TVA sociale, loi Duplomb sur l'agriculture, geste de Brigitte Macron... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard
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Bonjour Manuel Bompard, ce sera décidé avec eux, François Bayrou vient de s'exprimer au sujet des taxis, il ne recule pas sur les économies demandées, mais il dit qu'il va discuter avec eux des efforts demandés, pour rappel, l'objectif de la réforme vise à faire 150 millions d'euros d'économies sur 3 milliards de dépenses, que pensez-vous de la réponse du Premier ministre ?
D'abord, c'est bien qu'il puisse y avoir un échange avec les taxis, parce que pour l'instant, il n'y en avait pas eu, et moi-même, j'avais été sollicité il y a quelques jours par les taxis qui sont en grève, en disant qu'on voudrait quand même pouvoir être entendu, écouté, négocié.
Il y avait eu des réunions avec la Sécurité sociale ?
Oui, enfin, pas avec le Premier ministre lui-même, pas avec le ministre des Transports lui-même, et je pense utile de pouvoir entendre et écouter ce que les taxis ont à dire. D'ailleurs, ils ont eux-mêmes, ils l'ont dit, des propositions à faire. Ensuite, je trouve ça un peu curieux, quand on commence une négociation, de dire dès le début quel doit être l'aboutissement de cette négociation. Et il peut y avoir des objectifs chiffrés ? Oui, mais enfin, je pense quand même important de dire que ce n'est pas des cadeaux qu'on fait au taxi.
S'il y a aujourd'hui du transport médical qui est pris en charge par la Sécurité sociale, c'est parce que ça correspond à un besoin, et ce besoin, c'est qu'il y a des personnes qui ont besoin d'être déplacées, par exemple de leur domicile à un hôpital, pour pouvoir être prises en charge et avoir accès à des soins.
La question est de savoir comment ce besoin est géré, notamment par les taxis conventionnés. Dans les faits, on est passé de 2 à 3 milliards de remboursements de taxis par la Sécurité sociale en 5 ans. 3 milliards pour 40 000 taxis conventionnés. Il n'y a pas une dérive, là ?
Mais peut-être qu'il faut se poser la question de savoir pourquoi ces dépenses ont augmenté. Et peut-être que si ces dépenses ont augmenté, c'est parce que d'abord les besoins ont augmenté. On est confronté notamment, on le sait, à un vieillissement de la population et donc à des besoins en termes de santé qui augmentent. Peut-être que ces besoins ont augmenté parce qu'on est confronté aussi depuis des années et des années à une politique, par exemple, de suppression d'hôpitaux de proximité, qu'on a aujourd'hui 90% du territoire national qui est un désert médical. Et donc, c'est des transports plus longs pour aller pouvoir avoir accès à des soins.
Et il n'y a plus à avoir des fraudes ? C'est ce que dit ce matin le Premier ministre. Il n'y a plus à avoir des fraudes aussi. Vous ne l'expliquez pas, vous aussi ?
Il n'y a plus à avoir des fraudes. Bon, s'il est capable de démontrer qu'il y a des fraudes, alors effectivement, il faut avoir des outils pour lutter contre ces fraudes. Mais on lit beaucoup de... sans même parler de fraudes. C'est les choses. Moi, je soutiens, attendez, je veux être clair. Moi, je soutiens aujourd'hui la mobilisation des taxis. Je pense que les taxis, ils ont des propositions à faire sur la table. Ils ne sont pas fermés à l'idée qu'il puisse y avoir des économies. Je trouve ça un peu baroque comme manière de négocier, de dire on va discuter. Mais dès le début, je peux vous dire qu'à la fin, ça sera de tel montant l'économie.
Parce qu'il y a 40 milliards d'économies à faire et tous les efforts vont...
Mais madame, il y a 40 milliards. Alors, si vous voulez, on va parler des économies, mais d'abord... On va parler après, mais sur ce dossier des taxis, on lit beaucoup de...
Non, mais sur les taxis, on lit pas mal de témoignages de taxis qui disent, voilà, mon chiffre d'affaires, il dépend très largement, parfois jusqu'à 90% de la sécurité sociale. Est-ce que c'est une situation normale ?
