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interviewLa France insoumise· 2 avril 2025 35 min

Sortir de l'impasse avec Mathilde Panot - PODCAST 6E REPUBLIQUE EPISODE 1

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Mathilde Panot

La Constituante, pourquoi c'est une stratégie révolutionnaire qui pour nous est très importante ? C'est parce qu'elle permet au peuple de récupérer la politique, donc de récupérer les règles du jeu de la politique. Si 5% des gens prennent le bulletin au tirage au sort, alors 5% de la Constituante sera tirée au sort. Si c'est 15%, alors 15% de la Constituante sera tirée au sort. Si c'est 50%, ça sera 50%. Bref, vous avez compris, il y aura une dimension aussi tirage au sort dans la Constituante. J'adorais ce que je faisais en associative, je travaillais dans un quartier très très très populaire. Mais j'avais vraiment l'impression de vider la mer avec la petite cuillère.

Non, les gens ne sont pas dépolitisés, au contraire. Les gens ont profondément soif de politique, ils ont soif de justice sociale. Un principe qui est très important pour nous, c'est celui que tout le monde peut faire de la politique et qu'on l'a vu dans le groupe parlementaire, peut même faire mieux de la politique que celles et ceux qui s'y croient prédestinés.

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Présentateur

Bien, bonjour Mathilde. Bonjour. Merci d'avoir accepté du coup cet échange autour de l'idée de Constituante qui est une idée centrale dans la révolution citoyenne, dans ce qu'on entreprend politiquement depuis des années. Parce que c'est vrai qu'en préparant un peu notre échange, je me disais, en 2014, on était ensemble dans la coordination du mouvement pour la VIe République. Donc c'est une idée, là maintenant c'est il y a 10 ans déjà, c'est une idée qui vient de loin. Et toi, tu étais en charge des actions de terrain justement qui visaient à déployer cette idée.

Et il me semble que dans la perspective qu'on défend autour de la VIe République, c'est-à-dire cette perspective particulière de la convocation d'une assemblée constituante qui serait élue et en partie tirée au sort pour que tous les citoyens puissent participer via droit de pétition, avec des comités, etc. au processus, j'ai l'impression que dans cette idée, il y a un lien assez fort précisément avec comment on implique les gens, ce qui était un peu, de certaine manière, un des objectifs du mouvement pour la VIe République.

Donc j'avais envie de commencer par ça, par demander finalement, comment autour de cette idée qui semble un peu abstraite, la VIe République, les institutions, comment on arrive à dire c'est l'idée centrale de la démocratie pour changer nos institutions.

2:07
Mathilde Panot

Alors déjà, merci beaucoup Pierre-Yves Cadalin pour l'énergie sur cette campagne VIe République et sur en fait ce qui est notre stratégie de la révolution citoyenne, c'est-à-dire comment est-ce que non seulement on réécrit une constitution, donc les règles du jeu commune, parce qu'après tout, ce n'est que ça la politique, comment est-ce qu'on décide de vivre en commun, mais qui permet aussi de savoir comment est-ce qu'on se refonde en tant que peuple et c'est particulièrement important dans un moment où tout le monde va comprendre.

Nous sommes après une dissolution qui a été demandée par le Rassemblement national, accordée par Emmanuel Macron qui s'est fait, chose jamais vue en Europe, en trois semaines seulement, avec Emmanuel Macron qui espérait voir Bardella à Matignon et grâce notamment à une mobilisation extraordinaire, que ce soit de la jeunesse, des quartiers populaires, des Outre-mer, des militants associatifs, des militants syndicaux, des militants politiques, eh bien tous ces citoyens et cette mobilisation civique exceptionnelle a sauvé la République de l'extrême droite et montre une chose qui est très importante à l'heure où nous avons toujours un président de la République, qui est peut-être celui qui est le paroxysme de la Ve République et du coup le meilleur avocat aussi de la VIème République, parce que tout le monde comprend qu'il y a un problème avec le fait qu'un homme tout seul puisse décider de tout, et même y compris en s'assayant complètement sur le résultat des élections et donc sur la souveraineté du peuple.

Donc l'idée de la VIème République et de la Constituante, c'est d'abord notre stratégie de révolution citoyenne par les urnes, qui réaffirme d'abord un principe qui est très important pour nous, c'est celui que tout le monde peut faire de la politique et qu'on l'a vu dans le groupe parlementaire, peut même faire mieux de la politique que celles et ceux qui s'y croient prédestinés. C'est très important pour nous parce que que fait le pouvoir depuis des années ?

Non seulement ils essayent d'expliquer que le vote ne sera rien, ils gouvernent de manière minoritaire, notamment à coup de 49-3, on se rappelle que le centième 49-3 qui a été utilisé de la Vème République est celui qui a fait passer une réforme en force, celle de la retraite à 64 ans, contre l'immense majorité du peuple, contre quasi l'ensemble des travailleuses et travailleurs de ce pays, contre tous les syndicats et même contre le Parlement. Donc tout le monde comprend qu'il y a un problème avec le fait qu'on ait une concentration du pouvoir aussi forte.

et le fait que tout le monde puisse faire de la politique, ça c'est je crois un engagement qu'on a chevillé au corps depuis longtemps à la France Insoumise parce qu'il ne cesse de vouloir exclure le peuple de la décision.

