"Le pape n’a relevé aucune ingérence dans la politique française" (Antoine d’Abbundo)
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il rappelle une position qui est celle de l'église de longue date qu'il ne fait que rappeler une position qui est à la fois morale et puis une position qui est à la fois éthique »
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« il a choisi ce moment particulier de la rencontre avec les malades et leurs accompagnants pour expliciter un petit peu ce message de l'église »
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« il y a un lobbing religieux pour peser sur la loi »
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« les décrets d'application ne sont pas un détail puisque ça va être des éléments déterminants pour savoir comment s'opère le partage entre les établissements »
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« invoquer Dieu pour légitimer la violence, c'est une profanation »
- 7:52Fait
« il dit sur l'euthanasie c'est légal mais c'est pas moral »
- 7:52Fait
« il faut respecter la laïcité mais qu'elle nous respecte aussi »
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Antoine Dabundo, j'aimerais votre analyse sur ces mots qui ont été prononcés par le pape Léon X. Sa position, elle est pas vraiment surprenante sur la fin de vie. Néanmoins, elle a eu l'air très politique. Est-ce que vous vous êtes dit ça en l'écoutant ? Euh oui, on s'est dit on a tous entendu cette parole très politique. Alors, il faut distinguer le le ton, la forme. C'est un pape qui sait dire les choses de manière vigoureuse et claire, avec un ton assez posé, calme, sans agressivité. excessive sans vouloir marquer par exemple ce qui a été relevé une ingérence particulière dans la politique française. Il rappelle une position qui est celle de l'église de longue date qu'il ne fait que
rappeler une position qui est à la fois morale et puis une position qui est à la fois éthique avec des arguments qui sont je dire puisés dans la foi mais aussi des arguments qui peuvent parler à tout le monde au-delà de de des croyants. Il le fait parce que sa parole était très attendue de la part des des évêques et des croyants. Il le fait dès son arrivée à l'Élysée en dénonçant ce qu'il appelle l'offre de mort programmée qu'il range au rang des dérivétiques et puis il l'a j'allais dire explicité son discours au moins à trois ou quatre reprises lors de ce de sa visite à Lourde devant la grotte de Bassabiel devant les évêques qu'il a j'allais dire félicité pour leur engagement dans le
débat public et qu'il a invité à la persévérance euh lors de la messe euh sur la prairie et puis surtout il a choisi ce moment particulier de la rencontre avec les malades et leurs accompagnants pour expliciter un petit peu ce message de l'église, redonner espoir à tous ces malades, à tous ces souffrants dans un lieu qui est particulier parce que c'est là où j'allais dire la fragilité de la vie est rendue visible et et accueilli et c'est peut-être le sens de de son discours qui n'est pas simplement un discours d'opposition Mais peut-être un appel aux croyants mais à tout le monde de changer notre regard sur la vulnérabilité, la maladie, la vieillesse et la fin de vie. Mais quand le pape s'adresse par exemple
aux soignants et hier en leur demandant de se souvenir, et là je le cite du sens profond de leur vocation de veiller sur la personne souffrante et non la supprimer. Est-ce que là il est dans son rôle ou est-ce qu'il va plus loin que son rôle ? Je j'ai je pense qu'effectivement il il a des arguments qui relèvent de de la foi qui est qui rappelle que pour l'église, le croyant, le fidèle, la vie est un don sacré de Dieu. Mais je pense aussi qu'il rappelle un certain nombre d'éléments éthiques qui qui distinguent le soin de la mort provoquée. Un message qui raisonne chez beaucoup de soignants qui ont beaucoup d'inquiétude et de doute vis-à-vis de cette loi et qui s'interrogent. Et je pense justement que
son message arrive à un moment euh précieux puisque la loi a été euh votée, adoptée, promulgué, mais que les décrets d'application, sa mise en œuvre ne sont pas encore euh effectives et que beaucoup de soignants s'interrogent sur la manière dont cette loi va impacter leur pratique. Martin Baumer, d'un point de vue politique de politique intérieure, entendre le pape tenir ses propos lors de sa visite là, on disait sa positionition, elle est pas surprenante. Néanmoins, est-ce que cette nature à chambouler la classe politique ou les choses qui ont été établies jusque-l ? Non, absolument pas. La loi, vous l'avez dit, a été votée. Les décrets d'application, c'est presque un détail étant donné qu'Emmanuel Macron en a fait une promesse et que lui veut en tout cas
que ça voie le jour. Donc, il y a absolument aucune chance que ça change les les avis de chacun. Mais la parole du pape, elle est pas surprenante non plus. On sait qu' c'est aussi pour ça finalement que il y a eu une petite distance au début entre lui et Emmanuel Macron. C'est parce que il y a cette loi fin de vie mais il y a aussi les questions de l'IVG et que ça plaise ou non, vous l'avez très bien dit, le pape est un fin politique et le pape est un homme une personnalité religieuse mais aussi une personnalité politique. C'est comme ça. Je je vous je consultais des mails, je voyais des mails qui avaient été envoyés au sénateur notamment à la veille du vote sur la loi fin de vie par dizaines par des religieux. c'est il y a un lobbing religieux pour peser sur la
