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interviewyoutube.com· 28 mai 2025 20 min

Islamophobie, François Bayrou, taxis... L'interview en intégralité de Mathilde Panot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:09
Présentateur

C'est l'heure 32 sur BFM TV et RMC. Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Merci d'être mon invité ce matin. Vous présidez le groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. J'ai beaucoup de questions à vous poser au lendemain de ces annonces de François Bayrou hier, qui était à cette même place, celle où vous vous trouvez ce matin. Le Premier ministre qui annonce un effort budgétaire pour tous, pour résorber la dette. Il faut trouver 40 milliards d'euros cette année. Tous les Français seront mis à contribution. Quand le Premier ministre dit qu'il y aura un effort juste, demandez à tous les Français. Tous les Français, qu'est-ce que vous entendez ?

Qu'y compris les plus riches seront mis à contribution ou qu'au contraire, c'est les pauvres qui vont payer une fois de plus ?

0:45
Mathilde Panot

On continue avec une politique d'Emmanuel Macron qui reste définitivement le président des riches. Et là, François Bayrou est en train de tenter un coup de force. Je veux qu'on comprenne le problème démocratique et à quel point Bayrou est illégitime pour faire cela. Il tente un coup de force pour imposer la politique la plus austéritaire que nous ayons jamais vue dans ce pays depuis au moins 25 ans. Or, il se trouve qu'en juin et en juillet dernier, les Français et les Françaises ont massivement voté contre cette politique. Et donc, vous avez François Bayrou qui veut continuer à faire payer au peuple les cadeaux qui ont été faits aux plus riches et aux multinationales.

Et c'est insupportable. Vous avez donc un Premier ministre, M. François Bayrou, qui se dit chrétien-démocrate. Alors, chrétien, je ne sais pas, mais démocrate, certainement pas.

1:28
Présentateur

Quand il dit un effort le plus juste demandé à tous les Français, moi, ce que j'entends, c'est petit effort pour les petits, gros effort pour les gros. Et vraisemblablement, ce n'est pas ce que vous avez entendu.

1:39
Mathilde Panot

Mais ce n'est pas du tout ce qu'ils ont fait lors du budget dernier. Lors du budget dernier, nous avions réussi à faire adopter des amendements à la majorité. Ces amendements notamment portaient sur ce qu'on appelle la taxe Zuckmann, le fait de taxer à hauteur de 2% le patrimoine des ultra-riches, qui rapporte 13 milliards dans les caisses de l'État, où nous avions aussi fait adopter un autre taxe qui permet de faire payer réellement les dividendes, les profits sur le chiffre d'affaires qui ont été réalisés en France sur les grandes entreprises. Ce qui semble normal lorsque vous faites un chiffre d'affaires dans un pays que vous payez les impôts qui correspondent.

Ces deux mesures rapportaient 40 milliards d'euros. Elles ont été votées par l'Assemblée nationale et pourtant par 49.3, par passage en force. Ils ont enlevé ces amendements et donc ces recettes supplémentaires pour l'État.

2:28
Présentateur

Sur la taxe Zuckmann, du nom de l'économiste, Gabriel Zuckmann, économiste français, elle sera examinée bientôt au Sénat. Vous, encore une fois, je reste sur ma question au Mathilde Panot, vous n'avez pas entendu dans ce que dit le Premier ministre une ouverture, y compris pour demander des efforts aux plus aisés. Quand il dit tous les Français, sans exclusives, vous n'entendez pas justement les grandes entreprises, les Français qui ont le plus de patrimoine. Vous ne vous dites pas, il y a peut-être une opportunité pour que ce que vous avez voté dans le cadre de niches parlementaires soit repris au moment du budget. A aucun moment vous ne percevez cette possibilité.

3:01
Mathilde Panot

Si le niveau de prélèvement dans ce pays était resté au même niveau qu'en 2017, quand Emmanuel Macron est arrivé à la présidence de la République, nous serions en ce moment sous les 3% de déficit. Donc, ce qu'a fait Emmanuel Macron avec sa politique pour les riches et pour les plus grandes multinationales, c'est d'appauvrir l'État et donc derrière de demander aux gens de payer pour ces cadeaux qui ont été faits aux plus riches. Donc, il continue avec cela. Et je vais vous dire, quand vous avez un Premier ministre qui parle de TVA sociale, qui est en fait une TVA antisociale, pour changer et modifier la manière dont est financée aujourd'hui la sécurité sociale, c'est absolument scandaleux.

