Olivier Faure : "La censure est toujours possible"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18OuverteRéponse partielle
La réponse du gouvernement sur les ventes de couteaux mineurs et le plan santé mental est-elle la bonne selon vous ?
- 2:25OuverteRéponse directe
Il a raison ou il est à côté de la plaque le chef de l'État ?
- 2:54FerméeRéponse directe
François Bayrou va annoncer d'ici un mois comment il compte faire les 40 milliards d'économies nécessaires pour le budget de l'an prochain. Si la copie ne vous convient pas, Olivier Faure, est-ce que vous censurez le gouvernement ?
- 4:20OuverteRéponse directe
S'attaquer à certaines niches fiscales, c'est une bonne idée ou pas ?
- 5:35OuverteRéponse partielle
Vous y croyez à ce conclave ou, là encore, ça ne sert à rien ?
- 6:46OuverteRéponse directe
Est-ce que la stabilité est plus importante que les convictions ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:10Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui vous avez un médecin pour 16 000 élèves, vous avez une infirmière scolaire pour 1500 ou 1800 élèves »
- 1:25Invité politiqueChiffre
« Quand on connaît aussi les statistiques avec un jeune sur deux qui a eu un problème de santé mentale dans les dernières années »
- 2:35Invité politiqueChiffre
« Il y a 45 homicides par an qui sont liés à des mineurs »
- 4:38Invité politiqueChiffre
« Je suis d'accord pour que ça attaque aux niches fiscales, qui sont en fait, c'est 200 milliards par an »
- 5:21Invité politiqueChiffre
« C'est une taxe qu'on a appelée la taxe Zuckmann et qui, aujourd'hui, rapporterait entre 15 et 25 milliards »
- 6:11Invité politiqueChiffre
« quand la France produit 100 euros de richesse nouvelle, on en prélève 14 pour nos retraites »
- 7:35Invité politiqueFait
« il y a une semaine, il y a eu une résolution qui a été proposée par le groupe GDR qui demandait le retour à 62 ans »
- 9:05Invité politiqueFait
« il y a maintenant une marche pour Gaza qui passe par l'Égypte qui va être de la même façon interdite et qui pose problème »
Temps de parole
- Olivier Faure76 %
- Présentateur22 %
- ?3 %
≈ 8,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
RTL Matin
Il
est 7h43 sur RTL, tout de suite l'invité d'RTL Matin. Et Thomas, vous recevez aujourd'hui Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste qui vient d'être réélu.
Bonjour et bienvenue sur RTL, Olivier Faure. Bonjour Thomas Soto. Après le drame de nos gens et la mort de cette surveillante de 31 ans poignardée par un élève, la réponse du gouvernement sur les ventes de couteaux mineurs, sur le plan santé mental, est-elle la bonne selon vous
?
Je ne
vais
pas critiquer le gouvernement qui est dans une situation compliquée, mais la réalité c'est qu'il passe à côté. Pourquoi ? Sur les portiques, sur l'indication de vente aux mineurs, la réalité c'est qu
'on
le voit bien avec ce jeune homme de nos gens qui a pris son couteau de cuisine, donc je ne
vois
pas très bien ce qui empêcherait demain, sauf l'accès au tiroir de cuisine pour les mineurs, ça va être compliqué. Sur les portiques, tout ça a eu lieu à l'extérieur de l'établissement. En
présence
des gendarmes
?
