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interviewBFMTV· 19 avril 2024 20 min

"Nous avons un grave problème démocratique": l'interview en intégralité de Mathilde Panot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h32 sur BFM TV et RMC. Mon invité est la présidente du groupe LFI à l'Assemblée Nationale. Bonjour Mathilde Bandeau. Merci d'être dans ce studio ce matin. Vous revenez de Lille, où s'est tenue une conférence sur le thème de la Palestine. Conférence annulée, qui s'est finalement tenue. On y reviendra. Mais d'abord, je voulais vous entendre sur ces explosions en Iran à Isfahan, attribuées à Israël par des médias américains. Pas de dégâts majeurs, affirment les Iraniens. Les informations sont évidemment à prendre avec prudence. Mais d'ores et déjà, l'Australie exhorte ses ressortissants à quitter Israël.

Les États-Unis, de leur côté, restreignent les déplacements du personnel diplomatique. Est-ce qu'il est encore possible d'éviter l'escalade militaire, Mathilde Bandeau ?

0:45
Mathilde Panot

Il le faut à tout prix pour que tout le monde comprenne ce qui se passe, si c'est effectivement avéré. Vous avez eu d'abord un bombardement sur le consulat iranien en Syrie de la part de l'État d'Israël et du gouvernement d'extrême droite de Netanyahou, qui a causé 16 morts. Puis ensuite, une réplique de l'Iran. S'il y a une réplique israélienne, où est-ce que ça s'arrête ? Et c'est la grande peur que nous avons, c'est que l'escalade mène à la guerre régionale, même si les acteurs ne le veulent pas. Vous craignez de nouvelles représentations iraniennes ? Écoutez, quand vous avez des répliques des deux côtés, où est-ce que ça s'arrête ? C'est ça la question qui est posée.

Et je regrette d'autant plus le vote des États-Unis hier au Conseil de sécurité de l'ONU, qui a voté contre l'adhésion de l'État de Palestine à l'ONU, et donc une reconnaissance qui aurait aidé justement à agir pour la paix. Heureusement, et je le salue, la France a voté pour, mais la France et Emmanuel Macron pourraient reconnaître unilatéralement l'État de Palestine.

1:37
Présentateur

Mais Mathilde Panot, vraisemblablement, on s'éloigne en tout cas du cessez-le-feu immédiat que vous réclamiez.

1:42
Mathilde Panot

Écoutez, pour obtenir le cessez-le-feu, il faut maintenir la pression internationale sur Benyamin Netanyahou. La France a une responsabilité. La France pourrait reconnaître immédiatement l'État de Palestine. La France pourrait interdire la vente d'armes à l'État d'Israël. Y compris dans ce contexte de représailles mutuelles ? Évidemment, c'est justement dans ces moments-là qu'il faut avoir le courage de la paix. Le courage de la paix, c'est justement de dire, à un moment, il faut arrêter le génocide qui est en cours à Gaza. Et justement, ce qu'essaye de faire Benyamin Netanyahou, c'est aussi de détourner peut-être de ce qui se passe à Gaza et en Palestine.

Donc, il faut augmenter la pression internationale parce que c'est le seul moyen de faire céder Benyamin Netanyahou sur ce qu'il est en train de faire, qui peut faire basculer toute la région.

2:24
Présentateur

J'en viens à ces deux conférences de la France insoumise annulée à l'île, puisque vous évoquez la Palestine. C'était l'objet même de ces conférences. Alors, la première devait avoir lieu dans une université. C'est la présidence de l'université qui a pris la décision d'annuler par crainte de débordement. La seconde devait avoir lieu dans un lieu privé. Et cette fois, c'est le préfet, c'est-à-dire l'État, qui a décrété l'annulation avec plusieurs arguments. Le risque de troubles à l'ordre public, les forces de l'ordre déjà mobilisées par le plan Vigipirate, urgence, attentat, et le match qui devait se tenir au stade Pierre-Moroy.