Parce que ça veut dire qu'alors qu'il y a déjà un Français sur trois dans ce pays qui dit qu'ils ratent régulièrement des repas pour notamment que leurs enfants puissent manger. Quand vous avez un nombre record d'enfants à la rue dans ce pays, dans la septième puissance économique au monde, ça suffit qu'on propose toujours un horizon de malheur aux gens. On peut faire autrement dans ce pays et c'est ce que nous nous portons, notamment en faisant contribuer ceux qui aujourd'hui ne participent plus à la solidarité nationale.

4:04
Présentateur

J'y reviendrai à la TVA sociale. Pour rester sur les pistes d'économie, vous défendez-vous des augmentations de recettes ? C'est ce que j'ai entendu avec la taxe Zuckman, avec une taxe sur les multinationales. Est-ce qu'il y a des économies à faire aujourd'hui qui rapporteraient suffisamment à l'État pour rentrer dans les clous ?

4:23
Mathilde Panot

Je pense que nous avons des riches qui nous coûtent extrêmement cher. Je pense que nous avons des aides aux grandes entreprises qui ne servent que directement à payer des dividendes aux actionnaires. Vous avez par exemple sur les dividendes l'argent versé depuis 2017 qui a été multiplié par deux, quand les 500 plus grandes fortunes de ce pays ont vu elles aussi, depuis 2017, leur fortune être multipliée par deux, pendant que le reste de la population est en train de s'appauvrir massivement. Donc par exemple, conditionner les aides publiques au fait qu'on maintienne l'emploi. Vous avez vu qu'il y a un nombre faramineux de plans de licenciement avec des nombres de personnes...

Ce n'est pas une économie, c'est du donnant-donnant. Ah ben non, ce n'est pas du donnant. Vous donnez de l'argent public, ça se retrouve directement dans les dividendes et en plus, ils licencient, voire ils délocalisent. Donc excusez-moi, ce n'est pas du donnant-donnant, ça s'appelle mettre dans un trou, un trou noir qui directement va aux actionnaires.

5:15
Présentateur

Vous n'avez aucune certitude si la fiscalité sur les entreprises augmente prochainement, que ce soit pioché dans la caisse dividende et ne pas piocher dans la caisse investissement, maintien de l'emploi.

5:26
Mathilde Panot

Oui, enfin là, ce que j'ai comme certitude, c'est qu'aujourd'hui, nous donnons des milliards et des milliards chaque année aux grandes entreprises et que derrière, elles licencient. Et que nous avons un État qui abandonne absolument tous les secteurs stratégiques. Ils ont abandonné Vancorex, qui était pourtant indispensable sur la question de la dissuasion nucléaire. Ils sont en train d'abandonner ArcelorMittal, alors qu'il devrait être nationalisé et sur un certain nombre de sujets. Et à la fin, on se retrouve comme pendant la période du Covid, où vous avez la France qui est en train de se battre sur un tarmac à la sortie d'un avion pour juste pouvoir accéder à des masques.

Vous vous rendez compte de ce qui est en train de se passer ? Ils sont en train de tuer la souveraineté industrielle du pays. Donc encore une fois, les mêmes politiques reproduisent toujours les mêmes échecs. Et je vais vous dire, jeudi, demain, on va célébrer les 20 ans de la victoire du non au référendum de 2005. Et le non a gagné notamment contre des politiques néolibérales, contre la destruction des services publics avec un vote des Français et des Françaises, qui a ensuite été bafoué avec Nicolas Sarkozy et François Hollande, qui, main dans la main, ont remis les dispositions dans le traité de Lisbonne et donc qui ont piétiné le vote des Français.

La démocratie française est malade depuis 2005. Donc maintenant, ça suffit. La démocratie, c'est le pouvoir au peuple. Et en juin et en juillet dernier, ils ont battu la politique macroniste.

6:41
Présentateur

Je reviens sur les pistes d'économie. Vous dites que c'est dans les aides aux entreprises, ce que je comprends dans les niches fiscales dont peuvent bénéficier les plus aisés. Il n'y a pas d'économie à faire sur le train de vie de l'État. Il n'y a pas d'économie à faire ailleurs, sur un certain nombre de dépenses sociales notamment.

7:00
Mathilde Panot

Mais en fait, il faut repartir d'une économie des besoins. Nous, ce que nous proposons, c'est une planification pour répondre aux besoins des gens. Je vais vous dire, ce qu'on est en train de proposer sur la santé par exemple, faire baisser les dépenses ne va pas permettre de faire disparaître ni les maladies, ni les besoins des gens de se soigner.

