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Autrefranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 7 août 2026 18 minMixte

Dérèglement climatique, agriculture, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Benoît Biteau

Audio original de l'émission.

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  • Benoît Biteau78 %
  • Présentateur12 %
  • Locuteur 36 %
  • Locuteur 22 %

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0:00
Présentateur

Et je reçois avec Pierrick Bonneau du service politique de France Info, Benoît Biteau, bonjour. Bonjour à vous. Vous êtes député écologiste de Charente-Maritime. Avec vous, on va parler présidentiel, incendie, agriculture. Vous êtes agriculteur vous-même et canicule. Un cinquième épisode de Forte Chaleur menace la France la semaine prochaine, juillet 2026. Moi, le plus chaud jamais enregistré. Question un petit peu directe, est-ce qu'il faut climatiser d'urgence le pays ?

0:28
Benoît Biteau

Il faut le climatiser, mais ce n'est pas forcément les climatisations dans les bureaux dont on a besoin. C'est de s'attaquer frontalement au dérèglement climatique, ce qu'on ne fait pas. M. Macron nous a dit il y a quelques années qui aurait pu prévoir. Mais beaucoup de scientifiques prévoient depuis très longtemps, notamment ceux du GIEC. Et là, même eux disent que l'emballement est plus sévère que ce qu'ils avaient prédit. Donc là, il y a urgence à construire des politiques publiques qui convergent toutes vers le même objectif qui est l'atténuation du dérèglement climatique, ce qui n'est absolument pas ce que j'observe depuis que je suis député dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

Mais j'observais ça déjà quand j'étais député européen à Bruxelles.

1:08
Locuteur 3

Mais sur la climatisation, on a l'impression que la position des écolos a un peu évolué ces derniers temps.

1:13
Benoît Biteau

Alors la mienne est toujours la même, depuis toujours. C'est la même position que quand on parle des logements qui sont des passoires thermiques. C'est-à-dire que que ce soit pour créer des conditions d'habitabilité en hiver comme en été, il faut commencer par le début. C'est-à-dire d'abord isoler. D'abord faire en sorte que les endroits où on habite ne soient pas des endroits qui subissent les chocs thermiques. Donc commençons par isoler ce que le gouvernement a visiblement mis de côté. Et à partir de là, la climatisation sera efficace. Il y a MaPrimeRénov' quand même qui est... MaPrimeRénov', vous avez vu un peu tous les attermoiements qu'il y a autour de ce dispositif.

Et puis il n'est pas suffisamment doté. Il n'y a pas suffisamment de dynamique. Il n'y a pas suffisamment de volonté pour avancer sur tous les logements. Et puis on a vu passer, sous couvert de loi de simplification, des volontés d'affaiblir cette dynamique d'isolation des logements mais c'est ça le B.A.B. Parce qu'il y avait des fraudes. Oui, il y avait des fraudes. Contrôlons les fraudes mais on est plus sensibles au contrôle des fraudes sociales que des fraudes fiscales par exemple. Donc quand on veut contrôler des fraudes, on sait faire. Donc avançons sur l'isolation des logements et que ce soit pour...

2:29
Présentateur

Vous chiffrez, pardonnez-moi, vous avez chiffré justement cette question pour l'isolation des logements.

2:33
Benoît Biteau

Je ne connais pas les chiffres mais ce qui est sûr, c'est que ça coûte beaucoup moins cher de s'engager dans des politiques d'anticipation, de prévention que de réparer une fois que les dégâts sont en face de nous. Ça c'est quand même une constante, quels que soient les sujets. Ça coûte toujours moins cher de faire de l'anticipation et de la prévention que de faire du curatif une fois qu'on est face au mur.

2:55
Présentateur

Le bilan d'Emmanuel Macron en termes d'écologie, de réchauffement climatique, vous êtes très sévère ou très très sévère ?

3:02
Benoît Biteau

Très très sévère. Il nous avait dit cette mandature sera écologique ou ne sera pas. Eh bien elle n'est pas. Elle n'est pas parce qu'elle est tout sauf écologique.

3:15
Présentateur

Alors à votre place lundi, le député européen Alexandre Nicolique, le député européen du Rassemblement National, Alexandre Nicolique, attaquez vos propositions. Le programme des écologistes en matière de lutte contre le réchauffement climatique, je vous propose de l'écouter.

3:30
Locuteur 2

Cet été a démontré que nous avions raison depuis longtemps. Quand nous disions qu'il faut produire une électricité par le nucléaire, on a vu des écologistes qui ont voulu sortir du nucléaire. Leur politique, elle est appliquée en Allemagne. Selon Ember, l'Allemagne émet huit fois plus de gaz à effet de serre que nous par la production d'électricité. Et la politique qui est mise en avant par les Verts ne fonctionne pas. Votre réaction, le RN qui se présente comme un parti qui défend l'écologie ?