Jean-Luc Mélenchon a parlé d'abus de pouvoir, de république bananière. Est-ce que la France, pour vous, est une république bananière, Mathilde Panot ?

3:04
Mathilde Panot

Écoutez, je crois que nous avons un grave problème démocratique qui a été à de nombreuses reprises condamnée par des instances internationales. Rendez-vous compte qu'hier, en une journée, pour la deuxième fois, la conférence de Rima Hassan et de Jean-Luc Mélenchon a été annulée. Rima Hassan qui est candidate aux Européennes sur la liste de Manon Ombry. Ensuite, vous avez un syndicaliste qui est le secrétaire départemental CGT du Nord qui a été condamné à un an de prison avec sursis pour un tract en soutien à la Palestine. Puis, vous avez l'interdiction de la manifestation qui doit avoir lieu dimanche, un référé en cours, une manifestation contre le racisme et l'islamophobie.

Je le dis sur la conférence. Dans quelle démocratie, en pleine campagne électorale, des oppositions ne peuvent pas exercer leur liberté de réunion et d'expression ? Bien sûr. Dans quelle démocratie ça existe ? Dans quelle démocratie ?

3:53
Présentateur

Oui, mais je pourrais vous dire que finalement la conférence a eu lieu, mais dans une république bananière, en l'espèce, elle aurait été annulée et elle n'aurait pas eu lieu.

3:59
Mathilde Panot

Oui, eh bien si elle a eu lieu, c'est parce que nous avons tenu bon et je suis fière qu'il n'ait pas réussi à faire taire les voix de la paix. Et j'alerte solennellement à votre micro. Ceux qui se taisent, ceux qui ont des silences complices, peut-être par petits calculs politiciens ou je ne sais quelle raison, ils se reconnaîtront. Tous ceux qui ne disent rien aujourd'hui. Et aujourd'hui ce sont les insoumis, demain ça sera d'autres. Hier c'était la LDH à qui on menaçait de couper ces subventions. Avant-hier c'était Éric Zemmour à Bruxelles par exemple. Hier c'était les soulèvements de la terre, je vais revenir là-dessus, les soulèvements de la terre qui ont menacé de dissolution.

Donc il faut s'indigner sur ce qui est en train de se passer et renforcer le coin de la paix, notamment le 9 juin, en mettant un bulletin de vote pour Manon Aubry.

4:37
Présentateur

Est-ce que vous faites un parallélisme entre l'interdiction de vos conférences et celle à laquelle devait participer Éric Zemmour à Bruxelles ? Est-ce que vous dites que c'est scandaleux de la même façon, Marine Le Pen et Éric Zemmour doivent eux aussi avoir le droit de prendre la parole librement ? Je vais vous dire la différence entre les deux.

4:50
Mathilde Panot

Écoutez, tout le monde a le droit de s'exprimer dans le cadre du respect de la loi. Et la différence que nous avons avec M. Zemmour, parce que j'ai entendu M. Macron faire le parallèle de dire tout le monde a le droit de parler, ce qui est d'une hypocrisie absolue. En disant, je vais citer Emmanuel Macron,

5:01
Présentateur

je suis pour ma part toujours favorable à ce que les gens puissent s'exprimer librement quand bien même je combats leurs idées. C'est une hypocrisie absolue, puisque les préfets n'agissent pas sans aucune autorité.

5:10
Mathilde Panot

Mais je reviens à M. Zemmour.

5:11
Présentateur

Vous dites qu'il était au courant, qu'il a validé l'annulation de votre conférence à Lille,

5:14
Mathilde Panot

pour que je comprenne bien ? Écoutez, les préfets dépendent d'une autorité, vous êtes d'accord ? Donc les préfets ne prennent pas des décisions comme ça. Mais tout ne remonte pas à l'Élysée ? Oui, enfin, écoutez, ça remonte au moins au ministère de l'Intérieur, donc vous avez un pouvoir politique qui est responsable.

5:27
Présentateur

Vous soupçonnez par exemple le ministère de l'Intérieur et Emmanuel Macron d'avoir avalisé ou tout le moins d'avoir laissé faire et de s'indigner ensuite ?

