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interviewBFMTV — BFM Politique· 15 octobre 2023 48 min

François Ruffin, député LFI-NUPES de la Somme et fondateur de "Picardie Debout" - 15/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Benjamin Duhamel

0:09
François Ruffin

Bonjour, bonjour à tous. Merci d'être avec nous pour votre grande interview politique du dimanche, BFM Politique. Notre invité aujourd'hui, c'est François Ruffin, député de la Somme Insoumis. Bonjour François Ruffin. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. On reviendra bien sûr dans quelques instants sur l'attentat terroriste qui a frappé ce professeur de lettres à Arras, mais aussi sur vos déclarations concernant la situation au Proche-Orient. Vous êtes l'un des hommes de la semaine. Voilà ce que vous avez dit. Notre parole n'est pas à la hauteur de la gravité des événements. Vous vous êtes démarqué de certains de vos collègues insoumis.

On reviendra et vous nous expliquerez ce que vous avez voulu dire. Pour vous interroger aujourd'hui avec moi, Amandine Attalaya. Bonjour Amandine. Bonjour. Bonjour Marion Mourke, chef adjoint du service politique du Parisien. Bonjour. Beaucoup de questions donc à vous poser, M. Ruffin, mais juste avant le journal, Léopold Audebert.

0:54
Invité

Oui, bonjour Benjamin. D'abord, évidemment, l'émotion immense à Arras. De très nombreuses personnes ont participé au rassemblement citoyen en hommage à Dominique Bernard, l'enseignant tué vendredi dans son lycée, victime du terrorisme. Samy Sfaxi, vous avez suivi avec nous, justement, ce rassemblement. On le disait, énormément d'émotions sur cette place. Une cérémonie bouleversante, même je dirais, Léopold, pour toutes les personnes qui étaient présentes ici, que ce soit les parents d'élèves, les élèves, même les journalistes, il faut dire les choses.

C'est vrai qu'il y avait énormément de monde ici sur cette place des héros à Arras et en attaquant ce professeur, c'est toute la République qui a été attaquée. Tout le monde l'a dit, tout le monde l'a répété. Je vous propose d'ailleurs d'écouter le maire d'Arras, Frédéric clôture, qui a eu des mots très forts dans ce sens. Il n'y a pas de mots pour qualifier cet acte barbare. Il n'y a pas de mots pour apaiser les couleurs. Il n'y a pas de mots. Notre République est à l'épreuve. À l'épreuve. Notre République est à l'épreuve d'une nouvelle souffrance, d'un monde en souffrance. Notre République est à l'épreuve de textes qui doivent être revisités. Notre République est à l'épreuve.

Elle doit, nous devons, car nous sommes ensemble la République. Nous devons ensemble déterminer le chemin que nous voulons pour la communauté française, que nous formons, pour la communauté européenne à laquelle nous sommes, à laquelle nous appartenons, pour le monde dans lequel nous vivons, pour le monde dans lequel nous voulons vivre. Rassemblés, unis, debout. Nous avons la force de dépasser les épreuves. Rassemblés, unis, debout. Nous avons la force de trouver le chemin de la société que nous voulons. Ce dimanche, nous sommes rassemblés, unis, debout. Nous faisons bloc ensemble. Bloc avec les familles. Bloc avec les enseignants.

Bloc avec les agents du collège et du lycée d'Angleterre-Carnica. Beaucoup de larmes ont coulé et coulent encore d'ailleurs autour de moi pour ce rassemblement. Et en tout cas, ici, il y avait cette volonté d'afficher vraiment cette unité, se tenir debout face à cette attaque barbare ce matin. Pas de politique présente ici, justement, sur cette place des rollers. L'heure était vraiment au recueillement. Faire bloc ensemble, c'est également l'expression qui est régulièrement revenu. Samis Faxi sur place avec Romain Lavoie. L'autre actualité, c'est évidemment la situation au Proche-Orient ce matin. On l'a appris.

Tzal a mis en place un nouveau corridor humanitaire, ouvert depuis 9h, heure française, et qui s'apprête à fermer. L'armée israélienne, qui a déjà appelé ces dernières heures les Gazaouis à se rendre rapidement au sud de la bande de Gaza, alors que sa réplique sur Gaza semble imminente. Dans ce contexte, Catherine Colonna, la ministre des Affaires étrangères, est-elle aujourd'hui en déplacement en Israël ? Elle s'est exprimée après sa visite de l'hôpital d'Ashkelon et est revenue notamment sur les ressortissants français retenus en otage par le Hamas. Mon premier geste a été de rencontrer les familles françaises qui comptent dans leur rang un proche, disparu.

Parce que c'est une priorité pour nous d'être à leur côté, de le leur dire, de le leur montrer et de les assurer que la France fait tout. La France fait tout pour leur rendre leurs proches. Et tout de suite, c'est BFM Politique avec François Ruffin, le député de la France Insoumise, invité de Benjamin Duhamel. A tout à l'heure.

4:28
Présentateur

BFM Politique Benjamin Duhamel

4:31
François Ruffin

François Ruffin, député de la Somme Insoumise, invité de BFM Politique. François Ruffin, juste avant de vous interroger, je rappelle pour ceux qui nous regardent à la maison qu'à la droite de l'écran apparaît un QR code que vous pouvez flasher et nous relayerons tout au long de l'émission. Les questions que vous posez, François Ruffin, on vient de l'entendre, la France a été frappée une nouvelle fois vendredi par le terrorisme islamiste. Un professeur de lettres est mort, il s'appelait Dominique Bernard, tué par un jeune de 20 ans né en Russie, fiché S, près de 3 ans après l'assassinat de Samuel Paty, lui aussi assassiné par un islamiste.

On n'a toujours pas retenu les leçons de ce qui s'était passé ? D'abord,

5:10
Invité

dire l'horreur, dire le chagrin, dire la colère, que je partage, je pense que nous partageons tous ici avec les amis de Dominique Bernard, avec ses élèves et bien sûr, avant tout, avec sa famille, dire que c'est l'école de la République, c'est-à-dire un pilier de notre République qui est à nouveau frappé. Mais je voudrais dire autre chose aussi. J'ai une amie qui enseigne dans ce lycée Gambetta à Arras, j'ai évidemment échangé avec elle, et je voudrais dire ce que m'inspire son récit. On a là des gens ordinaires, un prof de sport, un enseignant de lettres, un agent des cantines, qui ne sont pas nés, qui ne sont pas préparés à affronter le danger. Mais quand le danger surgit, que font-ils ?