7:18
Présentateur

Le président du Sénat propose de geler les dépenses, toutes les dépenses au niveau de l'an dernier. Ce qui revient y compris sur les comptes sociaux, à ne pas augmenter un certain nombre de prestations.

7:26
Mathilde Panot

Il y a déjà des millions de personnes qui n'arrivent plus à se soigner. Maintenant, il faut arrêter de délirer. Je vais vous dire, à force de ne pas organiser la société, notamment là, on vient d'avoir un nouveau coup de force. Hier, à l'Assemblée nationale, où une motion de rejet a été utilisée comme un 49-3 déguisé, qui permet... On n'est plus sur les questions économiques, on est sur les questions agricoles. Je vais vous expliquer pourquoi on est sur les questions économiques.

Qui permet, sans aucune minute de débat à l'Assemblée nationale, qui est pourtant la Chambre élue au suffrage universel, d'autoriser, de réautoriser les néonicotinoïdes, donc des insecticides tueurs d'abeilles, qui sont extrêmement dangereux sur la santé. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'ils avaient été interdits. Pourquoi est-ce qu'on est sur des questions économiques derrière ? Parce que vous avez du coup des pesticides, qui ensuite sont ceux qui sont responsables, notamment de maladies en premier lieu chez les agriculteurs et agricultrices, mais ensuite sur l'ensemble de la population. Au point que, aujourd'hui, le cancer est la deuxième cause de mortalité chez les enfants.

Par exemple, si on voulait faire des économies, il faut respecter l'écosystème, sortir l'agriculture du modèle de pesticides et de l'agrobusiness dans lequel on a enfermé les agriculteurs et les agricultrices. Et ça, ça permet de préserver la santé de tout le monde.

8:30
Présentateur

Mathilde Panot, hier, sur ce même plateau, François Bayrou disait sur les questions budgétaires, les choix à faire, pourquoi pas la piste du référendum ? Si vous deviez consulter les Français, vous, quelles questions leur poseriez-vous ?

8:42
Mathilde Panot

Mais s'il veut faire un référendum, il va le perdre, comme ils l'ont perdu en 2005. Quelle que soit la question, quel soit le sujet. Mais bien sûr, mais regardez, il veut que les Français disent « Oui, nous sommes d'accord pour réduire toutes nos dépenses de santé, pour que nos enfants ne puissent plus apprendre correctement à l'école, parce que le professeur n'est pas remplacé, pour que tout cela n'a aucun sens. » Et lors des dernières élections, ils l'ont déjà dit. Lors de 2005, ils l'ont déjà dit.

9:03
Présentateur

Mais donc vous l'espérez, ce référendum, ça vous arrangerait en quelque sorte ? Écoutez, moi je ne sais même pas si c'est possible de faire ça constitutionnellement.

9:10
Mathilde Panot

Mais qu'il le fasse, il le perdra. Et je vais vous dire, s'il veut faire un référendum, nous nous l'avons dit maintes fois, qu'il fasse un référendum sur l'abrogation de la retraite à 64 ans, ou un minima qu'il laisse l'Assemblée nationale voter. Parce que si l'Assemblée nationale pouvait voter, puisque c'est du fait de l'obstruction la dernière fois des Macronistes que nous n'avons pas pu aller au vote, et bien si on laissait l'Assemblée nationale voter, alors nous aurions d'ores et déjà abrogé ce vol de deux ans de vie des Français qui a été passé en force par 49-3.

9:37
Présentateur

Vous allez reproposer le retour de l'ISF, de l'impôt de solidarité sur la fortune ?

9:41
Mathilde Panot

Bien sûr, et d'ailleurs je pense même qu'il faut le renforcer aujourd'hui, l'impôt de solidarité sur la fortune.

9:45
Présentateur

Qui n'existe pas aujourd'hui, qui a été supprimé au profit de l'IFI, un impôt sur la frontière immobilière. Je reviens sur la question des comptes sociaux, puisque vous évoquiez les retraites, et la question de la TVA sociale, qui effectivement a été mise sur la table par Emmanuel Macron, d'abord par François Bayrou, en tout cas qui ne l'exclut pas hier, qui compte saisir les partenaires sociaux à ce sujet.