Mais attendez, ce n'est pas la sécurité sociale qui paye les taxis. C'est les taxis qui déplacent une population qui en a besoin. Et ce déplacement, il est pris en charge par la sécurité sociale. Ce n'est pas un cadeau que la sécurité sociale fait aux taxis.
Ce n'est pas un cadeau, mais vous voyez bien que dans les faits, par exemple, il y a des bons de transport qui sont rédigés a posteriori de la course.
Non, mais attendez, ne posez pas 10 questions qui sont différentes à la fois. Là, on me pose la question sur le besoin. Moi, je vous dis que si des taxis prennent en charge aujourd'hui le transport médical ou le transport sanitaire, c'est que ça correspond à un besoin. Bon, et je pense que si vous avez, par exemple, de la famille, parce que c'est souvent dans des territoires plus ruraux, par exemple, que les taxis ont une partie significative de leur chiffre d'affaires qui est consacré à ce transport médical, vous êtes bien content d'avoir un taxi qui vient chercher les gens de votre famille pour pouvoir les amener à l'hôpital.
Donc, il ne faut pas non plus faire croire que la sécurité sociale donnerait de l'argent aux taxis qui ne correspondraient pas à des prestations réelles. S'il y a du transport médical, c'est parce qu'il y a besoin de transport médical. Donc, si après, on peut améliorer la situation, les taxis eux-mêmes disent qu'ils sont prêts à le faire. Mais pour ça, il faut quand même qu'on puisse les entendre. Et je trouve que ce serait quand même de bonnes négociations de ne pas fixer un objectif avant le début et puis de retirer la convention telle qu'elle est pour l'instant pour pouvoir remettre le dossier sur la table et pour pouvoir en discuter avec les taxis.
Ensuite, vous m'avez posé une autre question qui est la question plus large des économies à faire sur le budget, sur le budget de la sécurité sociale. Bon, le gouvernement a l'intention de faire, si j'ai bien compris, 15 milliards d'euros d'économies cette année sur le budget de la sécurité sociale.
Il y a un rapport de la Cour des comptes qui a été publié il y a quelques semaines qui dit qu'aujourd'hui, en raison des exonérations de cotisations sociales qui n'ont pas été financées par l'État, en raison de mesures, par exemple, de primes qui se sont substituées à des augmentations de salaire, le manque à gagner pour la sécurité sociale par an, c'est un rapport de la Cour des comptes, il est de 19 milliards. Donc, le déficit de la sécurité sociale, il a été créé artificiellement par des décisions politiques qui ont été prises pendant des années et des années où on a réduit le financement de la sécurité sociale et on nous dit maintenant, on nous dit il y a un déficit.
Si vous voulez lutter contre le déficit, ils ont permis d'autres choses, par exemple des augmentations de salaire.
Non, ça n'a justement pas permis des augmentations de salaire.
Peut-être dans des entreprises, permis des augmentations de salaire.
Non, ça a été un effet d'aubaine pour notamment des grandes entreprises qui, au lieu d'avoir recours à des augmentations de salaire précisément, qui permettent de financer, de part des cotisations sociales, de financer la sécurité sociale. On a eu recours à la place, à des mesures de primes, par exemple, notamment la prime Macron. Et bien, à la fin, ça se traduit par un manque à gagner sur la sécurité sociale. Et à l'époque, on a dit, ce n'est pas par la prime qu'il faut passer, c'est par l'augmentation de salaire. Parce que sinon, on va nous dire, il va y avoir un trou dans le budget de la sécurité sociale. Donc, il suffit de prélever plus d'argent.
Évidemment, il suffit de prélever, il suffit de rétablir le financement historique de la sécurité sociale en France. En France, la sécurité sociale, c'est depuis l'après-guerre, c'est comme ça, c'est financé par des cotisations sociales. Donc, si vous réduisez les cotisations sociales et que vous ne les compensez pas, après, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait un déficit de la sécurité sociale. Donc, oui, il faut augmenter les financements de la sécurité sociale. Et d'ailleurs, dans le budget de la sécurité sociale, quand il a été examiné, je pense, quand on a eu la chance d'avoir un débat parlementaire sur le sujet, c'était au moment du gouvernement de Michel Barnier.
