L'Événement du Dimanche LCI du dimanche 13 octobre 2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:53OuverteÉludée
Sommes-nous, Jean-François Copé, en capacité de dire à nos concitoyens qu'il n'y aura plus jamais ça ?
- 2:45OuverteRéponse directe
Vous avez peut-être une prise sur le terrain qui permet d'avancer des propositions.
- 3:37RelanceRéponse directe
Qu'a-t-on raté collectivement ?
- 3:43RelanceRéponse directe
Qu'a-t-on raté collectivement ?
- 7:26OuverteRéponse directe
La ministre de l'éducation a dit « Lorsqu'on frappe une élève, on frappe la République. »
- 8:47OuverteRéponse directe
Soyons précis. Que faudrait-il faire, selon vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Invité politiqueFait
« On a fait un énorme travail sur les attentats terroristes menés par des cellules, des groupuscules. »
- 4:38Invité politiqueFait
« C'est pour ça que j'ai fait la loi qui a interdit le port de la burqa, c'est-à-dire ce masque intégral qui faisait disparaître l'identité des femmes dans notre pays. »
- 9:29Invité politiqueChiffre
« la ministre, ce matin, dans la tribune, je crois, une interview dans la tribune, donne quelques chiffres intéressants, puisqu'elle dit que les atteintes à la laïcité sont moins nombreuses aujourd'hui qu'elles ne l'étaient hier. »
- 17:57Invité politiqueChiffre
« le CRIF relève 1000% d'actes antisémites en plus. »
- 28:16PrésentateurChiffre
« il voudrait la porter à 210 jours »
- 29:51Invité politiqueFait
« il faut une nouvelle loi ? ne serait-ce que pour reprendre toutes les dispositions qui ont été annulées pour des questions de procédure par le Conseil constitutionnel »
- 30:50Invité politiqueFait
« que l'on a déclaré la guerre à la mortalité routière »
- 30:56Invité politiqueFait
« avec de nombreux ministères sur le cancer »
- 31:03Invité politiqueFait
« il n'y a pas besoin de loi, donc on n'a même pas besoin de demander leur avis à M. Mélenchon ou je ne sais qui »
- 32:12Invité politiqueChiffre
« 81% de nos concitoyens disent banco les travaux d'intérêt généraux »
- 32:17Invité politiqueChiffre
« les peines planchées d'un an pour les agresseurs d'agents de la force publique 77% d'approbation »
- 35:44Invité politiqueFait
« 2004 à 2007 c'est la seule période d'embellie dans l'histoire budgétaire française depuis 50 ans »
- 39:56Invité politiqueChiffre
« Monsieur Macron depuis qu'il est élu a recruté 180 000 fonctionnaires supplémentaires »
- 41:51Invité politiqueChiffre
« les propositions de Mélenchon c'est que des hausses d'impôts on est à 60 milliards de hausses d'impôts »
- 42:12Invité politiqueChiffre
« les riches c'est 65 000 personnes d'après les chiffres de Bercy on leur demande 2 milliards »
- 44:07Invité politiqueChiffre
« avec les gilets jaunes on a brûlé 17 milliards pour rien »
Temps de parole
- Jean-François Cope82 %
- Présentateur8 %
- Invité3 %
- Invité 23 %
- Invité 32 %
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L'événement du dimanche, l'événement du dimanche dans un contexte tout à fait particulier, nous sommes aujourd'hui avec Jean-François Copé, ancien ministre, ancien président de l'UMP, ancien parlementaire, actuel maire de mots, responsable politique. Jean-François Copé, très heureux de vous avoir dans cette journée si particulière. Il y a l'hommage à Dominique Bernard, il y aura aussi celui à Samuel Paty. Il y a un an, notre professeur de français a assassiné. Il y a quatre ans, notre professeur d'histoire-géographie a assassiné les deux victimes du terrorisme islamiste. Les deux ont été victimes du terrorisme islamiste. Nos professeurs sont-ils protégés ?
Nous sommes dans ce moment d'hommage, il y a les minutes de silence, il y a l'émotion et il y a les questions qui perdurent. Sommes-nous, Jean-François Copé, en capacité de dire à nos concitoyens qu'il n'y aura plus jamais ça ?
Non, non, on n'est pas en capacité de le leur dire et cette matinée d'hommage qui est à la fois évidemment très émouvante et qui nous renvoie tous à notre humaine condition, comme disait Blaise Pascal, nous invite les uns et les autres à mettre les pieds dans le plat d'une certaine manière. Dire que je crois que pour les millions de français qui ont vécu cette matinée, car d'une manière ou d'une autre, tous autant que nous sommes, nous avons forcément à un moment ou à un autre pensé avec émotion à ces deux tragédies, celles de la mort de M. Bernard, celles de la mort de M. Paty, assassinés dans des conditions absolument effroyables.
Tous autant que nous sommes, nous devons avoir pas simplement ce débat, mais cette prise de décision qui s'impose. Qu'est-ce qu'on fait et comment on fait pour qu'on puisse réduire, je dis bien réduire, drastiquement ces menaces. On a fait un énorme travail sur les attentats terroristes menés par des cellules, des groupuscules. On voit bien que des résultats remarquables ont été accomplis grâce à nos services.
Il nous faut maintenant travailler sur ce qui constitue des dangers solitaires, du fait d'un endoctrinement par les réseaux sociaux, du fait aussi d'une permissivité dans le langage politique, les ravages que commettent aujourd'hui l'extrême-gauche, les responsables d'extrême-gauche, en laissant perdurer le communautarisme, on en paye le prix, dans les écoles, dans la vie quotidienne. C'est ça qui est en jeu aujourd'hui et c'est ça qu'il faut combattre très fortement. Et nous avons envie de vous entendre sur les propositions, les solutions.
Il y a, de votre point de vue à vous, de là où vous êtes, en tant que maire, maire de mots, sans doute, avez-vous peut-être une prise sur le terrain qui permet d'avancer des propositions.
Et nous prendrons le temps de les développer. Nous sommes encore dans ce moment d'hommage, dans ce moment d'émotion que chacun ressent, chacun de nos téléspectateurs le ressent.
D'ailleurs, l'émotion, depuis quatre ans, depuis un an, elle n'a pas baissé auprès de nos concitoyens, de nos téléspectateurs.
Moi, je voudrais vous lire la phrase d'Isabelle Bernard. Isabelle Bernard, la veuve de Dominique Bernard, elle-même est professeure. Elle a confié au journal Le Monde sa conviction intime. Aujourd'hui, je mesure dans ma chair, dit-elle, à quel point la laïcité est un cadre pour bien vivre ensemble. Que des jeunes rejettent ce principe me semble tragique et épouvantable. Qu'a-t-on raté collectivement ? Nous devons mettre en lumière la laïcité comme une valeur positive. Nous avons parfois oublié de le dire aux élèves.