Soit ils expliquent que le peuple n'est pas assez qualifié, ne comprend pas assez les enjeux techniques, ils ne font pas depuis des années et des années de campagnes d'inscription sur les listes électorales justement pour que les gens ne viennent pas sanctionner les politiques qu'ils sont menées et en gros, ils dégoûtent les gens de la politique quand nous, nous essayons au contraire de leur faire retrouver le goût de la politique puisque comme on dit souvent, quand les dégoûtés s'en vont, il ne reste que les dégoûtants et on ne va pas laisser les dégoûtants s'occuper de nos affaires sans en être.

Donc, ce qui est en train de se passer, ce qu'on a vu à l'Assemblée nationale, c'est que lorsque le peuple fait irruption de nouveau dans la politique, c'est ce qui s'est passé avec notre groupe parlementaire, il y a eu un mépris absolument énorme. On se rappelle Caroline Fiat, aide-soignante, première aide-soignante à être élue à l'Assemblée nationale, que les députés macronistes appelaient la BAC-2. On se rappelle Jean-Hubert Non, député de La Réunion, qui était, avant d'être député, au RSA, activité et qui posait une question au gouvernement, un ministre sur la question de l'explosion de la pauvreté dans notre pays alors que notre pays est plus riche que jamais de notre histoire.

Et le ministre en question lui répondant, « De toute façon, vous ne dénoncez pas la pauvreté, vous en vivez », ce qui, pour quelqu'un qui était au RSA, activité juste avant, vous voyez le mépris que ça donne. Ou encore, c'est Mathie Ligné, première ouvrière agricole jamais élue à l'Assemblée nationale, qui, elle, alors qu'elle pose une question sur la question de l'agriculture et notamment comment est-ce qu'on sort du modèle productiviste, un ministre lui répond, « Vous feriez mieux d'aller un peu sur le terrain, aller regarder, puisque vous avez l'air de ne rien y connaître.

» Bon, quand on sait qu'elle était ouvrière agricole, et puis on pourrait passer sur beaucoup, sur le mépris qu'il y a sur tous les militants des quartiers populaires qui deviennent députés. Je pense à Carlos Martins Bilongo, à qui un député RN se permet de dire « retourne en Afrique », à Ali Duyara, alors qu'il est en train d'observer juste un contrôle de police de deux jeunes, à qui un policier dit « je vais te taser si tu continues à nous observer ». Enfin, des choses qui, en fait, montrent que concrètement, il décrédibilise toute parole qui n'est pas la parole, en fait, de ceux qui continuent la politique pour les riches et pour leurs intérêts.

6:43
Présentateur

Et toi-même, t'as eu d'ailleurs à le subir, quelque part, parce que lorsque un député t'a insulté de Poissonnière, lorsque certains parlent, alors à propos de nous tous, mais t'es la présidente de notre groupe, parle de la gauche qui braille, c'est aussi un mépris de classe que tu subis.

6:58
Mathilde Panot

Alors ça, c'est sûr, même si Poissonnière, du coup, on lui a quand même bien renvoyé la monnaie de sa pièce, puisque moi, j'avais été avec une Poissonnière, passée toute une journée, une Poissonnière qui m'avait défendue à la radio, donc je l'avais contactée, on avait passé toute une journée, de la crier, une heure et demie du matin jusqu'au soir, avec un métier qui est incroyablement difficile, et donc sur lequel elle avait une passion incroyable, et qui ensuite, cette même Poissonnière, Patricia, est venue visiter l'Assemblée nationale, et je suis toujours en contact avec elle, qui était aussi une manière de montrer non seulement parce qu'il avait été condamné pour une insulte sexiste, mais que c'était aussi, évidemment, un mépris de classe qui était insupportable.

En fait, ils nous le font subir tous à des niveaux différents, qui est d'ailleurs aussi le mépris que subissent nos électeurs, nos électrices, il faut le ramener à ce que ça veut dire dans le pays, donc en fait, une sorte de mépris sur la politique, mais ce que je trouve qui est intéressant dans ce que nous, on a réussi à créer, c'est qu'à la fin, il y a des gens qui n'avaient jamais regardé l'Assemblée nationale de leur vie, et qui maintenant la regardent, qui disent, pour la première fois, je suis fière de mon vote, pour la première fois, je me sens représentée à l'Assemblée nationale, et donc qui, par là même, retrouve le goût de la politique, et surtout, je tiens à dire quand même que les macronistes, ils en ont beaucoup rabattu, et pas juste parce qu'ils perdent 100 députés à chaque élection, ce qui est déjà assez savoureux, mais parce que derrière, quand ils voient que nous, par exemple, quand on fait une intervention, il y a des millions de gens qui l'ont vu, qui en ont entendu parler, qui nous disent, on vous soutient, on est ensemble, on est une force collective, et bien la force collective que nous, on a, leur fait peur aussi, et donc le mépris qu'ils ont, même s'ils continuent de manière plus ou moins insidieuse, ou de manière très franche parfois sur certains, ce mépris, il est aussi teinté d'une certaine peur, et le fait qu'on nous tape autant dessus, c'est aussi parce qu'ils savent qu'on peut y arriver.