Je vous rappelle que nous avions fait voter des amendements à l'Assemblée nationale. Nous avions généré 20 milliards d'euros de recettes supplémentaires pour le budget de la sécurité sociale. Monsieur Barnier a effacé ça d'un revers de la main et a passé en force son budget de la sécurité sociale par 49,3. Il a renoncé à toutes ces nouvelles recettes que nous avions mises en place. Et maintenant, il nous dit qu'il y a un trou. Et le trou, comme par hasard, ça va être aux Françaises et aux Français de le payer. Ben non, moi, je ne suis pas d'accord avec cette logique. Je pense qu'il faut augmenter les financements de la sécurité sociale parce que c'est bien d'avoir de la sécurité sociale.
Parce que si vous préférez des pays dans lesquels il n'y a pas de sécurité sociale et il faut avoir recours à des assurances privées pour la santé ou à de la retraite par capitalisation, ben allez-y. Mais je ne crois pas que ce soit le modèle français. Moi, je suis attaché au modèle français de la sécurité sociale.
Alors, il faut parler aussi des agriculteurs. A l'instant, dernière minute, la FNSEA annonce suspendre sa mobilisation. C'est ce que déclare le président du principal syndicat agricole. La loi Duplon, qui vise à lever les restrictions pour les agriculteurs, va être examinée directement en commission mixte paritaire après l'adoption d'une motion de rejet hier, à la demande même du rapporteur qui défendait ce texte. C'est technique, mais voilà, il n'y a pas de débat à l'Assemblée. Seul sénateur, sept députés vont se mettre d'accord sur le texte pour contourner 3500 amendements déposés notamment par vous et par les écologistes.
Est-ce que le piège s'est refermé contre vous, comme on a pu l'entendre ce matin ?
D'abord, vous dites ces techniques, vous avez raison, ces techniques, pour que les gens comprennent bien, la Macronie et la droite, aidée par l'extrême droite, a inventé le 49-3 des députés. C'est-à-dire, vous avez un texte de loi, et avant qu'on puisse débattre de ce texte de loi à l'Assemblée nationale, vous avez des députés qui ont décidé de se priver du débat sur le sujet, et de renvoyer ça directement en commission mixte paritaire, où dans l'opacité la plus totale, quelques députés, quelques sénateurs vont se mettre d'accord sur une proposition de loi et venir nous voir à l'Assemblée nationale sans débat pour nous dire, maintenant, c'est à prendre ou à laisser.
Ce n'est pas une proposition de loi, je sais que ça, c'est le titre, visant à lever les entraves pour les agriculteurs. C'est une proposition de loi qui propose, par exemple, de réintroduire des pesticides, notamment ce qu'on appelle des néonicotinoïdes, La question portait sur la technique parlementaire, elle est importante, parce qu'on a l'impression... Non mais la question, elle est sur la manière dont on débat dans ce pays. Jérôme, j'appuie, s'il vous plaît, je vous promets que je vais répondre à vos questions politiciennes. Ce n'est pas politicien, c'est la question de la manière dont on débat de ces sujets.
Parce que je pense que les gens qui nous écoutent, ils sont quand même intéressés de savoir que le gouvernement, les macronistes, la droite et l'extrême droite, s'apprêtent à réintroduire en France des pesticides, et notamment un pesticide, un néonicotinoïde, dont, par exemple, le directeur de l'ANSES dit que les néonicotinoïdes sont le chlordécone de l'Hexagone, qui est un pesticide tueur d'abeilles, qui détruit la biodiversité, et qui est dangereux pour la santé.
Pardon, sur ce néonicotinoïde-là particulier, il est moins dangereux que les autres, ça c'est la différence.
Madame, ce n'est pas vrai, il est dangereux.
