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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 11 mai 2026 33 min

Edouard Philippe pourra-t-il faire l’union de la droite et du centre ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et Alexandre, on en parlait il y a quelques instants avec Michel Barnier. Les prix du carburant qui font toujours ce matin la une de la presse régionale, ils affaiblissent le secteur aérien.

0:21
Invité

Oui, pagaille dans le ciel, titre le journal La Dépêche du Midi. L'aérien sous pression à la une de la Marseillaise. Les prix du kérosène sont en hausse. Ils font donc grimper les prix des billets d'avion. Il y a moins de réservations et certaines compagnies aériennes sont obligées de supprimer des vols. Cet été, des dizaines de milliers de vols devraient être supprimés. Et certaines compagnies risquent même la faillite dans ce contexte, notamment les compagnies low cost qui ont des marches financières très serrées.

0:48
Présentateur

Des communes trouvent une solution pour faire baisser la facture d'énergie de leurs habitants.

0:52
Invité

Il s'agit de l'achat groupé. Dans la métropole lilloise, les collectivités commencent à proposer aux habitants de se rassembler afin d'obtenir des tarifs préférentiels sur l'énergie. Alors que le prix du gaz a augmenté de 15% au début du mois de mai. Un exemple, la commune de Gruson qui réalise cet achat groupé depuis 2021. 1250 habitants ont accepté de signer le dernier contrat d'énergie groupé sur les deux prochaines années. Résultat, une baisse de 24% de la facture d'électricité et de 13% de la facture de gaz. C'est à lire dans le journal Nord-Éclair.

1:25
Présentateur

Autre commune qui cherche et qui trouve des solutions pour aider les habitants face à cette hausse des prix du carburant et les aider dans leur pouvoir d'achat, c'est la commune de Laval. Bonjour Florian Berco, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes nerdy vers gauche de Laval, président de l'agglomération de Laval. Vous, vous avez choisi de mettre en place une baisse du tarif des transports en commun dans la commune, dans l'agglo. Comment ça se traduit pour les habitants ?

1:48
Invité

C'est très simple, on s'est dit qu'il fallait une mesure conjoncturelle face à la hausse du prix des carburants qui pèse sur la facture des ménages et des habitants de Laval. Et donc on a divisé le prix du ticket de bus de 1,30€ à 50 centimes depuis ce matin. L'objectif c'est que l'aller-retour pour 1€ soit moins cher qu'une baguette de pain ou un prix du café au comptoir. C'est simple, c'est lisible et puis c'est cadré dans les finances de Laval agglomération puisque c'est une mesure qu'on veut jusqu'au 31 août, en tout cas pendant la période de crise. On estime que c'est pendant les crises qu'il faut changer les habitudes.

J'ai bien entendu Michel Barnier, il faut électrifier mais il faut aussi changer les comportements. Et le transport public peut être une réponse, une alternative sur un territoire comme le nôtre à la voiture individuelle ou en tout cas à peut-être poser sa voiture individuelle en bout de ligne et ensuite prendre le bus avant évidemment d'autres mesures plus structurelles à prendre.

2:42
Présentateur

Ça veut dire que vous espérez que ce soit pérenne, que vos habitants prennent ce réflexe transport en commun. Vous parlez également de la question des finances parce qu'il y a les difficultés de pouvoir d'achat pour les Français mais il y a aussi les difficultés financières pour les collectivités et on en parle souvent ici. Quelles conséquences financières ça aura pour votre ville, pour votre agglomération ?

3:01
Invité

L'agglomération dépense un peu plus de 25 millions d'euros par an pour le transport de manière générale et la mesure coûterait 150 000 euros sur 4 mois. Vous voyez que c'est assez marginal et on espère évidemment trouver plus de monde dans nos bus qui sont majoritairement notamment aux heures creuses, vides. Et donc on espère avoir plus de monde et peut-être plus de recettes indirectement même si on estime quand même un déficit de 150 000 euros. Mais sur la durée on sera gagnant. Si les tickets unitaires se transforment en abonnements demain, c'est des recettes supplémentaires pour la collectivité.

Et puis une proposition qu'on va étudier en parallèle, c'est peut-être un pas de plus vers la gratuité. On a mis en place la gratuité le week-end des transports publics. C'est plus de 30% de fréquentation. Et on se dit qu'on va être un jour ouvré, pourquoi pas le mercredi, puisque c'est les enfants, c'est un jour ouvré, donc c'est le jour intergénérationnel par excellence. Et là aussi, avec une tarification adaptée au niveau des abonnements pour petit à petit élargir notre socle de fréquentation. C'est très important d'aller toucher les travailleurs, les étudiants, ceux qui ont peut-être moins l'habitude de prendre le bus chez nous.

4:01
Présentateur

– Merci beaucoup, merci Florian Berco d'avoir été avec nous, Mère Divergauche de Laval, président de Laval Agglomération, pour nous parler de cette initiative qui entre en vigueur aujourd'hui, cette baisse du tarif des transports en commun dans votre commune et dans votre agglomération. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Alex, on continue à parler d'énergie dans cette revue de presse avec cette question. Comment réconcilier les éoliennes et les Français ?

