Production française de vaccin, vaccination obligatoire, retraites, plan de relance... Le "8h30 franceinfo" d'Agnès Pannier-Runacher
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Bonjour Agnès Pannier-Runacher. Bonjour Marc Fauvel. Le vaccin français de Sanofi devrait donc être disponible avant la fin de l'année, d'ici au mois de décembre, dit ce matin, son président en France. Vous avez des informations sur son efficacité ?
On a effectivement partagé avec Sanofi les résultats de phase 2 qui sont excellents, excellents en termes de protection, mais surtout ce qui est intéressant, puisque une grande partie des Français seront vaccinés au moment où le vaccin Sanofi arrivera sur le marché, c'est qu'ils travaillent d'ores et déjà sur des rappels, et que sur les rappels ils ont également d'excellents résultats, peut-être plus prometteurs, mais je mets un conditionnel, je suis ni scientifique, et les résultats sont encore en cours de traitement, et ils sont engagés une phase 3, que les rappels ARN messager.
Vous voulez dire quoi, Sanofi c'est la troisième prise ?
Tout à fait, ça pourrait être en France la troisième prise, le rappel pour la population qui aurait été vaccinée en ce moment, et qui aurait besoin éventuellement, si les scientifiques le prévoient, d'un rappel, et là ils pourraient avoir le choix entre différentes versions du vaccin.
Le fait qu'il ne soit pas ARN messager comme les deux principaux aujourd'hui, le fait qu'il soit français, ça peut être l'arme que vous attendiez pour convaincre les 10, 20, 30% de Français récalcitrants ?
Ce n'est pas impossible, parce qu'on a une adhésion au vaccin français qui est tout à fait importante, il y a un effet psychologique, je ne saurais pas l'expliquer, mais c'est une réalité en termes d'adhésion, donc si ce vaccin peut contribuer à faire vacciner les Français, c'est tant mieux, mais surtout, ça va être un vaccin qui va contribuer à faire vacciner la planète, puisqu'il a un mode logistique assez simple, il se conserve au réfrigérateur, il est moins cher qu'un vaccin ARN messager, donc autant d'atouts qui peuvent être très utiles dans la campagne vaccinale mondiale.
La France en achètera directement, ou on fera comme pour les autres vaccins, on met au pot commun en Europe et on reverse ensuite dans chaque pays.
Il y a un contrat qui est en cours de négociation au niveau de l'Union Européenne, et qui, aux dernières nouvelles, avance bien.
Ça veut dire quoi ? Ce n'est pas l'autonomie assurée pour nous, en France, en termes de vaccins ? Il va falloir passer par Bruxelles pour avoir du Sanofi ?
En l'occurrence, je crois que tout le monde a vu qu'en termes de livraison de vaccins, nous sommes assez largement capacitaires, je rappelle que 70 millions de doses de vaccins... Oui, vous avez tweeté 70 millions, oui. Plus de 70 millions de doses de vaccins ont été livrées en France, le rythme de livraison va continuer de manière soutenue, donc l'enjeu n'est plus d'avoir accès à des doses de vaccins, l'enjeu, c'est de convaincre les Français de se vacciner, et l'enjeu, c'est également de conserver une diversité de propositions vaccinales pour avoir le plus d'armes possible contre la Covid.
Convaincre, justement, ou contraindre certains des Français ? Où en est le projet de loi aujourd'hui sur la vaccination, obligatoire ou non, des soignants ?
À ce stade, nous allons, et Olivier Véran va évidemment mener cela, entamer des consultations, parce qu'une obligation vaccinale, ça ne s'improvise pas. On a un certain nombre de leaders d'opinion qui ont pris la parole sur ce sujet-là. Il y a encore une tribune de médecins parlant d'obligation vaccinale. C'est quelque chose qui existe, par exemple, pour l'hépatite B, pour les soignants, mais nous ne voulons pas forcer les choses, il faut être à l'écoute des soignants, il faut faire en sorte qu'il y ait une approche qui soit la plus consensuelle possible, que les gens soient convaincus, encore une fois, que la vaccination, c'est se protéger eux-mêmes et protéger les autres.
Agnès Panné, il y aura une loi, on peut parler au futur, nécessairement, ça passe par la loi ou pas ?
