La grande interview de Jacques Serais avec Rodrigo Arenas
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« Emmanuel Macron a donc promulgué cette nuit la loi créant un droit à l'aide à mourir. »
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« Vous faisiez partie de ces députés qui avaient voté pour ce texte lors de son adoption définitive. »
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« La réalité aussi en 2026, c'est que l'accès aux soins palliatifs reste très inégal selon le territoire. »
Temps de parole
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Europe 1 7h-9h, Europe 1 Matin
Europe 1, il est 8h11, Jacques Serret vous recevez Rodrigo Arenas, député à la FI et conseiller de Paris. Bonjour Rodrigo Arenas. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin en direct sur Europe 1. Emmanuel Macron a donc promulgué cette nuit la loi créant un droit à l'aide à mourir. Vous faisiez partie de ces députés qui avaient voté pour ce texte lors de son adoption définitive. J'imagine que vous vous félicitez de la décision d'Emmanuel Macron d'agir vite parce qu'il n'a pas perdu de temps.
Ça aurait été bien qu'il agisse aussi vite sur d'autres lois qui sont essentielles pour notre pays mais en l'occurrence il y a raison de rappeler que j'ai voté favorablement pour cette loi.
Je suis dans une circonscription qui connaît beaucoup d'hôpitaux dans le 14e et le 13e arrondissement de Paris et effectivement quand j'échange avec les médecins et les patients et parfois les familles, contrairement à beaucoup de fake news qui ont été véhiculées sur les réseaux sociaux, peut-être qu'on abordera ce sujet là tout à l'heure sur l'âge légal notamment des enfants, et bien effectivement il y a des patients qui réclament de mettre fin à leur vie, à leurs jours simplement parce qu'ils savent que leur maladie est incurable et qu'elle devient insupportable.
C'est de ce cadre là dont nous parlons et ce n'est pas un suicide assisté pour des personnes qui n'en ont pas besoin comme j'ai entendu dire de façon erronée.
La réalité aussi en 2026 c'est que l'accès aux soins palliatifs reste très inégal selon le territoire. Est-ce que le choix d'un malade peut-il, est-ce qu'il peut être véritablement libre si on lui propose le suicide assisté, l'euthanasie, alors qu'il n'a pas accès aux soins capables de soulager sa souffrance ?
Vous abordez deux sujets. D'abord philosophiquement c'est une des libertés que vous avez, que j'ai de pouvoir décider de ma vie non pas du début, ça c'est les parents mais en tout cas de la fin. En revanche là où vous avez raison c'est qu'aujourd'hui l'état des hôpitaux en France, l'état du soin des gens de façon globale, nécessite un choc d'investissement massif nous avons, vous le savez, les députés de la France insoumise mais pas seulement, réclamé des plans d'urgence pour les hôpitaux parce qu'aujourd'hui la médecine que ce soit de proximité, je pense aux déserts médicaux par exemple, mais aussi dans les grands centres hospitaliers, nécessite d'avoir des moyens supplémentaires.
Mais il ne faudrait pas que ce débat soit obéré par cette situation dramatique.
Justement qu'on aille vite, que le chef de l'état aille vite sur l'aide à mourir et qu'en face, les soins palliatifs là pour le coup, on attend.
Non, parce que vous avez un encadrement qui est extrêmement strict sur ce sujet là, il ne faudrait pas que vos auditrices et vos auditeurs pensent que tout à coup, on va à l'hôpital on prend un ticket et on se dit bonjour je veux mettre fin à mes jours. Non, ça ne se passe pas comme ça. Il y a un encadrement médical, il y a un encadrement familial, il y a un encadrement tout court donc ce n'est pas non plus cela.