3:54
Benoît Biteau

On s'en serait rendu compte depuis longtemps. Ils défendent l'exact inverse de l'écologie. Moi, sur le sujet qui me passionne, qui est l'agriculture, que ce soit d'ailleurs à Bruxelles ou ici dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale, ils font tout l'inverse de ce qu'on devrait faire si on veut d'une part avancer sur les thématiques écologiques, mais si on veut aussi sauver l'agriculture. Ce qui menace aujourd'hui la souveraineté alimentaire dont tout le monde parle, c'est le dérèglement climatique et l'effondrement de la biodiversité.

Et ils continuent à soutenir des politiques publiques qui accompagnent, qui perfusent, j'allais dire, une agriculture qui ne fait qu'accélérer cet effondrement de la biodiversité, qui ne fait qu'accélérer ce dérèglement climatique.

4:33
Locuteur 3

Vous pensez à quoi exactement, mon habituel ?

4:34
Benoît Biteau

Mais je pense aux élevages qui vont échapper aux installations classées pour l'environnement. Je pense aux méga-bassines, par exemple, plutôt que de restaurer le grand cycle de l'eau par des réaménagements du territoire qui va permettre de ralentir l'eau, la retenir, l'accueillir, la laisser s'infiltrer, pour que tous les agriculteurs, pas seulement les 6% qui ont des références volumétriques depuis des décennies, puissent avoir accès à l'eau. Et là, on voit bien qu'on a une difficulté, que des agriculteurs n'ont pas accès à l'eau, parce que cette eau qui est mobilisée par l'agriculture n'est réservée qu'à une frange de 6% d'agriculteurs qui ne représentent pas la souveraineté alimentaire.

Enfin, quel affront ! Quel cynisme que de dire que la souveraineté alimentaire repose sur les surfaces irriguées, qui ne représentent que 6% des activités agricoles. C'est même méprisant, pour ne pas dire insultant, pour les 94% d'agriculteurs qui n'ont pas accès à l'eau d'irrigation. Mais rien n'est fait pour que l'eau soit accessible à tous. Donc, voilà les propositions du Rassemblement National. Dévaster les zones humides, qui sont éminemment stratégiques, et pour séquestrer des gaz à effet de serre, et donc s'attaquer frontalement aux dérèglements climatiques, et héberger la biodiversité dont on a besoin pour produire.

Comment est-ce qu'on va produire des grains, des fruits, des légumes, quand on aura flingué toute la biodiversité qui visite les fleurs,

5:52
Locuteur 3

qui permettent de produire ces grains, ces fruits et ces légumes ? Puisque vous parlez d'agriculture, le mois de juillet a été également l'un des mois les plus secs jamais enregistrés par Météo France, un déficit de pluie de près de 70%. Vous êtes agriculteur vous-même, les agriculteurs souffrent en ce moment ?

6:05
Benoît Biteau

Évidemment, moi je suis très très inquiet pour cette profession. Parce que les récoltes, irriguées ou pas d'ailleurs, de toutes les productions, de toutes les espèces, qu'on a tendance à semer à partir du mois de mars, et qui seraient récoltées normalement à partir du mois de septembre, ont subi un été absolument dramatique. Et on parle de sécheresse, il y a une subtilité, d'ailleurs il y a plein de subtilités sémantiques, tout comme il y a des subtilités entre inondations et crues.

On parle de crues et d'inondations comme c'était le même concept, quand en hiver on a beaucoup d'eau, qu'on n'a pas su stocker d'ailleurs, qu'on n'a pas su accueillir, comme je le disais tout à l'heure, eh bien quand on a une crue, c'est une bonne nouvelle. C'est quand on ne sait plus accueillir les crues, quand on ne sait plus aménager le territoire, comme je le disais tout à l'heure, pour accueillir ces crues, qu'effectivement ces crues deviennent des inondations, et que ces crues débordent sur des zones aménagées, des zones industrielles, des zones habitables. Eh bien là c'est exactement la même chose. On parle de sécheresse et de canicule comme si c'était le même concept.

La sécheresse c'est... Qu'est-ce qu'il faut faire d'urgence ? Mais ce qu'il faut faire, c'est ce que je suis en train de vous expliquer, réaménager le territoire, pour que quand l'eau est abondante... Mais ça prend du temps. Mais ça peut aller très vite. Ça peut aller très vite, mais plus on continue de différer le moment où on engage les bonnes réponses, plus on continue d'engloutir des volumes d'argent public dans des fausses bonnes idées, dans des fausses réponses...