Encore une fois, s'il y a consultation, c'est que la chose n'est pas tranchée, et d'un point de vue juridique, pour imposer une obligation, il faut une loi.
Ça veut dire que s'il n'y a pas de consensus politique, et aujourd'hui, il n'y en a pas, sur cette question de la vaccination obligatoire, vous n'irez pas ?
Non, ce n'est pas ce que je dis. C'est ma question, il manque un point d'interrogation à la fin. Il y a une consultation politique, il y a une consultation aussi des parties prenantes. Ce sont des professions, les soignants, qui ont des représentants, et donc on va mener cette consultation et on tranchera, en fonction, je dirais, de notre sentiment de la meilleure décision à prendre pour protéger les Français. Je le redis, les vaccins ont été testés maintenant, ont été administrés à des centaines de millions de personnes. On a du recul. L'Agence sanitaire du médicament européenne est une des plus rigoureuses au monde.
Ce sont des produits qui sont sûrs, qui sont efficaces, et la meilleure arme contre le Covid dont nous disposons aujourd'hui, c'est le vaccin.
Mais vous avez entendu votre collègue Olivier Véran qui a dit nouvelle vague de contamination possible dès la fin du mois, c'est presque une fatalité. Donc vous avez le temps de convaincre encore. La fin du mois, c'est là.
Écoutez, je crois que l'enjeu, c'est surtout d'amener les Français à se vacciner. Et moi, je les appelle en responsabilité à le faire. Et pour aller au-delà, cette vague, elle n'aura pas a priori le même profil. On le voit, par exemple, au Royaume-Uni, où le nombre d'hospitalisations n'est pas du tout du même ordre que dans les premières vagues, parce qu'une partie de la population est vaccinée, et parce que les formes qui sont développées, après, encore une fois, je ne suis pas une scientifique, semblent d'utiliser un conditionnel, semblent moins fortes.
Mais il faut regarder les chiffres des pays qui, aujourd'hui, enregistrent une augmentation, et regarder quelle est la pression induite sur les hôpitaux.
Donc vous avez encore le temps de discuter, de dialoguer, d'essayer de convaincre.
Depuis le début, le gouvernement a agi, et le président de la République a agi en responsabilité. Ça veut dire très simplement que nous avons pris les décisions de la manière, je dirais, la plus courageuse possible. Et quand il a fallu prendre des décisions dures, nous les avons prises. Néanmoins, on a toujours utilisé le levier de la consultation. Il n'y a aucune raison de ne pas consulter les gens, de ne pas écouter les gens, et en même temps, il n'y a aucune raison de ne pas trancher lorsque cela est nécessaire. Aujourd'hui, nous sommes dans le temps de la consultation.
Il y a d'autres pistes qui sont évoquées ces derniers jours. Agnès Pannier-Runacher, hier dans le JDD, Geoffroy Roux de Bézieux pour le MEDEF, et Laurent Berger pour la CFDT demandaient qu'on envisage d'ouvrir la vaccination obligatoire à d'autres professions qui sont en contact avec du public. Quant au président du Modem, qui fait partie de votre majorité, François Bayrou, il a émis une autre idée, c'était hier sur le plateau d'LCI.
Moi, j'ai toujours pensé que ça finirait par la décision collective de rendre la vaccination obligatoire. La vaccination, c'est la seule digue contre ce qui nous pend au nez, ce qui menace d'arriver, qui est une quatrième vague, pourquoi pas une cinquième vague. Vous avez vu les mutations qui sont en cours et qui sont très frappantes en Grande-Bretagne.
On ira vers la vaccination obligatoire pour tous, comme le dit François Bayrou.
Je ne lis pas dans le Marc de Café, mais je sais que la Covid ne prend pas de vacances. Et donc, tant que nous n'avons pas une immunité collective, le virus circulera. Ça, ce sont les faits scientifiques. Et à partir de ces faits scientifiques, nous, nous continuons la vaccination à un rythme soutenu. Je veux dire que la vaccination se continue à un rythme soutenu parce qu'on a le sentiment.
De moins en moins soutenu quand vous regardez les premières doses, en tout cas.
Oui, mais parce que vous avez un rattrapage...
Donc, ça veut dire que dans quelques semaines...