Donc, ça reva sur ce que l'on disait au départ, c'est que la constituante, pourquoi c'est une stratégie révolutionnaire qui pour nous est très importante, c'est parce qu'elle permet au peuple de récupérer la politique, donc de récupérer les règles du jeu de la politique, et surtout de dire que le futur, ce n'est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons en faire ensemble, et donc de savoir quelles règles on se donne, d'ouvrir l'horizon, et notamment de savoir, par exemple, comment est-ce qu'on se donne des règles qui permettent justement l'intervention populaire à chaque instant ?

9:17
Présentateur

– Oui, justement, dans les mouvements, tu parlais des mouvements comme nous, par exemple, qui à la fois, suicide le mépris, on va dire, pour parler clairement de la grande bourgeoisie et de leurs représentants, et de l'oligarchie en général, mais qui en même temps, suicide leur peur, et qu'il y a ce mélange des deux. Et ce mélange des deux, il s'est manifesté tout particulièrement, me semble-t-il, enfin, à plusieurs occasions, de toute façon, dès qu'il y a un mouvement social. Mais le mouvement des Gilets jaunes, tout particulièrement, a concentré aussi ce mélange de mépris et de peur. Et tu me disais que tu avais une petite citation sur la littérature populaire et les Gilets jaunes. – Déjà,

9:55
Mathilde Panot

les Gilets jaunes, on se rappelle, c'est un des bilans les plus terribles de la répression, puisque comment est-ce qu'ils tiennent ? Je disais, en étant minoritaire, en utilisant des 49-3 à tout va, mais aussi par une brutalisation de plus en plus forte et une répression de plus en plus forte, qui a encore été dénoncée récemment par la Cour européenne des droits de l'homme sur un autre sujet, lorsque François Hollande était au pouvoir avec Bernard Cazeneuve sur la mort de Rémi Fraisse contre des grands projets inutiles. De même, là, la décision du tribunal d'arrêter le projet d'un autre siècle de l'autoroute à 69.

Et on l'a vu à beaucoup des moments contre à la fois les révoltes urbaines, contre les manifestations retraites. Bref, on a une répression de plus en plus forte et un pouvoir qui ne tient de plus en plus que par l'autoritarisme et par la force. Et alors, les gilets jaunes, il faut se rappeler que, au départ, on a une revendication sociale, qui est une revendication pour nous, qui est écologiste, c'est-à-dire, au départ, le prix des carburants, le fait de pouvoir se déplacer, d'avoir des services publics à proximité.

Donc, au départ, c'est cette revendication qui met le feu aux poudres et qui fait qu'un peu partout, des gens sortent avec des gilets jaunes pour pouvoir être visibles dans le pays. Et puis, très vite, arrive la question du pouvoir. Et donc, on voit bien que, en fait, la Sixième République, ce n'est pas tellement une question abstraite parce que, très vite, arrive la question de qui décide et pourquoi, qui a la légitimité de pouvoir décider. Et donc, cette question-là arrive très rapidement, notamment avec le référendum d'initiative citoyenne que nous, on a dans notre programme depuis longtemps, que l'on soutient, qui permet à la fois de proposer une loi, d'abroger une loi.

Par exemple, si on l'avait maintenant pour la retraite à 64 ans, cette loi serait abrogée depuis fort longtemps, celle qui vole deux ans de vie aux Français et aux Françaises. Et puis, qui permet aussi de faire des référendums révocatoires qui existent déjà dans d'autres États dans le monde, qui permettent, là aussi, de révoquer un responsable politique, quel que soit son niveau de président, à maire, à tous les niveaux, parlementaires, et qui permet donc de revenir aux urnes et donc de révoquer des élus, notamment lorsqu'ils ne tiennent pas leurs promesses.

Bon, on voit bien que là aussi, si on avait un référendum révocatoire aujourd'hui, on serait dans une situation où on aurait une voie de sortie de l'impasse dans laquelle nous a mis Emmanuel Macron qu'aujourd'hui, on n'a pas puisqu'on a une 5ème République qui rend le président de la République irresponsable surtout. Donc, à ce moment-là, la voie de sortie qu'ils avaient essayé de trouver pour éteindre la colère des Gilets jaunes, c'était les cahiers de doléances, les cahiers de doléances qui rappellent ce qui avait été fait en 1789 lors de la Grande Révolution française, etc.

Donc, on a 800 000 pages de cahiers de doléances qui ont été faits, donc remplis un peu partout dans des mairies et qui n'ont jamais été rendus publics. Donc ça, c'est une bataille que nous aussi emmènent depuis longtemps, qu'on va réussir à gagner, j'en suis sûre, mais pour l'instant, c'est des chercheurs et des chercheuses qui regardent ce qu'il y a dans les cahiers de doléances.

