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interviewRFI — Invité politique· 16 juillet 2026 8 min

Présidentielle en France: le RN assure qu'il n'a «pas demandé» le soutien affiché d'Elon Musk à Marine Le Pen

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Laurent Jacobelli, merci de nous rejoindre. Merci à vous. La loi sur l'aide à mourir a donc été définitivement adoptée hier par l'Assemblée nationale. Un vote historique mais une courte majorité, 291 pour, 240 et une voix contre, dont la vôtre, Laurent Jacobelli, et celle d'une grande majorité des députés et reines. Pourquoi une telle opposition à ce droit nouveau qui est par ailleurs largement soutenu par les Français ?

0:29
Laurent Jacobelli

Vous savez, c'est une question compliquée, l'aide à mourir. C'est une question qui soulève des questions philosophiques, parfois religieuses, qui appellent à l'expérience de chacun. Nous avons voté chacun, chaque député, individuellement, notre âme et conscience. Ce qui est très clair, en tout cas pour moi, dans ce texte, c'est qu'il y a un certain nombre de points qui ne sont pas éclaircis. Par exemple, pourquoi une personne sous tutelle, une personne à qui on interdit par exemple de rédiger un chèque, peut demander pour elle-même la mort si elle souffre trop ?

Pourquoi aujourd'hui prendre de telles mesures alors que les soins palliatifs, c'est-à-dire ceux qui atténuent la douleur ou la font disparaître, sont en France trop peu dotés ? Il y a quelques jours, à Libourne, un hôpital français a supprimé son unité de soins palliatifs. Et donc, il y a un risque pour que les personnes qui souffrent à cause du manque d'investissement de l'État français aient recours à l'euthanasie. Et puis, il y a des exemples, l'exemple de la Belgique, du Pays-Bas, du Canada, où on a vu une dérive, c'est-à-dire que la première loi était plutôt avec un certain nombre de garde-fous. Et puis, petit à petit, on les a enlevés.

Aujourd'hui, un mineur, en souffrance psychologique, peut, en Belgique, demander d'avoir recours à la fin de vie. Et c'est donc pour ça qu'à titre personnel, j'ai voté contre.

1:38
Présentateur

On entend vos doutes, vos inquiétudes. On entend également, ce matin, le soulagement de certaines personnalités incurables en fin de vie, comme notre confrère, le journaliste Charles Bietry, qui se dit heureux de ne pas avoir, aller en Suisse pour mourir. D'autres, on le sait, seront d'être en Belgique. Est-ce que ce n'est pas, quand même, avec cette loi, la fin d'une certaine forme d'hypocrisie ?

2:04
Laurent Jacobelli

J'entends ce que dit Charles Bietry. Et évidemment, on est ému, on ne peut, soyons honnêtes, que le comprendre. Mais il y a d'autres choses, aujourd'hui, qui font peur dans cette loi. Il y a à peu près 15 jours pour pouvoir se rétracter. C'est, excusez-moi de la comparaison, aujourd'hui, quand on achète un appareil électroménager, c'est la même durée. Or, là, on parle de la vie ou de la mort de quelqu'un.

Et donc, quelqu'un en souffrance psychologique, en dépression, à cause de la douleur, à cause de la maladie, peut vouloir mourir, mais peut vouloir un mois après, parce qu'il a appris une bonne nouvelle, parce qu'il souffre moins, parce qu'il a un événement heureux, peut ne plus vouloir mourir. Or, il sera trop tard. Et donc, je trouve qu'il y a trop de garde-fous qui ne sont pas pris. Et puis, moi, je pense que le législateur, comme le médecin, a pour rôle de protéger la vie, et non pas de faciliter la mort.

2:48
Présentateur

Pour autant, au RN, vous ne comptez pas revenir sur cette loi, si jamais vous arrivez au pouvoir l'an prochain, alors que, pourtant, on voit que ça devient un thème de campagne, possiblement, cette loi sur l'aide à mourir. La droite, Bruno Retailleau, promet lui un référendum sur le sujet, s'il accède au pouvoir.

3:05
Laurent Jacobelli

Pourquoi pas ?

3:06
Présentateur

Ça va rester un thème dans cette campagne ?

3:08
Laurent Jacobelli

Je pense qu'en tout cas, ça soulève des questions essentielles sur le rôle de la société, sur le rôle du politique, sur ce qu'est la vie, sur ce qu'est la mort, ce que doivent être les soins. Tout ça pose effectivement un certain nombre de problèmes. Quand on m'a posé la question, j'ai dit que ça ne passait pas forcément par revoir la loi, peut-être, mais peut-être pas, mais ça pose en tout cas une question de surveillance. Être bien sûr qu'il n'y a pas d'abus, être bien sûr qu'il n'y a pas des gens qui sont psychologiquement poussés à prendre ces décisions parce qu'ils pensent eux-mêmes être un point pour la société. Ces gardes-fous, nous allons être très vigilants.

En tout cas, on ne laissera pas une dérive, ça c'est sûr.

3:42
Présentateur

Et le Conseil constitutionnel, également doublement saisi par le président du Sénat, Gérard Larcher, mais également par le Premier ministre Lecornu. Qu'est-ce que vous attendez de cette double saisine des sages ?

