Face-à-Face : Aurélien Pradié - 02/11
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, face à face, Philippe Corbet. 133 sur BFM TV, RMC, bonjour Aurélien Pradié. Bonjour. Dans un mois, vous serez peut-être président du Parti des Républicains, vous êtes candidat à la présidence face à Éric Ciotti, Bruno Retailleau, vous êtes aussi député du Lot, et on va en parler tout à l'heure. Mais d'abord, un mot sur l'immigration, puisqu'il y a une interview intéressante ce matin dans le journal Le Monde des ministres de l'Intérieur et du Travail, M. Darmanin et du Soct, qui dévoilent les grandes lignes du projet de loi sur l'immigration. Vous allez discuter à l'Assemblée nationale au début de l'année.
Il y a notamment cette proposition nouvelle, la création d'un nouveau titre de séjour pour des étrangers en situation irrégulière, un titre de séjour pour les métiers en tension, c'est-à-dire les secteurs économiques, comme le bâtiment par exemple, où les employeurs peinent à recruter ou en manque de bras. Est-ce que c'est une bonne idée, une piste intéressante, ou est-ce que c'est une fausse piste du gouvernement ?
Il faut dire les choses simplement. Il s'agit d'une régularisation automatique et massive d'un certain nombre de travailleurs qui aujourd'hui sont dans notre pays et qui ne sont pas nationalisés, ou qui n'ont pas la nationalité française, pour le dire plus simplement. Ils ne sont pas réguliers parce qu'ils ne sont pas en situation régulière. Et donc derrière les mots, il faut préciser la pensée, il s'agit d'une régularisation massive. J'y suis tout à fait défavorable. C'est une folie, pour une raison simple. C'est qu'aujourd'hui, ce dont nous avons besoin dans notre pays, c'est de reprendre le contrôle sur la politique migratoire. Nous avons une politique migratoire qui est hors de contrôle.
Ce n'est pas en régularisant massivement qu'on va reprendre le contrôle. Et puis, pardon de vous dire qu'il faut régler les premiers problèmes. D'abord, nous avons aujourd'hui 400 000 emplois vacants dans notre pays. 400 000 emplois vacants qui ne trouvent pas preneur. Allons former et faisons en sorte que les règles soient plus strictes pour ceux qui sont des demandeurs d'emploi et qui sont éloignés du travail pour les remettre sur le chemin du travail. J'ai proposé que l'on ne puisse plus refuser une offre d'emploi dans un secteur en tension, une offre d'emploi de moins de 6 mois à moins de 30 minutes de chez soi, sous peine de voir son allocation au chômage divisée par 2.
Je pense qu'il vaut mieux demain travailler à faire en sorte que nos propres concitoyens reviennent vers le chemin du travail que de solutionner le problème par l'immigration qui, au-delà d'une question économique, est une question politique pour notre pays et une question sociale. Je reprends les mots que vous utilisez.
« Régularisation massive », c'est bien ce que vous avez dit. C'est exactement les mots qu'emploie ce matin également Marine Le Pen qui parle de campagne de régularisation de sans-papiers. Au fond, vous dites la même chose sur ce sujet-là, sur cette proposition du gouvernement, que le Rassemblement national.
Mais je ne choisis pas mes mots en fonction de Marine Le Pen. Et je pense que d'autres, d'ailleurs, diront aussi à quel point cette proposition n'a pas de sens. Nous avons besoin, je le redis, de reprendre le contrôle. Nous sommes aujourd'hui à près de 400 000 titres de séjour dans notre pays. Je ne crois pas à l'automaticité sur la question de l'immigration. J'ai proposé de la même manière que tous les titres de séjour demain deviennent des titres de séjour probatoires. Parce que le travail ne suffit pas à l'intégration. Il faut avoir l'assurance que vous parlez le français. Il faut avoir l'assurance que vous avez respecté...
