Invité Laurent FABIUS
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qui s'est passé cette nuit ? Michel Rocard a été battu et veut mettre la main sur la direction du PS.
- 2:00FerméeRéponse directe
Vous avez refusé de lui serrer la main ? Les ponts sont rompus ?
- 4:00RelanceRéponse partielle
Vous avez été mis en minorité, comment l'acceptez-vous ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Avez-vous été un bon premier secrétaire ? La rénovation a-t-elle été bien conduite ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Quelles sont les trois lignes possibles au PS ?
- 10:00FerméeRéponse directe
Jacques Delors n'est-il pas le candidat idéal de recours ?
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Comme je vous le disais en titre avec Arlet Chabot, nous allons maintenant recevoir Laurent Fabus. Bonsoir. Première question.
Dans une longue interview à la FP, Michel Recard déclare en parlant de vous, c'est l'arrogance qui a été battue. Je suis sûr que c'est en s'exprimant ainsi qu'on va rassembler les socialistes. Soyons sérieux, le Parti socialiste, les militants socialistes sont des gens qui ne sont pas arrogants, qui défendent leurs idées et il faut essayer d'aller un petit peu plus à fond.
Alors, j'ai entendu beaucoup de choses. Euh, éliminons l'hypocrisie. Qu'est-ce qui s'est passé cette nuit ?
Michel Recard a été battu dimanche dernier à l'élection législative chez lui. Il veut être candidat à la présidentielle. Il a une obsession présidentielle, en tout cas une ambition présidentielle. et pour asseoir son ambition, ses espérances, alors il veut mettre la main sur la direction du Parti socialiste et pour le faire il trouve des alliés, des complices dans les amis de Lionel Jospin.
Voilà ce qui s'est passé hier soir, c'est tout. Et pour ça, pour faire ça, il fallait renverser la direction. Alors que moi-même j'avais dit, j'insiste que bien évidemment mon mandat était à la disposition des militants pour le Congrès qui vient.
Donc, soyons tout à fait clair, il s'agit d'une ambition présidentielle qui a pour conséquence de casser le Parti socialiste. Vous avez refusé hier soir de lui serrer la main ? Est-ce que les ponts sont définitement rompus entre vous au plan humain ?
Écoutez, moi j'ai pour habitude d'avoir une certaine euh loyauté et une certaine rectitude. Euh, on a pris des exemples étrangers et on a dit "Mais est-ce que ça se passerait à l'étranger comme ça ?" Alors, reprenons cet exemple et puis vidons l'absè.
Est-ce que vous pensez qu'il y aurait beaucoup de pays étrangers ou quelqu'un qui a été premier ministre pendant plusieurs années, qui a été battu la semaine précédente dans une élection législative, la semaine suivante se fait élire, si on peut dire, à la direction provisoire d'un parti, une nuit par un certain nombre de membres. La réponse est non. Donc je laisse ça de côté.
Ce dont il s'agit maintenant c'est de reconstruire. Alors alors tout de même vous dites bon en fait c'est l'ambition présidentielle de Michel Requer qui était la région du complot. Néanmoins, il y a eu un vote hier tout de même leur enfus et c'est vrai que vous avez été mis en minorité en ce vote.
C'est tout à fait possible. Il y a les amis de Michel Rocard qui ont voté en ce sens et les amis de Lionel Jospin qui ont passé un contrat sur cette base. Mais son ça de côté.
Mais tout de même vous devez accepter la vous avez toujours accepté les votes au parti par exemple autrefois Michel Recard a été mis en minorité aussi vous êtes contraint d'accepter quand même. Il y a pas uniquement il y a peut-être un complot mais vous avez quand même été en minorité. Ément bien évidemment dans cette instance-là sans aucune consultation des militants.
Or moi ce que je proposais, on va pas rentrer dans les détails mais c'est quand même essentiel euh on a pris un énorme coup sur la tête la semaine dernière on a été battu archi battu. J'ai dit en commençant la séance hier, j'ai dit "Écoutez mes camarades, si on donne le spectacle de se diviser à nouveau, les Français vont dire "Mais ils sont fous, donc réunissons-nous." Et nous étions arrivés avec Pierre Moro un texte d'accord, il a été plac boulé par les autres.
C'est ça le le fond du sujet. Donc euh d'un côté, il y a la volonté d'unité que nous avons essayé de d'incarner et puis de l'autre euh il y a un certain nombre de gens qui ont une idée, une seule mettre la main sur la direction provisante. Est- est-ce que vous avez le sentiment d'avoir été un bon premier secrétaire ?
Vous étiez là pour faire la rénovation. Est-ce que la rénovation a été bien conduite Michel Rard précisément proche de ne pas avoir bien mené les négociations d'alliance avec les écologistes par exemple pour un point précis ? Oui, j'ai été désigné premier scrutaire il y a 14 mois et vous rappelez qu'à l'époque le parti socialiste faisait 18 % c'était pas beaucoup déjà et que j'ai croisé dans les couloirs en arrivant le juge Van Rinbec pour des affaires antérieures.
J'ai essayé de rénover, j'ai rencontré beaucoup de résistance en particulier chez ceux qui aujourd'hui ce picent de rénovation. Et puis pour ce qui concerne les négociations, l'alliance avec les écologistes, nous avons essayé de mener ça ensemble. Ça pas été facile notamment parce que vous le rappelez il y a eu toute une série d'interférences monsieur Lalonde qui est un ami de Michel Recard disant "Je n'en veux aucun prétexte".
