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interviewGroupe RN - Assemblée· 31 octobre 2024

Discours de Thomas Ménagé (31/10/2024)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Sacrificiel, injuste, inutile, voilà ce qui caractérise la réforme des retraites de 2023 portée par Emmanuel Macron et le gouvernement d'Elisabeth Borne. Je pense ce matin, en étant à cette tribune où j'ai l'honneur de porter ce texte, à la France qui se lève tôt, la France qui bosse, la France qui éprouve son corps dans le travail. Je pense à tous les Français qui sont abîmés par des années de labeur et qui n'ont pas tous les trimestres nécessaires pour prétendre à une pension de retraite digne.

Je pense en particulier à toutes ces femmes qui travaillent plus souvent que les hommes dans un emploi précaire à temps partiel. Ces femmes subissent de plein fouet la réforme de 2023 avec un âge moyen de départ qui devrait augmenter 5 mois de plus que les hommes. Je pense aussi à ceux que je rencontre toutes les semaines dans le Gatinet et que vous devez rencontrer dans vos circonscriptions, qui se demandent comment ils iront jusqu'à 64 ans quand ils sont déjà au chômage ou qu'ils sont malades.

Notre proposition de loi d'abrogation soumise à l'examen des députés de la Commission des Affaires Sociales n'était pas celle d'un camp ou d'une chapelle. Ce texte n'était pas la transposition du programme du Rassemblement National, c'était un texte transpartisan. C'est le texte qui nous est demandé par 6 millions de Français, plus de 90% d'entre eux, qui ne sont pas satisfaits de la réforme et veulent du changement.

Cette abrogation de la réforme des retraites dispose d'une majorité absolue, je dis bien absolue, dans cet hémicycle. Car si les Français n'ont pas donné une majorité parlementaire à la France, ils ont élu une majorité absolue contre la réforme des retraites. C'était sans compter sur le sectarisme de la gauche et de l'extrême gauche, comme sur l'entêtement des députés de l'ancienne majorité et de la nouvelle minorité.

C'était sans compter sur cette nouvelle alliance du Parti unique qui va de Jean-Luc Mélenchon à Laurent Wauquiez, en passant par Gabriel Attal, qui a tenté de s'aborder ce texte en commission. Mais qui sera étonné ? Car depuis le 9 juin et la victoire éclatante du RN aux élections européennes, l'extrême-centre et l'extrême-gauche se servent la soupe en permanence.

Laissez-moi résumer. Gabriel Attal soutient et fait élire des députés LFI. LFI appelle à faire voter et faire élire Elisabeth Borne, celle qui a mis en place la réforme des retraites.

Le groupe de Gabriel Attal et les députés de l'extrême-gauche s'allient pour se répartir les postes clés de l'Assemblée, au mépris des 11 millions d'électeurs du RN. Et enfin, la semaine dernière, l'extrême-gauche et les macronistes, en commission, pactisent pour tenter d'embrécher la rérogation de la réforme des retraites. Avec ces magouilles, vous avez gagné le prix du mépris, le prix de l'hypocrisie, le prix de l'insécérité, le prix du sectarisme et enfin le prix de la bouffonnerie.

Mais ceux qui en paieront le prix aujourd'hui, ce sont malheureusement les Français. Heureusement, les Français peuvent compter sur les députés du RN pour défendre l'intérêt général en dehors de ces combinaisons d'appareils. Heureusement, ils peuvent compter et pourront toujours compter sur Marine Le Pen et sur Jordan Bardella pour défendre une réforme des retraites juste et efficace.

Collègues de gauche, les Français savent qu'ils ne peuvent plus compter sur vous pour défendre les travailleurs de notre pays, les ouvriers, les salariés. Devant les caméras, vous jouez l'opposition. Mais quand il s'agit de voter la brogation, vous préférez l'abstention.

Les Français ont maintenant bien compris que dans vos votes, vous n'étiez que des sociotraîtres. Vous les avez lâchement abandonnés. Vous les avez à nouveau abandonnés sur l'autel de vos nouveaux combats que sont le communautarisme, l'islamisme et l'antisémitisme.

Et ces derniers jours, vous nous avez offert le festival du cynisme avec une nouvelle clounerie pour amuser la galerie. Faire croire aux Français qu'il était possible d'abroger la réforme des retraites par un simple amendement au budget de la sécurité sociale. Mais patatras, le président LFI de la commission des finances a finalement avoué qu'il était impossible d'abroger la réforme par amendement, contredisant toute votre pyramide de mensonges.

Au fond, tout cela n'était qu'une incroyable manœuvre de diversion pour masquer votre duplicité et votre responsabilité dans la faillite de notre système social. Avec vos amendements bidons, vous avez tenté de masquer le député NFP François Hollande, qui n'est pas là encore une fois aujourd'hui, et qui a mis en œuvre la réforme touraine et le passage aux 43 annuités, qui empêchent la quasi-totalité de Français de partir à la retraite à 62 ans. Vous avez également tenté de masquer le député NFP Aurélien Rousseau, ancien directeur de cabinet d'Elisabeth Borne, et surtout l'artisan du passage à 64 ans.

