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Podcast / conversation28 minutes - ARTE· 15 septembre 2025 23 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Taxe Zucman : faut-il taxer les riches ? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 35 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Lucas Chancel, mais de qui parle-t-on quand on parle de riches ?

  • 6:00RelanceRéponse partielle

    Nicolas Bouau, il faut dire que les inégalités se creusent. Ça c'est un fait, c'est factuel non ?

  • 9:00FerméeRéponse directe

    Nicolas Bouzou, est-ce que pour vous cet impôt c'est purement confiscatoire ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Lucas Chancel, pourquoi le taux de 2 % ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Nicolas Bouzou, est-ce que si ça se fait chez les autres, pourquoi pas chez nous ?

  • 18:00OuverteRéponse directe

    Aurore Malval, quel est le ressenti de la population française sur cette taxe ?

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] Instabilité politique, incertitude budgétaire et dettes publiques qui se creusent. L'agence de notation FIT a dégradé la note souveraine de la France de A1 à mo à A+. Un mauvais point au moment où le tout nouveau premier ministre se confronte à son tour à l'élaboration du budget 2026.

Il va falloir des ruptures et pas que sur la forme. Pour éviter la censure, la partie s'annonce serrée. Sébastien Lecornu assure qu'il est prêt à ouvrir le débat sur la justice fiscale tandis que les socialistes qui seront reçus mercredi à Matignon ont déjà posé leurs conditions taxer les plus riches comme le préconise l'économiste Gabriel Zucman.

Il y a un refus de s'attaquer sérieusement au problèmes de la non taxation des ultra riches. Et on va pas réussir à demander aux Français de faire des efforts quels qu'ils soient, tant que les milliardaires ne peront pas d'impôts sur le refuse. La taxe Zukman reviendrait à taxer à hauteur de 2 % les patrimoines de plus de 100 millions d'euros.

Une proposition qui fait écho aux revendications des Français exprimé dans la rue le 10 septembre ou encore en juin dernier devant les grilles du Sénat. 500 premières fortunes françaises, 500 d'entre nous détiennent 1228 milliards d'euros d'actifs net. Franchement, ça vaut le coup de jouer la carte de l'effort partagé.

Sauf que tout le monde n'adhère pas à cette idée. C'est le cas du MEDF. L'ancien patron Pierre Gataz ne se prive pas de torpiller la taxe Zucman.

Aujourd'hui, moi j'entends des partis euh qui veulent taxer toute la journée. C'est complètement différent. Pour faire quoi ? pour faire remplir une baignoire qui est la France plein de trous.

Alors la taxe Zucman est-elle la solution pour remettre à flot les finances publque au nom de la justice fiscale ? Faut-il faire payer davantage les ultra riches ou cela risquerait-il d'être préjudiciable à l'économie ? Nos trois invités Lucas Chancel, bonsoir.

Vous êtes économiste, cirecteur du laboratoire sur les inégalités mondiales à l'école d'économie de Paris. Votre prochain essai, énergie et inégalité. Une histoire politique va paraître au seuil le 3 octob octobre prochain, pardon.

Selon vous, il y a un consensus très large qui dépasse d'ailleurs les clivage partisan pour faire payer les plus riches. La taxe Zucman est un instrument pourrait être un instrument qui répondrait à l'injustice fiscale et qui va remplir les caisses de l'État. À côté de vous, Nicolas Bouzou, essayiste, économiste.

Dernier essai, la civilisation de la peur aux éditions XO. Vous êtes clairement opposé à cette taxe qui n'est pas, dites-vous, du tout une taxe sur le revenu des milliardaires, c'est une taxe sur le patrimoine professionnel, ce qui n'est pas la même chose. Et à côté de vous, Aurore Malval, grand reporter au service politique de Marianne.

Selon vous, la taxe Zucman a le mérite de poser la question de l'égalité face à l'impôt sur le revenu. Sébastien Lecornu, nouveau premier ministre, s'expose à la censure s'il ne prend pas une mesure pour taxer les plus riches, peut-être même les ultra riches. Et on démarre ce débat Benjamin avec le slogan du jour.