7:24
Présentateur

Pardonnez-moi, parce que vous dites, bon effectivement il y a de l'eau en hiver, mais dès qu'on parle de stockage d'eau, du côté des écologistes, ça tique un peu quand même.

7:31
Benoît Biteau

Mais parce que le stockage, qu'il soit dans les milieux naturels ou dans des mégabassines, exige en amont, au préalable, de restaurer le grand cycle de l'eau. On le voit, moi je suis élu sur la circonscription, où 4 mégabassines viennent d'être définitivement condamnées par la justice de ce pays et doivent être remis à l'état initial. Pourquoi est-ce que ça n'a pas fonctionné ? Tout simplement parce qu'on fait des mégabassines en substitution, c'est pour ça qu'on les appelle comme ça, du réaménagement du territoire. Mais tant que le grand cycle de l'eau ne sera pas restauré, ce dispositif ne fonctionnera pas. Et qu'est-ce qu'on fait ?

On engloutit l'argent public dans la réalisation des mégabassines plutôt que dans la restauration de ce grand cycle de l'eau. Les mégabassines, je le répète, ne servent qu'à 6% des agriculteurs qui sont des irrigants. Ce dont on a besoin maintenant, c'est de restaurer le grand cycle de l'eau, d'aménager le territoire pour que l'eau serve à 100% des agriculteurs. Et y compris, je finis là-dessus, y compris les 6% qui sont engagés, y compris économiquement dans les mégabassines, sont en difficulté, y compris en 2026, pour les remplir parce que le grand cycle de l'eau n'est pas restauré.

Et donc, les mêmes qui ont arraché les arbres, arraché les haies, redressé les cours d'eau, retourné les zones humides, les ont drainées, qui comme des shadocs ensuite viennent les arroser, sont ceux qui veulent des mégabassines. Mais ceux-là n'ont toujours pas compris qu'il fallait reméandrer les cours d'eau, replanter les arbres, recréer les zones humides. – Et vous dites quoi,

8:58
Locuteur 3

Benoît Biteau, vous dites quoi quand vous voyez les mesures que le gouvernement annonce ? – Mais ils n'ont rien compris.

9:02
Benoît Biteau

– Le gouvernement n'a rien compris parce qu'ils sont à l'écoute, à l'écoute exclusivement du syndicat FNSEA qui a pignon sur rue quand on parle de questions agricoles. Sauf que ce gouvernement n'a pas compris que ça nous a emmenés dans le mur, que tous les scientifiques disent que ce n'est pas la bonne réponse. Et ce gouvernement surtout n'a pas compris que quand on parle de l'agriculture, on parle de l'alimentation de tout le monde. On parle de l'eau qu'on boit tous les jours. On parle de la nourriture qu'on met dans notre assiette. On parle de l'air qu'on respire à chaque instant. On parle de notre santé.

Et donc quand on parle de tout ça, et c'est ce qu'a révélé d'ailleurs la pétition l'année dernière contre la loi Duplomb avec 2 millions de signataires, plus de 2 millions de signataires, c'est qu'on doit placer ce débat dans un débat de société qui convoque une approche globale. On ne peut plus avancer sur les questions agricoles à fortiori sur les politiques publiques agricoles en ne faisant confiance qu'au monde agricole et en ne retenant que les propositions du corporatisme agricole ont fait fausse route. Ça fait 60 ans qu'on fait fausse route.

10:03
Locuteur 3

La loi d'urgence agricole, c'est pareil. Ça n'a pas dans le bon sens, selon vous.

10:05
Benoît Biteau

Bien sûr, le problème de l'agriculture...

10:07
Locuteur 3

Qui prévoit notamment la réintroduction de deux pesticides.

10:09
Benoît Biteau

Oui, mais c'est ce que je disais tout à l'heure. Ce qui menace la souveraineté alimentaire, c'est l'effondrement de la biodiversité, c'est le dérèglement climatique. Dans cette loi d'urgence agricole, on efface les zones humides qui effacent la possibilité d'accueillir la biodiversité, de restaurer le grand cycle de l'eau. Et on réintroduit des pesticides qui sont des puissants destructeurs de la biodiversité. On n'a toujours pas compris qu'il fallait d'abord écouter la science plutôt que la FNSOA.

Et tant qu'on fera ça, la grande majorité des agriculteurs, la très grande majorité des agriculteurs, continuera d'être en difficulté parce que dans cette loi d'urgence, il n'y a aucune, absolument aucune, mesure du revenu pour les agriculteurs.