Bon la ça de côté. Maintenant je voudrais aller aussi à l'essentiel qui est qui est politique. Vous avez aujourd'hui une gauche à reconstruire.
Et vous avez trois lignes possibles qui s'incarnent. Vous avez les positions que défend Jean-Pierre Chevinement. on les connaît productiviste, céseuropéennes mais avec une certaine idée de la République que je que je partage.
Vous avez les positions que défend Michel Rocard qui sont des positions disons assez sensibles au sondage, à l'air du temps et plus centriste. Et puis vous avez les positions qu'avec beaucoup d'autres jeux défense, c'est-à-dire une gauche sur des valeurs de gauche fidèle à nos racines et en même temps moderne qui veut s'ouvrir à tous les problèmes d'aujourd'hui. Il y a trois il y a trois gauches, il y a trois conceptions.
Ça veut dire que vous allez continuer à l'intérieur du Parti socialiste ou à l'extérieur du Parti socialiste de reconstituer autour de vous un gros bien sûr que que je vais me battre pour la refondation à l'intérieur du Parti socialiste ou à l'extérieur. Je suis parlementaire et beaucoup de mes amis proches sont parlementaires. Nous allons batailler au Parlement pour défendre nos conceptions et pour aussi nous opposer à la droite et à l'extrême droite.
On l'oublie un peu trop facilement. Nous allons batailler au sein du Parti socialiste mais sans évidemment tomber dans cette espèce de euh direction euh j'en est pas question. Euh c'est un cabinet pré-présidentiel autoproclamé.
C'est pas une direction. Donc nous allons vis-à-vis des militants, nous comptons beaucoup d'amis, essayer de reconstruire tout cela et puis nous allons faire en sorte que le Parti socialiste ne finisse pas d'un petit PSU. C'est ça qui est essentiel.
Je vous inter une seconde parce que nousons en quelque sorte la politique en stéréo. Michel Reocard est actuellement l'invité de nos confrères de TF1. Je vous propose d'écouter un court extrait de son de ses déclarations.
Il précise ses objectifs. Vous propose de l'écouter. Le la crispation dans le débat de la journée de samedi s'est faite sur la modalité de cette restitution d'une parole complète et libre aux militants.
Je la souhaitais rapide et je la souhaitais totale leur donner une vraie souveraineté dans le débat qui va s'ouvrir. C'est mon mandat. Rendre la parole aux militants.
Je le ferai. Et et la mission est au fond de transformer le Parti socialiste pour transformer la gauche, transformer la France. Bon voilà, vous ne donnez pas la parole aux militants.
Bien sûr que oui, mais je voulais, c'est un côté dérisoire maintenant que les militant est vraiment le temps. Ce qui est proposé, si j'ai bien compris, par nouvelle direction provisoire, c'est que entre, je ne veux pas dire de bêtises, mais entre le 15 et et et avril et le 29 avril, les militants donnent leurs sentiment sur des questions aussi secondaires que comment régler le problème de l'emploi, quelle Europe faire, quelle faute avons-nous commise, quelle gauche créer et cetera et cetera. Laurent Fabus, est-ce que est-ce que Jacques Deor n'est pas maintenant pour beaucoup de socialistes le candidat idéal de recours pour les présidentiels ?
C'est vrai que pour être d'abord, ce sont les militants qui votent à bulletin secret désigneront le candidat et personne d'autre peut pas s'autoproclamer candidat. Et le candidat dans mon esprit devrait être un homme de rassemblement et pas de division. Donc ça veut dire que c'est plus Michel Roquin, un homme de rassemblement et là nous sommes dans la division et un homme qui soit d'une grande rigueur morale.
Alors il y aura probablement plusieurs candidats et nous choisirons. Vous me permettez d'ajouter un mot ? Il y a beaucoup de gens qui sont écœurés ce soir et je pense en particulier au sympathisant de la gauche et au militants de la gauche.
Et nous sommes tous blessés parce qu'il y avait tellement de choses à faire. au lieu de la division. Mais moi, je perds pas espoir.
Je crois que la gauchea existe en tant que valeur et que maintenant il faut la reconstruire et je vais m'y mettre avec beaucoup beaucoup d'amis. Dernière chose, Laurent Febus, il y a effectivement des états généraux du Parti socialiste. Est-ce que vous y participerez ?
Et oui ou non ? Et si c'est oui, à quelles conditions ? Si ces états généraux servent à, comme ça semble être le cas, cautionner une démarche pré-présidentielle autoproclamée, ça n'intéressera personne.
Vous avez François Mitteran aujourd'hui, un contact avec lui. Oui. Et vous direz ce qu'il pense de ce qui se passe au Parti socialiste. vous lui demanderez.
Mais quand on pense à ce qui a été fait pendant des années et des années pour construire une grande force de gauche, la plus grande force de gauche et que finalement en quelques dizaines de minutes préparé par beaucoup d'années, on voudrait la réduire à un petit PSU, ça fait mal. Merci Laurent Fabus d'avoir réservé à France I la primeur de vos commentaires sur cette drôle de nuit vécue hier par les dirigeants socialistes.
Laurent Fabius