La TVA sociale, pour expliquer pour tout le monde, Mathilde Panot, ça revient à baisser les cotisations, soit salariales, soit patronales, donc soit celles payées par les travailleurs, soit celles payées par les patrons, et d'augmenter en échange la TVA, pour que ce soit cette augmentation de la TVA qui paye les comptes sociaux et un certain nombre de prestations.

Je précise aussi, vous avez expliqué que tous les prix augmenteraient, qu'il y a trois taux de TVA, un taux qui s'applique aux produits de première nécessité, aux biens de consommation de première nécessité, donc ce que vous disiez sur les personnes qui ne réussissent pas à se nourrir aujourd'hui, le taux de TVA qui s'applique la plupart du temps, c'est surtout ce taux réduit à 5,5, l'augmentation de la TVA porterait sur le taux le plus élevé, dans les hypothèses des économistes, et malgré tout, vous êtes vent debout. Enfin, pardon, pourquoi ?

Mais parce que présenté comme tel, qui est la façon qui est présentée par le gouvernement, on se dit, gain de salaire, si c'est les cotisations salariales qui baissent, et sur la TVA, ce serait sur les produits, pas de première nécessité.

11:02
Mathilde Panot

D'abord, je vais commencer par dire qu'en 2022, lors des élections législatives, lorsque Jean-Luc Mélenchon avait alerté sur le fait que le gouvernement voulait augmenter la TVA dans ce pays, et faire cette TVA antisociale. À ce moment-là, tout le monde s'était moqué de nous, nous avait traité et qualifié de menteur, etc. Bon, la réalité, on voit ce qui est en train de se passer là maintenant. Pourquoi nous sommes vent debout ? D'abord, parce que la TVA est l'impôt le plus injuste, et que les pauvres payent beaucoup plus de TVA que ce que ne payent les riches. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que ça va avoir un effet très fort sur la consommation populaire.

Or, si vous avez un effet sur la consommation populaire, et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, par exemple, la France a été moins touchée que l'Allemagne l'année dernière lors de la crise, c'est parce que nous avons un gros moteur de consommation populaire qui permet justement de continuer à faire tourner l'économie, à aider les petits commerces, etc.

11:52
Présentateur

Pour vous, la TVA ne doit pas contribuer à faire payer les...

11:54
Mathilde Panot

Mais je vais vous dire, le risque de ce qu'est en train de faire François Bayrou, c'est de faire entrer la France en récession. C'est ça dont on est en train de parler. Et donc, nous, nous ne sommes pas d'accord avec le fait qu'on change la manière dont est financée la sécurité sociale. Et nous voulons revenir... Il y a déjà une partie de la TVA qui est fléchée vers la sécurité sociale. Oui, il y en a déjà une partie. Et donc, nous ne voulons pas l'augmenter. Parce que nous, nous voulons revenir à un modèle historique qui passe par les cotisations.

Et donc, passer par les cotisations, c'est par exemple, faire en sorte que ceux qui sont chauffeurs VTC aujourd'hui, alors qu'il y a un an, il y a eu une directive qui a été votée sur le fait de requalifier leur contrat en salariés. Si, par exemple, on requalifiait leur contrat en salariés, il suffit de transposer la directive par le gouvernement, alors on aurait un milliard de cotisations dans les caisses.

12:38
Présentateur

Ça revient à dire à ceux qui nous écoutent et qui nous regardent que seuls ceux qui travaillent, en réalité, payent.

12:44
Mathilde Panot

En tout cas, c'est eux qui payent le plus gros fardeau de la sécurité sociale. Vous avez raison, parce que dans les débats sur le PLFSS, nous nous avions fait adopter 20 milliards de recettes. Et dans les 20 milliards de recettes, par exemple, on proposait de faire cotiser et participer les dividendes. Voilà, ça c'est une possibilité. Donc, maintenant, quand vous avez... Les retraités, les inactifs ? Mais non, en fait, il faut arrêter avec tout ça. On arrête de faire payer aux gens, aux retraités, aux je ne sais qui, qui seraient un petit peu plus riches que l'autre. C'est pas un petit peu plus riches que l'autre, c'est tout le monde ou pas tout le monde, le débat ?

