delà du sujet il y avait une femme qui était seul au milieu de ces hommes qui étai d'une d'une agressivité d'une oppression d'une je dirais d'une vulgarité vis-à-vis de la femme ils avaient l'impression que c'était on leur arrachait le pouvoir le pouvoir politique mais aussi on les atteignait dans leur dans leur virilité dans leur sexualité et la femme qui était là elle elle était c'était elle qui devenait qui devenait l'ennemi ce qui fait que les femmes sont devenues mes mes alliés je crois un petit peu dans ce dans ce débat
Simone Veil