Si, si, si, là où je vous donne raison, c'est que les études sont insuffisantes pour montrer la toxicité de ce néonicotinoïde. Non, ce n'est pas vrai.
Il y a des études qui montrent la toxicité de ce néonicotinoïde.
Oui, des chercheurs indépendants. Tout le monde sait que ça détruit les colonies d'abeilles
qui sont aujourd'hui des pollinisateurs de trois quarts des cultures à l'échelle mondiale.
Oui, qui s'attaquent à leur système nerveux.
Bon, ne vous dites pas qu'il n'est pas dangereux. Sinon, j'allais vous dire, buvez un verre de néonicotinoïde et vous serez content, ou mangez une petite pastille, mais je ne crois pas que vous en ayez envie.
Comme dans tous les produits toxiques, il y a la question de la quantité, et vous le savez très bien, Manuel Bompard. Sur ce sujet-là, en particulier, Arnaud Rousseau, le patron de la FNASOA, il était à votre place hier. Il répond à cette question-là.
Notre bataille, c'est celle de la souveraineté, de la capacité à produire dans notre pays à un moment où on perd cette capacité. Et je le redis, nous n'opposons pas, nous, agriculteurs, l'écologie et la production. On essaie d'être responsables. En revanche, donnons le temps à la recherche et l'innovation de nous donner des solutions. Nous sommes dans un certain nombre de cas dans l'impasse. Il faut qu'on puisse, pour un temps donné, avoir ces dérogations pour continuer à progresser.
Il insiste dans le texte, la réautorisation de l'insecticide serait encadrée. Donc, en fait, il dit, donnez-nous le temps. Nous-mêmes, on ne veut pas jouer contre l'écologie.
Madame, il y a une étude de l'INRAE qui a été publiée il y a quelques mois qui dit qu'il y a aujourd'hui 95% de cas dans lesquels ce néonicotinoïde est utilisé, dans lesquels il existe une alternative chimique, et 78% des cas dans lesquels il existe une alternative non chimique. Donc, ce n'est pas vrai de dire qu'il n'existe pas d'alternative à l'utilisation de ce néonicotinoïde qui est extrêmement dangereux. Premièrement. Deuxièmement, M. Rousseau, et c'est un argument que je peux entendre, parle d'un enjeu de souveraineté et dit qu'on a un problème qui est un problème de concurrence déloyale puisque ce néonicotinoïde est autorisé dans d'autres pays en Europe.
Mais alors, la solution, ce n'est pas de l'autoriser en France. Pour l'instant, il est autorisé jusqu'à 2033. Donc, la solution, d'abord, un, c'est de se battre à l'échelle européenne pour que ce soit interdit partout en Europe parce que si c'est dangereux, ça doit être interdit partout en Europe. Et deuxièmement, tant que cette interdiction, on ne l'obtient pas au niveau européen, c'est d'appliquer en France ce qu'on appelle la clause de sauvegarde, c'est-à-dire qu'on refuse d'importer des produits qui sont fabriqués, qui sont produits en utilisant ce pesticide. Et alors, on ne met pas nos agriculteurs dans une forme de concurrence déloyale.
Parce qu'il y a les mots et puis il y a la réalité.
Ça, c'est très réel ce que je suis en train de vous dire.
Les agriculteurs, depuis 2018, ne peuvent pas utiliser cet insecticide-là. Et en revanche, on importe des noisettes de Turquie.
Eh bien, précisément, madame, c'est la raison pour laquelle je viens de vous dire, et c'est d'ailleurs une proposition que nous avons faite dans le débat parlementaire en commission, parce qu'il y a eu un débat en commission, et que nous aurions fait dans le débat en séance, si nous avions eu la chance de pouvoir avoir un débat en séance. Eh bien, il y a eu une proposition simple, ça s'appelle une clause de sauvegarde, c'est-à-dire qu'on refuse d'importer des produits qui utilisent ce pesticide. Et au moins, nos producteurs ne sont pas soumis à une concurrence déloyale. Mais au moins, on protège aussi la santé des Françaises et des Français. Et au moins, on protège notre biodiversité.