En présence des gendarmes, ce qui montre bien que tout ce qui a été imaginé jusqu'ici n'est pas complètement de nature à nous rassurer. Maintenant, la question, c'est une question de santé mentale effectivement, le problème du plan de Yannick Noder, c'est que c'est un plan sans moyens et donc la réalité on la connaît. Aujourd'hui vous avez un médecin
pour
16 000 élèves, vous avez une infirmière scolaire pour 1500 ou 1800 élèves et donc on est sous-doté et avec une incapacité à saisir ce que sont les difficultés que rencontrent les jeunes. Quand on connaît aussi les statistiques avec un jeune sur deux qui a eu un problème de santé mentale dans les dernières années, le taux de... Mais ça c'est le constat, alors qu'est-ce qu'on fait ? Il faut mettre des moyens, il faut mettre
des milliards
pour le coup ? Il faut mettre à la fois des moyens, on va faire une priorité, ça fait longtemps que nous prenons nous le fait que la santé mentale des jeunes soit une priorité. Ça suppose aussi de veiller à ce que la société française soit une société moins violente. La réalité c'est que nous sommes baignés dans un univers qui est un univers de violence.
On
parle des jeux, on parle des séries, on parle... Enfin, quelle est en fait la déshumanisation ? Elle est en réalité partout, y compris jusqu'aux conflits qui sont ceux du monde aujourd'hui avec des images qui nous proviennent du monde entier où désormais on a accès à cette idée que finalement la mort, la vie, tout ça n'a pas de grande importance.
Donc
quand on
voit... Emmanuel
Macron, lui,
il s
'en
prend à ceux
qui, dit-il, préfèrent brainwacher, autrement dit, laver le cerveau sur l'invasion du pays et les derniers faits divers. Il
a
l'impression qu'il relativise un peu tout ça. Il a raison ou il est à côté de la plaque le chef de l'État ?
Il
a tort de relativiser parce que quand les faits divers se multiplient... Déclaration avant le drame de nos gens. Oui, bien sûr, mais enfin les faits
divers
sont nombreux. Il y a 45 homicides par an qui sont liés à des mineurs. Alors, pour une bonne part liée au narcotrafic, et c'est l'une des guerres que nous devons mener,
en
fait même une guerre mondiale en réalité contre le narcotrafic, mais il y
a
aussi tous ces jeunes qui déplombent. Et donc, quand on a une addition de faits divers, ça devient un fait société.
Le Premier ministre François Bayrou va annoncer d'ici un mois comment il compte faire les 40 milliards d'économies qu'il juge nécessaires pour le budget de l'an prochain, alors que la Banque de France, on en parlait tout à l'heure, vient de baisser ses prévisions de croissance à 0,6. On est parti de 0,9, on est maintenant à 0,6. François Bayrou était très clair, il dit nous allons demander un effort à tous les Français. Si la copie ne vous convient pas, Olivier Faure, est-ce que vous censurez le gouvernement
? Bien
sûr, la censure, elle est toujours possible. Moi, j'avais dit que nous pouvions passer un pacte de non-censure avec le gouvernement à une condition, c'est qu'il n'y ait plus jamais l'usage du 49-3, ce qui oblige à des compromis. Si on ne passe plus en force, on est obligé de trouver des majorités de projets et qu'on respecte l'idée d'un changement de cap. Ce pacte n'existe pas ? Ce pacte n'existe pas.
Donc s'il y a 49
-3, il y
aura censure ? Ça sera aussi simple que ça
?
Ce sera effectivement aussi simple que ça, mais ça suppose que dans l'intervalle, le Premier ministre accepte l'idée qu'il n'a pas de majorité absolue. Nous n'en avons pas, il n'en a pas. Ça suppose qu'à un moment, on fasse des efforts pour trouver des compromis qui ne satisferont jamais. Personne n
'a
100% et on aura l'élection présidentielle de 2027 pour remettre les compteurs et aller plus loin les uns ou les autres. Mais dans l'intervalle, ce qu'il faut, c'est répondre à ce que les Français nous ont demandé. Que nous ont-ils dit ? Nous ont dit, vous n'aurez la majorité, ni les uns, ni les autres. Donc ça suppose maintenant qu'il y ait une forme, non pas d'entente, mais de compromis, qui sont des compromis provisoires, mais qui permettent d'avancer. On ne peut pas accepter l'idée d'un immobilisme pendant les prochaines années. Le pays a besoin d'être gouverné.
