Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 13 septembre 2023 8 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileTravail & emploiÉconomie & entreprises

Loi immigration : l’enjeu majeur des travailleurs sans-papiers - Roland Lescure -C à vous-13/09/2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:39OuverteRéponse directe

    On aura besoin de l'immigration et des forces de ces travailleurs immigrés pour réindustrialiser la France ?

  • 1:02RelanceRéponse directe

    Légions, c'est-à-dire ? Vous avez une idée des besoins de l'industrie dans les années à venir ?

  • 1:18FerméeRéponse directe

    Ça pourrait être pourvu par des Français ?

  • 2:04OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'ils craignent ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    35 députés et sénateurs ont signé une tribune en faveur de la régularisation des travailleurs sans papier dans les métiers en tension. C'est l'un des volets de la future loi sur l'immigration.

  • 3:41FerméeRéponse partielle

    Si le gouvernement ne le fait pas, vous voterez contre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:38Invité politiqueChiffre
    « À peu près un million... »
  • 1:06Invité politiqueChiffre
    « Alors, un million trois cent mille emplois à pourvoir dans les années qui viennent. »
  • 1:35Invité politiqueChiffre
    « on a créé 100 000 emplois ces six dernières années dans l'industrie. »
  • 1:42Invité politiqueChiffre
    « il faudra encore en trouver 300 000. »
  • 2:25Invité politiquePromesse
    « À condition, par exemple, qu'on les forme en français. »
  • 2:37Invité politiqueFait
    « Et il y a des réfugiés légaux qui souhaitent le faire. »
  • 8:10InvitéChiffre
    « Vous avez dit tout à l'heure 7 millions d'immigrés, dont à peu près 2 à 3 qui viennent de l'Union européenne. »
  • 8:15Invité politiqueChiffre
    « Il y a à peu près 3 millions de Français qui vivent à l'étranger. »
  • 8:17Invité politiqueChiffre
    « Donc, il y a à peu près 4 millions d'immigrés qui vivent en France. »

Temps de parole

  • Roland Lescure66 %
  • Invité10 %
  • Invité 29 %
  • Invité 33 %
  • Invité 43 %
  • Invité 53 %
  • Invité 63 %
  • Invité 72 %
  • Présentateur2 %

2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Roland Lescure

Il faut pouvoir davantage, et c'est un peu ce que j'ai essayé de dire ces dernières heures sur l'industrie. Regardez les faits. L'industrie, c'est le combat du ministre de l'Industrie et du président de la République qu'il a mis dans ses piliers de l'avenir. Pourquoi ? Parce que d'abord, l'industrie, c'est une arme anticolaire. Le FN, le Front National, plus rassemblement national, s'est construit sur la désindustrialisation. Si on veut battre le FN, ça fait partie de mes combats, il faut réindustrialiser. L'industrie, ça permet aussi de décarboner. Si vous voulez faire des véhicules électriques faits en France, il vaut mieux, effectivement, décarboner.

Et tout ça, ça va nécessiter beaucoup de manœuvre. À peu près un million...

0:39
Invité

C'est ce que vous disent les industriels que vous rencontrez depuis que vous êtes ministre. On aura besoin de l'immigration et des forces de ces travailleurs immigrés pour réindustrialiser la France.

0:48
Roland Lescure

Ils en ont déjà besoin aujourd'hui. Moi, j'ai fait des dizaines et des dizaines de déplacements dans les usines depuis que j'ai été nommé ministre. Le nombre d'usines qui tournent, pas seulement grâce à l'immigration, mais grâce à des travailleurs étrangers, elles sont légions.

1:02
Invité

Légions, c'est-à-dire ? Vous avez une idée des besoins de l'industrie dans les années à venir ?

1:06
Roland Lescure

Alors, un million trois cent mille emplois à pourvoir dans les années qui viennent. D'abord parce qu'on va réindustrialiser, parce qu'on a une bombe démographique qui fait que beaucoup d'entre nous allons partir à la retraite, qu'il va falloir remplacer tous ces emplois.

1:18
Invité

Ça pourrait être pourvu par des Français ?

1:19
Roland Lescure

Évidemment, il va falloir. On va mettre le paquet sur la formation, sur l'apprentissage, sur les lycées professionnels, sur les écoles d'ingénieurs, parce qu'on va avoir besoin de tout. De soudeurs, de techniciens, d'ingénieurs, de chercheurs. On va mettre le paquet sur la formation. Et si on arrive à former un million de personnes dans l'industrie, on a créé 100 000 emplois ces six dernières années dans l'industrie. Là, si on arrive à en créer un million, il faudra encore en trouver 300 000. Donc, oui, je considère que l'immigration fait partie des solutions, à condition qu'on intègre. Moi, quand je vais... La Belle-Îloise, on parlait de sardines tout à l'heure.