4:22
Invité

– Eh bien, il y a une réponse en leur permettant d'investir dans la construction de ces éoliennes. C'est à la une du courrier Picard. Quatre éoliennes sur le plateau Picard ont été financées par l'investissement participatif de 330 épargnants. Elles ont été construites, ces éoliennes, dans le village de Saint-André-Farivillère. Et ces éoliennes, elles vont désormais rapporter des revenus à ces épargnants avec 7% d'intérêt pendant quatre ans. C'est mieux que le livret A. Alors, ces 330 personnes, elles n'habitent pas le village de Saint-André-Farivillère, mais elles habitent la région alentour, la région Picard.

Et cette opération de financement participatif, elle a permis de lever 2,6 millions d'euros.

5:00
Présentateur

– La filière bovine est en alerte, c'est la une de la montagne.

5:03
Invité

– La viande rouge dans le rouge, titre le journal Auvergnat, avec un paradoxe. Le prix de la viande sur les étals des boucheries est historiquement haut depuis des années. Mais le cours de la viande vendue par les éleveurs bovins est en train de chuter. Et ces dernières semaines, exemple, le prix d'un jeune bovin au kilo a perdu 80 centimes. Et cela peut représenter une perte de 30 000 euros pour une exploitation, explique un syndicaliste agricole de la Creuse. Et dans ce département de la Creuse, l'élevage est spécialisé dans le bovin. Et donc, si jamais ça continue à chuter les cours du bovin, la situation pourrait être très préoccupante pour ce territoire.

5:40
Présentateur

– Allez, comme tous les lundis, il y a beaucoup de sport à la une de la presse régionale. Un mot de foot avant dernière journée, palpitante de Ligue 1 ?

5:46
Invité

– Eh oui, rien n'est joué avant la dernière journée de Ligue 1 la semaine prochaine. Alors, hormis le titre de champion du Paris Saint-Germain qui est quasiment acquis, il y a encore de l'espoir pour l'Olympique de Marseille de se qualifier en Coupe d'Europe. C'est à la une de la Provence après la victoire de l'OM au Havre ce dimanche, dimanche soir. Et dans le bas du tableau, la course au maintien en Ligue 1 est aussi pleine de suspense entre Nice, Auxerre et Le Havre. Angers, le groupe LeSco d'Angers a lui décroché son maintien hier par un match nul contre Strasbourg. C'est à la une du journal Le Courrier de l'Ouest.

6:18
Présentateur

– Merci beaucoup, merci Alex, à les places au club et nos éditorialistes qui vont nous rejoindre. Édouard Philippe était hier à Reims. Un discours aux allures de lancement de campagne qui ne dit pas son nom. Tarde-t-il trop à entrer activement dans la course à la présidentielle ? Peut-il s'imposer comme le candidat du Bloc central ? Est-il un rempart au Rassemblement national ? Yves Tréard et Pablo Piovivien vont nous rejoindre pour décrypter tout ça. Mais d'abord, on va écouter un extrait de ce discours d'Édouard Philippe hier qui donne le ton sur son positionnement.

6:46
Invité

– C'est cette France libre que je veux. Une France libre de se défendre contre ses ennemis lorsqu'ils la menacent. Une France libre de dire la vérité à ses amis quand ils se trompent. Une France libre de construire un destin à 27. Une France libre de faire cavalier seule quand il le faut. Mes amis, au les cœurs, cette France libre, elle nous appelle, nous allons la construire. Vive Reims, vive la République et vive la France.

7:16
Présentateur

– Voilà, la France libre qui sonne comme un slogan de campagne. On va en parler avec vous. Bonjour Pablo Piovivien, merci d'être la rédacteur en chef de la revue Regarde Yves Tréard. – Bonjour, Aurélien. – Merci également d'être là, directeur adjoint de la rédaction du Figaro. La France libre, ça pourrait être le nouveau slogan de campagne d'Édouard Philippe. Est-ce qu'hier, il est passé de maire, chef de parti, à une vraie démarche présidentielle ?

7:43
Édouard Philippe

– Vous savez, c'est un diesel, d'une certaine façon, Édouard Philippe. C'est-à-dire qu'il va étape par étape, pas à pas. Je crois qu'il a raison de ne pas trop s'emballer. Moi, ce qui me fascine chez… Enfin, ce qui me fascine, le mot est quand même un peu fort, mais ce qui me trouble chez Édouard Philippe, c'est que ça fait maintenant six ans qu'il n'est plus aux affaires. Et pendant ces six ans, il a réussi à se maintenir à un niveau de sondage assez étonnant quand même. Parce que, généralement, vous savez, la vie, aujourd'hui, politique, est faite de va-et-vient. On oublie très vite ceux qui ont fait l'actualité. Et là, depuis six ans, somme toute, en faisant pas grand-chose, si, c'est…

– Il est merdue, là. – Oui, d'accord, mais quand même. On ne peut pas dire que sa parole… Et puis, parfois, il a eu des paroles qui pouvaient blesser ou qui pouvaient être mal reçues. Moi, ça me convient très bien, mais l'histoire de la retraite à 67 ans, quand vous pensez que ce sujet est brûlant dans ce pays, ou alors la démission du président de la République qu'il a demandé il y a quelque temps, néanmoins, il arrive à se maintenir.