3:53
Laurent Jacobelli

Mais c'est important et nous allons nous aussi le faire. Pourquoi ? Parce qu'il faut que nous soyons sûrs que cette loi corresponde aux valeurs fondamentales de notre Constitution. La vie humaine en fait partie, la protection de la vie. Et donc le recours au Conseil constitutionnel paraît une étape importante pour une loi qui, je le répète, va profondément changer la société française. D'où l'idée de référendum, d'ailleurs. Pour toutes les lois qui transforment notre société, on ne peut pas faire sans le peuple.

4:20
Présentateur

En attendant l'avis des sages de la Cour constitutionnelle, un mot sur la campagne présidentielle et la course en tête de votre candidate Marine Le Pen qui écrase toute la concurrence dans les sondages et qui vient de recevoir le soutien du milliardaire américain Elon Musk qui voit en Marine Le Pen, je cite, « Le dernier espoir de la France, c'est un soutien gênant, une ingérence extérieure comme le dénoncent vos opposants ? »

4:52
Laurent Jacobelli

Sur le constat que Marine Le Pen soit la dernière chance de la France, je suis tout à fait d'accord. Parce que quand on voit la crise financière, la crise de l'emploi, la désindustrialisation, l'insécurité, beaucoup de sujets, oui effectivement notre pays va mal, il a été maltraité par Emmanuel Macron et je ne vois pas qui d'autre, à part Marine Le Pen, avec Jordan Bardella, pourrait le redresser. Maintenant, on a reçu ce soutien, on ne l'a pas demandé, je n'ai pas à l'interpréter, il fait cette analyse, je vois que ça en émeut beaucoup, les mêmes qui étaient tout à fait contents...

5:24
Présentateur

Ça émeut parce qu'il soutient la plupart des partis d'extrême droite en Europe et que de fait, politiquement, c'est une ingérence.

5:29
Laurent Jacobelli

Nous ne sommes pas un parti d'extrême droite, mais moi je voyais les mêmes applaudir quand Barack Obama appelait à voter pour Emmanuel Macron ou quand le chocelier allemand prenait position pour l'élection présidentielle française. Je pense que, voilà, les étonnements et les cris d'orfraie à géométrie variable, on a l'habitude et ce n'est pas très émouvant. Après, sur le principe, nous on est plutôt attaché au fait que chaque pays suive ses élections à l'abri du regard des autres.

5:55
Présentateur

Ça reste une question sensible au RN, la question des alliés, des alliances étrangères, quand vos adversaires politiques vous rappellent le soutien que Marine Le Pen était allée chercher au Kremlin il y a dix ans, quand elle avait patienté auprès de la Trump Tower. On peut réécrire l'histoire.

6:13
Laurent Jacobelli

Vous savez, il y a dix ans, tout le monde voulait parler avec Vladimir Poutine parce que tout le monde voyait en la Russie un partenaire émergent. Les chefs d'État français et les premiers ministres français l'ont fait et ils étaient dans leur rôle. Marine Le Pen, qui prétendait être présidente de la République, l'a fait elle aussi pour connaître tous les partenaires diplomatiques de l'époque, avant la guerre. Donc, comme elle l'a fait avec un certain nombre de chefs d'État, Vladimir Poutine a changé la donne en agressant l'Ukraine. Donc c'est du passé. Donc c'est du passé et nous avons revu notre position, comme d'ailleurs l'ensemble de la classe politique française.

6:44
Présentateur

Et l'on reparle. Un dernier mot de justice, alors que Gabriel Attal vous assigne devant le tribunal de Paris pour, je cite, « parasitisme contrefaçon de marque », pour avoir utilisé le terme « renaissance » dans la première affiche de campagne de Marine Le Pen. Cette idée de l'intituler « renaissance » pour lancer la campagne, c'était quand même un peu de la provoque ?

7:07
Laurent Jacobelli

La renaissance française. Par renaissance tout court, je crois que M. Attal est un peu énervé. Il voit ses soutiens partir chez Édouard Philippe. Il voit les sondages lui faire un pronostic assez négatif. Il voit tous ses soutiens lui faire défaut. Oui, il a une crise de panique et donc il se retranche derrière des arguments de mauvaise foi.

7:26
Présentateur

Vous saviez qu'il y allait avoir ce genre de réaction, nécessairement.

7:30
Laurent Jacobelli

Qui, dans le monde, pense qu'Emmanuel Macron, Gabriel Attal incarne la renaissance ? La renaissance, c'est le génie, c'est l'humanisme, c'est la renaissance des arts, la renaissance du commerce et de l'économie. C'est évidemment quelque chose d'autre. Je pense qu'Emmanuel Macron aura tout fait pour éteindre la France et non pas la faire renaître. Et nous, on s'en occupera. On va le laisser à sa mauvaise foi. On va le laisser à son acrimonie. Et puis, nous, on va faire campagne et on proposera un programme aux Français susceptible de redresser notre beau pays.

7:57
Présentateur

Avec un petit stop devant le tribunal de Paris. Cette affaire sera jugée le 27 juillet prochain. Merci Laurent Jean-Cobéli, député RN, porte-parole du Rassemblement National. Bonne journée à vous.

8:09
Laurent Jacobelli

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