Nicolas Sarkozy condamné : "Il reste dans une dignité et n'a aucune haine" (Antonin André)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 10 %Défensif 80 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30Nicolas SarkozyFait
« Si je dois dormir en prison, je dormirai en prison, mais je ne reconnaîtrai jamais quelque chose que je n'ai pas fait. »
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C'est pour ça qu'on va en parler en longueur ce matin. Bien sûr, édition spéciale de 11h à midi. On vous dit tout, on vous raconte tout, les coulisse de l'entretien.
On va décortiquer les déclarations de de Nicolas Sarkozy. Ce combat, je le mène pour l'état de droit à la une du journal du dimanche 0120 391 pour réagir en direct donc sur Europe 1. Répétons-le, autant que faire ce peu pas de financement illégal de campagne, pas d'enrichissement personnel.
Pas de pacte de corruption, pas de risque d'évasion, pas de risque de réitération. Mais trois juges ont décidé de l'envoyer en prison pendant 5 ans, sortant l'association de malfaiteurs, rajouter l'exécution provisoire et le tour est joué. Et ce qui est intéressant, ce qui est fascinant dans cette affaire qui est une affaire historique, c'est que ça dépasse l'homme.
On parle là de la justice, on parle là des principes fondamentaux et on parle de la séparation des pouvoirs, on parle de l'autorité judiciaire. qui à travers cette décision, la question qu'on doit se poser, c'est est-ce que cette autorité judiciaire prend le pouvoir, tente de faire quelque chose qui n'avait jamais été fait auparavant et c'est là tout l'enjeu. Donc on va en parler en longueur dans cette première heure d'Éliot de Val et vous et on est en direct avec Antona André.
Bonjour Antonin André. Bonour Elliot, bonjour à vous. Oui.
Euh Antoine André, vous êtes journaliste poli. Ne dites pas ne dites pas trop à Jules qu'il est brillant parce que comme il est à côté de moi au bureau euh ça peut me causer quelques désagréments. Mais j'ai j'ai compris qu'il y avait une forme de de jalousie mais ne vous inquiétez pas Antonin André, je le dis aux auditeurs, vous êtes le journaliste du journal du dimanche, journaliste politique bien sûr et vous avez interrogé le président de la République Nicolas Sarkozi.
Vous l'avez rencontré et notre promesse ce matin, c'est de tout raconter, les coulisses, le climat, que s'est-il passé ? Que s'est-il dit ? Et euh vous avez pu l'interroger, j'imagine, pendant euh c'était l'après-midi de vendredi, c'est bien cela ?
Alors, non, c'était oui, vendredi après-midi vers 15h30 dans ces bureaux de la rue de Miroménil. Euh alors j'étais j'étais pas tout seul, j'étais avec Geoffroid le jeune le directeur du JDD, avec Don Vidal Revel le directeur d'Europin, euh Louis Dragnel que vous connaissez bien aussi journaliste européen et patron du JD News et William Oiginier du service police justice d'Europe 1. on avait besoin d'être nombreux parce que on se disait qu'on allait être face à un à un homme qui sans doute serait difficile à interviewer, peut-être un peu touché, peut-être un peu atteint et donc nous nous étions nombreux et en fait quand on arrive dans ces bureaux euh Nicolas Sarkozi nous accueille et on voit on voit tout de suite dans son attitude si vous voulez c'est un homme qui a un pas assez décidé, le le buste est haut, les épaules en avant, le sourire immédiat lorsqu'il accueille ses visiteurs très chaleureusement et il nous propose un café, des chocolats, enfin on on était presque dans une inversion des rôles.
On avait l'impression que c'était lui qui cherchait à nous à nous mettre à l'aise euh et que lui était et que nous étions un peu contraint et un peu corseté et que lui était totalement en fait une machine qui s'était remise en route et dès que l'interview a commencé, ce qui était frappant dans sa façon de de de parler et dans sa posture, c'était la j'ai rarement vu Nicolas Sarkozi aussi déterminé et avec autant de force, j'allais dire comme Nicolas Sarposi quand plus vous le tapez, plus vous le violentez, plus vous alimentez sa force et sa détermination, vous ne l'affaiblissez pas. Et ça c'est assez spectaculaire à voir, je veux dire physiquement. C'est donc si on prenait une formule ou du moins une métaphore, c'est le le le poids lourd, le boxeur qu'on aurait pu imaginer Grogy avec un genou à terre et au contraire certes dans les cordes parce que on en parlera dans un instant.