C'est celui entendu dans les cortèges du 10 septembre dernier appelant à tout bloquer. Taxer les riches version en quelque sorte française du Eat the rich. Mangeons les riches attribué au philosophe Jean-Jacques Rousseau au 18e siècle.

Lucas Chancel, mais de qui parle-t-on quand on parle de riches ? De qui s'agit-il ? En l'occurrence ici, il s'agit de taxer le patrimoine des individus possédant plus de 100 millions d'euros.

Donc c'est 1800 foyers fiscaux environ qui correspondent peu ou prou aux 500 plus grandes fortunes françaises puisque du magazine challenge qui les chiffres qui ont été cités il y a quelques quelques instants et donc c'est 500 plus grandes fortunes en fait euh dans certains cas il s'agit de famille et cetera mais donc on est sur 1800 foyers fiscaux donc on est vraiment sur des très très riches. Donc on n'est pas riche quand on gagne 4000 € par mois quand on l'avait dit François Hollande fut un temps. C'est pas comme ça que vousz en tout cas là la mesure vise à résoudre un problème celui de l'injustice fiscale entre les très très riches et le reste de la population.

Nicolas Bouau, il faut dire que les inégalités se creusent. Ça c'est un fait, c'est factuel non ? Entre les riches et les Ben non, vous regardez les statistiques de l'INC que je pourrais mettre à disposition sur les réseaux sociaux si vous le souhaitez sur le revenu sur la part du dernier décil, c'est-à-dire le 1 % de la population qui a les revenus les plus élevés sur la totalité de la population.

C'est tout à fait, c'est stable. Donc en terme de revenu, non. Donc ce chiffre là, vous ne le validez pas.

Le revenu annuel des plus riches qui a augmenté de 119 %32 46 % pour le faut voir si c'est avant ou après redistribution. Mais après redistribution et là encore je vous dis, ce sont évidemment pas mes données hein, ce sont des données publiques. Non, vous avez une stabilité pour le 1 % des plus riches.

Et votre voisin est pas d'accord. Non, je pense que il faut quand même là on parle d'une taxe sur le patrimoine. L'enjeu là c'est de mettre à contribution le patrimoine.

Les inégalités de patrimoine au sommet, la distribution explose. En 2010, le patrimoine de ces 500 plus grandes fortunes était de 200 milliards. Aujourd'hui, on est à 1200 milliards.

Le PIB n'a pas du tout augmenté à la même vitesse sur cette période. Les le patrimoine des Français moyens n'a pas du tout augmenté à la même vitesse sur cette période. Donc, on a vraiment une explosion des très très hauts patrimoines.

Et ça, moi j'ai du mal à voir comment on peut s'opposer à ce constat, cette évidence. Nicolas Bouzou, on mélange de deux choses qui sont complètement différente. Si vous prenez quelqu'un qui est actionnaire, qui a créé une très grosse entreprise, je sais pas, d'agroalimentaire en France qui marche très bien et qui rachète une entreprise indienne, bah son patrimoine va massivement augmenter puisqu'il a incorporé dans son patrimoine une entreprise indienne qui se développe et cetera.

Et sans doute, en effet, son patrimoine aura augmenté beaucoup plus vite que le PIB de la France. Moi je pense que c'est très bien. Je pense que nos entreprises elles sont pas assez présentes à l'étranger.

Donc vous voyez donc on compare des choses quand même il y a quand même sujet à discussion sur ces indicateurs. Donc c'est pas aussi évident que ça. C'est peut-être pas aussi évident que ça mais c'est vrai que le patrimoine des ultra riches, il est considéré il est constitué pardon à 90 % d'action.

Et donc c'est bien ça justement quand on parle Oui. Mais quand on parle de des indicateurs, c'est vrai que et c'est ce qu'on appelle l'optimisation fiscale justement euh c'est qu'une partie de ces actions vont aussi dans des holdings et c'est ce qui permet aux ultra riches d'échapper en tout cas à une partie de de l'impôt sur le revenu quand on calcule entre tout à l'heure on disait qu'est-ce qui est la différence entre les ultra riches et les très riches. Par exemple, les 10 % les plus riches des Français ont en moyenne 36 % de leur revenus qui va dans les impôts tout confondus.