Et moi, je trouve ça très, très frappant parce que quand on regarde les cahiers de doléances, en fait, ce qui arrive en premier, contrairement à ce qu'on voit dans tous les médias partout, notamment les médias bollorés, milliardaires, etc., c'est d'abord les questions à la fois de démocratie, qui peut décider sur quoi, c'est les questions de dignité, de pouvoir d'achat, de salaire, de justice fiscale qui arrivent en premier et nous, une des raisons pour lesquelles on veut les rendre publiques et je voulais vous en lire un bout, par exemple, d'un des textes qui a été écrit dans ces 800 000 pages, donc c'est vraiment de la littérature populaire, en fait, de ce moment des Gilets jaunes, qui dit, donc c'est une femme qui écrit « Monsieur le Président, j'aimerais que vous expliquiez à ma fille de 5 ans pourquoi maman ne met pas le chauffage partout dans la maison, pourquoi le soir, maman mange ce qu'il reste dans son assiette ou bien une tasse de café, pourquoi maman a traversé beaucoup de rues très loin de la maison pour enfin décrocher un emploi précaire alors que selon vous une seule rue suffisait, pourquoi maman utilise la prime de Noël pour payer la taxe d'habitation et aux deux visuels avec des pénalités de retard, pourquoi maman se sent heureuse et dit qu'elle est riche quand elle arrive à s'offrir un café en terrasse bien meilleure qu'à la maison, pourquoi maman sait déjà qu'elle ne pourra pas lui payer de grandes études, Monsieur le Président, pensez surtout à lui expliquer comment fait maman pour rester digne et humble quand les préoccupations du peuple vous passent au-dessus de la tête, une maman comme tant d'autres.

et je trouve que ça sur, pour le coup, l'éruption... C'est la réalité de la politique. Exactement.

En fait, une des choses qui faisait peur dans le mouvement des Gilets jaunes, c'est évidemment le fait que c'était un mouvement absolument massif, un mouvement qui était très très largement soutenu dans la population malgré des tentatives à chaque fois là aussi d'être décrédibilisés, de salir celles et ceux qui y participaient, un mouvement avec beaucoup de femmes aussi qui étaient présentes dans les Gilets jaunes et surtout, pour la première fois dans les médias, venaient des gens Gilets jaunes, des gens qui étaient des gens au chômage, des mamans célibataires, des personnes avec des toutes petites retraites qui expliquaient ce que c'était la vie quotidienne des gens et la politique de malheur que faisaient Emmanuel Macron et sa politique qui continuait encore aujourd'hui.

Et je trouve que tous ceux qu'ils essayent en fait de mettre au marge de la politique, c'était comme l'irruption du peuple en politique et nous, c'est ce que nous voulons faire parce que comment ça se passerait la Constituante pour être un peu concret. Nous, l'idée, c'est de faire appel à l'article 11 de la Constitution qui permet par référendum de convoquer une Assemblée Constituante. L'idée, c'est que les gens aillent voter avec devant eux des bulletins de vote. Par exemple, il y aura des bulletins de vote de la France Insoumise, il y aura des bulletins de vote des autres partis politiques et chacun proposant différentes choses à inscrire dans la Constitution.

Nous, par exemple, dans la Constitution, on aimerait avoir le droit de révoquer les élus, ce dont je parlais tout à l'heure, qui a un effet vertueux, c'est-à-dire que le peuple garde le pouvoir à tout moment. On voudrait avoir, par exemple, la reconnaissance du vote blanc, on voudrait avoir des nouveaux droits inscrits dans la Constitution, par exemple, le droit de choisir librement son genre. On est fiers d'avoir fait inscrire le droit à l'avortement. Bon, donc, celui-ci, on voudrait le réinscrire en mettant droit à l'avortement directement dedans, le droit à la contraception. C'est ce que tu as les portes, d'ailleurs. Exactement.

Bref, donc, inscrire des nouveaux droits et, bon, donc, nous, on ferait toutes nos propositions. Et puis, il y aurait un dernier bulletin, pour que tout le monde comprenne bien, qui serait le bulletin tirage au sort. Et c'est donc le peuple directement qui choisira si 5% des gens prennent le bulletin tirage au sort, alors 5% de la Constituante sera tirée au sort. Si c'est 15%, alors 15% de la Constituante sera tirée au sort. Si c'est 50%, ça sera 50%. Bref, vous avez compris, il y aura une dimension aussi tirage au sort dans la Constituante. Sachant que cette Constituante ne sera composée d'aucun parlementaire de la Ve République. et que ceux qui seront... Nous, on n'ira pas.

Nous, on n'ira pas, par exemple. Ceux qui seront les Constituants, donc ceux qui seront chargés de proposer au peuple par référendum une nouvelle Constitution, s'engageront à ne pas être candidats dans les élections suivantes. Bon, tout le monde peut comprendre pourquoi est-ce qu'on fait

16:49
Présentateur

des règles comme ça. Ça évite de faire des institutions à sa mesure et pour en tirer le profit derrière.

16:55
Mathilde Panot

Ça évite de faire des règles pour soi-même, en fait. Oui, c'est ça. Donc, c'est l'idée de se placer dans l'intérêt général. Et on voit que même si toutes les initiatives ont été sabotées, à chaque fois qu'il y a eu des conventions citoyennes ou des choses comme ça, on est arrivé à des choses qui étaient d'abord très proches de notre programme, mais plus qu'un enjeu politicien ou entre différents partis, c'est surtout qu'on arrive sur des propositions qui sont des propositions d'intérêt général à chaque fois. Et donc, la constituante, l'idée, c'est qu'elle travaillerait, donc elle aurait un temps de travail, alors il faut le définir.