Ils l'affrontent. Ils affrontent le danger. Ils s'interposent entre le terroriste et les élèves. Ils sont héroïques. Ils donnent leur vie pour les élèves. Et je veux qu'on dise l'horreur. L'horreur. Mais je veux qu'on dise aussi cette réserve d'humanité qu'il y a chez les gens ordinaires quand surgit des temps troublés. Je veux qu'on dise ces joyaux d'altruisme qui doivent aussi, dans notre esprit, dans notre mémoire, effacer le fanatisme. Mais François Ruffin, vous parliez de cette amie enseignante. Beaucoup de professeurs aujourd'hui sont inquiets de reprendre les cours. Qu'est-ce que vous dites, pour les rassurer ? Est-ce qu'il faut davantage de mesures de sécurité ?

Est-ce qu'il faut des mots, les encadrés ? D'abord, on va venir aux mesures, les unes après les autres, qui sont proposées par le gouvernement, dire que, évidemment, je ne viens pas du tout ici dans un esprit de polémique. mais quel est le but qui est visé par les terroristes, par ces terroristes islamistes ? Le but, c'est de diviser. C'est de diviser la société. Leur but, c'est de polariser. Leur but, c'est d'hystériser. Leur but, c'est, comme ils le disent, de faire que se confrontent les croyants et les mécréants, que se confrontent les musulmans et le reste des Français. Ça veut dire que nous, qu'est-ce qu'on doit faire ? Je l'ai entendu. On doit faire bloc. On doit faire unité.

On doit faire du commun. On doit faire la France ensemble.

7:29
François Ruffin

On vous entend, et vous aurez toute occasion de répéter ce message-là, mais sur une question très précise de professeurs qui disent qu'on a peur quand on est dans une salle de classe parce qu'on se dit que ça peut nous arriver. Est-ce qu'il faut, par exemple, comme certains le demandent, mettre des portiques à l'entrée des salles de classe ? Est-ce qu'il faut davantage d'effectifs pour assurer la sécurité dans les établissements ? C'est des questions assez concrètes qui vont se poser dès lundi.

7:53
Invité

Dans l'urgence du moment, compte tenu de la situation nationale et internationale, je ne suis pas dans le secret des ministères pour savoir quel est le degré de menace qui pèse sur le pays et sur les établissements scolaires. Maintenant, l'orientation générale sur ce que je veux comme société pour nous, ce n'est pas des vigiles partout. Donc, je pense que la première chose à faire, c'est d'écouter les enseignants. Mais c'est de les écouter vraiment. Vous savez, dans l'échange que j'avais avec cette amie, elle me disait quand hier Gabriel Attal est venu avec les gens du rectorat, on ne voulait pas leur parler. Pourquoi on ne voulait pas leur parler ?

Parce que pendant des années, ils ont eu le sentiment et que ce n'est pas un sentiment, ils n'ont pas été entendus. Ils n'ont pas été entendus quand ils ont dit que ces élèves, cette famille, il y avait des propos radicaux qui étaient tenus quand c'était dit en conseil de classe, quand il y a eu le sentiment que ce n'était pas remonté et quand on n'en tenait pas compte. Il y a eu une sorte de pas de vague ? J'ignore et je ne veux pas, je ne viens pas ici, je vous le redis, dans un esprit polémique.

8:54
François Ruffin

Pardon François Ruffin, mais vous racontez un témoignage important. Vous dites que cette amie, votre collègue à Arras, souligne le fait qu'il y avait des alertes sur le profil de cet enseignant.

9:03
Invité

Alors, c'est dans la presse, les enseignants avaient remontré que dans la famille Mugachev, non seulement pour Mohamed, mais aussi pour son grand frère, il y avait des propos qui étaient tenus en classe, les enseignants d'histoire s'en plaignaient, et ça, ça n'a pas été entendu. Mais de façon globale, si on élargit, les enseignants aujourd'hui ne sont pas assez entendus, ils sont trop seuls face à cette menace. C'est l'évidence, mais pas seulement face à ça.

Vous voyez, par exemple, une mesure très concrète, c'est pour ça que je vous dis qu'il faut entendre, hier, le ministre a été pris à partie à la fin par un enseignant qui lui a dit mais faites-nous confiance, nous sommes des professionnels, faites-nous confiance. À un moment, les experts, ce sont aussi les gens qui travaillent, qui travaillent là dans les collèges et dans les lycées, on doit les écouter sur des choses toutes bêtes. Il craignait déjà un attentat d'une autre nature, mais il craignait qu'une voiture vienne rentrer dans la porte de l'établissement. Et il demande, depuis des années, à ce qu'il y ait des plots en béton qui soient installés devant les portes.

Eh bien, il y a des réunions, il y a des discussions, il y a des audiences, il y a tout ça, mais il n'y a toujours pas les plots. Et vous dites quoi ? Ça s'est relâché, la surveillance ? C'est relâché ? Non, je ne dis pas la surveillance, je dis qu'il nous faut que les gens qui travaillent là, dans les écoles, soient écoutés par leur hiérarchie. Que pas seulement soient écoutés, mais que ça ait une influence sur leur lieu de travail, leur organisation de travail. Les experts, pas seulement en matière de sécurité, mais les premiers experts, ce sont les gens qui vivent ça. Donc, ce que je demande, il va y avoir deux heures d'écoute collective le matin. Les élèves arriveront à 10 heures.

Je pense qu'il faudrait des heures d'écoute collective tous les mois, mais il s'agit seulement, il s'agit que aussi que la hiérarchie écoute, que ça remonte. François Ruffin, il y a un rôle aussi quand même des partis politiques et vous disiez, il faut faire bloc. Est-ce que la gauche, d'abord, ne devrait pas faire bloc en utilisant les bons mots ? À savoir, vous parlez d'un danger et vous avez dit d'ailleurs sur Twitter, il s'agit du terrorisme islamiste. Jean-Luc Mélenchon, par exemple, n'utilise pas ce mot. Est-ce que c'est un problème ? Est-ce que c'est une faute ? Pourquoi la gauche ne parle pas d'une seule voix en disant les choses ? Terrorisme islamiste.

C'est du terrorisme islamiste, je l'ai dit, c'est aujourd'hui de l'ordre de l'évidence, mais franchement, pour vous, pour moi, pour les Français, franchement, je vous le dis comme je le pense, il s'agit aujourd'hui d'élever le débat, de se demander qu'est-ce qu'on fait pour s'unir face à ça. Et il y a l'évidence aujourd'hui que la France insoumise, que toute la gauche n'use pas de ce fait-là pour faire de la petite politique.

11:43
François Ruffin

C'est juste de dire, vous ciblez clairement l'ennemi. L'ennemi, c'est le terrorisme islamiste. L'idée, ce n'est pas de faire de la polémique, c'est que parfois, certains ont du mal à cibler ceux qui nous frappent sur notre sol. Vous dites clairement, l'ennemi, c'est le terrorisme islamiste.