8:57
Présentateur

– Mais vous dites qu'il est diesel, ça fait quand même bientôt deux ans qu'il a dit qu'il serait candidat à la présidentielle. Hier, pour vous, ce n'était pas un lancement de campagne. On était encore dans du diesel.

9:05
Édouard Philippe

– Oui, parce que le public, c'était un public de cadre de son parti. Il ne s'exprimait pas, si vous voulez, ce n'était pas la folle ambiance, si je puis dire.

9:15
Présentateur

– Il a raison d'être diesel, Pablo, ou est-ce qu'il aurait dû enchaîner un minima sur sa victoire et sa réélection au Havre pour enclencher une dynamique présidentielle ?

9:23
Invité

– Je ne sais pas trop de quoi vous parlez, parce que hier, j'ai vu un meeting de campagne présidentielle. Je veux dire, c'était très clairement le thème, l'horizon. Il a décliné ce qu'il allait faire pendant l'année à venir jusqu'à au moins l'été, et ça ressemblait vraiment à une campagne présidentielle. – On était plus sur un calendrier que sur le programme ? – Non, il y avait plein de choses très programmatiques. Il y avait aussi beaucoup de choses qui étaient liées à son positionnement politique particulier au sein de la famille, maintenant de la grande famille un peu éclatée du centre et de la droite.

Il s'est positionné par rapport à Bruno Retailleau, qui est candidat, et par rapport à Gabriel Attal, qui est aussi candidat. Il y a eu à la fois des petits tacles, et en même temps, il les a ménagés. Je veux dire, en fait, Édouard Philippe…

10:11
Présentateur

– Il est en campagne, pour vous, il est en campagne.

10:12
Invité

– Mais il est très clairement en campagne. La raison pour laquelle on peut dire que c'est un diesel, c'est parce que ce qu'il cherche, je pense, à incarner, c'est la bonne droite sans patoche à l'ancienne. Il est là, bon, il nous rappelle…

10:25
Édouard Philippe

– Pourquoi à l'ancienne, Pablo ? Ça peut être…

10:27
Invité

– Oui, ça peut être la droite. – Pas nécessairement à l'ancienne. – Vous avez tout à fait raison, c'est peut-être ça l'avenir de la droite, mais surtout, les mots hauts, on va dire, de Gabriel Attal, qui a toujours des grandes idées géniales, il y en a à peu près une par semaine, et puis il y a des levées de boucliers pas possibles, et les gens ne comprennent pas trop ce qu'ils racontent, ou Bruno Retailleau, qui va très clairement du côté de l'extrême droite. Édouard Philippe, il dit non, non, on se calme, genre voilà, c'est ça, la droite, elle a été ça, il l'a répété 15 fois, je suis de droite, je suis de droite, je suis de droite, on a compris, merci Édouard, et ensuite, il a…

11:03
Présentateur

– Oui, mais c'était peut-être important, on va y revenir, de le préciser, notamment pour certains dans son camp.

11:07
Invité

– Quand on est macroniste, quand on a été macroniste de la première heure, bien sûr que c'est important de le rappeler.

11:11
Présentateur

– On va en parler, Hilaire, il est parti de la base, on le disait, vous le disiez, Yves, il est parti de son camp, de ses cadres, de ses élus, après les municipales, Horizon revendique 465 communes, c'est ça aussi la base d'Édouard Philippe, c'est un maillage d'élus locaux ?

11:27
Édouard Philippe

– Oui, en partie, en partie, c'est ça, alors vous savez, le problème d'Édouard Philippe, il y en a quelques-uns quand même, parce qu'il a d'abord été Premier ministre de M. Macron, et on ne peut pas dire qu'Emmanuel Macron soit dans une forme sondagière olympique, donc il y a cet héritage qu'il faut quand même assumer, quoi qu'il arrive.

11:51
Présentateur

– Et qu'il va payer les 80 km heure, ça, ça va rester un maillage.

11:55
Édouard Philippe

– Non, mais ça, ces 80 km heure, ce n'est pas Macron, c'est lui. – C'est lui, c'est lui sous Macron. – En plus de Macron, il y a ce qu'il a pu faire, et notamment les 80 km heure, qui sont peut-être à mettre sans doute à son débit, à son actif, il y a sa gestion du Covid, du coronavirus, qui à mon avis, à l'époque, a plutôt été bien reçu, parce qu'il a été honnête dans la fonction, il est devenu devant les Français tout à fait régulièrement, en disant, je ne sais pas tout, faites attention, il a plutôt été assez transparent, et je pense que c'est un exercice qui a plu. Après, et Pablo le disait, l'inconvénient, si vous voulez, c'est que l'espace qu'il veut occuper est un espace très large.