Parce que M. Rousseau, lui, il le sait, que si vous n'avez pas de pollinisateurs, eh bien, après, c'est toutes vos cultures qui sont en difficulté. Donc, si vous continuez à détruire des abeilles, eh bien, votre agriculture, votre modèle agricole, eh bien, il est dans une impasse. Donc, il faut voir un petit peu à long terme. Donc, je crois que cette solution, c'est une solution très mauvaise, que le passage en force du gouvernement pour nous imposer la réintroduction de ce pesticide est extrêmement dangereuse. Et en ce qui nous concerne, on ne l'accepte pas. Et donc, on appelle à la mobilisation.
Et puisque le gouvernement a choisi de passer en force, dans les prochaines heures, nous déposerons une motion de censure contre le gouvernement pour empêcher l'introduction de ce pesticide. Une motion de censure au sujet de cette loi ? C'est ce que nous avons dit hier, avant la motion de rejet. Nous avons dit, si le gouvernement s'entête sur ce sujet, nous répondrons, nous réagirons. Parce que moi, j'assume, dans le débat parlementaire, de dire que oui, 2000 ou 3000 amendements pour débattre d'un sujet aussi grave, eh bien, je pense que c'est nécessaire de le faire.
Vous connaissez le travail parlementaire et vous savez que 5 jours pour débattre de 3500 amendements, ça ne se fait pas.
Mais madame, pourquoi 5 jours ? Enfin, écoutez, on va peut-être en parler...
Parce que vous avez beaucoup de travail à l'Assemblée,
vous le savez, vous avez d'autres textes.
Madame, on va peut-être en parler. On vient de débattre d'un texte de loi sur la fin de vie. Il y avait combien d'amendements ?
Il y en avait à peu près 3000, effectivement.
Bon, et on a bien été capable. Mais un temps plus long. Eh bien, donc, peut-être qu'on aurait pu décider d'ouvrir un temps plus long, à moins qu'on considère qu'un sujet aussi grave que la réintroduction d'un pesticide ne nécessite d'être une formalité qui se règle en deux jours à l'Assemblée nationale. Je ne suis pas d'accord avec ça, pardonnez-moi. Toujours avec Manuel Bompard,
le coordinateur national de la France Insoumise, avant de parler de cette loi fin de vie sur laquelle vous vous prononcerez cet après-midi à l'Assemblée. Cette dernière minute, le Premier ministre François Bayrou vient de dire chez nos confrères de BFM TV à propos de la TVA sociale, sujet abordé la semaine dernière par le Président de la République à la télé. Le Premier ministre souhaite que les partenaires sociaux s'emparent de cette question de la TVA sociale, une hausse de la TVA pour financer la sécurité sociale ?
Totalement inacceptable et nous serons radicalement contre. Et je veux vous rappeler que pendant la campagne présidentielle de 2022, pour y retrouver les archives, avec Jean-Luc Mélenchon, nous avions alerté et nous avions dit vous allez voir, Emmanuel Macron ne parle pas de la TVA sociale mais c'est ce qu'il mettra sur la table pendant son quinquennat. Qu'est-ce qui vous faisait dire ça à l'époque ? Parce que nous savions déjà la tentation de ce gouvernement à essayer de faire reposer les efforts sur le grand nombre. Parce que ce qu'il faut comprendre, c'est que la TVA, c'est l'impôt le plus injuste que vous avez aujourd'hui.
A peu près, pour les 10% des plus riches, 5% de leurs dépenses qui vont dans la TVA alors que pour les 10% les plus pauvres, c'est 12% de leurs dépenses. Donc si vous transférez une partie du financement de la protection sociale sur la TVA, vous mettez à contribution davantage les plus pauvres parce que la consommation est une partie plus importante de leurs dépenses, donc la TVA est une partie plus importante de leurs dépenses que les 10% les plus riches. Mais c'est totalement inacceptable, c'est totalement scandaleux. Et évidemment que si le Premier ministre s'entête sur cette voie-là, il faut s'attendre de notre part.