Il a été surpris par l'exécution provisoire. Il ne s'attendait pas à ce que les juges mettent en place cette exécution provisoire et donc l'envoi directement euh en en prison, même si c'est un mandat de dépôt différé, mais vous avez vu quelqu'un qui garde la tête haute. C'est la promesse qu'il avait faite au sortir de de du tribunal corruptionnel.
Oui, absolument. Mais en vous écoutant, je me remémore je ne sais plus quel homme politique que que que j'ai bien connu. Enfin des amis de Nicolas Sarkozi le compare à Rocky Balboa.
Bah c'est vrai qu'il y a un peu de Rocky Balboa dans dans Nicolas Sarkozi, c'est-à-dire que c'est un homme et il le dit d'ailleurs, on ne peut pas refuser, on peut on ne peut pas voir des haut très haut et et et des moments de de doute et de et de et de de bas très bas. et et il ressemble un peu à Rocky Balboa. C'est vrai, c'est une image assez juste d'un boxeur qui est qui se fait défoncer sur le ring, qui prend des coups, qui sort le visage tu méfié et l'arcade en sang et et qui au lieu de baisser les bras en fait repart à l'entraînement mais deux fois plus fort, trois fois plus fort et s'inflige à lui-même d'une certaine façon parce que ça c'est fort aussi moi je trouve une espèce de discipline si vous voulez.
C'est-à-dire que même quand il parle des juges, même quand il parle de son affaire, il y a pas de haine, il y a pas de vengeance, il y a pas de revanche. C'est c'est il reste dans une espèce de dignité et de et de et de retenu franchement euh pour tenir comme il le fait à sa place, moi j'aurais beaucoup de mal à pas si vous voulez lâcher les coups justement sur les juges, mais ce serait un piège en fait que de faire ça. Ce qui m'intéresse également et c'est très c'est très important ce que vous dites, c'est comment l'entretien que vous avez eu avec Nicolas Sarkozy va être traduit dans la presse et notamment dans les médias mainstream.
Je vous ai écouté attentivement chez nos confrères de BFM hier et je connais la petite musique qui va arriver, c'est euh Nicolas Sarkozi hurle au complot, s'attaque au juges, il y a un côté trumpiste dans cet entretien. J'attends le le moment où sur d'autres médias, on va dire c'est l'extrême droite. Mais en fait, c'est tout l'inverse qu'il y a dans cet entretien.
C'est-à-dire que ce procès, cette décision dépasse l'homme. On va sur les principes fondamentaux. Alors euh pour ce qui est des réactions des médias, euh on a bien vu quand même que au moment de sa condamnation, y compris sur des médias mainstream, comme vous dites, euh la critique de la décision judiciaire et son incongrué, son irrationalité a été soulignée par beaucoup, y compris sur des antennes qui sont pas spécialement soupçonnées d'être prosariste.
Donc je crois que de la même façon que cette affaire dépasse son simple cas, elle dépasse aussi, j'allais dire un peu les clivages politiques parce que c'est quand même un ancien président de la République qui se retrouve dans cette situation de mandat de dépôt pour vous l'avez dit une exécution provisoire dont aucun des critères aucun des critères ne fonctionne. Donc là, il y a un doute qui s'insinue, que vous soyez de gauche, de droite sur l'impartialité de la justice et sur le fait qu'il n'y ait pas une forme d'acharnement sur le complot. sur le complot.
On y reviendra, je pense que dans les jours qui viennent, c'est un sujet qui va qui va qui va effectivement revenir. Quand il parle de complot, il évoque pas un complot des juge. Il évoque pas un complot des juges.