Qu'a-t-on raté collectivement ?
On a oublié de le dire aux élèves, on a oublié de le dire aux parents. La réalité, moi je peux en témoigner comme mère de mots, parce que c'est un combat que je mène depuis des années, vous le savez. C'est qu'on a perdu ce que ça voulait dire la laïcité. On dit n'importe quoi sur ce terme. La laïcité, c'est une liberté en fait. Et c'est la France qui l'a inventée. Une liberté d'exercer son culte, si on le souhaite, mais à la condition de respecter celui des autres et de respecter les lois de la République. C'est ce qui fait la différence entre appartenir à une communauté religieuse et faire du communautarisme.
Appartenir à une communauté religieuse, dès lors que les lois, les règles de cette communauté respectent les lois de la République, ne posent aucun problème. Le communautarisme, c'est de dire ma religion n'a pas à respecter les lois de la République. Elle s'en a franchi. Et donc, ça se traduit par un certain nombre de signes. Les signes, bien sûr, vestimentaires. On connaît ce débat. C'est pour ça que j'ai fait la loi qui a interdit le port de la burqa, c'est-à-dire ce masque intégral qui faisait disparaître l'identité des femmes dans notre pays. Et qui m'a valu à l'époque un torrent d'insultes, notamment de la gauche bien-pensante.
Mais c'est de la même manière être extrêmement ferme sur toutes les formes de dérives, quelles qu'elles soient, avec des véritables sanctions. Les dérives racistes, antisémites, islamophobes. Parce qu'en réalité, moi je dialogue énormément avec les communautés religieuses de ma ville. Parce qu'il faut dialoguer beaucoup. Et quand vous discutez, par exemple, j'ai eu l'occasion de le faire très souvent avec les responsables du culte musulman. Avec lequel j'ai des rapports réguliers, comme je l'ai avec le culte juif ou le culte catholique. Et qu'ils vous disent, mais nous on en a assez, on se fait traiter de salle musulmane ou de salle arabe. Je dis, bah écoutez, bien sûr.
Mais en réalité, réfléchissons-y ensemble. Ce n'est pas plus supportable que celui qui se fait traiter de salle juif. Et on voit bien derrière tout ça la souffrance personnelle. Donc on doit être capable de mettre les pieds dans le plat et de dire, c'est tout ça qu'on ne doit plus accepter. Ça commence par l'école. C'est le discours universaliste que vous portez. Mais est-il encore entendu ? Trouvez-vous une oreille pour vous entendre ? Mais bien sûr, il y a beaucoup de gens qui l'entendent, mais qui veulent simplement que lorsque ces règles sont enfreintes, ceux qui les enfreignent soient sanctionnés. Le problème, c'est qu'en France, nous n'arrivons pas à réinstaller l'autorité. L'autorité.
Encore une fois, cette notion d'autorité, elle est essentielle. Mais pour pouvoir exercer l'autorité, qu'on soit policier, qu'on soit professeur, qu'on soit élu local, qu'on soit fonctionnaire d'autorité, qu'elle qu'on soit, il faut qu'on soit couvert soi-même. Il faut qu'on soit protégé, comme on l'est, mais par des décisions qui sont fermes et appliquées. Tiens, je vous prends un exemple très simple, très basique. À Maux, on a une plage qu'on a aménagée tout l'été devant les bords de Marne. On me rapporte, qui me le rapporte ? Des jeunes vacataires de Maux qui sont tenus, donc qui sont en t-shirt. Ils organisent la plage.
C'est des jobs d'été, mais on les a formés pour ça avec des encadrants. Et ils me rapportent, une fois, deux fois, trois fois, que des gens font n'importe quoi. Ils sont violents, adultes ou jeunes, et se comportent très mal. Je donne, et personne ne faisait rien, je donne l'instruction avec la police municipale qu'à la première incartade, ces personnes sont sorties de la plage de Maux. Bah écoutez, depuis ce jour-là, on n'a plus eu un problème. De tout l'été. Pourquoi je vous donne ce petit exemple ? Il est tout bête, il est tout simple. Mais c'est parce qu'en réalité, le rétablissement de l'autorité, c'est tout de suite.
C'est ce qui fait qu'un professeur, qu'un policier, qu'un élu local, qu'un détenteur de l'autorité publique soient respectés et couverts dans la décision qu'il prend par rapport à l'arrêt qui est enfreinte. C'est ça qui, aujourd'hui, ne fonctionne pas. Il n'y a pas à l'école, aujourd'hui, suffisamment de protection. Alors justement, il y a une professeure, cette semaine, qui a voulu légitimement exercer l'autorité qui est la sienne. Elle a demandé à une élève voilée de retirer son voile et de décliner son identité. L'élève l'a frappée.
Et la ministre de l'éducation, Anne Genté, devant la représentation nationale, dont vous faisiez partie,
a dit « Lorsqu'on frappe une élève, on frappe la République. » Déclaration très forte. Lorsqu'on frappe un professeur ? Lorsqu'on frappe un professeur, bien sûr. Pardonnez-moi. Absolument. Lorsqu'on frappe un professeur, on frappe la République. Nous avons le sentiment d'avoir entendu ces déclarations mille fois. Mais mille fois, d'ailleurs, vous pouvez remplacer. Professeur, policier, juif. Combien de fois on l'a entendu pour les attentats antisémites, qui sont aujourd'hui une préoccupation majeure ? La réalité, c'est que c'est des phrases qui ne sont que rarement suivies des faits. Pourquoi ? Parce qu'on va sanctionner.
La justice va faire son travail sur cette affaire absolument inacceptable. Mais la réalité, c'est qu'en termes de prévention, on ne va pas plus loin. Il doit y avoir, au sein de chaque établissement, des dispositifs de contrôle, de surveillance, beaucoup plus accrus. Ça doit être immédiat. Il doit y avoir des règles qui seront rappelées de manière extraordinairement ferme. Le problème, c'est que beaucoup des chefs de chefs d'établissement se sentent très seuls, en réalité. Parce qu'il n'y a pas la politique de ressources humaines qui va bien à l'éducation nationale pour renforcer les protections des chefs d'établissement. Soyons précis. Que faudrait-il faire, selon vous ?
Par exemple, il faut que dans toutes les écoles, ces règles soient rappelées en début d'année, qu'elles donnent lieu à une réunion systématique avec les parents, que tout le monde soit prévenu, et que dès le début de l'année, il y ait un travail collectif qui soit fait pour que le chef d'établissement ne soit pas seul pour appliquer la règle, et que naturellement, quand il l'applique, il y a autour de lui, ou d'elle, si c'est une dame, le dispositif de protection qui lui permet d'exercer les choses sans être en première ligne toute seule, et que la personne, l'élève, qui enfreint la loi délibérament, arrête de l'enfreindre. Alors des choses ont été faites, ont été entreprises. Bien sûr.