Ce chiffre, il tombe à entre 27 et 30 % lorsque c'est justement les 0,01 %. Et ça tous ces 16 milliards 16 milliardaires en 96 qui sont devenus 145 milliardaires en 2025. Alors vous allez dire c'est bon signe mais non je suis désolé vraiment pas travailler les termes du débat mais je suis toujours pas d'accord avec ça je suis absolument confus parce que non non mais je je vous explique parce que en fait quand vous avez de l'argent dans une holding une holding c'est une société donc cet argent il est parfaitement taxé au titre de cette société vous avez l'impôt sur des bénéfices et si cet holding touche des dividendes vous avez ce qu'on appelle la flat taxe donc vous avez 25 % d'impôts une première fois plus 30 % une une deuxième fois donc de têt ça doit faire 47 % quelque chose comme ça et si jamais le milliardaire en question cet argent il veut l'avoir dans sa poche ben il se le verse et là il est taxé au titre de l'impôt sur l'un donc en ré et toute l'arnaque si on veut ou l'intelligence fiscale selon où on se place du côté de de la discussion euh le problème est là c'est-à-dire que quand vous êtes milliardaire vous allez placer les revenus euh générés par les entreprises que vous possédez dans des holding mais vous n'allez pas avoir besoin de vous verser à vous-même ces revenus parce que une fois que vous avez un milliard, bon bah en fait le deuxième milliard vous allez pas forcément le consommer, vous pouvez le laisser placer à l'intérieur de votre holding et ensuite vous pouvez inventer aussi divers mécanismes pour optimiser encore davantage ces revenus.

C'est l'optimisation le mot clé là là on parle d'optimisation. Souvent la frontière est floue avec l'évasion mais on peut rester sur l'optimisation et vous vous arrivez au même résultat. Mais le résultat au final c'est quoi ?

C'est que ces individus très très riches ne vont pas payer l'impôt sur le revenu des personnes physiques. Hm hm. celui qui qui a été inventé au début du 20e siècle et qui aujourd'hui s'échelonne avec des tranches qui ont jusqu'à 45 % qu'une grande partie de la population française paye.

Et cette l'absence de paiement de cet impôt explique que la facture totale comme il était dit à l'instant est de l'ordre de 25 % du total de vos revenus quand vous êtes un milliardaire quand pour le reste de la population on est plutôt à 50 %. Et là, il y a une injustice fiscale fondamentale. C'est ça.

Et il y a et or Malval dans la population française, il y a un ressenti en ce moment de plus en plus fort euh quelque chose de de vraiment tangible, sentiment d'injustice fiscale. Je pense que c'est en tout cas c'est apparu de manière assez éclatante. On a ce message, on l'a vu le 10 septembre, mais on le voyait euh à peu près dans dans toutes les manifestations aussi cette idée que ce sont toujours les mêmes qui payent, que ce sont toujours les mêmes qui sont taxés et qu'on vient prendre justement l'argent euh aux classes moyennes, je dirais, qui deviennent de plus en plus euh pauvres. et et qui euh et je pense que avec aussi cette question enfin de de l'égalité face à l'impôt, c'est c'est un petit peu un serpent de mer je veux dire depuis l'instauration de l'ISF par François Mitteran euh puis ensuite d'ailleurs sa suppression par Jacques Chirac avant qu'il soit remis puis ensuite je dirais un peu édulcoré aussi sous Nicolas Sarkozy avec le fameux bouclier fiscal qui d'ailleurs lui a collé au basque de la même manière d'ailleurs que l'impôt sur les 75 % l'impôt à hauteur de 75 % pour les plus riches pour François Hollande qui a été un échec justement total de la taxation des plus hauts revenus.

On voit que c'est très compliqué. On cherche la bonne façon de répartir justement l'effort fiscal entre les différentes catégories. Un mini point en fait à l'époque il y avait un enjeu de justice fiscale.

Maintenant c'est de la justice fiscale et il y a un enjeu budgétaire. C'estàd qu'il y a tellement de patrimoines au sommet qu' y a un enjeu à ne pas fiscaliser de manière juste ces patrimoines pour répondre au problème de la crise budgétaire. Alors est-ce que la taxe Zucman est la solution ? vous nous l'expliquez de manière extrêmement didactique et clair.