Attendez, Marc Fauvel, laissez-moi aller jusqu'au bout. Je vous en prie, allez-y. Donc, vous avez un rattrapage des deuxièmes doses. On a vacciné de manière tellement soutenue à la fin du mois de mai et au mois de juin qu'on a énormément de deuxièmes doses à passer en ce moment. C'est aussi ça l'explication de la diminution des trumons vaccinés.
Mais aujourd'hui, vous avez rappelé, on a 70 millions de vaccins qui ont été achetés, 55 millions qui ont été administrés. 56, oui. 56, si je compte bien, rapidement, ça veut dire qu'il y en a 14 millions qui dorment dans les frigos.
Oui, mais parce que nous avons des livraisons...
Tant mieux, on a assez de vaccins. Tant pis, on n'a pas assez de bras pour les utiliser.
Alors, on a à peu près 2-3 semaines de stock, ce qui n'est pas gigantesque non plus. Et c'est aussi le rythme de la vaccination en fonction de la vie des gens. Vous voyez bien que le départ en vacances va probablement changer le rythme de la vaccination parce que les gens vont s'organiser de manière différente. Mais pour prendre un exemple, moi, mon fils se fait vacciner aujourd'hui. Et voilà, chacun 15 ans, vous avez la vaccination des adolescents, vous avez la vaccination des personnes qui sont en train de préparer leurs vacances. Donc, moi, je suis confiante sur la responsabilité des Français pour se faire vacciner et de toute façon, on prendra les décisions à prendre en temps utile.
On marque une toute petite pause, Agnès Pagno-Rinaché et Jean-François Aquili vous posera la question qu'il tente de vous poser depuis 2 minutes en faisant des signes de la main. Mais d'abord, le fil infos à 8h41 avec Diane Ferchit.
Le vaccin de Sanofi France contre le Covid est prévu pour le mois de décembre, annonce ce matin sur France Inter son président. On a attaqué nos études de phase 3, précise-t-il. Un vaccin avec une technologie différente de l'ARN messager. L'épidémie et le taux d'incidence du Covid remontent légèrement en France. C'est une alerte, estime sur France Info le président du Conseil d'orientation pour la stratégie vaccinale, Alain Fischer. Il faut être extrêmement vigilant face aux variants Delta et se faire vacciner maintenant, insiste-t-il, Alain Fischer pour qui la vaccination des soignants doit être rendue obligatoire. Il vient de passer la nuit en détention provisoire.
L'ex-conjoint de Sandra a retrouvé poignardé chez elle à Bordeaux. Vendredi est mis en examen pour son meurtre. L'homme a déjà été condamné à 8 reprises entre 2004 et 2009, mais jamais pour violence conjugale. Les coureurs du Tour de France se reposent ce lundi. Après une première semaine marquée par des chutes et des abandons, le slovéne Tadej Pogacar restera en jaune pour la dixième étape demain entre Albertville et Valence.
Le 8.30 France Info, Marc Fauvel, Jean-François Aquiline.
Agnès Pannier-Runacher, vous n'avez pas répondu à la suggestion de votre collègue haut-commissaire au plan. Vaccination obligatoire pour tous, oui ou non ? J'ai répondu. Pas exactement.
Si, j'ai répondu. J'ai répondu qu'à ce stade, on travaillait sur la vaccination obligatoire des soignants et qu'à ce stade, nous n'étions pas encore en train de travailler sur la vaccination des autres corps de métier. Et nous sommes à l'écoute des propositions des représentants des entreprises et des représentants des syndicats. Chaque chose en son temps, en bon ordre.
Pour augmenter la vaccination, Israël avait donné des droits supplémentaires pendant plusieurs mois sur une période déterminée, des droits supplémentaires aux personnes vaccinées. Est-ce qu'en France, on pourrait faire la même chose, c'est-à-dire autoriser certains lieux uniquement aux personnes vaccinées ou est-ce que c'est une ligne rouge que vous mettez aujourd'hui ?
Scientifiquement, il n'y a pas de raison d'interdire certains lieux à des personnes qui ne présenteraient pas un test négatif. Scientifiquement, il n'y a pas de raison. Donc je crois qu'il faut aussi considérer qu'il y a un principe intangible qui est l'égalité de tous devant la loi. Ce que nous souhaitons faire, c'est limiter la circulation du virus. Là où il peut y avoir un questionnement, c'est par exemple sur le fait que pour prouver sa négativité, le fait qu'on n'est pas porteur du virus de la Covid, on fait un test et que ce test est gratuit et qu'on le voit, chaque semaine, le coût des tests réalisés en France représente 100 millions d'euros.