D'ailleurs, la ministre, ce matin, dans la tribune, je crois, une interview dans la tribune, donne quelques chiffres intéressants, puisqu'elle dit que les atteintes à la laïcité sont moins nombreuses aujourd'hui qu'elles ne l'étaient hier. En réalité, on peut considérer que c'est la conséquence de l'interdiction de la baïa et du camis, bien sûr. C'est logiquement en bon. Et à juste titre, c'était une décision qu'il fallait prendre, mais encore une fois, il faut la sortir du dialogue qui va bien. Le grand problème aujourd'hui, c'est que nous devons être capables de relayer ce message absolument sur tous les territoires. Ça n'est pas fait partout. Pourquoi ?
Quel est celui ou celle qui doit avoir ce rôle ? C'est l'élu local. C'est le maire. Le maire doit être en première ligne. Moi, je regrette beaucoup que les maires n'aient plus le droit, c'est les seuls Français, en dehors des condamnés, n'ont plus le droit d'être élus à l'Assemblée nationale. C'est une aberration. Vous avez du coup des députés totalement perchés et déconnectés et des maires qui ont plein de choses à raconter et qui ne peuvent pas le faire. En réalité, les maires ont un rôle majeur. Moi, je passe un temps fou à parler avec les uns et les autres, à rappeler les règles, à dire que quand les règles sont respectées, on vit à ce moment-là dans une société de respect.
Parce que c'est ça qui est en cause. Il ne faut pas se tromper. Beaucoup de musulmans, eux aussi, ont le sentiment qu'on leur manque de respect. Comme tous les autres Français, on a le sentiment aujourd'hui d'être de plus en plus séparés des autres. Et là où nous avons un gros problème, c'est que là où les forces politiques devraient être consensuelles dans ce domaine, elles ne le sont pas. Et moi, j'ai un regard extrêmement sévère sur le discours de Mélenchon. Parce que, de manière extrêmement sournoise, il a introduit dans le débat, et il a banalisé le communautarisme, ce que je dénonçais tout à l'heure.
Cette idée qu'on doit d'abord revendiquer la force de sa communauté et l'imposer par la force du quotidien aux autres. Et notamment la communauté religieuse. C'est ça qui est très très grave. Le Mélenchon d'autrefois, qui était un notable sénateur, en cravate, chic sur lui, et qui défendait la laïcité, s'est muet depuis qu'il a repris les préceptes du trotskisme en quelqu'un qui, avec ses amis, sont en réalité dans une approche extrêmement déstabilisatrice et violente. L'instrumentalisation, par exemple, du conflit palestinien, de l'israélo-palestinien, de ce qui se passe à Gaza, l'instrumentalisation pendant la campagne des législatives a été un pur scandale.
Soyons précis, parce que vous portez des accusations. Vous dites, Jean-Luc Mélenchon prône le communautarisme. Qu'est-ce qui vous permet aujourd'hui de porter une telle accusation ? Mais il l'assume en permanence. C'est son discours. En réalité, tout son but est de déstabiliser une société qui est organisée autour de l'autorité, du respect des uns et des autres, et du respect de chacun, en essayant de jouer, pour des raisons électoralistes, telle communauté contre telle autre. Enfin, écoutez, il n'a rien inventé, d'ailleurs. C'est l'application des préceptes trotskistes dont on sait qu'ils ont pour principal objectif de déstabiliser les institutions.
C'est d'autant plus désolant que, du coup, ça empêche des élus républicains, comme nous, de veiller à ce que chaque culte soit respecté, à ce que chaque communauté soit respectée. Et je dois dire que partout où nous le faisons, ça se passe parfaitement bien. Moi, j'ai veillé à ce qu'il y ait, à mot, des lieux de culte musulmans, car il n'y en avait pas avant que j'arrive, qu'il y ait un carré musulman au cimetière comme il y en a pour les autres confessions, parce que ce sont ce qu'on appelle des accommodements raisonnables, comme, de la même manière, il y a, à mot, des menus de substitution dans les cantines.
On ne va pas obliger les enfants, dont c'est parfois le seul repas équilibré de la journée, à manger du porc, si c'est un précepte qu'ils veulent respecter. Donc, c'est cette idée de faire une différence entre le respect et cette volonté permanente d'opposer, dans la violence, avec des termes violents, les uns aux autres, en faisant croire qu'il y a une stigmatisation. Et c'est comme ça qu'arrive le racisme, l'antisémitisme, et que l'on vient chercher des boucs émissaires. Alors que le rôle de la République, c'est de combattre les boucs émissaires pour rassembler les gens. Vous parliez du rôle de l'élu local.
Mais dans d'autres départements, certains de vos collègues ont pu aussi avoir la tentation du clientélisme. Bien sûr. Vis-à-vis d'un islam radical qui a pu prospérer. Bien sûr. Bien sûr. Et je l'ai, comme beaucoup de mes amis élus, condamné, parce que je pense que c'est un piège dont on ne se sort pas. Voilà. On ne doit pas, jamais, se compromettre, avec, y compris pour des raisons électorales, surtout pour des raisons électorales, avec des gens dont on sait pertinemment que leur objectif est de s'affranchir des lois de la République. On n'a jamais rien à y gagner. Et ça, c'est une règle d'or.
Et je peux vous dire que pour l'avoir appliqué de manière très ferme et très claire dans la ville dont je suis maire, comme le font beaucoup de mes collègues, d'ailleurs, nous avons un dialogue qui est apaisé et encore, tout n'est pas parfait, loin s'en faut, mais on arrive à préserver, à protéger la communauté qui est notre ville. Et ça, c'est quelque chose d'absolument essentiel, mais ça nécessite de la fermeté. Et ce que les gens veulent, c'est pour ça qu'il y a 10 millions et demi de Français qui ont voté pour le Rassemblement National, ils veulent de l'ordre dans la rue, de l'ordre dans l'école, de l'ordre aux frontières et par ailleurs de l'ordre dans les comptes.
J'imagine qu'on va en parler tout à l'heure. Tout à l'heure, nous parlerons du budget, nous parlerons aussi de la maîtrise de nos frontières, nous parlerons aussi de l'insécurité. Plusieurs faits nous ont saisi ces derniers jours. Mais je voudrais qu'on continue encore un petit peu sur cette question de laïcité parce que je voudrais, Jean-François Copé, vous montrer un sondage qui est intéressant parce que le jour où la ministre nous montre statistiques à l'appui, statistiques à l'appui, il n'y a pas de raison de les remettre en cause, que les faits de laïcité sont moins importants aujourd'hui qu'ils ne l'étaient hier à l'école.