11:59
Invité

C'est très clair et qu'il faut cibler ça. Le cibler de manière précise, c'est-à-dire sans opérer de confusion, sans opérer d'amalgame, sans opérer un élargissement à la grande masse des Français de confusion musulmane qui, sur notre pays, dans notre pays, veulent exercer leur foi de manière paisible, dans la tranquillité. Oui, mais est-ce que ce n'est pas un combat que la gauche doit porter davantage cette lutte aujourd'hui contre le terrorisme ? Certains ont l'impression que la gauche est parfois gênée, embarrassée par cette question trop silencieuse.

Vous m'entendez, il ne me semble pas que je suis silencieux, il me semble que je ne l'ai jamais été et je ne pense pas qu'il y a de difficulté à gauche aujourd'hui à affronter franchement le danger du terrorisme. Il n'y a pas de souci de ce côté-là. Franchement, je vous le redis, je ne suis pas là pour faire de la petite polémique. Nous non plus. Et on pose une question de marge-mour

12:51
François Ruffin

sur les éventuelles failles du renseignement.

12:52
Invité

Oui, on en vient au profil de l'assaillant. Il était fiché S, il avait été débouté du droit d'asile, il était mis sur écoute, il avait même été contrôlé la veille de l'attaque. Est-ce que pour vous il y a une faille des renseignements français ? Est-ce qu'on pouvait faire plus dans ce cas où vous dites finalement que c'était incontrôlable ce passage à l'acte, on ne pouvait pas prévoir ? Alors, à nouveau, il y a beaucoup de prudence à avoir s'il doit y avoir une commission d'enquête pour vous montrer quelles sont les failles. Ça peut faire l'objet. Mais on est dans un temps aujourd'hui qui n'est pas celui-là. Pour moi, on n'est pas dans ce temps-là. On est dans un...

Moi, je suis convaincu que le gouvernement, tous les services de police, tous les services de renseignement ont fait de leur mieux pour combattre le terrorisme sur notre pays, pour le prévenir, pour l'empêcher. Et un certain nombre d'attentats ont d'ailleurs été prévenus et empêchés. Donc, ça n'empêche pas. Ça n'empêche pas d'avoir, quand un acte surgit de cette nature-là, d'avoir des questions, d'avoir des interrogations. Moi, c'est la logique générale que je veux interroger, dont je veux bien discuter avec M. Darmanin, mais il ne s'agit pas de le poser comme un combat.

Mais la logique générale en matière d'expulsion, je l'ai déjà dit, je me suis déjà exprimé à ce sujet, on ne devrait non pas être dans l'arrosage, mais on devrait être dans le ciblage. Cibler davantage les expulsions ? Oui, tout à fait. Il faut cibler, identifier qui sont aujourd'hui ceux qui causent du trouble

14:23
François Ruffin

dans la République. Mais François Ruffin, pardon, mais soyons très précis dans le cas d'Espèce. Ce que dit Gérald Darmanin, c'est que cette personne n'était pas expulsable parce qu'elle était rentrée sur le territoire français avant ses 13 ans. Est-ce que là, vous dites clairement, si on est pragmatique et s'il faut mieux cibler les expulsions, ça fait partie des éléments de droit, des règles qu'il va falloir faire évoluer pour que le danger s'éloigne ?

14:45
Invité

Vous savez, quand je viens pour un média comme le vôtre, qui est un média important et dans une heure importante pour notre pays sur des questions qui sont très sensibles et très graves, je consulte. Je consulte des juristes, je consulte des préfets, je consulte pour m'informer. Il se trouve que dans le code du séjour des étrangers et du droit d'asile, article 631 alinéatoire, je vous lis, ce qu'on peut faire avant 13 ans parce que la discussion, c'est qu'en gros, les gens sont expulsables en cas de menace à la République mais que s'ils ont été en France avant 13 ans, ce n'est pas possible et en fait, il y a des exceptions à l'exception. Je vais vous lire M.

Duhamel parce que vous m'avez demandé d'être précis, je vais être précis. En cas de comportement de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État ou lié à des activités à caractère terroriste, donc on est bien dans ce qu'être là, ou constituant des actes de provocation explicites et délibérés à la discrimination, à la haine ou à la violence, eh bien, il y a tout à fait la possibilité d'expulsion.

15:51
François Ruffin

Ce que répond la place Beauvau, pardon, c'est de dire qu'il n'y avait pas de commission avant le drame de vendredi d'actes délictuels. Donc, si je vous comprends bien, vous nous lisez ce point du code PRA, et vous dites qu'il n'y a rien à changer ?

16:06
Invité

Je demande, à mon avis, si vous regardez ça, c'est déjà très large. C'est déjà très large. Mais pourtant, ça n'a pas été appliqué. Mais il ne s'agit pas de changer la loi et vous ne voteriez pas cette nouvelle disposition que souhaite Gérald Darmanin d'expulser ? Si après étude et pas dans l'urgence, dans l'émotion, il apparaît nécessaire de changer la loi, je pense qu'il ne s'agit pas d'en faire un tabou absolu. Maintenant, je dis qu'il y a déjà ça et en vérité, c'est toute la question sur ce terrain-là, mais sur plein d'autres terrains, ce n'est pas le contenu de la loi, c'est l'application de la loi. Et j'en reviens. J'en reviens à ce que je disais sur l'arrosage et le ciblage.

Nous devons cibler aujourd'hui les 100, les 200, les 300 personnes qui risquent de commettre des attentats, qui risquent de nuire à la République. Et comment est-ce que c'est ? C'est ce qu'on appelle le haut du spectre du fichier de la radicalisation pour terrorisme. Il y a un fichier qui est consacré à ça qui n'est pas le fichier S qui est un fichier beaucoup plus large que ça, mais dans le haut du spectre on doit avoir les 100. Mais alors là, ce qu'il s'agit de faire, c'est pour ça que je vous dis que c'est l'application de la loi et non pas la loi elle-même, c'est-à-dire que sur ça, il faut mettre tous les moyens.

Il faut mettre les moyens de la police, il faut mettre les moyens du renseignement, il faut mettre les moyens de la justice. Le ministre de l'Intérieur vous demande de donner ces moyens. Et il faut mettre les moyens de la diplomatie parce que vous savez que ce qui bute en dernier ressort sur un certain nombre de cas, c'est le refus des consulats d'accueillir leurs propres ressortissants.

Donc, je vous le redis, ma logique que j'ai déjà exprimée avant même que ne se produise cet attentat qui est de dire qu'en matière d'expulsion, on ne doit pas être sur un arrosage avec 100 000 personnes mais qu'on doit être sur le ciblage avec 100, 200, 300 personnes et que là-dessus, on concentre les moyens. Mais précisément, François Ruffin, cette famille, la famille de ce terroriste, vous la situer où sur un spectre ? Parce que là, en l'occurrence, son frère, par exemple, est incarcéré pour apologie du terrorisme. Il avait voulu planifier un attentat contre l'Elysée. Son père a été expulsé en 2018 parce qu'il était radicalisé.