Ça fait quand même 5 milliards d'euros par an, c'est gigantesque. Et qu'à un moment, on peut s'interroger sur la dimension de confort des tests.
Pour les personnes donc vaccinées, vous réfléchissez à faire payer les tests de dépistage ?
Non, pas pour les personnes vaccinées.
Pour les personnes non vaccinées, bien sûr, je suis bête. Non vaccinées. Non vaccinées, pour tous les tests ou uniquement pour les tests dits de confort ?
À partir du 7 juillet, comme vous le savez, les personnes étrangers qui font du tourisme, par exemple, paieront les tests, comme ils le font dans leur pays d'origine. Je rappelle que nous sommes le seul pays, on est le seul pays où les tests sont gratuits. Ça a été très puissant pour lutter contre la circulation de la Covid, mais c'est vrai. Mais aujourd'hui, c'est parfois un frein à la vaccination. C'est inédit et ça peut être un frein à la vaccination également.
Et quel horizon pour les citoyens français ?
Là encore, ces décisions ne sont pas prises et nous n'allons pas engager imprudemment des changements. Mais ça fait partie des sujets qui sont sur la table de se poser la question des tests de confort. Je reviens sur une question. Lorsque vous avez... Là aussi, c'est une règle intangible. Nous avons une prise en charge par la Sécurité sociale des prescriptions médicales. C'est intangible. Ça vaut pour tout.
On va parler de toute autre chose maintenant, Agnès Pannier-Runacher. Est-ce qu'il faudra, à la rentrée, un deuxième plan de relance pour booster l'économie française ?
Je crois que le plan de relance est suffisamment puissant pour permettre de booster l'économie française. Ce sur quoi nous réfléchissons avec le Président de la République, avec le Premier ministre et Bruno Le Maire, c'est quel plan d'investissement structurel nous devons construire pour renforcer la compétitivité de la France, continuer à la renforcer et investir dans le futur. Vous savez que la Commission européenne a, sous notre impulsion d'ailleurs, et l'impulsion d'autres pays, un agenda industriel extrêmement ambitieux, porté par le commissaire Breton, des investissements dans les semi-conducteurs, des investissements dans l'hydrogène, des investissements dans les industries de santé.
Tout cela, ce sont des secteurs d'avenir sur lesquels nous pourrions être amenés à nous positionner en décidant d'investir dans l'avenir.
Combien de milliards aujourd'hui du plan de relance ont déjà été dépensés, versés, sont arrivés jusqu'à là où ils devaient arriver, c'est-à-dire sur le terrain, dans les entreprises et dans tout le pays ?
A date, nous sommes au-delà de 30 milliards d'euros et vous savez que l'objectif de cette année était de 40 milliards d'euros en fin d'année. Je pense que nous y serons très largement. Le plan de relance, c'est un succès massif. Je prends le portefeuille que je suis plus personnellement sur l'industrie. C'est près de 2000 entreprises dont le projet de décarbonation, de relocalisation, d'innovation ou de modernisation des chaînes de production est aujourd'hui soutenu. 2000 projets, c'est gigantesque.
C'est près de 8000 entreprises qui vont bénéficier d'un soutien pour s'équiper en machine à commande numérique, en cobo, en robot, pour leur permettre d'aller chercher des contrats à l'international. Ça fait au total près d'une entreprise sur trois industrielles, une entreprise sur trois, qui pourront bénéficier du plan de relance. C'est totalement inédit. Tellement inédit d'ailleurs que nous avons dû réallouer des crédits pour faire face à cet afflux de dossiers industriels et qui montre au passage que les entreprises industrielles se portent bien, qu'elles sont à l'offensive et qu'elles sont prêtes à investir, ce qui est une très bonne nouvelle pour notre économie.
Jean-François Aquilie. Agnès Pannier-Runacher, ce n'est pas le plan de relance, mais les aciéries d'Ascoval et Ayange, elles sont tirées d'affaires. Où est-ce que ça en est ?
Oui, écoutez, aujourd'hui nous avons obtenu un accord de principe entre Zarchtal et le précédent actionnaire GPG.