Ils veulent aussi renforcer les règles de l'exécutif français pour les étrangers qui demandent un titre de séjour. Oui, mais je ne crois pas à l'intégration automatique. Je ne crois pas à la régularisation automatique. Je veux que chacun fasse ses preuves. Et je le redis, vous ne me trouverez jamais pour vous dire que pour des raisons, y compris économiques, il faut perdre à nouveau le contrôle sur notre politique.
Alors justement, à propos de... On sait qu'il y a une pression, en tout cas une demande très forte du patronat sur ces sujets-là. Je voudrais vous proposer d'écouter ce que disait il y a matin sur RMC. Alain Fontaine, c'est le président des maîtres restaurateurs de France. Il cherche de la main d'œuvre dans l'hôtellerie et restauration. Et donc lui plaide pour une régularisation des sans-papiers. On l'écoute. La situation est très simple, si vous voulez. On a aujourd'hui des demandes d'emploi qui ne sont pas pourvues parce que nous avons des métiers... On travaille le soir, on travaille le week-end. Et vous avez des gens qui ne veulent plus faire ce travail-là.
Ça fait partie des débats de la société, l'immigration. On a bien compris que ça s'invitait aux élections municipales, législatives et présidentielles. Mais de l'autre côté, il y a un problème d'entreprise. Il y a un problème économique. C'est-à-dire que nos entreprises, si elles veulent développer, faire de la croissance, on a besoin d'employés. Si les employés ne viennent pas à nous, il faut vraiment qu'on aille les chercher. Vous disiez il y a quelques instants, Aurélien Pradié, que c'était une régularisation massive. Est-ce que selon vous, le gouvernement cède au patronat en faisant cette proposition d'un nouveau titre de séjour pour les métiers en tension ?
Je comprends tout à fait. Chez l'entreprise, et je rencontre tous les jours dans mon propre département, qui ont des difficultés pour recruter dans le lot. Mais ailleurs, c'est le cas aussi. Je dis simplement que la politique migratoire, ce n'est pas qu'une question économique. C'est aussi une question économique. Oui, mais pas seulement. La politique migratoire, elle a des conséquences, y compris sur la vie sociale de notre pays. Et je ne veux pas que nous résumions la politique migratoire à une question économique. Je vais même vous dire, je ne le souhaite pas pour notre pays, et je ne le souhaite pas non plus pour les populations qui vont émigrer.
Parce que cette idée selon laquelle l'immigration n'est qu'une question de main-d'œuvre me paraît moralement discutable.
Pour reprendre l'exemple d'un restaurant, aujourd'hui, dans la plupart des restaurants des grandes villes de France, il y a des sans-papiers. En fait, ils sont déjà là. Ils travaillent déjà. Simplement, ils sont illégaux, d'un point de vue du droit. Ils n'ont pas le droit d'être en France, mais ils travaillent. Et d'une certaine manière, ils sont dépendants de leurs employeurs. Est-ce qu'au fond, ce n'est pas une hypocrisie ? Est-ce qu'une régularisation d'une partie de ces sans-papiers ne serait pas une reconnaissance au fond d'une situation qui existe de facto ?
J'ai proposé quelque chose de simple. Que nous ayons demain un titre de séjour probatoire. Il faut faire ses preuves pour pouvoir être intégré à notre pays. Le titre de séjour probatoire... C'est travailler, c'est faire ses preuves, non ? Mais pas seulement. Il faut aussi parfaitement maîtriser la langue. Parce que si vous ne la maîtrisez pas, vous ne pouvez pas être intégré et vous êtes réduit à une forme de quasi-esclavagisme. Vous devez aussi respecter toutes les règles du pays. J'ai proposé que durant la période probatoire d'un titre de séjour, si vous commettez le moindre délit, le moindre crime, c'est dehors, immédiatement.