Et je crois pouvoir dire de la part d'une grande partie des partenaires sociaux parce que je me suis un peu intéressé à leur position, je crois qu'il faudra s'attendre à une opposition, que ce soit une opposition ferme et radicale. Et moi, j'appellerais dans ce cas-là évidemment à la mobilisation la plus large possible contre une mesure aussi injuste et aussi ridicule.
Manuel Bompard, c'est cet après-midi que l'Assemblée nationale doit se prononcer sur l'aide à mourir. Qu'allez-vous voter ?
Moi, je vais voter en faveur de cette proposition de loi. C'est d'ailleurs un engagement que nous avions pris au moment des élections présidentielles, j'en parlais avec Jean-Luc Mélenchon, et au moment des élections législatives. Donc je considère, y compris, que j'ai un mandat en quelque sorte des électrices et des électeurs. Je sais que c'est un sujet complexe qui parfois renvoie à l'intime, à des affaires personnelles devait être douloureuses.
Et il y a la liberté de vote aussi à l'Assemblée pour la France Insoumise ? Évidemment,
parce que sur un sujet aussi important, c'est normal que tout le monde se positionne aussi un peu au regard aussi de sa vision personnelle sur le sujet. Mais ce qu'il faut bien comprendre, et c'est le point sur lequel je veux insister pour les gens qui nous écoutent, c'est qu'en aucun cas ça revient à imposer une obligation. C'est un nouveau droit, c'est une liberté. Et donc, aucune personne qui ne voudrait pas y avoir recours se verrait contraint demain d'avoir recours à la fin de vie. Donc c'est important de préciser ce point-là.
C'est là, Manuel Bompard, où ça devient un peu plus compliqué. Selon la perception des gens, au-delà de la mobilisation des cultes qu'on a vu contre le texte, plusieurs centaines de malades et de personnes handicapées se sont rassemblées ce week-end près de l'Assemblée nationale. Cette loi me fait l'effet d'un pistolet chargé déposé sur ma table de nuit afin que je mette fin à mes jours, le jour où je me dirai que je suis un poids trop important pour mes proches ou que la société me dira que je coûte trop cher. Ces mots sont ceux d'Edwige Moutou, 44 ans, atteint de la maladie de Parkinson. Comment vous la rassurez, Edwige ?
D'abord, je respecte évidemment son point de vue. Je dois dire aussi qu'il y a aussi d'autres malades qui ont pris position pour dire au contraire ou des familles qui disent parfois on est obligé d'aller dans d'autres pays parce que les personnes membres de notre famille ont envie d'avoir recours à ce droit et ne peuvent pas le faire en France. Il y a des positions qui peuvent être des positions différentes sur le sujet. Pour la rassurer, je vais dire une chose très simple.
Dans ce texte de loi, il y a cinq critères qui ont été définis de manière très précise qui encadrent les situations dans lesquelles on peut avoir recours à ce droit et évidemment, personne ne sera contraint, obligé, d'avoir recours à ce droit s'il ne le souhaite pas. Et d'ailleurs, parmi ces cinq critères, il y a un critère sur le discernement pour être sûr que quand une personne prend la décision d'avoir recours à ce droit, elle le fait en pleine connaissance de cause et en ayant tous ses moyens pour le faire. Donc, aucune personne ne se verra contraint d'avoir recours au droit à la fin de vie si elle ne le souhaite pas.
C'est une liberté qu'on ouvre, c'est un nouveau droit qu'on rend possible pour les gens qui le souhaitent et si des gens y sont opposés, je peux tout à fait le respecter
mais on ne peut pas s'y opposer pour les autres. Ce qu'on entend derrière ce témoignage que soulevait Salia, c'est la crainte d'une pression sociale à moyen long terme sur ces personnes vulnérables.
Je ne peux que dire ce que je viens de vous dire là. C'est-à-dire que je pense qu'il y a dans ce texte de loi un certain nombre de garde-fous qui permettent d'éviter qu'il puisse y avoir ce type de pression sociale et évidemment ce texte de loi ne règle pas toutes les questions. On a aussi adopté précédemment un texte de loi sur ce qu'on appelle les soins palliatifs dans lequel on a notamment reconnu un droit opposable aux soins palliatifs parce qu'on a quand même une difficulté aujourd'hui et là c'est un peu l'hypocrisie.