Eh bien, le même jour, dans ce sondage publié par nos confrères du JDD, 75% des personnes interrogées affirment qu'ils pensent que la laïcité est menacée à l'école. Nos concitoyens sont inquiets. Je pense que c'est les Français qui ont raison. Je ne veux pas être désobligeant à l'égard de la ministre, mais je pense que c'est les Français qui ont raison. Parce qu'il faut ajouter un élément qui n'est pas recensable dans les statistiques, c'est l'auto-censure. Aujourd'hui, il y a, et tout le monde le sait, des enseignants qui, par peur, n'osent plus évoquer certaines questions. Et notamment l'histoire de la Shoah. Pourquoi ?
Parce qu'à force de se trouver face à un public de jeunes qui, faute de mixité sociale, sont tous des mêmes origines ou qui appartiennent à la même communauté religieuse, eh bien, il y a une auto-censure qui se fait. Mais le fait d'appartenir à une communauté religieuse vous parlez de musulmane ne signifie pas automatiquement qu'on remette en cause l'enseignement de la Shoah. Mais bien sûr que non. Mais ça, c'est ce qu'on se dit aimablement dans ce studio de LCI qui est un endroit normalement protégé. La réalité, c'est que dans l'école, parce que justement, on n'est pas en situation de protéger nos enseignants et c'est tout l'enjeu, eh bien, beaucoup d'entre eux s'auto-censurent.
Qu'est-ce qui est arrivé ? Nos professeurs ont peur. Mais qu'est-ce qui est arrivé à Samuel Bernard et à Daniel Paty ? Dominique Bernard. Pardon. Dominique Bernard, Samuel Paty. Je vous en prie. Samuel Paty et à Dominique Bernard. Qu'est-ce qui leur est arrivé ? Il leur est arrivé d'avoir payé de leur vie le fait d'enseigner leur matière. Et dans leur matière, il y a quoi ? Il y a des valeurs universelles, il y a les programmes qui font la grande histoire de France. Or, qu'est-ce qui est aujourd'hui en cause ?
On le voit bien, c'est la peur d'un certain nombre d'enseignants face à des menaces du quotidien qui n'apparaissent dans aucune statistique et qui sont une réalité extraordinairement violente. Donc, en réalité, le travail que nous avons à faire, il est à l'égard des adolescents, parce que c'est bien d'eux dont il s'agit, et de leurs parents. Que faire vis-à-vis des parents ? Que préconisez-vous ? Mais il faut leur parler, il faut être extrêmement ferme, et il faut leur dire qu'ils ont une responsabilité civile, voire pénale, à l'égard de leurs enfants.
Et qu'on ne peut pas vivre dans un pays aussi merveilleux que la France, aussi généreux que la France, et faire comme si cette générosité n'existait pas, prendre ce qu'on prend et ne pas voir qu'on doit aussi donner. C'est ce message qui est absent, cette permanence de la culpabilisation dans le message politique qui est insupportable. En vérité, il ne faut pas oublier de rappeler que la France est un pays où quand on vient y habiter, ce n'est pas par hasard. C'est un pays où on est soigné gratuitement, c'est un pays où on a le logement très aidé, où on est aidé dans son emploi. C'est le seul pays au monde. Personne ne le valorise. Vous avez évoqué l'antisémitisme.
Nous sommes au lendemain de la grande fête de Kippour. Pour nos concitoyens de confession juive, c'est l'un des moments les plus importants, bien sûr, dans leur pratique, de leur religion. Depuis le 7 octobre 2023, le CRIF relève 1000% d'actes antisémites en plus. Qu'est-ce que cela vous inspire ? Ce que cela m'inspire, c'est tout simplement qu'il y a depuis le 7 octobre, et tout le monde l'a bien compris, dans le discours politique, on y revient, une instrumentalisation effroyable du conflit israélo-palestinien, de ce qui se passe aujourd'hui à Gaza et au sud-Liban, de la manière dont Israël a fait le choix à travers son gouvernement d'organiser la réplique à cet attentat effroyable.
Il y a une instrumentalisation qui vise directement la communauté juive en Europe, pas simplement en France. Le nom du président de la République copieusement sifflé lors de l'hommage aux victimes du 7 octobre organisé par le CRIF, c'est inédit ? C'est inédit, mais enfin, ce n'est pas tout à fait inédit parce qu'il y a eu également, François Mitterrand a été également sifflé lorsque, en 1992, a été révélé son lien avec René Bousquet qui avait été l'organisateur de la Rave du Veldil. Donc, ce n'est pas inédit et ce n'est pas inintéressant de le rappeler non plus.
En ce qui concerne Emmanuel Macron, il est sifflé parce qu'il a tenu quelques jours avant des propos qui sont absolument incompréhensibles et qui surtout vont au-delà, c'est-à-dire qu'on ne comprend plus sa ligne diplomatique. Mais, peut-être laissons ça de côté. Le véritable point qui nous préoccupe là, c'est que la montée de l'antisémitisme commande une réaction très forte et pour le coup, la réaction, elle est très forte. Ce qui nous inquiète, c'est la banalisation de l'antisémitisme comme la communauté juive l'a connue tout au long de son histoire alors qu'on pensait avoir réussi à sinon éradiquer le problème en tout cas le réduire profondément.
Or cette montée de l'antisémitisme elle est liée au fait qu'il y a une banalisation des propos antisémites et antisionistes à l'occasion de ce qui se passe au Proche-Orient. C'est ça qui est très grave. Vous faites un lien direct entre le discours politique tenu par des responsables et dans nos rues finalement des actes qui se libèrent.
À partir du moment où vous avez une formation politique en l'occurrence la France insoumise à laquelle par compromission électoraliste s'est associé le parti socialiste c'est-à-dire le parti de la laïcité banalisant et permettant d'une certaine manière ces appels à la banalisation de l'antisémitisme toutes les conditions sont réunies pour faciliter hélas cette montée de l'antisémitisme et c'est ça qu'on doit dénoncer et c'est ça qu'il faut condamner et c'est pour cela que moi je ne supporte pas cette permissivité à l'égard de l'extrême gauche comme si l'extrême gauche était mieux que l'extrême droite et bien c'est pareil et monsieur Macron en appelant à voter contre l'extrême droite et pour se faire à s'allier avec l'extrême gauche aux dernières législatives a commis de mon point de vue une faute historique Jean-François Copé l'invité de l'événement du dimanche nous marquons une pause très courte sécurité
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et vous êtes toujours avec nous sur le plateau de l'événement du dimanche notre invité aujourd'hui Jean-François Copé Jean-François Copé ancien ministre ancien parlementaire et maire de Meaux Pascal Péry m'a rejoint Bonjour David Bonjour Pascal Bonjour et bienvenue à vous notre éditorialiste éco éditorialiste éco maison spécialiste grand spécialiste des questions de macroéconomie et de microéconomie aussi d'ailleurs vous êtes le bienvenu parce que nous allons dans un instant décortiquer et commenter
analyser le budget qui a été présenté vendredi par ou plutôt jeudi soir par Michel Barnier mais d'abord Jean-François Copé je voudrais que nous parlions d'immigration et aussi de sécurité écoutons ensemble ce qu'a déclaré le nouveau ministre
de l'intérieur Bruno Retailleau c'était vendredi il était en déplacement dans un centre de rétention administrative le drame la tragédie de la jeune Philippine nous a montré qu'il faut qu'on bouge les règles y compris par la loi il faut bouger les règles y compris par la loi alors il propose par exemple Bruno Retailleau d'augmenter la durée maximale de rétention dans ces fameux centres ces 90 jours aujourd'hui il voudrait la porter à 210 jours c'est ce qu'on fait pour ceux qui sont soupçonnés de terrorisme alors est-ce que c'est
une bonne idée ?