Alors, je ne dirais pas, comme Pablo, que Bruno Retailleau flirte avec l'extrême droite, Bruno Retailleau, il est Bruno Retailleau, c'est un conservateur, et c'est un conservateur qui n'a rien à voir, précisément, avec l'extrême droite. Ce n'est pas du tout ça, Retailleau. Retailleau, c'est un conservateur qui a toujours assumé ses idées conservatrices.

12:58
Présentateur

– Et on va venir sur l'espace politique.

13:00
Édouard Philippe

– Et puis vous avez de l'autre côté Gabriel Attal, dont on ne sait pas trop, d'ailleurs, sur quel terrain il veut aller, parce que parfois il essaye d'être très à droite, parfois il cherche à aller à... Donc c'est tout un équilibre qui est très difficile à trouver pour Édouard Philippe, qui n'est pas dans une situation très simple, avec aussi l'image qui plane au-dessus de lui, ce qui est celle d'Alain Juppé, vous vous souvenez, la mondialisation heureuse, et qui l'incarne d'une certaine façon.

13:30
Présentateur

– On va venir sur cet espace politique, mais avant de venir sur son espace, quel est son marqueur politique ? Vous, vous avez trouvé qu'il a esquissé, quand même, hier, Pablo, un début de programme. Pour vous, il a un marqueur politique, Édouard Philippe ?

13:43
Invité

– Il a un marqueur politique, mais moi, je vais vous dire, mais tout à l'heure, vous avez un peu poussé des cris d'orfraie quand j'ai commencé à le dire, mais c'est la droite bon teint, c'est-à-dire c'est la droite qui ne... En fait, il vous dit, écoutez, ce qu'on vous raconte, on vous dit que rien ne va en France, etc. Si, en fait, ça va à peu près. En fait, vous savez, on arrive à créer des entreprises, on arrive à encore travailler, on arrive à être fier d'être français. Et ce qu'il essaye de relancer, enfin, c'est... Alors, il a ce slogan, la France libre, mais moi, je dirais plutôt que c'est la droite fière.

C'est un type de droite qui essaye de montrer que, comme il a dû considérer, il a dû regarder les sondages et les études d'opinion et les votes aux dernières élections, il a dû voir, il s'est dit, bon, la France penche à 70% à droite et à l'extrême droite. J'ai donc une chance, si j'arrive à me positionner dans cet espace-là, si j'arrive à rassembler cet espace-là. Et c'est ça, la proposition qu'il fait à ces gens qui veulent travailler, qui ont des valeurs plus ou moins conservatrices, tout en étant quand même un peu libéral économiquement. Voilà.

15:00
Présentateur

Et c'est pour ça qu'il a prononcé plusieurs fois le mot d'optimisme hier ?

15:04
Invité

Exactement. C'est ça son cap, pour moi. C'est le cap qu'il a donné dans son discours. Il essaye, lorsque, effectivement, je reviens, en fait, aux deux bornes qui l'entourent, c'est-à-dire, d'un côté, Rotaillot, qui vous parle de submersion migratoire, qui vous dit que, bon, peut-être qu'il faudrait revenir sur l'État de droit et qui, d'une certaine mesure, veut chambouler une partie des règles, des droits qui font qu'aujourd'hui, on peut vivre ensemble.

Et de l'autre côté, Gabriel Attal, qui représente, d'abord du fait de son jeune âge, lui aussi la Start-up Nation, lui aussi, finalement, le dépassement de la gauche et de la droite, parce qu'il ne faut pas oublier que Gabriel Attal, il vient du Parti Socialiste et il fait une proposition, comme l'a dit Yves, qu'on ne comprend pas trop, mais qui va aussi chercher du côté de la droite, ben, Édouard Philippe, il dit, mais attendez, on va revenir à avant 2017, vous allez avoir un candidat de droite qui va être bien à droite et qui va faire une proposition aux Français et cette proposition, parce qu'elle est optimiste, elle peut l'emporter.

16:10
Présentateur

– Yves ?

16:10
Édouard Philippe

– Oui, en fait, c'est…

16:11
Présentateur

– C'est quoi, il veut lutter contre les déclinistes, lui ? – Pardon ? – Il veut être celui qui lutte contre le déclinisme ?