Voilà, vous avez dit beaucoup de choses mais je vais rassembler. La taxe Zucman c'est donc un impôt planché de 2 % qui est prélevé sur la fortune des ultra riches, c'est-à-dire sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros. 1800 foyers concernés en France qui représentent l'équivalent de 0,01 % des contribuables.

Et Gabriel Zugman estime que cette mesure pourrait faire rentrer entre 15 et 25 milliards d'euros dans les caisses de l'État. Mais ce qui pose question et vous l'avez très bien soulevé, c'est qu' ce qu'on inclut précisément dans ce patrimoine, patrimoine immobilier, patrimoine financier. En tout cas, l'économiste lui tient coûte que coûte à y inclure les biens professionnels, à savoir les titres et actions détenus par un individu dans une ou plusieurs sociétés et ses biens professionnels selon lui représentent 90 % de la fortune des milliardaires.

Alors Nicolas Bouzou, est-ce que pour vous cet impôt c'est purement confiscatoire ? Et si oui, pourquoi ? Alors c'est pas moi qui le dit.

De toute façon, c'est parfaitement inconstitutionnel, hein, puisque de toute façon, vous devez payer dans Non, non. Oui, enfin dans la dans la bien sûr, mais enfin dans la Constitution française, il est expliqué queon doit payer en fonction de sa capacité contributive. Or la taxe Zukman, c'est fatalement amené des gens à payer beaucoup plus que leur revenus. pour une raison simple qui a été très bien mise en lumière avec l'exemple de Mistral c'est que en France on a la chance l'entreprise d'intelligence artificielle qui est détenu en partie par ses fondateurs à hauteur de 20 25 ans. qui vous crée une entreprise dans l'intelligence artificielle ou dans la santé qui ne gagne pas d'argent, qui perd de l'argent donc avec des revenus, des salaires qui sont nécessairement limités mais si cette entreprise a des perspectives de développement très importantes, bah elle va valoir 10 milliards, 15 milliards, 20 milliards.

Voilà. Et donc vous allez vous retrouver avec des impôts à payer qui évidemment n'ont absolument rien à voir, qui sont très supérieurs à vos à vos revenus. Bah enfin alors oui je en France je sais qu'on sait parfaitement faire les systèmes d'exempion mais moi ce type d'entreprise si vous voulez je pense qu'on en a pas assez en France donc dire on va essayer de faire en sorte qu'on en a encore moins ça va pas la taxman on n pas assez d'entreprises de ce type ça risque justement de d'abîmer le l'énergie entreprise un grand soutien de mistral a je pense qu'il faut qu'il y ait des entreprises français françaises de la tech de l'intelligence artificielle et dans d'autres secteurs mais maintenant j'ai un peu l'impression que c'est quand même l'arbre qui cache la forêt c'estàd qu'on va chercher trois ou quatre exemples qui sont importants faut les garder pour oublier le fait que en fait quand vous êtes un milliardaire en moyenne le rendement de votre milliard c'est 60 millions par an.

Là on va vous demander avec la taxe à 2 % de payer 20 millions. Il vous reste 40 millions. Vous pouvez faire ce que vous voulez avec ces 40 millions.

Ça c'est les chiffres en moyenne. Faut quand même avoir ça en tête sur les 1800 foyers fiscaux concernés. Maintenant Mistral AI, on parle aussi de Doctolibre.

Hm. Alors, ces entreprises-là, il y a des euh options pour régler le problème. C'est-à-dire que l'État peut dire "Bah, en fait, tant que vous n'êtes pas bénéficiaire, vous allez régler en titre." C'estàd que vous allez payer les 2 % en action.

Mais avant même qu'ils aient des bénéfices, c'est aussi ça qui choque aujourd'hui, c'estàdire avant même que mon entreprise réussisse, ben je vais devoir banquer. En réalité, votre entreprise, elle est valorisée, elle a une valeur sur le marché. Et donc si vous vendiez cette valeur-là, vous feriez une opération qui vous générerait des revenus.

Donc l'idée c'est de dire vous allez contribuer à l'impôt comme l'ensemble de la population et vous allez payer avec des titres de ces entreprises. Ça c'est une option qui est possible. Ensuite l'État peut se créer un fond souverain avec ces titres.