il a totalement raison c'est ce qui nous manque aujourd'hui on a incontestablement dans ces domaines des progrès législatifs à faire et je pense qu'il faut arrêter de bavasser de se demander si c'est bien ou pas bien en réalité les gens l'attendent et ils l'attendent parce qu'ils veulent de l'ordre donc ça concerne les fameuses OQTF ceux qui sont tenus de quitter le territoire mais il faut prévoir aussi des interdictions de revenir parce que sinon ça sert à rien la deuxième chose c'est que c'est un gros travail parce qu'il faut obtenir les laisser passer consulaires des pays dans lesquels d'origine donc ça c'est un travail diplomatique qu'il faut faire donc il y a plusieurs ministères qui sont en jeu mais si on va plus loin il ne faut pas non plus se tromper le sujet numéro 1 des français c'est pas tant l'immigration que l'insécurité il se trouve que le lien malheureusement il n'est pas difficile à faire parce qu'on voit bien ce qu'il en est et ça ne suffit pas le sujet numéro 1 de mon point de vue c'est celui qui a trait au rétablissement de l'ordre dans la rue et pour ça il y a une priorité c'est la lutte contre la drogue
alors on y vient on y vient dans 15 secondes on y vient dans 15 secondes d'abord je vous donne cette nouvelle information la porte-parole du gouvernement Maude Bréjon à l'instant même chez nos confrères de BFM TV vient d'annoncer qu'une nouvelle loi immigration serait nécessaire en 2025 vous êtes d'accord avec ça ?
il faut une nouvelle loi ?
ne serait-ce que pour reprendre toutes les dispositions qui ont été annulées pour des questions de procédure par le Conseil constitutionnel et qui pour certaines d'entre elles sont nécessaires à être plus efficaces elles sont appliquées dans de nombreux pays européens d'ailleurs mais encore une fois le sujet dont on doit maintenant prendre que l'on doit prendre en main c'est la drogue et par rapport à la question de la drogue en réalité c'est pas un seul ministère celui de l'intérieur qui doit être mobilisé c'est tous santé éducation nationale justice intérieure finance les douanes en particulier le contrôle des ports maritimes qui est un lieu absolument majeur les affaires étrangères la défense ces ministères-là de mon point de vue devraient être tous les mois autour du Premier ministre pour être une priorité absolue avec des mesures opérationnelles avant qu'il ne soit trop tard c'est-à-dire qu'avant que la pieuvre mafieuse ne soit tellement présente qu'on ne pourra plus l'enrayer faire la guerre au narcotrafic pareil on l'a entendu mille fois c'était le cheval de bataille de Gérald Darmanin pendant des années c'est vrai mais vous voyez bien que Gérald Darmanin il était ministre de l'intérieur et comme je viens de vous le dire ça ne peut pas être que l'affaire du ministre de l'intérieur ça doit être au même titre que l'on a déclaré la guerre à la mortalité routière qu'on a mobilisé les moyens avec de nombreux ministères sur le cancer il faut que ce soit un sujet interministériel piloté par le Premier ministre beaucoup de réglementaires il n'y a pas besoin de loi donc on n'a même pas besoin de demander leur avis à M.
Mélenchon ou je ne sais qui et c'est des sujets qui nécessitent une très très très grande fermeté et j'ajoute que c'est derrière tout ça à nouveau on évoquait tout à l'heure pour les atteintes à la laïcité le sujet de nos adolescents nous avons aujourd'hui un enjeu absolument majeur avec nos jeunes la drogue est aujourd'hui un champ clos dans lequel se retrouvent des centaines voire des milliers de jeunes qui sont embringués par les réseaux mafieux utilisés instrumentalisés il y a le fantasme du mafieux il y a les réseaux sociaux il y a la prison qui est aussi malheureusement une source terrible de contamination dans ce domaine et face à cela des pouvoirs publics qui sont quand même beaucoup dans le non-dit donc quand je dis que ça doit être une priorité c'est qu'on doit en parler matin, midi et soir dans les cercles gouvernementaux et sur le terrain je voudrais que vous voyiez les résultats d'un sondage pour le Figaro c'était hier c'est sur les mesures à prendre c'est très intéressant et alors il y a une forme de consensus assez massif dans les réponses prononcer des peines courtes immédiatement exécutées 81% de nos concitoyens disent banco les travaux d'intérêt généraux 81% les peines planchées d'un an pour les agresseurs d'agents de la force publique 77% d'approbation et alors c'est cette dernière qui m'interpelle j'aimerais votre sentiment là-dessus limiter les possibilités de réduction ou d'aménagement de peines là vous avez 72% de nos concitoyens qui disent bien sûr on s'interroge un peu on se demande pourquoi en 2024 nous sommes encore en train de nous interroger sur le fait c'est pas très compliqué à comprendre c'est parce qu'on a loupé le rendez-vous majeur d'une politique pénitentiaire digne de ce nom c'est-à-dire nous avons des personnels pénitentiaires qui font un travail absolument remarquable dans des conditions extraordinairement dures parce que pour toute une série de raisons parler de politique pénitentiaire c'est moche voilà quand on est un responsable politique on n'ose pas on veut pas on préfère parler de belles choses de l'attractivité économique ça c'est sûr que c'est des belles choses mais c'est vrai globalement ce rendez-vous régalien il a été totalement manqué la première étape d'une politique sécuritaire efficace c'est d'avoir une politique pénitentiaire digne de ce nom ça n'est pas le cas et donc évidemment qu'il faut absolument réinvestir le problème c'est qu'on a brûlé l'argent à faire n'importe quoi mais réinvestir dans la construction de nouveaux centres pénitentiaires il faut réinvestir dans tout ce qu'on appelle les centres éducatifs ouverts ou fermés qui aujourd'hui pour beaucoup d'entre eux sont très mal tenus parce que les personnels sont laissés à eux-mêmes on va parler tout ça qu'il faut mettre on va parler du budget vous répondez non mais vous répondez sur l'aspect moyen alors le budget du ministère de la justice
à l'époque de monsieur Dupond-Moretti a augmenté chaque année 8% de tête je le dis de tête mais est-ce qu'il n'y a pas aussi Jean-François Copé