10:49
Locuteur 3

Le 8.30 France Info, Pierrick Bonneau, Renaud Blanc. Benoît Biteau, député écologiste de Charente-Maritime, notre invité ce matin dans le 8.30. Du mieux globalement sur le front des incendies ce matin, même si la situation reste très délicate. Que répondez-vous à cette critique en luttant contre le débroussaillement et les retenues d'eau ? Certaines associations écologistes auraient finalement favorisé les incendies.

11:13
Benoît Biteau

– Je ne vois pas pourquoi les écologistes sont associés à ça. À aucun moment, les écologistes ont dit qu'il ne fallait pas débroussailler. Trouvez-moi le…

11:23
Locuteur 3

– C'est la petite musique…

11:25
Benoît Biteau

– Oui, c'est la petite musique du RL. – Il y a une conférence de presse,

11:27
Présentateur

pardonnez-moi, il y a quelques jours de votre partie, justement, sur comment lutter sur les incendies. Je l'ai lu avec beaucoup d'intérêt. Je n'ai pas du tout vu un mot sur le débroussaillement.

11:36
Benoît Biteau

– On a entendu tout à l'heure un député européen du RL.

11:43
Locuteur 3

– Alexandre Nicolique.

11:43
Benoît Biteau

– Voilà, qui nous disait que nous, les écologistes, on était à côté de la plaque sur le dérèglement climatique. Qui a voté contre l'élévation des budgets pour soutenir les impôts ? Qui a voté contre les budgets qui permettraient justement de proposer… – Qu'est-ce que j'ai dit ? – Soutenir les impôts. – Les pompiers, pardon. Excusez-moi. Qui a voté contre…

12:02
Locuteur 3

– Ils n'ont pas voté justement parce que ça réintroduisait, ça a augmenté une taxe sur les assurances.

12:06
Benoît Biteau

– Oui, mais d'accord. Mais ça veut dire quand même qu'ils n'intègrent pas, qu'en blême, la réalité du dérèglement climatique. Bien sûr qu'il va falloir être solidaire et que tout le monde doit participer et mettre la main au pot. – Donc vous n'avez jamais été contre le débroussaillement ? – Mais bien sûr que non. Nous, ce qu'on demande, c'est de l'anticipation et de la prévention. Je reste là-dessus, c'est ça qui coûte le moins cher. Et je reviens sur les thématiques agricoles. Qu'est-ce qu'on prône, nous ? On prône, par exemple, l'entretien des espaces forestiers par de l'éco-pastoralisme. On l'a vu il y a trois ans quand il y a eu les feux en Bretagne, dans les monts d'arrêt, précisément.

– L'éco-pastoralisme, expliquez peut-être pour nos... – Oui, je l'expliquais. – C'était à couper au couteau entre les zones qui avaient été pâturées par des chèvres, des ânes ou des moutons et les zones qui ne l'étaient pas. Donc plutôt que de continuer de vouloir, comme le propose ce gouvernement dans la loi d'urgence agricole, enfermer des animaux dans des bâtiments d'élevage qui, sur fond de canicule, ont vu des niveaux de mortalité sans précédent. 1 200 % supplémentaires chez les volailles, 55 % en plus chez les porcs, 40 % de plus chez les bovins. C'est juste dramatique.

Eh bien, ce qu'on doit faire, c'est redéployer des activités d'élevage qui vont proposer une triple performance où, par l'éco-pastoralisme, on va limiter les feux de broussailles et donc les feux de forêt. On va permettre de faire des économies substantielles sur tout ce qu'on engage dans les solutions curatives et on va rémunérer. Et je pèse mes mots. Je suis à cheval sur la sémantique. Je vous en ai parlé déjà sur Crue Inondation. Je peux en parler sur sécheresse, canicule. Ce n'est pas la même chose. Eh bien, là, on pourrait vraiment soutenir les agriculteurs qui seraient des vrais acteurs de la lutte contre l'incendie. Mais cette fois en préventif.

Mais il faut les rémunérer pour faire ça.

13:51
Locuteur 3

Ça, c'est la proposition des écologistes. Absolument.

13:53
Présentateur

Benoît Bittou, on va parler de la présidentielle. C'est dans moins de 9 mois. Hier, sur France Info, Jean Jouzel, paléoclimatologue, avait un message pour les candidats. Écoutez.

14:02
Locuteur 1

Moi, j'aimerais que les candidats à la présidentielle s'emparent de ce problème climatique. Ce n'est pas un jeu prochain président de la République qu'ils prennent ce problème à bras-le-corps. Et pour le moment, eh bien, on ne voit pas beaucoup de candidats potentiels prendre ce problème de réchauffement climatique suffisamment au sérieux.