Est-ce que là, vous ne vous dites pas que cette famille précisément n'avait rien à faire en France ? Je me dis, cette famille, elle ne devait plus être en France. Oui. En tout cas, quand il y a ça qui... que le CV est de cette nature-là, oui, il n'y a pas de doute que pour moi, là, ce qu'on a sous les yeux, c'est le haut du spectre du fichier de la radicalisation. Et pourtant, vous savez aussi...

18:44
François Ruffin

Quand on regarde le détail, en 2014, cette famille n'avait pas été expulsée, notamment du fait de la mobilisation sur place de plusieurs associations de gauche, la CIMAD, le MRAP, le Parti communiste local en Ile-et-Vilaine, est-ce qu'avec le recul, ça ne vous apprend pas qu'il faut, dans ce genre de situation, être plus ferme ? Ce que la gauche n'a pas toujours été.

19:04
Invité

Le Premier ministre, enfin, ministre de l'Intérieur à l'époque, Manuel Vasse, s'est exprimé ce matin et il a dit que c'est sûrement pas sous la pression des associations que cette décision a été prise, mais c'est par le choix plein et entier de son préfet et du ministre de l'Intérieur de l'époque. Non, il dit que son cabinet a été saisi sous la pression des associations. Il a été saisi, mais ils ont, je veux dire qu'à l'époque, les enfants avaient 8, 11 et 13 ans, il me semble. Bon, donc, il n'y avait pas de fait de terrorisme à ce moment-là. Bon, ça, c'est une première chose.

Dire qu'ensuite, moi, quand des préfets me disent qu'il y a un soupçon, qu'il y a, on n'y touche pas, on laisse faire. Là, le préfet, s'il avait dit qu'on a un problème qui est un problème de radicalisation de terrorisme, je pense que les associations n'auraient pas bougé. Mais justement, quand vous dites qu'il faut cibler les expulsions, aujourd'hui, on a un projet de loi immigration qui va arriver au Parlement, est-ce que vous dites d'accord, je vais le regarder et il faut peut-être le voter, puisque Gérald Darmanin vous demande aux parlementaires d'avoir les moyens d'expulser davantage ?

Oui, je vous le redis, si c'est dans une logique de ciplage et non pas d'arrosage général, je regarderai. Donc, il n'y a pas de refus de voter ce texte ? Après, vous savez, là, c'est une loi immigration, ce n'est pas une loi expulsion des terroristes, d'accord ? Donc, ça veut dire que je ne veux pas mélanger les deux.

20:26
François Ruffin

Non, mais François-Evald, l'idée, c'est de lever des verrous qui empêchent le ministre de l'Intérieur d'expulser ceux qu'il voudrait expulser et qu'il ne peut pas hier soir, au 20h de TF1, il disait, au 2tf1, il disait, il y a 4 000 personnes quand l'État, compte tenu du droit, je ne peux pas expulser.

20:40
Invité

Je vois là votre titre sur terrorisme islamiste, la gêne de la gauche. Est-ce que vous entendez une gêne dans ma voix ? De votre part ? Non, mais de la part d'autres. Non, je ne pense pas qu'il y ait de gêne aujourd'hui. Il y a une très grande clarté quand il y a du terrorisme islamiste, on affronte ce danger et on le prend à bras le corps. Je ne pense pas sur cette question. Vous savez que les Français voient d'autres partis politiques aller beaucoup plus loin. Bien évidemment, notamment le Rassemblement national, puisque par exemple, Jordan Bardella dit aujourd'hui qu'il ne faut pas s'embarrasser de 3 000 précautions.

Par exemple, les 4 500 fichiers S pour radicalisation, il faut les mettre dehors. Vous en pensez quoi de propos comme ça ? Vous savez, je trouve le comportement du Rassemblement national depuis 24 heures indigne. Pourquoi ? Pourquoi ? On les imagine quand ils ont reçu la nouvelle de l'attentat à Arras avec un petit rectus malsain. Et là, on les voit qui sautent sur l'occasion. Qui sautent sur l'occasion quand on... Dans la demi-journée... Là, vous leur faites un procès un peu gratif sur le rectus malsain. Non, c'est pas un procès un peu gratif. Oui, mais quand vous voyez que dans la demi-journée, ils demandent la démission du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

C'est sauté sur l'occasion. C'est créé... Mais si...

21:56
François Ruffin

Certains nous regardent... Pardon, François, et si on est l'avocat de personne, mais certains nous regardent et se disent qu'il y a eu peut-être des dysfonctionnements, vous disiez vous-même que cette famille n'aurait pas dû être sur le territoire. Est-ce qu'à un moment donné, il n'y a pas une responsabilité politique qui peut s'imposer ? Il peut y avoir

22:08
Invité

une responsabilité politique. Est-ce que vous pensez que c'est sous le coup de l'émotion dans la demi-journée, alors qu'on mobilise nos services de police pour éviter des attentats, qu'il y a une chaîne de commandement qui remonte jusqu'à la place Beauvau et que c'est à ce moment-là qu'on doit demander la démission... Mais sur le fond, sur l'expulsion des fichiers S radicalisés. Mais est-ce que c'est à ce moment-là qu'on doit demander la démission du ministre de l'Intérieur ? Je vous le redis, qu'ils veulent les terroristes ? Ils veulent hystériser le débat. Mais vous ne répondez pas. Je vais vous répondre, mais laissez-moi m'exprimer. Ils veulent polariser le débat.

Et on sait que les terroristes visent une chose, c'est en particulier les partis d'extrême droite pour animer les partis d'extrême droite et pour parvenir à une grande confrontation entre eux et l'extrême droite. Nous devons éviter ça. Nous ne devons pas hystériser le débat comme le fait... Et vous bien savez, proposer la démission du ministre de l'Intérieur et un certain nombre de choses... Mais ce n'était pas ma question, François. Mais d'accord, mais là, dans l'urgence, c'est déstabiliser le pays à un moment où le pays a besoin de sang-froid. Et je dis que quand on fait ça, quand on est Jordan Bardella qu'on prétend au pouvoir et qu'on fait ça, on n'est pas à la hauteur des éléments.

Donc je vais venir sur le fichier S.

23:20
François Ruffin

Juste, François Riffin, on doit partir en plus, mais on continue à en parler juste après. Donc on se retrouve dans quelques instants. Ne vous inquiétez pas, on aura tout le temps d'en parler. A tout de suite. François Riffin, député insoumis de la Somme et l'invité de BFM Politique. François Riffin, on va parler dans quelques instants du prochain. Je voudrais juste avoir une précision pour que ceux qui nous regardent comprennent bien. En première partie de cette émission, vous avez été ouvert sur la possibilité d'amender le droit, éventuellement de soutenir le ministre de l'Intérieur sur quelques points si nécessaire.