un sujet culturel chez nos magistrats le juge d'application des peines est-ce que il est dans une démarche de fermeté on peut poser la question moi j'ai un problème avec ce sujet parce que moi j'ai l'expérience du parquet de mots la manière dont travaille le palais de justice à mots qui a un ressort territorial qui est un des plus importants de France avec des magistrats qui prononcent énormément de peine qui travaillent sur des audiences de comparution immédiate parfois jusqu'à minuit qui envoient des gens en prison pour les actes qu'ils ont commis nous avons encore il y a trois mois avec le concours de la police municipale nationale du parquet démantelé un réseau de drogue complet dans un quartier qui empoisonnait la vie de tous les habitants idée reçue donc les magistrats lapsistes idée reçue évitons peut-être d'être trop manichéen dans ce domaine voilà il y a des magistrats qui font remarquablement leur travail sauf qu'ils travaillent dans des conditions qui ne sont pas bonnes l'administration pénitentiaire non plus parce que quand vous avez surpopulation carcérale qu'est-ce qu'on dit il faut qu'on limite les gens qui sont dans les prisons puisqu'on ne peut pas faire notre travail correctement donc vous voyez c'est tout ça qui est en cause et pourquoi est-ce que je fais le lien avec le sujet des moyens parce que les moyens on ne les a pas mis au bon endroit voilà parce qu'en réalité on a brûlé de l'argent dans des dépenses sociales que les français n'apprécient même pas qui sont des puissants fonds et pendant ce temps-là on n'a pas fait de l'investissement c'est ce qui fait d'ailleurs les différences avec les collectivités locales quand je vois qu'on pointe du doigt les collectivités locales heureusement un peu moins depuis ce nouveau gouvernement mais qu'est-ce qu'on n'a pas pris en tant qu'élus on était censé être les pires dépenseurs de tout la vérité c'est que les collectivités locales elles investissent dans leur domaine l'État n'investit plus ou pas suffisamment alors justement parlons du budget qui a été présenté jeudi soir Pascal Péry 75% de l'investissement public c'est considérable alors je m'adresse à Jean-François Copé ministre délégué du budget 2004 à 2007 c'est la seule période d'embellie dans l'histoire budgétaire française depuis 50 ans un peu de choses près je vois tout le monde tomber sur le dos du Premier ministre mais y compris dans sa propre majorité je dirais même que le danger vient de l'intérieur il y a quand même quelque chose de singulier parce qu'on demande à Michel Barnier de réparer 50 ans d'incurie budgétaire c'est impossible mission impossible Jean-François Copé surtout en 15 jours parce que quand même moi qui connais vraiment bien la manière dont on fait un budget c'est une des grandes causes immédiates indépendamment des causes structurelles c'est que cette année a été complètement mais laissée à l'abandon regarde rappelez-vous un Premier ministre nommé en janvier qui met un mois avant d'avoir un gouvernement donc on est en février ensuite on est dans la campagne européenne on dit au ministre du budget surtout vous ne faites rien vous n'annoncez rien il ne faut pas qu'il y ait de fuite arrivent les européennes elles sont terminées et là l'idée de génie du président de la République on dissout donc plus de gouvernement du tout et donc pendant trois mois on n'avait personne pour faire le budget et on demande à Michel Barnier qui arrive début septembre en 15 jours alors qu'il fallait qu'il fasse son gouvernement de faire un budget et on dit quelle horreur ce budget il y a un moment il faut quand même qu'on atterrisse un peu et surtout dans sa majorité c'est-à-dire que vous avez des gens qui ont des idées aujourd'hui parce que dans sa majorité parce qu'en réalité moi ça me fait tristement sourire de voir tout le monde dire c'est inacceptable on a des lignes rouges partout alors de Le Pen à Mélenchon en passant effectivement vous avez raison par ceux qui constituent la majorité tout le monde a d'autres idées bon moi je vais vous dire une chose je ne vois qu'une seule vertu à la période que nous vivons une seule c'est qu'on est avec les français là pour le coup on met les pieds dans le plat voilà les français eux qui sont beaucoup plus conscients de tout ça ont compris que la situation budgétaire était dramatique et pourquoi elle était dramatique parce que nous sommes drogués à la dépense publique et qu'il va falloir se désintoxiquer on n'a même pas le choix on n'a même pas le choix c'est une incise rapide et je note dans les sondages que les français sont en train d'en avoir vraiment conscience donc il ne faut pas nous paier le coche un incise rapide sur la période que vous avez évoquée 2024 comment sommes-nous passés de 4,4% de déficit anticipé à 6,1% c'est un peu un mystère est-ce qu'il faut selon vous une commission d'enquête parlementaire là-dessus ?
c'est très documenté la cour des comptes elle fait un très bon travail elle nous explique exactement comment on est arrivé là et puis elle nous donne même toutes les recettes en matière d'économie budgétaire
Pierre Mouscovici laissait entendre qu'il ne serait pas inutile qu'on pointe les responsabilités
si vous voulez moi la responsabilité première c'est des fautes professionnelles de débutants comme celles que je viens de décrire tout à l'heure avec une instabilité gouvernementale une absence de discours politique et une incapacité pour l'administration de préparer le budget Pascal dans les causes profondes il y a ce que vous décrivez c'est vrai qu'on distribue beaucoup d'argent parfois on arrose le sable en France puis il y a aussi un facteur que dénonce l'OCDE qui s'appelle la complexité française la complexité c'est l'enchevêtrement des compétences c'est la suradministration à certains endroits la décentralisation pas tout à fait achevée 80 milliards d'euros par an je ne vais pas vous demander pourquoi il faut détricoter la complexité mais plutôt comment on commence par quoi ?
vous qui avez l'expérience du ministre et du maire exactement on commence par quoi ?