5:36
Mathilde Panot

Écoutez, on en a parlé dans tout le pays, évidemment, que ça remonte à l'Élysée, évidemment, que ça remonte au ministère de l'Intérieur, et donc que nous avons une atteinte à la démocratie qui est extrêmement grave. Donc la différence avec M. Zemmour, pour revenir sur votre question tout à l'heure, c'est que lui, contrairement à nous, est un délinquant multirécidiviste sur incitation à la haine raciale et injure à caractère raciste. Ce que nous, nous n'avons jamais fait. Mais la loi ne l'interdit pas en président d'un mouvement politique ?

6:03
Présentateur

Non, mais les limites de la liberté d'expression, c'est de respecter la loi. C'est ce que je dis. Et donc vous dites, nous, nous respectons la loi, nous n'avons jamais été condamnés, donc il n'y avait pas lieu d'annuler nos conférences.

6:12
Mathilde Panot

Mais même pas que pour ça. Il n'y a pas lieu d'annuler nos conférences parce que, et c'est l'article 4 de la Constitution que vous connaissez, qui dit que les partis politiques et mouvements politiques ont le droit d'exercer leur liberté de réunion, d'expression publique, notamment lors des décades de campagne électorale.

6:27
Présentateur

Mathilde Padeau, puisque vous évoquez la Constitution, est-ce que vous allez en rester là sur l'annulation de ces conférences ou est-ce que vous allez porter l'affaire devant les juridictions compétentes si vous considérez que la Constitution n'a pas été respectée ?

6:39
Mathilde Panot

Alors, on ne peut pas directement saisir le Conseil constitutionnel et notre référé a été rejeté pour une raison simple, c'est que le tribunal a dit qu'il n'avait pas assez de temps pour se statuer. C'est le gros problème démocratique d'avoir des interdictions qui tombent quelques heures avant un événement. Mais nous réfléchissons sérieusement à aller à une requête au fond et je le dis, ce qu'il faut d'abord, c'est un mouvement de la société, à la fois du monde associatif, du monde syndical, du monde politique, pour refuser ces atteintes à l'État de droit.

7:10
Présentateur

Vous avez des inquiétudes sur les futurs meetings, futures conférences à venir ?

7:14
Mathilde Panot

C'est la cinquième conférence qui a été annulée pour nous. La semaine dernière, Jean-Luc Mélenchon avec Emma Fourreau, candidate elle aussi sur la liste de l'Union Populaire, a été annulée à Rennes pour un simple mail de menace avec la préfecture qui cette fois-ci avait dit qu'ils acceptaient de sécuriser l'événement et c'est la présidence de l'université qui l'avait refusée. Donc oui, nous sommes très inquiets de ces dérives démocratiques dans notre pays.

7:38
Présentateur

La question palestinienne, je le disais, au cœur de la campagne insoumise. Dans les sondages pourtant, Manon Aubry est créditée de 7% des votes. Les ouvriers font le choix, notamment, de ne pas voter pour la liste des insoumis. Vous allez me dire que ce n'est que des sondages, mais 44% d'entre eux comptent porter leur voix sur le Rassemblement national. Et Jordan Bardella, Mathilde Panot, est-ce qu'il n'y a pas un paradoxe à faire campagne sur des questions internationales, là où les préoccupations des Français, c'est le pouvoir d'achat, c'est la santé, c'est ce qu'ils répondent à chaque fois qu'on les interroge ?

8:05
Mathilde Panot

Eh bien, nous menons compagne sur les deux, Madame Latrousse. Et je dois le dire, c'est notre honneur de ne pas juste dire qu'il y a un génocide en cours à Gaza, et ensuite de fermer les yeux, de rien dire, de rien faire. Nous, nous continuerons, parce que c'est l'honneur de notre humanité. Alors ensuite, sur les sondages, vous savez, une élection se joue le jour de l'élection.