Mais je préfère vous savez, être un peu franco-français sur ce côté là et faire en sorte que nos concitoyens et nos concitoyens puissent bénéficier de l'hôpital public français qui aujourd'hui est de très grande qualité tout de même, malgré les difficultés dont nous avons fait état que de choisir comme sur d'autres sujets, comme sur l'IVG par exemple, dont nous avons vu ressortir un peu les mêmes réseaux qui alimentaient la lutte contre cette loi sur la fin de vie, aller pratiquer cette opération cette décision encore une fois individuelle en Belgique ou ailleurs parce qu'on peut le faire en France tout simplement. Je fais confiance au système hospitalier français.
Rodrigo Arenas, je rappelle que vous êtes député La France Insoumise. Autre actualité c'est le piratage massif du fisc les informations fiscales de près de 700 000 particuliers professionnels ont été volées. On a appris qu'il y avait eu une troisième fuite qui concernait les successions et qui a été découverte du moins annoncée hier. Le ministre de l'Action et des Comptes Publics a présenté ses excuses. Mais est-ce que des excuses est-ce que ça suffit ? Est-ce que vous demandez vous par exemple la démission de David Amiel ou encore est-ce que vous réclamez la création d'une commission d'enquête parlementaire ? Vous savez quand j'étais
ancien dirigeant associatif, j'ai dirigé la fédération des parents d'élèves CPE pendant quelques années. C'était entre 2019 2021. Nous avions demandé au ministère de l'éducation nationale de se doter de ses propres serveurs, de sécuriser ces données parce qu'à l'époque déjà nous savions qu'il y avait des risques de hacking, il y avait notamment un enjeu sur le numérique. Eh bien nous voyons plus tard que les moyens n'ont pas été mis en place, que la stratégie, la planification n'est toujours pas d'actualité et que ce gouvernement, mais comme les précédents M. Amiel hérite de ses prédécesseurs, pardon les choses n'ont pas été faites en France et que nous devenons une passoire cybernétique.
Donc aujourd'hui la question qui se pose c'est d'avoir une planification de sécurisation des données parce qu'il y a une question aussi de sécurité individuelle quand la sécurité nationale n'est pas à l'ordre du jour. J'ai par exemple, curieusement, eu affaire à des personnes qui sont détenteurs d'armes. Ce fichier a fuité il y a quelques temps et aujourd'hui vous avez des cambriolages qui ont lieu chez ces personnes. Donc vous voyez c'est un problème global. La question n'est pas de savoir si M. Amiel doit démissionner ou pas, c'est une décision qui lui appartient. Non mais l'honneur en politique ça compte aussi. Écoutez, moi je ne suis pas un père la morale qui vient dire est-ce que M.
Amiel a de l'honneur ou pas de l'honneur. Je dis jusqu'aujourd'hui la France doit se doter d'une planification résolue pour sécuriser les données et que ça, la question présidentielle va s'inviter très fortement sur ce sujet-là et que nous avons avec notre candidat Jean-Luc Mélenchon des solutions pour cela et j'espère que ces solutions seront partagées si par malheur nous n'arrivons pas à gagner la présidentielle, ce qui à l'ordre du jour semble être plutôt positif pour Jean-Luc Mélenchon.
Rodrigo Arrhenes, à Paris maintenant vous êtes élu. Après l'évacuation du campement installé devant le SAMU social, 114 personnes ont été mises à l'abri mais environ 250 personnes se sont ensuite installées devant la mairie de Paris-Centre avec des tantes et des enfants en plein cœur de la capitale. Faut-il évacuer ce nouveau campement oui ou non ?
Ce qui est certain c'est qu'il ne faut pas laisser des gens dormir à la rue. Dormir à la rue d'abord pour les personnes concernées mais aussi pour les personnes qui sont riveraines ou celles et ceux qui sont confrontées à cette misère humaine parce que nous sommes dans cette situation-là. Aujourd'hui vous avez le risque climatique qui s'est invité en France.