Groupe sédérurgique allemand.
Voilà, tout à fait. Groupe sédérurgique allemand extrêmement solide qui va signer un accord de reprise d'Ascoval et la documentation a été finalisée ce week-end. On a travaillé d'arrache-pied. Vous savez que ça fait près de deux ans et demi que nous suivons ce dossier, qu'il a connu des actionnaires plus ou moins fragiles. Aujourd'hui, c'est un actionnaire extrêmement solide et qui valide notre stratégie. C'est-à-dire que les investissements que nous avons pris en charge aux côtés des salariés pour transformer la scierie, ils sont validés par une entreprise qui est prête à payer pour avoir cette entreprise.
Les 700 emplois de part et d'autre, ils sont sauvés, ils sont pérennisés ?
Zarchtal pérennise l'ensemble des emplois. C'est très clair et nous serons extrêmement vigilants ensuite dans la bonne mise en œuvre de ces accords, puisqu'il reste encore des éléments juridiques à finaliser. Mais moi, je veux saluer l'ensemble des salariés d'Ascoval qui ont été absolument exemplaires ces deux ans et demi et qui ont continué à transformer leur entreprise en dépit des incertitudes qui pesaient sur leur actionnariat.
Agnès Pannier-Runacher, Emmanuel Macron et Jean Castex réunissent demain les syndicats et le patronat. Est-ce qu'ils vont leur parler de la réforme des retraites ?
Je pense qu'ils vont leur parler d'agenda social. Et de la réforme des retraites ou pas ? Et dans l'agenda social, il y a évidemment la question des retraites. Pourquoi nous parlons de cette réforme des retraites ?
Parce que Bruno Le Maire le répète tous les trois jours peut-être ?
Non, tout simplement parce qu'aujourd'hui, le régime des retraites n'est pas équilibré, ce qui veut dire que le contrat social n'est pas équitable. Et que les jeunes aujourd'hui qui rentrent sur le marché du travail payent pour des retraites qui ne leur sont pas garanties lorsqu'ils quitteront le marché du travail. C'est une iniquité profonde et qu'il faut à un moment affronter cette iniquité.
Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, disait ce week-end, c'est pas le moment. On n'a pas le temps de faire une réforme comme ça dans les neuf mois qui nous séparent de l'élection présidentielle. Vous pensez que si, vous ?
Moi, je pense qu'il faut surtout ne pas être dans le tabou par rapport à la réforme des retraites. Ensuite, la question du calendrier, ce sera au président de la République de la trancher en fonction de ce qu'il estimera possible de faire. Il faut faire une bonne réforme, se donner le temps de faire une bonne réforme. Mais est-ce que c'est important de faire une réforme des retraites ? Je n'ai aucun doute. Il faut la faire d'ailleurs. Les Français le savent aujourd'hui. Plus la majorité des Français reconnaissent que nous avons un sujet de retraite et que nous devons réformer nos retraites.
C'est sûr qu'il faut faire une bonne réforme. Tout le monde est d'accord là-dessus, quelle que soit la bonne réforme. Il reste dix mois avant l'élection présidentielle. Donc vous imaginez mettre en route la réforme là, avant la présidentielle ?
Ce sera au président de la République de trancher cela, très clairement. C'est possible. Je pense que, comme vous le dites, comme il est question de simplifier certains éléments de la réforme, ça peut être une façon d'aller plus vite. Moi, je considère que cette réforme, elle doit être suffisamment charnue, claire et équitable. Charnue ? Charnue, oui.
Charnue, c'est-à-dire ?
Il faut qu'elle ait des rondeurs. Non, avec des éléments qui permettent de vraiment adresser la question des carrières. Molle, dit Jean-François. Charnue, c'est molle. La question des carrières hachées, vous savez qu'une des grandes iniquités de notre système de retraite, c'est notamment pour les femmes qui entrent et sortent du marché du travail, qui ont des carrières à temps partiel, qui à certains moments doivent prendre des congés parentaux. Eh bien, à la fin de leur vie professionnelle, elles se retrouvent avec des retraites de misère. Et ça, il nous semble que c'est inacceptable.
8h51, le fil à l'info avec Diane Ferchit et on poursuit dans un instant.