L'État peut aussi dire en fait je vais revendre ces titres à des résidents fiscaux français pour empêcher toute délocalisation possible. Mais pour régler ces cas particuliers, j'insiste encore sur le fait très particulier et les options possibles très nombreux et qui sont très peu nombreux. réaction réaction rapide de tous les deux.

Ça veut dire nationalisation quelque part. Nicolas alors 2% 12 % par an, faut quand même que l'entreprise soit en déficit pendant des décennies pour arriver à 50 %. Non non non mais ce qui arrive hein dans dans cette économie d'intelligence artificielle non ce qui arrive c'est qu'on est des entreprises qui sont en déficit pendant très longtemps.

Donc oui c'est quand même une forme de nationalisation. Au passage, je vois pas bien l'intérêt de l'État de détenir des titres mistrales. Enfin franchement ou des titres de de biothèque ou d'entreprise comme ça.

Je sais pas comment il va les valoriser. Je sais pas ce qu'il va faire de de ces titres. Donc des titres de Talè Oui. qui est une entreprise côté qui est une une immense entreprise côté.

Elle peut les revendre, revendre des des actions mistrales français. Je sais pas si l'État a ses compétences en terre d'ingénierie financière. On verra.

Deuxième chose, vous dites ce sont des exemples rares, mais quand savez-vous qu'est-ce qui vous dit que vous n'avez pas de des grande PME de province qui sont dans la logistique ou dans l'agroalimentaire qui sont détenus par leur fondateurs et qui valent 300 ou 400 millions d'eur parler de licorne qui font Ouais mais vous voyez parce qu'on parle des milliardaires mais là on parle de 100 millions d'euros avec le les biens professionnel il y a une fronte des patrons he qui est unanime ou presque écouté pour moi c'est c'est un épouvantail alors ça marche politiquement parce que c'est un drapeau de la révolte de mais ça fait pas fonctionner l'économie hein. Pourquoi casser la machine à créer de l'emploi en France ? Pourquoi dire en fait il faut les taxer pour qu'ils se disent je ne peux plus avoir le moral, l'envie de créer de l'emploi en France ?

Bon alors il y a des il y a des quelques patrons riches comme Mathieu Pigas qui sont prêts à payer mais ils sont très rares hein or malv. Il y a plutôt uneanimité de de ce côté-là. Oui, en fait, on on observe actuellement une sorte de réaction, c'est-à-dire qu' il y a eu, euh, je pense, ces derniers mois peut-être une bataille culturelle, en tout cas sémantique, qui a été gagné par les tenants justement de cette taxe duman, en tout cas de l'imposition sur ce patrimoine des ultrariches.

Ça s'est vraiment imposé dans le débat. C'est devenu aujourd'hui un totem d'ailleurs pour la pour la gauche hein, pour nouer euh éventuellement un accord de non censure du gouvernement de Sébastien Lecornu. Donc on voit que là il y a une phase un petit peu de réaction d'autant que cette taxman, elle a progressé quand même dans l'opinion même de famille politiques, je dirais qui était plutôt hostile.

Je pense notamment au centre macroniste qui a avancé petit à petit alors sans que ce soit tout à fait très clair mais en tout cas sur cette nécessité d'aller taxer les jariches. Effectivement, il y a aujourd'hui cette fronde un petit peu en tout cas de dire attention, on ira alors je ne sais pas quel quelles seraient les les modalités d'une manifestation effectivement des patrons. Le Médef à a une sortie d'abord très tonique.

Le ton a peut-être un petit peu baissé derrière mais on voit qu'effectivement il y a une levée de bouclier autour de cette éventualité. Oui, on voit Patrick Martin le président du MDF qui dit "Si les impôts augmentent, il aura une grande mobilisation patronane." Il a pas dit manifestation mais en tous les cas et ben peut-être un grand colloque.

Mais et Lucas Chancel même à gauche quand même François Hollande dit qu'il ne faut pas en faire un fétiche propose lui un taux à 1 %. Est-ce que ça c'est c'est acceptable ou pas ? Écoutez, ce qui compte, je pense, c'est les principes.