Souvent, dans les pays qu'on fait des constituantes, on est sur un an, 18 mois, peut-être un peu plus. Et l'idée, c'est d'avoir un aller-retour avec l'ensemble du pays. Ça peut être un droit de pétition des citoyens qui peuvent venir exprimer des revendications devant la constituante. Ça peut être, justement, dans toutes les communes, d'ouvrir, là aussi, des cahiers de doléances qui remontent à la constituante et qui permettent que l'ensemble du pays s'empare de ce débat-là et puisse poser quelles sont les règles que nous voulons mettre et les nouvelles règles du jeu qui permettent de nous reformer comme peuple politique.

Donc ça, c'est une stratégie qui paraît rien comme ça, mais qui est en fait une stratégie révolutionnaire parce que derrière, vous pouvez, par exemple, décider qu'aucun commun, que ce soit l'eau, l'air, la forêt, ne pourra être marchandisé et donc approprié par des multinationales, ce qui est évidemment révolutionnaire dans la manière dont aujourd'hui on produit et donc dans la manière dont on rompt avec un système capitaliste qui épuise... Oui, par exemple, sur l'eau,

18:25
Présentateur

on voit que l'eau est tellement soumise aux intérêts privés. Tu as beaucoup travaillé là-dessus aussi à l'Assemblée nationale, à la fois dans les Outre-mer et sur les différentes entreprises transnationales. Donc c'est vrai, de là, il y a aussi un enjeu dans cette prise de pouvoir populaire finalement à arrêter le pouvoir de l'argent et du capital parce qu'on voit qu'aujourd'hui, il détruit à la fois les milieux de vie et il risque, en plus de cela, d'amener une guerre généralisée qui légitimement inquiète ce qui aime beaucoup nos concitoyens.

18:53
Mathilde Panot

Par exemple, pour donner l'exemple de l'eau, une des raisons pour lesquelles on veut constitutionnaliser le droit à l'eau. D'abord parce que, depuis 2010, à l'ONU, la Bolivie a fait reconnaître le droit à l'eau et le droit à l'assainissement comme des droits fondamentaux humains. Nous, on est toujours dans un pays où, par exemple, à Mayotte, dont on a beaucoup parlé ces derniers temps, mais aussi en Guadeloupe, en Martinique, à la Réunion, dans la moindre mesure, etc. Et dans plusieurs endroits dans la ruralité dont je vais parler juste après, ce droit fondamental humain n'est pas respecté.

Donc d'abord, ça serait une manière de reconnaître ce droit humain fondamental et d'obliger à le respecter. Mais je vais pousser un peu plus. Par exemple, la Guadeloupe, pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas d'eau alors qu'ils ont en ressources trois fois plus de ressources en eau par an et par habitant que ce qu'on a, par exemple, dans l'Hexagone ? C'est parce qu'une multinationale est venue à pomper toute l'eau, n'a jamais investi dans les réseaux et qu'aujourd'hui, vous avez environ 70% de pertes de l'eau, donc d'eau qui est déjà potable, qui se perd dans les réseaux. Et puis, de temps en temps, vous avez deux tuyaux à côté, un tuyau d'assainissement, un tuyau d'eau potable.

Comme il pleut beaucoup, bon, tout déborde. Et vous vous retrouvez, puisqu'il y a des trous partout dans ces réseaux qui sont des gruyères, vous vous retrouvez avec le réseau d'assainissement qui va déborder dans le réseau d'eau potable et c'est comme ça que vous ouvrez le robinet à l'hôpital ou chez les gens et que vous trouvez littéralement de l'eau de merde, c'est-à-dire de l'eau avec des matières fécales qui coudent votre robinet. Vous avez des tours d'eau, donc des moments où les gens n'ont plus de tours d'eau et c'est la même chose qui se passe avec des minéraliers dont on parle beaucoup en ce moment, à Vittel ou à Volvic.

Je vais prendre l'exemple de Volvic pour que tout le monde comprenne. Donc à Volvic, Danone pompe directement dans la nappe phréatique pour embouteiller de l'eau, donc on va faire des bouteilles d'eau en plastique qu'ils exportent à tous les coins, donc en plus on assèche vraiment le territoire puisqu'on envoie l'eau autre part. Et ils ont tellement pompé que la plus vieille pisciculture d'Europe se retrouve asséchée, donc c'est une pisciculture, donc un élevage de poissons dans lequel il y avait 10 000 enfants qui passaient par an.

Donc vous avez 10 000 enfants qui se retrouvent privés d'un lieu qui est en plus un lieu magnifique sous un château avec une pisciculture qui est asséchée, vous avez les gardes-pêche qui voient bien que les milieux et les rivières sont souvent à sec alors qu'ils ne devraient pas l'être, vous avez les propriétaires des hauteurs de Volvic qui ont vu leur permis de construire, refusé, parce qu'on sait qu'il n'y aura pas assez d'eau pour les nouveaux habitants et qu'on préfère ne pas laisser des nouveaux habitants s'installer plutôt que de limiter la multinationale, plus des manques d'eau pour les agriculteurs, etc. Exactement.