Oui, mais la plupart d'entre eux ne commettent pas de délits et de crimes. Ils travaillent, certains ont même des diplômes, un CAP, un BEP. Vous avez raison, la plupart. Mais pour certains, ce n'est pas le cas. Et pour le reste, je redis que la politique migratoire, c'est une affaire aussi politique qu'une affaire de projet de société. Je veux ensuite vous redire que nous avons aujourd'hui plusieurs millions de nos propres concitoyens qui sont au chômage. Qui ne veulent pas ses postes. Oui, mais il va falloir. Parce que ces entreprises, elles augmentent les salaires. Eh bien, je souhaite que nous renforcions la coercition sur la question des demandeurs d'emploi.
Voilà pourquoi je vous dis que d'abord, avant d'aller chercher la main-d'œuvre étrangère, faisons en sorte que nos propres concitoyens soient poussés à travailler davantage. C'est ce que je vous proposais tout à l'heure avec la réduction des allocations au chômage si on refuse un emploi de moins de six mois dans un secteur en tension.
Aurélien Pradié, pour que ce soit clair pour ceux qui nous écoutent et nous regardent. Ce texte, le gouvernement n'a pas la majorité pour le faire passer. Il ne pourra passer qu'avec le soutien d'opposition, de députés de l'opposition et peut-être le soutien notamment de Républicains. Pour vous, c'est exclu que vous puissiez voter pour ce texte s'il inclut notamment ce titre de séjour pour les métiers en tension ? Eh bien, je viens de vous donner ma position.
C'est clair, net et précis pour ce qui me concerne. J'ai l'habitude d'avoir une colonne vertébrale. Non, il n'y aura pas d'abstention. Je lui suis opposé parce que, je le redis, c'est perdre le contrôle sur notre politique migratoire. Si le gouvernement nous dit demain qu'il est prêt, comme je le souhaite, à diviser par deux notre politique migratoire, y compris sur l'immigration étudiante, est-ce que nous avons besoin aujourd'hui de 90 000 étudiants étrangers dans notre pays dans des secteurs où, bien souvent, nous n'avons pas de débouchés ? Ensuite, la réponse est non. Nous devons réduire notre politique d'immigration familiale, notamment la question du regroupement familial.
Si le gouvernement est capable de poser comme préalable la réduction de moitié de notre immigration dans le pays, alors nous discuterons. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Voilà pourquoi je ne soutiendrai pas cette mesure que je crois néfaste pour nos concitoyens.
Il y a d'autres textes sur lesquels le gouvernement aura besoin du renfort de l'opposition pour faire passer ses projets, notamment sur le nucléaire, sur les énergies renouvelables, on va en dire un mot. Mais on a vu ces derniers jours un certain nombre d'actions de militants écolos très différentes, violentes par la place Sainte-Solene, spectaculaires, des mises en scène dans des musées ou à l'Opéra, par exemple. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, encore lui, a parlé d'éco-terrorisme. Est-ce que, selon vous, certains de ces militants écolos, certains sont des terroristes sans puissance ?
Je refuse à tous ces individus le moindre titre de militant. Ce ne sont pas des militants. Ce que je vais vous dire est à mon sens. Ils ont le droit de défendre leurs idées. Ils ne défendent pas leurs idées. Ils font preuve de violence, ils commettent des actes délictuels et aucune cause, je le dis bien, aucune cause, y compris lorsqu'on la repeint en vert, ne peut justifier de se comporter comme des délinquants. Est-ce que nous accepterions... Des délinquants ou des terroristes, comme dit le ministre de l'Intérieur ?
Est-ce que nous accepterions du moindre de nos concitoyens pour quelque cause qu'ils défendent, qu'ils dérogent à toutes les lois, qu'ils s'attaquent à notre police et à notre gendarmerie ? Nous ne l'accepterions de personne.
Mais là, vous mélangez les actions solantes de Sainte-Soligne et par ailleurs, des gens qui protestent dans la rue ou qui mettent en scène des actions, ce qui n'est pas très nouveau, on pense.