Et il se trouve que nous venons de saisir la Commission nationale sur la question des sondages, parce que sur le sondage qui paraît tous les jours de l'IFOP, eh bien, lorsque vous regardez, dans les échantillons qui sont faits, qui doivent être représentatifs, vous êtes d'accord, pour pouvoir dire quelque chose du pays, eh bien, il se trouve que le seul candidat sur lequel, quand vous demandez dans votre échantillon qui a voté Jean-Luc Mélenchon en 2022, et qui a voté les autres candidats, eh bien, il se trouve que dans les échantillons, Jean-Luc Mélenchon, il y a 13,8%. Or, vous vous rappelez, nous avons fait quasiment 22% l'élection présidentielle.

8:53
Présentateur

– Les sondages ne représentent pas vraiment…

8:55
Mathilde Panot

– Eh bien, je dis qu'à mon avis, les sondages ratent quelque chose dans ce pays, et ils ratent quelque chose dans ce pays, qui est notamment l'indignation des peuples et du peuple français vis-à-vis du génocide en cours à Gaza, et ils ratent le fait que les gens comprennent que ce n'est pas juste une élection européenne, que c'est la seule élection nationale entre la réélection d'Emmanuel Macron en 2022 et l'élection présidentielle de 2027, et que donc, c'est aussi le moment de dire non aux raquettes sociales sur les locataires de logements sociaux, sur les malades, sur les chômeurs, sur les retraités, sur les gens qui reçoivent les prestations sociales.

9:26
Présentateur

– Vous pouvez cette question-là, Mathilde Panot, parce que c'est vrai qu'on vous a beaucoup, beaucoup entendu sur la Palestine, et pourtant, vous avez raison de le dire, dans votre programme, j'ai regardé, les questions sociales sont même les premiers chapitres du programme aux européennes, avec notamment un plan européen que vous proposez pour éradiquer la pauvreté, de nouvelles taxes, notamment sur les plus riches, pour financer ce plan. C'est un point intéressant, cette taxe européenne sur les riches. Est-ce que ça veut dire que pour vous, c'est au niveau européen que ça se joue, Mathilde Panot, et pas au niveau français ?

9:51
Mathilde Panot

– Alors, c'est au deux niveaux, mais comme nous sommes d'ailleurs les seuls à avoir présenté un programme complet pour les européennes, pour l'instant, ce qui est quand même important quand vous concourez à une élection, non, il est tout à fait capable de le faire, d'être fait au niveau français, mais évidemment que ça nous intéresse aussi de pousser des réglementations supplémentaires

10:09
Présentateur

au niveau européen. – Parce qu'on le voit bien, pardon, cette semaine, là où le débat s'est focalisé sur la rémunération, par exemple, de Carlos Tavares, le patron de Stellantis, 100 000 euros par jour, ça fait 36,5 millions d'euros pour l'année 2023. On a vu votre groupe à l'Assemblée proposer de plafonner les salaires, mais sauf que Stellantis, ils sont aux Pays-Bas. Donc c'est pour ça que je vous pose la question, est-ce que vous proposez au national des réglementations, des lois, qui en réalité dépendent de l'échelon européen ? – Alors non, parce qu'il y a des possibilités,

10:37
Mathilde Panot

par exemple, quand ils sont aux Pays-Bas, mais pour tout ce qui est en France, vous pouvez dire que l'écart de 1 à 20 doit se faire. Donc on peut faire des choses au niveau français et on doit pousser des choses au niveau européen. Mais il est d'ores et déjà possible de le faire.

Et je tiens à dire que, par exemple, c'est le Rassemblement national et la Macronie qui ont voté ensemble contre l'augmentation des salaires, contre l'indexation des salaires sur l'inflation, et qui refusent, par exemple, cet encadrement des salaires, donc avec un salaire maximum de 1 à 20, des quarts de 1 à 20, ce qui est déjà, pour moi, très généreux, et qui refusent même d'interdire les licenciements, même lorsqu'une entreprise et une multinationale font des bénéfices. Et je voudrais vous parler de Sanofi, qui est un fleuron, vous savez, de l'industrie pharmaceutique, qui sera les champions des licenciements.