Ça veut donc dire que vous ne fermez pas la porte à la possibilité de voter la loi immigration si elle permet de régler un certain nombre de sujets qui ont empêché des expulsions de gens qui sont dangereux

24:05
Invité

sur notre sol. La loi immigration, elle est beaucoup plus large que ça et je vais avoir à l'intérieur de cette loi immigration des tas de points de désaccord. Notamment parce que je pense qu'il y a un devoir de fermeté et il y a un devoir d'accueil aussi. C'est-à-dire qu'on doit reconstruire une politique d'accueil dans notre pays. On doit faire qu'il n'y ait pas un temps où les gens ne savent pas s'ils sont dehors, s'ils sont dedans, dans un flou et cette politique d'accueil elle passe pour moi par deux biais. Un premier biais qui est la langue.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui on est dans le bricolage avec des associations qui font un travail d'acquisition de la langue et ça dépend des territoires où on se trouve alors qu'il doit y avoir la possibilité et presque l'obligation d'apprendre le français quand on entre sur notre territoire. Donc la langue c'est très important et ça ce n'est pas dans le projet de loi et la deuxième question c'est la question du travail. Je crois que on a intégré dans notre pays pendant un siècle sur plusieurs générations par le travail.

Le travail est un élément important d'intégration dans notre pays et il ne faut pas fermer la porte à l'accueil, à l'intégration sur le terrain de la langue et sur le terrain de travail. Mais vous savez je vous parle d'intégration là parce que j'entendais monsieur Patrick Calvard qui est l'ancien responsable de la DGSI donc des services de sécurité quelqu'un de très sérieux qui s'occupe du terrorisme qui les a auditionnés écoutés à l'Assemblée nationale qu'est-ce qu'il venait raconter ? Il venait dire si on traite la question du terrorisme que parle la question du sécuritaire on ne s'en sortira pas parce que quand il les rencontre il y a un problème d'identité.

Mais c'est ce que les français demandent actuellement ? Mais qu'il y ait deux choses fermeté et justice fermeté et justice oui il y a des mesures à prendre mais on ne s'en sortira pas s'il n'y a pas une politique de ce que monsieur Calvard appelait à l'Assemblée nationale d'intégration d'intégration qui fait qu'il n'y a pas un certain nombre de barrières qui sont posées sur le parcours des gens des quartiers par exemple d'intégration c'est comment on fait pour construire un sentiment de fierté d'être français

26:07
François Ruffin

et même de joie d'être français. François Riffin une question d'un téléspectateur qui va faire la transition concernant la situation au prochain enrille voilà ce que vous demande Franck Franck vous demande s'il faut interdire oui ou non les manifestations pro-Palestine on sait que Gérald Darmanin a confirmé hier sa volonté de les interdire est-ce que c'est

26:25
Invité

la bonne mesure ? Je le redis je ne suis pas dans le secret du ministère je ne connais pas le degré de gravité de ce qui se passe dans le pays maintenant de mon point de vue c'est donner un point aux terroristes je vous explique pourquoi que veulent les terroristes ils veulent attenter à nos valeurs ils veulent attenter à la démocratie ils veulent le droit de manifester c'est un droit

26:48
François Ruffin

vous avez lu les slogans qu'il y avait jeudi place de la république sioniste vous êtes des terroristes israël assassin dans ces manifestations est-ce qu'il faut autoriser ces manifestations quand on voit ce type de slogan

26:58
Invité

ces expressions-là à l'intérieur des manifestations si on les estime qu'elles relèvent d'atteinte au droit elles doivent être poursuivies mais je lis c'est pas si on estime vous êtes capable de le constater là non ?

en tout cas quand on entend des propos cités en général nous devons être pour le maintien de nos libertés publiques nous devons défendre aussi notre liberté publique parce que finalement c'est ce à quoi les terroristes veulent nous demander de renoncer nous ne devons pas renoncer à la démocratie nous ne devons pas renoncer aux droits c'est-à-dire que vous dites quitte à ce qu'il y ait des dérapages et on poursuit dans un second temps mais c'est quand même gênant ce que je souhaiterais aujourd'hui vous savez je me suis exprimé en ce sens cette semaine et c'est ce que je voudrais passer comme message central je ne suis pas pour une demi-cécité je ne suis pas pour une méplégie de l'humanité est-ce que j'ai entendu mon collègue Alexis Corbière qui souhaitait qu'il y ait un grand rassemblement pour la paix qu'il y ait un grand rassemblement maintenant aussi pour la paix civile dans notre pays

27:56
François Ruffin

et oui mais là ce type de rassemblement pardon François Ruffin mais on voit des slogans qui sont à minima antisionistes rappelons qu'on est dans un pays où en 2014 certains défilaient au cri de mort aux juifs est-ce que c'est responsable de dire qu'il faudrait les autoriser ?

28:09
Invité

elles ont lieu je vous le dis c'est pas par l'interdit qu'on s'en sortira il doit y avoir la possibilité de poser ces questions dans l'espace public vous savez en mettant le couvercle sur la cocotte c'est pas comme ça qu'on arrange les choses

28:23
François Ruffin

question de Marion Bourque sur la situation précisément au Proche-Orient

28:26
Invité

oui puisque l'offensive terrestre à Gaza semble imminente vous avez condamné sur Twitter une vengeance aveugle sur des civils sur des innocents les autorités israéliennes expliquent que c'est aussi une riposte à ce qui s'est passé le 7 octobre pour vous ça ne vous convainc pas vous jugez que Israël n'est pas dans son droit ? vous savez c'était déjà Gaza une prison à ciel ouvert là c'est devenu un enfer sur terre et ce qu'on craint c'est qu'avec la guerre ça devienne un cimetière ça veut dire quoi ?

ça veut dire que vous avez déjà plus de 2000 morts dont 824 enfants vous avez des milliers de blessés vous avez 2 millions d'habitants à qui on demande de fuir dans un sens et dans un autre presque nassés comme des souris vous avez des déplacés de force vous avez l'eau l'électricité potentiellement coupée vous avez une interdiction d'accorder de l'aide humanitaire l'ONU a dit à quel point on se trouvait là dans une situation dévastatrice sur le plan c'est-à-dire que vous dites que la riposte d'Israël est-ce qu'elle est quand même légitime ? Est-ce qu'ils vont trop loin ? Ou est-ce que vous diriez même si je vais au bout de votre raison qu'ils commettent des crimes de guerre ?