Vous avez enfin tenté de masquer votre vote honteux contre l'abrogation de la réforme des retraites que nous avons portée la semaine dernière en commission des affaires sociales, main dans la main avec vos alliés macronistes. Je tiens toutefois à remercier sincèrement notre collègue du groupe communiste Yannick Monnet, qui a courageusement voté notre texte en commission. Yannick Monnet est le seul élu de gauche, courageux, qui a au final respecté simplement l'engagement pris devant ses électeurs.

Car oui, chers collègues, quand un député de gauche tient ses promesses, c'est tellement rare qu'il faut le remercier et qu'il faut l'applaudir. Et dans cette entreprise de destruction d'un texte de concorde national attendu par les Français, collègues de gauche, les macronistes vous ont une nouvelle fois fait la courte échelle. En commission, vous avez voté ensemble pour s'aborder ce texte afin de restreindre les débats en hémicycle.

Ensuite, la présidente de notre institution, garante de l'initiative parlementaire et des droits des oppositions, a sorti son baillon pour museler l'initiative consensuelle du premier parti de France et des millions de Français qui l'attendent et la soutiennent. Yannick Monnet, qui a fait le tour des plateaux de télévision en expliquant qu'elle serait une présidente qui protégera l'institution et les droits des parlementaires, s'est révélé être la clé de voûte du parti unique. Notre présidente tente ainsi d'empêcher par sa décision tout débat sur l'abrogation de la réforme des retraites.

Car ils veulent absolument éviter une chose, le vote. Les macronistes ont évité le vote pendant l'examen de la réforme de 2023, bien aidé par nos collègues de gauche qui ont été une nouvelle fois les idiots utiles du camp présidentiel. Car en faisant durer les débats, par une obstruction insensée et de l'aveu même de Philippe Martinez, chef de la CGT, c'est bien la gauche qui a empêché l'Assemblée de voter contre le report de l'âge légal.

Les macronistes ont évité le vote ensuite, en devenant des professionnels de la gymnastique constitutionnelle 47-1, 44-3 et enfin 49-3, poussant ainsi nos institutions à bout. Les macronistes ont évité le vote en juin 2023, lorsque Charles de Courson était à ma place et défendait strictement la même loi. Si vous avez tout fait pour empêcher le vote, c'est bien parce que vous étiez minoritaire dans l'hémicycle pour faire passer cette réforme injuste pour les Français et inefficace d'un point de vue économique.

Surtout, elle était fondée sur un mensonge. Vous avez répété sur tous les plateaux télé que votre réforme était nécessaire pour préserver le niveau des pensions. Pour un an après, dans le cadre de nos débats budgétaires actuels, proposer d'appauvrir encore plus nos retraités en désindexant leurs pensions.

Les personnes que j'ai pu auditionner durant la préparation de ce texte me l'ont assuré. La viabilité d'un système se mesure à la santé des finances publiques. La santé des finances publiques, elle, dépend de leviers que personne ne veut traiter ici, à part le Rassemblement national.

Je parle du taux d'emploi, de la productivité, de la démographie et particulièrement de la natalité ou encore des économies que l'Etat pourrait réaliser sur son train de vie. Avec ma collègue Laure Lavalette et l'ensemble des députés du groupe ERN, nous avions déjà tiré la sonnette d'alarme sur ces sujets lors des débats en 2023. Ce sont autant de sujets sur lesquels les gouvernements successifs ont préféré fermer les yeux depuis plus de 30 ans.

En ce qui nous concerne, notre projet est clair, connu et plébiscité par les Français. Pour ceux qui ont commencé avant 20 ans et qui exercent des métiers difficiles, nous proposons un départ à la retraite à 60 ans, avec 40 annuités. Pour ceux qui ont commencé après 20 ans, nous proposons un système progressif, avec un départ à 62 ans et 42 annuités.

Notre projet concilie justice sociale et maîtrise des dépenses publiques face au dérapage incontrôlé de la dette causée par Emmanuel Macron. Notre projet défend la valeur travail et incite à faire entrer plus tôt nos concitoyens sur le marché du travail, car nous préférons que les Français travaillent entre 20 et 22 ans plutôt qu'entre 64 et 66 ans. Nous aurons, nous, la volonté d'agir sur l'ensemble des leviers macroéconomiques plutôt que de faire payer l'addition aux Français.

Dans l'attente de l'arrivée inéluctable de Marine Le Pen et de Jordan Bardella au pouvoir, nous avons souhaité proposer ce texte consensuel d'abrogation des pires dispositions de la loi Borne et de la loi Touraine. Nous avons la responsabilité aussi de réparer une erreur démocratique inédite sous la Vème République, avec une réforme des retraites passée, sans vote, par un coup de force. Cette abrogation, nous en avons pris l'engagement devant les Français et nous la tiendrons coûte que coûte.

C'est la raison pour laquelle, sans présager de l'issue de nos débats aujourd'hui, mais en cohérence avec les engagements que nous avons pris devant les Français, parce que l'intérêt général et notre seule boussole, nous soutiendrons demain, s'il le faut, toute autre initiative parlementaire, d'où qu'elle vienne, susceptible d'abroger cette réforme. Et tous ceux qui proposeront demain l'abrogation doivent avoir en tête que, sans les voix du Rassemblement national, premier groupe de notre Assemblée, aucune abrogation n'est possible. Donc aujourd'hui et demain, soyons cohérents et votons ensemble l'abrogation de la réforme des retraites.

Merci. Applaudissements. Applaudissements.

Applaudissements. Applaudissements.