À Sanofi, il se trouve qu'il y a déjà 10 000 chercheurs, 10 000 postes qui ont été supprimés depuis 2008. Ils veulent supprimer.

11:29
Présentateur

Je décris, pour ceux qui nous entendent sur RMC, vous venez de brandir un tract Sanofi, champion olympique des licenciements, président du Conseil d'administration. Vous pouvez lire avec la CGT Sanofi en logo ?

11:40
Mathilde Panot

Alors, donc, 10 000 postes supprimés depuis 2008. Des centres de recherche qui ont été fermés. Et là, Sanofi vient d'annoncer qu'ils allaient abandonner la recherche sur l'oncologie, c'est-à-dire le traitement des cancers, dans un moment où nous en avons impérativement besoin. Je crois que les gens meurent toujours de cancer. Et que donc, plus de 300 postes vont être supprimés, notamment à Vitry-sur-Seine, mais aussi à Montpellier et à Gentilly.

C'est une honte, d'abord pour la souveraineté de la France, en termes de santé, mais c'est aussi une honte parce que nous donnons de l'argent public et que nous continuons avec des gens qui ont donné 4 milliards d'euros aux actionnaires et qui continuent à licencier. Et bien ça, par exemple, ce sont des règles qu'on pourrait se doter et dire qu'on interdit les licenciements dans ce cas-là.

12:22
Présentateur

Mathilde Padeau, j'aimerais vous entendre sur les mots du patron de Michelin. Le SMIC n'est pas un salaire décent. – Dit le patron de l'entreprise, ça a dû vous faire drôle d'entendre un patron parler comme vous ?

12:31
Mathilde Panot

– Eh bien oui, d'ailleurs je salue le fait qu'il explique justement qu'on ne peut pas vivre dignement du SMIC, ce que nous nous cessons de expliquer. – Mais ça montre que tous les patrons ne sont pas voyous aussi. – Ah mais bien sûr, mais nous n'avons jamais dit ça, nous nous demandons des règles, nous nous demandons que ça ne dépende pas justement du bon vouloir d'un patron. Je salue le fait que le patron de Michelin le fasse, qu'il montre que c'est possible d'augmenter, de multiplier par 1,5, voire par 3 le SMIC pour pouvoir vivre dignement.

Mais j'ai surtout vu le bal des hypocrites que c'était lorsque Bruno Le Maire a tweeté qu'il saluait la décision du patron de Michelin et qu'il a tweeté « La question des salaires est décisive alors que ce sont les mêmes qui, par un simple décret, auraient pu depuis 7 ans augmenter le SMIC ».

13:09
Présentateur

– Gabriel Attalière était l'invité exceptionnel de BFM TV 100 jours après sa nomination à Matignon. Ce qu'il dit, c'est l'essentiel, c'est la progression salariale. Il n'a pas voulu commenter la phrase « Le SMIC n'est pas un salaire décent ». Il dit travailler d'ailleurs sur un système, je cite le Premier ministre, qui fasse que ça coûte moins cher aux patrons et aux salariés d'augmenter le salaire, surtout quand on est proche du SMIC pour dé-SMICardiser la France.

13:33
Mathilde Panot

Est-ce que vous faites confiance à Gabriel Attalière ? – Absolument pas. Regardez le chaos dans lequel ils nous ont mis depuis 7 ans. Nous sommes la 7e puissance économique au monde et pourtant nous avons un élève sur 5 qui sont en situation de pauvreté. Pourtant nous avons une explosion d'enfants qui sont à la rue. Oui mais c'est une explosion de la pauvreté généralisée. Vous avez un Français sur trois qui déclare qu'il ne mange pas à sa faim. Donc ces gens auraient pu depuis 7 ans faire tout autrement et notamment nous écouter, plutôt que de supplier, de demander aux entreprises, et bien ils auraient pu tout simplement augmenter les salaires. C'est ce que nous demandons.