Je pense que le complot don auquel il fait allusion est davantage relié au début de l'affaire et à la façon dont l'entourage de Cadelfille notamment euh l'a piégé d'une certaine façon avec la complicité euh euh avouée réelle ou non de Média Part et que le complot est plutôt là. Je crois pas qu'il désigne un complot des juges. Non, mais c'est très intéressant ce que vous dites parce que euh vous êtes au plus près euh de la retranscription de cet entretien, mais je connais les passions tristes des de certains journalistes et je sais comme certains aiment à tordre la réalité, même quand c'est écrit noir sur blanc.
Et euh encore une fois, c'est ce que je disais, et son combat, ça n'est pas en fait j'ai quasiment l'impression en lisant le l'entretien de Nicolas Sarkozy que euh ce ce combat ne le concerne pas. Il concerne quelque chose de plus grand, de plus important. Oui.
Oui. Et il est il est il est inquiet. Il est très inquiet.
En fait, il dit, imaginez, les il dit "Les gens voient ce que on m'a infligé à moi et l'inanité de cette décision. Ils doivent avoir peur parce que si c'est eux, la sentence sera encore plus lourde. Donc il y a un sujet je crois de de défiance envers la justice d'une justice qui ne se remet pas en cause mais surtout moi je trouve qu' qui c'est ça qui est le plus saisissant qui n'est plus compréhensible.
C'est incompréhensible. On ne peut pas quand on comprend pas une décision de justice, quand on ne la comprend pas et notamment parce qu'elle est violente, cruelle et injustifiée, à ce moment-là, la justice se décrédibilise et c'est ça qui est en jeu aujourd'hui parce que si vous n'avez pas une justice en laquelle les gens ont confiance dans une société, dans une République, bah c'est tout l'édifice qui fragilisait. Ça peut pas tenir si vous voulez.
On a besoin d'avoir une justice qui en plus, je le rappelle est rendue au nom du peuple français, qui doit être intelligible, cohérente et et respectée par ce peuple français. La décision qui a été prise sur Nicolas Sarkozy a un effet puissance 10 sur euh la décrédibilisation de la justice et effectivement sa fragilisation. Et c'est ça le sujet que Nicolas Sarkozy soulève en disant il faut il faut s'attaquer à ce sujet, il faut le poser, il faut y apporter les réponses.
Alors les réponses, bon, elles sont multiples. Euh peut-être il y a quelque chose à à voir sur le la façon dont les magistrats peuvent être contrôlés ou en tout cas doivent répondre de leur décision. Peut-être qu'il y a un sujet PNF aussi, ça c'est très important.
Euh, il y a eu 12 ans en d'enquête, des axes dans tous les sens, des voyages, des déplacements étranger et un des axes de la défense de Nicolas Sarkozi. de dire je veux révéler euh auprès de de l'agence des documents administratifs qui est euh qui détient en fait tous les documents le coût que cela a représenté que les gens voient facialement l'ampleur de cette espèce d'enquête pour je le rappelle arriver à euh un chef du mal faiteur fictif qui a été qui a été retenu. Je veux que les Français voient l'ampleur l'ampleur des montants financiers, ça suff dizaine de millions d'euros euh pour qu'il puissent juger aussi sur pièces, j'allais dire.
Il dit par exemple rendez-vous compte que la semaine au cours de laquelle les agresseurs d'un policier à Rein sont libérés, de semaines après avoir agressé des fonctionnaires de police, le tribunal correctionnel de Paris condamne me condamne à 5 ans d'emprisonnement. Si je dois dormir en prison, je dormirai en prison, mais je ne reconnaîtrai jamais quelque chose que je n'ai pas fait. L'injustice, l'incohérence, la partialité à ce point sont tellement caricaturales que dans la presse du monde entier, vous avez des articles qui expliquent que la France est devenue un pays dans lequel le citoyen peut avoir peur de la justice de son pays.
Ce n'est pas moi qui suis humilié, mais la France par ses pratiques si contraires à l'état de droit. Un grand merci Antonin André de nous avoir révélé tous ces coulisses.
Nicolas Sarkozy