S'attaquer à certaines niches fiscales, c'est une bonne idée ou pas ? Amélie de Montchalin disait ici même avant-hier, on ne touchera pas au CESU, un chèque emploi-service, pour les gardes d'enfants, ni pour les nounous, ni pour l'accompagnement des personnes âgées. En revanche, pour tout le reste, c'est ouvert. Vous êtes d'accord avec ça ? Oui, bien
sûr.
Vous
êtes d'accord là-dessus
? Je suis d'accord pour que ça attaque aux niches fiscales, qui sont en fait, c'est 200 milliards par an,
les
niches fiscales. Alors, je ne
suis
pas sûr que les niches fiscales, celle dont elle parle, c'est une niche qui est une niche coûteuse. Donc, effectivement, elle rapporte. Mais il y
a
aussi, aujourd'hui au Sénat, en février, nous avons voté à l'Assemblée une proposition de loi qui permet de fixer un impôt planché pour les gens qui
ont
une fortune supérieure à 100 millions d'euros. et qui serait donc, le barème, c'est 2% de ce patrimoine, de cette grande fortune, chaque année, qui doit être imposée. Et quand les impôts qu'ils payent n'atteignent pas ces 2%, eh bien, on prélève
la
différence. Et donc, cet impôt, il est aujourd'hui en débat au Sénat. C'est une taxe qu'on a appelée la taxe Zuckmann et qui, aujourd'hui, rapporterait entre 15 et 25 milliards.
Je
ne comprends pas pourquoi le
gouvernement
s
'y oppose.
Des sous, on en cherche partout, on en a besoin pour financer les retraites, alors que le conclave doit s'achever dans une semaine. Le MEDEF l'a dit avant-hier, il ne veut pas toucher à l'âge de départ à 64 ans. Vous y croyez à ce conclave ou, là encore, ça ne sert à rien
?
J'aurais aimé que ce conclave ne soit pas enfermé dans les préconisations du Premier ministre, qui lui-même a tué le principe du conclave en expliquant que...
Les convictions du MEDEF sont
des convictions propres, ce n
'est
pas une surprise que le MEDEF ne veuille pas toucher à l'âge légal.
Non,
ce
n'est pas une surprise. En revanche, ce qui était une surprise, c'est que le Premier ministre lui-même dise qu'il ne toucherait pas à l'âge légal. À partir de ce moment-là, les dits sont pipés. Et la réalité,
c
'est quelle est-elle ? C'est qu'on nous dit, mais regardez, aujourd'hui, quand la France produit 100 euros de richesse nouvelle, on en prélève 14 pour nos retraites. Mais quand vous faites l'exercice, demandez à vos voisins, à vos amis, à vos parents, qu'êtes-vous prêts à faire pour les retraites ? Moi, quand je pose la question aux gens en leur disant, quand on crée 100 euros de richesse, est-ce que vous êtes prêts à mettre 14 euros pour vos parents, pour vos grands-parents ? La réponse est oui. Est-ce que vous êtes prêts à mettre 14,50
euros
? La réponse est encore oui. La réalité, c'est que ce sont des choix de société qu'il faut réaliser et que nous avons d'autres moyens que ceux qui sont aujourd'hui proposés. Mais là, aujourd'hui,
c'est un débat qui mérite d'être...
Et qui arrive au Parlement, c'est qu'on ne touche pas à l'âge légal à 64 ans. Vous dites, là, pour le coup, on va censurer ou vous dites, non, on va rester un peu la béquille du gouvernement au nom de la stabilité ? Est-ce que la stabilité est plus importante que les convictions
?