Et faire une conférence sur les salaires pour qu'ensuite ça suive. Donc je ne suis pas d'accord avec les petits ajustements au même moment où nous annonçons 56 milliards d'économies en moins de 2 ans et où là encore on veut faire partir des locataires des logements sociaux, où on veut s'en prendre aux malades, où on veut s'en prendre aux chômeurs. C'est inacceptable et c'est révoltant.

14:24
Présentateur

– Vous évoquez l'école, il y a eu ces mots « choc » de Gabriel Attalière sur, dit-il, l'entrisme islamiste à l'école.

14:33
Locuteur non identifié

– Vous avez, dans beaucoup d'endroits en France, des groupes plus ou moins organisés qui cherchent à faire ce qu'on appelle un entrisme islamiste. Et donc oui, les préceptes de la charia, notamment dans nos écoles. Vous avez en face de vous le ministre de l'Éducation nationale, l'ancien ministre de l'Éducation nationale, qui a pris une décision importante, interdire le port de la baïa et du camis dans nos établissements scolaires. Sur ce sujet-là, je peux vous dire que ma détermination, elle est absolue.

15:00
Présentateur

– Gabriel Attalière qui évoque des groupes qui essayent d'imposer la charia à l'école, dit-il, qui prônent les préceptes de la charia, notamment dans les écoles. Pour le citer rigoureusement, est-ce qu'il parle comme le Rassemblement national, Mathilde Padou ?

15:16
Mathilde Panot

– En tout cas, il promeut les mêmes solutions politiques que le Rassemblement national, que ce soit l'uniforme à l'école, que ce soit l'école du tri social, avec le choc des savoirs où on va trier les enfants des 11 ans, que ce soit le système de toutes sanctions, où à la fin, vous vous retrouvez dans un pays où le pouvoir a décidé de se protéger des enfants plutôt que de protéger les enfants.

15:35
Présentateur

– Mais est-ce qu'il a tort sur le fond d'une espèce d'emprise islamiste qui conduit à ce qu'une petite fille Samara, 14 ans, soit agressée, sa mère évoquant le harcèlement dont elle était victime de la part d'adolescentes plus pratiquantes ?

15:47
Mathilde Panot

– Le procureur a dit que ça n'avait rien à voir avec un fait religieux.

15:50
Présentateur

– Une jeune fille de 13 ans prise à partie parce qu'elle ne faisait pas le jeûne, Shem Sedin, avie Richatillon, parce qu'il parlait avec une fille et que son entourage a considéré qu'il pouvait là y avoir une atteinte à l'honneur de la famille. – Alors, plusieurs choses.

16:03
Mathilde Panot

D'abord, ils sont en train de donner une définition à la laïcité, à la jeunesse qui est détestable. Quand vous demandez, c'est Jean Bobéro qui dit ça, quand vous demandez à la jeunesse quelle est la définition de la laïcité, il vous donne une liste d'interdits et pas du tout la question de la liberté de conscience et comment est-ce qu'on vit ensemble. C'est un problème sur le dévoiement de la laïcité, ça c'est la première chose. La deuxième chose, il aime dire « tu casses, tu répares ». Eh bien, ils ont tout cassé dans ce pays.

La protection de l'enfance, pour l'aide sociale à l'enfance, 40% des jeunes de moins de 25 ans qui sont à la rue, qui sont des anciens enfants placés, avec seulement 13% des enfants placés qui ont leur brevet des collèges, alors que c'est 80% en population générale. avec plus de la moitié des mineurs, des jeunes femmes mineures qui se prostituent, qui sont à l'aide sociale à l'enfance. J'étais dans la Vienne il y a quelques jours, où des éducateurs spécialisés, vous savez, étaient en train de manifester parce qu'on va leur supprimer 5 postes. Mais vous ne me répondez pas sur l'islamisme, Mathilde Depanot ?

16:59
Présentateur

Si, je ne vous reprenez pas le terme « entrisme islamiste ». Non, pas du tout. Mais comment est-ce que vous qualifiez cette succession de faits d'incidents dans des collèges, dans des lycées ?