j'ai des idées assez précises sur ce qu'on peut mettre en place premier principe on ne peut pas le faire en un an ça doit se faire dans la durée deuxièmement il y a des compartiments entiers sur lesquels il faut agir le premier d'entre eux c'est celui de la fraude sociale il y a aujourd'hui et personne n'en parle ou on dit juste ça rien d'autre 15 milliards des milliards à récupérer sur les escroqueries à carte vitale les allocations familiales avec les tricheries sur les résidences vous avez là-dessus un travail absolument gigantesque à faire mais gigantesque les fichiers les fichiers de l'essence maladie ça s'appelle un investissement professionnel qui se fait dans les entreprises et que l'Etat ne fait pas deuxième exemple je suis désolé il va falloir quand même regarder l'organisation de la fonction publique dans ce pays dans la fonction publique aujourd'hui d'Etat et parfois dans les collectivités locales pas partout mais on ne fait pas 35 heures on fait moins il n'y a aucune raison de la même manière et donc c'est un élément important il me dit oui mais est-ce qu'on faut les payer plus je ne sais pas mais si on doit même les payer un petit peu plus ça ne peut pas être à 35 heures ça peut être au-delà des 35 heures mais c'est ce qui permet d'éviter de continuer à recruter car ce que personne n'a en tête c'est que monsieur Macron depuis qu'il est élu a recruté 180 000 fonctionnaires supplémentaires à force de cadeaux qui sont donnés en permanence d'agents publics d'agents publics oui c'est exact troisième élément je peux en parler pendant assez longtemps mais troisième élément il faut revoir le périmètre d'intervention de l'état vous pouvez m'expliquer ce que l'état a besoin d'être dans le capital d'un certain nombre d'entreprises privées à hauteur de 10% 15% 20% et l'argent je vais répondre tout de suite l'argent parce que je pense que Charles Darmanin il n'a pas raison sur ce point l'argent ne doit pas servir à empêcher les hausses d'impôts il doit aller dans le désendettement quand on vend les parts de capital de l'état on les met dans le désendettement et il y a au bas mot 150 milliards à récupérer bon je peux continuer sur le périmètre de l'état il faut décentraliser aux collectivités locales plutôt que les alourdir de normes supplémentaires il y a des choses que les collectivités locales peuvent faire moyennant plus de ressources fiscales et je mets les pieds dans le plat la grande erreur du quinquennat dans ce domaine ça a été la suppression de la taxe d'habitation parce que ça coûte 20 milliards à l'état 20 milliards il faut rendre la taxe d'habitation je suis désolé si on doit recréer un impôt c'est celui-là aux collectivités locales pour permettre aux collectivités bien gérées de faire la différence avec les mal gérées on pourrait donc trouver un peu d'argent sans augmenter les impôts c'est ce que je comprends pas en 15 jours le grand problème donc l'augmentation d'impôts tout de suite c'est la réponse à l'urgence mais écoutez Dieu sait si ça me fait mal au ventre de ne pas le dire parce que je pense que c'est la pire des solutions bon mais moi j'aimerais que les responsables des partis politiques de gouvernement on enlève Le Pen et Mélenchon mais les partis politiques de gouvernement veuillent bien comprendre qu'il faut soutenir ce budget moi j'entends les lignes rouges dans tous les sens mais oh mais on n'a pas le choix en réalité il faut impérativement soutenir ce budget on peut un peu l'amender à la marge mais ne nous y trompons pas et quand je lis les propositions de Mélenchon c'est que des hausses d'impôts on est à 60 milliards de hausses d'impôts allez vas-y tout le monde va partir tous les gens qui ont les moyens vont quitter la France et ça retombera sur qui ?
les classes moyennes Le Pen j'entendais un des adjoints de Mme Le Pen dire vous vous rendez compte c'est quand même un scandale c'est pas juste alors qu'est-ce qui n'est pas juste c'est qu'on ne fait payer que 2 milliards pour les riches et 7 milliards pour les classes moyennes je ne sais pas même si on n'est pas très bon en maths les riches c'est 65 000 personnes d'après les chiffres de Bercy on leur demande 2 milliards enfin la moitié mais peu importe même 65 000 on dit 2 milliards bon et de l'autre côté les classes moyennes c'est allez 10 millions de français à qui on demande 7 milliards je ne sais pas la règle de 3 enfin c'est pas très compliqué de voir que tout ça n'a aucun sens donc moi quand ces gens me disent qu'ils prétendent gouverner je propose juste qu'ils soient bien au clair sur ce que c'est que l'esprit de responsabilité et je dis à tous les parlementaires qui appartiennent au parti d'Emmanuel Macron à mon parti aux Républicains au Modem je ne sais pas qui Edouard Philippe il faut absolument soutenir ce budget mais attendez c'est la survie de la France qui est en jeu il faut passer ce cap budgétaire le grand rendez-vous budgétaire Pascal c'est l'année prochaine parce que c'est là qu'on aura le temps vraiment de faire des réformes de structure
mais n'y a-t-il pas avec ce budget d'urgence un risque récessif 20 milliards d'euros d'impôts en plus j'entendais Patrick Martin président du Medef dire ça va détruire les baisses d'allègements
de charges les baisses d'allègements de charges sur les petits salaires ça va détruire des centaines de milliers d'emplois écoutez il a pour partie raison mais il va bien falloir que d'une manière ou d'une autre on donne un message on adresse un message au marché financier parce que qu'est-ce qui est en jeu c'est les taux d'intérêt or en réalité on le savait on a prévenu depuis des mois on prévient tous mais ils n'ont pas voulu l'entendre en fait Emmanuel Macron il a fait une énorme erreur politique parce qu'il a voulu faire la politique de l'offre et ça c'est bien il faut le faire c'est-à-dire baisser les impôts pour stimuler l'offre qui ensuite produit plus dans des meilleures conditions et ça permet les embauches et ça permet de la croissance mais la condition sine qua non c'est si vous baissez les impôts c'est de baisser les dépenses or non seulement il n'a pas baissé les dépenses mais il les a augmentées et donc je veux dire la crise sanitaire elle a bon dos on a fait ce qu'on devait faire pendant la crise sanitaire mais quand il y a eu la crise énergétique après on a remis encore 70 milliards dans la machine avec des chèques énergie qui n'ont servi à rien pour ne prendre que cet exemple et il y en a bien d'autres et puis même avant avec les gilets jaunes on a brûlé 17 milliards pour rien parce que pendant 6 mois ça a été le désordre dans la France entière donc en réalité il a laissé filer les dépenses publiques tout en baissant les impôts donc il a discrédité la politique de l'offre alors que c'est une très bonne politique et il a mis la France dans la situation dans laquelle elle est aujourd'hui c'est irresponsable c'est un peu inquiétant en effet parce qu'on a distribué 70 milliards d'euros de chèques énergie de ristons de carburant etc tout ça est passé et on l'a acheté avec de la dette il y a un point que je trouve assez peu commenté dans le débat vous l'avez rapidement évoqué une partie de nos problèmes serait réglée si on travaillait un peu plus en quantité et en qualité alors la qualité c'est la productivité c'est est-ce qu'on est capable de produire plus pendant une heure de travail à quantité de travail et de capital égale malheureusement ça recule contrairement à ce qu'on nous dit la productivité recule mais la quantité de travail personne n'a le courage d'ouvrir ce dossier et