Non. La stabilité, en fait, elle est possible, y compris avec des changements de gouvernement. Moi, ce que je souhaite,
c
'est... Enfin, je ne sais pas ce que donnera la conclave in fine. Je ne sais pas. Je sais aussi que... On
commence
à en avoir une idée. Chacun montre les muscles. Oui, enfin, on sait aussi que c'est dans le money time que tout se négocie et que donc, il y a encore la possibilité éventuelle d'avancer. Moi, ce que je dis au MEDEF, c'est qu'il faut quand même qu'il entende ce que les Français ont à dire. En fait, on ne peut pas considérer et mépriser à ce point-là à la fois ceux qui ont manifesté, mais aussi ceux qui ont voté aux Européennes, ceux qui ont voté aux législatives et faire, aujourd'hui, y compris, fi de ce qu'est le Parlement. Il y a une semaine, il y a eu une résolution qui a été proposée par le groupe GDR qui demandait le retour à 62 ans.
Cette résolution a été votée très largement et les députés du Bloc central ne se sont même pas mobilisés. C'est un sujet de censure ou pas ? Tout est sujet de censure.
Tout
est sujet de censure. Olivier Faure, l'eurodéputé... Tout est sujet de compromis aussi. Moi, ce que je veux dire là, c'est que la main, elle n'est jamais... Enfin, il ne s'agit pas de dire que nous allons être pavloviens et que nous allons systématiquement déclencher la censure, etc. Simplement, ça suppose qu'il y a en face de nous un pouvoir qui négocie, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Il nous reste une minute pour parler de l'eurodéputé insoumise Rima Hassan qui est au centre de rétention, qui a même été à l'isolement, semble-t-il, en attente de son expulsion d'Israël après que son bateau, qui menait une opération de communication humanitaire pour Gaza, a été intercepté par l'armée israélienne. Est-ce qu'elle est une victime ? Est-ce que vous la soutenez, Rima Hassan
?
Mais, moi, je crois que le sujet, ce n
'est
pas Rima Hassan. En fait, vous connaissez le proverbe chinois qui dit « Quand le sage montre la lune, l'idiot ou le fou montre le doigt ». Je crains qu'aujourd'hui, plutôt que de regarder ce qui se passe à Gaza, on nous parle de Rima Hassan. Et pour moi, ce n'est pas le sujet. Rima Hassan est à la fois une députée européenne, elle est palestinienne d'origine et elle se bat pour cette cause depuis très longtemps. Et je crois que personne ne peut contester sa sincérité.
Maintenant... Est-ce que la mise en scène de toute cette aventure vous pose problème ou est-ce que vous dites finalement que
c
'est un moyen de parler du sujet ?
C'est un moyen de parler du sujet. On peut contester, on peut dire que c'est instrumentalisé, tout ça est certainement vrai. Mais la réalité,
c
'est qu'aujourd'hui, il faut réaliser sur ce qui se passe à Gaza et je vois qu'il
y a
maintenant une marche pour Gaza qui passe par l'Égypte qui va être de la même façon interdite et qui pose problème parce qu'aujourd'hui, tous les témoignages de tous les humanitaires, de tous les médecins, de tous les pédopsychiatres qui arrivent, etc. sont tous consternants quand on voit, en fait, y compris on parle des morts mais quand on parle aussi des amputés, quand on parle de tous ces enfants qui ont vécu la guerre de cette manière-là, qui sont dans une enclave, qui ne peuvent pas en sortir, qui sont dans une situation impossible, mais il y a une alerte à donner et évidemment, il faut le faire par tout moyen et donc, je considère que rien n'est de trop pour parler de Gaza aujourd'hui.
Dernière question rapidement à propos de LFI. Quand il est venu ici il y
a
quelques jours, celui qui était encore votre rival pour prendre la tête du PS, Nicolas Maillard-Rossignol, a été on ne peut plus clair. Il n'y aura aucun accord électoral ni au municipal ni à la présidentielle avec LFI. Est-ce que vous êtes aussi affirmatif et aussi définitif
?
Mais ça n'était pas un débat, en fait. La réalité, c'est que nous n'irons pas derrière Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle et tout le monde le sait et il n'y aura pas d'accord national ou municipal avec les insoumis.
Ni à la présidentielle
?
Ni à la présidentielle.
Merci beaucoup à vous Olivier Ford d'être venu sur RTL.
Olivier Faure