Mais pas tout le monde, je vais vous dire pas tout le monde. Pourquoi ? Quel est le problème de la sécurité sociale ? Parce qu'il faut expliquer aux gens. Quel est le problème de la sécurité sociale ? C'est que les recettes ont baissé. Et les recettes ont baissé parce qu'il y a eu des milliards et des milliards d'exonération de cotisation. Donc, le nœud, il est ici. C'est sur la question des exonérations de cotisation. Il y a aussi une démographie en baisse ? Oui, non mais OK. Mais en fait, vous avez aussi une productivité qui est au moins. Il suffit juste, par exemple, vous embauchez des fonctionnaires pour faire les grands travaux dont on a besoin dans ce pays.

Et notamment dans la santé, dans l'éducation, mais aussi pour être à la hauteur des défis écologiques. Vous embauchez des fonctionnaires, vous augmentez les salaires, à chaque fois vous ramenez des cotisations. Vous faites participer les dividendes, ce que nous nous avons proposé. Bon, je vous assure que vous trouvez de l'argent à gogo. Nous, on a trouvé 20 milliards juste l'année dernière dans le budget de la sécurité sociale. Donc maintenant, ça suffit. Les gens n'en peuvent plus. Nous sommes déjà dans un océan de malheurs.

14:08
Présentateur

Ça suffit. Parmi les déclarations de François Bayrou hier, qui peut-être vous ont marqué, Mathilde Panot, qui en tout cas, moi, ont été mon surprise, celles de François Bayrou sur l'islam, quand il dit ne pas en faire un sujet de fixation, critiquant la mode dans certains cercles de s'en prendre aux musulmans, quand le président invite lui-même à ne pas tomber dans le complotisme sur le sujet de l'entrée d'une islamiste. Vous vous dites quoi ? Vous avez réussi à les convaincre ? Non, je pense qu'ils se rendent compte qu'ils vont trop loin.

14:30
Mathilde Panot

Vous vous rendez compte que la semaine dernière, on a eu toute une opération de communication sur un rapport sur l'entrisme des frères musulmans qui est critiqué par tous les experts du sujet, qui cite certains chercheurs en leur faisant dire le contraire de ce qu'ils disent dans leur recherche. Ça n'existe pas ? Et même avec François Bayrou... Ça n'existe pas, Mathilde Panot ? Moi, j'ai écouté François Bayrou hier. Lui-même dit « si ces faits sont avérés ». Donc vous voyez qu'il apporte peu de crédibilité à ce rapport. Mais je vais vous dire, le problème, c'est ce qui a été fait de ce rapport. Et y compris auquel le gouvernement, dont les ministres de M. Bayrou ont contribué à cela.

Quand vous avez un problème, quand c'est ensuite l'ensemble des musulmans et des musulmanes de ce pays qui sont visés. Quand vous avez un préfet des Hauts-de-Seine qui explique que le problème de l'entrisme des frères musulmans, c'est les boucheries halal, vous comprenez que vous avez un problème. Quand vous avez un président de groupe parlementaire, M. Attal, ancien Premier ministre, qui assume tranquillement une mesure discriminatoire sur l'interdiction du voile avant 15 ans. Et quand vous avez des médias, comme CNews par exemple... Il dit « ce n'est pas acceptable de voir des petites filles voilées ».

Oui, et c'est acceptable par exemple d'avoir un baptême lorsque vous n'êtes même pas en âge de consentir. Enfin, je veux dire, il faut arrêter en fait. Il faut arrêter. Et je vais vous dire, quand vous avez des médias comme CNews, qui parlent 334 jours sur 365 dans leurs bandeaux de l'islam, c'est-à-dire 31 jours dans lesquels on ne parle pas d'islam, et encore, ce n'est uniquement que les bandeaux, et probablement que des invités en parlent. Je vais vous dire maintenant, ça suffit. C'est grave ce qui est en train de se passer dans ce pays. Il y a des gens qui quittent notre pays parce qu'ils n'en peuvent plus, des discriminations.

Il y a Aboubakar Sissé, qui a été tué de 50 coups de couteau il y a juste un mois. Donc l'islamophobie tue, l'islamophobie est dangereuse, et donc maintenant, il faut arrêter avec ce qui détruit la France.

16:11
Présentateur

Mathilde Panot, hier, une question a été posée par votre collègue Adrien Clouet sur la colère des taxis. Ils sont en colère contre une nouvelle convention pour le transport sanitaire. Le gouvernement les a reçus hier. Dossier épineux. François Bayrou dit, nous irons au bout de la réforme. J'avoue que j'ai été surprise par le ton de la question de votre collègue parce qu'on parlait, il y a encore quelques instants, des économies et de l'argent à chercher. J'étais étonnée de ne pas vous entendre aux côtés des ministres qui veulent lutter contre les abus et contre les fraudes. Mais je vais vous dire, ces gens sont des hypocrites.