Le principe de taxer l'ensemble du patrimoine net des personnes et surtout pas retirer les biens professionnels de l'assiette parce que si on fait ça, en fait, il y a plus rien dans cette taxe, on perd 90 % des recettes et donc on ne résout pas le problème de l'injustice fiscale. Ensuite, sur les taux, pourquoi le taux de 2 % ? Vous rappelez ce que c'est que l'assiette ?

L'assiette, c'est la somme totale dans laquelle l'État va pouvoir prélever l'impôt. Donc là, le patrimoine net des individus très très riches. Pourquoi 2 % ?

Et bien ce taux, il est pas choisi au hasard. C'est le taux qui permet de rétablir un minimum de justice fiscale entre la classe moyenne et ses très très riche. C'estd qu'avec un taux de 2 % en fait la classe moyenne et les très très riches vont payer le même taux d'impôt global par rapport à le revenu.

Si vous faites moins que ça, bah en fait vous ne résolvez pas ce problème d'injustice fiscale. Alors avant la réaction Nicolas Bouzou, on va se tourner avec Anandonia vers les autres pays. Est-ce que d'autres pays le font en Europe ? taxe les ultra riches.

Oui. Alors, taxer les ultra riches, c'est vrai que c'est passé de mode dans les années 1990. Plusieurs pays européens, on va le voir sur cette carte ont renoncer l'Italie, l'Irlande, l'Allemagne et bien d'autres.

Et à l'inverse, trois pays, la Norvège, l'Espagne et la Suisse, ont eux conservé une taxation sur les patrimoines nets des plus riches, c'est-à-dire sur l'ensemble des biens d'un individu, déduction faite de ses dettes. En Espagne, par exemple, il existe deux impôts. Un premier pour les patrimoines qui dépassent les 700000 € et un autre temporaire de solidarité sur les grandes fortunes là pour les patrimoines supérieurs à 3 millions d'euros.

En Norvège, il s'agit plutôt d'un impôt autour de 1 % inclu dans l'impôt national et qui concerne les fortunes supérieures à 1,7 million d'euros. Et puis en Suisse, les conditions là varient en fonction des cantons, mais on généralement ce sont les fortunes taxées à partir de 500000 €. Alors Nicolas Bousau est-ce que si ça se fait chez les autres, pourquoi pas chez nous ?

D'autant plus que cette Nobel d'économie appelle quand même à montrer la voix au reste du monde. Enfin que la France montre la voix au reste Nobel d'économie en l'occurrence étranger qui qui militent pour ça dans leur pays, ils le font en France. Bon d'accord.

Et en votre carte, vous dites les autres le font. Quand on regarde votre carte quand même beaucoup d'accord, il y en a trois qui le font mais enfin l'imposition en Suisse vous en conviendrez part d'un niveau qui est quand même pas exactement le niveau de tout à fait d'accord avec des taux qui sont quand même un petit peu plus bas mais il y a quand même une imposition. Mais bien sûr, mais en France aussi, si vous voulez, moi je remets en cause cette idée selon laquelle au fond les ultra riches ne sont pas taxés.

Donc je vais encore, je suis je suis désolé hein, je vais encore plus loin que vous dans la provocation. C'est-à-dire que c'est c'est la la justification, même si vous voulez, je la remets en cause parce que je ne suis pas d'accord avec vous autour de l'idée selon laquelle les holdings ne seraient pas taxés et que les revenus seraient pas taxés. Je je je pense que cette idée elle est fausse.

Je rappelle que quand on est une holding, on n pas le droit d'utiliser l'argent de la holding pour ses propres dépenses personnelles. Au quel cas c'est de l'abus de bien social. Si vous connaissez ce genre de situation, c'est extrêmement grave.

C'est du pénal, hein. Donc quand même tout ça est bien. Et et une taxe qui serait une taxation mais juste ponctuelle, non pas pérenne, au nom d'une forme de solidarité.

Est-ce que ce serait acceptable ça ? la situation absolument dramatique des finances françaises. Mais bien sûr, mais on va le faire mais on va le faire.

Non, pas sur les mêmes bases. Je pense qu'il faut trouver quelque chose B. Non, je vous ai dit que si on met des biens professionnels, non, je pense qu'il faut trouver autre chose mais de toute façon, il faut réduire les déficits.