14:18
Présentateur

Alors justement, on ne voit pas beaucoup de candidats. On ne voit d'ailleurs pas de candidats écologistes. Qu'est-ce qui va se passer pour vous, pour votre parti dans les mois qui viennent ? Est-ce qu'il y aura une candidature écologiste à la présidentielle ?

14:28
Benoît Biteau

Pour le moment, il y a quelqu'un qui s'est prononcé, qui s'est... Marine Tondelier ? Marine Tondelier, qui est notre... Mais est-ce qu'il y aura jusqu'au bout ? C'est la question. C'est la question. La question aujourd'hui, moi, je plaide pour que les forces de gauche se rassemblent, se rassemblent autour d'une candidature unique de manière à ce qu'à un moment donné, on ait une vraie chance de faire obstacle. On n'en prend pas la direction, Benoît Biteau. Mais on n'en prend pas la direction, mais je peux continuer de plaider, moi, en tant que Benoît Biteau, pour encourager, y compris au sein de ma formation politique, à ce qu'on prenne cette direction-là.

Donc vous me demandez mon avis à moi, je vous donne mon avis à moi.

15:02
Présentateur

Vous avez déjà un candidat déclaré qui s'appelle Jean-Luc Mélenchon, vous avez donc Marine Tondelier qui dit qu'elle veut y aller, on sait que du côté des socialistes... Alors qu'est-ce qu'on fait concrètement ?

15:10
Benoît Biteau

Rappelez-vous que M. Macron a été un candidat qui est sorti du chapeau à la toute dernière minute, j'allais dire, maintenant, il faut qu'on continue d'essayer d'identifier un candidat qui a le potentiel de gagner le second tour. Moi, je suis un ancien sportif de très haut niveau. Et qualifier ou se qualifier pour la finale de la Ligue des Champions sans avoir l'espoir de la gagner, ça ne me convient pas.

15:35
Présentateur

Vous avez un nom aujourd'hui ? Il y a une personne

15:38
Benoît Biteau

qui vous semble... Mais je n'ai pas de nom parce que moi, je ne suis pas sur cette volonté de dire qu'on a une personne providentielle qui va se présenter. Il faut continuer d'étudier les propositions des uns et des autres et essayer de définir quel profil... Et moi, je parle de profil, je ne parle pas de nom.

Quel profil est en capacité de battre ou Marine Le Pen si elle est qualifiée au second tour et c'est ce qui se profile ou un Édouard Philippe, par exemple, qui est un Macron bis dont nous, les écologistes, nous ne voulons pas précisément parce que le dérèglement climatique n'est pas dans son logiciel, parce que cette thématique n'est pas la thématique transversale qui convoque l'approche globale.

16:17
Présentateur

L'écologie est une des grandes préoccupations des Français aujourd'hui. Comment vous expliquez que votre parti soit aussi bas dans les sondages ? Comment vous expliquez que l'écologie politique, ça ne fonctionne pas en France ?

16:28
Benoît Biteau

C'est l'héritage de mesures écologiques qui n'ont pas été imaginées par des écologistes. On parle du ZAN, on parle des ZFE qui sont des mesures prétendument écologistes qui n'ont jamais été imaginées par des écologistes et qui font qu'aujourd'hui, les écologistes sont stigmatisés stigmatisés par rapport à ces mesures écologistes qui ne sont pas les bonnes. Qui ne sont pas les bonnes. L'écologie par les écologistes, c'est ça qui fonctionne. L'écologie ou le Canada-radra est d'écologie imaginée par la Macronie, ça ne fonctionne pas. Et c'est ça qui a contribué à ternir, à salir l'image des écologistes sur l'échiquier politique. Mais ce que vous dites

17:04
Locuteur 3

ce matin, si on comprend bien, c'est que Marine Trudier ne sera pas forcément la candidate des écologistes.

17:07
Benoît Biteau

Elle sera peut-être candidate, je ne sais pas. Mais en tout cas, ce dont on avait besoin, ce dont on a besoin, c'est d'une candidature unique qui incarne, l'incarnation c'est important, qui incarne cette logique transversale, cette approche globale qui fait du dérèglement climatique la priorité absolue.

17:26
Présentateur

Merci beaucoup Benoît Mito. Merci d'avoir accepté notre invitation. Je rappelle que vous êtes député écologiste de Charente-Mariti. Merci également à Pierrick Bonneau, Service politique de France Info.

Dérèglement climatique, agriculture, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Benoît Biteau — Benoît Biteau · Pourquijevote