Vous savez que lors d'un précédent conflit en 2009 un rapporteur des Nations Unies dans l'opération pluie de plomb avait dit qu'il y avait des crimes de guerre qui étaient commis des deux côtés et il disait peut-être des crimes contre l'humanité Oui mais vous qu'est-ce que vous dites ? Moi je dis aujourd'hui quelle est la parole

30:10
François Ruffin

que la France doit porter ? L'Élysée a fait savoir qu'Emmanuel Macron s'était entretenu hier avec Benyamin Netanyahou et il lui a rappelé je cite que toutes les mesures permettant d'épargner les civils à Gaza et ailleurs devaient être prises et le droit international humanitaire est respecté Voilà ce que dit le Président de la République

30:26
Invité

Quand on a un hôpital bombardé quand on a des écoles touchées le droit international n'est pas respecté

30:33
François Ruffin

Israël répond le gouvernement israélien répond que c'est une réponse que par ailleurs ils préviennent ils ont prévenu les civils on a appris ce matin que par exemple un corridor humanitaire avait été déployé entre 9h et midi pour qu'il puisse aller vers le sud je ne prends pas partie je ne défends pas je réponds les éléments qui sont donnés par les autorités israéliennes ça ne suffit pas selon vous ? Non

30:55
Invité

je vous dis avec clarté j'ai condamné dès les premiers instants les massacres commis par le Hamas la semaine dernière en Israël mais nous ne devons pas être dans une demi-cécité nous ne devons pas être dans une épniplégie d'humanité et par ailleurs

31:10
François Ruffin

vous voyez que c'est bien le Hamas qui demande aux civils de ne pas partir l'Egypte qui refuse d'ouvrir le point de passage au sud de Gaza vous pouvez cibler Israël c'est votre choix mais vous voyez bien que par ailleurs le Hamas se sert des civils à Gaza comme des boucliers humains qu'est-ce qui se passe ?

31:28
Invité

l'ancien ambassadeur de France en France d'Israël Elie Barnavi l'a exprimé avec clarté il a dit qu'on avait face à face le fanatisme du Hamas et la politique imbécile d'Israël et qu'est-ce qu'on a au milieu ? on a les populations civiles ça va continuer ça va continuer justement vous dites quoi ? la France doit jouer un rôle apaisée qu'est-ce que vous demandez à Emmanuel Macron ? se rendre par exemple sur place ? il y a eu une tradition gaulo-mitterrandienne qui pendant des décennies a porté une voix indépendante de la France une voix qui était écoutée par les peuples du sud une voix qui était respectée et qui disait quoi ?

qui disait le droit international qui disait la résolution de l'ONU qui disait le droit des palestiniens à un état dont la capitale serait résolée c'est toujours ce que dit Emmanuel Macron aujourd'hui dans son allocution il a parlé de la solution à deux états qu'est-ce qu'il a fait pendant toutes ses premières années de mandat ? il n'a pas bougé sur cette question-là qu'est-ce qu'il doit faire là ?

il doit aller sur place il doit appeler à un cessez-le-feu avec le Hamas c'est pas avec le Hamas les parties présentes c'est toujours la même question c'est comment est-ce qu'on négocie avec les terroristes le cessez-le-feu c'est tout le monde qui doit cesser le feu donc oui Emmanuel Macron doit appeler à un cessez-le-feu il doit y appeler puisque l'ONU n'y appelle il doit y appeler François Ruffin le Hamas

32:47
François Ruffin

c'est un mouvement terroriste

32:48
Invité

ça veut dire que vous dites

32:49
François Ruffin

qu'il faut qu'Israël négocier avec le Hamas ?

32:50
Invité

je ne dis pas là je ne parle pas on ne parle pas de négociation si on appelle à un cessez-le-feu on parle d'un cessez-le-feu d'accord ?

ça veut dire qu'on arrête de tirer mais certains vont vous dire que c'est très naïf en fait comme position très bien mais vous savez cette voix de la France avec sa naïveté quand elle parle elle est entendue elle est respectée aujourd'hui la France choisit le silence la France choisit l'absence la France choisit d'être muette Emmanuel Macron s'est exprimé il passe des coups de fil à ses homologues il intervient il a dit d'abord son soutien sans faille à Israël mais c'est-à-dire qu'en attendant dans les médias j'ai un soutien mais est-ce qu'Israël a le droit à la riposte aujourd'hui ou pas ?

vous avez déjà 2000 morts en Palestine vous avez déjà 824 enfants et donc pour vous il devrait rester les bras croisés face au Hamas les bras croisés c'est pas les bras croisés je ne comprends pas bien votre position qu'est-ce qu'il doit faire face au Hamas ? c'est que doit faire la France ma question la France oui la France oui elle doit porter une voix indépendante qui dise quoi ? qui dit qu'il n'y a pas de solution militaire qu'est-ce que ça va être ? quel est le but ? c'est une position de principe non c'est pas une position de principe quel est le but aujourd'hui d'Israël ?

je veux connaître les buts de guerre d'Israël est-ce que le but de guerre d'Israël c'est d'éliminer de tuer ceux qui ont participé à l'opération terroriste de la semaine dernière ? est-ce que le but d'Israël c'est d'éliminer tous les militants et sympathisants du Hamas ? est-ce que le but d'Israël c'est d'évacuer les 2 millions d'habitants de Gaza quel est le but poursuivi aujourd'hui par Israël ?

34:23
François Ruffin

on va continuer de vous poser cette question juste quelque chose qui m'interpelle dans ce que vous dites est-ce que au fond vous faites partie de ceux notamment au sein de la France insoumise qui semblent renvoyer dos à dos d'un côté les attentats terroristes du 7 octobre et la riposte d'Israël en considérant qu'au fond c'est crime de guerre versus crime de guerre est-ce que vous renvoyez dos à dos les deux parties ?

34:47
Invité

le rapporteur des Nations Unies en 2009 a dit qu'il y avait des crimes de guerre des deux côtés maintenant je vais vous dire donc c'est aussi ce que vous pensez on va arriver à une situation terrible et bien tout doit être fait pour éviter est-ce que vous pouvez répondre à ma question ?

pardon mais il va y avoir est-ce que c'est selon vous crime de guerre contre crime de guerre comme ce que certains disent ce ne sont pas des crimes de la même nature mais on va arriver à des crimes de guerre des deux côtés oui et vous savez ce que je dis là ce que je raconte là sur la responsabilité du gouvernement israélien les Israéliens le disent eux-mêmes c'est un mot fort que vous employez c'est-à-dire que vous dites que le gouvernement israélien est responsable je reprends votre mot de ce qui lui arrive c'est liser la presse israélienne mais même liser la presse française où s'expriment des responsables israéliens ils disent très bien qu'il faut condamner les crimes commis par le Hamas c'est une évidence mais il y a été un terreau quand on a construit une prison à ciel ouvert quand on a refusé de discuter avec l'autorité palestinale quand on a aidé le Hamas il y a une responsabilité dans le monstre dont on accouche beaucoup vont vous répondre que rien ne justifie jamais le terrorisme mais je ne le justifie pas d'accord je ne le justifie pas en revanche je cherche à ce qu'il n'advienne plus que ça n'advienne plus qu'on sorte de cette situation d'horreur qu'il y ait un tiers qui s'interpose entre deux folies vous voyez il faut un tiers