loi. C'est comme ça et euh c'est aussi dans dans la politique. Après, c'est sa je trouve euh dans une société qui fonctionne et démocratique et dans laquelle euh il y a une séparation de l'église et de l'État, que l'église donne son avis sur ses questions sociétales, mais que elle soit tranchée par le politique. le politique. Finalement, celui qui fait la loi, ce n'est pas le pape. Il a un avis sur la question mais là-dessus en tout cas, c'est un avis comme les autres et celui qui doit prendre la décision politique, c'est l'homme et la femme politique. Antoine Dabundo, avant de Je voudrais juste dire que oui, il y a un engagement fort des évêques sur ce dossier comme de beaucoup de croyants. Je je fais une petite rficification sur le mot lobbying. Il y a des centaines
d'établissements d'inspiration chrétienne en France, catholique ou protestants, qui sont au service de ces malades et qui ont réclamé pendant tout le débat avec force, avec insistance de pouvoir faire valoir une clause de conscience qui permettrait d'exclure certains établissements. C'est pas malin le lobbing he quand je parle lobbing. Et ce que je veux dire, c'est que c'est pas juste simplement un acte d'influence, c'est parce que ça a des répercussions profondes sur l'engagement de centaines d'établissements de soignants qui sont au chevé des patients avant la loi et qui le seront encore après la loi et qui ont demandé en conscience de ne pas effectuer ce geste quand la loi d'une
certaine manière les y est obligé. Il a fallu attendre la la lecture de de du Conseil constitutionnel pour que euh ils obtiennent ce droit et les décrets d'application ne sont pas un détail puisque ça va être des éléments déterminants pour savoir comment s'opère le partage entre les établissements qui choisiront de pratiquer et ceux qui choisiront de ne pas provoquer la mort dans leur mur. Alors, on va aller euh on va retourner à messe sur le terrain retrouver un de nos envoyés spéciaux, Jean-Christophe Galé. Jean-Christophe qui est par ailleurs notre journaliste spécialiste du Vatican et de l'Église catholique. On parlait des propos Jean-Christophe du pape hier sur la fin de vie très politique mais il y a aussi eu des propos très politiques engagés sur d'autres sujets. Léon XIV
oui Lucy, je commencerai ce matin lors de la rencontre interreligieuse, le pape a lancé un avertissement très fort. Invoquer Dieu pour légitimer la violence, c'est une profanation, un appel à ne jamais instrumentaliser la religion pour justifier la guerre ou la haine. À Paris, à l'Élysée, il avait déjà appelé à arrêter la course aux armements. Un message qui raisonne, notamment sûrement aux oreilles d'Emmanuel Macron qui lui a appelé l'Europe et la France à se réarmer. Le pape lui privilégie le dialogue et la diplomatie. À l'UNESCO, il a alerté sur les dangers d'un progrès scientifique sans conscience, estimant que la guerre reste, je cite, la plus terrible des œuvres humaines. À Paris, auprès des migrants, il a défendu la dignité et la
solidarité. Plus classique, je dirais, pour un souverain pontif à Lourde, il a rencontré cette victime de violence sexuelle dans l'église. Un geste symbolique mais qui ne répond pas à lui seul. On peut le dire aux demandes de justice et de réparation des victimes. De la guerre aux fractures sociales, Léon XV veut très clairement replacer la dignité humaine au cœur du débat public en France mais aussi en Europe. Merci beaucoup Jean-Christophe pour cette analyse. Marieve Malouw, ces 4 jours de de visite du pape en France auront finalement été effectivement parsemés de messages politiques qui ont forcément un écho en France. Pour tous ceux qui écoutent la parole du pape,
c'est effectivement important. Ce que j'ai j'ai retenu, c'est quand même il a il distingue les choses quand il dit sur l'euthanasie c'est légal mais c'est pas moral. Il se met pas en position contre la loi. Sur la laïcité qui est quand même quelque chose qui heurte qui a heurté pas mal certains catholiques. Lui dit il faut respecter la laïcité mais qu'elle nous respecte aussi. Donc il s'inscrit plutôt dans une séparation de l'église et de l'État. Ce que j'ai retenu aussi dans son message, c'est à la fin quand il s'adresse aux jeunes et qu'il leur dit "C'est à vous de travailler, de vous engager, y compris dans l'engagement politique." Et on sent que son discours, il donne des principes de vie, mais il appelle aussi les les gens qui le suivent à diffuser ses principes de vie.
Et c'est là où sa posture est beaucoup plus politique et et a plus de répercussion. tous les messages qu'il donnent, il don ils sont pas juste le jour même, il tient à ce que ça diffuse et c'est là où il est aussi dans son rôle de pape. Un pape ne dira jamais vive l'euthanasie, c'est évident, mais c'est aussi aller le faire savoir votre engagement moral par rapport au précept que je vous ai donné. C'est pour ça que c'est une personnalité extrêmement politique.