Et du coup, la question c'est pourquoi est-ce qu'une multinationale fait la loi comme ça ? Et la seule manière de lutter contre les multinationales, de lutter contre un pouvoir absolu des plus riches de l'argent, etc., c'est justement la souveraineté populaire et les règles qu'on se donne démocratiquement ensemble et c'est pourquoi ce que nous on dit sur le fait de changer de constitution, c'est ce qui permet de redéfinir ces règles. Alors après, souvent on nous dit oui, mais changer de constitution, aller vers la 6ème République, ça ne sert à rien de changer juste le numéro. Vous allez à la 5ème, vous allez à la 6ème, bon, c'est pas ça.

C'est le genre de réflexion qu'on fait assez régulièrement. Bon, il faut comprendre que la constitution de la 5ème République, elle a été changée 24 fois. Sur 24 fois où elle a été changée, il n'y a que 3 fois sur lesquelles on a demandé son avis au peuple. Sinon, c'était des constitutions qui étaient faites sur des toits de table ou en changeant comme ça. Sinon, on ne demande pas son avis aux gens. Nous, nous ne sommes pas d'accord avec le fait d'amender à la marge la constitution de la 5ème République parce que le problème de la constitution de la 5ème République, c'est que par nature, elle donne un pouvoir exorbitant au président de la République et à l'exécutif.

Et on le voit quand même depuis des mois. Depuis des mois, nous avons un président de la République et des gouvernements plus illégitimes les uns que les autres qui gouvernent contre la volonté du grand nombre. Sur l'augmentation des salaires, il y a une majorité sociale dans ce pays pour augmenter les salaires parce que les gens n'en peuvent plus vivre comme ils sont en train de vivre. sur la retraite, au moins la retraite à 60 ans, il y a une majorité, mais au moins abroger la retraite à 64 ans, on a une immense majorité des gens qui souhaitent qu'on revienne sur ce voile de deux ans de vie.

Donc, on a des majorités sur plein de choses, mais on a un pouvoir qui aujourd'hui, de manière légale vis-à-vis de la Constitution, peuvent continuer à exercer ce qui est un coup de force contre la démocratie et la souveraineté du peuple.

23:21
Présentateur

D'ailleurs, ce que tu me dis, ça me fait penser aussi à un autre argument que les défenseurs de la Ve République sortent assez souvent. Et enfin là, ces temps-ci, ils ont quand même un peu plus de mal à l'employer. C'est l'argument de la stabilité. Parce que l'autre jour, je voyais Alain Duhamel, qui est Alain Duhamel, chroniqueur de droite, qui d'ailleurs a dit du bien de Jean-Luc Mélenchon assez récemment, disant que c'était un grand homme de gauche, etc. ce qui a dû faire du bien aux gens qui lui posaient la question sur BFM. Mais bon. Jean-Luc Mélenchon, on en pense tout ce qu'on en veut, mais c'est une personnalité incroyable comme on n'en a pas 150.

Alain Duhamel disait « L'ambiance actuelle me rappelle l'ambiance que j'ai connue quand j'ai commencé à m'intéresser à la politique, c'est-à-dire juste avant la fin de la IVe République. » Et pour quelqu'un qui défend autant et qui a défendu la Ve République toute sa vie, dit ça, c'est qu'il a aussi, lui, conscience, et on n'a pas peur de le dire par ailleurs, qu'en fait, la Ve République, aujourd'hui, elle organise une instabilité sociale. Parce que tout ce que tu disais là, c'est que la Ve République n'arrive pas et même, en fait, est structurellement organisée pour bloquer les revendications populaires, pour bloquer les revendications sociales.

Et donc, à la fin, ça crée une sorte de fossé entre les institutions et les citoyens. Et je crois que c'est précisément ça, à la fois, qui est l'objectif de notre projet de constituante de VIe République, c'est-à-dire rendre le pouvoir aux citoyens, le donner même, probablement, parce que je ne suis pas sûr qu'il l'ait déjà eu. et c'est quelque chose qui renvoie à tout... Enfin, je vois bien, là, depuis que je suis libre, parce que moi, je suis restringue de la dissolution, tous les secteurs avec lesquels on échange, ils disent, on n'en peut plus, on est à l'os, et ça, personne ne nous répond plus. Personne ne répond à nos revendications.

Et une fois, on a vu la discussion sur nos raisons d'être engagés. Tu m'as dit que tu étais très engagé dans le secteur associatif. Et qu'à un moment donné, en fait, c'est aussi ce sentiment-là qui t'a poussé quelque part à... Je ne sais pas si... Je ne sais pas si je peux nous en dire un mot par rapport au lien aussi et à l'importance actuelle de l'engagement.