Ceux qui manifestent avec dignité, en respect des règles, ne sont pas des terroristes. Mais nous voyons... Mais ceux de Sainte-Soligne sont des terroristes. Bien sûr qu'ils le sont. Ils sont en plus cas. Il a raison dans les mots. Comme souvent, Gérald Darmanin parle fort. Ce n'est pas un mot un peu trop fort. Il n'y a pas de l'attentat. Il a les actes faibles. Je voudrais simplement attirer votre attention sur la gravité de la situation. Vous voyez à quel point nous nous habituons depuis des années à ce que des individus commettent des actes délictuels aillent contre toutes les décisions démocratiques.
Le projet dont vous parlez est un projet qui a été validé par tous les états de démocratie. Lorsque l'on s'en prend aux forces de l'ordre, comme c'est le cas aujourd'hui, on est un délinquant et un voyou. Je ne sais pas si on est un terroriste. Je sais simplement qu'on est un délinquant et un voyou. Et je veux vous dire... Y compris les élus qui étaient sur place ? Je veux vous dire qu'il y a une grande complicité des uns et des autres à l'égard de ceux qui ne sont pas des militants. Je demande à tous ceux qui croient sincèrement à la cause environnementale de se désolidariser de toutes celles et ceux qui sont en train de devenir aujourd'hui des ennemis de notre démocratie.
Il faut à présent remettre les pendules à l'heure. Lorsque l'on s'attaque comme certains le font à toutes les décisions qui sont prises dans notre pays dans le respect de notre démocratie puisque ces décisions sont démocratiques, qu'on ne respecte plus l'état de droit, ça veut dire qu'on est un ennemi de la démocratie. Et les élus qui par complicité, qui par silence cautionnent ces actes-là ne sont pas dignes de leurs responsabilités.
Juste pour clarifier parce que je ne suis pas sûr d'avoir bien compris.
Ce sont des terroristes ou pas ? Non, le mot terroriste est un mot qui ne me plaît pas. D'accord. Mais vous savez, je ne ferai pas la course à la puissance des mots. Ce que je veux, ce sont des actes. Vous savez, les Français, ce qu'ils attendent à mon sens, ce n'est pas qu'on ait un ministre de l'Intérieur qui demain aille prononcer un mot plus haut que l'autre. Ce que je veux, c'est que nous dénoncions celles et ceux qui, aujourd'hui, je le dis, sont des ennemis de notre démocratie. C'est ça que vous laissez entendre. Comme Gérald Darmanin l'a toujours fait. Il parle très fort, il a la bouche très grande et les bras en généralement beaucoup moins forts.
Ce que je veux, c'est que nous agissions et je souhaite que nous ne banalisions pas ce qui se passe dans notre pays. Je le redis, lorsqu'un député de la nation, avec son écharpe tricolore, a du mal à dénoncer des actes de violence à l'égard de décisions qui sont des décisions respectueuses du droit, alors il se met à l'écart de notre démocratie. Il est temps de dire...
On s'est notamment
des députés écolos et il est temps de dire que tout cela n'est pas une mode, que tout cela est une menace permanente contre notre démocratie que nous devons dénoncer.
Alors Auréen Prédier, puisqu'on parle de questions environnementales, il y a deux textes importants qui sont dans le débat politique. Il y a un texte qui arrive au Conseil des ministres aujourd'hui sur le nucléaire. C'est le texte qui doit permettre d'accélérer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Six nouveaux réacteurs lancés en construction avant la fin du quinquennat, plus huit mis à l'étude. Quand le texte arrivera à l'Assemblée, est-ce que naturellement vous le voterez, vous les Républicains ? Tout dépend de ce qu'il y a dedans sur la question nucléaire.
Non, pour l'instant, dans le texte tel que nous le voyons arriver, il n'y a pas cela. Et je pose donc des conditions très claires. Nous avons besoin de rebâtir notre filière nucléaire. C'est bien de le dire. C'est bien qu'Emmanuel Macron s'en rende compte après avoir fermé Fessenheim, après avoir anéanti notre filière nucléaire. Comment est-ce qu'on rebâtit une filière nucléaire demain ? On rebâtit une filière nucléaire en se fixant comme objectif la construction de 14 EPR. Pas 6, 14 EPR. Parce que nous avons ce besoin-là. Je propose que tous les deux ans nous soyons capables...