17:08
Mathilde Panot

Eh bien, je vais vous dire, quand une société se déstructure, alors la société devient beaucoup plus violente. Et quelle est la solution ? Eh bien, c'est la question de la prévention, de la présence humaine. Il faut des psychologues scolaires, des médecins scolaires, des infirmières scolaires. C'est ça qui éviterait, par exemple, qu'une jeune fille soit embêtée parce qu'elle ne fait pas le ramadan ? Il faut déjà aider à l'heure qu'ils ont supprimé encore 1 000 postes. Mais arrêtez, ce n'est pas le problème principal de l'école. Non, mais c'est un problème. Est-ce que vous dites...

J'entends que vous disiez que ce n'est pas le problème principal, mais est-ce que vous dites que c'est un problème ? Mais écoutez, si ça arrive, c'est un problème. Mais dans ce que vous m'avez cité, tout le monde soutient aujourd'hui, eh bien, ça n'a rien à voir, ça a été dit par le procureur. Ce n'est pas la France insoumise qui le dit. Ça n'a rien à voir avec des choses religieuses. Ce qu'est en train de faire Attal est révoltant. Il essaye de soumettre la jeunesse en recyclant les pires idées de l'extrême droite. Eh bien, je vais vous dire, ils doivent commencer par eux-mêmes parce que le premier parent irresponsable, c'est l'État. Je vais vous parler de la protection en France.

Dans la Vienne, dans un seul département, c'est 400 jeunes et leur famille qui ne pourront plus être accompagnés parce qu'il n'y a plus d'éducateurs de rue. Il n'y a plus aucune présence humaine nulle part. Donc, on déstructure tout. C'est à ça qu'il faut s'attaquer. Et notamment en remettant des moyens.

18:16
Présentateur

L'éducation nationale est à l'os. Mathilde Panot, est-ce que ce sont des choses que vous irez dire à Gabriel Attal puisqu'il vient d'ouvrir une concertation pour huit semaines sur la question de la violence, l'hyperviolence des mineurs ? Est-ce que vous allez participer à sa concertation ?

18:30
Mathilde Panot

Je n'ai aucune idée comment est-ce qu'il va faire cette concertation mais je vais vous dire quelque chose qui me semble important. Madame Latrousse, il se trouve qu'il y a une représentation nationale qui existe avec un parlement sur lequel nous pouvons voter, parlementer, discuter sur les orientations politiques du gouvernement et c'est d'ailleurs le rôle des parlementaires y compris de contrôler l'action du gouvernement. Donc maintenant, ça suffit de faire des grands débats par là, de faire des grands débats par-ci. Nous savons ce qu'il faut faire. Vous avez vu le nombre d'agressions qu'il y a parce que des gens ont des troubles psychologiques.

Vous avez vu ce qui se passe sur la souffrance et la santé mentale. Vous n'êtes pas sûr de la concertation ? Je lui demande de venir à l'Assemblée nationale. Ce n'est quand même pas extraordinaire dans une démocratie de venir à l'Assemblée nationale et de demander un vote des parlementaires. Voilà ce que je lui demande. Et je lui demande d'arrêter. Aucun pédagogue n'est d'accord avec le fait qu'on prône la soumission absolue à toute autorité ou sinon la punition. Ça ne marche pas comme ça. Il y a une question... Ce n'est pas ça le projet de l'éducation nationale et c'est ce que je dénonce dans les annonces extrêmement violentes

19:29
Présentateur

qui ont été faites par Gabriel Attal. Vous avez été entendue, Mathilde Panot, plus de moyens pour l'école, plus de moyens pour accompagner les familles et pour la protection de l'enfance. Merci d'être venue à ce micro ce matin, Mathilde Panot. Je rappelle que vous êtes présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée nationale. Bientôt 8h53 sur RMC et BFM TV. Bonne journée à vous. Bonne journée à tous. Sous-titrage ST' 501