de le traiter une bonne fois pour toutes est-ce que vous êtes favorable à la fin des 35 heures comme le propose monsieur Darmanin vous avez raison d'en parler je vous ai lu et c'est vrai que votre concept d'allergie au travail est très intéressante parce qu'elle met un peu les pieds dans le plat et je pense que c'est un vrai sujet ce vrai sujet il a été amplifié par le confinement et la mode du télétravail qui met beaucoup de français un peu en porte-à-faux y compris dans leur rapport entre la vie professionnelle et la vie personnelle vous avez tout à fait raison la question du travail il va bien falloir la remettre sur la table en permettant de mieux rémunérer le travail ça c'est certain et moi je ne vois que des avantages à ce qu'on puisse travailler plus et gagner plus c'est un de nos grands credos Sarkozy avait beaucoup développé ça et on était vraiment nombreux à le soutenir parce que c'est ce qui se fait dans tous les autres pays pourquoi n'est-il pas revenu sur les 35 heures tiens au passage vous lui demanderez moi je ne suis pas son biographe ce n'est pas moi qui vais vous le dire mais en revanche je pense que notre sujet il est bien sûr sur la semaine de travail mais il est aussi sur la vie au travail l'affaire des retraites est une énorme hypocrisie nous sommes poussivement à 64 ans et Dieu sait si ça a fait des dégâts la propre famille politique a demandé d'aller de 65 à 64 ans ça reste encore un grand mystère psychanalytique mais la vérité c'est que toute l'Europe est à 67 ans donc il y a un moment de vérité pour la France et pour les français c'est pour ça que je vous disais David Ducan tout à l'heure la seule vertu la seule vertu de la période que nous vivons c'est d'avoir avec les français vraiment un discours de vérité avec finalement un message assez simple qui consiste à dire pourquoi est-ce que vous voulez qu'on ne gère pas l'état comme vous gérez votre foyer votre famille vos enfants on ne dépense pas plus que ce qu'on gagne d'où ça vient qu'on dépenserait plus que ce qu'on gagne on peut emprunter on peut s'endetter pour acheter un logement pour acheter un véhicule quand on en a les moyens mais cet endettement on le proportionne à son revenu pour être sûr qu'on peut rembourser l'état est le seul qui dit mais moi je m'en fiche complètement et d'ailleurs je me paye sur les autres genre les collectivités locales qui elles n'ont pas le droit de voter un budget en déficit je le rappelle au passage ou bien je me paye sur les ménages ou les entreprises et la dette il faut je me paye sur c'est cela et voilà c'est la raison pour laquelle mon message est de dire il n'y a rien d'irréversible nous l'avons démontré quand en 2000 de 2004 à 2007 avec mon ami Thierry Breton on a baissé trois années d'exécution donc exécution pas promesse les dépenses publiques les impôts le déficit et la dette bon c'est pour ça que quand François Fillon après que j'ai quitté le gouvernement devenu premier ministre dise je suis à la tête d'un état ce qui était un peu rapide en faillite ça m'a un peu vexé parce que je sais que la politique ça permet de dire n'importe quoi mais en 2007 l'état n'était pas en faillite en 2012 c'était autre chose la France respectait on est obligé de le dire parce qu'il faut le préciser ça pourrait passer pour être un parti pris en faveur de Jean-François Copé mais les chiffres sont là imparables si vous voulez c'est une période pendant laquelle la France respecte les critères de Maastricht c'est la seule période c'est la seule période c'est bien que vous disiez un peu de bien de moi parce que ça me rendait l'habitude on ne dit pas de bien de vous on cite un certain nombre de chiffres ce que je veux juste dire c'est que c'est possible parce que moi ce qui m'intéresse dans cette affaire là c'est que c'est possible c'était possible mais est-ce que ça l'est encore aujourd'hui mais pour les mêmes raisons qui est celui du bon sens arrêtons de penser que les français n'ont pas de bon sens les français ils peuvent râler ça on le sait bien mais en réalité il y a un moment de vérité quand on dit qu'on ne peut pas mettre plus d'un litre et demi enfin un litre et demi d'eau dans une bouteille d'un litre ça peut se comprendre les gens ils ont bien conscience parce qu'ils savent qu'un jour ou l'autre ils vont le payer mais simplement il faut le faire intelligemment on voit d'ailleurs la préoccupation de la dette faire son entrée dans les palmarès des sujets de préoccupation des français ce qui est nouveau ce qui est une nouveauté je vous donne un exemple comment est-ce qu'on avait fait nous avec Thierry Breton à l'époque pour baisser la dépense publique on avait lancé des audits dans tous les ministères on avait vendu massivement l'immobilier inutile de l'état on avait dit au ministère si vous faites 100 euros d'économie vous en garderez la moitié pour vous moderniser bon donc petit à petit on a créé dans chaque administration l'envie de faire et ça change tout et ça je croyais et croyez-moi il n'y a pas un français qui avait envie de manifester vous avez le portable de Laurent Saint-Martin Antoine Armand Michel Barnier donc j'imagine que vous pouvez parfois les joindre si vous avez des conseils je n'ai pas de conseils à donner mais il y a une chose qui est sûre c'est que moi je trouve qu'on a là vous parlez de ce trio des gens qui ont vraiment envie de se battre d'y arriver il faut les aider et qui sont des professionnels ça nous fait du bien si vous voyez ce que je veux dire des professionnels alors je suis désolé parce que nous on arrive en cravate il y avait Bruno Le Maire avant quand même c'est pas non plus un amateur mais Bruno mais Bruno Le Maire non seulement il n'est pas un amateur mais Bruno Le Maire il va falloir un jour ou l'autre rappeler qu'il a perdu qu'il a été désavoué dans tous les arbitrages dans tous les les warnings comme on dit en anglais qu'il a lancé sur l'état du budget il a systématiquement été désavoué par le président de la République vous avez dit tout à l'heure il a fait ce qu'il a pu par rapport à ça vous avez dit tout à l'heure en deux semaines voilà il faut du temps pour réellement et le dire mais la situation politique qui est ressortie des élections législatives de 2024 est-elle de nature à durer la situation le gouvernement actuel non mais le gouvernement qui a fini par en ressortir vous lui donnez quelle durée de vie écoutez je vais vous dire c'est très simple en fait il y a des fois on a le choix mais là on n'a pas le choix en réalité c'est-à-dire que si jamais il arrive un malheur à ce gouvernement c'est-à-dire si Mme Le Pen se prend à vouloir voter avec M.
Mélenchon ou l'inverse d'abord pour Mme Le Pen ce sera un discrédit éternel vis-à-vis des français ils seront à l'origine du chaos voilà parce qu'on n'aura pas de deuxième chance il y a malheureusement interdiction de dissoudre à nouveau pendant un an donc jusqu'au 9 juin prochain il est absolument impératif que ce gouvernement tienne jusque-là dans cette absence totale de majorité entre parenthèses ça me fait mais vraiment mais j'hallucine comme on dit de voir qu'il y a encore des gens qui veulent de la proportionnelle qui veulent mettre la proportionnelle pour finir vraiment d'achever la Ve République c'est-à-dire que cette idée qu'on sanctuariserait le désordre à l'Assemblée et l'absence de majorité absolue
Merci beaucoup Merci Jean-François Copé d'avoir été mon invité l'invité de l'événement du dimanche Merci Pascal Péry pour vos questions et vos interventions Bon dimanche à vous Merci Jean-François
Jean-François Cope