Vous voterez les 6.
14, il en faut 14. Nous ne sommes plus au commencement du début. Nous avons fait effondrer une filière absolument stratégique. Et nous devons aujourd'hui avoir des décisions suffisamment puissantes. 14 EPR dans les quelques années qui viennent. Et je propose que nous en construisions, lançions la construction d'un EPR au moins tous les deux ans. Ce que je souhaite aussi, c'est que nous relancions la filière. Il nous faut un plan de formation de techniciens et d'ingénieurs nucléaires. Je souhaite aussi que la France mette les pieds dans le plat de ce qui nous lie aux questions européennes en la matière.
Je souhaite que nous cassions le marché européen de l'électricité qui aujourd'hui nous pousse à acheter à prix d'or de l'électricité sur les marchés dans des situations... Le gouvernement essaie, elle ne ressemble pas. Il le faut. Et si la France doit menacer de sortir du marché européen de l'électricité, elle doit le faire, je le dis très clairement. De la même manière, je souhaite que la France porte cette idée que l'on ne puisse plus demain vendre en bourse de l'électricité. On ne vend pas de l'eau en bourse. L'électricité est une matière absolument essentielle, stratégique. On ne doit pas pouvoir spéculer sur l'électricité. Enfin, j'ajoute un mot toujours sur la question européenne.
Dans quelques mois, nous risquons de devoir mettre en concurrence tous nos barrages hydroélectriques qui sont aussi une source de production électrique importante. Il faut que la France refuse catégoriquement d'ouvrir à la concurrence les barrages hydroélectriques. Tout ce que je vous dis là, ce ne sont peut-être pas des grands mots, mais ce sont des actes forts parce que la droite doit être sérieuse sur ces sujets pour relancer notre souveraineté énergétique et notamment nucléaire.
Alors ça, c'est le nucléaire au Conseil ministre aujourd'hui, mais avant que ces réacteurs soient en fonction, sans activité, il va se passer 10 ou 15 ans. Le gouvernement veut aussi accélérer sur le renouvelable. Là, c'est un texte qui est discuté à partir d'aujourd'hui au Sénat qui arrivera à l'Assemblée en décembre. Est-ce que sur ce texte-là, qui notamment veut accélérer la construction de projets d'éoliennes en mer ou de panneaux photovoltaïques, les Républicains
pourquoi pas ? Je suis défavorable à l'éolien terrestre. Je pense qu'il a fait suffisamment de dégâts sur nos paysages et que c'est un non-sens économique. Et je souhaite, je le dis, qu'avant cela, nous réinvestissions dans le champ nucléaire et dans le champ hydrolétique. Mais sur le nucléaire, mais le renouvelable, c'est important.
Et on a vu au Sénat, par exemple, les sénateurs... Pardon de vous dire
que l'hydroélectrique est aussi du renouvelable et que c'est un secteur qu'on sous-estime qui peut rapidement nous permettre de mieux produire. Il n'y a pas que les éoliennes... Pour parler concrètement,
les sénateurs en commission ont changé, modifié le texte pour accorder une forme de droit de veto aux élus locaux, aux maires, sur les projets qui concerneraient leur territoire. Est-ce que vous ne voteriez ce texte que s'il reprenait ce droit de veto des maires qui a été ajouté par vos collègues du Sénat, des collègues républicains, ou est-ce qu'au fond, vous pourriez voter un texte même qui n'aurait pas cette disposition-là ?
Je souhaite qu'il y ait un droit de veto parce que l'IENDRS a suffisamment fait de dégâts. Oui, mais pour moi, ce n'est pas aujourd'hui la priorité des priorités. Je vous le redis, à force de regarder les éoliennes, on finit par oublier de regarder le nucléaire et de regarder notamment l'hydroélectrique. J'ai posé sur la table un certain nombre de propositions extrêmement urgentes, notamment sur l'hydroélectrique qui est une ressource renouvelable. Il ne faut pas la négliger. Ce n'est pas parce que l'éolien est à la mode qu'on ne doit pas regarder le reste.