16:16
Édouard Philippe

– Oui, je crois qu'il y a deux choses qu'il veut essayer de montrer, c'est qu'il ne vire pas dans le populisme, il le dit régulièrement, et c'est ça qui est très intéressant par rapport à l'invité que vous aviez tout à l'heure, Michel Barnier, on sent que c'est une musique qui prend de plus en plus, qui s'accorde de plus en plus, si vous voulez, Michel Barnier, Jean-François Copé, d'une certaine façon, Édouard Philippe, essayez d'éviter, justement, ben moi, il n'y a qu'un faucon, j'arrive à tout faire, ils essayent de se départir de cela, si vous voulez, et je crois que c'est un des discours d'Édouard Philippe, et effectivement, je suis tout à fait d'accord avec Pablo, il y a aussi, et c'est l'esprit aussi de Michel Barnier, c'est l'esprit aussi de Jean-François Copé et de beaucoup d'autres, de dire, tout ne va pas mal en France, parce que c'est vrai qu'il y a un discours qui est assez plombant dans ce pays, où on vous dit que tout est mauvais, qu'on est nul, que la France est en plein déclin, ce qui n'est pas faux sur certains points, ou qu'il faut vraiment réformer et sur lesquels il faut intervenir.

17:22
Présentateur

– Mais qu'il fait aussi le jeu du RN dans les urnes, c'est aussi ça le calcul de Édouard Philippe.

17:24
Édouard Philippe

– Évidemment, il fait le jeu du RN et il fait le jeu de Jean-Luc Mélenchon également, puisque c'est deux populismes qui se font face.

17:32
Invité

– Mais c'est intéressant ce rapport au populisme, parce qu'effectivement, on entend dans Édouard Philippe, dans son discours, une volonté de ne pas, surtout pas être populiste, et de se positionner en rupture par rapport à ses propositions. D'ailleurs, il fait une proposition à des cadres. Enfin, il était hier devant un parterre de cadres. Ce qui veut aussi beaucoup dire, il n'est pas devant un parterre de militants, il n'est pas dans un espace extérieur. On a vu il y a quelques semaines, c'était François Ruffin qui se met sur l'Agora et qui parle à tout le monde. Donc là, il y a une rupture.

Et Yves faisait la liste des gens, donc Barnier, Copé, etc., à droite, qui veulent porter cette droite non-populiste. Le problème, c'est que, pour l'instant, on s'adresse surtout à des cadres. Et est-ce que, d'une part… – Oui, mais c'est le début.

18:20
Présentateur

C'est-à-dire, d'abord, il soute son équipe et après, il est là.

18:23
Invité

– J'entends, mais la question, c'est est-ce que cette proposition va réussir à passer le mur du son des cadres, d'abord auprès des militants, ensuite auprès des sympathisants et puis enfin auprès de la France tout entière. Parce qu'aujourd'hui, ce qui résonne le plus, ce qui fait le plus de bruit, c'est précisément un rapport particulier au populisme, au peuple, appelez-le comme vous voulez. Enfin, je veux dire, il faut des grands mots, des grandes propositions chocs, il faut cliver systématiquement. Si vous ne faites pas ça, exister dans ce fracas politique est parfois un peu compliqué.

18:59
Édouard Philippe

– Oui, parce que ça renvoie, évidemment, à la droite bourgeoise, quoi, d'une certaine façon. Et les cadres, quand vous dites, c'est Pablo, c'est les cadres du parti, mais c'est une image. Les cadres, c'est une population de cadres, de cadres sup, en fait. Et il faut que ça soit entendu, effectivement, par une partie des Français qui, elle, galère, qui est aujourd'hui en but au problème de prix du carburant, de pouvoir d'achat. et cette France-là, est-ce qu'elle attend sagement qu'on vienne à son secours ?

19:33
Présentateur

– Mais cette France-là, c'est aussi la France des gilets jaunes. Ça aussi, ça restera comme une marque ?

19:38
Édouard Philippe

– Alors, la France des gilets jaunes, Édouard Philippe l'a vécu en première ligne.

19:42
Présentateur

– Est-ce que ça peut rester comme négatif, justement, dans sa campagne ?

19:47
Édouard Philippe

– Oui, bien sûr, effectivement, c'est quelque chose… Moi, je pense que la France des gilets jaunes, de toute manière, c'est quelque chose que redoute toute la classe politique. Tout le personnel politique, aujourd'hui, redoute qu'il y ait ce phénomène que personne n'avait vu venir à l'époque et qui complique sérieusement la tâche et qui, d'une certaine façon, paralyse le pays et qui a un côté insurrectionnel très fort. Alors, moi, je pense qu'il y a une théorie… Enfin, ce n'est pas une théorie, c'est une expérience. C'est que l'expérience montre que ce n'est jamais dans les périodes les plus difficiles que les gens se révoltent, parce qu'ils n'ont pas les moyens de se révolter, justement.

Et c'est toujours dans les périodes de croissance où il y a des attentes qui ne sont pas assoulies, qui ne sont pas, je dirais, entendues et que là, les gens se révoltent. Et c'était le cas des gilets jaunes. Quand les gilets jaunes sont nés, on avait un taux de croissance qui était relativement élevé.