36:15
François Ruffin

donc simplement ces deux folies vous les renvoyez deux ados vous les mettez

36:18
Invité

sur le même plan il ne s'agit pas de mettre sur un pied d'égalité on n'est pas là pour jouer à ça on est là pour se dire pardon mais moi je ne comprends pas ce que vous dites mais vous me comprenez très bien ce que je dis il y a un drame ce que je ne comprends pas monsieur Duhamel c'est ce que vous me dites vous là qu'est-ce qui va en train de se passer on va peut-être encore avoir des dizaines de milliers de morts dont la moitié à peu près seront des enfants on va arriver à une situation humanitaire tragique qu'est-ce que vous dites vous dites que la France doit se croiser les bras pas du tout moi je vous dis que la France doit intervenir la France doit appeler à cesser le feu la France doit poser la question de l'échange de prisonniers la France doit donc l'échange de prisonniers contre les otages mais oui on doit tout faire pour que les otages ne soient pas exécutés et donc il doit y avoir y compris négocier par exemple avec le Qatar qui pourrait servir d'intermédiaire mais je ne suis pas dans le secret de la diplomatie française et tout ce que je pourrais faire nuirait à cette diplomatie tout ce que je pourrais dire donc il ne s'agit pas de faire ça maintenant je vous redis que dit l'ancien chef du Mossad des services secrets israéliens il disait avant le crime commis la semaine dernière par le Hamas qu'Israël impose un régime d'apartheid aux palestiniens à la hauteur de l'ancienne Afrique du Sud c'est le scientifique du service de Hamas qui dit ça il disait qu'il y avait une occupation permanente menée par Israël qui menace son existence pourquoi il dit ça ?

pourquoi l'ancien patron de Shinbeth donc le service de renseignement dit que la politique menée était mauvaise qu'on a donné du pouvoir au Hamas pourquoi il dit ça ?

et il faut comprendre ça il faut comprendre ça parce qu'il va y avoir plusieurs temps c'est un débat qui viendra peut-être dans un second temps précisément en France mais dans un premier temps parlons aussi de la France insoumise de façon plus générale parce que vous avez fait une tribune forte dans le monde où vous avez dit que la parole de votre parti politique n'avait pas été à la hauteur il y a eu tout un débat sur l'utilisation du mot terrorisme concernant le Hamas pour vous ce sont des terroristes pour Jean-Luc Mélenchon il n'a pas utilisé le mot terrorisme est-ce que votre parti a commis une faute sur ce dossier ?

aujourd'hui la parole que je ne trouve pas à la hauteur c'est la parole de la France François Ruffin vous avez dit l'inverse dans la tribune du monde vous avez dit notre parole en tant que parti n'a pas été à la hauteur je ne m'embroupez pas tout le temps si vous voulez que je puisse m'exprimer parce que vous vous dédisez de ce que vous avez dit je ne me dédie pas du tout je considère que notre parole n'a pas été à la hauteur qu'il faut poser des mots vrais que les gens comprennent quand il y a des actes terroristes il faut dire que ce sont des actes terroristes comment vous expliquez que Jean-Luc Mélenchon m'a-t-il pas

38:47
François Ruffin

non mais pardonnez François Ruffin souffrez on a parlé de sujets qui sont extrêmement sérieux je vous pose juste une question comment est-ce que vous expliquez que les cadres de la France Insoumise autour de Jean-Luc Mélenchon n'aient pas souhaité qualifier le Hamas de mouvement terroriste

38:58
Invité

je vous dis que je ne viens pas pour ça très clairement j'ai dit dans le monde ce que j'en pensais je l'ai dit avec Clartier si vous voulez vous pouvez me citer en Loire-Géran parce que je ne renonce pas à un mot de ça mais en revanche on est dans un autre temps maintenant monsieur Duhamel on est dans un autre temps François Ruffin vous avez dit en première partie je l'ai dit je l'ai dit avec Clartier je ne vais pas passer mon temps à ça vous savez on n'est pas là pour je l'ai dit sur le gouvernement dans la première partie je le dis là sur la France Insoumise on n'est pas là pour jouer dans le bac à sable vous avez dit aussi on n'est pas là pour hystériser le débat vous avez dit on n'est pas là pour hystériser le débat c'est précisément ce qu'une partie de la classe politique et ce qu'une partie des Français reprochent à la France Insoumise d'avoir hystérisé le débat sur cette question très grave de l'attentat qu'est-ce que vous dites aujourd'hui finalement la gauche notre parti n'arrive pas à nommer les choses je l'ai dit c'est clair j'ai parlé avec clarté j'ai condamné dès la première minute les attentats du Hamas je redis mais est-ce que vous êtes gêné par le reste de votre parti qui n'arrive pas à le faire je vous le redis ça m'a gêné maintenant ce qui me gêne c'est la voix de la France c'est qu'on n'entende pas la voix de la France pourquoi ?

parce que je l'ai dit dans la société israélienne il faut trouver des alliés il faut trouver des alliés pour porter un chemin de paix d'accord ? et ces alliés il y a évidemment un certain nombre de pays du sud on gagnerait en prestige on gagnerait en fierté à porter avec clarté une parole de paix on vous entend mais pardon la voix de la France ne vous intéresse pas tout si vous intéresse les polémies dans la gauche et dans la France

40:32
François Ruffin

pardon on a passé du temps sur des sujets de fond sur des sujets diplomatiques on vous a interrogé sur le Qatar sur le sort des otages sur le Hamas là on vous pose une question précise vous avez posé un acte politique et vous avez certains qui au sein même de votre famille politique vous reprochent par exemple j'ai ce que dit Daniel Obono elle dit quand on est de gauche on ne sacrifie pas ces principes par opportunisme pour avoir l'air présidentiable vous avez également des partenaires de la NUPES socialistes communistes écologistes Fabien Roussel qui disent c'est une rupture fondamentale comment est-ce que vous vous positionnez par rapport à certains de vos partenaires qui disent là Jean-Luc Mélenchon il a franchi la ligne rouge il faut poser un acte politique supplémentaire vous savez