16:42
Mathilde Panot

Et moi, je veux apporter ici tout mon soutien aux chauffeurs de taxi. Je vais vous dire, nous, nous demandons la suspension de la convention. Et les gens, c'est même gens qui ont fermé 150 hôpitaux dans notre pays en 10 ans. 45 000 lits en 10 ans qui ont été fermés. Et qui ont pris ce qu'ils appellent le virage de l'ambulatoire. Maintenant, c'est tonne que les transports augmentent dans ce pays. Donc, si vous voulez que les transports n'augmentent pas dans ce pays, eh bien, vous remettez des hôpitaux de proximité et des maternités de proximité, notamment pour des femmes enceintes qui ne soient pas obligées de changer de département.

Vous faites en sorte que ce ne soit pas des patients qui soient comme des colis pris l'un après l'autre où tous vos voisins seraient vos maladies. Et vous respectez la dignité des gens en, justement, n'investissant dans la santé. Voilà. Là, il y a des besoins...

17:28
Présentateur

Là, l'autre peuvent être faits de concert. C'est-à-dire, d'un côté, investir dans la santé et de l'autre, lutter contre les abus

17:32
Mathilde Panot

et les fraudes dans le transport sanitaire. Nous avons Emmanuel Macron, dont il a été montré notamment par une commission d'enquête que nous avons faite, par vos collègues qui ont révélé les Uber Files, qui est aujourd'hui le VRP d'Uber, qui est celui qui a permis une uberisation de la profession des taxis.

17:47
Présentateur

C'est pas lui qui signe la convention.

17:49
Mathilde Panot

Oui, enfin, c'est lui qui a permis qu'il s'installe en France en détruisant et en piétinant le droit du travail et en faisant que des gens, par exemple, ne cotisent pas à la sécurité sociale, n'aient pas les mêmes droits. Donc, maintenant, ça suffit parce qu'on sait ce qui va se passer derrière. Derrière, ça ne sera plus des taxis, mais des chauffeurs VTC qui n'auront pas les mêmes droits. Donc, maintenant, nous voulons qu'il y ait des droits pour l'ensemble des travailleurs de ce pays.

18:10
Présentateur

Et Mathilde Panot, vous en êtes où de la motion de censure pour faire chuter le gouvernement François Bayrou ? Parce que ce que j'entends, il y a très peu de possibilités de discussion de ce que j'entends, de tout ce que vous nous dites depuis une vingtaine de minutes. Vous souhaitez la chute du gouvernement François Bayrou ? Oui, nous sommes des autres. La motion de censure est déposée ?

18:25
Mathilde Panot

Elle va être déposée aujourd'hui avec ceux qui le souhaitent. Nous l'avons envoyée aux différents députés des groupes de gauche pour qu'ils puissent la co-signer. Et elle va être déposée notamment parce que nous refusons que par un coup de force, il y ait un pesticide aussi dangereux qui crée des malformations d'enfants, qui peuvent créer aussi des cancers pédiatriques qui soient ainsi pas examinés à l'Assemblée. Et donc, nous la déposerons

18:48
Présentateur

pour qu'elle soit examinée la semaine prochaine. Premier ministre, vous répondez par avance hier en disant même pas peur. J'en ai déjà eu neuf d'émotion, tant sûr.

18:54
Mathilde Panot

Eh bien, très bien. Mais comme il est un Premier ministre illégitime, il sera que, normalement, en démocratie, on respecte le peuple. Et c'est ce qu'on va rappeler, y compris parce que 2005, lorsque l'on parle du vote qu'on va célébrer demain, qui est de la victoire du nom, le vote de 2005, c'est aussi le signal très fort qu'on peut gagner même contre ceux qui veulent nous dicter des politiques, qui veulent nous dicter la manière dont on voulait penser. Et ils pensaient que les gens seraient trop bêtes pour comprendre. Eh bien, les gens ne sont pas bêtes. Ils sont intelligents. Et ils peuvent déjouer et à la fois tourner la page de la Macronie et battre l'extrême droite.

19:25
Présentateur

Merci Mathilde Panot d'être venue à ce micro ce matin. Motion de censure examinée la semaine prochaine. Vous venez de nous l'annoncer, déposée aujourd'hui. Il est 8h52 sur BFM TV et RMC.