Vous connaissez cette entreprise qui fait des boîtes de sardines. Eux-mêmes nous disent, et c'est assez intéressant, c'est à peu près le seul chef d'entreprise qui ose le dire publiquement. En général, les chefs d'entreprise sont assez timides là-dessus. Ils me le disent quand je les vois, ils ne disent pas sur le plateau.

2:04
Invité

Qu'est-ce qu'ils craignent ?

2:05
Roland Lescure

Ils craignent une certaine forme de mise à l'index, parce que l'immigration, c'est un grand tabou. Donc, merci de mettre ça au débat. Et j'espère que le débat parlementaire va nous permettre d'aller jusqu'au bout. Ils ont peur d'être montrés du doigt comme participants au fantasme, aux vagues, à l'invasion, etc. Donc, la Belle-Îloise, ils disent oui, on en a besoin. À condition, par exemple, qu'on les forme en français. Donc, ils leur apprennent les métiers de l'industrie agroalimentaire. Franchement, mettre des sardines en boîte, ce n'est pas un travail très facile. Donc, aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup de Français qui souhaitent le faire.

Et il y a des réfugiés légaux qui souhaitent le faire. Donc, ils leur apprennent le métier, mais ils leur apprennent aussi le français, de manière à ce que ces réfugiés puissent s'intégrer davantage chez nous.

2:48
Invité

Ce sujet est devenu encore plus politique depuis hier. Et c'est une de libération des élus macronistes du groupe Renaissance qui pose avec l'écologiste Hélène Malou, le communiste Fabien Roussel et la sénatrice PS Marie-Pierre de la Gontry. 35 députés et sénateurs qui ont signé une tribune en faveur de la régularisation des travailleurs sans papier dans les métiers en tension. C'est l'un des volets de la future loi sur l'immigration, mais qui provoque de vifs débats. Régulièrement adversaires au Parlement, ils ont décidé de mener le combat ensemble.

C'est une affiche, certes, qui peut étonner, mais en définitive, si on prend un peu de recul, c'est aussi la conséquence de cette majorité relative à l'Assemblée nationale qui, de mon point de vue, nous impose de faire autrement. En fait, on est d'accord sur pas grand-chose, mais là-dessus, il me semble qu'il faut avancer tout droit. Alors, régularisons. Si le gouvernement ne le fait pas, nous prendrons notre responsabilité avec l'initiative transpartisane. Si jamais l'exécutif retire de ce texte l'article 3 sur la régularisation de la main-d'œuvre sans papier, vous voterez contre ? Je ne fais pas de chantage, mais par contre, j'ai quelques exigences et celle-là en fait partie.

Donc vous voterez contre ? Ça en fait partie de mes exigences. Si vous n'étiez pas ministre, cette tribune, vous l'auriez signée sans hésiter ?

3:57
Roland Lescure

En tout cas, je pense qu'elle pose vraiment le débat de bonne manière. D'abord, ça montre que des parlementaires de bord différents, avec lesquels d'ailleurs je travaille tous les jours, parce que l'industrie française, elle n'a pas de couleur de maillot. Donc quand il s'agit de sauver une boîte dans le Nord, Fabien Roussel, il est à mes côtés pour essayer de trouver des solutions. Donc il n'y a pas que sur l'immigration qu'on peut être d'accord. Julien Bayeux l'a dit, on n'est pas d'accord sur tout. Ça ne veut pas dire qu'on est d'accord sur rien. Et là-dessus, on est d'accord.

Donc effectivement, vous savez qu'il y a des dizaines de restaurants qui, sans immigration, sans réfugiés, et sans réfugiés, malheureusement, qui ne sont pas régularisés, les restaurants, ils fermeraient la porte. Et donc il faut mettre en place cette mesure qui est prévue dans le projet de loi. Vous l'avez dit, le projet de loi qui a été déposé au Sénat.

4:41
Invité

Est-ce qu'elle existera au final ? C'est toute la question. Moi, je l'espère. C'est ce qu'on sait déjà de ce projet de loi du gouvernement. D'un côté, il souhaite faciliter l'expulsion des étrangers délinquants. Et de l'autre, permettre au sans-papier d'avoir un titre de séjour quand il travaille dans des métiers en tension. On peut citer l'hôtellerie, restauration, ou encore le bâtiment, ou l'aide à la personne. Ce volet social de la loi, les Républicains ne veulent pas en entendre parler.