Aurélien Pradier, vous êtes candidat à la présidence des Républicains et contrairement à Éric Ciotti et Bruno Retailleau qui sont aussi des candidats, vous êtes contre l'augmentation de l'âge légal dans une réforme des retraites. Le Président de la République a redit l'autre jour que son objectif reste un passage à 65 ans d'ici 2031 et pourtant, vous avez voté Valérie Pécresse, vous étiez porte-parole de sa campagne et dans son projet, j'étais revérifié, il y avait bien le relèvement progressif de l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans à l'horizon 2030. Donc en fait, le projet du gouvernement est presque le même, un peu moins rapide.
Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui vous êtes défavorable à une mesure qui était au cœur du projet de la candidate à la présidentielle que vous souteniez et dont vous étiez le porte-parole ?
Parce que je souhaite que la droite change. Et si je suis candidat à la présidence des Républicains, c'est parce que je souhaite que la droite ne répète pas ce que vous avez même rendu. Mais il y a 6 mois quand vous défendiez les 65 ans, vous ne disiez pas ce que vous pensez ? Non, figurez-vous qu'il y a 6 mois, je disais aussi que j'étais défavorable au prolongement de l'âge légal de départ à la retraite. Je l'ai toujours dit et mes collègues en conflit au moment depuis 6 ans. Ça ne m'a pas empêché de garder ma liberté de ton. Ça m'a parfois d'ailleurs été reproché.
Si je suis candidat à la présidence des Républicains, c'est parce que je pense que la droite doit changer, qu'elle doit redevenir populaire, s'adresser à celles et ceux qui travaillent dur. Et je ne vois pas comment on peut dire à ceux qui ont commencé à travailler tôt qu'ils vont être punis et devoir travailler jusqu'à 65, 67 ou 68 ans. La durée de cotisation,
ça aboutit à peu près
à la même chose ? Non, pas du tout. Ce que je propose, c'est que celui qui a commencé à travailler tôt finisse tôt, que celui qui a commencé à travailler tard finisse plus tard. C'est une règle beaucoup plus juste. En fait, c'est une réforme inspirée de celle
qu'avait menée le président Hollande en 2013, la réforme Tourette. C'est la même logique que la réforme menée par la gauche.
C'est une réforme qui a été portée, y compris par la droite. La première réforme des retraites portée par la droite a été portée par l'allongement de la durée de cotisation. Je souhaite une règle simple. Vous commencez à travailler tôt, vous finissez tôt. Vous commencez à travailler tard, vous finissez tard. Il faut comprendre l'hypocrisie du moment. La double hypocrisie. Nous avons un Français sur dix qui aujourd'hui termine les neuf dernières années de carrière professionnelle en invalidité.
Je ne souhaite pas dire à mon frère qui est boulanger, qui a commencé à travailler plus tôt que moi, qui travaille très dur, qu'il va devoir terminer les neuf dernières années de carrière professionnelle en invalidité. J'ajoute une autre hypocrisie. Avant de vouloir faire travailler davantage ceux qui déjà bossent dur, commençons à faire le ménage dans les régimes spéciaux, dans le rapprochement entre le régime du public et du privé. Dans les 20 milliards de dépenses de l'État qui ne servent à rien chaque année. Dans le milliard d'aides médicales d'État que nous avons.
Avant de demander aux travailleurs de faire des efforts supplémentaires, faisons le ménage dans les dépenses qui aujourd'hui nous coûtent beaucoup. Ce message-là, vous avez raison. C'est un message nouveau à droite. C'est la raison pour laquelle... Non, c'est un discours qui respecte le travail. Et vous savez, la droite qui ne respecte plus le travail doit tourner cette page. Je souhaite tourner cette page et voilà pourquoi je suis candidat.