25:33
Mathilde Panot

En tout cas, ce qui est évident, c'est que, en fait, ce que nous, on dit depuis très très longtemps, moi, je me suis engagée en politique parce que j'adorais ce que je faisais en associative. Je travaillais dans un quartier très très très populaire. On arrivait à changer des choses à la fois individuellement mais aussi collectivement pour des choses dans le quartier. Mais j'avais vraiment l'impression de vider la mer avec la petite cuillère. Et moi, si je me suis engagée politiquement, c'est d'abord parce que j'avais envie que ça change pour tout le monde. Et ce qu'on voit de plus en plus, c'est qu'en fait, les bourgeois, eux, la politique, ça ne leur fait rien.

Qu'il y ait un pouvoir d'extrême droite ou un pouvoir de gauche, si un pouvoir de gauche, ça les dérange plus parce qu'en fait, peut-être, ils vont y perdre en termes d'argent. Mais parce qu'on va les obliger à partager. Mais sinon, la politique n'a aucun effet sur leur vie. Vous avez des gens qui peuvent aller dans des cliniques privées, dont les gosses peuvent aller dans des établissements privés, qui peuvent être dans des quartiers dans lesquels ils payent extrêmement cher pour acheter à la fois la tranquillité mais aussi le fait de respirer un air pur, donc de ne pas être dans des zones complètement polluées comme le sont les quartiers populaires, etc.

Donc, c'est des gens sur lesquels la politique n'a pratiquement aucun impact. Et ces gens-là, pour beaucoup, on choisit, ils ont déjà choisi dans l'histoire, on le voit de plus en plus ils choisissent, que pour préserver leur intérêt d'abord financier, ils préfèrent en fait continuer tant qu'ils peuvent avec un gouvernement qui a pourtant perdu trois fois dans les urnes, mais même, pourquoi pas, jusqu'à l'extrême droite, tant qu'ils peuvent préserver ça. Et c'est ce qu'on disait à l'époque sur plutôt Hitler que le Front populaire. Bon, ensuite, il y a des millions de gens dans ce pays pour lesquels, par contre, la politique, c'est une question de vie ou de mort.

Moi, j'ai travaillé sur la constitutionnalisation du droit à l'IVG, donc la garantie du droit à l'IVG dans la Constitution pour une raison qui est une raison très importante, c'est qu'on n'a pas envie que nos filles, nos petites filles, nos arrières petites filles de nouveau y aient utilisé je ne sais quoi à engurgiter, je ne sais quoi, je ne sais qu'elle seinte, je ne sais qu'elle épi de blé pour pouvoir décider si elles veulent une grossesse ou non. Et que jamais, il n'y a aucune loi, jamais, sur les corps des hommes. Il n'y a que sur les corps des femmes sur lesquelles il y a des lois.

Et qu'être maître de soi, pouvoir être sujet de sa vie, comme c'est la question de l'avortement, mais aussi le droit de choisir son genre, mais aussi le droit de mourir dans la dignité, qui sont des grands droits humanistes que nous voulons donner, qui sont des droits, pas des obligations, je le redis pour ceux qui croient qu'on va demander à tout le monde de faire des suicides assistés, pas du tout, mais qui sont des droits, des nouveaux droits, des grands droits humanistes, c'est aussi le fait d'être sujet de sa vie et donc justement, c'est une question démocratique qui est une question majeure.

Donc, ça, c'est une question de vie ou de mort, la question de l'avortement, parce que partout, dans toute l'histoire et dans tout le monde, les femmes, lorsqu'elles ont décidé d'avorter, elles le feront quelles que soient les conditions. Et on voit, par exemple, en Pologne, notre voisin, où on a une quasi-interdiction totale de l'avortement, il y a six femmes qui sont mortes depuis cette quasi-interdiction de l'avortement.

On voit qu'au Texas, ceux qui prétendent défendre la vie, comme le disent les antidroits, l'extrême droite, sont en fait responsables au Texas, depuis l'interdiction quasiment totale de l'avortement, d'une hausse de la mortalité des nourrissons de moins d'un an par déformation congénitale, donc des grossesses qui auraient pu ou dû être arrêtées puisqu'il y a un problème avec le fœtus et qui n'ont pas été arrêtées parce qu'il faut lutter absolument contre l'avortement, etc. Et donc, avec une augmentation de 23% en un an des nourrissons de moins d'un an qui meurent, donc une augmentation de la mortalité infantile.

On le voit quand on parle de Naël, par exemple, de le fait d'être un jeune de quartier populaire qui, en plus, décès 9, 10, 11 ans, à qui on apprend dès le départ qu'ils seraient en quelque sorte des étrangers dans leur propre pays avec le système du contrôle au faciès, racisme systémique qui a été dénoncé par l'ONU qui se retrouvent à 17 ans tués d'une balle dans la tête. Ça, c'est une question de vie ou de mort, par exemple, de savoir si on garde la loi Cazeneuve qui a été faite à l'époque qui a fait exploser le nombre de morts pour refus d'obtempérer.

Et puis, peut-être une question de vie ou de mort aussi parce que là aussi, les riches, ils essayent de construire des îles artificielles, de se mettre à l'abri sur je ne sais quoi, mais en tout cas, de dire qu'ils seront probablement, c'est vrai, les derniers touchés par le plus grand défi du 21e siècle qu'aucune génération humaine avant nous n'a eu à affronter, c'est-à-dire la conservation du seul écosystème compatible avec la vie humaine. Donc, la question de comment est-ce qu'on fait face et on s'adapte au dérèglement climatique et à l'effondrement écologique. Donc ça, c'est des questions de vie ou de mort pour des millions de gens.