5:05
Présentateur

Si il y a cet article 3, ce sera non. Tout le monde demandera du droit d'asile. Ils seront refusés au premier guichet de la demande du droit d'asile. Et donc ils auront un guichet de rattrapage. Donc ce sera une nouvelle pompe aspirante.

5:16
Invité

L'organisation telle qu'elle est proposée dans les articles 3 et 4 du projet de loi est un formidable appel d'air. Retourner l'économie, nous avons d'abord besoin des Françaises et des Français. Imaginez que pour ces métiers-là, on ait besoin d'aller chercher des salariés venus d'autres pays. C'est aberrant. Que répondez-vous aux Républicains qui font vraiment de cette disposition de loi un casus belli ?

5:37
Roland Lescure

D'abord, avant de parler de la fin du film, moi je préfère qu'on joue le film. C'est-à-dire que vous l'avez dit, il y a un débat parlementaire qui va commencer. Il peut avoir lieu sur les plateaux, très bien, mais au fond, il faut avant tout qu'il ait lieu à l'Assemblée nationale et au Sénat. Nous, on a fait voter un projet de loi sur l'industrie verte. Il y a deux groupes qui s'y sont posés, les Insoumis et les Verts. Tous les autres se sont soit abstenus, soit votés pour. Ce n'était pas gagné au départ. Il y a eu des débats qui ont duré une bonne semaine au Sénat.

6:14
Invité

Mais là, vous entendez ce qu'ils disent. C'est moins polémique. Ils disent carrément qu'ils ne vautront pas cette disposition. Est-ce que, selon vous, c'est du chantage ?

6:20
Roland Lescure

Mais en tout cas, je trouve qu'on joue le match avant qu'il soit commencé. Donc moi, je crois au débat parlementaire. J'ai été parlementaire pendant cinq ans. J'ai participé à des débats hyper complexes sur les retraites. Et donc, il faut que ce débat ait lieu. Est-ce qu'on peut faire évoluer le texte dans le cadre du débat parlementaire ? Tous les textes qui ont été votés depuis un an, ils sont sortis dans un état différent. Comment ils étaient entrés ?

6:40
Invité

On peut réagir quand vous avez entendu l'expression « pompe aspirante » dans la bouche de Bruno Rotaillot ou Gérard Larcher qui dit « qui craint un appel d'air ». Vous répondez quoi à ça ?

6:48
Roland Lescure

Moi, je réponds. On répond à des besoins. Le débat sur l'immigration, il meurt de débats sémantiques. Ça fait des années qu'on dit « immigration ceci, immigration cela », donc les quotas, l'immigration choisie. Aujourd'hui, on a des besoins réels. Thierry Marx le dit. Les chefs d'entreprise, eux, me le disent discrètement, sans forcément le dire sur vos plateaux. On a des besoins réels. Répondons-y et trouvons le passage législatif qui va nous permettre d'y arriver. Moi, je crois au débat parlementaire. Mais si vous jouez le match avant qu'il soit joué, ça n'a aucun intérêt. Supprimons le Parlement.

7:22
Invité

L'appel d'air, c'est ridicule. Le fait que ça puisse se savoir de l'autre côté de la Méditerranée et entraîner des flux supplémentaires parce que la France décide de régulariser. Je vous pose la question.

7:34
Roland Lescure

Il y a trois jobs dans une plonge, dans un restaurant, dans le 20e arrondissement. C'est bon, on part, on traverse la Méditerranée. Il y a un vrai sujet. Non pas d'appel d'air, mais il y a un sujet de trafic. Il y a un sujet aujourd'hui d'immigration organisée. Il y a un sujet autour du droit d'asile qui est dévoyé. Le sujet de ce projet de loi, c'est un, non, c'est non. Quand c'est non, c'est non. Et donc, il faut qu'on mette en place les conditions pour que non soit non. Mais oui, c'est oui. Il faut qu'on puisse dire oui à des gens qui viennent travailler, qui sont prêts à s'intégrer, qui sont prêts à nous aider à développer la France. Moi, je souhaite que la France, elle se développe.

Vous avez dit tout à l'heure 7 millions d'immigrés, dont à peu près 2 à 3 qui viennent de l'Union européenne. Il y a à peu près 3 millions de Français qui vivent à l'étranger. Donc, il y a à peu près 4 millions d'immigrés qui vivent en France. Ce ne sont pas tous des délinquants. Ils ne travaillent pas tous de manière illégale, heureusement. Et on les intègre.