Alors justement, Aurélien Prédé, je reprends dessus sur une expression que vous venez d'utiliser. Vous avez parlé de droite populaire. Vous dites que vous voulez incarner la droite populaire. Est-ce que dans votre esprit, implicitement, ce qu'on comprend, c'est que, allez, Éric Ciotti, Bruno Rotaio selon vous, ils représentent une droite plus bourgeoise. C'est ça que vous voulez dire en fait ? Non, je ne l'ai pas dit. C'est implicite. C'est implicite dans ce que vous dites.
Moi, je ne fais pas d'implicite. Quand j'ai quelque chose à dire, je le dis. Dites-le. C'est-à-dire quelques ennuis. Dites-le, selon vous, ils ne sont pas assez populaires. Je ne le dis pas parce que... Ils ne représentent pas la France populaire. Vous ne me ferez pas dire ce que je ne pense pas. Allez, au bout de jeu. Je ne vous le dis pas parce que je ne le pense pas. Je vous dis que mon chemin, c'est celui d'une droite moderne. D'une droite qui reparle aux catégories populaires. Quand Marie-Michel Lomaric est votre soutien. Et je vous dis plus clairement que sûrement, que des trois candidats, je suis le seul à pouvoir tourner cette page.
Parce que je n'ai pas le passif que d'autres peuvent avoir. Toutes les pages, pas seulement la page de Nicolas Sarkozy, aussi la page de cette droite qui s'est perdue depuis dix ans et qui ne parlait plus au peuple.
Concrètement, Michel Lomaric, dans Le Parisien ce matin, qui est l'un de vos soutiens, gère de la Défense, elle dit que le discours de Bruno Retailleau et d'Éric Ciotti est trop réducteur. En quoi est-il trop réducteur ? Par exemple, sur l'immigration, on en a parlé au début de cet entretien. Vous avez une position qui est assez proche de celle d'Éric Ciotti et Bruno Retailleau. Il n'y a pas de nuance significative. Au fond, vous êtes à peu près sur la même ligne. Ça tombe bien puisque nous sommes
dans la même famille politique. Il y a des nuances. En quoi ils sont moins populaires que vous ? En quoi vous défendez une droite différente ? Il faut que la droite populaire parle à tous les Français. sur la réforme des retraites. Je pense que sur la réforme des retraites, nous avons vu qu'il y avait une différence entre mon discours et le leur. Et puis, je souhaite que la droite parle de tous les sujets. Qu'est-ce que la droite a à dire en matière de développement durable ? Nous avons évoqué tout à l'heure les violences. Vous-même, tout à l'heure, vous avez dit que vous n'étiez pas pour les énergies. Mais nous aurions pu... Mais je vous ai parlé de l'hydroélectrique.
Ne caricaturez pas les choses. De la même manière, j'aurais pu vous parler de la question de l'eau, du retraitement de l'eau. Dans notre pays, nous retraitons très peu d'eau pour la production agricole. J'aurais pu vous parler aujourd'hui du gaspillage de l'eau entre 20 et 40% de notre eau potable qui est gaspillée. Je veux que la droite ait quelque chose à dire en matière d'environnement. Je veux qu'elle ait quelque chose à dire en matière d'éducation, autant qu'en matière d'immigration. Et sur les questions de sécurité, vous m'entendrez toujours parler d'autorité et d'application de l'autorité de la République. Jamais de course à l'échalote.
Je ne serai pas celui qui, à droite, hurlera plus fort que les autres. Je préfère que mes mots soient plus modérés, mais qu'ils soient plus justes et que mes propositions
soient applicables. De plus d'un mot, Aurélien Pradier, c'est demain la date limite de dépôt des parrainages pour la candidature à la présidence des Républicains. Vous avez combien de parrainages ?
Je vais en redéposer près de 2 000 dans quelques minutes jusqu'à plus de 5 000 parrainages, ce qui est une très belle dynamique. Je pense qu'un espoir est en train de se créer à droite et je suis heureux de pouvoir le porter avec mon équipe. Aurélien Pradier, député du LUC,
candidat à la présidence des Républicains. Merci d'avoir été sur BFMTV RMC ce matin. Il est 8h53.
Aurélien Pradié