Et en fait, la question qui est posée, c'est soit, en fait, on reste dans un modèle qui est un modèle capitaliste de compétition de tous contre tous où en fait, seuls certains s'en sortent ou est-ce qu'on fait une société d'entraide qui est la seule à même de pouvoir faire face dignement et avec le moins de mort possible à ce qui est l'effondrement de cet écosystème et à la manière dont on le préserve le plus possible.

Donc en fait, moi, ce que je tire de l'engagement associatif, c'est à la fois qu'il y a des millions de gens dans ce pays qui tiennent le pays debout tout entier face à des politiques néolibérales qui attaquent tout, l'hôpital, l'éducation, les associations elles-mêmes, etc., mais qui permettent à plein de gens de rester debout. Et contrairement à ce qui est dit, puisque moi, j'étais dans un quartier très populaire, non, les gens ne sont pas dépolitisés, au contraire, les gens ont profondément soif de politique, ils ont soif de justice sociale et lorsqu'on leur demande, eh bien, justement, on arrive à des choses qui vont toujours dans le sens de l'intérêt général.

C'est ce qu'on a vu encore à de nombreuses reprises et notamment lors de la dissolution avec vraiment une mobilisation qui est une mobilisation qui, encore une fois, a sauvé la République.

31:26
Présentateur

Tout à fait, et dont les personnes qui en ont été aussi moteurs à ce moment-là, elles sont particulièrement fiers. Il y a pas mal de personnes qui m'ont dit mais n'oubliez pas qu'on vous a élus, qu'on vous a mis là, parce que parfois aussi, il y a de tels assos médiatiques contre nous, contre tout ce qu'on représente et pour les raisons que tu as indiquées. Et il y a certains qui se disent mais j'espère qu'ils ne vont pas abandonner leurs principes parce que ça doit être aussi dur qu'en tenue de Cyprien.

Et je pense que là, l'idée qu'on se projette sur la défense de la souveraineté populaire, du pouvoir du peuple, de l'ensemble du peuple et à partir aussi de ceux qui sont exclu de la décision politique, c'est un horizon positif qui permet aussi de faire reculer et c'est ce à quoi on va s'employer, à faire reculer l'extrême droite et à gouverner sur des bases qui correspondent aux besoins et aux défis de l'époque comme tu le disais. Exactement. Tu veux un petit mot de la fin ?

32:18
Mathilde Panot

Un petit mot de la fin quand même pour dire qu'Emmanuel Macron, je le disais tout à l'heure et peut-être le meilleur avocat de la VIème République. D'abord parce qu'on comprend bien que c'est problématique qu'un homme tout seul puisse décider de faire fi des élections, d'imposer des réformes plus brutales les unes que les autres. Mais il faut aussi comprendre et c'est ce que Jean-Luc Mélenchon porte avec la question de la nouvelle France que la France en 1958, donc au début de la Vème République, n'a plus beaucoup à voir avec la France qu'on a aujourd'hui.

Donc il y a eu un nouveau peuple qui a émergé, notamment parce qu'en 1958 on était à un Français sur dix qui avait un grand-parent étranger. Aujourd'hui on est à un Français sur quatre, donc la France s'est créolisée comme on le dit. Notamment parce que la situation des femmes a immensément changé puisqu'en 1958, je rappelle qu'on n'avait pas le droit d'avorter, on n'avait pas le droit à la contraception, on n'avait pas l'avortement gratuit, on n'avait même pas le droit au divorce par consentement mutuel. Les femmes n'avaient pas le droit d'avoir un compte bancaire sans autorisation de leur mari, etc. Donc c'est aussi, à l'époque, c'était seulement moins de 40% des femmes qui travaillaient.

Aujourd'hui, on est à 85% des femmes qui travaillent et puis on est sur une génération qui est beaucoup plus éduquée parce qu'en 1958, on était à 10% d'une classe d'âge qui avait le bac. Aujourd'hui, on est à plus de 80% d'une classe d'âge. Donc c'est une France qui a beaucoup changé. Et donc je crois que la Ve République a fait son temps, qu'il est temps de la mettre à la retraite et de récupérer nos droits avec la Constituante. Et je le dis juste puisque c'est notre premier épisode. Il y a pour cela une tâche que nous devons toutes et tous faire.

Ça commence par vérifier notre inscription sur les listes électorales pour qu'on ne puisse pas nous voler nos droits civiques puisqu'il y a 11 millions de personnes dans ce pays qui sont non inscrits ou mal inscrits. Et donc c'est extrêmement important de vérifier votre inscription électorale et puis aussi les inscriptions électorales de toutes les personnes qui vous entourent parce que c'est ce qui permet justement de réaffirmer que dans notre pays le pouvoir appartient au peuple et à lui seul.

34:24
Présentateur

Excellent. C'est une parfaite transition en plus vers notre prochain épisode avec Antoine Léomand sur la participation populaire. Merci beaucoup. Merci Pierre-Élise Cadallan. Panneau, Nouvelle France, Nouvelle République. À bientôt.