20:45
Invité

– C'est intéressant, ce rapport à la colère, que ce soit celle des gilets jaunes, donc autour de 2018, ou aujourd'hui, celle des Français et des Françaises. Parce que précisément, vous avez plusieurs propositions politiques aujourd'hui dans le paysage, là, pour 2027, qui se font, qui essayent, en fait, de raisonner, en fait, avec ces colères. C'est la proposition, par exemple, de Jean-Luc Mélenchon. C'est la proposition, par exemple, du rassemblement national. C'est ce qu'on, parfois, d'aucuns appellent les populistes. Moi, je ne les appelle pas comme ça, mais je vois qu'eux, ils essayent de capter cette colère.

Ils essayent de dire, bon, bah, cette colère, leur constat, c'est-à-dire que cette colère, si elle n'est pas forcément majoritaire en France, au moins, elle peut être le cœur d'une dynamique, le moteur d'une dynamique susceptible de faire gagner la présidentielle. Et puis, vous avez les autres qui disent, non, non, en fait, on est dans une société qui est un peu plus froide, qui n'est pas aussi chaude que d'autres pourraient le dire.

Et donc, nous, notre proposition, et c'est celle d'Edouard Philippe, c'est le pari d'Edouard Philippe, c'est le pari de l'optimisme d'Edouard Philippe, c'est de dire, bon, bah, nous, on va thésauriser, on va construire, en fait, sur cette majorité silencieuse qui, en fait, n'est pas vraiment en colère, mais a besoin quand même d'aménagement du système parce qu'il y a des problèmes, ça, ils ne le nient pas. Mais voilà, la différence, en fait, d'analyse, de prendre le pouls de la France, et il y en a, ils ne sont pas le même pouls, il y en a qui voient que c'est à 120 et d'autres qui voient que c'est à 70. Voilà, et donc, ils vont faire des propositions en fonction de ce constat-là.

22:24
Présentateur

Juste un mot, pardon, Yves, parce qu'il y a un baromètre vériant pour le Figaro Magazine qui a été publié le 7 mai. Edouard Philippe, il enregistre la baisse la plus significative. Alors, tous les candidats sont en baisse, mais la baisse la plus significative, c'est celle d'Edouard Philippe. Il recule de 5 points sur ses compétences pour être un bon président. Il est à 35%, 3ème, derrière Jordan Bardella et Marine Le Pen, ainsi que sur sa vision claire de l'avenir. Là aussi, il recule de 4 points sur sa bonne représentation de la France et des Français. Vous nous disiez tout à l'heure, je suis un peu étonné du fait qu'ils se maintiennent à un haut niveau.

Est-ce que là, on est sur le début d'une chute ? Non. Et on n'est pas sur des intentions de sondage. On est sur un qualificatif pour être président de la République, sur des compétences.

23:05
Édouard Philippe

Oui, mais il reste toujours 3ème. Depuis un moment, on sait que c'est Mme Le Pen et Jordan Bardella, maintenant c'est plutôt le contraire d'ailleurs, qui sont en tête. C'est des caractéristiques de popularité, de confiance. Oui, effectivement, ce ne sont pas des intentions de vote. C'est très différent. Bon, ça va, ça vient. Effectivement.

23:28
Présentateur

Pour vous, il n'y a pas une alerte ?

23:30
Édouard Philippe

Moi, je ne suis pas dans le camp d'Édouard Philippe. Je ne fais pas sa campagne. C'est à lui de voir ce qu'il en est. Moi, je n'ai pas analysé ça de très près. Je ne vois pas à partir de quoi, effectivement, cette baisse peut s'expliquer. Je ne sais pas. Il a été, en plus, il vient d'être réélu maire du Havre, qui serait plutôt positif pour lui.

23:53
Invité

Pour 95% des Français, qu'il soit réélu maire du Havre, ça ne change pas grand-chose.

24:00
Présentateur

Ça aurait juste pu être un frein.

24:01
Invité

Oui, mais on est surtout dans des étages tellement bas. Je veux dire, tout ça, quand même, est entre 10-15%, parfois un peu plus. Moi, je ne suis pas sûr que ça soit très significatif. On passerait de 30 à 22, je veux bien. Mais enfin, là, c'est des toutes petites modulations.

24:19
Présentateur

On va parler de son positionnement politique. Et on l'a dit et redit hier, il était devant les cadres. Mais maintenant, l'enjeu, pour Édouard Philippe, ça va être d'élargir, de faire le rassemblement. Et on va écouter ce qu'il a dit à ce sujet hier à Reims.

24:33
Invité

Nous ne devons pas oublier que l'élection qui vient, l'élection présidentielle, sera aussi une élection de recomposition. Pour l'emporter, bien sûr, mais pour gouverner ensuite, il faudra construire une majorité. Proposer une majorité législative nouvelle, ouverte, rassemblant explicitement la droite et le centre, et refusant explicitement le mirage d'une union avec la droite extrême. Je suis convaincu, mes amis, que les Français nous la donneront, cette majorité, tant chacun a pu constater le désastre que constitue pour notre pays l'absence de majorité et l'immobilisme atterrant qui en résulte.