Je ne parle pas des malades mais d'un certain nombre d'opposants que j'ai entendus à l'Assemblée nationale sur ce sujet c'est que les mêmes qui disent non il faut faire les soins palliatifs et pas à la fin de vie budget après budget notamment de la sécurité sociale on en parlait tout à l'heure à chaque fois que nous proposons d'augmenter les dépenses notamment pour renforcer notre offre de santé et notamment l'offre de soins palliatifs et bien ils passent des budgets qui sont des budgets qui compriment les budgets de la santé. Là c'est dans la loi
ça a été voté donc
Oui mais d'accord mais je veux dire à un moment il faut être un peu cohérent si vous voulez augmenter la possibilité d'avoir recours aux soins palliatifs c'est ce que je souhaite alors il faut mettre les budgets nécessaires pour le faire
Autre sujet d'actualité Manuel Bompard Marine Tondelier Fabien Roussel Olivier Faure ceux qui étaient vos partenaires dans le NFP le nouveau front populaire se sont réunis hier pour dénoncer le génocide commis actuellement à Gaza par Israël ils utilisent désormais ce terme de génocide qu'est-ce que vous dites ? Je dis mieux vaut
tard que jamais sur ce sujet ça fait depuis maintenant des mois et des mois que la France Insoumise alerte sur le génocide en cours à Gaza que ça nous a valu des accusations ignobles des calomnies des menaces des intimidations et que malheureusement et je peux vous dire que c'est pas un bonheur pour moi malheureusement les faits aujourd'hui nous donnent raison et les actions qui sont commises aujourd'hui par l'armée israélienne à Gaza il y avait encore un rapport de l'OMS la semaine dernière disent que c'est 2,1 millions de personnes qui sont menacées de mort dans les prochains mois si la situation reste en l'état je dis aussi que ce ne sont pas les mots qui permettent d'arrêter un génocide ce sont les actes et que maintenant il est temps puisque je vois que les lignes bougent je vois que de plus en plus de gens dénoncent ce qui se passe à Gaza maintenant il est temps de passer aux actes et la semaine dernière par exemple le gouvernement suédois a prononcé qu'il y ait des sanctions économiques contre le gouvernement de Netanyahu on a fait 17 trains de sanctions contre le gouvernement de Vladimir Poutine face à l'agression en Ukraine on n'en a pas été capable d'en faire un seul contre le gouvernement de Netanyahu la France doit appuyer la demande de sanctions contre le gouvernement de Netanyahu la France doit décréter un embargo sur les livraisons d'armes la France doit reconnaître immédiatement l'état de Palestine sans mettre des conditions qui sont des conditions impossibles la France doit se prononcer pour la suspension de l'accord de coopération économique entre l'Union Européenne et Israël si on ne fait rien non non pour l'instant on a une révision ça va dans ce sens les lignes bougent mais maintenant il faut passer aux actes parce qu'en attendant chaque jour c'est un jour où il y a encore des milliers de personnes qui meurent qui sont dans des situations de famine des bébés la semaine dernière on a parlé de 15 000 bébés qui étaient menacés de famine ça je pense qu'on ne peut pas l'accepter donc il est temps d'agir il est temps de se bouger et maintenant s'il y a d'autres responsables politiques qui avant étaient trop timides sur ce sujet qui prennent des positions de dénonciation c'est positif mais maintenant il faut que tout le monde tire dans la même direction et arrête aussi les calomnies contre la France insoumise qui heureusement a alerté depuis longtemps sur ce sujet
sur toute autre chose on change vraiment d'actualité c'était une chamaillerie on fait dire à une vidéo beaucoup de bêtises pour la première fois le président de la république a dû démentir sérieusement une rumeur de scène de ménage après la diffusion d'une vidéo avec son épouse devenue virale vidéo qui a été surinterprétée dans tous les sens sur les réseaux sociaux qu'est-ce que ça dit de la pression qu'ont les réseaux sociaux sur vous politiques ?