Le gouvernement commence à consulter cette semaine au sujet de la vaccination obligatoire des soignants. Cette obligation vaccinale, c'est une sérieuse possibilité, affirme sur France Inter le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Et bientôt, un nouveau vaccin sera disponible pour lutter contre le Covid. Sanofi France devrait pouvoir mettre son vaccin sur le marché d'ici décembre, annonce son président. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, doit lui dévoiler aujourd'hui ses projets pour lever les dernières restrictions sanitaires en vigueur dans le pays. Ce sera à partir du 19 juillet, une échéance déjà repoussée d'un mois. En 2023, plus d'huile de palme pour Total Energy.
Le géant énergétique français cessera de l'utiliser, notamment dans sa bioraffinerie de la Met dans les bouches du Rhône. C'est ce que déclare dans le journal La Provence le PDG de Total Energy. Dans le haut de l'incendie qui a détruit près de 300 hectares près de Narbonne est à présent maîtrisé parmi les pistes les plus sérieuses évoquées par les enquêteurs, celle d'un feu improvisé sur le parking de l'Observatoire qui surplombe Narbonne-Plage. Le festival d'Avignon retrouve son public après avoir été annulé l'an dernier pour cause de crise sanitaire. 20 jours de représentation théâtrale, pas de jauge pour le festival, mais masque obligatoire dans les salles et à l'intérieur des remparts.
France Info
Le 8.30 France Info, Marc Fauvel, Jean-François Aquilie
Agnès Pannier-Runacher, que dites-vous ce matin du coup de force, c'était samedi, d'attaque contre les vitrines de la Samaritaine au cœur de Paris, peinture lurée en noir pour dénoncer l'enrichissement indécent des milliardaires pendant la crise sanitaire ?
Écoutez, je trouve qu'on passe beaucoup trop de temps sur cet événement qui est illégal et pitoyable. Je préférerais qu'on passe du temps sur, par exemple, le projet de la Samaritaine qui va créer 3000 emplois. Je préférerais qu'on passe du temps sur, puisqu'il est question de fiscalité chez Attaque, sur l'accord absolument inédit que nous venons d'obtenir après 4 ans de détermination du gouvernement français, du président de la République, de Bruno Le Maire, sur la taxation minimale des grands groupes internationaux. Parce que nous, nous sommes dans l'action, nous obtenons des résultats, et je crois que ça a beaucoup plus de valeur que ce que nous avons pu voir samedi.
Alors parlons-en, qu'est-ce qu'on fait de l'Irlande qui a refusé de voter le texte ?
Eh bien, on continue à avancer. Vous le savez, il va y avoir une discussion à Venise, dans le cadre du G7 et du G20, et donc nous sommes confiantes d'obtenir un accord finalisé à cette occasion.
Vous souhaitez que l'Europe fasse pression sur l'Irlande pour qu'elle signe à son tour ce texte et les 15% d'imposition minimum ?
Mais je souhaite qu'on obtienne effectivement un accord collectif, et que cette mesure, qui est une mesure de justice fiscale, qui est une mesure extrêmement effective, et qui est une mesure aussi de concurrence loyale, parce que les pays qui ont des impositions extrêmement faibles, c'est du même ordre que les pays qui donnent des subventions étatiques sans encadrement.
Vous vous rendez compte de ce que ça voudra dire ? Ça voudra dire, si c'est le cas, que Joe Biden a réussi ce que l'Europe n'avait jamais réussi à faire. C'est-à-dire faire que les Irlandais augmentent leurs impôts.
Marc Fauvel, qui a mis le sujet sur la table ?
La France, mais dans l'indifférence quasi générale, on a tenté d'ailleurs une taxe GAFAM parce que le reste n'avance pas. Et c'est Joe Biden qui a débloqué ça. Non, non, je... Mais ça voudrait dire qu'en Europe même, pour faire avancer les choses...
Je ne peux pas vous laisser dire ça non plus.
Pour faire avancer les choses, les Etats-Unis en Europe auront été plus utiles.
Je ne peux pas vous laisser dire ça. D'abord parce que la première chose, c'est qui a mis le sujet sur la table ? Il faut quand même mettre les sujets sur la table pour qu'ils aboutissent, c'est la France. Et qui a débloqué le dossier de Joe Biden ? Attendez, attendez. Qui a fait la première taxation des plateformes numériques ? C'est la France. Qu'est-ce qui s'est passé derrière ? Plusieurs pays se sont engouffrés dans la brèche ouverte, et ont imposé les plateformes numériques sur des législations nationales. Ça, ça ne serait pas arrivé si la France était là.