25:08
Présentateur

– Alors, il en est convaincu, évidemment, il ne va pas dire le contraire. On est un peu dans la méthode Coué. Est-ce qu'il peut incarner ce rassemblement, cette recomposition politique de la droite et du centre, Yves ?

25:19
Édouard Philippe

– Il s'y emploie parce que, d'une certaine façon, sur la ligne de départ, vous avez aussi Gabriel Attal, vous avez aussi Bruno Retailleau et peut-être d'autres. Donc, David Lissnard, il y a du monde au balcon, si je puis dire. Donc, l'incarnation de cette droite, je dirais, classique, droite, centre, classique, gaullienne, d'une certaine façon, ils rêvent tous de l'incarner. Mais maintenant, c'est la campagne qui va montrer celui qui l'incarne le mieux. Et le problème, si vous voulez, c'est que cette droite en question, cette droite assez classique, elle a deux inconvénients.

C'est que d'abord, sur sa droite, elle a le Rassemblement National, qui est le parti le plus fort en France et qui a gagné et qui a justement aspiré énormément d'électeurs de cette droite classique depuis maintenant 30 ans. Et puis, de l'autre côté, vous avez une expérience qui se termine plutôt pas très bien qui est celle d'Emmanuel Macron qui est assez impopulaire et dont comment tous ces candidats qui seront là, qui ont tous participé à des gouvernements d'une façon ou d'une autre, eh bien, portent l'héritage d'une certaine façon.

26:36
Présentateur

Mais juste un mot, Pablo, parce que vous l'avez souligné, Édouard Philippe, hier, il a répété « je suis de droite ». C'était aussi une demande de clarification de la part de certains de son camp. Ça veut dire, aujourd'hui, lui, il veut incarner la droite, le centre, mais il ne s'adresse pas au centre-gauche, il ne s'adresse pas aux sociodémocrates ?

26:54
Invité

Je pense que c'est un peu plus compliqué que ça. Déjà, il y a un paradoxe, c'est qu'Édouard Philippe est le premier premier ministre d'Emmanuel Macron. Il est un macroniste de la première heure et donc, de fait, il a participé à ce brouillage de la gauche et la droite. Il a même participé pendant longtemps. Et donc, du coup, là, il dit, on a l'impression qu'il veut revenir à avant ce que lui-même a participé à construire ou à déconstruire. Et donc, c'est pour ça qu'il dit « je suis de droite ».

Parce qu'en fait, il veut rappeler l'homme qu'il était en 2016, il veut rappeler que la structuration de l'échiquier politique, enfin, en tout cas, du monde politique en deux pôles, la gauche et la droite et puis même on exclut l'extrême droite, c'est ça qu'il appelle de ses voeux et c'est ça qu'il veut reconstruire. Est-ce qu'il est la bonne personne ? Mais c'est quoi, montrer qu'il n'est pas

27:44
Présentateur

macroniste ? Parce qu'il n'a jamais été macroniste. Il n'a jamais été macroniste. Il vient des LR, il n'a jamais adhéré à Renaissance, il vient des LR, il a fond d'horizon.

27:52
Édouard Philippe

C'est lui qui disait que les poutres bougeaient.

27:54
Présentateur

La poutre travaille encore.

27:55
Invité

La poutre travaille encore, exactement. Je pense que, franchement, ces petites nuances que vous apportez sont tout à fait justes. 90% des Français pensent qu'il était macroniste parce qu'il était le premier Premier ministre d'Emmanuel Macron. Punto. Le reste, c'est des scories de l'histoire.

28:13
Présentateur

Et c'est ce que lui renvoie aussi Bruno Retailleau ?

28:15
Invité

Exactement.

28:16
Présentateur

C'est comme ça que Bruno Retailleau veut marquer la rupture avec Édor Philippe ?

28:18
Invité

Exactement. Sachant que lui-même a participé à des gouvernements sous la présidence d'Emmanuel Macron. Donc, en fait, tout cet espace-là est honnêtement assez compliqué à comprendre. Les dynamiques sont parfois contradictoires. Elles sont floues. Elles sont tâtonnantes aussi. C'est-à-dire que ça tâtonne beaucoup. On parlait tout à l'heure des zigzags de Gabriel Attal. Édouard Philippe aussi. Zigzag, on ne sait pas trop. Il dit parfois il va un peu plus à droite, parfois il va un peu plus à droite. C'est... Mais finalement,

28:50
Édouard Philippe

on retrouve avec... Si on prend Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, David Lysnard, on retrouve la primaire de la droite de 2016-2017. Vous avez les incarnations qui sont là. Avec Juppé qu'on retrouve dans Édouard Philippe. Quelques candidats comme François Fillon qu'on retrouve dans Bruno Retailleau. Gabriel Attal, je ne sais pas si ce n'est pas Nathalie Kosciusko-Morizet ou Bruno Le Maire. Non, mais pourquoi pas ? Et David Lysnard, le libéral de service comme il y avait Alain Madelin par le passé. Vous voyez, on est finalement dans cet espace-là. Il n'a pas changé.