d'abord moi je n'ai pas réagi à cette vidéo et je trouve que l'écho qui a été donné à cette vidéo est assez pathétique je le dis sincèrement je pense que ce qui est de l'ordre de la vie privée du président de la république regarde le président de la république et j'aimerais bien que cette règle s'applique d'ailleurs pour l'ensemble des responsables politiques après il faut quand même dire sur ce sujet qu'on ne peut pas dire que l'Elysée ait eu la réaction parfaite pour éviter ensuite des interprétations comme on a pu le voir sur les réseaux sociaux ils ont commencé par dire que c'était une fausse vidéo voire mise en cause la Russie pour une tentative de déstabilisation pour après dire non non en fait c'était qu'une chamaillerie ce que ça dit c'est que moi je souhaite et je pense qu'on en a fait la démonstration ce matin que les débats politiques ils se mènent sur le fond que les différents projets politiques puissent être sur la table qu'ensuite c'est ça la démocratie les citoyennes et les citoyens ils puissent trancher et qu'on n'aille pas faire intervenir dans le débat politique des aspects qui relèvent de la vie privée du président de la république j'ai suffisamment de reproches à faire au président de la république dans sa politique j'ai suffisamment de combats à mener contre lui d'opposition à faire à sa politique pour pas avoir besoin d'invoquer cette vidéo
le congrès du parti socialiste entre dans une phase décisive avec le vote aujourd'hui des adhérents il y a un clivage encore qui porte un peu sur vous la France insoumise est-ce qu'il faut oui ou non continuer de travailler avec vous c'est la question que se posent les socialistes comment est-ce que vous vivez cette situation
j'arrive pas à comprendre si ce clivage existe vraiment parce que quand j'entends aujourd'hui Olivier Faure Nicolas Maillard Rossignal ou Boris Vallaud qui sont les trois candidats j'ai l'impression qu'ils disent désormais tous la même chose les pensants ont pu c'est ce qu'ils disent ils disent que la France insoumise il n'est pas question de travailler avec eux alors qu'ils sont je crois bien contents après l'élection présidentielle de 2022 et encore l'année dernière au moment de la constitution du nouveau front populaire d'avoir les militants insoumis pour faire leur campagne alors justement
ça pose la question quand même de 2027 ce qui va se passer au PS aujourd'hui va déterminer aussi ce qui va se passer en 2027 comme Raphaël Glucksmann vous ne voulez pas de primaire pour 2027 primaire à gauche c'est pourtant la proposition de François Ruffin donc vous partez dispersé au premier tour vous croyez vraiment avoir une chance d'atteindre le second comme ça ?
Madame d'abord moi je souhaite et je l'ai dit et d'ailleurs c'est la position officielle de la France insoumise qui a été compris voter par l'ensemble des insoumises et des insoumis c'est de dire que nous considérons nous la France insoumise au regard des 22% des voix que nous avons réalisé à la dernière élection présidentielle du fait que nous sommes le groupe politique de gauche le plus nombreux à l'Assemblée Nationale que nous avons la responsabilité de proposer une candidature à l'élection présidentielle mais ensuite nous proposons de créer les conditions pour que cette candidature puisse être une candidature commune à d'autres et d'ailleurs ça ne devrait pas être très compliqué puisqu'on a été capable de se mettre attendez ça pourrait être une candidature au-delà de la candidature de la France insoumise et d'ailleurs regardez on a été capable aux dernières élections législatives de se mettre d'accord sur un programme le programme du nouveau Front populaire et avance là sur le programme de la NUPES pourquoi aujourd'hui nous on continue à porter ce programme donc après si certains ne veulent plus porter ce programme ils prennent le risque de la division c'est leur problème mais nous en tout cas on continue à porter les mêmes orientations programmatiques et on le fera au moment de l'élection présidentielle merci Manuel Bompard
le coordinateur national de la France insoumise était l'invité de France Info dans un instant les informer Renaud Delis Saliabra Cliam Saliabra Cliam
Manuel Bompard