Vous imaginez bien que quand vous avez des personnes qui peuvent plus dans leur pays pour cette situation-là, nous allons les recevoir, les accueillir parce que d'abord c'est notre honneur et je suis assez en phase avec les propos du pape François à l'époque sur ce sujet-là, du droit d'asile et de la charité dont nous devons faire preuve ne fustelles républicaines. En l'occurrence, quelle solution ?
Aujourd'hui vous avez besoin d'avoir un investissement massif pour accueillir ces personnes et ça sera, pardonnez-moi d'être un peu sur ce terrain-là mais nous avons un problème démographique aujourd'hui en France et c'est une solution qu'ont trouvé d'autres pays qui sont vraiment pas de gauche pour faire cela et donc oui nous devons aujourd'hui rentrer la France dans un système monde.
D'accord, vous c'est ce que vous défendez aujourd'hui, l'immigration pour faire face au choc d'hémographie ?
Mais j'en suis issu, je suis un exil politique certes mais j'ai un parcours d'immigrés dans ce pays, ça fait des députés. Beaucoup de gens ne sont pas d'accord avec moi et beaucoup d'autres le sont. J'estime respecter les lois de la République, j'estime défendre l'école publique notamment et les services publics comme on l'a évoqué tout à l'heure sur la médecine.
Je pense qu'aujourd'hui nous avons intérêt à ouvrir nos portes pour celles et ceux qui veulent venir en France pour contribuer à sa richesse, contribuer à son évolution et c'est faux de dire que ces personnes viennent mendier en France et vivre nos crochets parce qu'elles cotisent, parce qu'elles participent à la richesse de la France et que c'est l'avenir de toute façon de tous les pays du monde de voir ces mouvements de population qui vont avoir lieu, de penser de façon très naïve que mettent des frontières fustelles en fiers barbelés ou en murs comme l'a fait Donald Trump avec la frontière du Mexique est une solution. Nous savons que ce n'est pas le cas.
Donc si des solutions doivent avoir, elles doivent être efficaces et en l'occurrence prendre soin de ces gens-là, c'est la moindre des choses, c'est l'honneur de notre pays et aussi notre avenir.
Rodrigo Arenas, pour conclure brièvement, le gouvernement cherche plusieurs milliards d'euros d'économie pour 2027 et parmi les pistes sur la table, il a le fait de ne pas indexer les retraites les plus élevées sur l'inflation. Vous êtes favorable à une telle mesure à la France insommise ?
Moi, je pense qu'aujourd'hui, la fiscalité de la France est basée sur la question de taxer le travail et donc le capital. Aujourd'hui, l'essentiel des valeurs s'échange sur les transactions électroniques, c'est-à-dire tout ce qu'ils font, les cartes bancaires, les échanges boursiers, etc. J'ai fait une proposition de loi là-dessus qui consiste à dire quoi ? Qui consiste à dire que si nous faisons une taxe de 0,5% sur l'ensemble des transactions électroniques, nous avons une malle de 232 milliards d'euros.
Donc vous voyez, il y a des solutions qui existent, qui sont inhérentes au sujet que nous abordions sur la question de la sécurité cybernétique, mais qui s'invitent aussi dans l'économie, qui est intéressant d'explorer. Mais en l'occurrence, je n'invite pas dans cette issue sur la France insoumise, puisque nous, nous proposons simplement de remettre la fiscalité dont Emmanuel Macron s'est défaussé, c'est-à-dire d'aider par cette idée du ruissellement magique de l'argent en aidant les plus riches sur le dos de la population française.
Et nous pensons, nous, qu'il faut inverser les choses, c'est-à-dire faire en sorte que celles et ceux qui n'ont pas joué le jeu de leurs devoirs envers la nation, le fassent de façon légale, de façon fiscale. Et c'est pour ça que, à la présidentielle, nous portons cette idée-là et nous pensons qu'elle sera largement partagée.
Merci Rodrigo Arenas d'inviter la France insoumise de Paris et conseiller de Paris. Merci beaucoup, très bonne journée à vous.
Merci à vous.
Rodrigo Arenas