29:34
Présentateur

Édouard Philippe, vous le disiez, il disait la poutre travaille encore. Michel Barnier, ce matin, il parle d'un temps de sédimentation. Comment tout ça retombe ? Comment ils réussissent ? On a l'impression que dans les mots, ils sont tous d'accord pour dire s'il y a deux candidats, on n'y arrivera pas. Mais comment ils aboutissent à un seul candidat ?

29:50
Édouard Philippe

Je crois que d'ailleurs, Michel Barnier l'a utilisé. Le mot, c'est la décantation, d'après lui, parce que je ne pense pas qu'il se livre à une primaire. Je crois que l'idée de la primaire, elle est morte. La primaire,

30:02
Présentateur

c'est les sondages ?

30:03
Édouard Philippe

La primaire, c'est les sondages. C'est-à-dire qu'il y a une décantation, c'est la sélection par les sondages. Bon, pourquoi pas ? Après tout, c'est comme ça que ça... J'espère qu'ils seront suffisamment responsables, vu de droite et du centre, pour qu'ils agissent comme ça. Après, s'ils veulent y aller à plusieurs, ils perdront à plusieurs.

30:23
Invité

Le problème, c'est que pour qu'il y ait une discrimination par les sondages, il faut qu'il y ait des espaces de discussion. Il faut qu'à un moment donné, Gabriel Attal, Édouard Philippe et Bruno Retailleau se retrouvent dans un même espace. Ils discutent, c'est ce qu'il a dit.

30:40
Présentateur

Hier, il avait l'air de dire qu'ils discutaient.

30:42
Invité

On n'a pas compris sur quoi ça allait aboutir, mais ils discutent. Exactement. Moi, je parlais de confrontation publique. C'est-à-dire, à un moment, il va falloir qu'ils mettent aussi en scène... Au fin de débat ?

30:53
Présentateur

C'est une sorte de primaire, quoi. Une primaire médiatique.

30:56
Invité

Oui, si on veut, mais c'est ça aussi la démocratie et c'est ça aussi la joie et le bonheur de la démocratie. C'est de pouvoir voir s'affronter, d'ailleurs, peu importe les espaces, si c'est toute la France ou si c'est juste la droite, de voir des gens qui s'opposent leurs arguments et ensuite, le problème, c'est qui est le juge de paix là-dedans ? Le fait que ça soit les instituts de sondage le juge de paix, je ne suis pas sûr que ça soit, en 2026, le meilleur des choix.

31:28
Édouard Philippe

Oui, sauf que les instituts de sondage en France se trompent rarement quand même. Contrairement à ce qui se passe aux États-Unis en Angleterre. Je ne suis pas certain

31:37
Invité

que la vie des Français d'ailleurs sur les instituts de sondage est très mauvaise.

31:41
Édouard Philippe

Oui, mais ça, c'est certainement. Mais quand vous avez 10 ou 15 points d'écart, parce qu'il faut quand même regarder d'où on part. Ah voilà,

31:48
Invité

mais s'il y en a un qui arrive à mettre

31:49
Édouard Philippe

10 points sur les autres... Il faut voir d'où on part. C'est qu'actuellement, on est loin du but, je dirais, Edouard Philippe, il fait la course largement en tête par rapport à Gabriel Attal, par rapport à David Lysnard, par rapport à Bruno Retailleau, qui sont tous en dessous de 10 et pour certains très en dessous de 10.

32:08
Présentateur

Donc l'équation se complique si ça se resserre dans les sondages ?

32:10
Invité

Évidemment. C'est-à-dire que si Edouard Philippe perd et que les autres arrivent... Mais c'est vrai qu'on ne voit pas trop... Moi, je n'arrive pas à voir le chemin que même Gabriel Attal va trouver pour essayer de gagner des points.

32:23
Présentateur

Il peut être celui qui incarne le barrage au Rassemblement National. Edouard Philippe, Marine Le Pen en fait son meilleur adversaire.

32:28
Invité

Oui, ça c'est absolument clair. D'ailleurs, c'est l'analyse que font beaucoup de gens. C'est de dire en 2027, vous avez une partie des Français sûrement majoritaire qui ne va pas accepter que le Rassemblement National passe et qui, au premier tour, va faire un vote utile qui va se reporter sur celui ou celle qui sera le plus capable de battre Marine Le Pen ou Jordan Barthé. On choisira au premier tour.

32:52
Présentateur

C'est l'atout d'Edouard Philippe ? Pardon ? C'est un atout d'Edouard Philippe ?

32:54
Édouard Philippe

Oui. C'est un atout de tous les autres candidats. Je pense que François Hollande, il a le même raisonnement. Exactement.

33:01
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Yves Tréard. Merci Pablo. Merci d'avoir été avec nous ce matin. Merci à tous de nous avoir suivis. On se retrouve demain. Très bonne journée. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.