Qui a, quelque part, créé le débat au plan international, au niveau de la Commission européenne, au niveau du G7, au niveau de l'OCDE, c'est la France. Donc effectivement, par stratégie d'allier, nous obtenons la validation par Joe Biden. Et il est plus facile d'obtenir ce type d'accord avec les Etats-Unis à bord. Mais sachons reconnaître quand même que si la France n'avait pas agi, si le Président de la République n'avait pas été extrêmement déterminé sur ce sujet-là, il ne se serait juste à rien passer. C'est ça la réalité. Et il n'y aurait eu aucune législation nationale de taxation des plateformes numériques.
Ultime question sur la politique. Vous savez, vous étiez candidate dans les Hauts-de-France. Vous faites partie des cinq ministres sortis, si je puis dire, par Xavier Bertrand. Est-ce que La République en marche est la gueule de bois après ces régionales ?
Écoutez, non, je ne crois pas. D'abord parce qu'on omet de dire que dans toutes les cantonales où étaient positionnées des ministres, on a eu d'excellents résultats. Je pense à Gérald Dermanin qui était, comme moi, dernier de liste sur les régionales et qui fait plus de deux tiers des voix sur sa cantonale. Je pense à Brigitte Bourguignon qui remporte au Lama l'élection. On est dans les Hauts-de-France. Je peux vous citer tous les autres ministres qui ont très largement remporté leur cantonale. Brigitte Klinkert, Sébastien Lecornu, etc. Donc nous avons une élection qui a donné une prime aux sortants.
J'observe d'ailleurs que le meilleur score, il a été réalisé par une présidente de gauche qui est Carole Delga et qui est sur la seule liste du Parti Socialiste. Je ne crois pas qu'on parle d'un renouveau du Parti Socialiste.
Donc ce n'est pas grave en fait ce qui s'est passé.
Ce n'est pas grave. Ce qui est grave, c'est les deux tiers d'abstentionnistes. Ce qui est grave, c'est effectivement qu'on n'a pas fait un bon score régional.
Les deux tiers d'abstentionnistes, c'était le cas aussi pour tous les ministres que vous venez de citer qui ont fait des bons scores.
Tout à fait. Non mais les deux tiers d'abstentionnistes, ça c'est un impondérable des deux élections, la départementale et la régionale. Et sur l'ensemble du territoire français, il y a la Corse qui échappe à cette analyse. Je le confirme. Et ça, c'est la vraie question.
Ça n'empêchera pas Emmanuel Macron de se représenter en 2022 ? Ce n'est pas un problème.
Pour quelle raison ça empêcherait Emmanuel Macron de se représenter ? Pardon, je... Non, je ne crois pas. Précisément parce que lorsque vous êtes sur le terrain, personne ne conteste le travail qu'a fait le gouvernement pour soutenir l'économie, pour soutenir les salariés, pour sauver les entreprises. Et personne ne conteste aussi que finalement la gestion de cette crise sanitaire était plutôt bien menée. Personne ne conteste d'ailleurs que quelqu'un aurait fait mieux.
Les certitudes d'aujourd'hui font parfois les doutes de demain sur la gestion de la crise sanitaire. Qui aurait dit il y a encore un an qu'on connaîtrait d'autres vagues ?
Tout ça ne vous invite pas plus de prudence sur la gestion de la crise sanitaire ?
Encore une fois, elle est peut-être terminée, elle est peut-être encore devant nous.
Je regarde juste le verre à moitié plein et je constate...
Et moi, peut-être le verre à moitié vide.
J'ai été beaucoup sur le terrain, Marc Fauvel, et je peux vous assurer que lorsque vous parlez des mesures qui ont été déployées pour soutenir les entreprises, pour soutenir les salariés, à la fois les mesures d'urgence et les mesures de relance, vous avez unanimement la reconnaissance que le président de la République a pris les bonnes décisions et qu'il fait bon de vivre en France et qu'il n'y a aucun gouvernement qui en a fait autant pour sa population.
Merci à vous, Agnès Pannier-Runacher. Bonne journée.
Agnès Pannier-Runacher