41:10
Invité

je viens pour appeler à un cessez-le-feu entre Israël et la Palestine je viens pour appeler à une concorde civile dans notre pays je viens pour appeler aussi à une trêve dans les querelles à gauche voilà c'est très clair ce ne sont pas des querelles c'est bien le problème c'est que c'est un point fondamental ça a choqué vos partenaires ça a choqué beaucoup de Français par exemple vous pourriez dire ce matin Jean-Luc Mélenchon doit clarifier sa position et ça en serait fini des querelles ce que je dis aujourd'hui c'est que la France on n'est pas là pour se jouer sur qu'est-ce qui se passe à la France insoumise que je viens de répondre à Daniel Obono mais ce n'est pas un jeu c'est là que vous avez une analyse étrange et ça empêche la clarté de la parole française aussi mais non ce n'est pas ça du tout bien sûr la classe politique aujourd'hui est divisée sur ce point mais il n'y a pas de division sur ce point aujourd'hui il n'y a pas de division aujourd'hui la question c'est qu'est-ce que doit dire la France à l'échelle internationale c'est à ça que je viens répondre c'est ça qui doit être posé c'est dans quelle mesure on parvient à avoir une parole indépendante sur le plan international et pas être aligné sur les Etats-Unis qui sont alignés sur les plus extrémistes en Israël et donc il s'agit de se libérer de ça je dis qu'il s'agit de se libérer de ça pour construire la paix à l'extérieur pour être entendus des pays du Sud pour être un pont entre l'Ouest et le reste du monde à l'international mais je dis aussi que quand on parle de cet conflit ce n'est pas que des affaires étrangères c'est aussi une affaire intérieure justement c'est une affaire intérieure et donc on doit se demander là-dessus quelle est la parole de la France qui fait que tous les Français se sentent représentés et c'est ça l'enjeu aujourd'hui l'enjeu aujourd'hui il est de se demander à chaque instant comment on doit faire pour éviter des morts éviter des morts

43:05
François Ruffin

éviter des morts une dernière question François Ruffin avant de passer aux questions des téléspectateurs ce que révèle aussi cette polémique avec Jean-Luc Mélenchon c'est la question du rapport à gauche dans la lutte contre l'antisémitisme quand des députés insoumises reçoivent Jérémy Corbyn l'ancien leader travailliste à Paris accusé d'antisémitisme quand Jean-Luc Mélenchon qualifie le patron du CRIF d'extrême droite est-ce qu'à un moment donné il n'y a pas un problème avec l'antisémitisme à gauche ou à la France insoumise ? Non, il n'y a aucun problème

43:30
Invité

avec l'antisémitisme j'ai des désaccords avec des actes en forte augmentation depuis le samedi dernier il y a un problème il faut que tous les Français de confession juive se sentent protégés dans notre pays qu'ils puissent exercer librement leur religion qu'ils ne soient insultés nulle part ça oui il le faut mais en revanche dire aujourd'hui que ça serait la France insoumise qui serait porteur d'un antisémitisme Vous diriez aussi que le patron du CRIF est d'extrême droite ? Je dis que en tout cas qu'on ne gagne pas à s'aligner sur la position des plus extrémistes c'est pas ma question vous ne diriez pas que le patron du CRIF est d'extrême droite ?

Je dis que le CRIF est un interlocuteur maintenant qui ne représente pas on vous sent quand même un peu gêné qui ne représente pas les Français de confession juive dans leur diversité et dans leur diversité de conviction Question des téléspectateurs

44:23
François Ruffin

François Ruffin la première elle est signée Yann Monsieur Ruffin que faites-vous encore à la France insoumise cordialement ?

44:29
Invité

Cordialement ? Écoutez je sais tout ce que nous avons à accomplir ensemble toute la gauche on a des défis à affronter pour notre pays il y a le défi de la sécurité il y a le défi de la transformation écologique il y a le défi de la justice sociale et ça ça se fera pas en coupant la gauche en rondelle

44:47
François Ruffin

Jean-Luc Mélenchon n'est pas un problème un obstacle à cette opinion de la gauche ?

44:50
Invité

Je vous le redis Monsieur Duhamel peut-être que c'est vous ce qui vous intéresse tous les jours d'accord ?

Moi la popote de la popole et vous le savez Il y a des centaines de questions de téléspectateurs sur cette question C'est pas de la popole c'est pas de nous c'est pas notre obsession Mais si moi ce qui m'intéresse en permanence aujourd'hui c'est la voix de la France que la voix de la France retrouve son indépendance et qu'elle soit entendue et qu'elle pèse qu'elle pèse dans le débat international pour pouvoir reconstruire une solution de paix voilà ce qui devrait être notre obsession Est-ce que vous vous sentiriez prêt à titre personnel François Ruffin à mener ce type de négociations un jour au niveau international à faire parler la voix de la France bref à exercer les plus hautes responsabilités quand on voit la complexité aujourd'hui du monde des problèmes des affaires étrangères internationales Vous savez ce que vous appelez la complexité c'est quand même une parole au contraire assez claire assez simple assez franche qui a été posée pendant des décennies et à laquelle la France a renoncé elle a préféré le mutisme c'est pas que la voix de la France n'est pas puissante quand on est membre du Conseil de sécurité des Nations Unies quand on est la seule puissance nucléaire dans l'Union Européenne c'est une voix puissante mais aujourd'hui on renonce à l'exercer et pourquoi on a renoncé à l'exercer pourquoi on a renoncé à prononcer une voix indépendante il y a une première raison c'est que finalement après Jacques Chirac le dernier grand moment de la France sur le plan international de la diplomatie c'est le nom de Dominique de Villepin le nom de Jacques Chirac à la guerre en Irak et qui a été entendu partout dans le monde c'est comme si après ça après ce grand moment il a fallu effacer cette trace là et qu'on avait dû s'aligner qu'on avait dû renoncer à notre propre joie

46:36
François Ruffin

très rapidement une autre question d'un téléspectateur Eric allez-vous vous représenter la gauche unie en 2027 beaucoup de gens le souhaitent

46:41
Invité

oui franchement je vous le redis avec

46:45
François Ruffin

c'est la question d'Eric c'est pas la mienne

46:47
Invité

vous avez choisi la question d'Eric parce qu'il y en a beaucoup qui posent cette question là donc franchement dans le moment que nous vivons je veux qu'on échappe à toutes les polémiques et qu'il fasse ce qu'on présente mais est-ce que vous interdisez d'y penser je m'interdis de penser à rien du tout d'accord mais c'est franchement pas le sujet aujourd'hui franchement le sujet aujourd'hui il est sur le plan intérieur la concorde civile et il est sur le plan international la voie de la France qui doit peser pour une politique de paix et de justice merci beaucoup François Ruffin

47:19
François Ruffin

merci Amandine merci Marion vous retrouvez tout de suite Céline Pitlet et Léopold Daudbert pour le live quant à moi je vous retrouve ce soir à 18h pour C'est pas tous les jours dimanche bonne soirée bonne journée

François Ruffin, député LFI-NUPES de la Somme et fondateur de "Picardie Debout" - 15/10 — François Ruffin · Pourquijevote