Il est logique que ceux qui ont le plus de revenus contribuent plus. Aucun problème avec ça. Et je vais vous dire de toute façon la situation politique l'exige de toute façon.

Mais je voudrais quand même vous rappeler que de tiers des Français c'est énorme hein, veulent cette surposition. Ça veut dire que politiquement on pourra passer outre. Ah non, c'est je pense impossible pour que le même si la droite est quand même pas favorable.

Alors ce qui ce qui est intéressant c'est vrai qu' à droite euh on on a eu quand même cette idée euh de la justice fiscale. D'ailleurs, souvent la droite a été un petit peu embêtée lorsqu'elle revenait sur l'impôt sur l'ISF. Euh c'était quand même euh ils étaient un petit peu gênés aux entournures, il fallait quand même donner l'impression euh qu'on était pour une certaine méritocratie aussi.

Euh d'ailleurs euh il y a aussi cette question, on pourrait revenir ce que vous pensez de la taxation justement sur les successions. Euh mais la droite, on la sent euh un petit peu gêné, elle a fait quelques pas et ce qui est très intéressant, c'est qu'elle pourrait être un petit peu dépassée sur sa droite par le Rassemblement national qui a a une position, je dirais dans ce débat tout à fait curieuse entre une aile qui est très franchement libérale plutôt du côté de de Jordan Bardella et d'autres qui je cite leur la valette qui dit moins de riche, cela ne fait pas moins de pauvre. Euh, exactement et dans le même temps, on a Sébastien Chenu ou Jean-Philippe Tangui qui euh déroulent le programme justement, je dirais euh classique du Rassemblement national qui parle de taxer les dividendes et cetera.

Mais au Rassemblement national, on se dit finalement si LR se trouvait valider euh cet accord, et bien on pourrait nous aussi donner des gages finalement de libéralisme auprès du MEDEF, auprès des patrons euh alors que leur programme est régulièrement accusé euh justement par la droite LR d'être marxiste euh socialiste. Oui. La dynamique de ces débats.

En fait, si on regarde il y a 100 ans quand l'impôt sur le revenu a été mis en place, au début, un taux vraiment très très faible, hein, 2 %. Hm hm. Ça rappelle quelque chose, sauf que à l'époque, c'était sur les revenus.

B, une grande partie de de euh du patronat à l'époque disait "Mais en fait, on va casser le tissu économique, on ne saura pas comment mesurer ses revenus parce qu'on n' pas le dispositif fiscal permettant de savoir qui gagne quoi et puis on va les faire partir." Bon bah, ça c'était il y a 100 ans. On a vu que l'impôt sur le revenu, ça a été euh d'un point de vue fiscal quelque chose qui a très bien marché au 20e siècle.

Ça a pas cassé l'activité. Au contraire, les pays qui l'ont mis en place sont des pays les premiers pays qu' mis en place sont des pays qui ont très bien fonctionné économiquement. Donc aujourd'hui en fait on est en train de répéter ce type de dynamique de débat.

C'est vrai que malgré les impôts, on a un investissement massif en France étranger. Donc voilà, une fiscalité ça décourage pas l'investissement. Non, je suis pas du tout d'accord.

On a un investissement qui est revenu. Non, on a un investissement. Non mais ce que je veux dire c'est que on a un investissement étranger, vous avez raison, qui est relativement dynamique en France et ça s'est plutôt accéléré d'ailleurs ces 7 dernières années.

Mais moi mon obsession c'est bien comprendre pourquoi toutes les grandes entreprises à part Mistral de l'IA, de la santé, de la robotique, vous en avez aucune qui est française. C'est ça mon sujet et moi je veux que mon pays se développe dans ces secteurs de l'avenir et pas uniquement dans les secteurs du passé. Vous pensez que cet impôt serait une némésis pour le développement.

Je pense que le l'enjeu là sur ces grandes entreprises, c'est d'investir dans l'éducation, dans le système, dans le tissu, dans l'écosystème industriel qui permet d'accord cette innovation. Le message est passé. Merci.

Le débat est terminé. Merci à tous les trois d'être venu nous expliquer un peu mieux les enjeux de cette taxe.